lundi 31 mars 2014

MUNICIPALES - Mantes-la-Ville (Yvelines): Radioscopie d'un DÉSASTRE


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Une ancienne ville ouvrière dans les Yvelines, dévastée par la casse des ses usines débutée sous François Mitterrand, désespérée par le chômage et la précarité grandissant sous les gouvernements de droite, puis sous François Hollande. Cette ville a majorité prolétarienne, qui avait accordée plus de 60% des voix à François Hollande, en ce 30 mars 2014, s'est donnée un maire d'extrême-droite: le seul dans toute la région parisienne.
 
Un maire d'extrême-droite, mais sur 12 023 inscrits, 42,60% d'abstentionnistes auxquels s'ajoutent les presque 3% de bulletins blancs ou nuls. Un maire d'extrême-droite recueillant 30,26% des exprimés, contre 29,35% à la municipalité sortante Ps, Fg, Eelv, 28,20% à une ex-députée-maire PS et 19,09% à la droite.
 
Le FN emporte Mantes-la Ville, mais avec une abstention record dans tous les quartiers populaires, là où  vivent ouvriers et employés avec leurs familles qui ne comptent plus dans notre société capitaliste. Oui, ces classes populaires, ces pauvres, ces méprisés, ces descendants de l’immigration post coloniale, tous ces laissés pour compte ont laissé faire, se désintéressant d’une élection, parce que la politique nationale aggravait leur quotidien.
 
Comme partout (plus qu’ailleurs même) le rejet de la politique droitière de Hollande est le premier facteur, majeur et irrépressibe de cette situation. Pourtant, dans la vie de chaque jour, qui n'entendait pas la violence des réactions contre le sentiment de trahison produit par les choix de l'Elysée? Sentiment justifié quand on en mesure les effets sur des quartiers déjà en très grande difficulté. Le second élément de ce désatre est le positionnement du Front de gauche, partenaire jusqu'au bout de la municipalité dirigée par le PS. S'il a présenté une liste autonome au premier tour, ce n'était-il pas déjà trop tard, surtout avec le flou entretenu par les députés Front de Gauche à l'Assemblée nationale et la désunion criante PC-PG lors de ces municipales? 
 
Une liste qui se disait Gauche citoyenne (et pas Front de Gauche) avec seulement 3 colistiers encartés au PCF. Non pas qu'il fallait les communistes majoritaires, mais qui parle de politique dans les quartiers et dans les entreprises en terme  de combat de classe, si on n'est vraiment pas organisé, pour débattre et préparer l'action nécessaire anticapitaliste?
 
Pourquoi voter Front de gauche, malgré la sincérité de ses femmes et de ses hommes, si l'on ne rend de compte à personne, si on agit comme tous les hors-sols de la politique politicienne ? La victoire du FN est donc une victoire par défaut. Mais c'est aussi la conjonction d’un lent pourrissement de la situation des quartiers, de la dépolitisation, de la perte des repères, et du dégoût produit par la politique nationale du PS.
 
 
Désormais le PS est en lambeaux à Mantes-la-Ville, ville qu'il a  dirigé depuis la Libération sauf de 1977 à 1989 avec un maire PCF. La faiblesse de ceux se considérants à sa gauche n'est pas rien non plus.
 
Dans le Mantois, le PCF conserve haut la main la ville de Limay et Magnanville se donne un maire communiste. Mais n'est-ce pas l'arbre qui cache la forêt tant il faut rétablir une conscience de classe dans la dureté des quartiers. Il faut également cette même conscience de classe dans l'action syndicale.
Sinon, les mauvais jours finiront dit la chanson. Mais quand ?
 

Comment les médias occidentaux ont reconstitué le front anti-bolchevique à propos de l’Ukraine

Comment les médias occidentaux ont reconstitué le front anti-bolchevique à propos de l’Ukraine

vendredi 14 mars 2014
par  Danielle Bleitrach
popularité : 28%

La manipulation de l’histoire pour légitimer l’assaut de l’OTAN

Comme toujours quand un événement politique me confronte à un pays, une histoire, qu’il m’est arrivé de traverser dans ma vie, je suis stupéfaite par le travail opéré par les médias. Et en suivant leurs affirmations, je commence un travail de rectification et je termine en général dans une bibliothèque où je découvre ce que je subodorais, l’ampleur de leur inculture et le culot avec lequel ils ne craignent pas de manipuler le passé pour mieux nous imposer la conquête de leur camp. Le choc initial infligé par leurs propos est le plus souvent lié à mes engagements, au fait que l’on détruit ou l’on tente de détruire dans la mémoire ce que fut le communisme, à ceux que j’ai côtoyé au cours de mes voyages, mais peu à peu je découvre que pour extirper le communisme, que pour mener à bien leur légitimation de l’action de l’OTAN et leur entreprise de diabolisation, la manipulation de l’Histoire remonte aux origines, nous empêche de comprendre ce qui caractérise justement la recherche historique, la découverte des eaux mêlées, du mélange des influences, de leurs transmutations. Et je dois dire que cette affaire ukrainienne, de ce point de vue, a été une entreprise de révisionnisme d’autant plus fantastique qu’elle était également menée par ceux qui auraient du le moins intervenir en ce sens, des juifs, des israéliens ou des inconditionnels d’Israël qui, pour appuyer le projet otanesque des États-Unis, se sont livrés à une entreprise de blanchiment du nazisme que l’on peut décliner au passé, au présent et sans doute au futur.
Mais il ne s’agissait pas seulement de la seconde guerre mondiale, j’ai vu pire, la tentative de construire une mémoire occidentale à l’Ukraine qui s’opposerait à la russification imposée par Staline et Poutine son successeur, toujours selon nos médias. J’étais stupéfaite par le choix des reportages d’Anne Nivat en Crimée, elle ne donnait la parole, fut-ce dans une voiture, qu’aux tenants du gouvernement ukrainien, son propos était de montrer qu’ils étaient empêchés de parler, rien sur la majorité, sur ce qu’éprouvaient ces gens qui souhaitaient leur indépendance. Anne Nivat poursuivait sa lutte contre Moscou, il ne s’agissait plus de la Tchétchénie, dans laquelle on pouvait penser que le sentiment national incitait à l’indépendance, non il s’agissait de la Crimée où visiblement le sentiment national invitait au rattachement à la Russie, mais visiblement ce qui commandait le reporter restait la même problématique, dénoncer la "dictature" de Moscou.
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Les célèbres escaliers d’Odessa dans le Potemkine d’Eisenstein.

