samedi 27 mars 2010

Après avoir œuvré à la dénaturation-liquidation du PCF les refondateurs prennent la fuite.

Après avoir œuvré à la dénaturation-liquidation du PCF les refondateurs prennent la fuite.
Il est temps que les vrais communistes du "dedans" et du "dehors" structurent leur unité d'action!


par Georges Gastaud, Secrétaire National du Pôle de Renaissance Communiste en France*

Imitant leurs prédécesseurs droitiers des années 70 (Elleinstein, Fiszbin, Damette), 80 (Juquin, Rigout, Le Pors), 90 (Fiterman), 2000 (Hue), les chefs de file du courant refondateur, Braouézec, Sève, Martelli, viennent de quitter ostensiblement le PCF pour fonder une énième structure qui irait des euro-trotskistes du NPA à certains euro-écologistes. Les idéologues refondateurs depuis trente ans, n'ont cessé de combattre à boulets rouges le marxisme-léninisme, le camp socialiste, le parti d'avant-garde et l'idée même de parti. Ils appellent ouvertement à liquider non seulement le PCF, c'est déjà largement fait, mais l'idée même d'un parti communiste. Comme le dit un ouvrier communiste de mon entourage, "les rats quittent le navire quand ils ont rongé la coque"... et que le capitaine les a nourris grassement en tapant à bras raccourcis sur les vrais communistes qui criaient casse-cou!
les dirigeants successifs du PCF, opportunistes en diable, dénués de tout courage politique et sans doute aussi liquidateurs sur le fond que leurs complices "refondateurs", ont laissé la bride sur le cou à tous ces courants très ouvertement liquidateurs. De Georges Marchais, qui clamait que désormais "on n'excluait plus au PCF pour des raisons politiques", alors que de nombreux militants léninistes du PCF -le rédacteur de ces lignes en sait quelque chose- ont été chassés du PCF qu’ils DEFENDAIENT, à MG. Buffet, qui s'est fait gloire de tolérer ce qu'aucun parti décent n'eût jamais toléré : la présence de "communistes" se présentant aux élections contre le parti un peu partout, en passant par R. Hue qui s’est offert au PS en échange d’une place de sénateur. Les dirigeants du PCF ont accompagné la déliquescence jusqu'à ce que le PCF, affilié au mouvement pro UE dit "Parti de la Gauche Européenne"(PGE), se transforme en un ectoplasme politique OU CHACUN FAIT CE QU'IL VEUT, POURVU QU'IL CRITIQUE L'URSS, LENINE ET THOREZ, la « matrice bolchevik » du PCF et qu'il RABATTE SUR LE PS AU SECOND TOUR des élections. Pire, les dirigeants du PCF ont plusieurs fois tenté eux-mêmes de doubler les "refondateurs" sur leur droite. Au cours des années 90/2000, la direction du PCF a même caressé l'idée de rebaptiser le parti et de rompre officiellement avec le mot "communiste" puisque Hue et Buffet annonçaient que "la question du nom du parti n'était plus taboue". Si ces dirigeants profondément social démocratisés, qui ont aidé Courtois et Cie à criminaliser l'URSS à l'égal des nazis, n'ont pas procédé à l'enterrement officiel du PCF, c'est surtout parce qu'ils craignaient d'abandonner le nom et l'espace du PCF aux partisans léninistes de la renaissance communiste. Aidés par les Braouézec et Cie, ils n'ont gardé l’étiquette du PCF que pour empêcher sa reconstruction.
Après le flop du "Front de gauche" aux élections (la masse des ex-électeurs communistes s'est abstenue, de toutes façons les voix du FG étaient promises par Mélenchon à son amie Aubry !), les refondateurs saisissent courageusement l'occasion de porter le coup de grâce.
A partir de là deux lignes se dessinent pour les vrais communistes qui, minoritairement, se trouvent encore dans le ci-devant parti "communiste".
-Ou bien attendre sagement, de congrès en congrès, qu'une bonne fée rouge remette le Parti "sur les rails de la lutte des classes". Les uns comptant pour cela sur Gérin, l'homme qui a aidé Sarko à monter sa diversion xénophobe sur la "burka" et a rendu hommage au fascisant Soljenitsine; les autres misant sur Bocquet, l'homme qui dénonce les délocalisations alors que, président du groupe PCF au Parlement, il n'a même pas eu le courage de voter contre l'annexion des ex-pays socialistes par l'UE, tout en critiquant sans nuance le socialisme réel; d'autres encore refusant toute unité d'action avec le PRCF sous prétexte qu'au PRCF tout le monde n'a pas en poche la bonne carte, celle du parti de Buffet et de Wurtz qui le 23 septembre 2008 « refusait de prendre part au vote » de la motion Linbald criminalisant le communisme au Parlement européen, refusant donc de dire NON à cet attentat contre la vérité historique... Cette voie sans issue est celle de l'ACCOMPAGNEMENT « de gauche » de la LIQUIDATION FINALE DU PCF en « Links Partei » (Parti de la Gauche en Allemagne). Le but poursuivi par la direction étant de faire table rase de l'espace communiste pour EMPECHER LA RENAISSANCE COMMUNISTE.
-L'autre voie est celle que propose le PRCF: ne pas opposer les communistes de l'intérieur aux communistes "de l'extérieur" du PCF, créer des structures souples pour porter ensemble l'intervention franchement communiste dans les masses indépendamment de l'appareil dénaturé du PCF... et avoir clairement en tête qu'à terme, et peut-être à court terme, les VRAIS COMMUNISTES DEVRONT SE SEPARER DES FAUX pour rendre à la classe ouvrière un parti A ELLE au lieu de l'enchaîner au PS et à l'Europe par le biais de l'appareil "mutant". Et en se séparant des faux communistes, les vrais communistes ne s'affaibliront pas comme on l'a vu en 1920, bien au contraire, c'est en cohabitant depuis des dizaines d'années avec les réformistes que le PCF a "pourri par la tête"... A terme, la visée juste, c'est que, se séparant des réformistes, les vrais communistes du dedans et les vrais communistes du dehors, qui ont le mérite de s'être organisés indépendamment du PCF pour faire vivre, fût-ce modestement, une LIGNE et une ORGANISATION communiste indépendante du PS et de l'Europe, se retrouvent dans un vrai PCF.
Car au moment où le pouvoir est organisé en avant-garde "dure" du patronat, au moment où le FN et l'UMP n'ont aucun état d'âme sur la "forme-parti" dont ils ont grand besoin pour casser la France et démolir le monde ouvrier, la renaissance d'un vrai PCF, et dans l'immédiat l'unité d'action aussi permanente et structurée que possible des vrais communistes est indispensable non seulement à ceux qui veulent CONTINUER LE COMMUNISME EN FRANCE sans attendre que le PCF se soit liquidé sans reste, mais RESISTER EFFICACEMENT A SARKOZY, rassembler la classe ouvrière et le peuple dans la résistance à l'UE, porter sans attendre une alternative à la LIQUIDATION DE LA FRANCE, de son industrie et de sa classe ouvrière.
Bref, au moment où les refondateurs rejettent la "forme-parti", la classe ouvrière a de plus en plus besoin d'un VRAI PARTI.
A l'approche du 90ème anniversaire du Congrès de Tours, le PRCF suggère à l'ensemble des forces communistes clairement anti-réformistes et anti-UE de se rencontrer, de réfléchir ensemble et de multiplier les occasions unitaires d'initiatives communistes dans les masses. Toute autre position ne peut qu'accompagner, sous un habillage pseudo "marxiste", la liquidation du PCF.

