mercredi 30 octobre 2013

OUVERTURE DE LA 6e UNIVERSITÉ D’AUTOMNE DU M’PEP



OUVERTURE DE LA 6e UNIVERSITÉ D’AUTOMNE DU M’PEP

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).


Le 30 octobre 2013.


C’est jeudi 31 octobre que s’ouvre la 6e Université d’automne du M’PEP qui se tiendra cette année à Limoges jusqu’au 3 novembre. Elle est ouverte à toutes et tous.

THÈME 2013 :

FACE A LA VIOLENCE DU LIBRE-ÉCHANGE, CONSTRUIRE UN NOUVEAU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE POUR RESTAURER LA SOUVERAINETÉ NATIONALE ET POPULAIRE, BATIR UN PROGRAMME ÉMANCIPATEUR INSPIRE DE CELUI DES « JOURS HEUREUX »

Le programme de l’université d’automne prendra appui sur le Conseil national de la Résistance (CNR) – dont c’est le 70e anniversaire – et de l’actualisation de son programme des « Jours heureux ». Le jeudi 31 octobre sera entièrement consacré à mieux connaître la démarche du CNR (ce sera la filière 1), le contenu de son programme, sa mise en œuvre partielle à la Libération, à comprendre le processus de sa destruction progressive par les classes dirigeantes. Elles se sont acharnées à réduire la souveraineté nationale et populaire et l’Etat à peau de chagrin, au grand profit des « marchés » et de leur servante zélée : l’Union européenne. Les deux jours suivants sont organisés en 5 autres filières.

3 ÉVÉNEMENTS À NE PAS MANQUER !
  • JEUDI 31 OCTOBRE, À PARTIR DE 10H, UNE JOURNÉE ENTIÈRE CONSACRÉE AU CNR ET À SON PROGRAMME. Après l’hommage rendu à Georges Guingouin, le « préfet du maquis », ancien maire de Limoges en 1945, à l’occasion du dépôt d’une gerbe sur sa tombe au cimetière de Saint-Gilles-les-Forêts, sa fille Michèle lira l’Appel des Résistants aux jeunes générations. Cet appel a été rédigé en 2004, à l’occasion du 60e anniversaire du CNR, principalement par Luc Douillard et Jacques Nikonoff quand ce dernier était président d’Attac.
Pour regarder la vidéo où les Résistants signataires lisent leur appel, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3442

Signataires de l’Appel :

 
  • Lucie AUBRAC, décédée le 14 mars 2007, enseignante, co-fondatrice du mouvement résistant « Libération », prend la tête d’un commando armé pour libérer son mari arrêté à Lyon par la Gestapo. A la Libération, elle est chargée de superviser l’installation des comités départementaux de Libération (notamment à Nantes).
  • Raymond AUBRAC, décédé le 10 avril 2012, ingénieur, co-fondateur de « Libération-Sud », membre de l’Etat-major de l’Armée secrète, arrêté deux fois, commissaire de la République à Marseille (préfet régional) lors de la Libération.
  • Henri BARTOLI, décédé le 1er octobre 2008, reconnu "Juste parmi les nations" (pour avoir sauvé des Juifs), résistant alors qu’il est lycéen et étudiant, diffuse« Témoignage chrétien » clandestin et des faux-papiers, travaille au sein du CNR sur la politique économique d’après-guerre.
  • Daniel CORDIER, parachuté en France occupée, principal adjoint et secrétaire de Jean Moulin, fondateur du CNR (Conseil national de la Résistance).
  • Philippe DECHARTRE, résistant, membre des cercles de gaullistes historiques, plusieurs fois ministre et député après la guerre.
  • Georges GUINGOUIN, décédé le 27 octobre 2005, instituteur, résistant dès l’été 1940, prend la tête des maquis de la région de Limoges (jusqu’à 20 000 combattants), ville qui est libérée sans attendre les Alliés, maire PCF de Limoges après la guerre.
  • Stéphane HESSEL, décédé le 27 février 2013, jeune allemand naturalisé français avant la guerre, rejoint de Gaulle en 1941, chargé de mission en France occupée, arrêté en juillet 1944 et déporté à Buchenwald puis Dora. Carrière d’ambassadeur après la guerre. Militant antiraciste.
  • Maurice KRIEGEL-VALRIMONT, décédé le 2 août 2006, syndicaliste avant la guerre, membre du Comité militaire du CNR, responsable militaire de la libération de Paris avec Rol-Tanguy. Député communiste après la guerre.
  • Lise LONDON, décédé le 31 mars 2012, ancienne des Brigades Internationales dans l'Espagne républicaine, PCF, capitaine dans la Résistance, ancienne déportée à Ravensbrück, épouse d’Arthur London (ministre tchèque victime du stalinisme en 1952).
  • Georges SÉGUY, cheminot, résistant au sein des Francs-Tireurs et Partisans Français, arrêté en 1944, déporté au camp de Mauthausen, dirigeant syndicaliste CGT après la guerre.
  • Germaine TILLION, décédée le 19 avril 2008, ethnologue spécialiste de l’Algérie avant la guerre, chef du réseau de Résistance du Musée de l'Homme, déportée à Ravensbrück, militante humaniste et anticolonialiste après la guerre.
  • Jean-Pierre VERNANT, décédé le 9 janvier 2007, grand historien spécialiste de la Grèce antique, étudiant antifasciste avant la guerre, résistant dès 1940, organisateur militaire, libérateur de Toulouse avec ses camarades.
  • Maurice VOUTEY, décédé le 2 mai 2012, résistant, déporté à Dachau puis dans les camps du Neckar. Secrétaire général de la Fédération nationale des déportés et internés résistants patriotes (FNDIRP).

