dimanche 29 septembre 2013



 
Appel pour que reviennent les jours heureux !
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Pour riposter à l’entreprise de liquidation des conquêtes sociales et de la France républicaine, en prenant appui sur les résistances sociales, civiques et patriotiques, pour une République sociale, souveraine et fraternelle, ensemble défendons et actualisons le programme du Conseil national de la Résistance ! SIGNEZ L’APPEL !
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 APPEL POUR QUE REVIENNENT LES JOURS HEUREUX !

Le 18 juin 2013.
Appel lancé par les Clubs « Penser la France » (CPF), le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP) et le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF).
Pour riposter à l’entreprise de liquidation des conquêtes sociales et de la France républicaine, en prenant appui sur les résistances sociales, civiques et patriotiques, pour une République sociale, souveraine et fraternelle, ensemble défendons et actualisons le programme du Conseil national de la Résistance !
Par la faute des gouvernements successifs qui, depuis plusieurs décennies, ont engagé la France dans la funeste « construction » européenne, notre pays vit une situation potentiellement mortelle à moyen, voire à court terme :
  • attaques incessantes contre la protection sociale (retraites, assurance-maladie, etc.), les salaires et les revenus du travail, asphyxie des services publics (école, hôpital, Poste, Équipement, SNCF, EDF, etc.), liquidation rampante du droit du travail et précarisation généralisée des travailleurs, destruction du « produire en France » au nom de la « concurrence libre et non faussée ouverte sur le monde » prescrite par les traités européens EN ALLEGEANCE AU LIBRE-ECHANGE malgré l’opposition croissante du peuple français (cf. la manière dont le Non français à la constitution européenne en 2005 a été contourné par l’UMP, le « centre » et le PS) ;
  • liquidation accélérée de l’indépendance nationale (politique, monétaire, budgétaire…), cette base inaliénable de la souveraineté du peuple, au nom de l’« Europe fédérale » et de l’« Union transatlantique » ; subordination croissante de la diplomatie et de l’armée françaises à la stratégie mondiale belliqueuse de Washington, notamment au Proche-Orient, et aux diktats financiers et institutionnels de Berlin ;
  • démantèlement de la République une, laïque, sociale et indivisible issue de la Révolution française et de la Libération par la mise en place insidieuse d’une « Europe des régions » et des « métropoles » qui porte en germes l’éclatement du territoire national, l’inégalité des citoyens devant la loi et la montée des revendications sécessionnistes ;
  • destruction des repères patriotiques et républicains les plus élémentaires, de la conscience historique du peuple français, et même de la langue française (« langue de la République » selon la Constitution), assiégée par le tout-anglais impérial. Parallèlement, poussée symétrique de la xénophobie d’État et de l’auto-phobie nationale que porte une large partie de nos prétendues « élites » fascinée par l’Oncle Sam.

 Une politique décidée par les classes possédantes

Cette décomposition de la République n’est pas une fatalité résultant de « la » mondialisation des échanges. Elle résulte d’une POLITIQUE voulue par l’oligarchie financière « française » inféodée à l’oligarchie euro-atlantique. Non seulement les maîtres du CAC 40 s’affirment prêts, pour « sauver l’euro », à déléguer à Berlin le pilotage de l’Union européenne, mais le MEDEF revendique ouvertement, dans un Manifeste intitulé Besoin d’airE, de nouveaux « transferts de souveraineté » vers Bruxelles. Il préconise ainsi « une langue pour l’Europe » (l’anglais), la « reconfiguration des territoires  » et, cerise sur ce gâteau antinational, « une nouvelle patrie : les États-Unis d’Europe ». Bref, applaudis par le Parti Maastrichtien Unique (le PMU-bis) composé de l’UMP, du PS, du « Centre », d’Europe-Écologie-Les-Verts et de leurs satellites, l’oligarchie capitaliste a mis le cap sur la mort de la France. Son seul objectif : permettre aux grands privilégiés de pressurer sans limite les citoyens, ouvriers et employés, paysans et artisans, enseignants, chercheurs et étudiants, petits entrepreneurs et professions libérales, retraités et travailleurs privés d’emploi. Déjà nos concitoyens subissent par millions la misère, le chômage, les conditions de travail et de logement insupportables, la confiscation de l’avenir pour les jeunes, le manque total d’idéal et de perspectives pour notre pays et pour l’humanité…
Face à cette politique mortifère, les partis représentés à l’Assemblée ne portent aucune véritable alternative. Le PS et l’UMP ainsi que leurs satellites mènent la même politique de casse sociale et nationale. Le FN n’a d’autre fonction que de dévoyer la colère sociale dans l’impasse explosive du racisme et du « choc des civilisations » (sic). Les responsables du Front de gauche continuent de prétendre que « l’Europe est à nous  » (!) et que « l’euro est notre monnaie  » (! !), alors que de nombreux militants de ce Front de gauche, qui aspirent à unir le drapeau tricolore au drapeau des luttes sociales, rejettent déjà l’Union européenne et l’euro.

 Sortir de l’Otan, de l’Union européenne et de l’euro

Pour sauver notre pays, pour le tourner à nouveau vers l’indépendance nationale, le progrès social et la coopération internationale, une solution existe pourtant. C’est celle qui consiste à sortir la France du piège mortel de l’euro, de l’UE et de l’OTAN pour faire vivre les principes du CNR dans les conditions de notre temps : indépendance nationale, lutte contre le racisme et la xénophobie, coopération fraternelle entre tous les peuples, nationalisation du crédit et des grandes industries monopolisées par l’oligarchie, « rôle central » du monde du travail dans la vie de la nation, relance de la protection sociale et des services publics, plein-emploi, démocratie participative... Déjà, l’Amérique latine s’affranchit de la tutelle de Washington. Sous le nom d’Alternative Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique – Traité de commerce des peuples (ALBA – TCP), plusieurs États de la région coopèrent à égalité et étendent la protection sociale. Notre pays n’a nullement à choisir entre le « repli national » et la dissolution dans la mondialisation du capital financier.
Associant le patriotisme républicain à un véritable internationalisme, la France peut et doit s’émanciper de cette prison des peuples qu’est l’UE pour échanger avec tous les continents tout en rassemblant, sur le territoire français lui-même, les citoyens et les résidents de toutes origines et de toutes sensibilités. Sur de telles bases républicaines, on pourra réindustrialiser la France, donner du travail à tous, ouvrir la voie à un développement écologique délivré du tout-profit, stopper les guerres menées en notre nom au Proche-Orient et au Sud de la Méditerranée, réconcilier la nation française avec sa devise révolutionnaire : « liberté, égalité, fraternité » !

 S’unir comme il y a 70 ans avec le Conseil national de la Résistance

Pour cela, les forces franchement progressistes, patriotiques et internationalistes doivent s’unir. Face à une oligarchie « française » qui fait à nouveau le « choix de la défaite » et qui collabore sans vergogne à la mise en place de l’Empire euro-atlantique, il faut que s’unissent les républicains fidèles à Valmy et à Jean Moulin, les syndicalistes respectueux de leurs revendications, les socialistes dignes de l’héritage patriotique et internationaliste de Jaurès, les communistes qui continuent le combat de la Commune et des Francs-Tireurs et Partisans (FTPF et FTP-MOI), les gaullistes fidèles à l’esprit du 18 Juin 1940, les chrétiens laïques, héritiers d’Estiennes d’Orves, les amis de la paix qui refusent que le nom français serve à couvrir des guerres pour la domination, sans oublier les résidents étrangers qui ont au cœur la Révolution française et le combat de Manouchian.
Unies dans leur diversité, ces forces doivent débattre publiquement car l’émancipation de notre peuple ne peut être que son œuvre propre. C’est pourquoi nous invitons les citoyens tout à la fois à se rassembler sur ce qui les unit, à débattre sereinement de ce qui fait discussion et à engager l’action sur les plans social, civique et politique.
C’est à ces conditions que, porté par le rassemblement populaire, émergera le jour venu un nouveau Conseil national de la Résistance digne de son illustre devancier. Seule cette alliance pluraliste pourra faire vivre la France Indépendante et la République Sociale pour que reviennent des « Jours heureux ».
Par l’action unie et le débat des citoyens, construisons les bases d’un nouveau Conseil national de la Résistance préparant la renaissance républicaine de notre pays !
Multiplions les initiatives à l’occasion du 70e anniversaire du Conseil national de la Résistance !

Réveillons la mémoire collective anesthésiée par la propagande des grands médias inféodés aux groupes financiers qui les ont accaparés !