Georges Gastaud, Secrétaire National du PRCF.

dimanche 7 mars 2010

"Stalinien ! ": est-ce une injure ?

"Stalinien ! ": est-ce une injure ?

L'opinion de
Bernard Landry

Qu’y a-t-il sous la moustache de Staline ?



Depuis bientôt quarante-cinq ans qu’il est mort, comme s’il était toujours en vie Staline soulève les passions, suscite les malentendus, provoque les paradoxes, embarrasse tellement qu’on cherche à toujours éluder les problèmes qu’il pose et qu’on préfère entretenir à son sujet des mythes contradictoires, interdisant toute tentative d’explication. « Cachez ce sein que je ne saurais voir ! » disait Tartuffe et, comme sous le mouchoir hypocrite le joli téton d’Elmire, on tente de dissimuler Staline sous sa grosse moustache, ce qui permet à tout le monde, aujourd’hui, d’être anti-stalinien, au point que le terme stalinien est devenu une insulte banale pour automobiliste ordinaire, aussi bien qu’à chacun d’entre nous, un jour ou l’autre, d’être, d’avoir été ou de devenir le stalinien de n’importe qui avec ou sans voiture.


Peut-être clarifierait-on la situation créée par cette trop belle unanimité génératrice de confusion, en distinguant tout d’abord le stalinien du staliniste. Pour faire mieux comprendre la différence entre le -ien et le -iste, je prendrai l’exemple de Chirac qui, par sa passion nouvelle pour l’Europe (le parti de l’étranger ?) a cessé d’être gaulliste alors qu’il affecte volontiers un comportement gaullien comme lorsqu’il reprend les essais atomiques contre l’avis du monde entier. Cela permet de riches variations sur un thème commun et, sans que j’aie à nommer personne, chacun pourra reconnaître autour de lui des stalinistes anti-staliniens, ou des anti-stalinistes staliniens, ou des anti-stalinistes anti-staliniens, voire des stalinistes staliniens.

Aurais-je la malice d’observer que lorsque le PCF, voulant, à l’occasion de son 22ème Congrès, envoyer un « signal fort » de sa déstalinisation, décida, d’ailleurs selon une procédure quelque peu stalinienne, d’abandonner la dictature du prolétariat, il fit du stalinisme comme monsieur Jourdain de la prose, car il y avait belle lurette que Staline avait confisqué au profit de sa propre bureaucratie tout le pouvoir aux soviets qui étaient bien la forme la plus aboutie de la dictature du prolétariat ? De même, tout récemment encore, avec une égale innocence, pour montrer ses efforts vers le changement, il répudia le centralisme démocratique avant même qu’on n’ait jamais songé à l’appliquer et Staline pas plus qu’un autre, qui, sans se préoccuper de la démocratie plus que de colin tampon, faisait tout venir du centre au centre duquel il s’était placé comme le nombril du monde, dans un effréné culte de sa personnalité.


