mardi 6 mars 2012

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Le PRCF, pour quoi faire ?

Identité et perspectives politiques (au format word): Un entretien d’Initiative communiste, mensuel du PRCF, avec Georges Gastaud, secrétaire national.
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(Version mise à jour le 12 février)
Initiative communiste: Peux-tu présenter brièvement le PRCF aux visiteurs de notre site ?

Réponse de G.G.: « Brièvement »… disons que le PRCF cherche à se conformer honnêtement à ce qu’implique son intitulé, « Pôle » (a) de « Renaissance Communiste » (b) en « France » (c):

a) Il s’agit d’abord, non pas d’un parti communiste de plein exercice (cela ne peut résulter d’une auto-proclamation; un parti communiste digne de ce nom, c’est-à-dire l’avant-garde de la classe laborieuse d’un pays donné, a besoin de la triple légitimation de la classe ouvrière de France, du Mouvement communiste international et de la majorité active et consciente de ceux qui se réclament du communisme en France), ni d’une vague association informelle où chacun agit à sa guise pendant qu’un « chef charismatique » décide en fonction de ses ambitions personnelles, mais d’une organisation bien délimitée, s’adressant en priorité au mouvement ouvrier et populaire, démocratiquement centralisée (les orientations du PRCF sont fixées par la conférence nationale sur la base de textes préparatoires discutés pendant des mois dans les organisations locales et départementales: et une fois définies, ces orientations s’imposent à tous, et d’abord aux dirigeants élus), pratiquant un intense travail d’analyse et de proposition politique sur la base d’une analyse marxiste-léniniste de la situation politique ; et quand nous disons « marxisme-léninisme », nous proscrivons le rabâchage de formules canoniques, il s’agit bien pour nous, avec les moyens théoriques et scientifiques forgés par Marx, Engels et Lénine (pour ne parler que des « classiques »), de comprendre les contradictions du monde contemporain pour orienter l’action dans le sens d’une transformation révolutionnaire de la société. C’est pourquoi le PRCF se définit pour le moment comme un pôle visant à fédérer, et si possible à organiser, sur la base d’orientations stratégiques de fond, ceux qui veulent rester, devenir ou redevenir communistes. Il faut penser à un aimant indiquant le nord avec constance dans les circonstances toujours variables de la lutte des classes. A chacun de vérifier par lui-même, en consultant I.C. ou notre site, que le PRCF tient ferme le cap de la lutte pour l’abolition de l’exploitation capitaliste.

b) Le PRCF lutte en outre pour la renaissance communiste: re- « naissance », cela signifie d’abord qu’il faut avoir le courage de faire le « deuil » du parti (l’ainsi-dit « PCF ») qui porte encore le nom du Parti des Fusillés, non pas parce qu’il demeurerait fidèle à leur sacrifice, mais parce que ses dirigeants actuels n’ont pas réussi à abandonner ce nom, et surtout parce qu’en usurpant ce titre glorieux, ces ternes personnages remplissent la mission que leur a fixée la social-démocratie, dont il ne sont plus qu’un satellite électoral : occuper le terrain du véritable PCF afin d’interdire que puisse s’y reconstruire un parti ouvrier de combat. Ce n’est pas, bien entendu, qu’il n’y ait encore de nombreux communistes,- quoique fort minoritaires (les derniers votent internes l’attestent)-, au sein du PCF. D’ailleurs le PRCF laisse ses adhérents libres, en fonction des conditions locales que chacun est le mieux à même d’apprécier (telle organisation du PCF peut-elle être ou non « tirée » sur des positions de classe?), de rester ou pas adhérent du PCF. Mais qu’il soit clair en tout état de cause que l’idée de « remettre le PCF sur les rails de la lutte des classes » n’est au mieux qu’une utopie attentiste, surtout quand elle se double d’un veto dérisoire interdisant aux communistes « de l’intérieur » d’agir avec ceux « de l’extérieur » indépendamment de la direction réformiste. La direction du PCF n’a pas de ces pudeurs de vierge envers les « non-adhérents », elle qui mise sur l’ex-ministre socialiste Mélenchon pour mettre en place son projet de Linke ou de Izquierda unida à la française avec le but, non de liquider franchement le PCF, mais de favoriser son « évaporation » en douceur.

D’autant que la dérive révisionniste du PCF est déjà fort ancienne et qu’elle est la cause principale, sinon la seule, de l’effondrement électoral et organisationnel de ce qui fut longtemps le premier parti français. La dérive du PCF s’est en effet manifestée avec éclat quand ce parti, sous l’influence d’intellectuels révisionnistes qui ont ensuite fui le navire qu’ils avaient naufragé (les Elleinstein, Fizsbin, Juquin…), a successivement radié de ses statuts:

* la dictature du prolétariat (22ème congrès de 1976), abandonnée au profit de « la » démocratie », comme si toute démocratie, dans une société divisée en classes n’était pas forcément démocratique pour la classe au pouvoir et dictatoriale à l’encontre de la classe dominé

* le marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien (23ème congrès, 79), avec ralliement aux théories réformistes et utopiques du « socialisme au pas à pas », de l’ « eurocommunisme » (européisme en fait, anti-soviétisme déchaîné en pratique: rien à voir avec une critique marxiste responsable des dérives au sein du PCUS),

