mercredi 5 février 2014

Les armes nucléaires chinoises et la situation en Asie



Les armes nucléaires chinoises et la situation en Asie

Les armes
          nucléaires chinoises et la situation en Asie
© Collage : La Voix de la Russie
Par La Voix de la Russie | Ces derniers temps, on parle beaucoup des armes chinoises stratégiques. De nouveaux types d’armes sont actuellement déployés et des tests sont menés.
L'artillerie et la marine chinoise se dotent des nouvelles capacités en matière de la dissuasion stratégique. Il y a 3-4 ans, il semblait que les forces nucléaires chinoises étaient en train de stagner. Mais aujourd’hui ils subissent une transformation radicale : un renforcement technique et une croissance quantitative.
Auparavant, ces armes étaient considérées comme le dernier moyen de protéger la Chine du chantage nucléaire. Elles étaient développées selon le principe de suffisance minimale et ne bénéficiaient pas d’une attention plus importante de la part des hommes politiques. Actuellement, les forces nucléaires sont promues au rôle d’un des indicateurs les plus importants de la montée en puissance de la nouvelle Chine. Les forces nucléaires sont de plus en plus souvent mentionnées dans les déclarations des hauts cadres politiques du pays, et les médias nationaux y accordent une plus grande attention. L'un des exemples en date – c’est la démonstration récente à la télévision des tirs exercices de tirs avec des missiles intercontinentaux DF-31A, pour la première fois depuis la mise en service de ses missiles en 2006.
Ce qui est d’autant plus important, c’est la nécessité de revoir les principes de la doctrine nucléaire chinoise. Du moins, il semble que l’ancienne stratégie de dissuasion minimale et du refus d’utiliser en premier les armes nucléaires fait déjà partie d’un débat interne. Le principe de non-utilisation de l’armement nucléaire n’était plus mentionné au dernier Livre blanc sur la Défense de la RPC. Le récent article du major-général Qiao Liang dans le journal Zhongguo hangtianbao sur le rôle de l’armement nucléaire en perspective, a suscité beaucoup de discussions chez les experts.
Qiao Liang explique clairement qu'il serait plus rationnel d’étudier et d’emprunter l’expérience russe, en enlevant les restrictions sur l’utilisation des armes nucléaires en premier. Ainsi, l’armement nucléaire deviendra le garant du développement pacifique de la Chine. Le général souligne à juste titre que pendant le conflit russo-géorgien de 2008, les pays occidentaux, malgré leur insatisfaction à l'égard des actions de la Russie, ont refusé même d'envisager la possibilité d'une intervention militaire directe, de peur d'une confrontation militaire avec la Russie.
L’avancement de l’infrastructure militaire américaine vers la Chine, le développement du système de la défense antimissile, et l’existence aux Etats-Unis des programmes de mise en place du système de « frappe instantanée globale », ne laissant à la Chine d’autre solution, sauf le renforcement qualitatif et quantitatif de ses forces nucléaires stratégiques. Le nombre de programmes chinois dans ce domaine dépasse sensiblement tout autre pays dans le monde.
Avec une telle quantité d’armes de type nouveau, qui sont en préparation à la fabrication, le maintien du nombre actuel de l'arsenal nucléaire, qui selon la majorité des estimations n’atteint pas plus de 200 ogives, ne s’avère pas possible. Vers le milieu de la prochaine décennie, la Chine pourrait se doter d’au moins 600 ogives déployées. Ainsi, la Chine, qui se trouvait à la même position avec la France et la Grande-Bretagne en termes de sa puissance nucléaire, en perspective, il pourrait se hisser entre les deux superpuissances mondiales, la Russie et les Etats-Unis.
Cette baisse régulière des forces nucléaires stratégiques des Etats-Unis, et l’économie sur ces équipements pourrait à un certain moment conduire à la parité entre les Etats-Unis et la RPC en termes d’ogives nucléaires déployées sur les porteurs stratégiques.
L’augmentation de la capacité nucléaire chinoise forcera la communauté internationale à revoir les garanties de sécurité que les Américains fournissent à leurs alliés en Asie. A quel point les pays comme le Japon peuvent être sûrs du fait que les Etats-Unis sont prêts à leur venir en aide, si un éventuel conflit militaire avec la RPC peut signifier pour le Japon la destruction totale ?
Pendant la Guerre froide, l’Europe exigeait des Etats-Unis et de ses autres alliés de l’OTAN des efforts spéciaux lui permettant de créer un mécanisme garantissant l’aide américaine en cas d’un conflit avec l’un des pays allé de l’URSS. Néanmoins, la Grande-Bretagne et la France ont estimé nécessaire de développer leurs propres forces nucléaires, un projet qui leur a coûté très cher. D'autres grandes économies européennes, l'Allemagne et l'Italie, n’ont pas pu réaliser ces projets à cause de leur statut pendant la Seconde guerre mondiale.
Comment va évoluer l’opposition nucléaire en Asie ? Cette question devient de plus en plus d’actualité.

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