Il faut dire qu’il est facile de tromper ou de se tromper au sujet du petit père des peuples, tour à tour Père Noël, Père Fouettard ou Père Ubu et alors même que ses admirateurs de la veille, dans une étonnante atmosphère d’amour-haine, sont devenus parfois ses plus acharnés détracteurs du jour, passant de « l’homme que j’aime le plus au monde » à l’homme le plus haï du monde, du bilan globalement positif au bilan totalement négatif. Les adorateurs de Staline révéraient en lui la lutte et l’espérance de ceux qu’on appelle les humbles car ils ne cessent d’être humiliés et, ne vous y trompez pas, les anti-staliniens les plus résolus furent d’abord des anti-communistes. Le dictateur ennemi des droits de l’homme ? Ils n’en avaient rien à foutre ; des dictateurs, ils en avaient plein les poches, des sanguinaires, des corrompus et des fous, qu’ils avaient eux-mêmes fabriqués à grand renfort de subventions, comme ce lamentable putschiste manqué, comment s’appelait-il déjà ? Qu’ils avaient ramassé dans les poubelles de l’Histoire pour en faire précisément un rempart contre le communisme. Ah oui, ça me revient, Hitler, il s’appelait Hitler ! Il a bien failli lui régler son compte, à Staline, le gaillard, dommage qu’entre lui et les démocraties, alors que ça commençait si bien, il y eut pour finir ce malentendu. N’empêche que les généraux allemands, traditionnels représentants des classes dirigeantes ont attendu qu’il n’y ait plus aucune chance pour eux de gagner la guerre, pour glisser des bombes sous les fesses de cet Hitler à qui, jusque-là, ils ne trouvaient rien à reprocher et surtout pas de supprimer des juifs et des communistes par millions.

C’est que l’expérience commencée en 1917 ne devait pas réussir, c’était vital, comme, déjà quarante-six ans plus tôt, ne devait pas réussir l’expérience de la Commune de Paris et pour les mettre en échec, tout était bon, tout était légitime pour la légitime défense du capitalisme de droit divin. Les soixante-douze jours de la Commune furent soixante-douze jours de combats sans merci que menèrent les troupes de Thiers sous l’œil complaisant, voire complice de Bismark. Pas étonnant que Lénine, au soixante-treizième matin de son pouvoir, ait esquissé sur les rives gelées de la Néva, au risque de glisser et de se casser la margoulette, un pas de danse pour exprimer sa joie (et sa surprise !) d’avoir duré un jour de plus que la Commune de Paris. Mais la ressemblance n’en resta pas là. Les soixante-douze ans de l’URSS furent soixante-douze ans de guerre sous toutes ses formes : ingérence étrangère à l’intérieur, cordon sanitaire, isolement diplomatique et commercial, guerre civile, guerre chaude, guerre froide, guerre économique, guerre idéologique, guerre des nerfs, guerre des étoiles, des espions, des subversifs, de la propagande, course aux armements, à l’exploration spatiale ... j’en passe et des pires.

Un environnement international aussi hostile ne justifie certainement pas mais suffit à expliquer en partie que Staline, pour sauver et croyant ainsi sauver l’État soviétique, se soit écarté de la voie socialiste ou lui ait imposé des torsions pour le moins contraires à certains grands principes du socialisme. Dans de telles conditions était-il possible de construire le socialisme dans un seul pays ? Mais Staline avait-il le choix d’une autre démarche, sauf capituler devant le capitalisme comme le fit Gorbatchev quelques décennies plus tard ? Peut-être n’était-ce pas le socialisme qui se construisait dans l’URSS de Staline mais, par plus d’un aspect cela lui ressemblait quand même pas mal : la propriété collective des grands moyens de production et d’échange, l’accès du peuple à la santé et à l’instruction comme en témoignent l’allongement de l’espérance de vie et la transformation d’un peuple de moujiks analphabètes en un peuple d’ingénieurs, la garantie d’un travail sans chômage et d’une vieillesse sans angoisse, le rôle international déterminant dans le mouvement de libération des peuples colonisés, etc. je ne dirai certes pas que sous la moustache de Staline on aurait pu trouver le sourire de Reims. Je ne lui prête aucun angélisme. Mais je ne pense pas non plus que sous ses moustaches on découvrirait les canines de Dracula, même si la vieillesse de Staline, après toute une vie rude de militant révolutionnaire et trente ans de pouvoir absolu, bascula dans la tragédie shakespearienne, traversée de méfiance pathologique, de peur enfantine, de mégalomanie et de folie.


Laissons de côté l’anti-stalinisme de droite il est naturel et n’a rien à nous apprendre, ni sur la droite ni sur Staline.