  • JEUDI 31 OCTOBRE, À 21H00, EN AVANT-PREMIÈRE, PROJECTION DU FILM « LES JOURS HEUREUX » DE GILLES PERRET, SUIVIE D’UN DÉBAT (sortie nationale mercredi 6 novembre 2013)
AVEC LA PARTICIPATION DE LÉON LANDINI, ancien combattant des Francs-tireurs et partisans, qui a participé au film.

  • SAMEDI 2 NOVEMBRE, À 20H30, DÉBAT PUBLIC « VERS UN NOUVEAU PROGRAMME ÉMANCIPATEUR INSPIRÉ DE CELUI DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE »
AVEC LA PARTICIPATION DE PIERRE PRANCHÈRE, ancien combattant des Francs-tireurs et partisans, ancien député.
Table ronde avec d’anciens résistants, des jeunes réagiront.
  • Présidence par Michèle Dessenne (porte-parole du M’PEP), avec :
  • Pierre Pranchère (résistant FTP, ancien député)
  • Georges Gastaud (secrétaire national du PRCF)
  • Jean-Luc Pujo (président des Clubs Penser la France)
  • Jacques Nikonoff et Gilles Amiel de Ménard (porte-parole du M’PEP)
  • Clément Martinelli, Mandana Tzourio et Florent Moussour (section jeunes du M’PEP)

dimanche 27 octobre 2013

APRÈS BRIGNOLES, PASSAGE DU BIPARTISME AU TRIPARTISME


APRÈS BRIGNOLES, PASSAGE DU BIPARTISME AU TRIPARTISME

Chronique de Jacques Nikonoff du 24 octobre 2013.
Le candidat du Front national (FN) à l’élection cantonale partielle de Brignoles (Var), Laurent Lopez, a été élu au second tour le 13 octobre. Ce qui est nouveau avec cette victoire, c’est qu’elle intervient à la suite d’un duel et non d’une triangulaire, ce qui n’était pas le cas des deux sièges gagnés par le FN aux législatives 2012. Cette élection marque le passage symbolique d’un système politique fondé sur le bipartisme à un nouveau système, totalement inconnu, le tripartisme. La présidentielle et les législatives de 2017 sont en ligne de mire et peuvent être bouleversées après l’étape des élections européennes.
Selon le journal Le Figaro, qui a mené une campagne habile en faveur du candidat FN, ce dernier aurait fait une « percée  » qui expliquerait sa victoire. C’est totalement inexact. Le FN a légèrement baissé lors des trois derniers scrutins cantonaux à Brignoles : 2 757 voix en 2011, 2 734 en 2012, et 2 718 en 2013 au premier tour. Où est la « percée  » ? Il est vrai, en revanche, que le candidat FN a gagné 2 300 voix au second tour. Ces voix viennent notamment des deux communes les plus à gauche du canton, ce qui fait dire à une étude menée par l’IFOP que le candidat frontiste a « vraisemblablement bénéficié de voix venant de la gauche » (Focus n° 97, octobre 2013). Comment apprécier ce résultat ? Le nombre de voix recueillies par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2012 peut être considéré comme la référence à partir de laquelle étalonner les résultats des candidats frontistes lors des différentes élections. Dans le canton de Brignoles, Marine Le Pen a fait 4 649 voix en 2012 alors que le candidat FN à la cantonale 2013 a fait 5 031, soit 382 de plus. Il a donc progressé au deuxième tour, mais peut-on vraiment parler d’une « percée  » ?

Brignoles : un bastion de droite

Ajoutons que le FN est implanté de longue date dans le canton de Brignoles, il a été présent à tous les seconds tours des cantonales depuis 1985. La mairie de Brignoles a été gagnée en 1995 par une liste d’union de la gauche conduite par un communiste à l’occasion d’une triangulaire. Elle a été perdue en 2001, reprise en 2008 par le PCF encore à l’occasion d’une triangulaire. En 1998, lors d’une nouvelle triangulaire, le communiste gagnait le canton et le conservait en 2004 toujours lors d’une triangulaire. En 2011 le candidat FN gagne le canton avec 5 voix d’avance sur le communiste (seul cas avec celui de Cavaillon). Cette élection est annulée. Le 1er juillet 2012, au deuxième tour, le communiste l’emporte avec 13 voix d’avance.
Le canton de Brignoles est un bastion de droite. Nicolas Sarkozy a obtenu 58% des voix au deuxième tour de la présidentielle de 2012 et 62% en 2007. Ce n’est pas une ville raciste – racisme qui pourrait expliquer le vote FN - puisque l’ancien maire UMP, Jacques Cestor, noir d’origine martiniquaise, a été réélu six fois : trois fois comme maire (de 1980 à 1995) et trois fois au Conseil général.

