mercredi 2 avril 2014

La « farce tragique » va-t-elle se perpétuer ?



La « farce tragique » va-t-elle se perpétuer ?
« La question posée aujourd’hui est bien celle de la politique suivie. Du consensus des formations politiques qui toutes se retrouvent au parlement de Strasbourg ou à Bruxelles pour cautionner les directives qui jouent contre les peuples au profit du capital financier. Ces questions sont incontournables et devraient être abordées dans les combats à venir, dont celui qui se mènera pour le boycott militant des prochaines élections européennes, farce tragique destinée à faire cautionner l’Union Européenne par les peuples qui la subissent au quotidien. »
L'article de Jacques Cotta présente bien des aspects intéressants.
Mais est-il tout à fait an niveau de l'immense rejet de tout un système politique, de toute une conception de la société, rejet qui sera certainement accentué lors des prochaines élections européennes ?
En particulier, est-il suffisant de dénoncer les méfaits du seul capital financier ?
Le capitalisme, la société dominée par le capitalisme, ne sont-ils pas, fondamentalement, le, ou les, principaux responsables, et donc la principale cible du rejet ?
Et, si, enfin, l'on mettait en relation ce rejet avec les 72% de salariés qui considèrent le capitalisme comme négatif, selon l'enquête SOFRES que j'évoque souvent !
Michel Peyret
L'Imposteur Hollande et ses complices
L'orientation politique du gouvernement Hollande et les élections municipales...
Publié sur La Sociale (http://la-sociale.viabloga.com) dans la rubrique Actualités
Par Jacques Cotta, le Lundi 31 Mars 2014
La déroute électorale annoncée au soir du premier tour des élections municipales prend l’allure d’une véritable bérézina. Rejet d’une politique, rejet des socialistes au pouvoir, rejet des hommes, rejet des institutions de la cinquième république. Tout y est et curieusement politiques, journalistes, ou encore éditorialistes qui s’obnubilent sur un éventuel remaniement  sont nombreux à ne rien voir… 
De la déroute à la Bérézina
Même si dans le cadre de nos institutions il est habituel de voir aux élections intermédiaires le parti au pouvoir reculer, le parti socialiste aidé en cela par le gouvernement et le président François Hollande se sont ce coup-ci surpassés. La déroute annoncée au soir du premier tour prend l’allure d’une véritable bérézina. Quelques éléments permettent de cerner l’ampleur de cette débâcle.
 
D’abord le taux historique des abstentions pour ce type d’élections. Il dépasse nationalement les 36%. Mais la moyenne est trompeuse. Dans nombre de quartiers populaires, ce chiffre atteint les 40, 45 voire 50 ou même 60% d’abstentions. Le « clivage » gauche-droite entretenu les jours de vote a fait long feu… L’abstention massive exprime un rejet des politiques suivies.
Les pertes du parti socialiste sont tout autant historiques. Ce qu’il avait acquis durant plus de dix ans s’est évaporé en l’espace d’un scrutin.
a/155 villes de plus de 9000 habitants passent à « droite » dont 68 de plus de 30 000 habitants.
 b/Parmi les pertes, certaines sont particulièrement symboliques. Angers que le PS dirigeait depuis 1977, Aulnay-Sous-Bois, ville symbole de la crise depuis la fermeture de PSA Peugeot-Citroën, où le socialiste sortant est écrasé par l’UMP et par l’abstention qui atteint 43,43%, Belfort, le fief de Jean Pierre Chevènement détenu depuis 37 ans, Charleville-Mézières, bastion historique de la gauche au cœur des Ardennes, La Roche-sur-Yon en Vendée, détenue par le parti socialiste depuis 1977, Limoges socialiste depuis 1990, Nevers depuis 1971, ou encore Quimper dans le Finistère où le perdant est le conseiller proche de François Hollande, Bernard Poignant, qui était en place depuis 3 mandats… Et Reims, Toulouse, Pau, Saint-Etienne, Valence… etc.…
 Derrière les élections municipales se profile une onde de choc terrible pour le parti socialiste. Les communautés urbaines de Lille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Marseille par exemple, que les socialistes géraient, risquent bien d’être perdues. Les conséquences pour le parti de la rue de Solferino vont être redoutables et les députés ou sénateurs qui m’indiquaient craindre le pire –lors de confidences anonymes ou revendiquées qu’ils me faisaient dans le cadre de mon dernier livre « L’Imposteur[1] » que je rédigeais quelques mois avant les élections- ne se trompaient pas. Les positions municipales permettaient au parti socialiste d’entretenir une armada d’affidés dans les exécutifs locaux. Avec une hémorragie d’élus et de fonctionnaires que ces élus faisaient vivre, c’est le parti socialiste lui-même qui va un peu plus s’étioler…