L’anti-stalinisme de gauche se développera surtout après la publication du rapport Krouchtchev qu’il faudra bien relire un jour pour décrypter sous le réquisitoire anti-stalinien, la plaidoirie pro-domo d’un proche collaborateur de Staline, soucieux de se dédouaner et de faire porter le chapeau au mort. Or cet anti-stalinisme-là n’est pas sans contradiction ni faux-semblant. N’est-il pas souvent le paravent derrière lequel s’abritent tous ceux-là qui préfèrent les révolutions vaincues parce qu’elles sont plus faciles à gérer et qu’on y trouve l’alibi à sa propre inaction ? N’est-il pas le chemin bordé de roses vers l’anti-communisme. Si confortable pour les petits bourgeois soixante-huitards ou leurs héritiers aux discours flamboyants et au réformisme compulsionnel, qui découvrent avec ravissement qu’on peut se dire de gauche pour son plaisir, et être anti-communiste pour la satisfaction de papa et maman. Le plus grave et sans doute le plus triste, c’est quand ceux qui se proclament communistes et ne savent plus ce que cela veut dire (non, le communisme, ce n’est pas la vie commune !) et qui, avec la fougue du nouveau converti ou du renégat, se jettent dans un anti-stalinisme qui ressemble à s’y méprendre à un anti-stalinisme de droite façon Carrière d’Encausse et les conduit d’ailleurs à se féliciter bruyamment de la chute de l’URSS.

Comme pour le communiste d’hier qui n’avait pas que de mauvaises raisons d’être stalinien, pour le communiste d’aujourd’hui, il n’y a pas que de bonnes raisons d’être anti-stalinien. D’autant moins que la confusion des sentiments pro- ou anti-staliniens, interdit toute analyse lucide du phénomène Staline. Que cela nous plaise ou non, que cela nous arrange ou nous dérange, Staline est un des pères du communisme et nous ne pourrons en finir avec lui que lorsque plus rien ne sera dissimulé sous sa moustache.
Alors nous pourrons regarder dans les yeux ce père à la fois digne et indigne et le tuer respectueusement pour prendre sa place et épouser l’avenir.

Bernard-G. Landry

http://www.lescommunistes.org/spip.php?article383
source:canempechepasnicolas

mardi 2 mars 2010

Contre la répression syndicale

Contre la répression syndicale.
CGT_DR.JPG

UNIONS LOCALES des Syndicats C.G.T.
AMIENS Z.I. et AMIENS VILLE

organisent un grand barbecue revendicatif à Amiens le 3 mars 2010


COMMUNIQUE DE PRESSE

Les Unions Locales CGT Amiens Zone Industrielle et Amiens Ville appellent l’ensemble de leurs syndicats et les structures de chaque organisation syndicale à demander l’arrêt de toute discrimination sur le délégué syndical CGT CEMGA Logistics, groupe Norbert Dentressangle.

Depuis plusieurs années, le syndicat CGT, mène dans cette entreprise une lutte sans merci contre la direction qui utilise tous les moyens pour rendre l’être humain malléable et corvéable à merci.

Huit plaintes pour harcèlement déposées devant le procureur de la république en juin 2009, une tentative de suicide, le secrétaire CGT du CHSCT harcelé jusqu’à dépression, la mise en place d’une expertise sur la souffrance au travail, etc…

Cette direction n’a eu de cesse que de s’en prendre à celles et ceux qui luttent et représentent les salariés, mise à pied conservatoire de 8 jours en vue d’un licenciement il y a quelques années avec d’autres responsables du syndicat, de nouveau mis dans des procédures de reclassement abusives, plusieurs procédures en cours devant la justice dont une où cette direction a fait appel d’un jugement qui les oblige à lui fournir du travail (au placard depuis plus de 4 ans).

Voyant ce délégué syndical CGT toujours debout, cette direction a trouvé pour dernière solution le salaire comme moyen de pression : « Il faut taper là où ça fait mal !!! ».

Et pour faire, cette direction a décidé de retirer à ce délégué syndical plus de la moitié de son salaire au mois de février et comme si ce n’était pas assez, elle le convoque à un entretien pour sanction disciplinaire alors qu’il est en arrêt maladie pour dépression !!! Suite aux nombreuses attaques et procédures à son encontre.

Nous nous devons de réagir face à cette situation, les Unions Locales CGT Amiens Zone Industrielle et Amiens Ville invitent l’ensemble de la population, les syndicats, les démocrates à exiger du Groupe Norbert Dentressangle qu’il cesse toutes pressions sur le délégué syndical CGT Christophe PLET, qu’il restitue le salaire de celui-ci et qu’il lui fournisse du travail correspondant à sa fiche de poste.

Amiens le 15 février 2010

Soutien au Délégué Syndical CGT Christophe PLET

Motion de soutien : UNION LOCALE CGT AMIENS

Mail : cgt-ul.amienszi@orange.fr ou ul-cgt@ul-cgt-amiensville.fr

Fax : 09 72 12 21 12

Motion de contestation : Stéphane POINT PDG Norbert DENTRESSANGLE

Mail : stephane.point@norbert-dentressangle.com

Fax : 01 40 92 78 54

Motion de contestation : Frédéric LAVERGNE DRH Norbert DENTRESSANGLE

Mail : frederic.lavergne@norbert-dentressangle.com

Fax : 01 40 92 78 54
Source: CGT PHILIPS EGP DREUX , lien: http://cgt-egp-dreux.over-blog.com/article-contre-la-repression-syndicale-un-grand-barbecue-revendicatif-a-amiens-le-3-mars-2010-45782441.html

lundi 1 mars 2010

Sondage Ifop : "69% des Français souhaitent un retour au Franc"

Sondage Ifop : "69% des Français souhaitent un retour au Franc"

TEXTE REPRIS

de

La lettre volée

Vendredi 26 février 2010



Les Français en avance sur la classe politique



C'est un article de l'un des centres de propagande français sur l'Union européenne, Toute l'Europe, qui met en avant le résultat d'un récent sondage IFOP :

69% des Français souhaitent un retour au Franc

Il faut savourer les commentaires des partisans de l'Union en dessous de l'article :

"qui commande des sondages pareils ?",

"du grand n'importe quoi"

et celui d'une experte en économie monétaire, encore mieux :

"si on avait eu le franc au moment de la crise, on pourrait aujourd'hui se servir de la monnaie nationale pour... jouer au monopoly".