* le centralisme démocratique, la référence à la classe ouvrière, au marxisme, au socialisme, à la socialisation des moyens de production (28ème congrès, 1994);

Entretemps, le PCF a participé en position subalterne à deux gouvernements sociaux-démocrates dont le seul résultat durable aura été de casser la volonté de changement et de remettre en selle la droite dure de Sarkozy et le FN en discréditant le PCF dans des politiques d’austérité et d’euro-privatisation. D’abord de 81 à 84 (3 des 4 ministres « communistes » ont d’ailleurs quitté le parti), puis de 97 à 2002 (Buffet, Gayssot) dans le gouvernement Jospin-Aubry; un gouvernement qui a privatisé plus que les gouvernements de droite précédents, qui a mis en place la funeste monnaie unique et qui a compromis la France dans deux guerres impérialistes (Yougoslavie, Afghanistan) sans que cela provoque le départ de M.-G. Buffet, uniquement préoccupée de traquer le dopage dans le Tour de France (comme dit Lénine, « la souris ne connaît pas d’animal plus dangereux que le chat! ») !

Comme cela ne suffisait pas encore pour aligner le PCF sur les diktats de la « construction européenne » et de l’alliance suicidaire avec le PS, ce fut la « mutation » génétique pilotée par R. Hue (encore un dirigeant « communiste » qui aura quitté le bateau après l’avoir échoué et torpillé…). Le « clou » en fut la participation de Hue, en novembre 97, à la Marche du siècle consacrée au Livre noir du communisme du venimeux S. Courtois; devant des millions de spectateurs, le chef de file du parti « communiste » a crédité l’idée que Lénine n’était qu’un aventurier putschiste, que l’histoire de l’URSS n’était qu’une accumulation de crimes, que Staline était pire que Hitler (étonnons-nous qu’avec ce type de discours, l’extrême droite prospère !) et que le PCF de Thorez et de Cachin n’était au mieux qu’une secte de benêts dangereux pour les libertés. Aujourd’hui, des millions de jeunes croient de bonne foi, -les manuels d’histoire officielle aidant-, que l’URSS (dont De Gaulle déclarait en 66 « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération »!)-, n’était qu’un immense Goulag, alors que ce pays, non sans erreurs ni dérapages parfois lourds a vaincu le nazisme et tenu à bout de bras la première expérience socialiste de l’histoire dans un contexte d’hostilité fanatique du monde capitaliste: exactement comme la France de 1793 a concrétisé, dans un contexte d’encerclement monarchique universel-, la première expérience historique de république démocratique bourgeoise de l’histoire (je ne compte pas pour telle la République esclavagiste de G. Washington). Devant une entreprise de désorientation émanant de ceux qui sont censés défendre le communisme, faut-il s’étonner s’il est aujourd’hui si dur de promouvoir les idées marxistes alors que le capitalisme craque de toutes parts? Et pendant qu’à l’unisson de tous les contre-révolutionnaires, le PCF officiel célébrait lâchement la chute du camp socialiste présentée comme un grand mérite du « camarade Gorbatchev », les fondateurs du PRCF sauvaient l’honneur du communisme français en organisant à leur échelle la solidarité de classe avec les communistes est-allemands, hongrois, baltes, russes, polonais etc. qui faisaient l’objet d’une chasse aux sorcières géante parce qu’ils refusaient de se renier comme l’avait fait la plupart de leurs chefs… Alignement aveugle? Nullement car tout en défendant l’héritage de tous les communistes, tout en avertissant les travailleurs que la DEFAITE de l’URSS signifierait une catastrophe mondiale pour le camp du progrès, les fondateurs du PRCF (qui furent à l’origine de la première Coordination communiste en 1991), ne cessaient pas d’appeler au débat le plus large, SUR DES BASES MARXISTES, à propos de ce qui avait « foiré » dans les ex-pays socialistes!

Bref, faire croire aujourd’hui qu’on pourrait « remettre le PCF sur les rails du combat de classe », -des rails que l’équipe Hue-Buffet a elle-même démontés et bradés au PS depuis des décennies-, c’est négliger un fait majeur que chacun peut vérifier par lui-même; politiquement, l’appareil du PCF est aujourd’hui entièrement dépendant du PS et financièrement, il ne survivrait pas un mois sans le financement de l’Etat bourgeois; en outre, les élus du PCF font la pluie et le beau temps dans ce parti puisque leurs émoluments pèsent plus lourd que les cotisations militantes dans le budget du parti. De plus le PCF s’est embarqué dans le « Parti de la Gauche Européenne », cet appendice de la social-eurocratie, dont M. Pierre Laurent est le président en titre. Un PGE que dénonce le PC de Grèce, fer de lance des luttes communistes en Europe. Quelle pitié que de voir aujourd’hui Laurent et Wurtz défendre, comme leurs « camarades » socialistes-, la funeste monnaie unique alors que la masse des ouvriers de France VOMIT l’euro qui détruit le pouvoir d’achat, lamine l’emploi industriel et agricole, asphyxie les services publics et réduit à zéro la souveraineté nationale des pays européens: pour « sauver l’euro », ceux-ci ne sont-ils pas réduits aujourd’hui à présenter leur budget « national » à la commission de Bruxelles, en réalité à Mme Merkel-, avant d’obtenir le « droit » de présenter le budget national devant les élus de la nation? Belle Europe en vérité qui revient sur le droit élémentaire conquis par le parlement anglais au 17ème siècle: voter l’impôt et contrôler le budget de la nation!