Faire de l’Ukraine une réalité occidentale opposée à la "russification" en tronquant la deuxième guerre mondiale

Mais la rupture avec cette journaliste s’est opérée quand elle a prétendu nous inviter à lire un spécialiste de géopolitique qui sans les moindres connaissances historiques expliquait que l’Ukraine était occidentale et opposée dans sa culture aux Moscovites qui étaient des brutes cherchant à la dominer et ce, depuis les origines. A savoir la principauté de Kiev. Là j’ai craqué et je lui ai dit ce que je pensais de sa manipulation historique, ayant été à l’origine historienne, médiéviste, j’étais stupéfaite par un choix aussi peu conforme à la réalité de ce qu’on sait sur cette zone et ce bien avant la deuxième guerre mondiale où l’on assiste à la manière dont, dans un premier temps, à l’enfoncement du front russe en Ukraine, mais avec de formidables résistances à Kiev, Odessa et Sébastopol, une masse de prisonniers parmi lesquels les nazis extraient les juifs et les communistes sur dénonciation, une guerre de partisans qui débute mais aussi le blocage de l’armée nazie, son retard que celle-ci va chèrement payer dans la suite de son assaut. Et surtout un des plus extraordinaires exploits de la deuxième guerre mondiale qu’est le transfert des industries de l’est de l’Ukraine, que l’on démonte, il faudra plus de 8000 wagons pour une seule aciérie, et que l’on remonte dans l’Oural et en Sibérie où elles vont marcher à plein régime pour fournir l’armée, des populations qui font des journées de 12 heures sous alimentées et qui vont se mettre au travail dans le froid glacial de l’hiver. Mais il ne s’agit pas de cette histoire immédiate que l’on trafique pour recréer un front russe médiatique, dans l’article que nous présentait Anne Nivat, il s’agissait de réviser toute l’histoire de l’Ukraine.

Mais cela ne suffit pas il faut mythifier les origines

En dehors des textes d’Hérodote sur la presqu’ile de Crimée avec ses cimerriens et le peuplement Scythe, voire les amazones du sud-est de l’Ukraine, entre mille et 700 avant J.C, il s’agit de slaves. L’origine des dits slaves a donné lieu à des tonnes d’ouvrages et de débats savants. La grande source livresque est la chronique du temps jadis établie par un moine du nom de Nestor au XIIème siècle, dont les écrits ont donné lieu à encore d’autres débats passionné en particulier sur l’origine du mot Rus et à savoir s’il y a eu appel ou non au Normand pour fournir des princes régnant. Il est difficile sur toutes ces questions, même enrichies d’autres recherches historiques comme l’archéologie, d’avoir des certitudes absolues, mais il y a au moins une assurance, au IXème siècle, la Rus entre dans l’histoire, les chroniqueurs de cette époque ne se contentent plus d’ethnologie des tribus slaves, elles relaient des événements dont les acteurs sont les habitants de l’espace situé entre la Baltique et la mer Noire, comme le siège de Byzance par les Rus, le 18 juin 860. C’est l’époque où le surgissement au sud de la méditerranée d’un empire arabo-musulman ferme la méditerranée, les marchands se tournent alors vers le nord ; de nouvelles voies s’ouvrent le long des fleuves avec un échange entre la Baltique et la mer du Nord dont le Dniepr est l’épine dorsale, réunissant toute la plaine russe en un seul système ; les haltes de caravanes où se croisent les chemins de l’Asie et ceux des vikings, deviennent des villes fortifiées avec les plus importantes que sont Kiev, Pereïaslavi, Tchernigov, Smolensk, Novgorod... Kiev est la capitale des Rus et pour les Russes, qui sont pétris d’Histoire, il en est de Kiev comme du Kosovo pour les Serbe, il s’agit du berceau ou de l’un des berceaux de leur civilisation marquée par ce carrefour caravanier entre le nord et le sud, l’est et l’extrême-orient. Nous n’avons pas le temps ici de suivre à la trace ce qui est déjà une mosaïque de peuples pratiquant les échanges commerciaux avec des villes le long des fleuves où se croisent toutes les ethnies et parfois s’y installent. Il faudrait parler non seulement des peuples venus du nord, les Varègues, mais aussi de cet étrange peuple converti au judaïsme, les Khazars, avec qui les relations sont très conflictuelles. L’histoire des souverains dont la première attestée véridique est celle d’Oleg, un prince de Novgorod, qui prend Kiev en 882, une petite bourgade, et en fait sa capitale et part à la conquête de Constantinople, deux mille bateaux transportant chacun quarante hommes pour assurer les débouchés commerciaux des produits de la Baltique mais aussi ceux de l’Asie ; s’agit-il d’une invention poétique, vu que les byzantins n’y font même pas allusion ? Campagnes guerrières ou brigandages à la mode viking, ce qui est sûr est que le commerce est la guerre par d’autres moyens et quand la princesse Olga se convertit au christianisme, Kiev devient la vassale de Constantinople et subjugue les bulgares, abat les khazars juifs, symboles d’influence occidentale et latine, pour mieux marquer l’appartenance à la steppe nomade, la Russie nait de ce creuset.