Ceux qui seraient tentés d'approuver cette dernière opinion avisée liront avec intérêt un article, paru dans les Echos, de Jean-Pierre Vesperini, professeur agrégé d'économie, membre du Conseil d'Analyse Economique, titré « Le mythe de l'euro bouclier ».



Après avoir montré que chômage et croissance ont baissé récemment de façon identique aux Etats-Unis et en Europe, ce qui prouve que l'euro n'a protégé personne de rien du tout, l'auteur continue...



Extrait :



« On voit donc que l'euro n'a été en aucune manière un bouclier contre la dépression venue des Etats-Unis.

Mais cette simple observation ne suffit pas à décourager les tenants du mythe de l'euro bouclier. Pour vanter les vertus de l'euro, ils font appel non pas à l'économie réelle, mais à l'économie fiction, c'est-à-dire à ce qu'ils imaginent qu'il se serait passé si l'euro n'avait pas existé. Et d'affirmer que, en son absence, des tempêtes monétaires se seraient abattues sur l'Europe.

Que se serait-il passé ? Les monnaies européennes se seraient sans doute dépréciées vis-à-vis du dollar, mais dans une limite maximale de 20 %, ce qui les aurait ramenées à leur parité de pouvoir d'achat vis-à-vis du dollar. La livre, qui a perdu 20 % de sa valeur vis-à-vis du dollar au cours de la crise, a fixé la limite maximale de cette dépréciation pour au moins deux raisons : d'abord parce que le secteur financier y tient une place beaucoup plus importante que dans les autres pays européens, ensuite parce que les banques anglaises ont eu une gestion beaucoup plus aventureuse que celle de la plupart des banques européennes.

Par ailleurs, sans aucun doute, nous aurions assisté à la dépréciation de toutes les monnaies européennes vis-à-vis du mark, dans la mesure où toutes les économies européennes ont laissé se creuser un écart de compétitivité considérable vis-à-vis de l'économie allemande.



Certes, il n'est jamais souhaitable de laisser sa monnaie se déprécier, puisque cela s'analyse comme une perte de pouvoir d'achat vis-à-vis de l'extérieur. Mais il n'est pas non plus souhaitable qu'une monnaie soit surévaluée, puisque cela entraîne une perte d'activité. Or notre monnaie, c'est-à-dire l'euro, considéré comme la monnaie actuelle de la France, est clairement surévaluée. Elle est surévaluée par rapport à la concurrence des produits allemands à laquelle nous nous heurtons partout en Europe. Et elle est surévaluée par rapport au dollar et aux monnaies qui lui sont liées.



Dans ces conditions, la crise, en l'absence de l'euro, loin de provoquer des catastrophes, aurait eu pour effet de rétablir notre compétitivité vis-à-vis de l'Allemagne et des pays extérieurs à l'Europe, avec les effets positifs qui en seraient résultés pour notre activité économique ».



Il y a donc, contre l'Euro, à la fois une volonté populaire forte et des avis d'experts parfaitement autorisés.

Ce sera la même chose pour l'Union européenne en général, et de plus en plus.

J'espère que cela donnera matière à réfléchir à certains de mes interlocuteurs sur la « blogosphère », qui m'ont souvent expliqué que « si leur candidat favori n'appelait pas à sortir de l'Union européenne et se contentait d'exiger, au choix, une Europe qui marche ou une autre Europe, c'était parce que le peuple n'y était pas prêt »



Juste pour les inviter à répondre, il s'agit de Laurent Pinsolle, de Malakine et de Christophe de l'Observatoire de l'Europe.



Je crois bien au contraire que le peuple est prêt, et n'attend que de rencontrer une offre politique à la hauteur de ses attentes.

*

Amusons-nous encore cinq minutes de la bêtise crasse de la réponse pro-europe à ce sondage. L'auteur du billet écrit, du haut de ses grandes connaissances en économie : "Une évidence : le retour au franc n'est pas envisageable, ni souhaitable."

Le débat est donc clos.

Pour le centre de propagande officiel en matière de questions européennes, la solution passe par l'usage d'un billet de un euro. Selon Louis Giscard d'Estaing, côtoyer plus d'euros-papier réconcilierait le citoyen avec la monnaie inique.



Je crois surtout que M. Giscard d'Estaing junior étant député de Chamalières, où se trouve l'imprimerie de billets de la Banque de France, il serait ravi pour ses électeurs qui trouverait là de quoi remplir leur carnet de commande (Toute l'Europe épargne aux lecteurs ce détail sans importance).

