mercredi 29 janvier 2014

« PACTE D’AVENIR POUR LA BRETAGNE » : UNE REGRESSION SANS PRECEDENT

 « PACTE D’AVENIR POUR LA BRETAGNE » : UNE REGRESSION SANS PRECEDENT

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
Le 26 janvier 2014.
Le « Pacte d’avenir pour la Bretagne » a été présenté le 4 décembre 2013 et signé le 13 entre le Premier ministre JM. Ayrault et le président de la région Bretagne Pierrick Massiot. Approuvé à une courte majorité par le Conseil régional (élus PS et communistes), il s’inscrit dans une logique ultra-libérale et de destruction des fondamentaux de la République.

 Une vision économique au service des intérêts patronaux

D’emblée, le pacte situe son orientation en affirmant qu’il faut « des mesures de soutien à la compétitivité des entreprises et des territoires », alors que la nécessité est aujourd’hui de mettre fin à la concurrence entre les peuples et les Etats. En outre, le gouvernement admet qu’il faut licencier et entend à ce titre assurer « un accompagnement des restructurations économiques », alors qu’il faut mettre d’urgence un terme à la destruction de l’outil de travail et des emplois.
Le pouvoir socialiste garantit les intérêts patronaux par le biais de « l’activité partielle » et la « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) » afin de maintenir les bénéfices réalisés par les entreprises, au détriment des salaires et de l’emploi : 15 millions d’euros sont ainsi dépensés pour « aider les entreprises agroalimentaires des filières élevage à financer leurs investissements (modernisation, automatisation, robotisation, adaptation au marché...) ». Autrement dit l’Etat subventionne les licenciements !
A cela il faut ajouter que pour assurer « un soutien effectif à l’activité économique », l’Etat et les collectivités locales s’engagent « à mettre en place en 2014 les financements de toutes les opérations dont l’état d’avancement permet une réalisation rapide, notamment dans le cadre du CPER 2007-2013. » Autrement dit la dépense publique va servir à alimenter les profits privés. Cette attitude ne manque par ailleurs pas de constituer un paradoxe lorsque le gouvernement affirme au niveau national que les dépenses publiques doivent être comprimées pour le bien de tous… Le texte égrène également toutes les dépenses d’infrastructure (très haut débit, chemins de fer…) qui seront aussi aidées par l’Etat.
Dans la logique de mise au service des intérêts privés de fonds publics, le Pacte ne manque pas de promouvoir la « recherche partenariale public / privé ». Nul ne doute au vu des résultats des partenariats public-privé mis en œuvre dans la construction de bâtiments publics que ce seront les acteurs privés qui tireront profit de cette organisation.
De même, le texte situe le problème économique au niveau de l’insuffisance des profits puisqu’il faut « contribuer à la croissance des entreprises et au développement de l’emploi par la régénération des marges ». Comme si les patrons de l’agroalimentaire ne s’étaient pas enrichis au cours des dernières années.
On voit apparaître également une veine libérale, pour ne pas dire poujadiste, dans le « volet de simplification des procédures », notamment « de simplification et de sécurisation du cadre juridique envers les entreprises ». Rappelons que les procédures administratives ne sont pas des gadgets de technocrates ; ce sont des garanties de démocratie et de transparence, qui devraient être renforcées et non supprimées afin de conforter l’Etat de droit ; ce sont également des moyens indispensables pour protéger notre santé, en particulier alimentaire. Le remplacement de ces procédures par une « obligation de résultat », même « renforcée », constitue une véritable attaque contre la démocratie, car elles ne sont pourvues d’aucune sanction légale et ouvre la porte à tous les abus.

 Le gouvernement s’est une fois de plus plié aux volontés du Medef et de la FNSEA

Rien de cela ne fonctionnera, car personne ne veut envisager un seul instant de remettre en cause le « modèle breton » qui n’a d’ailleurs de breton que le nom. Ce « modèle breton », largement représenté par l’agriculture et l’industrie agroalimentaire est basé sur le productivisme, l’agriculture industrielle intensive, privilégiant la quantité sur la qualité, et l’exportation. Cela a fonctionné grâce aux bas salaires, aux exonérations de cotisations sociales et aux subventions à l’export de l’UE.
L’agriculture pratiquée ici est coincée dans une chaine de production infernale. En amont, dominée par les fabricants d’intrants – engrais, graines, aliments pour les animaux - de matériels agricoles de plus en plus gros et coûteux, voraces en énergie fossile. En aval par les transformateurs de l’agroalimentaire, eux-mêmes dépendants de la grande distribution qui impose des prix bas au nom de la défense du pouvoir d’achat des consommateurs. Ce mode de production complètement dépendant a conduit de façon mécanique à la disparition de nombreuses exploitations et à l’impossibilité pour les jeunes de s’installer, le ticket d’entrée étant trop élevé. Pour résister à la grande distribution, les industriels de l’agroalimentaire se sont regroupés, ont pratiqué du développement externe, sans que leurs investissements se traduisent par une modernisation de l’outil industriel ni d’innovation dans les produits. Dans ce contexte économique et politique libéral, la concurrence libre et particulièrement faussée joue à plein contre les salariés et les petits agriculteurs.
C’est tout ce système qu’il faut remettre en cause. Il faut développer une agriculture qui s’affranchisse d’intrants qui plombent les coûts et détruisent la terre. Sortir de la spécialisation des exploitations pour mettre en place des productions complémentaires, sources d’économies, de meilleure qualité, d’autonomie des exploitations. Il faut sortir de la politique des prix bas qui oppose agriculteurs et consommateurs. Il faut sortir de la politique de l’exportation pour réinvestir le marché national (70% des volailles consommées par la restauration collectives sont importées). Il faut sortir du libre-échange et introduire des mesures protectionnistes pour combattre le dumping social.