En réalité, faire croire qu’une telle Europe, qu’une telle monnaie unique pourraient être gérées « démocratiquement et solidairement », comme le prêche le chanoine Francis Wurtz dans l’Huma-Dimanche, relève du mensonge ou d’une impardonnable naïveté: on ne « démocratise » pas la dictature continentale du capital, on la dénonce et on propose des alternatives progressistes inspirées du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes: c’est à cela que devrait servir un vrai PCF au lieu d’abandonner la dénonciation de l’euro à Marine Le Pen (qui d’ailleurs ne veut pas réellement sortir de l’euro: elle propose une « sortie concertée de l’euro », c’est-à-dire que cette grande « patriote » ne fera rien sans l’aval de l’Allemagne!). Prétendre aujourd’hui qu’on pourrait « remettre sur les rails de la lutte des classes » ce P« C »F-là, qui est devenu le meilleur défenseur de l’euro en reniant le combat de G. Marchais et d’H. Krazucki contre Maastricht, c’est aussi crédible que de prétendre transformer l’Europe supranationale du grand capital, cette nouvelle prison des peuples, en une « Europe sociale »!

Ce qui serait crédible et offensif au contraire, c’est que TOUS les vrais communistes, membres ou pas du PCF, se retrouvent dans une Convergence communiste d’action, chacun gardant sa spécificité d’organisation au départ, pour combattre les contre-réformes sarko-européennes, dénoncer l’illégitimité de Sarkozy, -ce casseur de République-, refuser la subordination du PCF au PS, appeler la France à sortir de l’UE par la GAUCHE. Sans cela, impossible de remettre la France sur les rails du C.N.R.. et de ses grands principes d’indépendance nationale, de progrès social, de démocratie et de coopération internationale!

En réalité, le jour venu, sur la base de leur unité d’action à la porte des boîtes, l’heure sonnera de faire renaître le vrai parti communiste non pas AVEC les liquidateurs qui dirigent le PCF, mais SANS eux et CONTRE eux. C’est ce que proclamait déjà feu André Tollet, dirigeant de la Résistance parisienne, quand il déclarait à l’adresse de Hue et Cie: « il y aura un parti communiste en France: avec vous, sans vous ou CONTRE VOUS! ».

A moins de croire, comme Longuet en 1919, que l’objectif du congrès de Tours (1920) devait être de remettre la SFIO, sombrée corps et biens dans l’union sacrée impérialiste en août 1914, « sur les rails du combat de classe », et non, comme y appelaient lucidement Cachin et Vaillant-Couturier, de SE SEPARER des réformistes pour fonder le Parti communiste SFIC: car sans un vrai parti à elle, entièrement séparé du parti profondément bourgeois qu’est devenu le PS, la classe ouvrière et le peuple de France ne peuvent qu’être objets et non sujets de la vie politique!

Au demeurant, la ligne d’unité d’action portée depuis des années par le PRCF est vérifiable par tout communiste de bonne foi. Agissons ensemble sans souci de ménager la place du Colonel Fabien (contre la guerre en Libye, contre l’UE et l’euro, pour la défense de Cuba, contre la criminalisation du communisme historique…). Si le PRCF se trompe et que cela permet au PCF officiel de revenir aux idéaux révolutionnaires, TANT MIEUX et le PRCF sera heureux de faire son autocritique: au PRCF, pas de chef charismatique faisant carrière et revendiquant l’infaillibilité ! Mais si ce n’est pas le cas, si, -comme on peut s’y attendre-, l’unité d’action communiste ne fait que creuser l’écart entre les révolutionnaires et les réformistes tout en unissant fortement les révolutionnaires, alors il faudra s’attendre à un « nouveau congrès de Tours » qui, sous des formes nouvelles, réunira les communistes organisés hors du vieux parti muté et ceux qui sont restés dedans avec des centaines de milliers de communistes « partis dans la nature » pour faire du NEUF, sans compter les milliers de jeunes et de syndicalistes de classe qui recherchent un débouché politique pour leurs luttes.

Car nous avons la conviction, au PRCF, que le peuple de France garde en lui un fort potentiel transformateur comme l’ont montré les grandes luttes de décembre 95, mars-juillet 2003, de l’hiver 2006 (insurrection des jeunes contre le CPE), sans oublier le vote du peuple français contre l’euro-constitution et les grandes luttes sociales trahies de l’automne 2011 pour défendre les retraites. Ce qui manque le plus à notre peuple pour prendre l’offensive et unifier ses luttes, c’est une avant-garde communiste porteuse d’un programme communiste, d’une stratégie révolutionnaire, une force totalement indépendante du PS et de la petite gauche anti-libérale (agir circonstantiellement avec elle ne signifie pas se soumettre à elle en entrant dans le « front de gauche »), et c’est à quoi travaille le PRCF avec ses moyens modestes, mais aussi avec un dévouement militant sans limites.

