mardi 22 décembre 2009

MARX ANARCHISTE?

Michel Peyret

15 décembre 2009







MARX ANARCHISTE?







C'est en tout cas la thèse que soutient Maximilien Rubel.

Mais au diable les restrictions intellectuelles et place au débat, à la confrontation d'idées, à la diversité , nécessaires pour procéder « à l'étude concrète d'une situation concrète », selon la formule de Lénine, et faire apparaître les contradictions qui la font se mouvoir.




Et donnons, en l'occurrence, raison à Rubel qui illustre à souhait ses constats et jugements relatifs au marxisme, selon lui et selon d'autres, « Idéologie dominante d'une classe de maîtres qui a réussi à vider les concepts de socialisme et de communisme, tels que Marx et ses précurseurs les entendaient, de leur contenu originel, en leur substituant l'image d'une réalité qui en est la totale négation. »




UN MARXIEN CHEZ LES MARXISTES




« Un marxien chez les marxistes, Maximilien Rubel », titre pour sa part Patrice Beray, lequel rappelle que Karl Marx s'est défendu sur ses vieux jours, alors que son oeuvre commençait à lui valoir des disciples, et à nourrir les visées de révolutionnaires « professionnels », ou en voie de le devenir, en affirmant pour son compte: « Tout ce que je sais, c'est que moi je ne suis pas marxiste. »




Et Patrice Beray, qui présente un ouvrage de Miguel Abensour et Louis Janover consacré à Rubel, estime que nul autre que ce dernier n'a saisi la portée de cri du coeur du penseur allemand.

Il rappelle que né en 1905 dans l'ancienne Autriche-Hongrie, Rubel a vêcu à Paris de 1931 à sa mort en 1996, est entré au CNRS en 1947, s'est livré à des recherches érudites sur l'histoire du mouvement ouvrier, et s'est consacré pendant plus de trente ans à l'édition des oeuvres de Marx dans La Pléiade.




« On lui doit, dit-il, une distinction radicale entre « marxien » qui, comme le précisent les auteurs, se rapporte selon lui exclusivement à l'oeuvre de Marx » et « marxiste » qui « renvoie aux épigones de toutes sortes. »

Il ajoute, et on conviendra que la distinction n'est pas mince au regard de l'Histoire où les faits sont têtus, surtout quand ils ont fait souffler un vent de désastre jusque sur l'utopie politique.




Pour sa part, Maximilien Rubel pense, lui, et sans se limiter à cette opinion, que les idées de Marx peuvent être efficaces aujourd'hui sur un autre mode que celui d'un évangile politique pour régime totalitaire.




CHEZ MARX, UNE ETHIQUE




Une éthique?

« Chez Marx, dit-il, il s'agit de l'impératif de supprimer toutes les conditions dans lesquelles l'homme est un être humilié, asservi, abandonné et méprisable. Cette préoccupation éthique traverse toute l'oeuvre, jusqu'au Capital...

« Marx condamnait trois formes de « despotisme »(le terme de totalitarisme lui était inconnu ): en France, le bonapartisme, ce que j'ai développé dans Marx devant le bonapartisme; en Allemagne, le prussianisme et surtout, en Russie, le tsarisme.

« Mais l'archétype, c'est bien le premier Napoléon, dont le neveu, Napoléon III, n'est qu'une image affaiblie.

« Dans la critique de ces trois genres d'absolutisme d'Etat, nous avons déjà celle du totalitarisme moderne! La Russie étant le cible préférée. N'a-t-on pas parlé de la « russophobie » de Marx? »




Au demeurant, Maximilien Rubel réfute les arguments de ceux qui attribuent à son oeuvre une valeur exclusivement descriptive du capitalisme au siècle dernier, la validité de sa pensée n'excédant pas les bornes de son époque.




Il répond par une sorte de paradoxe:

« J'estime pour ma part, au contraire, que Marx est un penseur du 20eme siècle et non du 19eme.