Pour finir, je ne veux pas de mal aux ouvriers de Chamalières, ils auront aussi du travail quand il faudra réimprimer des francs...
Source: canempechepasnicolas

Histoire du réseau Jeanson : l'aide directe au FLN

Histoire du réseau Jeanson : l'aide directe au FLN


Notre ami Bernard Fischer nous fait parvenir le texte que 'canempechepasnicolas' publie aujourd'hui..
Il s'agit de l'histoire de Français anticolonialistes, qui, durant la guerre d'Algérie, ont apporté une aide concrète aux combattants du FLN, à travers le réseau Jeanson, du nom de son animateur.
Certes, l'opposition à cette guerre a pris, en France et en Algérie, d'autres formes. D'abord, dès les premiers jours de l'insurrection, des militants communistes se sont engagés, les armes à la main, aux côtés des Algériens. Ils ont payé de leur sang leur combat solidaire. Chacun connaît le nom de Maillot et d'Yveton, fusillés par les autorités françaises. D'autres, par leur action militante, ont courageusement oeuvré, au péril de leur vie, contre le pouvoir colonialiste autour du journal Alger Républicain, avec Henri Alleg et de nombreux Algériens, membres du Parti communiste algérien. Certains d'entre eux furent assassinés, tel Maurice Audin, victime des parachuistes de Massu. Enfin, il faut souligner, en France même, les actions de masse contre la guerre des soldats rappelés, des trains bloqués, des militants couchés sur les voies. Et aussi, de nombre de ces rappelés, qui, dans les djebels, ont fait de la résistance et ont subi, de ce fait, une répression sauvage des cadres militaires. Enfin, le refus de combattre leurs frères algériens, a réuni dans les prisons ou en exil ,des centaines de jeunes Français.

Cela n'exonère pas la direction du PCF d'un examen critique. Des considérations de politique internationale - la guerre froide battait son plein - ont, parfois, pris le pas sur le combat solidaire pour l'indépendance nationale de l'Algérie, au profit du mot d'ordre "la paix en algérie". Cette orientation, jointe au souci d'unité avec le Parti socialiste, s'est traduite par le vote des "pleins pouvoirs" au gouvernement Guy Mollet. Ce qui permis à celui-ci d'envoyer le contingent en Algérie, de couvrir toutes le horreurs d'une répression sanglante et d'ouvrir la voie aux coups de force de l'Armée.
Il faut se rappeler tous ces faits.
Mais aussi, l'histoire de l'autre "résistance" à la guerre d'Algérie.
C'est l'objet du texte ci-dessous.


LES PORTEURS DE VALISES

LES FRANCAIS DU FLN

Collecter et transporter des fonds pour le FLN, héberger et convoyer ses membres : à la fin des années 1950, le réseau Jeanson - une poignée d’activistes anti colonialistes - apporte « sa » réponse à l’impasse française en Algérie. En septembre 1960, le procès de ces militants est l’occasion de dénoncer une guerre que l’on refuse encore à nommer.

Mattea Battaglia, Le Monde Magazine du 20 février 2010

Les français découvrent l’existence du « réseau Jeanson » à la faveur d’un coup de filet de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Le 24 février 1960, Paris Presse titre sur huit colonnes :
« La police arrête dix Parisiens appointés par le Front de libération nationale. Parmi eux : des professeurs, des artistes et des techniciens de la RTF ». Le 27 février, le quotidien insiste sur la composante féminine de l’organisation (« soixante femmes sur quatre vingt complices du FLN ») et publie les portraits des « Parisiennes du FLN ».

Six ans après le début d’une guerre qu’on refuse de nommer, deux ans après le retour au pouvoir de de Gaulle qui prône désormais l’ « autodétermination » en Algérie, l’opinion en métropole se gargarise du scandale. Voilà des hommes et des femmes représentants de la bonne société devenus les « petites mains des Arabes » ! La presse à sensation multiplie les détails sur la « tactique sentimentale des Nord Africains », mêlant commentaires racistes et sexistes. Mais elle élude les questions de fond : qu’ont en commun les individus interpellés ? Et quelles sont leurs motivations ?

L’animateur du réseau, Francis Jeanson, rescapé de la vague d’arrestations, a déjà avancé ses propres réponses. Ce jeune philosophe (il est né en 1922 à Bordeaux), disciple de Sartre, est un collaborateur régulier des revues Esprit et Les Temps modernes. Au début des années 1950, il y a signé ses premiers articles sur l’Algérie, dénonçant tour à tour l’iniquité du statut de 1947, le racisme des colons, l’oppression subie par les Algériens.
Une « situation intenable » dont il a été le témoin direct : il a séjourné en Algérie en 1943, au sein des Forces françaises libres d’Afrique du Nord, puis en 1948, pour sa lune de miel avec sa première femme, Colette.

En 1955, Francis Jeanson franchit une étape supplémentaire en publiant L’Algérie hors la loi, coécrit avec Colette. Les Editions du Seuil ne peuvent lui refuser la parution de ce livre choc : le philosophe compte parmi leurs collaborateurs (il dirige la collection « Ecrivains de toujours »).
Dans ce brûlot, il se prononce sans équivoque en faveur du FLN, au détriment de l’autre branche du nationalisme algérien, le Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj. « L’Algérie hors la loi va devenir le bréviaire des anti colonialistes » note Marie Pierre Ulloa, historienne et biographe de Francis Jeanson. « Le livre se distingue de la pléiade de pamphlets sur l’Algérie pour deux raisons. D’abord, il précède la plupart des grands témoignages sur la torture, écrits pendant ou après la bataille d’Alger, en 1957. Ensuite, Francis Jeanson n’y dénonce pas seulement la torture dans la guerre, mais la guerre coloniale
elle même ».