Et c’est ce que signifie aussi le mot « renaissance » qui insiste (RE-naissance) sur la continuité de l’action communiste en situant clairement la reconstruction du parti communiste dans la lignée de la Commune de Paris et du congrès de Tours de 1920. De même que le jeune PCF né à Tours a repris le meilleur de l’héritage de Guesde, de Lafargue et de Jaurès tout en fustigeant le réformisme incurable de la SFIO, de même le futur P.C. de France (ou le futur parti franchement communiste, on discutera le moment venu des dénominations) reprendra le meilleur de l’héritage du PCF. Le PCF de l’époque thorézienne a-t-il commis des erreurs? Sans doute, notamment en érigeant peu à peu en vérité stratégique l’idée tactique d’une alliance antifasciste avec le PS. Il n’empêche qu’il y a un monde, celui qui sépare la classe ouvrière de la bourgeoisie, entre le PCF de l’anticolonialisme, du « Front popu », de la Résistance, des grandes réformes progressistes de 1945, signées par Thorez, Croizat, Joliot, Wallon, Paul, etc., et le Parti actuel transformé hélas en rabatteur de voix systématique sur le PS acquis à Maastricht.

Et je ne dis pas cela sans une pointe de chagrin au coeur puisque j’ai moi-même adhéré au PCF à l’âge de 20 ans en 72, que j’y ai milité sans relâche et dans toutes sortes de tâches (JC, comités de section de Beausoleil, St-Céré, Pézenas, Lens, tâches syndicales, front de la lutte anti-impérialiste, tâches théoriques) pendant 32 ans tout en dénonçant les dérives et en prévenant qu’elles affaibliraient le parti au lieu de lui « faire gagner des voix » (sic)., cela jusqu’à être contraint d’en partir en 2004 avec toute la section PCF de Lens dont j’étais secrétaire. Et cela après avoir tenté de multiples regroupements internes de l’opposition de gauche lors des 28, 29 et 30ème congrès sans observer grand chose d’autre à cette occasion que de multiples manoeuvres d’apparatchiks fleurtant avec l’opposition pour se pousser en avant dans la « vieille maison »…

Voilà donc le double aspect de la « renaissance communiste », à la fois continuité de l’héritage révolutionnaire du grand PCF et rupture totale avec le réformisme porteur de défaites qui a gangréné le PCF actuel au point que, en fait de communisme, le PCF ressemble plus désormais (sauf dans une poignée de sections minoritaires) à un « couteau sans manche dont on a jeté la lame », qu’à un PC même très déformé et très dégradé.

c) enfin j’en viens au dernier terme de notre intitulé Pôle de Renaissance communiste « en France ». En France et non « français » car comme toute organisation communiste, le PRCF est ouvert aux ouvriers immigrés. Mais « en France » parce que, non seulement le PRCF croit à la validité de l’espace national pour changer la société, mais parce que le PRCF se fait gloire de reprendre la grande tradition communiste inaugurée par Thorez et Duclos (et plus anciennement, par Jaurès et par la Commune de Paris) consistant à UNIR le COMBAT NATIONAL au COMBAT ANTICAPITALISTE. C’est lorsque Duclos et Thorez eurent le génie politique, au meeting unitaire du stade Buffalo le 14 juillet 1935, d’entonner à la file la Marseillaise et l’Internationale (initialement composée par E. Pottier sur l’air de la Marseillaise!), c’est quand ils surent unir le drapeau tricolore de la nation menacée par Hitler ET le drapeau rouge d’Octobre frappé de la faucille et du marteau, que le Front populaire s’envola vers la victoire, que le fascisme fut provisoirement contenu, et que le PCF prépara l’épopée des FTPF et des FTP-MOI, grâce auxquels la France dut de renaître en 45 avec un PCF qui était devenu le premier parti national avec près de 30% des voix.