 Une attaque sans précédent contre les principes républicains

Sous couvert de décentralisation, le gouvernement Ayrault mène une attaque frontale contre le principe d’égalité des citoyens devant la loi.
On peut d’abord noter une hypocrisie dans la posture du Premier ministre et des élus de Bretagne. Si d’un côté ils souhaitent plus de décentralisation, de l’autre ils ne manquent pas de mobiliser les ressources de l’Etat. Par exemple, le gouvernement va installer des institutions nationales en Bretagne : « Le Pacte affirme l’engagement de l’Etat à créer en Bretagne un pôle d’excellence en cyber-défense, priorité nationale inscrite au Livre Blanc pour la Défense et la Sécurité Nationale de 2013. » Le CNAM est lui aussi mis à contribution.
Mais ce paradoxe n’empêche pas le projet d’être marqué par une orientation très claire. Il s’agit de défaire les institutions héritées de la Révolution française en mettant en place une organisation à la carte des régions. Ainsi le pacte affirme-t-il : « les propositions innovantes que les acteurs bretons, et notamment les collectivités locales, pourraient bâtir en termes d’organisation différenciée des institutions publiques en Bretagne (transferts de compétences, délégations de compétences, mutualisations de compétences et de moyens, regroupements institutionnels etc...) seront étudiées avec attention, notamment en mobilisant les possibilités ouvertes par la future loi de modernisation de l’action publique ».
Cette volonté se manifeste aussi par « une convention spécifique sur les langues de Bretagne [qui] portera notamment sur la formation et le recrutement d’enseignants des langues de Bretagne, sur le développement de l’enseignement bilingue ainsi que sur le soutien à l’action de l’Office de la langue bretonne, établissement public de coopération culturelle. La convention encouragera le développement de l’usage de ces langues dans la vie quotidienne ». Lors du déplacement du Premier ministre en Bretagne le 13 décembre 2013, celui-ci a dévoilé ce que cache cette affirmation : la volonté de faire ratifier la Charte des langues régionales et minoritaires qui conduirait à réintroduire en France la conception ethnoculturelle de la nation, au détriment de son acception politique issue de 1789. C’est l’objectif que poursuivent les autonomistes de tout poil, Bretons, Basques, Corses ou Alsaciens qui, bien que très minoritaires dans leur région, veulent imposer à travers le lobbying de la Fédération peuples et ethnies solidaires auprès de l’Union européenne, une Europe des régions et la destruction des Etats-nations.
La possibilité d’adapter la législation va conduire à une mise en concurrence des territoires et à un nivellement par le bas. On peut en avoir un début d’illustration : le pacte prévoit une dérogation aux interdictions de circulation des poids lourds. Outre que cela est contradictoire avec le souci, affirmé de façon récurrente, de protéger l’environnement, on se demande ce qui empêchera d’autres régions et d’autres secteurs de réclamer les mêmes dérogations.
On voit poindre les risques que cette « décentralisation » peut comporter à terme pour les normes sociales et environnementales. Le Pacte d’avenir pour la Bretagne est dans la droite ligne de l’acte III de la décentralisation dont la première partie concernant la mise en place des Métropoles a été votée par l’Assemblée nationale et dont les deux autres lois, concernant l’une les régions et l’autre les intercommunalités sont en discussion. Il s’agit à travers ces textes de lois de détruire à terme les Etats-nations et les communes au profit d’euro-régions et d’euro-métropoles « compétitives » au sein de l’Union européenne libérale, dans lesquelles les salariés qui seront en concurrence pour le plus grand profit des entreprises multinationales qui s’empareront de toutes les activités y compris les services publics.
De façon significative, alors même que cela constituait un argument phare en matière de décentralisation, le terme de démocratie ne figure pas une seule fois dans le texte.

 Conclusion

Le Pacte d’avenir se situe dans la droite ligne de la politique ultra-réactionnaire menée par le gouvernement du Parti socialiste depuis l’arrivée de F. Hollande au pouvoir : les problèmes de la France résident dans le manque de compétitivité de notre économie. La spécificité du Pacte est qu’il met également l’accent sur le volet institutionnel : à l’évidence, il faut pour le PS reconfigurer les territoires pour les mettre au service des intérêts du capital, les mettre en concurrence et préparer l’avènement des euro-régions, soumises inconditionnellement au droit de l’UE mais plus au droit national.
Le Premier ministre a annoncé vouloir aller plus loin en matière de décentralisation lors de son déplacement du 13 décembre 2013. Ce n’est pas anodin : c’est un véritable changement de régime qui est en cours de préparation. Les principes d’unité et d’indivisibilité de la République, celui d’égalité des citoyens devant la loi sont battus en brèche. Ce sont des acquis fondamentaux de la Révolution française qui sont en passe d’être effacés. Le gouvernement PS est en train de ramener notre pays à l’avant 1789. Il s’agit purement et simplement d’un retour à l’Ancien régime.
Les vrais ennemis que les salariés, petits agriculteurs, artisans, citoyens de notre pays, y compris les Bretons, doivent combattre ne sont pas les salariés des autres pays d’Europe dans une compétition acharnée. Ce sont le libre-échange et le libéralisme que défendent si bien le Medef et la FNSEA. C’est l’Union européenne qui est leur bras armé.
Le M’PEP appelle à dénoncer et combattre les lois de décentralisation en cours de discussion, à sanctionner les socialistes et leurs alliés lors des élections municipales, à boycotter les élections au parlement européen pour délégitimer l’Union européenne et ses institutions.

Salariés sans frontières...

Salariés sans frontières... suite

mardi 21 janvier

Quelques petites nouvelles autour de la tentative de censure du documentaire « Salariés sans frontières » par France 5.
Merci tout d’abord à vous tous pour l’élan de solidarité. Des centaines de réseaux syndicaux, politiques, associatifs ont relayé l’information, et des milliers de militants et citoyens ont su la nouvelle.
Non seulement France 5 a « oublié » le documentaire dans ses tiroirs durant 18 mois, l’a programmé à une heure impossible – dans la nuit de mercredi 15 à jeudi 16 janvier – , mais empêche le film d’être en Replay. Certains ont déjà protesté sur la page de France 5 : http://www.france5.fr/emission/sala...
Mais France 5 ne peut pas décider de tout. Depuis quelques jours « Salariés sans frontières » est en accès libre sur Youtube. La meilleure version est à l’adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=NmDM...
Alors, n’hésitez pas à aller sur ces sites pour visionner le documentaire ou pour réclamer un Replay. Plus le mouvement sera fort, plus la contestation d’une télévision de service public qui n’a plus rien de public sera visible.
La censure de « Salariés sans frontières » n’est en réalité que le haut de l’iceberg.
Face à cette censure qui frappe tous ceux qui protestent et luttent contre un ordre capitaliste et libéral qui se croit tout puissant, face à l’arrogance des chiens de garde médiatiques, il est plus que jamais indispensable de développer maintes formes de résistance.
Pour que vous puissiez encore disposer de supports d’informations de qualité, pour que nous puissions nous, journalistes, documentaristes ne pas crever de cette censure économique qui ne dit pas son nom, nous avons créé un site d’autoproduction de documentaires, Nada (Nous avons des armes) : http://www.nada-info.fr/.
Pour le moment ce site est en élaboration. Mais vous pouvez déjà y puiser quelques documents (charte, projet de docus, bande annonce). Nous travaillons à sa transformation. Début février, un nouveau Nada sera disponible et tout à fait opérationnel. Nous vous le ferons savoir.
En attendant, comme il y a une semaine, diffusez massivement ce message.
Car ce dont on est certain, c’est que nous avons raison !!!!
Gilles Balbastre, réalisateur de Salariés sans frontières et co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde

Comment sauver l’Ukraine de la guerre civile


Communiqué du Parti communiste d’Ukraine (KPU)

Comment sauver l’Ukraine de la guerre civile

Les propositions de la dernière chance du Parti communiste
samedi 25 janvier 2014
par  communistes
popularité : 98%

Le Parti communiste d’Ukraine exprime ses condoléances pour la perte tragique de vies humaines au cours des affrontements armés provoqués par des extrémistes dans la rue Hrushevskoho à Kiev.
La responsabilité de ces décès, de l’effusion de sang incombe tout autant au pouvoir, qui a offert le pays et le peuple « sur un plateau » aux dirigeants de la pseudo-opposition, aux groupes d’extrême-droite néo-nazis, aux organisations nationalistes violentes, aux politiciens étrangers qui appellent les gens à « radicaliser les protestations » et à « lutter jusqu’au bout ».
Nous exigeons du gouvernement comme des leaders de la place Maidan qu’ils retirent des rues de Kiev leurs forces combattantes, criminelles, qu’ils s’abstiennent de tout recours à la force, qu’ils garantissent la non-ingérence dans les affaires intérieures ukrainiennes, que des puissances étrangères et leurs représentants ne soient pas invités à la table de négociation.
Toutes les tentatives de création de structures parallèles de pouvoir non-constitutionnelles de « Parlement national », de « président par intérim » etc, ne feront que renforcer l’affrontement et créer un risque d’escalade du conflit vers la guerre civile.
Une partie de la population soutiendra le gouvernement actuel, et l’autre la prétendue opposition, ce qui conduira inexorablement à l’éclatement définitif de l’Ukraine.
Le Parti communiste est prêt à présenter des propositions concrètes pour résoudre la situation.
Nous pensons qu’il est nécessaire de :
1 - Convoquer un référendum pour décider de la politique économique extérieure de l’Ukraine, en termes d’intégration régionale ;
2 - Adopter des réformes politiques, supprimer l’institution présidentielle et instaurer une république parlementaire, augmenter de façon significative les droits des collectivités territoriales ;
3 - Faire passer une nouvelle loi électorale, avec retour au scrutin proportionnel pour l’élection des députés ukrainiens ;
4 - Afin de dépasser le chaos politique et de garantir un contrôle étroit sur le gouvernement et les politiques, la mise en place d’un organisme civil indépendant de « contrôle national », avec des pouvoirs élargis ;
5 - Faire passer la réforme judiciaire et introduire l’élection des juges.
Le Parti communiste attire l’attention sur le fait que, dès le début, nous avions averti : que le mépris des procédures démocratiques pour résoudre le conflit social, le refus de l’organisation d’un référendum, orchestré par le pouvoir conjointement avec la dite opposition, pouvait avoir des conséquences catastrophiques.
Par conséquent, avant qu’il ne soit trop tard, une solution pacifique à la crise politique est encore possible. Nous appelons à condamner l’extrémisme, nous encourageons les gens à ne pas céder aux provocations, à réclamer des négociations constructives avec la participation du Président, des dirigeants des partis politiques et des organisations de masse.
Le Parti communiste d’Ukraine affirme qu’il existe un autre moyen d’arrêter la spirale de la violence et de sauver le pays !

Stopper la «Svoboda», stopper le fascisme!



Parti communiste des bolchéviks de toute l'Union soviétique
Bureau du C.C. du P.C.B.tU.S. pour l'Ukraine, la Moldavie et la Subdniestrie
Stopper la «Svoboda», stopper le fascisme!
À commencer le 30 novembre, l'opposition orange-brune [la «Bat’kivchtchina» (v. p. 18, note 4)1 de A. Yatsényouk, l'Oudar» de V. Klitchkaο, la «Svoboda» (v. «N.d’URSS» n° 123, p. 5, note 1)2 de O. Tyaghnikok a fait descendre des milliers de citoyens dans la rue se prononcer pour «le choix européen de l'Ukraine» en protestant contre l'interruption de la signature de l'Accord d'association avec l'U.E.
Le rôle dirigeant de tout cela est joué dans la rue par les membres de l'organisation néo-bandéraïenne profasciste «Svoboda» de O. Tyaghnikok qui appelle à la grève nationale générale, à la démission du gouvernement et du président. Grisées par la «Svoboda», les masses se sont déjà mises à scander les slogans bandéraïens «Gloire à l'Ukraine!», «Gloire aux héros!», ne se rendant pas compte de ce que les «héros» de la «Svoboda» — S. Bandéra, R. Choukhévitch, les soudards de l'OUN-UPA (v. «N.d'URSS», n° 123, p. 6, note 3)3 — sont les larbins, les nervis de représailles et les bourreaux fascistes sur les mains desquels se trouve le sang de centaines de milliers de Polonais, de Juifs, d'Ukrainiens, de Russes, de Tsiganes, de Biélorusses, de gens d'autres nationalités encore. Ces «héros», formés et armés par les hitlériens, ont fusillé, tué à la hache, débité vivants à la scie mécanique, cloués aux arbres des enfants vivants, massacré des familles entières, exterminé des gens par divers moyens de bestialité fanatique dans leur tentative d'instaurer en Ukraine un régime national-fasciste sanguinaire.
Après l'écrasement du fascisme par la puissante armée rouge soviétique sous la direction de I. V. Staline, la victoire a également été remportée sur les restes des hordes bandéraïennes.
Mais, avec la destruction antipopulaire de l'Union soviétique et la défaite temporaire du socialisme, l'Ukraine «indépendante» a vu de nouveau s'épanouir le nationalisme incarné par l'opposition orange qui a généré le fascisme.
En Ukraine, c'est le gros capital qui est au pouvoir depuis 22 ans. Les régimes de gouvernement se succèdent l'un après l'autre: Kravtchouk, puis Koutchma-Moroz, Youchtchenko-Timochenko, Yanoukovitch-Azarov, tous ont transformé l'Ukraine, de puissance européenne hautement développée qu'elle était devenue au sein de l'U.R.S.S., en l'un des pays les plus pauvres et les plus arriérés du monde avec un peuple en voie d'extinction.
C’est précisément sur ce terrain-là, en spéculant hypocritement sur les malheurs et la misère du peuple, qu'est réapparu le national‑fascisme! La bandéraillerie) dont le représentant le plus marquant est la «Svoboda» d’Oleg Tyaghnibok.
Le coupable de l'actuel sabbat du national-fascisme est le régime de Yanoukovitch-Azarov, régime du gros capital, qui est arrivé au pouvoir sous des mots d'ordre pro-Russes et a ensuite parlé de «vecteur européen» de l’Ukraine, question en considération de laquelle ils ont serré les rangs autour de l’opposition. L'interruption temporaire de la signature de l'accord avec l'U.E. a également permis aux «leaders» oranges-bruns de faire descendre dans 1a rue les masses de petits-bourgeois nationalistes dépolitisés et la jeunesse grisée et abusée.