Eiseintein et la Russie, ou le creuset ukrainien

XIIIème siècle, par les envahisseurs mongols. Le centre de gravité de la puissance russe est désormais déplacé vers les forêts du Nord, où la Moscovie va bientôt s’imposer comme le noyau fondateur de l’immense empire des tsars. Mais les steppes aux riches terres noires du Sud demeurent le théâtre d’une Histoire faite de l’épopée des Cosaques zaporogues, de la résistance de Sébastopol durant la guerre de Crimée et de la fondation et du développement d’Odessa, la cité qui devait témoigner des ambitions russes sur les eaux de la mer Noire et, au-delà, sur la Constantinople des sultans, avant d’être le théâtre, en 1905, de la célèbre mutinerie du Potemkine immortalisée par Eisenstein. Un autre héros de la même époque immortalisé aussi par Eisenstein est Alexandre Nevski, fils du prince Iaroslav II de Vladimir, il devient prince de Novgorod (1236-1252), puis grand-prince de Vladimir (1252-1263). C’est le dernier prince russe à recevoir l’investiture du khan Batu de la Horde d’or pour la principauté de Kiev en 1249. Il est surtout célèbre pour deux victoires militaires essentielles dans l’histoire de la Russie, la première contre les Suédois à la bataille de la Neva, le 15 juillet 1240, et la seconde à la bataille du lac Peïpous sur les glaces du lac éponyme en avril 1242 contre les chevaliers de l’Ordre Teutonique, installés dans la région depuis 1237, et qui venaient d’intégrer l’ordre des chevaliers Porte-Glaive. La première de ces victoires lui valut son surnom de Nevski (« de la Neva »). La seconde donna naissance, plusieurs siècles plus tard, à un film de Sergueï Eisenstein (1938), sur une musique de Sergueï Prokofiev.
Imaginez comment un Russe peut recevoir un trafic aussi manifeste de son histoire par les médias occidentaux, alors même que des liens familiaux se sont tissés entre les familles ukrainiennes et russes ?

Ce travail sur la mémoire est celui des néo-nazis, l’alliance est profonde

Donc pour qui a un peu travaillé les débats sur l’histoire des peuples slaves, ce qu’on a appelé "les slaves de l’est", le moins que l’on puisse dire est quand l’on tombe sur un article dans lequel un géopolitique d’une grande inculture tente de dissocier l’Ukraine de la Russie pour en faire le bastion avancé de l’occident est qu’affirmer de telles choses est pour le moins hasardeux et que cela correspond simplement à un choix politique actuel de l’occident. Ce trafic de la mémoire, ces origines mythifiées à la manière dont Hitler inventait le peuple aryen, confondant sans doute ce peuple d’origine indienne avec la manière dont les peuples germains s’affirmaient partisans d’Arius, théologien égyptien qui refusait la sainte trinité et l’égalité du fils avec le père et donc étaient ariens.
Ce parti pris idéologique de séparer l’histoire de l’Ukraine surtout celle de Kiev et de la partie est, au-delà du Dniepr, revient simplement à coller à une entreprise idéologique, celle du parti national socialiste Svoboda. Le programme du parti Svoboda énonce clairement la position prioritaire de la « véritable » nationalité ukrainienne comme base de la « nouvelle Ukraine », et proclame que cette nouvelle Ukraine est l’héritière du régime établi en Ukraine occidentale en 1941 et qui a fourni les principaux effectifs des détachements punitifs du Troisième Reich. Parce que le problème est bien là, à partir du moment où on se donne pour objectif principal d’en finir avec cette entreprise "barbare" que serait la Russie en se prétendant la civilisation, on trafique l’histoire, la mémoire, pour y trouver une justification et on rencontre les errances mythologiques des nazis.
L’histoire témoigne de l’infini diversité de l’humanité, de son imbrication depuis l’origine de l’humanité et de son unité... Ce qui est au cœur de la compréhension de la Russie et de son apport, est ce lien opéré entre des peuples, des tribus qui n’ont cessé de se déplacer, il y aurait une autre manière de l’aborder que celle du conflit... Et même de voir à quel point même dans les conquêtes, l’horizon des masses s’est élargi comme le note Lukacs à propos des guerres napoléoniennes. La manière dont nos médias incultes utilisent l’histoire, fait songer au contraire à cette définition d’Ambroise Bierce : "L’histoire est le récit généralement inexact d’événements le plus souvent insignifiants, engendrés par l’action de gouvernants qui, dans leur immense majorité sont de fieffés gredins, et de soldats presque tous imbéciles". Mais il y a pire quand l’histoire est falsifiée pour légitimer le conflit imbécile et criminel.
Danielle Bleitrach

Camille Loty Malebranche, le temps ou l'antitemps ?