Déjà à l’époque Georges Dimitrov, alors secrétaire général de l’Internationale Communiste, avait félicité Thorez en appelant TOUS les partis communistes du monde à prendre appui sur les traditions nationales (Dimitrov évoquait même Jeanne d’Arc…), à revendiquer la nation, à inviter la classe ouvrière à « devenir la nation » comme y appelaient déjà un passage du Manifeste communiste que se gardent bien de citer les trotskistes. Comme je l’ai démontré dans mon livre « Patriotisme et internationalisme », ces deux termes ne sont nullement inconciliables d’un point de vue marxiste. La preuve, c’est que la grande bourgeoisie « française » sait à la fois casser la France, l’aligner sur les normes régressives de l’UE et du contre-modèle anglo-saxon (jusqu’à sacrifier la langue française au tout-anglais patronal comme le démontrait un récent article du Monde diplo…), et pousser en avant quand cela l’arrange le FN et la xénophobie d’Etat des Guéant et Cie. A l’inverse, « la nation c’est le peuple » observait le grand philosophe communiste Georges Politzer, fils d’immigré hongrois et patriote français fusillé par les nazis. Comment le patriotisme républicain le plus ardent et l’internationalisme PROLETARIEN le plus vaste ne feraient-ils pas bon ménage aujourd’hui alors que la politique de classe (et de casse!) de l’oligarchie financière vise du même pas à détruire les bases de l’indépendance nationale française et à mettre à genoux la classe ouvrière pour en faire une masse de nouveaux serfs tremblant devant les actionnaires? Et cela n’implique aucune allégeance à l’impérialisme français qui sème la mort de Tripoli en collusion avec l’impérialisme US. Pensons à l’exemple de Cuba socialiste dont le chef de file, Fidel Castro, a pris l’initiative de mettre en place l’Alternative bolivarienne des Amériques (ALBA), ce vaste cartel de nations progressistes qui échangent à égalité, entre peuples souverains, sans se livrer l’absurde « concurrence libre et non faussée » prescrite par l’Union européenne. Pour échanger, il faut d’abord exister: ce qui implique de produire en France (les gauchistes qui crient vive la classe ouvrière mais sont indifférents aux délocalisations sont des phraseurs qui livrent sur un plateau les ouvriers les moins conscients à Le Pen!), bien entendu avec tous ceux qui vivent ici, de défendre l’Education « nationale », Electricité « de France », la S. « N. » C.F., etc.; défendre la nation sur des bases de classe est en fait l’unique moyen efficace pour nationaliser les luttes, les fédérer, construire le « tous ensemble et en même temps », dépasser les corporatismes impuissants. Et cela ne s’oppose en rien au déploiement de l’Europe des luttes non pas « avec » la Confédération Européenne des Syndicats, cette courroie de transmission de Bruxelles, mais CONTRE l’U.E. qu’il faudra bien dissoudre pour construire de nouveaux traités progressistes internationaux non limités à l’Europe « blanche et chrétienne »…

Dire cela fait parfois sursauter d’étranges « léninistes » qui n’ont manifestement jamais lu Lénine puisque celui-ci condamnait dès 1915 le mot d’ordre des « Etats-Unis d’Europe » chers à Trotski. Lénine démontrait qu’étant donné la nature de classe impérialiste des puissances dominantes européennes, ce mot d’ordre ne pouvait être « qu’utopique ou réactionnaire ». Rien n’a changé à cet égard et l’on voit mal comment l’association de trois forbans impérialistes (impérialisme allemand, impérialisme « français », impérialisme anglais sous tutelle US) pourrait miraculeusement former autre chose qu’un Super-Prédateur mondial dangereux pour tous les peuples !

En réalité, reconquérir l’indépendance nationale de la France sur la base des grandes orientations du CNR (ce programme, rédigé par l’ingénieur communiste P. Villon, fut fortement inspiré par J. Duclos, responsable du PCF clandestin sur le territoire national), et pour cela claquer la porte de l’UE et de son maillon faible, l’euro fauteur d’austérité à perpétuité, ce ne serait pas à notre époque renouveler purement et simplement l’étape démocratique de 45/47: nécessairement, parce que seule la classe ouvrière alliée à la majorité écrasante des travailleurs salariés et des couches moyennes peut aujourd’hui restaurer l’indépendance du pays et affronter l’UE et ses mentors du CAC 40, parce que toute la grande bourgeoisie est en réalité solidaire du projet d’effacement de la France dans l’UE du capital, la lutte pour l’indépendance nationale ne peut être menée jusqu’au bout sans que soit posée la question du socialisme pour la France, du rôle central de la classe ouvrière dans la vie politique, en liant dialectiquement, jusqu’à la victoire finale du peuple, les tâches démocratiques et les tâches socialistes.

Faut-il dire qu’un tel combat ne peut se gagner sans unir la classe ouvrière et, dans la classe ouvrière, les travailleurs français aux étrangers, en combattant l’impérialisme français DE PLUS EN PLUS ANTINATIONAL, en demandant aussi aux travailleurs étrangers, comme le firent les FTP-MOI dont les parents avaient pourtant été cruellement discriminés par le pays d’ « accueil », de prendre pl;ace dans la renaissance républicaine de la France. Car la rupture progressiste de la France avec l’UE provoquerait une onde de choc mondiale, susciterait l’élan d’autres prolétariats en Europe et ailleurs, activerait partout les luttes anticapitalistes, antifascistes et anti-impérialistes.

Pour ceux qui ont du mal à concevoir tout cela, qu’ils réécoutent simplement la magnifique chanson de Ferrat « Ma France » et ils « sentiront » que l’alliance des drapeaux rouge et tricolore contre la bannière bleu-mariale de l’Empire européen et contre la flamme néo-fasciste, empruntée au MSI, du FN, est la seule stratégie révolutionnaire DE MASSE dans notre pays, à égale distance du gauchisme incantatoire et d’une subordination des communistes au PS ou aux petits-bourgeois « anti-libéraux » du « Front de gauche ».