Pour quoi l’Ukraine est-elle si nécessaire à l’U.E.?
Le monde impérialiste é.-U.A., U.E. et autres pays capitalistes — est plongé dans le gouffre d'une crise économico-financière très acharnée. L'issue de cette crise, les impérialistes 1a cherchent dans les moyens de la guerre, dans les moyens de l'asservissement des autres pays et peuples, dans l'appropriation de leurs richesses naturelles en matières premières, de leurs ressources pétrolières et gazières.
Les zones européennes dites «pays périphériques» Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Chypre -- se trouvent à la limite de la catastrophe économique. Le chômage atteint dans ces pays de 20 à 25% de la population, des centaines de milliers de gens sont jetés à la rue, leurs familles restent sans moyens d'existence. Tandis que la direction de l'U.E. accorde des crédits pour sauver les institutions financières et bancaires, elle exige des gouvernements bourgeois de ces pays qu'ils réduisent leurs dépenses budgétaires, diminuent les versements sociaux, rejetant ainsi la charge de la crise sur le dos des petites gens. Pendant ce temps, la fine fleur de l'Europe «civilisée» fait la promotion des mariages homosexuels, des parades-gays, défend les «droits» des minorités sexuelles, tout cela pour détourner l'attention des travailleurs, faire interrompre leur lutte grandissante pour leurs droits.
Le rêve des petits-bourgeois ukrainiens est que, tombés dans l'U.E. en tant qu’associés, c'est-à-dire en fait en tant que membres aux droits inégaux (personne en effet n'a proposé à l'Ukraine la qualité de membre jouissant de la plénitude des droits dans l’U.E., les Ukrainiens y vivront comme au paradis, n'est qu'une illusion un leurre.
Les firmes et banques transnationales américaines et européennes, le gros capital sioniste, qui sont actuellement les réels gouvernants du monde, ont besoin des travailleurs ukrainiens en qualité d’esclaves, de serviteurs travaillent pour leurs nouveaux maîtres et du territoire ukrainien comme d'un tremplin pour sauter à l’Est et soumettre la Russie, pour envahir et s’emparer de ses richesses naturelles et asservir son peuple. Le passage de l'Ukraine aux normes européennes signifie son passage aux normes de l'OTAN, le réarmement de l’armée au moyen d'armes OTANiennes, d'armes du bloc, dont les pointes sont dirigées vers la Russie.
L'opposition orange-brune de l'Ukraine, qui exprime les intérêts du capital comprador sioniste pro-occidental et qui a été formé par le même capital, est le fil conducteur des intérêts de l’impérialisme américano-OTANnien pour lesquels elle tente de livrer l’Ukraine en esclavage à l'U.E. et de dresser les deux peuples frères russe et ukrainien, l'un contre l'autre dans une boucherie fratricide.
L'Union douanière, c'est une union de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan, c'est une union d’états bourgeois. Mais même fondée sur une base bourgeoise, cette union deviendra un concurrent pour les é.-U.Α. et l'U.E. et permettra à ses participants de développer ensemble leur potentiel économique.
L'entrée de l'Ukraine dans l'Union douanière permettra également de ranimer le travail des complexes métallurgique et pétrochimique grâce à la baisse du prix du gaz, le travail d’autres entreprises, de freiner la régulière spirale de l'augmentation du taux de chômage qui est de plusieurs millions.
L'entrée de l'Ukraine dans l'Union douanière permettra également de rétablir les liens rompus entre les peuples frères, permettra aux travailleurs des quatre républiques de développer leur lutte sous le Drapeau rouge prolétarien, le drapeau de l’homme qui travaille.
C'est précisément ce que la bourgeoisie craint plus que tout.
Nous adressons un appel aux travailleurs d’Ukraine
  • Stopper la «Svoboda»! Stopper le fascisme!
·       Sauvegarder l'entrée de l'Ukraine dans l’Union douanière!
·       Entrer dans la lutte pour un avenir digne, dans la lutte pour le renversement du pouvoir du capital, pour le rétablissement du Pouvoir soviétique et du socialisme!
·       De l’Union douanière bourgeoise à la lutte révolutionnaire pour la renaissance de l’Union des Républiques socialistes soviétiques sous le Drapeau rouge victorieux de Lénine et de Staline!
·       Prolétaires de tous les pays, Unissez-vous! Ce grand mot d’ordre du marxisme est actuellement autant d’actualité qu’il y a un siècle et demi
·        Mayevski
Secrétaire du CC du P.C.B.t.US.,
Rédacteur de la «Rabotché-krest’yanskaya pravda»
4 décembre 2013
[Source «Nouvelles d'U.R.S.S.», n° 125, janvier-février 2014]
Abonnements : Jacques LEJEUNE
ASSAMUNSOV,  30 rue des Trois Frères 75018 PARIS