Camille Loty Malebranche, le temps ou l'antitemps ?
L’antitemps, dit Camille Loty Malebranche, que nous évoquons ici, est notre appellation de la gestion du temps par le système bourgeois de production, temps de nature essentiellement practico-économique. En effet, le temps défini par l’ordre bourgeois est avant tout, un temps constamment comprimé, où l’on ne vit pas et où l’injonction pressante, pressurante de produire encore et encore, efface l’existence. C’est le temps de la performance dans la productivité et de la consommation d’objets constamment jetables et donc à reproduire dans une croissance industrielle exponentielle. C’est donc un antitemps, c’est-à-dire un temps sans durée, sans espace vital (car l’espace vital est d’abord le temps et l’environnement à vivre dont un être humain dispose) pour le travailleur prisonnier du présent harassant de la production.
Camille Loty Malebranche est, là, égal à lui-même mais concernant un objet qui touche au fondamental de la vie des êtres humains.
Il me semble, en conséquence, indispensable de lui consacrer, là, un peu de temps.
C'est après lecture que l'on pourra savoir de quel temps il s'agit !
Michel Peyret
Le travail, cette expropriation systémique du temps humain…
12 Mars 2014
Par Camille Loty Malebranche
L’une des définitions les plus lucides de l’esclave, est celle d’un individu dont le temps est exproprié par autrui. L’esclavage est l’expropriation du temps de l’homme par l’homme, expropriation diabolique qui, à force de priver l’homme de tout temps propre, finit par le déshumaniser, le réifier, le tuer à toute humanité.
 À moins de se fonder sur un compromis et une flexibilité permettant à l’homme travaillant de se valoriser intellectuellement, professionnellement, sentimentalement, familialement et socialement, tout en lui procurant un salaire lui octroyant une vie matériellement comblée sans endettement permanent, le travail est un vol du temps, une vampirisation de la vie de l’employé par l’employeur. Car la vie d’un homme sur terre n’est autre que le déploiement temporel de son existence. Imposition pesante de la vitesse de la société de consommation, le travail, avec sa précipitation productive, triture le temps par l’urgence et l’immédiateté.
Et le temps bourgeois, en devient un antitemps - c’est-à-dire un harcèlement constant, enfonçant le temps du travailleur dans l’exclusivisme temporel du présent par et pour la productivité, l’abîme de l’instant à rentabiliser par la production. Ce qui fait de l’homme, l’être du maintenant, et sacrifie toute la vie à la pression de l’urgence, à l’exigence de la performance…
C’est littéralement le règne sinistre de l’adage « le temps c’est de l’argent » proclamé par le capitalisme. Ainsi, l’homme ne juge sa vie qu’à l’aune de la rentabilité pécuniaire. Essence de l’égrugement de l’espace vital de l’homme par l’homme, le temps exproprié par l’employeur-patron à son employé, son ouvrier, représente autant de portions d’existence perdues, autant de morts avant coup dans la durée de la vie du travailleur.
En somme, la plupart des travailleurs sont tous des torturés de onze mois ou plus, qui se donnent, dans le meilleur des cas, un défoulement annuel de deux semaines ou d’un mois et se laissent croire que le système du travail tel qu’il est, constitue un moyen de jouir de la vie. Quinze ou trente jours par année, pour que des ombres prennent provisoirement corps, pour que des frustrés torturés se défoulent avec la permission de leur tortionnaire !
Incroyable monde esclave qui fantasme de la liberté hallucinée que lui vendent ses maîtres au moment même où il obéit au doigt et à l’œil aux structures servant exclusivement les intérêts de quelques familles de banquiers, d’industriels, de commerçants soutenus par leurs larbins politiciens et législateurs qui leur soumettent l’État et la société. Et pire encore, ils arrivent à faire croire aux peuples que tout cela est indépassable et entre dans un ordre suprahumain !
Comme des vers gigotant, une bonne partie de l’humanité n’a même pas la faculté des mouches qui savent au moins voler et planer au-dessus de la déchetterie où elles vivent. L’homme, comme animal grégaire, abdique devant cette sorte de cybernétique qu’est l’institution sociale qu’il sacralise en automate à son propre détriment. Et, ses repères et références sont en fait ses bourreaux et leur idéologie. Dans une société du crédit où, hormis les banquiers et les grands riches, tous sont plus ou moins liés par l’endettement, travaillant pour payer factures et cartes de crédit, seules des machines sans cervelle peuvent croire aux logorrhées sur la liberté et sur la démocratie vantées par nos gouvernements. 
Trois représentations de la temporalité et l’avènement d’un antitemps…
«Celui qui, tout au long de la journée, est actif comme une abeille, fort comme un taureau, bosse comme un cheval ; et qui, le soir venu, est crevé comme un chien, devrait consulter un vétérinaire, il est fort probable que ce soit un âne ! Chang Ying Yue philosophe chinois »
 Le temps, cette instance physique que déterminent les mouvements orbitaux de la terre dans l’espace, est, dans les sociétés, considéré soit linéaire, soit cyclique, soit palingénésique lorsque tout simplement, il ne s’estompe pas pour cette quatrième entité insolite et perverse que nous appelons au début de ce texte : l’antitemps bourgeois.
Il est un aspect du temps lié à des repères spatiaux précis et particuliers tel que le rappelle Merleau-Ponty dans sa « Phénoménologie de la perception » de telle sorte que de deux voyageurs allant le premier, du sud vers le nord et le second, du nord vers le sud, pour le premier, le passé est le sud, le présent, chaque portion de route qu’il franchit, et le futur, le nord à atteindre, alors que le second vit exactement le sens inverse où le nord est le passé, le présent, ses étapes actuelles du chemin, et le sud, le futur. Toutefois le temps en soi, est lieu de la durée et de l’historicité du monde, où, irréversible, il est strictement passé, présent et futur sans aucune forme possible de manipulation de ses trois moments.
Maintenant revenons à nos trois représentations culturelles du temps.