 Premiers signataires :

  • AMIEL DE MENARD Gilles, porte-parole du M’PEP, 07
  • BACHELIER Gilles, gaulliste de gauche, 94
  • BIDAULT Gwenaël, syndicaliste CPAM, 22
  • CHAZAL Bruno, secrétaire national des Clubs « Penser la France », 75
  • DANGLOT Jean-Claude, ancien sénateur, ex-secrétaire de la fédération du PCF du Pas-de-Calais, 62
  • DA SILVA Didier, co-fondateur de chrétiensdegauche.com
  • DEBRAY Michel, vice-amiral (2 S), ancien commandant de l’aviation embarquée et du groupe des porte-avions, ancien président de l’Institut Charles de Gaulle, 60
  • DEJOURS Jean-François, syndicaliste enseignant
  • DELBOS Thierry, gaulliste, président du Cercle des patriotes optimistes, 63
  • DESSENNE Michèle, porte-parole du M’PEP, 93
  • DRWESKI Bruno, universitaire, historien et politologue
  • FAUCON Ernest, ouvrier, 67
  • FOUCAMBERT Benoit, syndicaliste enseignant
  • HEMMEN Jean-Pierre, dirigeant du PRCF, fils de Fusillé de la Résistance
  • GASTAUD Georges, fils de Résistant, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France, 62
  • GAUCHERAND Claude, contre-amiral (2S)
  • LACROIX-RIZ Annie, professeur émérite d’histoire contemporaine, 78
  • LANDINI Léon, ancien officier FTP-MOI, officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, Grand Mutilé de Guerre, président du PRCF
  • MACIA Eric, ancien secrétaire fédéral du PCF-34
  • MANESSIS Antoine, responsable PRCF aux actions unitaires, fils de Résistants, 38
  • MARLE Désiré, prêtre-ouvrier, ancien dirigeant syndical de la métallurgie CGT
  • MATEU-CASADO Annette, fille de républicains espagnols, 66
  • NIKONOFF Jacques, porte-parole du M’PEP, 75
  • PELLET Gaston, résistant linguistique au tout-anglais, 30
  • PRANCHERE Pierre, ancien Franc-Tireur et Partisan français, ancien député, ancien député européen, PRCF
  • PUJO Jean-Luc, président des Clubs « Penser la France », 75
  • PUJO Viviane, secrétaire nationale des Clubs « Penser la France », 31
  • QUINET Michel, secrétaire général du M’PEP, 29
  • SANFELIEU Jany, fille de résistant antifasciste, 89
  • TROUDE Alexis, secrétaire national des Clubs « Penser la France », 92
  • VAN WYNENDAELE Karine, syndicaliste enseignante
  • VAREA Pierrette, commerçante, 34
  • VARGAS Yves, philosophe
  • VASSALLO Laurent, secrétaire national des Clubs « Penser la France », 34
  • VOSSOT Josette, syndicaliste, Clubs « Penser la France », 21
  • VOVARD Jacques, PCF, ancien conseiller municipal d’Argenteuil, syndicaliste
  • TOURNE Claude-Emile, médecin obstétricien, fils de Résistant, 66
  • ZAINA Serge, militant syndical CGT EDF et interpro, O6

 POUR SIGNER L’APPEL

Pour signer l’appel, il faut remplir les cadres ci-dessous en indiquant vos NOM et PRÉNOM, votre ADRESSE MAIL et votre CODE POSTAL puis cliquer sur VALIDER. Si la fiche "VALIDER" n’apparait pas sur votre écran, cliquez sur la touche "entrée" ou "retour de ligne" de votre clavier.
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Date Nom et prénom Département
29 septembre
goullet de rugy bénédicte
26190
29 septembre
SURDON-MARCHAND Christine
38300
29 septembre
peyrard jacqueline
75020
29 septembre
Thérèse & Jean-Pierre MAZZIOTTA
26300
29 septembre
nouet guy
07000
29 septembre
rolland jean louis
17000
29 septembre
Ringot Jean
62200
29 septembre
SEVILLA Joseph
07130
29 septembre
CLAVEL BRUNO
26400
29 septembre
Perotto Valérie
26150
29 septembre
kevorkian francis
57730
28 septembre
Philippe Catherine
07460
28 septembre
durand-gasselin samuel
07460
28 septembre
savignan philippe
45500
28 septembre
Gaillard Roger
26150
28 septembre
sylvie pillon
07170
28 septembre
Giraud Delire Claudine
26120
28 septembre
Bolard Yves
67000
27 septembre
le cousin jean-pierre
92500
27 septembre
LIGERON Maryvonne
65000

samedi 28 septembre 2013

----- Original Message ----- From: Gaston PELLET To: Gaston.Pellet Sent: Friday, September 20, 2013 10:01 PM Subject: ***SPAM***Fw: RAPPORT NON EXHAUSTIF SUR LES CRIMES PERPÉTR?ÉS PAR LES "REBELLES" EN SYRIE ----- Original Message ----- From: Colonna Eric To: undisclosed recipients: Sent: Thursday, September 19, 2013 10:07 PM Subject: RAPPORT NON EXHAUSTIF SUR LES CRIMES PERPÉTRÉS PAR LES "REBELLES" EN SYRIE RESPECT A CETTE ONG SUISSE POUR CE TRAVAIL DE COLLECTES D'INFORMATIONS ERIC RAPPORT NON EXHAUSTIF SUR LES CRIMES PERPÉTRÉS PAR LES "REBELLES" EN SYRIE Les crimes de la rébellion que l’ONU, les gouvernements, les médias, les ONG humanitaires ont ignorés Depuis le début des troubles en Syrie, la plupart des grosses ONG - Amnesty International, Human Right Watch, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde - se sont rangées du côté de la rébellion, de la propagande hostile au gouvernement de Bachar Al-Assad, ne faisant que très peu de cas des atrocités que les véritables bourreaux commettaient sur une grande échelle. Notable exception, l’Institut international pour la paix, la justice et les droits de l’homme (IIPJDH) - une petite ONG basée à Genève, aidée par quelques volontaires - a établi ici un premier rapport sur les crimes des "rebelles" en 2013. - (Silvia Cattori) ________________________________________ 17 SEPTEMBRE 2013 Terrorisme en Syrie Rapport 2013 Institut international pour la paix, la justice et les droits de l’homme (IIPJDH) La guerre de Syrie est sans nul doute « la grande tragédie de ce siècle » comme la nomme le Haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. Et cette tragédie n’est pas prête de finir. Après trente mois de guerre, de sauvageries et de destructions, la perspective d’une solution politique semble de plus en plus illusoire. L’attaque chimique survenue le 21 août dernier dans la Ghouta marque un tournant dans le processus de résolution du conflit déjà mis à mal par les atermoiements de l’axe Paris-Washington et l’intransigeance des belligérants, en particulier des rebelles qui posent des conditions radicales et intenables avant l’entame d’éventuels pourparlers. Selon le bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) paru le 1er septembre 2013, au moins 110.371 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime du président Bachar al-Assad. Ce rapport indique qu’avec les 45.671 tués dans leurs rangs, les forces loyalistes sont les premières victimes de la guerre en terme de nombre. Pour donner une idée de l’ampleur de l’hécatombe parmi les forces loyalistes, on peut comparer le nombre de soldats gouvernementaux tués en Syrie au nombre d’habitants de la ville de Lugano. Toujours selon l’ONG britannique, 40.146 civils auraient été tués. Il s’agit essentiellement de civils coincés entre deux feux ou délibérément pris pour cible. Ce chiffre ne distingue pas les Syriens que l’on pourrait globalement qualifier de « pro-gouvernementaux » ou de « pro-rébellion ».
 