Le soutien du NPA aux guerres de la France en Afrique



Le soutien du NPA aux guerres de la France en Afrique

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Le déchaînement de la France dans ses anciennes colonies d’Afrique sub-saharienne constitue une mise en accusation des groupes réactionnaires de la pseudo-gauche comme le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).
Ayant applaudi les guerres en Libye et en Syrie et appelé à l’élection du président François Hollande, maintenant détesté par la plus grande partie de l’opinion, qui mène ces guerres, ils portent la responsabilité politique du sang que l’impérialisme français répand en Afrique.
La récente tentative du NPA de se distancer du Parti socialiste (PS) de François Hollande et de ses guerres au Mali et en Centrafrique déborde de mauvaise foi. Alors que la colère de la classe ouvrière monte contre Hollande, le NPA essaie d’effacer ses traces et d’empêcher que ces conflits ne débouchent sur la révélation de son propre rôle d’outil corrompu des intrigues néo-coloniales.
Dans une brève du 5 décembre intitulée « Non à l’intervention de l’armée française en Centrafrique, » le NPA critique les affirmations du PS selon lesquelles la guerre en Centrafrique viserait à mettre fin aux violences entre Chrétiens et Musulmans après que les rebelles de la Seleka, soutenus par la France, ont fait tomber le président François Bozizé en mars.
Il écrit, « Cette intervention obéit aux mêmes objectif que celle au Mali. Dans les deux cas comme dans le reste de l’Afrique il s’agit de maintenir l’ordre des grandes puissances alors que le régime politique qu’elles ont mis en place n’a plus aucun pouvoir. Pour le gouvernement Hollande -Ayrault, il s’agit de préserver les privilèges de la vieille puissance coloniale qu’est la France, ceux des multinationales françaises, les Areva, Bolloré et autres Total. L’intervention militaire ne peut entraîner pour la population que de nouvelles souffrances, de nouveaux drames. Hors d’Afrique les troupes françaises. »
La posture anti-guerre du NPA n’est qu’une rhétorique creuse. Les guerres de la France sont bien des actes de pillage impérialistes, dont les travailleurs français paient également le prix par des augmentations d’impôts et de nouvelles coupes sociales. Ces guerres visent à renforcer la position stratégique de Paris, les profits de ses entreprises pétrolières et de ses banques. Mais c’est également la source des flux d’argent que la bourgeoisie dirige, par son financement de la bureaucratie syndicale, des programmes des médias et de bourses de recherche des universitaires « de gauche », vers les forces de la pseudo-gauche telles que le NPA.
C’est pour cette raison que, après les soulèvements de la classe ouvrière en Égypte et en Tunisie en 2011, le NPA a soutenu les guerres en Libye et en Syrie en proclamant qu’il s’agissait de « révolutions ». Et malgré sa posture hypocrite, c’est également pour cela que le NPA en réalité soutient la guerre au Mali et en Centrafrique.
Le NPA n’écrit pas comme un opposant à l’impérialisme, mais comme le partisan d’une politique différente, plus habile, pour mener des guerres de plus en plus impopulaires. Il défend en particulier l’idée de s’appuyer plus fortement sur les troupes fournies par les régimes appauvris de l’Union africaine (UA) pour aider les troupes françaises au Mali et en Centrafrique. Il se plaint que, « la France ne devait pas intervenir au Mali, mais simplement soutenir les forces africaines [...] Les forces françaises devaient céder la place aux Africains… »
Si le NPA cherche à se présenter comme un opposant aux guerres françaises en Afrique devant la classe ouvrière en France, ses affiliés sur place en Afrique n’ont pas de telles prétentions.
Les sympathisants du NPA au Mali, le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), demandent une intervention plus poussée de la France contre les nationalistes touaregs et les forces islamistes au Nord du Mali. Renforcées par les forces islamistes aidées par l’OTAN en Libye voisine, ces forces étaient sur le point de lancer une offensive sur Bamako, la capitale du Mali située au Sud du pays, l’an dernier. Faisant partie intégrante de l’élite de Bamako, le SADI a ouvertement applaudi la junte militaire qui a pris le pouvoir lors d’un coup d’Etat et qui sert maintenant de régime fantoche à la France.
Dans une déclaration publiée le 14 janvier de l’année dernière et portant le titre sans ambiguïté de « Déclaration de soutien aux forces armées et de sécurité du Mali », le SADI a applaudi le rôle de la junte dans la guerre. Alors que les bombes françaises tombaient sur le Mali et que ses troupes marchaient dans Bamako, le SADI écrivait, « Le Parti SADI salue la détermination avec laquelle nos soldats et officiers ont affronté et mis en déroule la horde terroriste sanguinaire qui a envahi notre pays pour nous soumettre et nous dominer. »
Dans sa propre presse, le NPA a publié un entretien avec le représentant du SADI en France, Mohamed Diarra. Quand le NPA a demandé à Diarra la position du SADI sur la guerre française, il a répondu, « Vu la souffrance de nos populations à cause des djihadistes, nous n’avons pas condamné l’intervention. »
Diarra a ajouté que le SADI espérait que Paris accentuerait son soutien à la junte de Bamako : « Notre position est claire, c’est avant tout une solution malienne. On voulait une armée malienne assez forte, qui soit aidée. »
En publiant ce genre de remarques favorables à la guerre, le NPA et le SADI diffusent la même propagande que les médias français à la solde des grands groupes. Ils ne font aucune tentative de réconcilier ces déclarations avec les observations du NPA ailleurs selon lesquelles ces guerres visent à protéger les privilèges des grands groupes français, ou la demande de pure forme du NPA que les troupes françaises soient retirées d’Afrique.
Cela en dit long sur la caractère corrompu des forces qui se rassemblent dans les opérations de politique étrangère du NPA.
En Afrique, les alliés du NPA publient régulièrement des louanges écoeurants, ou parfois une critique inoffensive, des dictatures locales que Paris utilise pour faire la police dans es ex-colonies. En cela, l’avocat de pseudo-gauche ou l’activiste « humanitaire » peut trouver une place qui lui convient aux côtés des lieutenants-colonels africains séditieux, de la légion étrangère, et des barbouzes envoyés par les services secrets qui permettent à Paris de mener sa politique africaine.
En France, les ex-étudiants radicaux petits-bourgeois de 1968 qui dirigent le NPA sont parvenus à exercer une influence considérable sur l’élite politique française, par eux-mêmes et grâce à d’ex-membres qui ont atteint des postes importants au PS et dans les médias. Ils sont liés par leurs intérêts de classe et leur milieu social au PS et à son programme d’austérité sociale et de guerre.
Quand le NPA essaie de se présenter comme un opposant à la guerre malgré le bilan de ses soutiens aux interventions de l’OTAN, ses arguments deviennent orwelliens.
Faisant remarquer avec inquiétude que les alliés du PS soutiennent silencieusement ces guerres alors qu’elles sont de plus en plus impopulaires, le NPA critique la position du Parti communiste français (PCF) sur la guerre au Mali par ce qu’elle « ne rompt pas, ne condamne pas. L’argument du ‘moindre mal’ et du danger de chaos a été invoqué pour soutenir une intervention qui se prétendait (mensongèrement) à l’origine ponctuelle, limitée à des frappes aériennes. »
Ces lignes se lisent en fait comme une accusation du rôle du NPA qui a soutenu la guerre en Libye, ce sur quoi le silence du NPA est assourdissant tandis qu’il écrit sur les affaires sub-sahariennes. Alors qu’il insistait pour que l’OTAN bombarde la Libye en 2011, le NPA utilisait précisément les mêmes arguments qu’il condamne maintenant au Mali. Minimisant les intérêts impérialistes en jeu, il affirmait que l’OTAN lancerait une intervention ciblée limitée à des frappes aériennes qui seraient un moindre mal nécessaire pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus grande : la répression des forces de l’opposition pro-occidentale par le régime libyen.