1) Le temps linéaire: est simplement l’adoption du temps physique et réel, celui de la durée et de l’âge qui affecte de vieillissement tout ce qui est dans la dimension tangible et connue du monde. C’est avant tout, le temps réel au sens strict de ce mot, ce temps qui n’est réversible ni accélérable et dont nous sommes ici-bas tributaires. C’est donc le temps de la réalité et de la vie qu’il mène à la mort. Il n’est point une perception philosophique ni une projection mythique ni une considération religieuse. Il est donc l’espace de l’apparition, de la durée et de la disparition de tout être vivant ou inerte. C’est en lui que l’homme physique est, agit et existe sans pouvoir biologiquement s’en affranchir. Il est en fait le déterminisme premier du maintenant et du devenir de notre corps, le complice et le bourreau de tout être matériel en général, et à fortiori, de l’être biologique, le vivant qu’il fait naître, grandir avant de l’effacer...
La vision des temps cyclique et palingénésique, à la différence de celle du temps linéaire, si elle compte par les unités chronologiques telles les heures, les jours, les années comme extinction permanente de la durée caractérisant la temporalité et l’impermanence des êtres du monde, c’est pour ensuite l’insérer dans un imaginaire de cycle gigantesque de restitution de la durée envolée. Pour elle, nul temps ne se perd, c’est littéralement la désignification sémantique de la familière expression de « temps perdu ». Les temps cyclique et palingénésique sont des regards inhérents à des weltanschauungen (1) mystico-civilisationnelles, des représentations historico-culturelles, de véritables institutions historicistes c’est-à-dire des temps essentiellement idéels et fictifs appliqués au processus de leur histoire par des sociétés humaines...
Voici un bref survol de ces deux configurations temporelles.
2) Le temps dit cyclique est d’abord connu à travers le regard de certains panthéistes orientaux repris chez les grecs de l’Antiquité pour qui l’essence cosmique immuable ne fait que se renouveler selon le cycle des disparition et réapparition de ses éléments, et avec la dite essence cosmique, recommence encore et encore dans l’illusion de la motilité historique de l’humanité, la face pérenne du monde. L’histoire, à ce compte, est littéralement un perpétuel recommencement, un éternel retour…
3) Le temps palingénésique connu chez des tribus amérindiennes, quant à lui, renvoie à une cyclicité ponctuée d’un catastrophisme historique, climatérique et fataliste. Les choses doivent disparaître avec fracas avant de renaître dans la beauté. Une conception qui, au dire de certains, a favorisé une sorte de résignation donc d’abandon à la fatalité devant l’agression des blancs lors de la conquête européenne des contrées du Nouveau Monde où vivaient ces tribus. Car le monde comme l’histoire sont appelées à s’effondrer catastrophiquement pour être recréés ou tout au moins renaître bellement par la suite.
L’Antitemps bourgeois
 L’antitemps que nous évoquons ici, est notre appellation de la gestion du temps par le système bourgeois de production, temps de nature essentiellement practico-économique. En effet, le temps défini par l’ordre bourgeois est avant tout, un temps constamment comprimé, où l’on ne vit pas et où l’injonction pressante, pressurante de produire encore et encore, efface l’existence. C’est le temps de la performance dans la productivité et de la consommation d’objets constamment jetables et donc à reproduire dans une croissance industrielle exponentielle. C’est donc un antitemps, c’est-à-dire un temps sans durée, sans espace vital (car l’espace vital est d’abord le temps et l’environnement à vivre dont un être humain dispose) pour le travailleur prisonnier du présent harassant de la production.
Le temps, ici-bas, reste et demeure l’espace existentiel de l’homme, un peu comme disait Goethe « mon champ, c’est le temps ». Un homme au temps exproprié, ne vit donc que par délégation d’existence pour celui à qui il livre son temps et, par voie de conséquence, sa vie. La société de consommation substitue l’ersatz illusoire de la propriété des biens et services auxquels la rémunération du travailleur lui donne droit, à l’espace vital qu’est le temps. À un moment où l’automation devait enfin permettre aux hommes de vivre pleinement leur temps, les hommes continuent de trimer au travail forcé du quotidien, pendant de longues heures où ils s’effacent au profit de ce maître des vies dans nos sociétés : le patron. Et après le travail, c’est en fait la préparation du lendemain besogneux qui empreint l’esprit du travailleur à qui le retour à la maison ne signifie pas le repos ou la réappropriation du temps.
Le temps de l’homme moderne n’est que celui du travail qui conditionne donc, même le temps libre du travailleur qui y prépare ses futurs quarts de labeur. Pourtant, n’était l’avarice des employeurs, les travailleurs pourraient avoir des salaires supérieurs tout en travaillant beaucoup moins à des périodes ouvrables bien plus courts. Et en plus, cela résoudrait une bonne part du problème du chômage. Hormis quelques travailleurs privilégiés, tous sont dans une armée sans uniforme, embringués par la force des choses et mimant de choisir leur sort dans la logique absurde de « travailler plus pour gagner plus » exprimée par Sarkozy avec la stupidité couramment véhiculée que le travail éprouve la valeur du travailleur qui prouve sa non fainéantise, alors que les banquiers, eux, se paient du temps de fornication avec les prostituées de luxe de Saint Tropez ou dans les casinos de Las Vegas...
Les mots « ma vie » « ma liberté » n’ont de sens que si l’homme est autorisé à trouver les meilleurs compromis pour s’aménager du temps libre où il vit pour lui-même et non au travail ou en fonction du travail.
L’homme au travail est dans la majorité des cas, un homme sans vie propre, c’est l’homme de l’immédiat. Un homme qui ne vit guère, un homme vécu par le maître profiteur de sa condition comme tout assujetti. Car une téléologie subvertie, réductrice empreint la situation sociale du travailleur qui ne se projette qu’en fonction du futur de la pension en sacrifiant les plus belles années de sa vie, toute sa jeunesse, toute son énergie et son temps, même à la force de l’âge, à la gloire et à la fortune du patron et des structures servant celui-ci.