 Le nombre de civils, femmes et enfants inclus, que l’on peut situer dans le camp des pro-Assad, des anti-rebelles ou des neutres est sans doute extrêmement élevé surtout si l’on tient compte des tueries de masse commises ces dernières semaines par les groupes terroristes dans les zones kurdes du Nord du pays (Tell Aran, Tell Hassel, Tel Abyad, Sereqaniye), dans les quartiers et les villages chiites (Nubbol-Zahra, Hatlah), alaouites (Lattaquieh et Homs) et chrétiens (Marmarita, al Duvair, Jaramana, Maaloula) et parmi les sunnites patriotes un peu partout dans le pays notamment à Khan Al Assal.
 Origine de la violence en Syrie Comme toutes les nations, l’histoire de la Syrie se bâtit sur la violence. Occupée par l’Empire ottoman puis par la France, la Syrie est née d’une guerre de libération. L’armée a donc joué un rôle central lors de la naissance de la Syrie moderne. Elle est même demeurée un acteur politique à part entière dans cette zone de turbulences convoitée par toutes les puissances mondiales que l’on appelle Proche-Orient. Les accords de Sykes-Picot, le découpage de la Syrie par la France coloniale sur base ethnique et confessionnelle, la création d’Israël, l’expédition du canal de Suez en 1956, les guerres isréalo-arabes de 1967 et 1973, les guerres du Liban, de l’Irak, les opérations de Tsahal à Gaza ont radicalisé le régime de Damas et accentué le sentiment d’encerclement parmi ses élites politico-militaires. Ce sentiment d’encerclement a conduit le régime à renforcer sa répression domestique et à pratiquer le terrorisme d’Etat envers les nombreux dissidents. A l’aube du printemps 2011, un mouvement syrien citoyen a vu le jour, fruit d’une longue lutte souterraine dans un contexte d’étranglement de la contestation. Les manifestants ont légitimement défendu des revendications de liberté et de démocratie. Alors que le président syrien s’apprêtait à concéder quelques droits aux manifestants révoltés, une aubaine pour lui qui a souvent été freiné par les caciques du régime peu ouverts aux réformes, des groupes radicaux sont apparus, récupérant le mouvement citoyen syrien. Le discours confessionnaliste de ces intrus ressemblait étrangement à celui que certains prédicateurs répandaient depuis quelques années déjà à l’attention du monde sunnite à partir de chaînes satellitaires émettant depuis les Etats du Golfe. Ce discours haineux atteint son paroxysme lorsque alliance stratégique anti-israélienne fut scellée en février 2010 entre Damas, Téhéran et le mouvement de résistance libanais Hezbollah. Bien qu’étranger aux revendications populaires de démocratie, ce discours a très vite commencé à polluer le mouvement démocratique syrien. A l’aube de la révolte syrienne, alors que le dialogue entre le pouvoir et la population révoltée semblait possible, des attentats ont visé les forces de sécurité, provoquant une réaction en chaîne de violence et de contre-violence. Il convient de souligner que la résistance à l’oppression est un droit reconnu internationalement. La Déclaration universelle des droits de l’homme évoque dans l’alinéa 3 du préambule l’hypothèse d’une « révolte contre la tyrannie et l’oppression »en tant que « suprême recours ». Cependant, dans le cas syrien, la résistance à l’oppression a très vite pris un caractère barbare et aveugle. Elle est très vite devenue illégitime tant du point de vue de ses méthodes que de son projet politique. Les militants armés ont recouru à une rhétorique sectaire à leur fronde et recouru à une rhétorique guerrière. Leurs méthodes d’action ont été d’une brutalité inouïe. Le moindre désaccord avec leur discours était traité au fusil. Lorsque leur projet politique s’est révélé au grand jour, de nombreux Syriens conclurent qu’il était proprement incompatible avec leur mode de vie et avec le tissu social, ethnique et culturel syrien. Nombreux opposants se sont détournés de la sédition et ont préféré appuyer le processus de réforme lancé par le président Bachar el Assad. Tandis que l’escalade militaire se poursuivait, les médias et les pouvoirs occidentaux ont tout simplement ignoré, minimisé ou mis en doute les massacres commis par les groupes rebelles. Chaque jour pourtant, la rébellion, toutes tendances confondues, s’est livrée à des actes d’une sauvagerie inouïe et fièrement revendiqués : – embuscades contre des civils – attentats kamikazes dans des lieux publics – tirs d’artillerie sur des zones peuplées – assassinats ciblés – pogroms, apartheid et nettoyage ethnique (fatwas antikurdes, pogroms antichrétiens, génocide anti-chiite et anti-alaouite) – exécutions prononcées par des tribunaux de la charia – tortures, mutilations, décapitations – viols, humiliations et esclavage sexuel – exécutions de masse – enlèvement et séquestrations de civils – Assassinats de journalistes – Recrutement d’enfants soldats – Destruction de lieux de culte – Vols et pillages – Discrimination religieuse et confessionnelle – Violences entre factions rebelles Nous en publions quelques exemples dans les lignes suivantes. Attaques contre des civils Damas Le 22 janvier 2013, au moins 30 personnes ont été tuées dans un attentat-suicide dans une banlieue de la ville syrienne de Hama. Selon l’opposition syrienne, un kamikaze a fait sauter une voiture piégée devant un bâtiment des milices pro-régime. De nombreux civils font partie des victimes. Un attentat-suicide à la bombe est survenu, jeudi 21 mars, dans une mosquée du nord de Damas, provoquant la mort de 43 personnes. Parmi les victimes, figure le cheikh Muhammad Saïd Ramadan al-Bouti, le célèbre savant sunnite, qui délivrait alors un cours de religion à des fidèles. Il était âgé de 84 ans. Le 26 mars, plusieurs obus sont tombés dans le quartier de Baramké, dans le centre-ville de Damas, faisant 4 morts, dont une écolière, et cinq blessées. Lundi 8 avril, un attentat-suicide à la voiture piégée a secoué le centre-ville de Damas, faisant 12 morts et 45 blessés selon une source médicale. Le 15 mai 2013, le correspondant de la chaîne britannique Tim Marshall a été le témoin d’un crime commis contre des civils palestiniens chassés du quartier de Yarmouk à Damas par des groupes armés : http://www.youtube.com/watch ?feature=player_embedded&v=pmCkoxjCUV4 L’équipe de Sky News a accompagné un millier de réfugiés cherchant à regagner leur foyer malgré les menaces de mort des rebelles qui occupent Yarmouk. A peine ont-ils franchi le no man’s land entourant leur quartier que les manifestants palestiniens ont été la cible des balles de la rébellion. L’officier qui avait insisté pour escorter les journalistes de Sky News a lui aussi été atteint par les tirs. L’armée a aussitôt répliqué pour protéger les civils. Interrogés par Sky News, les habitants de Yarmouk proclament sous une pluie de balles leur hostilité envers les groupes armés et supplient les journalistes de dire la vérité sur la guerre en Syrie ("Some screamed at us : Please tell the world the truth ! We don’t want the fighters here, we want the army to kill them !" dans Tim Marshall, Civilians Come Under Fire From Rebels, Sky News, 15 mai 2013). Au bout d’une heure d’affrontement, le journaliste Tim Marshall a comptabilisé au moins trois soldats et cinq civils blessés. Le 11 juin, 14 personnes ont été tuées et 31 autres ont été blessées mardi dans un double attentat suicide sur la place Marjeh dans le centre de Damas. Jeudi 27 juin, au moins quatre personnes ont été tuées dans un attentat suicide qui a frappé un quartier chrétien de la vieille ville de Damas. L’attentat s’est produit dans le quartier de Bab Touma, tandis que l’agence officielle Sana a indiqué qu’il a frappé le quartier contigu de Bab Charqi. L’attentat s’est produit près de l’église Mariamite et de l’association de charité Al-Ihsane. "Il semblerait que ce soit l’association caritative chiite qui ait été visée", a expliqué Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Le 6 août, 18 personnes au moins ont été tuées dans l’explosion d’une voiture piégée à Jaramana, quartier chrétien et druze du Sud-est de la capitale. On dénombre également 56 blessés. Le 11 août, trois civils sont morts suite à la chute d’obus de mortier sur le quartier de Dekhaniya à Damas. Trois obus de mortier tirés par des terroristes auraient chuté sur le quartier, tuant trois civils et en blessant trois autres. Alep Embuscades contre des civils humanitaires sur la route d’Alep Le 23 juillet 2013, des rebelles du groupe Ahrar Al Cham ouvrent le feu sur un convoi humanitaire composé de 30 véhicules sur la route d’Alep. L’information est relayée par Stephen Kalin de l’agence Reuters. Une femme au moins décède durant l’attaque. On dénombre en outre 19 blessés. Les membres du convoi faisaient partie de la communauté arménienne de Syrie. Attentat kamikaze dans une cafétéria Le 22 août à Alep, un terroriste a actionné sa ceinture d’explosifs dans le restaurant de Capo Grillo dans la cité sportive d’al-Bassel dans le quartier de Mogambo à Alep, faisant huit morts et plus de 20 blessés. Un responsable sécuritaire a indiqué à la correspondante de Sana à Alep que le terroriste, né en 1995 à Jabal Bdour dans la banlieue d’Alep, est dénommé Khaled Ali al-Chebli. Il aurait actionné sa ceinture au moment où l’élève Maria Rabi’ organisait une fête pour avoir réussi son baccalauréat. Maria, Hassan Mhanna, correspondant de la chaîne d’al-Ikhbariya Assouria et six autres personnes sont décédées. Il y a un nombre indéterminé de citoyens blessés. Hassaké Attentat kamikaze à Al Shadada Le 11 février 2013, deux kamikazes du Front Al Nosra déclenchent leur charge explosive dans la petite localité d’Al Shadada située dans le gouvernorat de Hassaké. Bilan : 14 civils tués. Tirs sur des ambulances à Hassaké Le 17 août 2013, deux ambulanciers sont assassiné à Ras al Ayn par le Front Al Nosra. Homs Le 1er août, le groupe Liwa Al Haq tire une salve de roquettes sur plusieurs quartiers résidentiels de Homs. Bilan : au moins 40 morts et 120 blessés. Le 19 août 2013, plusieurs roquettes ont été tirées par les groupes rebelles sur Oum Al Amd, un village pro-régime de la région de Homs. On dénombre sept morts dont deux femmes et plusieurs dizaines de blessés. Cinq miliciens des Forces de défense nationale (loyalistes) et 9 civils dont deux femmes ont été tués à un check-point à Wadi al Nassara. D’après l’OSDH, l’attaque a été revendiquée par le bataillon Jund Al Cham. Source : OSDH Damas Mercredi 31 juillet, un bus transportant des employés du Centre de recherche scientifique de Barzeh a été ciblé par