Voilà, en m’excusant de la longueur de ma réponse et de son caractère passionné (on ne se refait pas!) pourquoi le PRCF est porteur d’une vraie ligne politique et pourquoi tout véritable communiste doit prendre appui sur cette politique, et non sur les faiblesses inévitables de notre modeste organisation de militants bénévoles-, pour savoir s’il doit rester spectateur du combat pour la renaissance communiste, ou s’il doit retrousser les manches, nous rejoindre ou du moins, travailler fraternellement avec nous. Il y a urgence car la nation se meurt, la fascisation avance, la classe ouvrière est vitriolée par les privatisations et par les délocalisations. Sans parler de la planète, déchiquetée par la course aux profits, les guerres impérialistes, les reculs sociaux de toutes sortes, le saccage de l’environnement au nom du tout-profit et d’un consumérisme d’autant plus abject qu’il s’accompagnent de la malnutrition de plus d’un milliard d’homme et de la non-satisfaction des besoins essentiels de millions de gens dans les pays riches. C’est là la conséquence de la re-mondialisation contre-révolutionnaire du capitalisme et de l’implosion du camp socialiste sous l’effet d’un entrelacs de facteurs externes et internes dont le PRCF a proposé l’analyse marxiste.
Initiative Communiste: Concrètement, que propose aujourd’hui le PRCF?

Georges Gastaud: Sur le plan national, le PRCF est d’abord porteur d’une ligne constante d’unité d’action des forces franchement communistes, qu’elles soient disposées à l’extérieur ou à l’extérieur du parti muté. Que ce soit au coup par coup, sur telle ou telle campagne (sortie de l’UE, dénonciation de l’euro, campagne contre la guerre impérialiste en Libye, campagne sur le pouvoir d’achat, sur l’école, sur les retraites…), ou plus structurellement à l’intérieur d’une Convergence d’Action Communiste, on ne risque pas de se tromper si on se retrouve systématiquement à plusieurs organisations communistes dans les manifs, à la porte des boîtes, etc. C’est indispensable pour rendre courage au monde du travail qui souffre d’un grand désarroi mais qui porte aussi, avec la majeure partie de la jeunesse étudiante, un fort potentiel de lutte.

Mais cela ne suffit pas: le PRCF vient de s’adresser aux forces républicaines et progressistes qui, comme nous, rejettent l’euro, l’UE, l’atlantisme et les guerres impérialistes sous des prétextes « humanitaires », l’ensemble des contre-réformes sarkozystes, pour les appeler à construire, en pleine campagne électorale,

_ une grande manifestation nationale, ou un grand meeting unitaire central, pour refuser la totalité des contre-réformes sarkozystes (pour notre part nous dénonçons radicalement depuis 2007 l’illégitimité du régime et de son premier responsable qui, non seulement combat la classe laborieuse comme jamais depuis Pétain, mais viole la constitution, pourtant fort antidémocratique, et les bases mêmes du régime républicain, fût-il bourgeois), appeler la France à sortir de l’UE et de l’euro, dessiner les grands principes d’une alternative démocratique et révolutionnaire.

Pourquoi d’ailleurs ne pas aller plus loin et construire un large Front pour l’Indépendance Et la République Sociale ? Les bases politiques de ce rassemblement existent, car de plus en plus de gens à gauche voient la nocivité radicale de l’euro et comprennent que la mort programmée de l’héritage français des Lumières, de 1789 et de 1945 serait un coup terrible pour tous les peuples même s’il faut évidemment distinguer entre la France versaillaise et néo-pétainiste de l’UMP, que nous combattons parce qu’elle détruit la nation, et la « France des travailleurs » qui « répond toujours du nom de Robespierre » selon le mot de Jean Ferrat.

_ à l’échelle internationale, le PRCF travaille à la dé-criminalisation de l’histoire communiste du 20ème siècle en soutenant les efforts du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (qui a notamment publié un Livre noir de l’anticommunisme). Le PRCF soutient les efforts visant à restaurer le Mouvement communiste international sur la base du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien. Nous avons à ce sujet des contacts fraternels avec le PC de Cuba, le KKE (Grèce), le PT de Belgique, le PC des Peuples d’Espagne, le PC brésilien et avec une centaine de partis et d’organisations progressistes que je m’excuse ne ne pas citer tous.

Par ailleurs, et en respectant totalement son indépendance et sa diversité interne, le PRCF soutient les efforts du Front Syndical de Classe pour raviver l’esprit du combat anticapitaliste, dénoncer l’euro-formatage collaborationniste de la Confédération européenne des syndicats et des états-majors confédéraux français qui lui font allégeance en reniant l’histoire de la grande CGT. Tout en appelant nos membres à travailler dans les syndicats existants (ce sont les dirigeants euro-formatés des syndicats qui divisent et « cassent du rouge », à l’inverse les communistes UNISSENT leur classe), nous soutenons les efforts de la Fédération Syndicale Mondiale face à cette courroie de transmission du capital qu’est la prétendue « Confédération Syndicale Internationale ».