Quand les financiers, banquiers et grands employeurs, nouveaux totems vivants, anthropomorphes, féroces, établissent un ordre immoral du travail avec tous les artifices prescriptifs de l’économie de marché qui programme par le behaviourisme idéologique chaque individu pour la performance et la consommation, l’individualisme axiologique qui semble caractériser la liberté sociale et la démocratie contemporaines en occident, ne peut être qu’imposture sémantique d’un système sociopolitique et économique pour mieux manipuler les individus. Car l’individualisme ainsi évoqué est une tour imaginaire qui empêche la communication intercitoyenne seule capable de concevoir des plans citoyens de résistance et de refus à la ploutocratie agressante des maîtres des vies et biens, pour qui, à peu près tous se lèvent, vont trimer en renonçant, sans s’en rendre compte, à vivre. L’on comprend aussi que le travail sert à empêcher le statut même de citoyen, en occupant tout le mental des individus réduits à cette seule dimension de travailleur rentable lors même où on lui fait accroire qu’il est individualiste comme s’il choisissait d’être ce qu’il est. L’individuation assumée ne peut être que celle de la personne pleinement consciente, grandie par des repères spirituels, intellectuels, moraux et matériels pleinement choisis. Sinon, c’est de l’individualisme claustral imputé aux gens par les maîtres du système qui encouragent un imbécile égotisme pour garder le peuple dans l’incommunication et la servitude du système.
Le pays de cocagne des fruits du travail dont profiterait le rude travailleur selon la morale bourgeoise, reste encore dans les limbes de l’attente vaine, seule prévaut la grimace hideuse d’un système où quelques ploutocrates ponctionnent la vie des peuples et les vident de cette substance qu’est le temps, tout aussi vital de toute existence que le sang l’est de l’organisme. En attendant, le travail demeure proche du tripalium et de la torture car ni le temps passé sous l’œil du maître, ni le salaire dérisoire pour la plupart des travailleurs même en pays riches, ne permettent d’envisager ni un quelconque bien-être global, ni la moindre humanisation pour les non possédants réduits en objet de travail, en choses parmi les choses.
Malgré les siècles de revendications et de luttes, les riches reprennent le lasso par d’autres voies illégitimes, cyniquement légalisées par leur système juridico-légal où ils n’en finissent pas de bafouer le droit inaliénable de l’humain à vivre digne et libre. La braise dévorante de la souffrance et la duperie des faux espoirs d’un sort meilleur, transforment le système du travail en une pure illusion pour le travailleur où, fors la réalité de son travail, sa condition reste la même : celle de l’exploité, du travailleur qui n’arrive guère à se sortir de cette nécessité de devoir se vendre à autrui pour vivre. Et sur son temps exproprié, sa vie volée, ne pèse que l’effigie de l’employeur sans cesse enrichi, avec pour lui, l’employé, la roue écrasante des chimères inassouvies, le feu hantant des frustrations inexprimées.
Expropriation féroce du temps dans la majeure partie des cas comme nous venons de le constater, le travail n’est donc point célébration d’une quelconque liberté économique ni tremplin social pour les majorités sans le sou ni festoiement de la vie pour les travailleurs des classe moyennes et pauvres. Le travail, tel qu’il est aujourd’hui, a davantage l’allure d’une sorte de perfusion salariale qui maintient illusoirement fonctionnels dans l’économie malsaine par les voies subreptices des ploutocrates de nos états voyous occidentaux et autres, la masse des travailleurs qui, comme certains démunis au temps de l’esclavage formel, se vendaient à des maîtres pour subsister matériellement. Et, le système du travail capitaliste a pour effet de posséder doublement le travailleur qui est d’une part, force de production, et d’autre part, salarié consommateur qui entretient le mode de production dans un cercle vicieux, un cycle interminable d’endettement, de paiements d’intérêts perpétuels aux grands créanciers. Le travail, pour la plupart des travailleurs, est une activité broyeuse de finalité car le plus grand nombre des travailleurs n’a aucune prise sur la fin de sa contribution laborieuse vu que son mouvement est au nom et au pouvoir exclusif d’un patron. C’est réellement la dénaturation du substratum même de l’action et de toute activité humaine, car l’action a une dimension finalitaire nécessaire vu le caractère finaliste de la conscience agissante. C’est ce sens finaliste de l’action que démantèlent déshumanisent les bourreaux de l’ordre de production-consommation.
Après tant de progrès dans nos connaissances du fonctionnement socioéconomique de la société, après tant d’explications des mécanismes d’exploitation de l’homme par l’homme, après tant de richesses produites par l’humanité, après toute la dénonciation du vol crapuleux de l’économie des nations par les banques privées avec la complicité des gouvernements tous à peu près pourris, qui leur soumettent les états et les peuples, il est vraiment honteux d’être humain sur terre et de ne rien faire pour changer d’État et de Société malgré leur infamie avérée. Sachant que la soi disant humanité traite la plupart de ses membres en objets jetables, avec l’arrogance et la bénédiction de certains mufles économistes, financiers et idéologues abominables toujours disponibles pour approuver l’ordre économique établi et démontrer une prétendue essentialité qui serait suprapolitique quasi métaphysique et donc inattaquable de l’horreur socioéconomique, il faut que les peuples sachent méthodiquement se révolter contre l’ordre esclavagiste actuel. Ce qui, pour les voyous spécialistes payés et enrichis afin de mentir aux peuples, je cite les disparités sociales abyssales et les pauvretés artificielles extrêmes qu’elles fomentent, est présenté naturel comme devant être accueilli avec résignation voire contentement, doit être relativisé par l’action de rejet des peuples enfin émancipés, désaliénés.
Il reste aux nations dignes de leur humanité de montrer en ce nouveau siècle, s’ils sont des hommes ou simplement des choses comme les traitent les gouvernements et les banquiers ! Les peuples doivent cesser d’être complices d’un ordre infect, acolytes ingénus de leurs propres bourreaux.
Que vienne l’action populaire internationale concertée contre l’antitemps bourgeois, antitemps abominable du travail voleur de vie, arme de prédation des justes élans de l’homme à disposer de soi, à vivre son temps et sa vie !
Qu’un torrent d’humanité révolutionnaire, vienne par l’eau vivifiante des peuples révoltés, éteindre le feu roulant de l’extinction humaine, faisant mourir cette mort par le temps exproprié qu’est le système du travail dénaturant dénaturé !
Que tous les hommes et les peuples se réapproprient leur temps dans une société nouvelle à la mesure de l’homme et non esclave des structures imposées par quelques voyous bouffis de banquiers, d’hommes d’affaire et de politiciens s’érigeant maîtres des vies et des biens !
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
1 Weltanschauungen - pluriel de weltanschauung - (visions du monde)