« Marx est même le seul penseur du 20eme siècle dans la mesure où aucun de ses contemporains n'a laissé d'oeuvre utilisable, fut-ce au prix d'une distorsion.

« Ainsi n'y-a-t-il pas d'empire hégélien, alors qu'il existe encore un empire marxiste, la Chine par exemple.

« Ce qui s'est produit et s'est achevé avec l'URSS nous permet de prendre conscience plus encore des deux menaces qui, selon Marx, pèsent toujours sur le destin de l'humanité, par l'intermédiaire des armes de destruction massive: l'Etat et le système capitaliste en cors de mondialisation. »




DEUX MENACES, L'ETAT ET LE CAPITAL




Nous y sommes , les deux menaces, l'Etat et le système capitaliste!




Mais c'est dans « Marx, théoricien de l'anarchisme » que Rubel appréhende la très profonde proximité qui est la sienne avec le contenu de l'oeuvre de Marx en la matière et qu'il met en évidence combien il a été desservi par des disciples qui n'ont réussi ni à dresser le bilan et les limites de sa théorie, ni à en définir les nomes et le champ d'application.




« Le marxisme est né et s'est développé, dit-il, alors que l'oeuvre de Marx n'était pas encore accessible dans son intégralité et que d'importantes parties en étaient restées inédites.

« Ainsi, le triomphe du marxisme comme doctrine d'Etat et idéologie de parti a précédé de quelques décennies la divulgation des écrits où Marx a exposé le plus clairement et le plus complètement les fondements scientifiques et les intentions éthiques de sa théorie sociale.




« Que des bouleversements profonds se soient produits sous l'invocation d'une pensée dont les principes majeurs sont restés ignorés des protagonistes du drame historique suffirait à montrer que le marxisme est le plus grand, sinon le plus tragique, malentendu de ce siècle. »




Tirant toutefois « toute la couverture à lui », Maximilien Rubel, s'il considère que Marx a eu peu de sympathie pour certains anarchistes, et c'est effectivement le moins que l'on puisse dire, révèle que l'on ignore généralement « qu'il n'en a pas moins partagé l'idéal et l'objectif: la disparition de l'Etat.




LA DISPARITION DE L'ETAT, UN IDEAL PARTAGE




« Il convient donc de rappeler qu'en épousant la cause de l'émancipation ouvrière, Marx s'est d'emblée situé dans la tradition de l'anarchisme plutôt que dans celle du socialisme ou du communisme.

« Et lorsqu'il a finalement choisi de se dire communiste, cette appellation ne désignait pas à ses yeux un des courants, alors existants, du communisme, mais un mouvement de pensée et un mode d'action qu'il restait à fonder en rassemblant tous les éléments révolutionnaires hérités des doctrines existantes et des expériences de lutte du passé. »




Aussi Rubel va tenter de montrer que, sous le vocable de communisme, Marx a développé une théorie de l'anarchie.

« Mieux, ajoute-t-il, qu'il fut, en réalité, le premier à jeter les bases rationnelles de l'utopie anarchiste et à en définir un projet de réalisation. »




Son expérience personnelle de lutte pour la liberté de la presse en Prusse l'amènent à s'interroger sur la vraie nature de l'Etat et sur la validité rationnelle et éthique de la philosophie politique de Hegel.

« Ce sera, dit-il, outre un travail inachevé et inédit, la Critique de la philosophie hégélienne de l'Etat ( 1843 ), deux essais polémiques: « Introduction à la critique hégélienne du droit » et « A propos de la question juive » ( Paris, 1844 ).




« Ces deux écrits constituent à vrai dire un seul manifeste où Marx désigne une fois pour toutes et condamne sans restriction les deux institutions sociales qu'il voit à l'origine des maux et des tares dont la société moderne pâtit et dont elle pâtira aussi longtemps qu'une nouvelle révolution ne viendra les abolir : l'Etat et l'Argent.




LE PROLETARIAT MODERNE




« Simultanément, Marx exalte la puissance qui, après avoir été la principale victime de ces deux institutions, mettra fin à leur règne comme à toute autre forme de domination de classe politique ou économique: le prolétariat moderne.