À l’époque, le site web International Viewpoint du NPA, écrivait : « Bien sûr nous savons tous que la France, le Royaume-uni et les États-Unis ne sont pas motivés par une quelconque bonté soudaine – mais par des intérêts stratégiques dans cette région riche en pétrole. »
Le NPA écartait ces vérités gênantes cependant en insistant sur le fait que la guerre de l’OTAN en Libye était un moindre mal comparé à un risque d’attaque de l’armée libyenne contre les forces de l’opposition pro-OTAN liées à Al Qaïda qu’il présentait faussement comme des révolutionnaires.
« Aucun de ces points ne sont en eux-mêmes des arguments pour s’opposer à la zone d’interdiction aérienne au-dessus de la Libye. Rejeter l’intervention militaire occidentale en Libye exige une meilleure analyse des risques et des scénarios possibles sur le terrain. Et nous avons besoin de répondre à certaines objections assez difficiles – notamment, le fait que les dirigeants des forces d’opposition demandaient une zone d’interdiction aérienne et que nous devons présenter une autre solution qui soit meilleure que de créer des blogs par solidarité et anti-impérialisme, » ajoutait-il.
Le NPA a donc soutenu une guerre menée par des forces liées à Al Qaïda et la CIA qui a tué des dizaines de milliers de gens, fait bombarder Tripoli et Sirte par l’OTAN, et livré la Libye à une série de milices islamistes d’extrême-droite et de gangs criminels. C’était le prélude à l’alignement du NPA sur la CIA dans un autre conflit encore plus meurtrier : la guerre par procuration des impérialistes en Syrie qui se poursuit toujours.
Les critiques du NPA à l’encontre du PCF sur le Mali sont dénuées de principes et insincères. Il ne s’oppose pas à la position des staliniens en faveur de la guerre, il la partage. Il préférerait simplement que le PCF publie quelques déclarations de pure forme critiquant la guerre impérialiste, « rompant » avec elle en paroles mais pas dans les faits, afin d’obscurcir la question, de prendre une pose « de gauche », et ainsi de désorienter l’opposition de la classe ouvrière.
Le NPA agit comme un défenseur un peu plus habile des intérêts de l’impérialisme français et de l’élite politique. Il va jusqu’à insister pour que ses opérations de politique étrangère semblent « indépendantes » de celles de l’Etat dont il soutient l’intervention.
Il écrit, « Notre tâche actuelle à long terme est de reconstruire une capacité pour une solidarité indépendante, progressiste. Cette solidarité doit non seulement être un acte ”de principe”, mais aussi un engagement concret. Par exemple, dans le cas de l’Afghanistan, il y a un soutien pour l’organisation féministe progressiste RAWA [Revolutionnary Association of Women in Afghanistan] ; ou pour la ville de Tuzla dans le conflit yougoslave, cette ”ville de la solidarité” où sont allés des ”convois ouvriers” ; ou la gauche laïque, partiellement marxiste, de la résistance syrienne. »
Seul un parti aussi profondément intégré à l’Etat impérialiste que le NPA, aurait pu choisir ces opérations comme des modèles d’« indépendance » de l’impérialisme. Elles sont toutes d’une manière ou d’une autre, des initiatives liées à l’impérialisme ou financées par elle pour l’aider à poursuivre des guerres de conquête.
RAWA est une organisation étudiante ex-maoïste fondée en 1977 en Afghanistan qui, après l’invasion soviétique de l’Afghanistan, est rapidement tombé dans l’orbite des puissances de l’OTAN qui utilisaient la guerre soviéto-afghane pour saper l’Union soviétique. D’après son site web, sa fondatrice Meena, s’était rendue au Congrès du PS de 1981 pour représenter les forces moudjahidines anti-soviétiques. Dans le contexte des conflits de plus en plus forts entre RAWA et les fondamentalistes sunnites soutenus par la CIA qui dominaient les moudjahidines, Meena a été assassinée en 1987, un assassinat que RAWA impute aux services de renseignements afghans et aux moudjahidines fondamentalistes.
RAWA reçoit de plus en plus de financements et de louanges officielles depuis que l’OTAN a commencé à exploiter les inquiétudes sur la condition des femmes afghanes pour justifier l’invasion et l’occupation de leur pays. Entre autres récompenses, RAWA a reçu un Prix officiel des droits de l’homme en France en 2000, le prix du journalisme SAIS-Novartis en 2001, un doctorat honoraire en 2002 de l’Université d’Anvers, et une Reconnaissance spéciale du Congrès américain en 2004. L’organisation travaille avec diverses fondations et groupes maoïstes à l’Ouest pour financer ses activités.
Dans une opération de 1994, quand l’OTAN divisait la Yougoslavie, une variété de groupes petit-bourgeois « de gauche » avait envoyé des convois d’aide vers Tuzla au cours d’une opération politique conçue pour promouvoir le régime bosniaque nouvellement indépendant et soutenu par l’OTAN du président Alija Izetbegovic. Cela faisait partie d’une campagne plus large qui allait culminer dans la guerre du Kosovo en 1999, au cours de laquelle l’OTAN avait bombardé la capitale yougoslave, Belgrade.
Au cours de l’opération de Tuzla, la Ligue communiste révolutionnaire française (LCR, prédécesseur du NPA) travailla aux côtés du Workers Revolutionnary Party (WRP) dirigé par Cliff Slaughter, qui avait rompu avec le Comité international de la Quatrième Internationale en 1986. Ils organisèrent des convois dits Workers Aid vers la Bosnie, lancés avec le soutien du politicien travailliste Michael Foot (lire : Le Marxisme, l’opportunisme et la crise des Balkans).
Le dernier exemple d’une opération « indépendante » que le NPA reprend à son compte est la sanglante guerre par procuration des États-Unis en Syrie, dans laquelle le NPA a présenté les milices islamistes sunnites liées à Al Qaïda et soutenues par la CIA et ses alliés comme des « révolutionnaires. » Ces « révolutionnaires » ont ensuite organisé des escadrons de la mort pour terroriser les parties du pays qu’elles avaient envahies. L’affirmation absurde du NPA qu’il y aurait une « gauche partiellement marxiste » au sein de l’opposition syrienne fait apparemment référence au rôle de certaines fractions du Parti communiste syrien stalinien qui faisait la promotion de la guerre de la CIA.
Le choix par le NPA d’une guerre par procuration de la CIA comme exemple du genre d’opérations « indépendantes, progressistes » qu’il peut soutenir, montre que ses prétentions à s’opposer à l’impérialisme sont des mensonges politiques.
Le NPA parle au nom de forces petites-bourgeoises alliées à l’impérialisme au moment où celui-ci se lance dans une offensive militaire débridée pour imposer sa domination néo-coloniale dans tout le Moyen-Orient et l’Afrique. Ils voient la colère montante de la classe ouvrière en France et dans les masses populaires de ses ex-colonies non comme la base d’une révolution socialiste à venir, que le NPA craint et à laquelle il s’oppose, mais comme une menace pour les privilèges des couches sociales pour lesquelles il parle.
Avant le début de la guerre française en Centrafrique, dans un article du 7 octobre intitulé « Face à l’intervention française en Afrique : Combattre notre propre impérialisme, » le NPA écrivait : « La politique militaire et africaine de l’Etat français est celle d’une puissance impérialiste qui a perdu beaucoup d’envergure, qui a dû abandonner bien des positions, et qui est aujourd’hui menacée dans la principale zone d’influence qui lui reste. Une menace qui provient de l’instabilité nourrie dans le cadre de son règne : crises de nombreux Etats clients, décompositions sociales accélérées par les politiques néolibérales, montée des radicalismes religieux. »
Le NPA a réagi à cet état des choses, nonobstant son appel de pure forme au départ des troupes françaises d’Afrique, en se mettant au service des tentatives de l’impérialisme français de reconquérir son vieil empire colonial.
Article original, WSWS, paru le 13 janvier 2014