LE BONNET PHRYGIEN DU BOYCOTT CITOYEN DE L’ÉLECTION EUROPÉENNE



LE BONNET PHRYGIEN DU BOYCOTT CITOYEN DE L’ÉLECTION EUROPÉENNE

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).


Le 31 mars 2014.

 
Les citoyens qui ont lutté pour le suffrage universel ne l'ont pas fait pour que leur combat serve des années plus tard à légitimer un système anti-démocratique tel que celui de l’Union européenne. Participer à l’élection européenne, c'est amener les peuples à agir contre eux-mêmes en cultivant par le vote l'illusion de la démocratie. Voter, ce serait cautionner une institution qui n'est tout entière qu’au service des classes dirigeantes pour une exploitation optimum des populations.

Les institutions européennes constituent un système sophistiqué aboutissant à soustraire la politique économique de toute possibilité de pression démocratique. La création du parlement européen en 1979 ne visait qu’à masquer cette réalité derrière une façade élective. Il permettait d’octroyer une onction électorale à un processus antidémocratique.

Respecter la République, agir en citoyen, c’est refuser d’être complice d’une élection qui ne sert qu’à consolider une architecture institutionnelle européenne mise en place uniquement pour étouffer la souveraineté des peuples.

Soutenez financièrement la campagne citoyenne de boycott en achetant le bonnet phrygien !
 
CNR-RUE
Le bonnet phrygien était porté par les esclaves affranchis dans l’Empire romain. Apparue quelque temps, après la prise de la Bastille, cette coiffe fait fureur chez les sans-culottes. C’est une façon pour eux de revendiquer la liberté conquise. Le 20 juin 1792, par exemple, le peuple de Paris envahit les Tuileries. La foule en colère parvient jusqu’au roi et lui tend un bonnet phrygien.



Pour signer l’
Appel national au boycott des élections européennes, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3528

Pour
accéder au site du Comité national de résistance républicaine à l'Union européenne (CNR-RUE),
cliquez ici : http://www.cnr-rue.fr