« L'auto-émancipation de ce prolétariat, c'est l'émancipation universelle de l'homme, c'est après la perte totale de l'homme, la conquête totale de l'homme... »




Evoquant les principales différences qui caractérisent les conceptions réciproques de Marx et de Proudhon:

« A la morale réaliste de Proudhon, cherchant à sauver « le bon côté » des institutions bourgeoises, Marx oppose l'éthique d'une utopie dont les exigences sont à la mesure des possibilités offertes par une science et une technique suffisamment développées pour subvenir aux besoins de l'espèce.




« A un anarchisme tout aussi respectueux de la pluralité des classes et des catégories sociales que favorable à la division du travail et hostile à l'associationnisme prôné par les utopistes, Marx oppose un anarchisme négateur de classes sociales et de la division du travail, un communisme qui reprend à son compte tout ce qui, dans le communisme utopique, pourrait être réalisé par un prolétariat conscient de son rôle émancipateur et maître des forces productives... »




DEUX TYPES D'ANARCHISME, UNE FINALITE COMMUNE




Et pourtant, en dépit de ces voies divergentes, les deux types d'anarchisme se réclament d'une finalité commune, celle que le Manifeste communiste a défini en ces termes:

« L'ancienne bourgeoisie avec ses classes et ses antagonismes de classe fait place à une association où le libre développement de chacun est la condition du libre épanouissement de chacun. »

Pourtant, on le sait, Marx s'est refusé à inventer des recettes pour les marmites de l'avenir.




Cependant, dit Maximilien Rubel, « il a fait mieux que cela, ou pis, il a voulu démontrer qu'une nécessité historique, telle une fatalité aveugle, entraînait l'humanité vers une situation de crise où il lui faudrait affronter un dilemme décisif: être anéantie par ses propres inventions techniques ou survivre grâce à un sursaut de conscience la rendant capable de rompre avec toutes les formes d'aliénation et d'asservissement qui ont marqué les phases de son histoire.




« Seul ce dilemme est fatal, le choix de l'issue étant laissé à la classe sociale qui a toutes les raisons de refuser l'ordre existant et pour réaliser un mode d'existence profondément différent de l'ancien.

« Virtuellement, le prolétariat moderne est la force matérielle et morale apte à assumer cette tâche salvatrice de portée universelle.




« Toutefois, cette force virtuelle ne pourra devenir réelle que lorsque le temps de la bourgeoisie sera accompli, car elle aussi remplit une mission historique; si elle n'en est pas toujours consciente, ses idéologues se chargent de lui rappeler son rôle civilisateur.




« En créant le monde à son image, la bourgeoisie des pays industriellement développés embourgeoise et prolétarise les sociétés qui tombent progressivement sous son emprise politique et économique.

« Vu sous l'angle des intérêts prolétariens, ses instruments de conquête, le capital et l'Etat, sont autant de moyens d'asservissement et d'oppression.




L'HEURE DE LA REVOLUTION PROLETARIENNE




« Lorsque les rapports de production capitalistes et partant les Etats capitalistes seront effectivement établis à l'échelle mondiale, les contradictions internes du marché mondial révèleront les limites de l'accumulation capitaliste et provoqueront un état de crise permanente qui mettra en péril les assises mêmes des sociétés asservies et menacera jusqu'à la survie pure et simple de l'espèce humaine.

« L'heure de la révolution prolétarienne sonnera sur toute la terre... »




Maximilien Rubel est cependant conduit à rappeler avec une insistance toute particulière, que l'hypothèse la plus fréquente que Marx nous offre est celle de la révolution dans les pays ayant connu une longue période de civilisation bourgeoise et d'économie capitaliste:

« Elle doit marquer le début d'un processus de développement englobant peu à peu le reste du monde, l'accélération du progrès étant assuré par osmose révolutionnaire.