A la gauche de la gauche, c’est pas mieux
Le constat est là aussi sans appel. Ce que le parti socialiste a perdu n’a pas bénéficié à la gauche de la gauche qui depuis les présidentielles de 2012 a l’ambition de se présenter comme le recours.

Là encore quelques résultats symboliques sont sans appel :
 a/Bobigny dominé depuis un siècle par le parti communiste -depuis sa création en 1920 - est terrassée par un candidat UDI et par 49% d’abstention.
 b/Saint-Ouen, un des bastions historiques du parti communiste, tombe dans l’escarcelle d’un divers-droite avec une participation qui n’atteint que 55,26%.

c/Villejuif, gérée depuis 1925 par le parti communiste, qui tombe dans les mains de l'UMP.
....
Mais il y a pire que les résultats arithmétiques. Dans les faits que reste-t-il en effet du Front de Gauche principalement constitué par le parti de gauche et le parti communiste ? Le parti communiste pour sauver quelques fauteuils a privilégié des accords à géométrie variable, parfois dés le premier tour, avec le parti socialiste. Il s’est ainsi retrouvé sur des listes communes pour les élections locales avec ceux qu’il est censé combattre au niveau national. Vive l’austérité et le pacte de compétitivité d’un côté, à bas de l’autre…. Comprenne qui pourra… Il s’est ainsi défini non comme un parti, mais comme une espèce de fédération ou ses composantes sont plus  déterminées par leurs intérêts que par une orientation commune. En quoi dés lors peut-on encore parler d’un parti ? Situation explosive au sein du PCF –que l’appareil et les intérêts particuliers peuvent certes momentanément contenir- mais surtout au sein du front de gauche. A Paris par exemple, les tensions avec le parti de Jean Luc Mélenchon ont été à l’extrême. Dés lors le Front de gauche risque d’avoir bien du mal à se redonner une légitimité que l’absence de cohérence de sa principale composante lui a ôtée.
L’Imposteur et ses complices
La scène vaut toutes les démonstrations. Nous sommes sur le plateau de France 2 le soir dimanche au soir. Pour la énième fois de la soirée, David Pujadas pose la même question. Quel que soit l’invité, elle semble l’obséder.
-Alors, va-t-il y avoir remaniement ? Quand ? …
Chaque fois la même réponse des émissaires socialistes sur les plateaux de télévision…
-C’est au président de savoir et de décider…
Et soudain c’est à Marine Le Pen que le présentateur s’adresse, après avoir recensé la dizaine de villes –Nîmes, Fréjus, Beaucaire, Béziers, Hayange, Cogolin…- emportées par le Front National. Il questionne encore…
-Un remaniement, vous en pensez quoi ?
 La leader du Front national saisit la perche.
-La leçon du soir, ce n’est pas remaniement ou pas, mais quelle politique demain. Vous allez arrêter le « pacte de responsabilité » j’espère… dit-elle à l’adresse de Pierre Moscovici.
-Il nous faut aller plus vite et plus fort, répond celui-ci sans sourciller.
-Mais le remaniement ? demande à nouveau Pujadas.
-A quoi sert un remaniement ? C’est la politique suivie qui compte ! conclut Marine Le Pen.
La scène serait grotesque si elle ne révélait le caractère tragique de la situation. Alors que les ministres socialistes se succèdent pour annoncer qu’il leur faudra aller « plus vite et plus fort », donc pour qui sait comprendre poursuivre en l’amplifiant la politique qui a été désavouée et rejetée par les français, c’est la leader d’extrême droite qui ramène le débat là où il doit être.