L’abstention : un acte politique

La donnée la plus importante à Brignoles est l’abstention. Elle a été de 67% au premier tour et de 55% au second. C’est un record absolu par rapport aux élections cantonales passés : 34% en 2004, 52% en 2011, 58% en 2012. Ce phénomène d’abstention a déjà été observé dans les autres élections partielles. Ainsi la majorité des électeurs, surtout des classes populaires, boycotte désormais les élections. On peut parler de boycott car cette abstention est un geste politique tout à fait clair : les citoyens considèrent qu’ils n’ont plus le choix. A quoi bon, dès lors, aller voter ? Pourrait-on leur donner tort quand la politique de monsieur Hollande est dans la continuité de celle de monsieur Sarkozy ?
Ces électeurs qui boycottent les élections rejettent un système qui ressemble de plus en plus à celui en vigueur aux États-Unis avec les démocrates et les républicains, ou en Grande-Bretagne avec les travaillistes et les conservateurs. Autrement dit bonnet blanc et blanc bonnet. Ces partis, qui font semblant de s’opposer, se passent et se repassent le pouvoir sans rien changer à la vie quotidienne des citoyens faite de chômage, de précarité et de difficultés de toutes sortes.
Ni le PS (avec le PCF et Jean-Luc Mélenchon hier dans la gauche plurielle et aujourd’hui qui déclarent faire partie de la « majorité politique » avec le PS) ni l’UMP n’ont éradiqué le chômage. S’il n’y a plus le choix, en effet, pourquoi voter ?
Certes le FN a remporté le canton de Brignoles à l’issue d’un duel, mais ce n’est qu’avec 5 031 voix sur 20 728 inscrits, soit 24%. Moins d’un quart de la population seulement a voté pour le FN (sans compter les non-inscrits), entachant cette élection d’un manque de légitimité flagrant.
Il ne faudrait pas en tirer la conclusion, lourdement suggérée par les grands médias, que le FN serait en train de devenir le premier parti de France. Le premier parti de France est celui des abstentionnistes qui boycottent désormais majoritairement les élections. Quand Marine Le Pen affirme que « le FN est d’ores et déjà le premier parti de France » (Le Figaro, 8 octobre 2013), bien sûr elle ment.

Le FN : troisième acteur du jeu politique

La voie est néanmoins ouverte à autre chose, et c’est ainsi que le FN est en train de s’installer comme troisième acteur du jeu politique dans un système qui passe du bipartisme au tripartisme.
Avec le tripartisme, c’est le FN qui porte la dynamique de changement exigée par une partie croissante de la population. Il a battu, à Brignoles, le « front républicain » dont l’avenir, lors des autres consultations électorales, est sérieusement compromis. Écœurée par la politique du gouvernement PS-EELV, une partie de l’électorat de gauche, principalement, s’abstient. C’est une forme d’insurrection civique qui promet que des secousses sont à venir. Le Front de gauche a disparu des radars, il n’apparaît pas comme une alternative crédible. La raison est très simple à comprendre. Quand la direction du PCF multiplie les signes de soumission au PS, masqués derrières des rideaux fumée rhétoriques sur la lutte contre l’austérité, et qu’elle appelle dans le même temps à des listes communes avec le PS au premier tour des municipales, elle fait fuir la population qui rejette la politique d’austérité menée par les socialistes. Quand Jean-Luc Mélenchon propose d’être le Premier ministre de François Hollande et qu’il répète inlassablement « l’euro est nous » et que la sortie de l’Union européenne et de l’euro seraient « catastrophiques  », il faut fuir la population qui a compris quelle était la véritable nature du système de Bruxelles.

Désarroi de la gauche

L’analyse des raisons de la défaite de Brignoles par la direction du PCF est emblématique du désarroi de la gauche. Ainsi le journal l’Humanité a commis une analyse particulièrement affligeante pour expliquer la victoire du FN. Il y aurait, selon le journal du PCF, « cinq clés d’explication du scrutin » : 1) une extrême droite bien implantée et mobilisée sur le terrain ; 2) deux électeurs sur trois n’auraient pas vu l’utilité de se rendre aux urnes(on ne nous dit pas pourquoi) ; 3) la candidature écologiste aurait contribué à l’échec de la gauche ; 4) un score historiquement bas pour l’ensemble de la gauche ; 5) miraculée, la droite relève la tête mais reste loin derrière le FN. Le rejet de la politique gouvernementale par les électeurs, comme la confusion entretenue par le PCF qui fait son candidat à Brignoles par le PS dès le premier tout n’apparaissent pas, pour l’Humanité, comme des causes majeures de cette victoire (en fait la cause principale). Heureusement que ce même journal, le même jour, une page plus loin, donne les véritables raisons du vote à Brignoles à partir d’un micro-trottoir : le FN est le seul « qui parle de l’euro qui démolit la France » ; la France est « bloquée par l’Europe » ; etc.
Ce que ne comprend pas ou ne veut pas comprendre la direction du PCF, c’est que le soutien du PS au candidat PCF à Brignoles a été dévastateur. Le PCF a organisé un véritable brouillage qui a désorienté les électeurs. Et il est train de poursuivre consciencieusement dans cette voie funeste de division des forces à la gauche du PS en tentant de réaliser des listes d’union avec le PS au premier tour des municipales. Ajoutons les titres d’une mauvaise foi incroyable de l’Humanité après le vote majoritaire, à 57%, des communistes parisiens en faveur d’une liste commune avec le PS dans la capitale. Le journal communiste ose titrer : « A Paris, le PCF choisit la gauche unie ». Non ! Le PCF a choisi la droite masquée et la division des forces placées à gauche du PS. Il devrait pourtant être admis que le PS n’est pas de gauche. Le PS est sur une ligne néolibérale depuis 30 ans, date du « tournant de la rigueur de 1982-1983 ». C’est ce qu’ont compris beaucoup d’électeurs pour lesquels il n’y a pas de différence entre le gang de Solferino (PS) et le gang du Fouquet’s (UMP). Surtout parmi les classes populaires dont il n’y a encore pas si longtemps le PCF se prévalait d’être le porte-voix.
On ne peut pas non plus comparer, comme le fait le PCF, le score du candidat communiste à Brignoles et celui de Mélenchon à la présidentielle de 2012 ni aux législatives de la même année. A la présidentielle, Mélenchon fait 10,91% sur le canton, et le candidat Front de gauche 7,27% aux législatives, contre 14,58% au candidat communiste à la cantonale de Brignoles. La différence est que le candidat communiste, en 2013, était soutenu par le PS !