« Quelle que soit l'hypothèse envisagée un fait est certain: il n'y a pas de place, dans la théorie sociale de Marx, pour une troisième voie révolutionnaire, celle de pays qui, privés de l'expérience historique du capitalisme développé et de la démocratie bourgeoise, montreraient aux pays ayant un long passé capitaliste et bourgeois le chemin de la démocratie prolétarienne...




LA MYTHOLOGIE MARXISTE




« La mythologie marxiste née avec la révolution russe de 1917 a réussi à imposer aux esprits peu informés une tout autre image de ce processus révolutionnaire: l'humanité serait partagée entre deux systèmes d'économie et de politique, le monde capitaliste dominé par les pays industriellement développés et le monde socialiste dont le modèle, l'URSS, a accédé au rang de deuxième puissance mondiale, par suite d'une révolution « prolétarienne ».

« En fait, l'industrialisation du pays est due à la création et à l'exploitation d'un immense prolétariat et non au triomphe et à l'abolition de celui-ci.




« La fiction d'une « dictature du prolétariat » fait partie de l'arsenal des idées imposées parles nouveaux maîtres dans l'intérêt de leur propre puissance; plusieurs décennies de barbarie nationaliste et militaire à l'échelle du monde font comprendre le désarroi mental d'une intelligentsia universelle victime du mythe dit « Octobre socialiste ».




Maximilien Rubel considère toutefois que des trois théories, doctrines et notions qui forment dans leur ensemble le patrimoine intellectuel du socialisme, du communisme et de l'anarchisme qui visent à une mutation profonde de la société humaine, l'anarchisme a le moins souffert de cette perversion: n'ayant pas créé une véritable théorie de la praxis révolutionnaire, il a pu se préserver de la corruption politique et idéologique dont les deux autres écoles de pensée ont été frappées.




« Issu de rêves et de nostalgies tout autant que de refus et de révolte, il s'est constitué en tant que critique radicale du principe d'autorité sous tous ses déguisements, et c'est surtout comme telle qu'il a été absorbé par la théorie matérialiste de l'histoire.

« Celle-ci est essentiellement une pensée de l'évolution historique de l'humanité passant par étapes progressives d'un état permanent d'antagonismes sociaux à un mode d'existence fait d'harmonie sociale et d'épanouissement individuel.




UNE FINALITE COMMUNE




« Or, tout autant que la critique sociale transmise par l'utopie anarchiste, la finalité commune aux doctrines radicales et révolutionnaires d'avant Marx est devenue partie intégrante du communisme anarchiste de ce dernier.

« Avec Marx, l'anarchisme utopique s'enrichit d'une dimension nouvelle, celle de la compréhension dialectique du mouvement ouvrier perçu comme auto-libération éthique englobant l'humanité tout entière...




« On est en droit d'appliquer à sa propre théorie la thèse éthique qu'il a formulée à propos du matérialisme de Feuerbach ( 1845 ):

« La question de savoir si la pensée humaine peut prétendre à une vérité objective n'est pas une question relavant de la théorie, mais une question pratique.

« C'est dans la pratique que l'homme doit démontrer la vérité, c'est-à-dire la réalité et la puissance, l'au-deçà de sa pensée. »




Et c'est dans « A propos de la question juive », 1844, que Marx, sans se limiter à la critique de l'émancipation politique, définit et la fin qu'il convient d'atteindre et le moyen pour la réaliser:




« C'est seulement lorsque l'homme individuel, être réel, aura récupéré le citoyen abstrait et sera devenu en tant que individu un être social dans sa vie empirique, dans son activité individuelle, dans ses rapports individuels; ce n'est que lorsque l'homme aura reconnu et organisé ses « forces propres » comme forces sociales et que, de ce fait, il ne détachera plus de lui-même le pouvoir social sous forme de pouvoir politique-, c'est alors seulement que sera accomplie l'émancipation humaine. »




En somme, poursuit Rubel, Marx s'appliquera à démontrer scientifiquement ce dont il était déjà persuadé intuitivement et ce qui lui paraissait éthiquement nécessaire: il abordera l'analyse du capital d'un point de vue sociologique, comme pouvoir de commandement sur le travail et ses produits, le capitaliste possédant cette puissance non en vertu de ses qualités personnelles ou humaines, mais en tant que propriétaire du capital:

« Le salariat est un esclavage, et tout relèvement autoritaire du salaire ne sera qu'une meilleure rémunération d'esclaves. »




ESCLAVAGE ECONOMIQUE ET SERVITUDE POLITIQUE




Las, « esclavage économique et servitude politique vont de pair.