Tout cela révèle les complicités dont jouit François Hollande, l’Imposteur qui a été élu pour une rupture avec Nicolas Sarkozy et qui une fois au pouvoir fait la même politique, en pire parfois. Les médias, journalistes en vue en tête, sont les acteurs d’un grand « jeu » qui se borne à savoir si dans le cadre de la même politique, c’est Pierre, Paul ou Jacques qui occupera le poste de commandes. Mais nul ne s’aventure sur le contenu de cette politique qui réalise le consensus PS – UMP et malgré les apparences FN aussi, et que rejettent les français. Cela transgresserait les règles du jeu au point d’en perturber le déroulement. Cela remettrait en cause le système, et c’est précisément cela que nul ne veut. Alors pas un mot sur la politique suivie et surtout sur le désintérêt que représente un remaniement pour une politique qui globalement demeurerait identique.
Ce n’est qu’un début
Comme le « jeu » doit se poursuivre, quitte à conduire à la catastrophe, le parti socialiste, François Hollande et les ministres ont déjà asséné que la politique qui sera suivie sera globalement la même. Ils se retranchent derrière les institutions anti-démocratiques de la 5èmerépublique pour se croire tout permis, et intouchables.
Hollande, l’Imposteur encore et toujours. Elu pour mettre un coup d’arrêt au Sarkozysme, « moi président » s’est empressé de reprendre la TVA sociale, de s’inscrire dans les « réformes » des retraites, de multiplier les cadeaux aux chefs d’entreprises, payés par les contribuables, de mettre en place l’ANI qui instaure la flexibilité du travail et interdit tout recourt sérieux, de démanteler un peu plus l’organisation territoriale avec le nouvel acte de décentralisation, d’entamer le caractère national de l’éducation, de s’inscrire dans le projet « d’Europe des régions », d’instaurer la MAP en lieu et place de la RGPP, de liquider toujours les postes de fonctionnaires et d’entamer notre bien commun, les services publics, au nom d’économies exigées par le Medef et les marchés financiers, …. La liste n’est pas close. C’est celle qui a conduit à la débâcle des municipales et qui annonce une amplification aux prochaines européennes.
 François Hollande « l’Imposteur » se trompe-t-il ? Comme me l’ont confié certains de ses proches[2], il suivrait un plan de marche établi par ses conseillers avec en ligne de mire les présidentielles de 2017. Cela en trois étapes. D’abord la réduction dans son propre camp de ses adversaires potentiels. La mise à mal du PS tomberait à pic. Ensuite la réduction de la droite parlementaire au profit du FN. Il compte sur les affrontements au sein de l’UMP et sur la « droite la plus bête du monde » pour l’y aider. Enfin un duel Hollande Le Pen dont il se verrait victorieux, comme Jacques Chirac avant lui. Mais c’est là oublier que si l’histoire se répète parfois, c’est souvent en tragédie ou en farce…
La question posée aujourd’hui est bien celle de la politique suivie. Du consensus des formations politiques qui toutes se retrouvent au parlement de Strasbourg ou à Bruxelles pour cautionner les directives qui jouent contre les peuples au profit du capital financier. Ces questions sont incontournables et devraient être abordées dans les combats à venir, dont celui qui se mènera pour le boycott militant des prochaines élections européennes, farce tragique destinée à faire cautionner l’Union Européenne par les peuples qui la subissent au quotidien.
Jacques Cotta
Le 31 mars 2014
 [1] Voir « L’Imposteur », éditions Balland, février 2014
[2] Op cit

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