La fabrication du FN

Depuis deux siècles, la vie politique française, comme dans beaucoup d’autres pays, a été scandée par l’opposition entre deux forces : la gauche d’un côté et la droite de l’autre. Un camp était censé représenter le progrès, et l’autre le conservatisme. Ce schéma vient de voler en éclat après l’élection de Brignoles. Certes, il ne s’agit que d’une date symbolique car le poids électoral national du FN rivalisait déjà avec ceux du PS et de l’UMP depuis plusieurs années. Ainsi, au premier tour de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen obtenait 17,90% (28,63% pour François Hollande et 27,18% pour Nicolas Sarkozy). En 2002, c’est Jean-Marie Le Pen qui obtenait 16,86% (19,88 pour Jacques Chirac et 16,18% pour Lionel Jospin). Néanmoins, les caractéristiques de l’élection de Brignoles en font un tournant dans l’histoire politique du pays.
Désormais, lors des élections à deux tours (municipales, cantonales, législatives, présidentielle), la probabilité de la présence du FN, faisant plus ou moins jeu égal avec le PS et l’UMP, est considérablement renforcée. Le PS, qui a « fabriqué  » le FN depuis 1982 pour diviser la droite et gagner les législatives dans des triangulaires, se trouve désormais pris au piège. Cette « tactique  » cynique, en effet, ne peut fonctionner qu’à la condition que le « front républicain » fasse l’objet d’un consensus entre forces politiques et parmi les électeurs. Autrement dit il faut que l’électorat de droite (une partie) vote lors de la triangulaire plutôt pour le candidat du PS que pour celui du FN qui aura été consciencieusement diabolisé. Or les exemples se multiplient qui montrent la perméabilité des électorats de droite et du FN qui est en voie de dé-diabolisation. Le boycott des élections par une partie de l’électorat de gauche ne permet plus au PS d’espérer gagner autant qu’il pourrait l’espérer. D’autant que l’UMP est loin d’être certaine de se trouver en situation plus favorable que le PS.

Le vote « utile  » : dernière manœuvre de l’UMP et du PS

C’est la présidentielle qui est en ligne de mire. Le PS et l’UMP vont concentrer leurs efforts sur l’appel au vote utile et au rassemblement autour d’eux. Pour la présidentielle, le PS demandera au Front de gauche de ne pas présenter de candidat. Il ne fait strictement aucun doute que la direction actuelle du PCF acceptera. Jean-Luc Mélenchon sera alors coincé, il ne pourra pas être le candidat du Front de gauche, ce dernier appellera alors à voter pour le candidat socialiste (François Hollande ?) dès le premier tour !
L’éditorialiste du Figaro, Guillaume Tabard, a raison. Dans Le Figaro du 8 octobre 2013 il explique que « sous une cantonale partielle perce déjà la présidentielle ». La probabilité s’est renforcée que le FN soit présent au second tour de tous les scrutins à venir, face à la gauche ou à la droite. Du coup chaque camp va appeler au vote utile en sa faveur et au rassemblement autour de lui. Le journaliste ajoute que « les volontés d’indépendance font le jeu du Front national : on n’a pas fini d’entendre cet argument au PS comme à l’UMP ». Ces deux derniers partis, en effet, feront porter la responsabilité d’un nouveau 21 avril (2002) sur ceux qui favoriseraient la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017.
Ainsi, pour François Hollande « la victoire se joue au premier tour, il faut arriver en tête » (Le Figaro, 8 octobre 2013). Selon Le Figaro (8 octobre 2013), faisant parler quelques cadres du PS, estime que « de très nombreux dirigeants socialistes de haut niveau considèrent que le FN est bon pour nous, que cela créera des triangulaires qui nous permettront de limiter la casse. »
Ce raisonnement, vieux de trente ans, ne donne plus les résultats escomptés. Le front républicain, en effet, visait à mettre au ban de la nation un parti accusé d’être d’extrême droite. Toute l’habileté de Marine Le Pen est de masquer cette réalité. Ainsi, pour Louis Aliot, vice-président du FN « c’est la mutation d’un parti politique correspondant à une attente de notre électorat. Désormais, il existe en France une extrême droite résiduelle et un nouveau Front national qui défend des idées claires » (Le Figaro, 8 octobre 2013).
La prochaine élection européenne sera le tremplin vers la présidentielle. D’où la nécessité de mener une campagne très active de boycott pour délégitimer le système de l’Union européenne, son « Parlement  » et sa monnaie unique. L’enjeu ne sera pas l’émergence du FN comme premier parti de France en termes électoraux, mais l’ampleur de l’abstention pour décrédibiliser le système de Bruxelles.