les rebelles. Bilan : 6 civils tués et 14 blessés. Mercredi 14 août, on dénombre 14 morts dans une attaque au mortier à Mleha, au sud-est de la capitale Damas. Loyalistes et rebelles s’accusent mutuellement. Idlib Plusieurs tirs de mortier s’abattent dans la zone de Kafraiya, un district du Nord d’Idlib principalement habité par des chiites. Nombre de tués et de dégâts indéterminés Hama Le 1er juillet, trois citoyens ont été tués et plusieurs autres ont été blessés dans une attaque kamikaze à Sabboura en banlieue de Hama. Les terroristes auraient fait exploser dans une voiture piégée d’une tonne et demi d’explosifs près du centre culturel de la localité. L’explosion a fait aussi 18 blessés, dont enfants et femmes, et causé des dégâts matériels importants dans les biens publics et privés. Le 11 août, 4 civils sont morts dans un attentat-suicide à la voiture piégée sur la route Naqoura-Bahsa dans la banlieue de Hama. On dénombre plusieurs blessés graves. Assassinats ciblés Mardi 30 juillet, Majed Tinawi, maire de Zabadani et Ghassan Al Haj Hammoud, membre de la commission de réconciliation ont été assassinés par un groupe rebelle à Damas alors qu’ils quittaient une réunion portant sur la réconciliation. Le 25 août 2013, des militants armés ont assassiné Anas Abdel Razzaq al-Naëm, gouverneur de Hama, dans un attentat à la voiture piégée dans le quartier de Jarajima à Hama Assassinat de journalistes Le 4 janvier 2013, Suhail Mahmoud Al Ali, correspondant de la télévision pro-gouvernementale Addounia a été abattu par des rebelles. Le 27 mai 2013, c’est Yara Abbas, correspondante de la chaine Al Ikhbariya qui tombait sous les balles rebelles à Homs. Mercredi 21 août 2013, un journaliste iranien dénommé Hadi Baghbani, a été tué dans une embuscade de la rébellion alors qu’il réalisait un documentaire sur l’armée syrienne. « Il était parti avec deux autres personnes pour faire un documentaire sur les crimes des salafistes, et a été tué dans une embuscade dans la région de Damas », a affirmé l’agence iranienne Fars, citant un de ses collègues. Le 15 septembre, le journaliste Fakhr Eddine Hassan du journal Al-Massira a été victime d’un attentat terroriste sur l’autoroute Idlib-Mastoumeh. Il se trouvait dans un bus. Pogromes et nettoyage ethnique Homs Contre les alaouites Le 29 janvier 2013, après un siège qui a duré 15 jours, les miliciens de la Brigade Al-Farouk et de Khaled Ibn Al-Walid ont pris d’assaut les quartiers de la localité d’Amiriyyé, situé à25 km à l’est de Homs, tuant et blessant au moins 100 personnes. Selon un rescapé qui s’est confié au journal jordanien en ligne Akhbar el-balad, une vingtaine de voitures équipées de mitrailleuses ont investi le village et ouvert le feu sporadiquement, contraignant les survivants, des femmes et des enfants surtoutà prendre la fuite vers le village voisin de Ghasibiyyé.
Selon un autre habitant du village, les forces gouvernementales qui ont été appelées au secours, ont tardé à veniret se trouvent toujours sur le chemin. Sur un site de l’insurrection sur Facebook, il est écrit que « le village nassyrien (alaouite) a été nettoyé », ce que confirme le site Syria Truth selon lequel « les habitants de ce village sont taxés de chabbihas –voyous –du régime et ont été tués pour des raisons confessionnelles ». Contre les chrétiens D’après l’agence d’information AINA, le 29 mai 2013, des hommes armés d’inspiration takfiri ont pris d’assaut le village chrétien d’al Duvair situé dans le rif de Homs non loin de la frontière avec le Liban et y ont massacré l’ensemble de la population, femmes et enfants compris. Idlib Le 14 février 2013, le village de Wadi Khaled situé dans le gouvernorat d’Idlib a été incendié par des milices takfiris, obligeant les habitants à s’enfuir. Hassaké Les Chrétiens chassés de Hassaké D’après le vicaire général des syriaques catholiques à Alep cité par le Docteur Nabil Antaki, des centaines de familles chrétiennes des villes de Qamichli et Hassakeh, menacées par le Front Al-Nosra, ont refusé de se rendre dans le camp de réfugiés ouvert il y a peu par le gouvernement turc à l’intention des chrétiens syriens ; [ils n’ont pas oublié les massacres de 1915] ; ils ont préféré se rendre à Mardine pour occuper les couvents syriaques qui se trouvent à quelques kilomètres De Qamichli, abandonnant ainsi leurs maisons et leur biens. Ces derniers nous ont affirmé que les maisons des chrétiens tombent les unes après les autres entre les mains des éléments de Front Al-Nosra qui vendent les meubles à des bandes armées. Les champs de blés appartenant à des chrétiens sont confisqués par les kurdes. Ces derniers se mettent à remplacer les plaques d’immatriculation sur les voitures par de nouvelles sur lesquelles ils ont supprimé la mention de la Syrie et qui portent désormais celle du "Kurdistan Syrien" avec de nouveaux numéros. A Alep, le désespoir est grand et l’indignation règne toujours parmi les chrétiens à la suite de l’enlèvement des deux évêques. L’armée s’y bat toujours pour libérer les quartiers contrôlés par les rebelles. Fatwas et massacres anti kurdes dans le gouvernorat d’Alep Le 31 juillet dernier, le front Al-Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), liés à Al-Qaïda, ont tué le 31 juillet au moins 50 civils kurdes dans les villages de Tall Hassel et Tall Aren, dans la province d’Alep. Le 1er août, 20 femmes et enfants kurdes qui voulaient fuir les djihadistes dans une camionnette ont été massacrés sauvagement à Tall Aren, avec des canons antiaériens. Près de 350 civils ont été enlevés dans les mêmes villages. Pendant ce temps, les mosquées de Tall Hassel et Tall Aren, sous contrôle des djihadistes, annonçaient sans cesse que les biens et les femmes kurdes sont « halal », appelant ainsi au viol et au massacre, selon des sources locales. Plusieurs femmes auraient été violées tandis que des milliers de civils auraient du fuir vers le désert pour sauver leur vie. Contre les chiites Le 8 février 2013, neuf personnes, dont des femmes, des enfants et un imam ont été tués dans une attaque à la roquette contre une mosquée chiite d’Alep. Contre les Ezidis de Ras ul Ayn (Sereqaniye) D’après une dépêche de l’agence kurde Firatnews datée du 21 août 2013, une attaque de groupes rebelles a visé le village d’Assadiya dans la région de Sereqaniye au Nord de la Syrie. Ce village est peuplé de la minorité kurde ezidie. Les habitants de ce village disent avoir été menacés d’extermination s’ils ne se convertissaient par à l’Islam. Le 17 août, des groupes liés à Al Qaïda ont assassiné les frères Eli Biro et Murad Biro, forçant les habitants à se réfugier dans le village de Çava. D’après Mme Sema Nuri, son époux dénommé M. Sado Biro a été enlevé vers 1h de la nuit par des hommes se déplaçant en voiture et en moto. Son mari aurait été torturé et assassiné. Les assassins auraient ensuite envoyé à Mme Nurile corps de son mari. L’un des témoins, Eywan Biro, dit que l’attaque des rebelles est motivée par le fait qu’ils ne soient pas musulmans. Après l’attaque du village d’Al Assadiya, les rebelles auraient ensuite attaqué le village de Çava où s’étaient retranché les rebelles. La population ezidie a finalement dû fuir vers le village de Tel Sexir. Exécutions sommaires C’est une pratique courante dans les zones contrôlées par les rebelles. La justice est appliquée par des tribunaux chariatiques ou par des justiciers autonomes improvisés. Depuis le début du conflit, les groupes terroristes exécutent systématiquement leurs prisonniers, violant ainsi les lois élémentaires de la guerre. Le simple fait d’appartenir à une communauté non sunnite ou pas assez sunnite peut valoir une condamnation à mort. L’Etat islamique d’Irak et du Levant, un groupe terroriste affilié à Al Qaïda, a fait de l’exécution publique l’une de ses principales activités. Raqqa Deux hommes ont été exécuté sur la place al Na’im de Raqqa par les combattants de l’EIIL au motif qu’ils étaient alaouites. D’après l’OSDH, une femme aurait invectivé les bourreaux qui lui ont répondu : « les apostats noussayri ont violé nos femmes ». Sur quoi elle aurait répondu : « Vous êtes les apostats et nous sommes tous Syriens. » Le 14 mai, l’EIIL a exécuté 3 hommes sous prétexte qu’ils étaient des soldats loyalistes. Il est apparu que les deux hommes étaient des alaouites du village d’al Achrafiya du Nord de Homs. L’un est un médecin dénommé Moustafa Al Jani et l’autre est un enseignant dénommé Iyad Nofal. Cette information a été signalée par l’OSDH et provient d’activistes de Homs. Idlib Le 23 juin, les brigades de l’EIIL ont décapité le père franciscain Franco Mourad à Al Ghassaniya près de Jisr Al Choughour dans le gouvernorat d’Idlib. Deux autres moines ont été exécutés avec lui. Alep Une vidéo diffusée le 18 août montre l’exécution de deux enfants chiites par les l’Etat islamique d’Irak et du Levant dans le Nord d’Alep : _ http://www.syriantube.net/6210.html D’après des activistes anti-régime, fin aôut 2013, l’EIIL a tué 2 personnes près du village de Douweirina non loin de l’aéroport d’Alep au motif qu’ils seraient des agents du régime. En province d’Alep, début septembre, le Conseil de la charia d’Alep a exécuté un homme dans le quartier de Mashhad. Il était accusé d’être un « chabbiah » du régime. Des activistes de l’OSDH ont été témoins de l’exécution. Ils ont tenté de l’enregistrer mais ils en ont été empêchés par des hommes armés. _ Voir vidéo : http://www.youtube.com/watch ?v=5KafcL0HkPA&feature=youtu.be Des membres de ce tribunal religieux ont été aperçus en compagnie d’un autre détenu dans le quartier de Sukkari. Sur base de la même accusation, il aurait été exécuté. Le corps d’un jeune chirurgien syrien, Mohammad Abyad, employé par l’ONG Médecins sans frontières (MSF), a été retrouvé sans vie le 3 septembre 2013, après son enlèvement dans le village de Séjou, dans la province d’Alep. Selon des ONG affiliées à la rébellion, le chirurgien de MSF, Mohammad Abyad, aurait été tué par les milices de l’ « État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) lié à Al-Qaïda. Hassaké Le 7 juillet 2013, les frères Firas et Saleh Sadik originaires de Salahaddine à Alep ont été tués dimanche 7 juillet 2013 à Tall Tamr, une agglomération située à mi-chemin entre Ras Al ’Ain et Hassaké, non loin de la frontière turque. Ils se trouvaient là pour acheter des vivres et les ramener à Alep. Leurs corps ont été retrouvés au bord de la route par un vieillard de Tall Tamr, une localité contrôlée par le Front Al Nosra. Les témoins disent que