samedi 25 janvier 2014

Ces êtres humains qui résistent face à la dictature du profit et des intérêts financiers

Ces êtres humains qui résistent face à la dictature du profit et des intérêts financiers

Cette vidéo datant du 8 mars 2013 m’a interpellée. On y voit un employé de ERDF/GRDF, Jef Duval, menacé de licenciement pour avoir refuser de couper le courant chez des personnes n’ayant pas payé leur facture d’électricité ou de gaz.
Ça m’est déjà arriver de tomber sur des cas socialement très, très, très difficile, des gens qui mettent de côté leur dignité en me suppliant. J’ai déjà été supplié à genoux de ne pas couper l’électricité ou le gaz.
Finalement, le technicien ne sera pas renvoyé. Mais son histoire dévoile de façon éclatante une réalité de notre système que certains aimeraient bien ne jamais regarder en face.
Cet employé sans formation qui laisse un peu de répit au gens…
Mais faudrait-il une formation pour nous préparer, dans le milieu du travail, à ne plus être humain ? Devons-nous être formés pour respecter notre contrat et nos taches sans s’émouvoir face aux diverses situations que nous pouvons rencontrer ?  Était-il trop humain pour exercer son métier ? Ce qui nous pousse à nous demander si nous, également, ne sommes-nous pas trop humain pour exercer notre emploi ?
Comment ne pas aider ces personnes, quand on sait qu’on pourrait être un jour à leur place ? Des êtres humains prêts à se mettre à genoux et à supplier un technicien de ne pas couper le courant, prêts à mettre de côté leur dignité pour continuer à pouvoir être éclairés et ou se chauffés. Pour vivre convenablement.
La précarité touche de plus en plus de monde de nos jours, alors faut-il se demander si maintenant, des seuils d’inhumanité qu’on pourrait identifier comme une compétence à avoir, pourrai être exigés pour exercer certain métier ?
Devons-nous nous vider de nos âme pour travailler ? Nous séparer de notre conscience, qui nous permet de réfléchir et de juger de ce qui est bien ou mal ? Ce qui nous amène à nous demander si dans le cadre du travail, nous pouvons encore nous permettre d’identifier le bien ou le mal ? Pouvons-nous émettre une opinion même si elle n’entre pas dans la ligne directive de notre employeurs et sans craindre pour notre place ?
Et tout ça pour quoi? Pour l’argent.. Pour gagner notre vie, pour nous permettre de payer notre loyer, nos factures, pour pouvoir manger et éventuellement, si notre porte-monnaie nous le permet, nous faire plaisir.
Une prime pour un certain nombre de coupures réaliser à l’année…
La politique du chiffre nous envahit de plus en plus. Le profits et les intérêts des sociétés passent avant tout, avant même le bien-être des employés. Car évidement, l’argent est le nerf de la guerre, et le patron le sait. Il sait comment appâter ses ouvriers pour gagner toujours plus d’argent.
Notre propre humanité disparaît-elle au profit des intérêts financier ? Que se soit dans une société privée, public ou même dans l’institution, la désobéissance pose problème au pouvoir. On muselle les employés, les cadres, les fonctionnaires et même les militaires, on les empêchent de penser pour qu’ils restent accrochés à leur objectifs, pour qu’ils ne s’éloignent pas de la norme, pour qu’ils restent dans le troupeau.
Car, bien évidemment, un employé qui réfléchit et se pose des questions passe moins de temps à la tache. Il devient peut-être moins productif et peut éventuellement remettre en cause sa place dans l’entreprise. Il est amené à se poser des questions sur les moyens avec lesquels la société fait des bénéfices, les méthodes qu’elle emploie… Il pourrait ainsi nuire à l’entreprise, et ça, c’est impensable pour le patron.
Car l’employé de base ne s’enrichit pas lui, il participe à l’enrichissement de son patron et donc il est fondé à s’interroger sur les méthodes utilisées pour maximiser les bénéfices de sa société, et quels sont ses intérêts dans cette aventure.
A-t-on encore le droit d’avoir de la compassion, de l’empathie, que se soit pour ses collègues, clients, fournisseurs, usagers ? Est-ce compatible ?
Peut-on réfléchir sur nos attributions et sur les répercutions qu’elles peuvent avoir sur la vie des autres et par enchaînement sur la notre ? Avons-nous encore le droit d’être humain dans le monde du travail ? Ou est-ce que le profit est toujours, in fine, plus fort ?
Nous évoluons maintenant dans une société qui nous vide de tout, spiritualisés, humanité, valeur, morale..
Chacun d’entre nous a cette part d’humanités en soit, chacun de nous a une conscience et de quoi réfléchir.
L’argent, actuellement nous ne pouvons pas faire sans. Mais pouvons-nous faire sans notre âme et notre humanité ? Quand nous n’aurons plus d’argent, que nous restera-t-il?
Et là, c’est à nous d’agir : rester humain, entretenir notre humanité, penser et aider autrui. Car c’est ça, le nerf de la guerre !
Amélie Carlier
Voir aussi notre article sur la BD Les Désobéisseurs