dimanche 30 mars 2014

Nouvelle association Joseph STALINE Le chagrin sans la pitié



Nouvelle association Joseph STALINE
Le chagrin sans la pitié

Il fut un temps où certains d’entre nous pensaient que les socio-démocrates étaient aussi réactionnaires que la droite dite «traditionnelle», et qu’en plus ils véhiculaient des illusions. Certes, dans le passé, il y eut quelques éphémères périodes qui alimentèrent ces espoirs. L’une d’elles, le Front populaire (14/7/1936 - 10/4/38) permit l’obtention d’avancées significatives sur le plan social. Par contre au plan international, sa politique de «non intervention» lors de la guerre civile espagnole, frappa au cœur les républicains et avantagea les phalangistes, soutenus activement par les nazis et les fascistes1.
Ce fut bien cette même Chambre de députés composée de 608-610 sièges, bien surchargée de «socialistes» de tout poil SFIO 149 sièges, Divers gauche 55 sièges, et Radicaux socialistes qui dominaient la scène avec leur 110 sièges au centre et qui:
-   approuva les accords de Munich, (30/9/1938)
-   trahit la Tchécoslovaquie (les Sudètes ont été envahis le 21/10/1938)
-   incita Hitler à se tourner contre l’URSS,
-   mit la SFIC (Le Parti communiste) hors la loi (26/9/1939)
-   déchu les députés communistes de leurs mandats (21/1/1940)
-   promulgua le décret-loi scélérat Sérol 12/4/1940)2,
-   prépara une opération militaire farfelue, d’un grand mouvement de pinces contre l’URSS depuis d’un côté la Syrie – où ils maintenaient une force de 400.000 hommes – en passant par le Caucase, et de l’autre côté la Finlande alliée de l’Allemagne en guerre contre l’URSS, où ils envoyèrent pour commencer un armement important3.
-   …..
Les socio-démocrates étaient plus intéressés à combattre l’URSS qu’à défendre leur pays. Ils finirent par donner – hormis 80 députés qui votèrent contre - les pleins pouvoirs à Philippe Pétain.
Le Parti communiste, les communistes et les brigadistes qui avait déjà pris les armes en Espagne les ont pris à nouveau contre le nazisme et ceux qui faisaient cause commune avec lui. Dorénavant les mots «nazi» et «collabo» étaient des opprobres ultimes.
Par la suite, les socio-démocrates n’ont pu résister ni à la tentation du colonialisme, ni à infliger la répression, les tortures et les exécutions aux résistants des pays colonisés. Le garde des Sceaux en poste du 1er février 1956 au 21 mai 1957, François Mitterrand, honoré de la distinction de la Francisque pétainiste4, est responsable d’avoir signé l’avis favorable («à contre cœur» bien entendu, d’après ses laudateurs) à l’exécution de 45 patriotes algériens.
À un moment de crise idéologique, après vingt ans d’égarement khrouchtchévien, d’abandon de principes et de défaillance de mémoire, le PCF a appelé au soutien de la candidature de François Mitterrand aux élections présidentielles de 1981. Après la «victoire», et une courte période de simulacres de «gains sociaux», petit à petit sont arrivées - alternance aidant - les pertes de souveraineté, d’indépendance économique et monétaire… En somme, la servitude au projet de l’UE, a graduellement fait reculer, sinon disparaître, les acquis du CNR et de l’éphémère Front populaire. Ce qui couplé à une politique étrangère de vassalisation à l’impérialisme occidental dominé par les états-Unis, a conduit les socio-démocrates et leurs soutiens à perpétrer des violations du droit international (même contre des pays historiquement amis et en dépit des intérêts nationaux): en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, en Nouvelle Calédonie…
À cela s’ajoutent tous les Yougoslaves, Libyens, Iraquiens, Ivoiriens, Maliens, Centrafricains, Syriens qu’ils ont, par leurs actes ou leur silence consentant contribué à tuer, blesser ou ruiner. Jamais, mais alors jamais, les socialistes ne sont, au vu de tous, tombés aussi bas. Si bas qu’ils sont allés jusqu’à faire cause commune avec ceux-là même dont ils se prétendaient l’antithèse ultime, jusqu’à recevoir à l’Élysée ces nazis avérés putschistes ukrainiens, partisans de Bandéra (Svoboda)! Ceux-là même qui durant la Seconde guerre ont perpétré les pires massacres, en nombre et en cruauté inimaginables5, contre les populations environnantes: polonaises, roms, soviétiques, catholiques, juives, communistes et fait la chasse aux partisans en URSS, Pologne, Yougoslavie et Autriche.
Aujourd’hui les accords que le gouvernement socialiste a signé dans le cadre de l’Union européenne, reconnaissent et justifient, en toute absurdité, le putsch d’une minorité de canailles manipulées par l’étranger, contre un gouvernement démocratiquement et légalement élu6. Bien que l’on puisse comprendre des ententes contrenature sous la pression de graves circonstances, il s’agit là d’actes de solidarité avec des nazis, de collaboration caractérisée, de l’espèce «la plus pure».
Cette promotion du nazisme, cette collaboration, est une injure impardonnable faite aux dizaines de millions de soviétiques morts pendant la dernière guerre. C’est une insulte impardonnable faite à ceux qui sont morts sous les drapeaux et en luttant dans la Résistance, tous ceux dont les noms sont inscrits sur les stèles commémoratives des villes et des villages partout dans le pays ainsi qu’à tous les étrangers d’Espagne, d’URSS, de Pologne, aux Arméniens, aux antifascistes Allemands et bien d’autres encore, qui se sont battus dans la résistance française, contre la peste brune et pour un monde meilleur.
Le Parti socialiste vient de se suicider moralement, bientôt ce sera aussi politiquement.
Dorénavant, le Parti socialiste ne se situe plus à «gauche» mais au-delà de l’extrême droite en attendant qu’il disparaisse.
Pour le Bureau de l’Association
Alexandre Moumbaris
président

1. Pendant ce temps, dans les rangs des Brigades internationales, le contingent français, organisé par le PCF, était le plus nombreux.
2. Albert Sérol (SFIO), garde des Sceaux dans le gouvernement Paul Reynaud, signe le 12 avril 1940 le décret-loi Sérol qui étend la condamnation à mort de tout français qui aura participé sciemment à une entreprise de démoralisation de l'armée ou de la nation. Ce décret visait déjà plus particulièrement les communistes, … dont nombre de députés avaient été condamnés à mort ou embastillés. Le 10 juillet 1940 (Journal officiel de la République Française) [http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_S%C3%A9rol]
3. Les Anglais fournissent une trentaine d'avions obsolètes; Mussolini 35 appareils modernes. La France fournira 145 avions, 500 canons de gros calibre, 5.000 mitrailleuses et 400.000 fusils. Cependant, une partie de cet équipement parvint après le cessez-le-feu.
Lorsque les puissances alliées réalisèrent que la Finlande pensait sérieusement à un traité de paix, elles lui firent une nouvelle proposition d'aide : 50.000 hommes seraient envoyés si la Finlande lançait un appel à l'aide avant le 12 mars. Comme évoqué plus haut, seuls 6.000 d'entre eux lui étaient réellement destinés. Le reste devait aller à la sécurisation des champs miniers de Suède
[http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Hiver]
4. Au printemps 1943, parrainé par deux membres de La Cagoule (Gabriel Jeantet, membre du cabinet du maréchal Pétain, et Simon Arbellot), il est décoré de l’ordre de la Francisque par le Maréchal Pétain: il est le récipiendaire no 2202, délégué du Service national des prisonniers de guerre. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mitterrand - Une Jeunesse française. François Mitterrand, 1934-1947, Pierre Péan]
6. En 2010, au second tour de l’élection présidentielle Viktor Ianoukovitch avait obtenu 49% des suffrages exprimés alors qu’Ioulia Timochenko obtenait 45% de ceux-ci.