c’est d’abord Saleh qui a été tué d’une balle dans la tête. Son frère Firas a voulu s’interposer mais il a été mitraillé sur tout le corps. Le 6 août 2013, une vidéo fait surface. On y voit trois Kurdes aspergés de carburant par des hommes masqués et brûlés vifs. L’exécution par immolation aurait eu lieu du côté de Tell Abyad. Hama Mohamad al-Hamada, poète local de la cité dissidente de Kafr Zita, connue pour sa forte hostilité au régime Assad, a été tué le jeudi 5 septembre par des membres de l’EIIS après que l’écrivain ait simplement demandé des nouvelles de son fils, vraisemblablement enlevé puis exécuté par l’EIIS. Tué d’une balle dans la tête, les hommes de l’EIIS se sont ensuite acharnés par deux autres balles dans le corps. Damas Le 2 août dernier, cinq membres d’une famille favorable au régime de Bachar-al Assad ont été assassinés par des hommes armés dans le nord de Damas a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). "Un homme, sa femme et ses trois filles ont été tués par des inconnus dans leur maison de Roukneddine", un quartier huppé du nord de Damas, a précisé l’organisation, qui s’appuie sur un large réseau de militants à travers le pays. Leur fils, âgé de huit ans, a survécu au carnage en se cachant dans la sallede bain. Une des filles était lycéenne et les deux autres étudiantes à l’université. La famille, qui était alaouite, venait de la province de Lattaquié. Tortures La rébellion syrienne disait être née en réaction à la brutalité du régime. Cependant, au lieu d’éradiquer la torture, elle se l’est appropriée comme moyen de combat. Début mars 2013, Abdoulhamid Mamoun est torturé en pleine rue par des miliciens de l’ASL. Toujours vêtu de jaune, le vieillard est connu de toute la ville. Se faire prendre en photo avec lui était une véritable attraction pour les touristes qui visitaient la grande ville du Nord. Il a été torturé en pleine rue, poils de la moustache arrachés, coups sur le visage. Ils l’ont forcé à insulter le président syrien, sa famille, à dire son amour pour l’ASL et son aversion envers les alaouites. Dans une vidéo diffusée le 18 août 2013, on aperçoit deux soldats loyalistes torturés pendant leur interrogatoire : https://www.youtube.com/watch ?feature=player_embedded&v=4gYiSCGvJ7A Le premier bourreau demande compulsivement à l’un des prisonniers : De quelle confession es-tu ? Le soldat capturé a à peine le temps de répondre "alaouite" qu’il reçoit un coup au visage, puis deux gifles. Quelle confession ? insiste le bourreau. "Alaouite" répète le prisonnier. La victime est à nouveau roué de coups. Il se redresse. Le deuxième bourreau s’y met : Nous n’avons pas bien entendu. Répète ! La victime guère soumise dit encore : "Alaouite". Nouveaux coups au visage. Je jure par dieu que nous allons tous vous brûler avec la maison des Assad, peste le deuxième bourreau... Exécutions de masse Massacre anti-chiite de Hatlah à Deir Ez Zor Mercredi 12 juin, les mercenaires du Front al Nosra ont attaqué le village isolé de Hatlah près de Dair Az Zor dans l’Est de la Syrie au seul motif qu’il est peuplé de musulmans chiites. Ils y ont massacré une soixantaine de villageois, jeunes, adultes et vieillards. "Montrez-moi les corps de ces chiens chiites" demande le cameraman aux tueurs qu’il filme avec leurs trophées : http://www.liveleak.com/view ?i=87e_1371027252 Massacre des alaouites de Lattaquié Le 4 août dernier, onze villages alaouites de la région de Lattaquié ont été envahis par des groupes armés liés au Front al Nosra lors d’une opération baptisée « bataille de la libération de la côte ». En quelques heures, une soixantaine de villageois ont été torturés, fusillés ou égorgés dont plusieurs nourrissons. Un nombre indéterminé de femmes et d’enfants ont également été raflés par les groupes terroristes (http://www.youtube.com/watch ?v=I8_5sEPGeHk) D’après un bilan non officiel, 341 alaouites auraient été tués ou enlevés au cours de cette opération. Mercredi 21 août, l’armée découvre une fosse commune dans le Nord de Lattaquieh. Les victimes seraient originaires des villages de Blata et Hambouchiya. Le médecin légiste qui avait autopsié les dépouilles de la fosse commune a indiqué qu’elles appartiennent à des enfants, hommes et femmes putréfiés, soulignant que ces citoyens massacrés ont été égorgés, poignardés ou exécutés par balles par les groupes rebelles. http://www.youtube.com/watch ?v=XjHYfwRD23w Par ailleurs, des sites proches de la rébellion confirment que plus de 50 alaouites ont été massacrés entre le 8 et le 18 août dans le Sud de Salma. Il est question de viols, de tortures et d’exécutions sommaires. Groupe incriminé : Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL). Homs Assassinat de Chrétiens sur la route Homs-Beyrouth Le quotidien libanais al-Diyar a rapporté le 19 août 2013 qu’un groupe de takfiristes a arrêté onze membres de familles chrétiennes qui étaient en partance de Homs pour le Liban à bord de véhicules. Lorsqu’ils se furent assuré qu’il s’agissait de familles chrétiennes, les takfiristes les firent descendre de voiture et les égorgèrent. Les chrétiens de Homs se seraient réfugiés à l’Archevêché de la ville et se sont enfermés dans les bâtiments qui se trouvent encerclés d’hommes armés de machettes et de poignards essayant de défoncer les portes pour pénétrer dans l’archevêché. Plus de 500 personnes se sont retrouvées à l’intérieur des lieux, toutes exposés au génocide et à l’abattage, sauf si une opération de sauvetage exceptionnelle et presque miraculeuse est entreprise. La Croix-Rouge a tenté en vain d’obtenir des assurances des fondamentalistes pour que les réfugiés soient véhiculés dans des voitures de l’Organisation, jusqu’à la frontière libanaise, ce que les takfiristes ont refusé, demandant plutôt à ce que les chrétiens prennent les armes pour combattre avec eux le régime du Président Bashar el-Assad et s’engagent auprès d’eux dans les combats contre l’armée arabe syrienne. Massacre de Maksar al Hessan à Homs Le 9 septembre 2013, le Front al Nosra a massacré 22 personnes dont 16 alaouites à Maksar al Hessan dans la province deHoms (Le Figaro-Reuters, 12 septembre 2013). Les 6 autres victimes sont des bédouins sunnites. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les victimes de Maksar al Hessan étaient toutes civiles et totalement étrangères au conflit Massacre de Khan Al Assal Selon l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH), 51 soldats syriens ont été exécutés par les rebelles après la chute de Khan al-Assal, tandis qu’une centaine sont morts pendant la bataille. L’OSDH a posté une vidéo en ligne qui selon le New York Times "a montré ce qui semblait être un terrain d’exécution, avec des dizaines de corps sans vie gisant contre un mur grêlé d’impacts de balles". Citant des témoins anonymes, l’OSDH a tenu membres du Front Al-Nusra et Ansar al-Khalifa Brigade responsable, affirmant que les combattants avaient exécuté la plupart des soldats du gouvernement qui s’étaient rendus. Le Front Al-Nusra a confirmé sa participation à la bataille et a déclaré que 150 des forces pro-gouvernementales ont été tués en elle, mais n’a pas responsabilité de réclamation pour les exécutions. L’Agence syrienne d’État de Nouvelles arabe (SANA) a annoncé le 27 Juillet que le nombre de morts était de 123 personnes, en majorité des civils. Il y aurait de nombreux disparus. La plupart des victimes du massacre étaient des sunnites loyalistes. Idlib Massacre dans le village Madmouma village Le 26 août 2013, au moins 16 civils dont des femmes et des enfants, ont été tués dans une attaque visant le village d’al-Madmouma par des hommes non identifiés. Ce village se situe à l’Est de la ville de Ma’arat al Nu’man. Les habitants et témoins de la vidéo affirment que le mouvement islamique Ahrar al Sham était responsable de l’attaque. L’OSDH a reçu un démenti de la part de ce mouvement qui au passage menace de donner une leçon à ceux qui les accusent d’avoir commis ce crime et qui ont apposé leur logo sur la vidéo du crime à l’insu de ladite organisation. L’un des rebelles accuse l’Armée syrienne libre d’avoir commis ce crime. Les victimes seraient d’après les témoins une famille pauvre de réfugiés qui vendait de la ferraille pour survivre. http://www.youtube.com/watch ?v=mY4UbDFsdPw&feature=youtu.be http://www.youtube.com/watch ?v=0oyisyQuXSg&feature=youtu.be Massacre des Chrétiens de Maaloula Le 4 septembre vers 3h30 ou 4h du matin, une voiture a foncé sur un barrage de l’armée. Le kamikaze a d’abord tiré sur les soldats avant d’actionner ses explosifs. L’attaque a coûté la vie à une vingtaine de miliciens des comités populaires qui défendaient le village. Les deux uniques survivants de l’attaque ont été décapités. Puis les terroristes ont investi les premières maisons du village. Ils sont d’abord entrés chez Abou Aala al Haddad, un chrétien revenu de Zahlé au Liban pour passer quelques jours de vacances dans son village natal. Ses agresseurs lui ont sommé de se convertir à l’Islam. Ils ont cassé les croix et les icônes. Puis, ils ont tout saccagé dans la maison. Avant de l’abattre, ils lui ont dit : "Nous menons la guerre sainte contre les Croisés". Les terroristes sont ensuite entrés dans la maison voisine habitée par Jamilé Oum Mahfouz une veuve et par sa fille. Elle a un fils qui est porté disparu depuis plusieurs mois. La maman avertit sa fille : "Fais-toi passer pour une musulmane pour qu’ils ne t’enlèvent pas". Quand ils sont entrés, les terroristes ont hurlé :"Jina Aleykoun ya Kouffar" ("Nous voilà les impies", sous entendu, "vous êtes cernés"). Ils traitèrent la mère et sa fille d’adorateurs de la croix. Ils prirent la croix qui trônaient dans la maison et l’ont brisée. La mère et sa fille ont ensuite été emmenées vers l’inconnu. Les terroristes se sont ensuite arrêtés devant la statue de Saint-Georges qui trône devant le monastère qui porte son nom. Pour le moment, nous disposons de la liste de 4 civils exécutés et de 7 disparus : Ilyas Damoune : enlevé Jihade Saalab : décapité au couteau Mihail Antonio Saalab : décapité Sarkis Habib Al Soukhn : exécuté par balles Antoine Lauzarios Saalab : décapité et le corps mutilé Moussa Chmays : enlevé Chadi Saalab : enlevé Georges Dawoud Hilani et son épouse (enlevés) Jamilé Mahfouz et sa fille (enlevées) Enlèvement et séquestration de civils Enlèvement de religieux chrétiens à Alep Le 22 avril 2013, deux prélats de la ville d’Alep, le métropolite Paul YAZIGI, métropolite d’Alep pour les grecs orthodoxes d’Antioche et frère