samedi 26 octobre 2013

Samedi 26 octobre 2013 RETOUR A LA SINISTRE FRANCE PETAINISTE. LE 17 OCTOBRE, JOUR DU MASSACRE EN 1961, A PARIS, DE CENTAINES D'ALGERIENS, HOLLANDE REMET LA LEGION D'HONNEUR A L'AMBASSADEUR DU TERRORISTE QATAR !! François Hollande remet la légion d’Honneur à l’ambassadeur du Qatar : quels services a-t-il rendu à la France ? hollande-qatar.jpgFrançois Hollande remet la légion d’Honneur à l’ambassadeur du Qatar : pourquoi cette récompense ? Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ La nouvelle est passée quasi inaperçue, si ce n’était une brève du Figaro : le président de la République française vient de remettre, le 17 octobre dernier, l’insigne de commandant de la légion d’Honneur à l’ambassadeur du Qatar en France. On sait combien la légion d’Honneur peut être galvaudée, combien elle constitue aussi un exercice de clientélisme politique, récompensant les services rendus par des hommes politiques, des industriels et des personnalités étrangères. Mais de quoi François Hollande pouvait-il remercier M.Mohammed Jaham al-Kuwari, ambassadeur du Qatar en France ? Certainement pas des progrès pour la diffusion de la démocratie et des droits de l’Homme, si souvent invoqués pour la Syrie, l’Iran ou la Libye. Le Qatar est une monarchie absolue où l’Emir et sa famille ont tous les droits, un régime théocratique où la liberté d’expression s’arrête aux frontières du Livre sacré et du saint billet vert, où les droits des femmes, des minorités, des travailleurs sont bafoués. Récemment, le poète Mohammed Al-Ajmi a été condamné à 15 ans de prison pour … avoir écrit quelques vers en hommage aux « révolutions arabes », que le Qatar prétend soutenir en finançant les groupes islamistes les plus fondamentalistes dans ces pays. Certainement pas pour l’émancipation de son peuple et le progrès social, non plus. Au-delà d’une mince couche de la population richissime et nantie de tous les « privilèges » (et non droits), 95 % de la population est étrangère, une immense partie d’entre elles vivant dans l’extrême pauvreté, logée dans des bidonvilles en banlieue, sans droits ni garanties. Le système du « kafala » maintient les travailleurs étrangers sous la protection, en fait la dépendance, d’un « kafil » (parrain), seul garant face aux institutions du pays, un tuteur qui de droit, par le retrait potentiel de sa protection, a un pouvoir de vie et de mort sur son protégé. Quant aux conditions de travail sur place, elles approchent l’esclavage moderne. Chaque jour, un travailleur immigré népalais meurt au travail, victime des cadences imposées, de l’absence du droit de travail, syndical ainsi que des chaleurs accablantes. Avec la construction des infrastructures de la Coupe du monde – obtenues par des pratiques de corruption à large échelle – 44 ouvriers népalais sont déjà morts depuis juin. A ce rythme 4 à 5 000 pourraient périr s’ici 2022. Certainement pas non plus pour son respect pour les ressortissants français sur place. La liste est longue, elle ne concerne pourtant pas des ouvriers du bâtiment philippins : un proviseur du lycée français expulsé pour attitude « anti-musulmane » des entrepreneurs ou footballeurs professionnels retenus en « otage » par leurs parrains au Qatar. Le mépris des droits humains les plus élémentaires transparaît par tous les pores de l’émirat. Alors pourquoi cette récompense ? Quels services nous rend le Qatar ? Services rendus dans la collaboration aux projets hégémoniques mondiaux des puissances capitalistes dominantes, avant tout européennes et nord-américaines. Le Qatar a soutenu, si ce n’est impulsé, les dernières opérations françaises et américaines à l’étranger. Pas un hasard si M.al-Kuwari, proche de la famille princière et homme-clé de la diplomatie qatarie, part désormais pour Washington, occuper le poste d’ambassadeur aux Etats-unis. Pendant que la France apportait un soutien indirect aux rebelles en Syrie, bombardait la Libye de Kaddafi sous le drapeau de l’OTAN, puis prétendait combattre les milices islamistes au Mali … le Qatar finance les milices islamistes qui combattent sur tous les fronts. Le Qatar est un élément-clé dans la stratégie d’agression de l’Iran, comme de la Syrie, deux Etats qui contrarient les plans de « Grand Moyen-Orient » américain, deux alliés régionaux de la résistance palestinienne. En Palestine, il renforce le Hamas face aux organisations laïques et progressistes (comme en Tunisie ou en Egypte), tout en l’incitant à l’inaction dans la crise syrienne. On se rappelle de la visite de l’émir à Gaza il y a an … tout en maintenant des relations cordiales avec Israël. La pleine collaboration du Qatar à ces plans impérialistes suppose aussi une interpénétration des capitaux qataris et français. Le « forum de Doha », en mai dernier, avait réuni 25 grands patrons français, des dizaines d’hommes politiques (H.Védrine, M.Boutih, J.V.Placé, P.Balkany, E.Woerth, P.Lellouche, F.Fillion) pour envisager la collaboration future entre milieux d’affaires français et qataris. Le 22 juin dernier, François Hollande se rendait à Doha pour négocier les futurs contrats des entreprises françaises dans l’émirat – avec la compagnie des patrons de Vinci, Alsthom, Bouygues – ainsi que les conditions des futurs investissements du Qatar en France. Car la France devient une terre d’élection pour les investissements stratégiques qataris : 12 milliards d’euros sur ces cinq dernières années, avec des prises de participation dans des géants français (Total, LVMH, Vinci, Veolia, Vivendi, EADS, Lagardère). Outre les investissements de prestige (PSG bien sûr mais aussi rachats de grands immeubles parisiens), la nouvelle mouture du « plan banlieue » ravalé en « plan d’investissement pour les PME » (300 millions d’€) permettra au Qatar de s’ancrer dans le tissu économique et social français. D’autre part, le Qatar – outre ses réserves en gaz – est une mine pour les investisseurs français en quête de gros contrats : Bouygues, Vinci, Alsthom ou Keolis (filiale de la SNCF !) sont en quête de gros contrats pour la construction d’infrastructures en vue de la Coupe du monde. On parle en tout d’investissements de 170 milliards d’euros, Bouygues a déjà récupéré un contrat pour la réalisation d’un complexe immobilier pour 1 milliard d’euros, Vinci celui d’un tronçon de métro pour 1,5 milliard. Total pour les partenariats au Qatar comme à l’étranger, EADS pour la livraison d’équipements militaires profitent également des contrats signés avec le Qatar, dans une alliance qui explique aussi les intérêts communs autour des opérations à l’étranger. Quels services l’ambassadeur du Qatar a-t-il pu nous rendre ? A notre peuple, aucun. A nos ressortissants, aucun. Aux travailleurs immigrés ou aux peuples arabes épris de liberté, aucun. Par contre, aux richissimes émirs et à nos multi-nationales avides de profits faciles, beaucoup, trop ! Samedi 26 octobre 2013

