vendredi 8 novembre 2013

VIVENT LES ADHÉRENTS DU PCF DE MARSEILLE, BORDEAUX, LYON… !

 VIVENT LES ADHÉRENTS DU PCF DE MARSEILLE, BORDEAUX, LYON… !

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
Le 8 novembre 2013.
Les citoyens qui considèrent que l’enjeu des élections municipales des 23 et 30 mars 2014 sera de sanctionner la politique du gouvernement PS-EELV et de faire émerger une force alternative aux politiques d’austérité ont été atterrés par le vote des adhérents du PCF parisien. Ces derniers, en effet, avec une courte majorité (57%), ont voté pour faire alliance avec le Parti socialiste dès le premier tour de l’élection municipale.
Heureusement, il ne s’agit que d’une exception avec, hélas, Toulouse et Nantes, car pour l’instant dans 75% des villes de plus de 100 000 habitants, les adhérents du PCF ont voté contre des listes où ils seraient minoritaires par rapport aux socialistes, et pour des listes autonomes.
Les villes où les adhérents du PCF ont voté majoritairement contre la socialo-dépendance sont pour l’instant :
  • Aix-en-Provence
  • Angers
  • Argenteuil
  • Arras
  • Aubenas
  • Avignon
  • Beauvais
  • Bordeaux 90%
  • Cannes
  • Cherbourg 64%
  • Clermont-Ferrand
  • Dax 92%
  • Dijon
  • Evry
  • Grenoble
  • La Roche-sur-Yon
  • Le Havre
  • Le Mans 56%
  • Lens
  • Lille
  • Limoges 61%
  • Lyon 53%
  • Marseille 92%
  • Metz 85%
  • Montluçon 73%
  • Montreuil
  • Nice
  • Nîmes
  • Niort
  • Orléans 92%
  • Pau
  • Poitiers 54%
  • Rouen
  • Saint-Lô
  • Saint-Quentin
  • Soissons
  • Strasbourg
  • Tarbes
  • Toulon Etc.
La direction nationale du PCF a pesé de tout son poids pour tenter de favoriser l’alliance avec le PS. Les résultats dans ces villes sont d’autant plus méritoires. A Lyon par exemple, ce message pourtant très clair des adhérents du PCF n’a pas été compris des huit élus PCF de la majorité municipale du maire PS Gérard Collomb. Ils ont en effet annoncé qu’ils ne participeraient pas à une alliance avec le Front de gauche. Selon eux, le vote des adhérents lyonnais du PCF « sous-estime les réelles politiques publiques conduites à Lyon ». Pensent-ils à la constitution d’une eurométropole lyonnaise qui poursuivra la mise sous tutelle des communes et qui programme la disparition du département ?
Le cas de Paris, même s’il est très minoritaire, pèsera négativement dans la bataille électorale du fait de la force du symbole que représente la capitale.
Néanmoins, toute alliance aux municipales avec des socialistes lorsqu’ils sont majoritaires est à proscrire pour trois raisons principales :

 1.- C’est une source de confusion que de combattre la politique du gouvernement PS-EELV au niveau national, et de faire alliance au niveau local avec le PS

Comment expliquer cette contradiction aux électeurs ? En expliquant qu’il faut distinguer les enjeux nationaux des enjeux locaux ? Mais ce n’est pas crédible ! Comment peut-on justifier, comme le fait le PS, que l’austérité est un mal nécessaire au niveau national, et que l’austérité est à combattre au niveau local ? Comment le PCF peut-il faire des alliances locales avec le PS dans les grandes villes et afficher en même temps son opposition à l’Acte III de la décentralisation qui va donner le plein pouvoir aux métropoles, le lien local et national n’étant pas dissociable à ce niveau ? Personne ne peut croire de telles balivernes.

 2.- Cela va alimenter la campagne du FN sur le thème du « tous pourris »

Le PCF – et du coup le Front de gauche – s’expose à la critique de tenir un double langage. C’est une prise trop facile donnée au FN qui fera son miel de montrer la collusion entre PS et PCF (et donc Front de gauche).

 3.- Cela annihile toute perspective de changement réel, car la gauche de gauche démontre ainsi sa faiblesse en voulant s’allier avec le PS qui n’est pas de gauche

Les différentes composantes du Front de gauche, et singulièrement la direction du PCF, doivent admettre que le PS n’est plus de gauche depuis longtemps. Depuis exactement qu’en 1982-1983 il a stoppé le changement et décrété le « tournant de la rigueur ».
Il est naturel qu’un parti souhaite conforter son existence politique à l’occasion des élections. Si le PCF veut y parvenir, il devra se libérer de la tutelle du Parti socialiste et ne pas lui donner de label de gauche. En outre, l’existence institutionnelle d’un parti (avoir des élus) ne peut perdurer qu’à la condition d’avoir également une existence politique populaire à la base. Le maintien sous perfusion socialiste n’est qu’une politique à courte vue. Or beaucoup d’élus membres du PCF sont coupés de la population, du point de vue des revenus, de l’habitat, des préoccupations… De relais des luttes sociales et des classes sociales exploitées qu’ils étaient à l’époque du « communisme municipal », ils sont désormais devenus des experts et des gestionnaires assimilés aux élites et technocrates que rejette la population. La constitution de listes indépendantes est la condition nécessaire – mais non suffisante – pour que le PCF remette en chantier toute sa conception de la gestion des collectivités locales, du rôle des élus, de son ré-enracinement au plus profond de la société. Souhaitons que le vote de ces militants en soit l’amorce.

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