de Sa Béatitude le Patriarche Jean X, primat de l’Église orthodoxe d’Antioche, et Mgr Youhanna IBRAHIM, évêque d’Alep pour les syriaques orthodoxes, ont été enlevés lundi soir près d’Alep, par un groupe armé non identifié, alors qu’ils s’apprêtaient à négocier la libération d’un nombre de prêtres de la région d’Alep enlevés depuis un certain temps. Lundi 29 juillet 2013, le père jésuite Paolo Dall’Oglio est enlevé à Raqqa, ville aux mains de l’EIIL. On ignore s’il est mort ou vivant. Enlèvement d’arméniens à Alep Vendredi 26 juillet 2013 -Après l’assassinat d’une famille arménienne, jeudi 25 juillet, durant leur exode vers Lattaquieh, nous apprenons qu’aujourd’hui vendredi, quatre hommes arméniens ont été enlevés avec le chauffeur d’un bus, à la sortie nord de la ville d’Alep à proximité de la frontière turque ; Les malheureux cherchaient à rejoindre Yérévan la capitale de l’Arménie. En revanche, leurs épouses ont été conduites par les rebelles du Front al-Nosra vers la ville turque deKillis. Les quatre hommes enlevés sont Karikine Hatzakorzian, Karou Baboughalian, Narik Fardjabidian et Sakou Assadourian. On s’interroge sur les raisons de telles actions par les rebelles du Front al-Nosra contre les arméniens qui ne seraient pas plus de50000 à vivre en Syrie. Enlèvement de centaines de Kurdes à Alep Un bataillon de l’EIIL a capturé 30 Kurdes dans la ville de Qabasseen située dans la région d’Alep le 9 septembre dernier. L’EIIL a réalisé une vidéo où ces Kurdes déclarent faire défection du parti « mécréant » PKK et de se tourner vers l’Islam. Fin juillet, les miliciens du Front Al Nosra et de l’Etat islamique en Irak et au Levant ont kidnappé près de 200 Kurdes à Tal Aran et à Tal Hassel. Le 1er septembre 2013, un groupe lié à l’Etat islamique de l’Irak et du Levant (EIIL) a relâché à A’zaz 20 Kurdes syriens enlevés quelques jours plutôt tôt à Afrin. Au moment de leur enlèvement, les voyageurs se trouvaient dans un bus qui se rendait à Qamishli. Les otages se sont plaints d’avoir été maltraités et torturés. Leurs ravisseurs auraient torturé puis exécuté le chauffeur. Les activistes de la zone affirment que plus de 50 civils kurdes syriens sont toujours détenus par leurs ravisseurs. Viol et esclavage sexuel Fin mars 2013, le cheik salafiste Yassir Al Ajlawni,un Jordanien qui a vécu à Damas (Syrie) dix-sept ans, a publié une vidéo sur YouTube dans laquelle il déclare qu’il se préparait à rendre publique une « fatwa légitime » qui légalisera l’esclavage sexuel avec toutes les femmes non-sunnites. Il cible en particulier les alaouites et les druzes. Ses femmes sont décrétées moulk al yamin, la marchandise de la main droite. D’après l’agence de presse vaticane Fides, une fille s’appelant « Mariam » a été kidnappée après que sa famille ait fui Al Qoussair, une ville stratégique occupée par des militants extrémistes de Jabhat al-Nusra et l’Armée syrienne libre. Le commandant du bataillon a en premier épousé la jeune chrétienne, avant de la violer et de la répudier. Le lendemain et les 14 jours qui ont suivi, Mariam a été forcée d’épouser chaque jour un autre militant qui l’a violée et répudiée immédiatement après. Ces sévices ont totalement détruit psychologiquement la jeune chrétienne qui s’est finalement donné la mort. Selon l’agence Akher Khabar citant l’avocat tunisien Badis Koubadji, l’Association de secours aux Tunisiens à l’étranger, a affirmé qu’il existe 800 familles tunisiennes (dont une majorité de femmes) vivant à Edleb. Parmi elles, on dénombre, aujourd’hui, 1000 filles qui pratiquent le djihad nikah.« Dès qu’elles arrivent dans les camps des combattants islamistes, elles sont accueillies en grande pompe et une ‘‘zeffa’’ (cérémonie) est organisée à leur honneur. Ces jeunes femmes se mettent tout de suite au service ‘‘thouars’’ (révolutionnaires) et prêtes à consommer. 6 hommes se relayent souvent sur une seule femme tous les jours », raconte le président de l’Association de secours aux Tunisiens à l’étranger. Lors de la rencontre périodique avec la presse, à la présidence du gouvernement à la Kasbah, le mufti de la république Othman Battikh a précisé que ceux qui se rendent aujourd’hui en Syrie sont payés et instrumentalisés au nom du djihad. « La guerre en Syrie ne nous concerne ni de près ni de loin... Et le djihad de Tunisiens en Syrie nous cause beaucoup d’embarras, nous et nos frères syriens. Hier, les jeunes émigraient clandestinement en Italie, aujourd’hui, ils ont changé de destination et, moyennant finances, ils se dirigent vers la Syrie. Je tiens aussi à préciser que ceux qui font des fatwas, pratique étrangère à nos traditions, arrivent aujourd’hui, malheureusement, à influencer les familles et à faire envoyer leurs enfants au djihad », a-t-il prévenu. Recrutement d’enfants soldats Ce phénomène est très répandu dans les camps rebelles. De nombreux adolescents musulmans vivant en Europe ont été recrutés via Facebook, dans les mosquées ou dans les rues durant des « streetda’wa ». Parmi les recrues, on compte de nombreux mineurs d’âge. Plusieurs ONG ont dénoncé l’enrôlement de ces jeunes. Destruction de lieux de culte Plusieurs lieux saints ont été délibérément détruits par les groupes armés syriens anti-régime inspirés par une idéologie prônant le rejet et la guerre contre les autres croyances, leurs symboles et leurs fidèles. Les populations les plus exposées à cette terreur confessionnelle sont les minorités syriennes telles que les chiites, les alaouites et les chrétiens. Pillage et destruction du sanctuaire de Saint Maron Samedi 12 janvier 2013 -12h45 – D’après le Curé de l’Eglise de Brad qui se trouve à 10 km de la Basilique Saint Siméon (Qala’at Sima’an), le sanctuaire qui abrite le tombeau de Saint-Maron, patron de l’Eglise Maronite, a été pillée et la Statue du Saint a été totalement détruite. Les huit chambres destinées à recevoir les pèlerins maronites ont été complètement saccagées. Les miliciens takfiris de l’Armée syrienne libre (ALS) ont martelé toutes les croix taillées sur les linteaux. Le sarcophage de Saint Maron a aussi été pillé et détruit. Durant le mois d’août dernier, les groupes takfiris sont parvenus à pénétrer dans le Nord de Lattaquié, une zone majoritairement peuplée d’alaouites. Une dizaine de villages alaouites ont été détruits et pillés au passage des prétendus conquérants musulmans. Durant cette razzia, le mausolée (ziyara) du cheikh Nabhan, considéré comme un saint par la communauté alaouite, a été profané et détruit par ces groupes takfiris : http://www.youtube.com/watch ?v=CdAgrmDkluo Profanation de l’église Saint-Elias à Qoussair Deux prêtres cités par l’agence Fides, Fr. Issam and Fr. Elias, ont recueilli plusieurs témoignages d’atrocités commises par les groupes rebelles à Al Qoussair. Ils signalent que l’église Saint-Elias a été saccagée par les militants de Jabhat al Nosra. Bombardement d’une église arménienne à Damas Le 26 août, tirs de roquettes sur l’église arménienne de Bab Charqi à Damas. La coupole de l’église endommagée. On dénombre 15 blessés dont le gardien de l’église et au moins un mort. Source : BFMTV, samedi 7 septembre 2013 L’Etat islamique de l’Irak et du Levant a bombardé la mosquée chiite Al Chadaadi dans le rif de Hassaké. Discriminations sectaires Envers des réfugiés turkmènes alévis Les autorités turques pratiquent systématiquement une discrimination entre les réfugiés fuyant le conflit syrien. C’est ce que révèle la presse turque après la découverte de dizaines de familles turkmènes alévies forcées de vivre dans des parcs publics ou dans la rue. Ces familles disent ne pas avoir pu bénéficier de l’aide humanitaire fournies par le gouvernement d’Ankara. Par ailleurs, elles se cachent pour ne pas subir les représailles de la part de leurs compagnons d’infortune sunnites. Leur existence a été découverte par des citoyens turcs qui ont été alertés par le comportement suspect de certains de ces réfugiés. Un jeune par exemple se baladait avec une veste à manches longues en pleine canicule. On comprit par la suite que ce jeune cachait son tatouage, un Zulfiqar, sabre de l’imam Ali adoré par la communauté alévie. Ignorées de tous, plusieurs familles turkmènes alévies ont finalement été hébergées dans le Centre culturel alévi « Pir Sultan Abdal » de Sultangazi à Istanbul. Envers les non musulmans Le conseil juridique unifié de l’opposition syrienne, dont le siège se situe au quartier Al-Ansari à Alep a annoncé dans un avis portant le numéro 23 sur « l’interdiction de s’abstenir de jeûner le mois
 de ramadan sans aucune raison valable, et rappelle que la loi pénale arabe 
unifiée adoptée doit être appliquée par le conseil, et cette loi est puisée de
 la charia islamique. Sur ce, quiconque s’abstient de jeûner et l’affiche 
publiquement sera condamné à un an de prison ». Toutefois, le même conseil
 a exclu de cette « fatwa » les combattants qui constituent « un 
cas exceptionnel », les appelants à ne pas afficher publiquement leur
 rupture du jeûne. Terreur entre groupes terroristes L’Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL) poursuit l’enlèvement de citoyens, notamment de média ctivistes parmi lesquels Abdullah Al Khalil, avocat et figure de l’opposition. L’EIIL a bombardé le QG de la Brigade des « descendants du prophète », près du quartier de Mahattat al-Qitaar (gare ferroviaire), dans la ville de Raqqa. Les combattants takfiri ont utilisé une voiture piégée pour endommager les locaux. Une confrontation armée a opposé les deux groupes. CONCLUSION Le présent document est un simple aperçu des atrocités commises au quotidien par les groupes rebelles en Syrie. Il ne reprend que des actes récents datant de cette année et s’arrête au 15 septembre 2013. Nous allons bientôt produire un document exhaustif reprenant tous les crimes terroristes commis en Syrie depuis le début de la révolte contre le gouvernement du président Bachar Al-Assad. A l’aune de ces informations, nous pensons que la communauté internationale doit encourager l’entame des pourparlers entre le gouvernement syrien et l’opposition et mettre sur pied un dispositif de réconciliation entre Syriens. C’est à notre avis, l’unique issue de la guerre qui depuis 30 mois détruit la Syrie, son peuple et sa civilisation. Institut international pour la paix, la justice et les droits de l’homme (IIPJDH) 16 septembre 2013 http://iipjhr.com/index.php ?option=com_wrapper&view=wrapper&Itemid=71&lang=fr Documents joints Génocide anti-alaouite dans 12 villages de Lattaquieh – 4 août 2013 (PDF - 247.2 ko)