Samedi 26 octobre 2013
 
hollande-qatar.jpgFrançois Hollande remet la légion d’Honneur à l’ambassadeur du Qatar : pourquoi cette récompense ?
 
 
La nouvelle est passée quasi inaperçue, si ce n’était une brève du Figaro : le président de la République française vient de remettre, le 17 octobre dernier, l’insigne de commandant de la légion d’Honneur à l’ambassadeur du Qatar en France.
 
On sait combien la légion d’Honneur peut être galvaudée, combien elle constitue aussi un exercice de clientélisme politique, récompensant les services rendus par des hommes politiques, des industriels et des personnalités étrangères.
 
Mais de quoi François Hollande pouvait-il remercier M.Mohammed Jaham al-Kuwari, ambassadeur du Qatar en France ?
 
Certainement pas des progrès pour la diffusion de la démocratie et des droits de l’Homme, si souvent invoqués pour la Syrie, l’Iran ou la Libye.
 
Le Qatar est une monarchie absolue où l’Emir et sa famille ont tous les droits, un régime théocratique où la liberté d’expression s’arrête aux frontières du Livre sacré et du saint billet vert, où les droits des femmes, des minorités, des travailleurs sont bafoués.
 
Récemment, le poète Mohammed Al-Ajmi a été condamné à 15 ans de prison pour … avoir écrit quelques vers en hommage aux « révolutions arabes », que le Qatar prétend soutenir en finançant les groupes islamistes les plus fondamentalistes dans ces pays.
 
Certainement pas pour l’émancipation de son peuple et le progrès social, non plus.
 
Au-delà d’une mince couche de la population richissime et nantie de tous les « privilèges » (et non droits), 95 % de la population est étrangère, une immense partie d’entre elles vivant dans l’extrême pauvreté, logée dans des bidonvilles en banlieue, sans droits ni garanties.
 
Le système du « kafala » maintient les travailleurs étrangers sous la protection, en fait la dépendance, d’un « kafil » (parrain), seul garant face aux institutions du pays, un tuteur qui de droit, par le retrait potentiel de sa protection, a un pouvoir de vie et de mort sur son protégé.
 
Quant aux conditions de travail sur place, elles approchent l’esclavage moderne. Chaque jour, un travailleur immigré népalais meurt au travail, victime des cadences imposées, de l’absence du droit de travail, syndical ainsi que des chaleurs accablantes.
 
Avec la construction des infrastructures de la Coupe du monde – obtenues par des pratiques de corruption à large échelle – 44 ouvriers népalais sont déjà morts depuis juin. A ce rythme 4 à 5 000 pourraient périr s’ici 2022.
 
Certainement pas non plus pour son respect pour les ressortissants français sur place.
 
La liste est longue, elle ne concerne pourtant pas des ouvriers du bâtiment philippins : un proviseur du lycée français expulsé pour attitude « anti-musulmane » des entrepreneurs ou footballeurs professionnels retenus en « otage » par leurs parrains au Qatar.
 
Le mépris des droits humains les plus élémentaires transparaît par tous les pores de l’émirat.
 
Alors pourquoi cette récompense ?
Quels services nous rend le Qatar ?
 
Services rendus dans la collaboration aux projets hégémoniques mondiaux des puissances capitalistes dominantes, avant tout européennes et nord-américaines. Le Qatar a soutenu, si ce n’est impulsé, les dernières opérations françaises et américaines à l’étranger.
 