Enfin, le PRCF serait une piètre organisation léniniste s’il ne s’occupait pas de son propre développement, sans lequel la politique unitaire dessinée ci-dessus n’aurait aucune chance d’aboutir. C’est dans cet esprit que se tiendra en décembre prochain la conférence nationale du PRCF qui discutera notamment d’un projet de programme politique et d’une résolution politique. Ces discussions sont ouvertes à tous les communistes, à tous les acteurs du mouvement populaire, même si évidemment seuls les membres du PRCF auront voix délibérative et élective. Ne laissons pas le P.M.U. (Parti Maastrichtien Unique à deux têtes, UMP et PS) et le FN dévoyer le débat politique, intervenons sur un « programme candidat » dans la campagne électorale euro- et « facho-formatée » de la prochaine présidentielle! C’est possible si les communistes sortent de l’aigreur et vont ensemble à la bataille idéologique lors des prochaines présidentielles en faisant leur le mot d’ordre de l’Appel Thorez-Duclos du 10 juillet 1940, « jamais le peuple de France ne sera un peuple d’esclaves! »
I.C.: De quels moyens le PRCF dispose-t-il pour avancer vers les tâches que tu dessines?

Georges Gastaud: De bien peu de moyens financiers puisqu’à la différence du PCF, qui reçoit des millions de l’Etat, sans parler des moyens d’Etat pharaoniques de l’UMP et du PS, nous n’avons que les cotisations de nos membres. Confidence: aucun camarade du PRCF n’est milliardaire à ma connaissance ! Cela dit, on s’en doute, le PRCF ne pourrait pas exister une minute dans le contexte d’intense campagne anticommuniste permanente que nous vivons, sans l’intense engagement politique de camarades jeunes et moins jeunes qu’il convient d’aider en mesurant l’effort considérable et totalement désintéressé qu’ils consentent par amour pour leur classe et pour leur pays. Ainsi sortons-nous le seul mensuel franchement communiste du pays, Initiative communiste, dont la qualité politico-rédactionnelle est reconnue, y compris à l’étranger. Nous sommes en instance de renouveler nos moyens informatiques. Nous avons une revue théorique de qualité, intitulée « EtincelleS » et nous produisons un important travail de publication théorique sur les questions les plus diverses: philosophie, histoire, économie politique, etc. Nous sommes organisés, inégalement il est vrai, dans une bonne cinquantaine de départements mais il est vrai que certains de nos cadres vieillissent et appellent à la relève. C’est pourquoi s’est créé le valeureux réseau Jeunes pour la Renaissance Communiste en France (JRCF) qui organise en octobre un stage national largement ouvert. Le PRCF ne se contente pas de théoriser: chaque année il édite des dizaines, voire des centaines de milliers de tracts, et des dizaines de milliers d’autocollants et d’affiches frappés de la faucille et du marteau, sans crainte de frapper où ça fait mal: illégitimité de Sarko, appel à l’abstention citoyenne aux européennes, appel à sortir la France de l’UE et de l’euro, etc.. Au demeurant, nous « percutons »; en 2003 nous fûmes les premiers, alors que le PCF se tâtait pour savoir s’il voterait non, à lancer la campagne contre toute constitution européenne. D’ailleurs l’ennemi de classe ne s’y trompe pas puisqu’à deux reprises récemment, le ministère de l’Intérieur s’en est pris au PRCF en envoyant la police faire de l’intimidation dans un meeting que nous organisions avec l’URCF, puis en arrêtant certains de nos militants qui vendaient paisiblement le muguet du 1er mai sous une affiche invitant qui-vous-devinez à « dégager »! Ajoutons que le PRCF a pour l’essentiel porté la mobilisation (meeting de rue au métro Stalingrad, participation aux actions du PC grec à Bruxelles…) contre la campagne anticommuniste mondiale à laquelle à donné lieu la commémoration réactionnaire de la mort de la RDA. Ce sont également des militants du PRCF qui ont porté dernièrement la bataille politique contre la réhabilitation du traitre L. Renault, ou contre la tentative du pouvoir de prescrire les crimes de guerre commis par l’armée allemande sur notre sol… En 2005, c’est également sur la proposition du PRCF que s’est tenu à St-Denis le plus grand meeting de solidarité jamais organisé en France en faveur de Cuba socialiste.

En outre le PRCF est actif au sein de l’Arc Républicain de Progrès qui associe cinq groupements politiques très divers, des gaullistes de gauche aux communistes en passant par diverses formations républicaines sur la base de la défense du programme du CNR et du refus de l’Europe supranationale. Le PRCF a également fait des propositions politiques aux organisateurs de la rencontre annuelle du Plateau des Glières qui veulent réactiver les grandes orientations fédératrices du CNR. C’est par ailleurs dans le cadre de l’ARP et au milieu d’une forêt de drapeaux rouges et tricolores qu’a été solennellement brûlé le prétendu drapeau de l’Empire européen le 29 mai 2010, cinquième anniversaire du non français à la constitution européenne. Ne rejetant nullement l’action commune avec les camarades du PCF qui veulent rester fidèles à leur grand héritage, le PRCF 62 a organisé avec le PCF 62 une commémoration de lutte de la Grande Grève patriotique des mineurs du Nord-Pas-de-Calais de mai-juin 1941 à Hénin-Beaumont, la grande ville ouvrière du nord qu’essaie de conquérir Marine Le Pen.