samedi 21 septembre 2013








L’écheveau du Moyen-Orient : une opinion arabe




Par Ghada El-Yafi | le18 septembre, 2013 - 19:40

Le Moyen-Orient apparaît à tout observateur étranger comme un écheveau touffu. Essayons d’en démêler les fils.



A propos de l'Auteur


Docteur, analyste à Beyrouth.

Le Moyen-Orient apparaît à tout observateur étranger comme un écheveau touffu. Essayons d’en démêler les fils. Le séisme politique, amorcé par une gifle assénée par une femme-policier à un jeune tunisien indigent et sans défense qui tentait de gagner sa vie, a fait exploser des frustrations enfouies profondément dans le subconscient des populations arabes, accumulées au cours des années et devenues intolérables, tout comme la pression sous-jacente du mouvement de l’écorce terrestre finit par engendrer un tremblement de terre.
Soudain le citoyen arabe s’éveille. Il réalise que son pays ne répond pas à ses aspirations. Ayant franchi le pas de la peur, il descend dans la rue et décide de prendre son avenir en main. Il se révolte contre l’injustice, contre l’humiliation, il se révolte contre l’ingérence étrangère qui corrompt des dirigeants sans scrupules, contre les prises de position arbitraires des deux poids deux mesures, contre l’indifférence devant les souffrances des Palestiniens, contre le soutien de régimes totalitaires ; la liste est longue. En un mot, il se révolte pour sa dignité.
Parallèlement, émergent des groupes à idéologie politico-religieuse, soutenus par des pouvoirs financiers et politiques immenses, qui s’appliquent à modifier le visage de l’Islam, modéré et tolérant qui a prévalu durant des siècles dans tout le « Croissant fertile ». Il s’agit du wahhabisme (pour en savoir plus, lire Les égarés de Jean-Michel Vernochet), du sionisme, du takfirisme. Leur idéologie repose sur le refus de « l’Autre », refus qui peut aller jusqu’à son élimination. Le but proclamé est un État exclusivement compatible avec leur idéologie. Ainsi se sont développés des mouvements qui poussent les groupes ethniques ou confessionnels d’un même pays à s’entre-tuer. Les capacités financières de ces groupes viennent principalement des pays du Golfe, le Qatar et l’Arabie saoudite. Ces groupes favorisent la dislocation des pays arabes de l’intérieur, ce qui peut conforter le projet du « nouveau Moyen-Orient ».
Considérons maintenant les éléments de base du conflit. L’implantation d’Israël en Palestine, où vivaient côte à côte non seulement Chrétiens et Musulmans, mais aussi Juifs, en toute quiétude depuis des siècles, était une injustice ressentie par tous les Arabes au plus profond d’eux-mêmes. Cette initiative, considérée comme irrégulière a créé une attitude hostile envers ce nouvel État et aussi envers l’Occident, surtout les États-Unis qui utilisaient leur droit de veto sans retenue.
Nulle presse occidentale n’ose plus exposer au public les humiliations quotidiennes que font subir les Israéliens aux Palestiniens : colonisations expansives, lois arbitraires, destruction d’habitations, confiscations de biens, interdiction d’utiliser certaines routes réservées aux seuls Juifs…! Les Arabes savent bien que l’Occident ne défend pas vraiment les droits de l’Homme mais plutôt ses intérêts propres.
Le Liban, où s’affrontent les protagonistes en période de crise, ceux qui suivent la politique occidentale, et par conséquent israélienne et ceux qui soutiennent la résistance, est dans l’œil du cyclone. La population libanaise, en particulier celle du Sud a beaucoup souffert des exactions israéliennes qui multipliaient les incursions à l’intérieur des frontières libanaises, détruisaient, enlevaient, assassinaient… sans que l’État libanais puisse intervenir. Ajoutons à cela, l’occupation du tiers du pays pendant 22 ans, sans que l’Occident soucieux de justice et de droit y trouve à redire. Trop faible pour y faire face, car doter l’armée de matériel suffisant pour défendre le Liban est prohibé de fait, la « Résistance » s’en est chargée. Créée à partir des diverses composantes des partis libanais, ceux-ci ont été progressivement remplacés par le Hezbollah, plus organisé, plus crédible. N’a-t-il pas fait ses preuves sans les années 1996, 2000 et 2006 ?
Sans reprendre l’histoire de l’Iran, rappelons simplement que dès que l’Ayatollah Khomeini a pris le pouvoir, il a remplacé l’ambassade d’Israël par celle de la Palestine. Motif purement religieux : Jérusalem et la Palestine sont des terres « usurpées » et le devoir religieux (djihad) invite à se battre pour les reprendre. Ses relations avec le Hezbollah libanais sont d’ailleurs essentiellement d’ordre religieux.
L’Irak, déchiqueté par les conflits confessionnels, laissé exsangue après le départ des envahisseurs avec son lot de naissance d’enfants malformés, l’accroissement des taux de cancer consécutifs à l’utilisation par les Américains d’armes à uranium appauvri, ne parvient pas à se relever des ravages causés par 13 années d’embargo économique total et ceux causés par l’invasion de la coalition. Il reste malgré tout dans le camp résistant. Et les États-Unis ?
Après l’Irak où ils avaient fait leurs « preuves » en matière d’éthique, et après avoir installé les Frères musulmans au pouvoir, non sans accords préalables, les voilà au point mort. M. Morsi a accumulé tant de gaffes durant l’année de sa présidence que toute l’Égypte est sortie dans la rue, y compris ceux qui avaient voté pour lui ! Les Américains avaient cru que les Musulmans, majoritaires dans les pays arabes, allaient être satisfaits. C’est mal connaître, et les Musulmans et les Arabes. Une fois que la liberté a effleuré le bout de leur nez, plus personne ne peut les enfermer à nouveau !
La Syrie, par sa politique étrangère, se distingue des autres pays arabes qui ont fini par se plier à l’ouverture sur Israël, laissant la cause palestinienne dans les tiroirs. Certes, l’opposition avait des griefs contre l’État. Certes, comme dans tous les autres pays arabes la corruption règne. Certes, certes, mais pas plus que l’Arabie saoudite, pas plus que la Jordanie, pas plus que le Maroc ou le Koweït. Mais la Syrie, elle, a refusé tout compromis sur la question palestinienne. Voilà pourquoi les wahhabites, sionistes, takfiristes se sont alliés pour envoyer leurs parias, faire le djihad en Syrie. Parias, parce que la plupart sont des repris de justice, sortis des prisons à condition de combattre le régime syrien.
L’opposition politique, n’est malheureusement plus crédible après s’être laissé endoctriner à l’extérieur par les États-Unis et l’Arabie, car elle est prête aux compromis refusés par l’État syrien. Un petit mot concernant les Palestiniens : dispersés aux quatre coins de la planète, ils refusent de reconnaître ceux qui discutent avec les Israéliens comme étant leurs représentants. Seul Israël y gagne puisque la Palestine ne représente plus que 2 % de ce qui est dû aux Palestiniens, s’il y avait une justice. Ainsi, au morcellement géographique du monde arabe effectué par les « accords Sykes-Picot », vient s’ajouter le morcellement confessionnel en cours de formation pour compléter le panorama du monde arabe au détriment des intérêts de ses populations. Le dernier mot reste à prononcer. Se plier ou reconquérir dignité et liberté ?
Publié avec l'accord de l'auteure
Revue Défense Nationale.



LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de "Tous fichés" , mercredi 03 mai 2006

Le courrier électronique est-il discret ou non ?

Jacques Henno : Non. Tout courrier électronique qui circule sur Internet peut être intercepté par des tiers qui le veulent. On estime par exemple que la majorité du courrier électronique échangé dans le monde transite par les Etats-Unis. On est à peu près sûr que la NSA (National Security Agency), l'agence de surveillance électronique américaine, intercepte les courriers électroniques qui transitent par les Etats-Unis.

vendredi 20 septembre 2013



Le gouvernement français persiste à vouloir soutenir les djihadistes et intervenir militairement en Syrie.
Pour cela l'Union Nationale des Étudiants Syrien en collaboration avec la Communauté syrienne et le soutien de La Voix de la Syrie.com, 
organise une manifestation ce samedi 21 septembre de 15 heures à 18 heures place Saint-Michel

Venez nombreux et apportez vos drapeaux, affiches et tracts
20 septembre 2013
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Le 19 août, les organisations paysannes colombiennes ont lancé une grève nationale massive. Elles ont bloqué les routes, déversé du lait sur les voitures et pratiquement stoppé la production alimentaire à destination des villes. Le problème ? Les moyens d'existence de ces agriculteurs sont radicalement remis en cause par les politiques du gouvernement.