vendredi 24 janvier 2014

UN ARTICLE FRANÇAIS HORS DES SENTIERS BATTUS



UN ARTICLE FRANÇAIS HORS DES SENTIERS BATTUS

Chut ! Manifestants d’extrême droite à Kiev
« Rien dans Mediapart (qui admet tout de même que les manifestants se sont « radicalisés »). Rien dans Le Monde. Rien dans la chronique de Bernard Guetta sur France Inter, toujours dans l’admiration pour le « courage inouï » de manifestants jamais désignés autrement que « pro-européens ». »


Le parti Svoboda (Liberté) a déclaré qu’il crée des points de mobilisation à travers l'Ukraine et exhorte les citoyens à joindre des unités d'autodéfense.
« En raison du fait que le régime d’Ianoukovitch a recouru à la violence armée contre des manifestants pacifiques, on encourage les Ukrainiens de s’adresser aux points de mobilisation, de joindre des unités d'autodéfense et d’aller à la capitale pour défendre leurs droits constitutionnels », a indiqué le site du parti.


NB de JM Chauvier

Il est notoire que le parti SVOBODA détient des armes à feu. On les voit apparaître, du reste, à chacune de leurs célébrations de la Division Waffen SS Galitchina (Galizien) en avril-mai dans leur région de Galicie.

Autre précision : les principales bases électorales de SVOBODA, est-ce un pur hasard, se trouvent là où eurent lieu, l’été 1941, les principaux premiers pogromes de Juifs perpétrés par les nationaux-fascistes ukrainiens, leurs combattants au sein de la Wehrmacht et des polices auxiliaires nazies avec le concours des Allemands et bientôt de leurs unités de tuerie mobiles, les EINSATZSGRUPPEN.
Les anciens se souviendront : LWOW (Lviv), STANISLAWOW (Ivano-Frankivsk) TERNOPOL (Ternopil)… C’est dans ces anciens bastions de la collaboration nazie, en Galicie, que SVOBODA est au pouvoir !

A propos des Medias et des journalistes « aveugles ».

Pourquoi la discrétion ou le silence de nos médias sur les fascistes ukrainiens en action ? Cela fait tant d’années que cela dure…
Un ami me répond : « les journalistes ignorent les faits tout simplement, ils ne  recoivent pas d’ »instructions »
Je pense en effet qu’ils n’ont pas besoin d’instructions : ils ont suffisamment bien intériorisé les interdits, les tabous, ou tout simplement les grandes options idéologiques consensuelles, les positions du gouvernement, ce qui est politiquement correct et ce qui ne l’est pas…
Ils connaissent les risques de ne pas marcher dans les rails.
Un journaliste non conforme est rapidement viré si c’est un groupe privé, ou « mis au placard » si c’est un groupe public, bon nombre en ont fait l’expérience ! Il y a des exceptions qui confirment la règle. Rares. Exemple le papier de rue 89…

« On peut se demander, me dit une amie qui suit les événements à Bruxelles sur Internet,  comment les journalistes ne « voient » pas ce que n’importe quel internaute peut découvrir sans peine même sans connaître la langue. Et puis il y a des journaux « de référence » comme « Le Monde » dont les correspondantes ancienne ou actuelle à Moscou lisent le russe. Nous ferait-on croire qu’elles ne peuvent consulter les sources locales ? »

Quant à tel ou tel reporter, c’est tellement évident qu’il est « militant » de l’opposition locale, en étroite liaison avec les groupes d’opposants que soutiennent les gouvernements et fondations occidentales ! Ainsi, plusieurs signataires d’un appel pour que l’Ukraine soit « européenne », paru ce mercredi dans « Le Monde » sous la signature d’André Glucksman, de Finkelkraut, Alain Besançon, Galia Ackerman , Alain Guillemolles etc…Toutes ces personnes sont de longue date très, très engagées et très partiales.

Il s’agit bien de « médias en uniforme », comme à chaque campagne politique, à chaque guerre menées au nom des « valeurs occidentales ».
Pourquoi devrait-on encore s’en étonner…ou nier l’évidence ?
Que de naïveté…réelle, ou feinte !