LE TEMPS DE L ACTION

Après l’écriture vient le temps de l’action. La « trahison » du gouvernement de Front républicain, élu le 2 janvier 1956 sur un programme de « paix en Algérie », accélère cette transition. Le socialiste Guy Mollet, accueilli à Alger le 6 février par des jets de tomates, cède aux « ultras ». Le 12 mars, l’Assemblée nationale vote les « pouvoirs spéciaux », par 455 voix émanant de la droite et de la gauche, y compris celles du Parti communiste.
Durant ce même mois de mars, la France reconnaît l’indépendance du Maroc et de la Tunisie, mais sur l’Algérie elle ne veut rien céder. L’attitude de la gauche pousse vers la clandestinité celles et ceux qui ne se satisfont plus du seul mot d’ordre de « paix en Algérie ».

En 1956, les Jeanson hébergent leurs premiers hôtes algériens. Salah Louanchi, responsable de la fédération française du FLN, est l’un de leurs invités privilégiés. « Il lui arrive, ainsi qu’à d’autres militants algériens, de passer la nuit dans l’appartement que Francis et Colette ont loué au Petit Clamart. Il demande aussi certains menus services : par exemple, d’être conduit en voiture d’un endroit à un autre », écrivent Hervé Hamon et Patrick Rotman dans leur enquête minutieuse sur Les Porteurs de valises (Albin Michel, 1979).

Etienne Bolo, professeur de philosophie et lecteur au Seuil, présente aux Jeanson la jeune Hélène Cuenat. Cette enseignante en lettres, militante en rupture de ban avec le Parti communiste (le PCF exige des camarades soutenant le FLN qu’ils rendent leur carte), va devenir le numéro deux du réseau et la compagne de Francis Jeanson. « Lorsque je repense au Jeanson de cette époque, praticien, organisateur, je me dis que le fait d’avoir dirigé une collection dans une grande maison d’édition l’avait préparé à ce passage sur le terrain, note-t-elle dans La Porte verte (éd. Bouchène, 2001). Il fonctionnait avec les mêmes outils, fiches détachables, carnets à souche, planning, et puis simplement le papier et le stylo ! »

TEMOIGNAGES DE TORTURES

L’année 1957 est marquée par la valse des gouvernements : Guy Mollet, Bourgès Maunoury, Félix Gaillard. A Alger, les « paras » du général Massu généralisent l’emploi de la torture. Les témoignages sur leurs exactions (Pour Djamila Bouhired, de Georges Arnaud et Jacques Vergès, en 1957, Contre la torture, de Pierre Henri Simon, la même année, La Question, d’Henri Alleg en 1958, L’Affaire Audin, de Pierre Vidal Naquet, en 1958) confortent Francis Jeanson dans ses choix et attirent à lui les sympathisants. « Si nous avions pu passer des petites annonces, nous aurions refusé du monde », confiera le philosophe.

Le 2 octobre 1957, date officielle de la création du réseau, les tâches sont soigneusement réparties. Omar Boudaoud, qui a remplacé Salah Louanchi à la tête de la fédération française du FLN, fait pression en ce sens. Francis Jeanson gère notamment l’hébergement (l’ « hôtel »), Hélène Cuenat et Etienne Bolo les déplacements (le « taxi »). Les renforts ne manquent pas : le journaliste Jacques Vignes sera chargé du franchissement des frontières.
Henri Curiel va mettre au service du réseau son charisme et ses contacts avec le Parti communiste. Et superviser les transferts d’argent vers la Suisse.

MALLES DE LUXE

Quel argent ? « Les sommes récoltées chaque mois auprès des Algériens de France, au titre de l’ « ichtirak » (l’impôt révolutionnaire), étaient remises aux porteurs de valises, centralisées dans une dizaine d’appartements parisiens, puis entreposées dans trois autres où un décompte minutieux était effectué. Un dernier appartement centralisait la collecte », détaille Gilbert Meynier dans Histoire intérieure du FLN (Fayard, 2002).
Ces flux sont réguliers : quatre cent millions de francs par mois (l’équivalent de plus de six millions d’euros 2009), estime t on. De six à dix valises de billets ! Pas vraiment des valises, d’ailleurs, plutôt des malles de luxe, transportées par les femmes du réseau.

A partir de 1958, le FLN rétribue les principaux membres du réseau : Francis Jeanson, Hélène Cuenat et Jacques Vignes. Chacun touche soixante quinze mille francs par mois (mille deux cent euros 2009). Francis Jeanson n’élude ni les critiques sur les salaires, ni celles sur l’argent transféré ou la manière dont il est utilisé par le FLN.
Dans son second pamphlet, Notre guerre (Editions de Minuit, 1960), il fait face à ses détracteurs. « L’argent, écrit il, sert parfois à acheter des armes, et il arrive que ces armes soient dirigées contre certains Français : telle est sans doute, aux yeux de l’opinion, notre faute majeure ».