Pas un hasard si M.al-Kuwari, proche de la famille princière et homme-clé de la diplomatie qatarie, part désormais pour Washington, occuper le poste d’ambassadeur aux Etats-unis.
 
Pendant que la France apportait un soutien indirect aux rebelles en Syrie, bombardait la Libye de Kaddafi sous le drapeau de l’OTAN, puis prétendait combattre les milices islamistes au Mali … le Qatar finance les milices islamistes qui combattent sur tous les fronts.
 
Le Qatar est un élément-clé dans la stratégie d’agression de l’Iran, comme de la Syrie, deux Etats qui contrarient les plans de « Grand Moyen-Orient » américain, deux alliés régionaux de la résistance palestinienne.
 
En Palestine, il renforce le Hamas face aux organisations laïques et progressistes (comme en Tunisie ou en Egypte), tout en l’incitant à l’inaction dans la crise syrienne. On se rappelle de la visite de l’émir à Gaza il y a an … tout en maintenant des relations cordiales avec Israël.
 
La pleine collaboration du Qatar à ces plans impérialistes suppose aussi une interpénétration des capitaux qataris et français.
 
Le « forum de Doha », en mai dernier, avait réuni 25 grands patrons français, des dizaines d’hommes politiques (H.Védrine, M.Boutih, J.V.Placé, P.Balkany, E.Woerth, P.Lellouche, F.Fillion) pour envisager la collaboration future entre milieux d’affaires français et qataris.
 
Le 22 juin dernier, François Hollande se rendait à Doha pour négocier les futurs contrats des entreprises françaises dans l’émirat – avec la compagnie des patrons de Vinci, Alsthom, Bouygues – ainsi que les conditions des futurs investissements du Qatar en France.
 
Car la France devient une terre d’élection pour les investissements stratégiques qataris : 12 milliards d’euros sur ces cinq dernières années, avec des prises de participation dans des géants français (Total, LVMH, Vinci, Veolia, Vivendi, EADS, Lagardère).
 
Outre les investissements de prestige (PSG bien sûr mais aussi rachats de grands immeubles parisiens), la nouvelle mouture du « plan banlieue » ravalé en « plan d’investissement pour les PME » (300 millions d’€) permettra au Qatar de s’ancrer dans le tissu économique et social français.
 
D’autre part, le Qatar – outre ses réserves en gaz – est une mine pour les investisseurs français en quête de gros contrats : Bouygues, Vinci, Alsthom ou Keolis (filiale de la SNCF !) sont en quête de gros contrats pour la construction d’infrastructures en vue de la Coupe du monde.
 
On parle en tout d’investissements de 170 milliards d’euros, Bouygues a déjà récupéré un contrat pour la réalisation d’un complexe immobilier pour 1 milliard d’euros, Vinci celui d’un tronçon de métro pour 1,5 milliard.
 
Total pour les partenariats au Qatar comme à l’étranger, EADS pour la livraison d’équipements militaires profitent également des contrats signés avec le Qatar, dans une alliance qui explique aussi les intérêts communs autour des opérations à l’étranger.
 
Quels services l’ambassadeur du Qatar a-t-il pu nous rendre ? A notre peuple, aucun. A nos ressortissants, aucun. Aux travailleurs immigrés ou aux peuples arabes épris de liberté, aucun. Par contre, aux richissimes émirs et à nos multi-nationales avides de profits faciles, beaucoup, trop !
 
Samedi 26 octobre 2013

RETOUR A LA SINISTRE FRANCE PETAINISTE. LE 17 OCTOBRE, JOUR DU MASSACRE EN 1961, A PARIS, DE CENTAINES D'ALGERIENS, HOLLANDE REMET LA LEGION D'HONNEUR A L'AMBASSADEUR DU TERRORISTE QATAR !!

Samedi 26 octobre 2013
 
hollande-qatar.jpgFrançois Hollande remet la légion d’Honneur à l’ambassadeur du Qatar : pourquoi cette récompense ?
 
 
La nouvelle est passée quasi inaperçue, si ce n’était une brève du Figaro : le président de la République française vient de remettre, le 17 octobre dernier, l’insigne de commandant de la légion d’Honneur à l’ambassadeur du Qatar en France.
 
On sait combien la légion d’Honneur peut être galvaudée, combien elle constitue aussi un exercice de clientélisme politique, récompensant les services rendus par des hommes politiques, des industriels et des personnalités étrangères.
 
Mais de quoi François Hollande pouvait-il remercier M.Mohammed Jaham al-Kuwari, ambassadeur du Qatar en France ?
 
Certainement pas des progrès pour la diffusion de la démocratie et des droits de l’Homme, si souvent invoqués pour la Syrie, l’Iran ou la Libye.
 
Le Qatar est une monarchie absolue où l’Emir et sa famille ont tous les droits, un régime théocratique où la liberté d’expression s’arrête aux frontières du Livre sacré et du saint billet vert, où les droits des femmes, des minorités, des travailleurs sont bafoués.
 
Récemment, le poète Mohammed Al-Ajmi a été condamné à 15 ans de prison pour … avoir écrit quelques vers en hommage aux « révolutions arabes », que le Qatar prétend soutenir en finançant les groupes islamistes les plus fondamentalistes dans ces pays.
 