« L'émancipation politique, la reconnaissance des droits de l'homme par l'Etat moderne ont la même signification que la reconnaissance de l'esclavage par l'Etat antique ( La Sainte Famille, 1848 ).

« Esclave d'un métier salarié, l'ouvrier l'est aussi de son propre besoin égoïste comme du besoin étranger.




« La condition humaine n'échappe pas davantage à la servitude politique dans l'Etat démocratique représentatif que dans la monarchie constitutionnelle. »




Et, à nouveau, Rubel revient à Marx:

« Dans le monde moderne, chacun est à la fois membre de l'esclavage et de la communauté bien qu'en apparence la servitude de la société bourgeoise soit le maximum de liberté. »




Ou encore dans Vorwärts, 1848,:

« L'existence de l'Etat et l'existence de la servitude sont inséparables...Plus l'Etat est puissant, plus un pays est, de ce fait, politique, moins il est disposé à chercher dans le principe de l'Etat, donc dans l'organisation actuelle de la société dont l'Etat est lui-même l'expression active, consciente et officielle, la raison de ses maux sociaux... »




Ou enfin après la Commune:

« La Commune ne fut pas une révolution contre une forme quelconque de pouvoir d'Etat, légitime, constitutionnelle, républicaine ou impériale.




LA COMMUNE, REVOLUTION CONTRE L'ETAT




« Elle fut une révolution contre l'Etat comme tel, contre cet avorton monstrueux de la société;elle fut la résurrection d l'authentique vie sociale du peuple, réalisée par le peuple. »




Et de préciser dans « L'Idéologie allemande »:

« Les prolétaires se trouvent donc en opposition directe à la forme dans laquelle les individus de la société ont pu jusqu'ici se donner une expression d'ensemble, à savoir l'Etat: ils doivent renverser l'Etat pour réaliser leur personnalité.




Cependant, les prolétaires doivent également se débarrasser de l'esclavage économique, le travail salarié.




Dans le Capital, Marx réaffirme que « pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il aura naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif.




LA PROPRIETE SOCIALE




« Là il s'agissait de l'expropriation de la masse pour quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation que de quelques usurpateurs par la masse. »

Ce stade franchi, Rubel cite Marx dans l'Anti-Proudhon , 1847:

« Est-ce à dire qu'après la chute de l'ancienne société il y aura une nouvelle domination de classe se résumant dans un nouveau pouvoir politique?

« Non!...

« Dans le cours de son développement, la classe laborieuse substituera à l'ancienne société civile une association qui exclura les classes et leur antagonisme, et il n'y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est précisément le résumé officiel de l'antagonisme dans la société civile. »




ALORS MARX ANARCHISTE?




C'est en tout cas la conviction profonde de Maximilien Rubel qui considère que Marx s'est formellement proclamé « anarchiste » lorsqu'il écrivait:

« Tous les socialistes entendent par anarchie ceci: le but du mouvement prolétaire, l'abolition des classes, une fois atteint, le pouvoir d'Etat disparaît et les fonctions gouvernementales se transforment en de simples fonctions administratives. »

Pour le respect des droits des adhérents de la Section Halles-Bourse du PCF des 1er et 2ème.

Pour le respect des droits des adhérents
de la Section Halles-Bourse du PCF des 1er et 2ème.


Depuis Janvier 2009, la remise des cartes des adhérents de cette section fait l'objet d'une rétention de la part de Patrice Bessac , secrétaire de la Fédération de Paris.