MISE A JOUR - 6 septembre 2013
Le gouvernement colombien vient d’annoncer la suspension de la Résolution 970 qui avait soulevé un tollé général au cours des dernières semaines grâce à l’énorme mobilisation paysanne lancée le 19 août. Cette résolution, adoptée en 2010 et appelée quelquefois Loi 970, faisait interdiction légale aux agriculteurs colombiens de conserver les semences, afin de permettre aux entreprises privées et aux transnationales de s’attribuer le monopole de ce marché.
La Résolution 970 sera suspendue pour une période de deux ans  ; cette mesure ne s’applique qu’aux semences produites dans le pays, et non aux semences importées. Le gouvernement indique qu’il profitera de ces deux ans de suspension pour établir de nouvelles règles sur un usage des semences « qui n’affecteraient pas les petits agriculteurs  ».
Il ne s’agit donc PAS d’un changement de politique, mais simplement d’une déclaration publique émanant du gouvernement. Les gens attendent de la voir écrite dans un document ayant force juridique et continuent de réclamer que la Résolution soit abrogée.
Sources (en espagnol)  :

L'État ne fournit presque aucun soutien au secteur de la petite agriculture.1 Au lieu de cela, l'Etat adhère à un modèle économique et social qui sert les intérêts d'une riche élite minoritaire. Les Accords de libre-échange (ALE) signés récemment avec les États-Unis et l'UE entraînent un dumping par rapport aux producteurs colombiens, qui ne peuvent pas rivaliser avec les importations subventionnées.2 Le gouvernement colombien a activement favorisé l'accaparement des terres par des grandes entreprises, dont beaucoup sont étrangères (Monica Semillas du Brésil, Merhav d'Israël, Cargill des États-Unis), afin de promouvoir une agro-industrie orientée vers l'exportation au détriment d'une agriculture familiale orientée vers la souveraineté alimentaire.
Mais les manifestants ont fait valoir que le secteur agricole a besoin d'un réel soutien, notamment sous la forme d'un accès à la terre et d'une baisse des coûts de production. Sinon, les cultivateurs colombiens de pommes de terre et de café, les producteurs de produits laitiers et de viande, sans compter les petits pêcheurs, ne seront pas en mesure de suivre. Ils sont en train d'être expulsés et exterminés.
Le dos au mur, les agriculteurs ont engagé un mouvement de mobilisation dans une partie du pays en juin, qui s'est développé et transformé en une action nationale coordonnée pour le mois d'août. La grève des agriculteurs a été rapidement soutenue par d'autres secteurs : les travailleurs de l'industrie pétrolière, les mineurs, les camionneurs, les professionnels du secteur de la santé et d'autres. Le 29 août, une dizaine de jours après le début de la grève, plus de 20 000 étudiants ont rejoint le mouvement et bloqué la capitale, Bogotá.
La réponse du gouvernement a été chaotique et contradictoire. Les forces de police ont violemment réprimé et blessé un grand nombre de manifestants, sans parler des journalistes. Plus de 250 personnes ont été arrêtées, notamment un important dirigeant syndical, Hubert Jesús Ballesteros Gomez, principalement sur de fausses accusations. Un certain nombre de personnes ont perdu la vie dans les deux camps. À un moment, le gouvernement a reconnu que les griefs des agriculteurs étaient fondés et a proposé quelques concessions. À un autre, il a affirmé que le mouvement était infiltré par les FARC. Le président Santos est même allé affirmer à la télévision que « la grève des paysans n'exist[ait] pas. » Le lendemain, il a été filmé depuis un hélicoptère, inspectant les affrontements et les gaz lacrymogènes qui envahissaient les rues de Bogotá.
La mobilisation a remporté un grand succès en ouvrant un espace de discussion, de conscientisation, de solidarité et de résistance en Colombie. Les étudiants, par exemple, étaient enthousiastes pour soutenir les agriculteurs et appuyer leurs revendications. Ils se sont rassemblés bruyamment contre les OGM et pour la souveraineté alimentaire. Mais ils ont aussi voulu mettre en avant leurs propres exigences en matière d'éducation publique gratuite, ce qui a permis à la mobilisation d'aller dans le sens d'une vague de pression sociale plus large visant à changer les politiques actuelles de la Colombie, sans se cantonner aux préoccupations paysannes.
La Loi 970

La question des semences est devenue très médiatisée. En application de l'ALE signé avec Washington, ainsi que de celui signé avec Bruxelles, Bogotá a l'obligation d'assurer des droits de monopole légal sur les semences vendues par des sociétés américaines et européennes à titre d'incitation pour leur permettre d'investir en Colombie. Les agriculteurs qui sont pris à vendre des semences de ces variétés conservées à la ferme, ou simplement des semences indigènes qui n'ont pas été officiellement enregistrées, pourraient s'exposer à des amendes ou même à des peines d'emprisonnement.3 Comme cela s'est passé dans de nombreux autres pays à travers le monde, cette criminalisation des droits des agriculteurs et des peuples autochtones de conserver, échanger et vendre les semences met en péril la biodiversité du pays et son patrimoine.
Même s'il est vrai que le gouvernement colombien a évolué dans ce sens depuis de nombreuses années, et a accepté des politiques de ce type dans le cadre de son adhésion à la Communauté andine ou à l'Organisation mondiale du commerce, beaucoup font remarquer que ce n'est que depuis la signature des ALE avec les États-Unis et l'UE que le gouvernement cherche sérieusement à les mettre en œuvre.
L'année dernière, les autorités colombiennes ont pris d'assaut les entrepôts et des camions de riziculteurs dans Campoalegre, dans la province de Huila, et ont violemment détruit 70 tonnes de riz qui, selon elles, n'avaient pas été traitées conformément à la loi. Cette intervention militarisée pour détruire des semences paysannes a choqué de nombreuses personnes, et a amené une jeune militante chilienne, Victoria Solano, à faire un film sur ce sujet. Le film s'appelle « 9.70 » parce que c'est le numéro de la loi adoptée en 2010 qui énonce le droit pour l'État de détruire les semences paysannes si elles ne sont pas conformes.4
Aujourd'hui, grâce à la force, la ténacité et la légitimité de la protestation des agriculteurs, des gens de tous les milieux de la société colombienne discutent de ce film, comme on peut le voir dans les médias, les réseaux sociaux et dans les rues, et demandent pourquoi le gouvernement mène ces politiques insensées.
Soutenez le mouvement
Les agriculteurs colombiens peuvent très bien nourrir le pays, de façon à fournir des emplois et assurer leur dignité et un environnement sain, cela ne fait aucun doute. Mais le gouvernement est trop fermement attaché à un modèle économique qui répond à des intérêts de copinage et ne prévoit aucune place pour les petites exploitations agricoles familiales. Nous devons tous soutenir la lutte agraire populaire en Colombie pour renverser ce modèle. Il n'est pas trop tard.
Une petite action concrète est possible : le film documentaire « 9.70 » - que vous pouvez regarder en ligne en espagnol [ici]- recherche des fonds pour produire une version sous-titrée en anglais afin que davantage de gens dans le monde puissent comprendre ce à quoi sont confrontés les agriculteurs colombiens et les aider à mettre en échec ces politiques.
 
[Vidéo]

 
La plus petite contribution est utile.
 

Allez sur idea.me pour participer. La date limite est le 10 septembre !
Autre action significative, la Coordination latino-américaine de La Via Campesina cherche à lancer des initiatives de solidarité internationale pour soutenir la grève. Allez sur http://goo.gl/9u6RXJ pour en savoir plus. Encore une fois, il est essentiel d'agir rapidement !
Au-delà de la Colombie, la bataille sur des textes de lois similaires sur les semences fait rage en ce moment à un niveau politique très élevé, et à travers la campagne, au Chili ainsi qu'en Argentine. Une des inquiétudes tient au fait que certains des éléments les plus agressifs adoptés par le gouvernement colombien pourraient aussi se frayer un chemin vers d'autres pays d'Amérique latine. La nécessité d'abolir ces lois est donc vraiment urgente !

Pour aller plus loin :

 
· 
   « La historia detrás del 970 », Semana, Bogotá, 24 août 2013
· 
   Julia Duranti, « A struggle for survival in Colombia’s countryside », 30 août 2013
Visitez le site bilaterals.org pour une couverture plus complète (en anglais, français et espagnol) sur la grève générale agraire et la lutte contre la loi 970 dans ce cadre.

Pour plus d'informations sur les luttes autour des lois sur les semences en Colombie, veuillez contacter le Grupo Semillas (« Groupe Semences ») à l'adresse semillas@semillas.org.co ou visitez son site Web : http://semillas.org.co/.


Pour en savoir plus sur la bataille politique qui se déroule actuellement au Chili, veuillez entrer en contact avec Anamuri, l'Association nationale des femmes rurales et autochtones,secretariag@anamuri.cl.
 
Pour plus d'informations sur ce qui se passe en Argentine, veuillez contacter Diego Montón à la Coordination latino-américaine de La Vía Campesinasecretaria.cloc.vc@gmail.com.


1 Près d'un tiers de la population colombienne vit dans les campagnes et près de 60 % des habitants des zones rurales connaissent, dans une certaine mesure, la faim. Voir Paro Nacional Agrario y Popular, Pliego de Peticiones.
2 Les effets n'en sont qu'à leurs débuts, mais ils sont bien réels. Les exportations agricoles américaines vers la Colombie ont grimpé de 62 % au cours de la première année de l'Accord, tandis que les exportations agricoles colombiennes vers les États-Unis ont baissé de 15 %. (Voir USTR, et Portafolio)
3 Pour être enregistrées et certifiées, les semences doivent répondre à des critères d'homogénéité et de stabilité génétique adaptés aux procédés agro-industriels. Cela exclut, par définition, les semences paysannes - ou variétés criollo, comme on les appelle en Colombie - qui ont tendance à être diversifiées, adaptatives et dynamiques. Selon les règles actuelles en vigueur en Colombie, si un agriculteur veut planter des semences criollo, il/elle doit obtenir l'autorisation du gouvernement, ne peut le faire qu'une fois et que sur cinq hectares ou moins, et doit consommer la totalité de la récolte à la maison (il ne peut pas la vendre sur le marché).
4 Voir la page Facebook du film à l'adresse https://www.facebook.com/documental970 et sur Twitter : rechercher #NoMas970.
Au cours des trois ans d'existence de la loi 970 à ce jour (2010-2012), le gouvernement a rejeté ou détruit près de 4 000 tonnes de semences.
 
Source : Grain.org