Cette « faute » leur sera d’autant plus lourdement reprochée que le FLN a choisi, en 1958, de porter la guerre en métropole. Dans la nuit du 25 août, des « objectifs industriels », commissariats et casernes sont attaqués dans toute la France. Le 15 septembre, Jacques Soustelle échappe de peu à un attenta en plein Paris. La police et le FLN s’affrontent. Les Algériens du FLN et ceux du Mouvement national algérien (MNA) s’entretuent.

1959 : le réseau Jeanson redouble d’activité. S’y côtoient, autour du noyau dur initial, des courants divers : artistes et comédiens recrutés par Jacques Charby, prêtres ouvriers regroupés autour de l’ abbé Davezies, anciens soldats, déserteurs ou pas, comme Jean Louis Hurst, Gérard Meïer ou Robert Bonnaud. Les « porteurs de valises » ont leur bulletin d’information, Vérités pour. Ils étendent leurs ramifications en province (à Lyon, à Grenoble, à Marseille), nouent des contacts à l’étranger (en Suisse, en Belgique, en Allemagne). Un faussaire de génie, mi artisan mi artiste, met ses talents à leur service : Adolfo Kaminsky.

Entre Jeanson et Adolfo Kaminsky, l’accord est immédiat. « Nous étions peu nombreux, dans le réseau, à avoir l’expérience de la Résistance durant la seconde guerre mondiale, se souvient Adolfo Kaminsky, une connaissance du terrain et de la clandestinité qui faisait défaut aux plus jeunes. Nous savions, aussi, que la guerre d’Algérie ne mettait pas directement notre vie en danger : nous ne risquions pas vraiment notre peau, les Algériens si ».
Quand ils se sentent « filés », les deux acolytes s’en amusent presque. « Il paraît que la police s’intéresse à nous de plus en plus »? Peut on lire dans Vérités pour, le 12 octobre 1959.

La toile policière se resserre, jusqu’aux arrestations de février 1960. Francis Jeanson, s’il échappe à la DST, est contraint de passer le flambeau à Henri Curiel (il sera lui-même arrêté le 20 octobre 1960). « L’Egyptien a ses propres troupes, détaille Marie Pierre Ulloa, avec à leur tête Georges Mattei, qui hérite des « valises », soit de la centralisation et de la comptabilisation de l’argent, Jehan de Wangen des filières de passage aux frontières, et Martin Verlet des JR, Jeune Résistance (filière d’évasion et d’hébergement pour insoumis et déserteurs en Algérie) ».
Le réseau se réorganise sans Jeanson. Le philosophe se permet encore un pied de nez aux forces de police : le 15 avril 1960, en plein Paris, il tient une conférence de presse clandestine mais retentissante. L’occasion de justifier une nouvelle fois son engagement auprès du FLN : « il fallait que fussent mis en œuvre les préceptes de cette gauche devenue platonique; en particulier sur la solidarité avec les peuples coloniaux. Il fallait que demain, une fois acquise l’indépendance de l’Algérie, des liens fussent encore possibles entre elle et la France ». L’écrivain Georges Arnaud relaye ses propos dans Paris Presse. Un « scoop » cher payé : l’auteur du Salaire de la peur sera poursuivi pour non dénonciation de malfaiteur.

DROIT A L INSOUMISSION

Le 5 septembre 1960 s’ouvre à Paris, devant le tribunal militaire, le procès du réseau Jeanson. Les noms des vingt quatre accusés - six algériens et dix huit métropolitains poursuivis pour « atteinte à la sureté extérieure de l’Etat » - sont encore largement inconnus des Français. C’est sans compter la détermination de leurs avocats (vingt six !) chargés de leur défense, dont Jacques Vergès et Roland Dumas. Sans compter non plus la diffusion par les Editions de Minuit, ce même 5 septembre 1960, du Manifeste des cent vingt et un sur le « droit à l’insoumission ».
Paraphée par cent vingt et une personnalités publiques (André Breton, Françoise Sagan, Simone Signoret), cette déclaration marque la remobilisation de la communauté intellectuelle représentative d’une partie de la gauche. « En quelques jours, la situation est renversée : c’est le gouvernement, l’armée, leur politique, c’est la guerre d’Algérie tout entière dont le procès commence », commente Marcel Péju, des Temps modernes, dans sa préface au Procès du réseau Jeanson, la reproduction des minutes du procès publiée en 1961 par François Maspero.

Le verdict est rendu le 1° octobre 1960. Dix ans de prison pour quatorze de ses membres : c’est le cas de Jeanson, condamné par coutumace, d’Hélène Cuenat, de Jacques Vignes, de Cécile Marion, de Dominique Darbois et de Jean Claude Paupert. Le retentissement du procès est perceptible dans les sphères intellectuelles, politiques, militaires, étudiantes.
Aux yeux de Français de plus en plus nombreux, l’indépendance de l’Algérie semble inéluctable.

Lorsqu’elle est proclamée, le 5 juillet 1962, certains « porteurs de valises » gagnent l’Algérie. Ce sont les « pieds rouges », en opposition aux pieds noirs rentrant en métropole, auxquels la journaliste Catherine Simon vient de consacrer une vaste enquête. Francis Jeanson, lui, ne suit pas le mouvement.
Son but est atteint.
Il pose ses valises, sans rien renier de son engagement.

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Source: canempechepasnicolas