jeudi 20 mars 2014

Les bouches s’ouvrent




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« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. »
« La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! »
H. Krasucki
Le Front Syndical de Classe est affilié à la FSM logo FSM

         Déclarationdu FrontSyndical deClasse

Les bouches s’ouvrent

Le Conseil d'administration du Front Syndical de Classe s'est réuni le samedi 15 mars.
Rappelons à cette occasion que le FSC, créé par des syndicalistes CGT et FSU,  n'est pas une nouvelle organisation. C’est une association se fixant pour objectif, dans les organisations syndicales et dans la Cgt en particulier compte-tenu de son rôle et de son histoire, un retour sans ambiguïté aux principes de lutte de classes.
Dans l'activité revendicative quotidienne comme dans le projet de société qui à notre sens ne peut trouver sa pleine expression que dans la remise en cause radicale du capitalisme en crise.
Le CA du FSC considère donc ce qui se passe à l’heure actuelle dans la Cgt comme extrêmement positif, l'expression publique et les adresses à la direction confédérale confirmant que se confrontent dans la CGT comme plus largement dans le mouvement syndical les idées et pratiques de lutte des classes à celles de collaboration de classes.
Les adresses d'organisations et de militants de la CGT à la direction confédérale et à Thierry Lepaon en particulier se multiplient en effet ces derniers temps.
Pour contester ses déclarations publiques et les orientations qu'il imprime, souvent en contradiction avec les décisions du parlement de la CGT (le CCN).
Elles constituent un ensemble impressionnant et pourtant jusqu'à présent elles sont restées sans réponse.
Jusqu'à quand ?
Jusqu'à quand un double langage qui fait alterner les déclarations de collaboration de classe (interview au "Nouvel économiste") et un gauchissement (interview de cette semaine à l'Humanité Dimanche) qui en fait a pour fonction de servir de contre-feu à la contestation qui monte dans la CGT.
Les dernières déclarations ci-après sont celles de la commission exécutive de l'Union départementale de Paris et de l'Union départementale des Hauts de Seine.
Elles viennent après le texte « La CGT appartient à ses adhérents et aux syndicats qui composent ses structures », après l'interpellation de Charles Hoareau de l'UD des Bouches du Rhône, la motion de la CGT Energie Paris à propos de la rencontre avec le CRIF, l'UL CGT d'Angers réclamant le « Tous Ensemble », le Bureau national de la CGT INRA revendiquant de ne pas laisser la contestation aux seuls patrons et à leurs séides, le comité régional Aquitaine Filpac estimant que "la bataille idéologique CGT n'est pas à la hauteur" et doit "changer de braquet", après les syndicats CGT du Bassin minier ouest du Pas-de-Calais (Unions Locales CGT d’Auchel - de Béthune - de Bruay-la-Buissière - d’Isbergues - de Lillers) faisant part du "sentiment partagé par beaucoup de militants dévoués et engagés, bénévoles avertis du syndicalisme, est que depuis quelques années, la confédération a délaissé les valeurs essentielles et les principes fondateurs et historiques de notre CGT".
Et sans être exhaustif on peut continuer à citer parmi les interpellations fortement critiques, l'Union locale CGT de Vendôme, Richard Palao, l'adresse du secrétariat de l’Union Départementale des syndicats CGT du Loir et Cher au bureau confédéral ouverte aux organisations du CCN etc.
L'ampleur de ces inquiétudes, de ces exigences qui montent du plus profond de la CGT ne peut plus être ignorée et ceux qui émettent ces critiques être désignés comme des diviseurs ou visant à affaiblir la CGT !
Car ce qui divise et affaiblit la CGT et le mouvement syndical dans son ensemble, ce qui fait le jeu de l'extrême droite ce sont les compromissions avec le patronat (du type débat au Conseil économique et social sur le "nouveau visage du syndicalisme" avec la CFDT et le MEDEF), l'inscription dans un "dialogue social " et des négociations bidon, l'isolement dans lequel on a laissé les luttes des travailleurs directement frappés par les restructurations, les délocalisations, les fermetures d'entreprise.
Sous des formes parfois diffuses, à la veille de la journée d'action du 18 mars, avec la montée de ces interpellations, il s'agit bien d'une confrontation niée et refoulée par les dirigeants confédéraux entre une orientation d'accompagnement du capitalisme et de sa crise et les militants et structures qui entendent affirmer que la CGT conformément à ses statuts, situe son action en référence à l'antagonisme radical capital-travail.
Et ce ne sont pas le silence organisé à ce propos, le contournement ou les mesures répressives et de mise à l'écart des militants ou des structures qui empêcheront ce débat et cette confrontation de se poursuivre et de s'amplifier au bénéfice des travailleurs de ce pays et de l'organisation porteuse historiquement de leurs intérêts de classe.
Et nous nous faisons un devoir de diffuser ces interventions en premier lieu parce que la direction confédérale non seulement n'y répond pas mais les censure.
FSC, 17 mars 2014

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