Certainement pas pour l’émancipation de son peuple et le progrès social, non plus.
 
Au-delà d’une mince couche de la population richissime et nantie de tous les « privilèges » (et non droits), 95 % de la population est étrangère, une immense partie d’entre elles vivant dans l’extrême pauvreté, logée dans des bidonvilles en banlieue, sans droits ni garanties.
 
Le système du « kafala » maintient les travailleurs étrangers sous la protection, en fait la dépendance, d’un « kafil » (parrain), seul garant face aux institutions du pays, un tuteur qui de droit, par le retrait potentiel de sa protection, a un pouvoir de vie et de mort sur son protégé.
 
Quant aux conditions de travail sur place, elles approchent l’esclavage moderne. Chaque jour, un travailleur immigré népalais meurt au travail, victime des cadences imposées, de l’absence du droit de travail, syndical ainsi que des chaleurs accablantes.
 
Avec la construction des infrastructures de la Coupe du monde – obtenues par des pratiques de corruption à large échelle – 44 ouvriers népalais sont déjà morts depuis juin. A ce rythme 4 à 5 000 pourraient périr s’ici 2022.
 
Certainement pas non plus pour son respect pour les ressortissants français sur place.
 
La liste est longue, elle ne concerne pourtant pas des ouvriers du bâtiment philippins : un proviseur du lycée français expulsé pour attitude « anti-musulmane » des entrepreneurs ou footballeurs professionnels retenus en « otage » par leurs parrains au Qatar.
 
Le mépris des droits humains les plus élémentaires transparaît par tous les pores de l’émirat.
 
Alors pourquoi cette récompense ?
Quels services nous rend le Qatar ?
 
Services rendus dans la collaboration aux projets hégémoniques mondiaux des puissances capitalistes dominantes, avant tout européennes et nord-américaines. Le Qatar a soutenu, si ce n’est impulsé, les dernières opérations françaises et américaines à l’étranger.
 
Pas un hasard si M.al-Kuwari, proche de la famille princière et homme-clé de la diplomatie qatarie, part désormais pour Washington, occuper le poste d’ambassadeur aux Etats-unis.
 
Pendant que la France apportait un soutien indirect aux rebelles en Syrie, bombardait la Libye de Kaddafi sous le drapeau de l’OTAN, puis prétendait combattre les milices islamistes au Mali … le Qatar finance les milices islamistes qui combattent sur tous les fronts.
 
Le Qatar est un élément-clé dans la stratégie d’agression de l’Iran, comme de la Syrie, deux Etats qui contrarient les plans de « Grand Moyen-Orient » américain, deux alliés régionaux de la résistance palestinienne.
 
En Palestine, il renforce le Hamas face aux organisations laïques et progressistes (comme en Tunisie ou en Egypte), tout en l’incitant à l’inaction dans la crise syrienne. On se rappelle de la visite de l’émir à Gaza il y a an … tout en maintenant des relations cordiales avec Israël.
 
La pleine collaboration du Qatar à ces plans impérialistes suppose aussi une interpénétration des capitaux qataris et français.
 
Le « forum de Doha », en mai dernier, avait réuni 25 grands patrons français, des dizaines d’hommes politiques (H.Védrine, M.Boutih, J.V.Placé, P.Balkany, E.Woerth, P.Lellouche, F.Fillion) pour envisager la collaboration future entre milieux d’affaires français et qataris.
 
Le 22 juin dernier, François Hollande se rendait à Doha pour négocier les futurs contrats des entreprises françaises dans l’émirat – avec la compagnie des patrons de Vinci, Alsthom, Bouygues – ainsi que les conditions des futurs investissements du Qatar en France.
 
Car la France devient une terre d’élection pour les investissements stratégiques qataris : 12 milliards d’euros sur ces cinq dernières années, avec des prises de participation dans des géants français (Total, LVMH, Vinci, Veolia, Vivendi, EADS, Lagardère).
 
Outre les investissements de prestige (PSG bien sûr mais aussi rachats de grands immeubles parisiens), la nouvelle mouture du « plan banlieue » ravalé en « plan d’investissement pour les PME » (300 millions d’€) permettra au Qatar de s’ancrer dans le tissu économique et social français.
 
D’autre part, le Qatar – outre ses réserves en gaz – est une mine pour les investisseurs français en quête de gros contrats : Bouygues, Vinci, Alsthom ou Keolis (filiale de la SNCF !) sont en quête de gros contrats pour la construction d’infrastructures en vue de la Coupe du monde.
 
On parle en tout d’investissements de 170 milliards d’euros, Bouygues a déjà récupéré un contrat pour la réalisation d’un complexe immobilier pour 1 milliard d’euros, Vinci celui d’un tronçon de métro pour 1,5 milliard.
 
Total pour les partenariats au Qatar comme à l’étranger, EADS pour la livraison d’équipements militaires profitent également des contrats signés avec le Qatar, dans une alliance qui explique aussi les intérêts communs autour des opérations à l’étranger.
 
Quels services l’ambassadeur du Qatar a-t-il pu nous rendre ? A notre peuple, aucun. A nos ressortissants, aucun. Aux travailleurs immigrés ou aux peuples arabes épris de liberté, aucun. Par contre, aux richissimes émirs et à nos multi-nationales avides de profits faciles, beaucoup, trop !
 
Samedi 26 octobre 2013