Le PRCF sera également présent sur la fête de l’Huma 2011; il y diffusera un tract commun avec l’URCF. Le samedi, à 17 h, il engagera le dialogue à son stand avec Jacques Nikonoff, l’économiste progressiste qui prouve qu’il est possible de reconstituer la souveraineté monétaire de notre peuple. Un tract commun sera également diffusé avec l’Arc républicain de progrès. Un meeting international se tiendra également au stand PRCF le dimanche midi avec plusieurs PC étrangers. Pas unitaire, le PRCF?

IC: quelque chose à ajouter?

G. Gastaud: Oui, mon dégoût à l’égard des attaques émanant de dirigeants mutants du PCF qui osent qualifier le PRCF d’anticommuniste, ou de certains milieux de la fausse gauche qui nous qualifient de nostalgiques du totalitarisme (sic). Nos membres les plus éminents répondent pour nous à ces calomnies dérisoires. Qui êtes-vous, dirigeants mutants qui avez conduit les communistes de défaites en défaites, pour contester le titre de communistes à Geo Hage, président d’honneur du PRCF et unique député PCF qui ait voté contre la participation communiste au gouvernement Jospin puis contre l’annexion des ex-pays socialistes à l’UE, à Léon Landini, figure de proue des FTP-MOI, qui adhéra au PCF en 42, devint officier du bataillon de guérilla urbaine « Carmagnole-Liberté » et qui fut rendu grand mutilé de guerre par Barbie ? A Pierre Pranchère, FTPF à 15 ans, ex-député de Corrèze, ex-membre du comité central du PCF et militant de tous les combats paysans? A Roger Silvain, dirigeant historique de la CGT en mai 68 à Renault-Billancourt? A Jean-Pierre Hemmen, fils de fusillé de la Résistance, réprimé dans les années cinquante pour avoir refusé de porter l’uniforme de l’OTAN sous les ordres d’un ancien général de la Wehrmacht? A Jeanne Dubois-Colette, officier de la Légion d’honneur à titre militaire, agent de liaison entre l’Internationale communiste sise à Bruxelles et le PCF-nord clandestin? Qui osera dire que ces camarades qui sauvèrent l’honneur du pays et permirent les plus grandes avancées sociales de l’histoire française, ne sont pas franchement communistes, ne sont pas franchement républicains, tout entiers portés qu’ils sont par ces deux devises magnifiques que sont le « liberté, égalité, fraternité ou la mort » de Jean-Paul Marat et par le « Prolétaires de tous les pays, peuples opprimés du monde, unissez-vous ! » de Marx et de Lénine ? Mais ce ne serait rien si nos camarades jeunes et moins jeunes ne portaient pas aussi leur part d’avenir à une époque où le capitalisme, devenu impérialiste et même, affirmons-nous, exterministe, mène l’humanité au déclin et à la mort sur tous les plans: militaire, culturel, économique et écologique. Plus que jamais il faut une renaissance communiste pour que vive la classe ouvrière, que vive la nation républicaine et que vive l’humanité future qui construira une société sans classes où chacun pourra s’épanouir dans la solidarité avec tous.

Quant à ceux qui, se disant révolutionnaires nous traitent de nationalistes parce que nous aimons notre pays et que nous souffrons de voir l’oligarchie française le tuer à petit feu par égoïsme de classe, nous leur disons ceci: c’est vous, les super-révolutionnaires du verbe qui, en crachant sur la nation, en ricanant à l’idée de défendre le produire en France sans lequel il n’y aura bientôt plus de classe ouvrière industrielle en France, en abandonnant au FN les trois couleurs chères aux Sans-culotte, faites à la fois le jeu du FN et du supra-nationalisme euro- atlantique. En réalité, « on ne peut avancer d’un pas si l’on craint d’aller au socialisme » disait à juste raison Lénine. Et derrière le verbiage ultra-révolutionnaire de certains, se cache en fait la peur panique de sortir de l’U.E., la frilosité d’oser dire m…. à l’euro (alors que si la France n’en sort pas à temps, elle « y restera »!), la crainte de déplaire à la petite bourgeoisie alter-européiste que les militants de la classe ouvrière devraient entraîner et non pas suivre aveuglément en collant au courant « anti-libéral ». Ni nationalisme xénophobe, ni supra-nationalisme européen, mais alliance des drapeaux rouge et tricolore, pour rompre avec le grand capital, former un rassemblement populaire majoritaire dirigé par la classe ouvrière, et rouvrir enfin, non pas dans les incantations « anticapitalistes », mais dans les actes, la voie du socialisme pour la France et pour tous les peuples!

En se souvenant en outre, comme le montrent toutes les leçons positives et négatives de l’histoire, que le socialisme n’est pas un mot d’ordre abstrait: pour devenir irréversible, les communistes de l’avenir devront prendre très au sérieux cette ultime remarque de Lénine : pour s’imposer définitivement et triompher du capitalisme, il faut considérer le socialisme comme l’oeuvre vivante des masses.

Pour contacter le P.R.C.F. ou le rejoindre, écrire à PRCF, 8 rue du Clos Lapaume, 92210 Bagneux ou à jany.sanfelieu@wanadoo.fr (secr. à l’orga. du PRCF). Pour vous abonner à « I.C. » ou à Etincelles, écrire au 62 rue Jules Guesde, Les Hirsons, 62800 Liévin ou adresser votre courriel à madeleinedupont@orange.fr