Celui -ci entend imposer un nouveau secrétaire non adhérent de cette section, et prendre le contrôle des locaux du 62, rue Montmartre chèrement acquis et entretenus par les militants depuis 39 ans.

Il n'a pas hésité à organisé l'effraction de ces locaux, avec Jérôme Relinger PDG de la SA Rochechouart, et par la suite à recourir à la Justice et à la police pour obtenir l'expulsion de la Secrétaire de la Section Simonne Goenvic, adhérente de longue date, militante d'entreprise, ancienne Conseillère de Paris et du 2ème arrondissement, ainsi que de ses camarades.

C'est du jamais vu dans la vie du Parti communiste.

Il s'agit d'un procès politique intenté à l'encontre de militants qui ont eu à cœur de défendre un point de vue communiste en s'opposant aux privatisations, à la mixité public-privé, au démantèlement des services publics, à la casse des grandes conquêtes sociales de la Libération, en disant non à l'intervention militaire en Yougoslavie et en Afghanistan aux côtés de L'OTAN.

Ils ont exprimé leur point de vue dans la préparation des divers Congrès et en ont rendu compte à la Direction Fédérale., cela fut le cas pour le 34ème Congrès, mais leurs votes n'ont pas été pris en compte. Alors que des cotisations ont bien été réglées, et les chèques encaissés par la Fédération, qu'une Direction de Section a bien été élue.

Or la Commission nationale des Conflits ne valide pas les votes, tout comme elle ne valide pas le " secrétaire " imposé par la Fédération. Celle-ci a recommandé la remise des cartes aux adhérents et l'organisation d'une assemblée.

En Juillet 2009, puis en Septembre 2009, la Direction de la Section Halles-Bourse qui n'a pas été dissoute est intervenue en se référant aux statuts du PCF pour que les cartes 2009 lui soient remises.

C'est seulement le 27 Novembre 2009 qu'une rencontre, non statutaire, s'est tenue au Siège de la Fédération en présence de Patrice Bessac et de deux représentants de la Section.

Les propositions faites par Patrice Bessac crée une situation d'exception pour la Section Halles-Bourse, en décrétant que la remise des cartes se fera au Siège de la Fédération, sur présentation d'un justificatif de revenus pour le paiement des cotisations. Ainsi il se réserve le droit de sélectionner ceux à qui il remettrait la carte ouvrant droit au vote pour élire une nouvelle Direction.



Nous ne pouvons accepter de telles pratiques autoritaires, nous nous interrogeons sur la légitimité de ceux qui les emploient.

Nous nous adressons solennellement à la Direction nationale du PCF pour exiger :


que conformément aux statuts du PCF, les cartes 2009 soient remises sans condition aucune à tous les adhérents de 2008 et à ceux qui ont adhéré en 2009 sur cette Section.

Que la Direction de section élue fin 2008, à l'unanimité par les adhérents à jour de leurs cotisations, soit reconnue comme seule légitime pour remettre les cartes et percevoir les cotisations, pour réunir une Assemblée sans ingérence de la Direction fédérale.

Que toutes les procédures judiciaires engagées contre Simonne Goenvic cessent immédiatement

Que la propriété du Local du 62, rue Montmartre soit reconnue à ceux qui en ont financé l'achat et l'entretien, et qui y font vivre une activité communiste depuis 39 ans.



NOM signature

A adresser a "melinamiche@orange.fr

Sujet : [pôle position] On ne sauvera pas la Terre et l'humanité sans SORTIR DU CAPITALISME

Sujet : [pôle position] On ne sauvera pas la Terre et l'humanité sans SORTIR DU CAPITALISME


Madame, monsieur, cher(e) concitoyen(ne),

Nous avons eu votre courriel directement ou par l'entremise d'un de vos amis ou connaissances. La censure étant totale sur les positions franchement communistes, clairement républicaines et 100% anti-Maastricht que nous défendons, nous souhaitons diffuser plus largement nos idées sur la Toile. C'est pourquoi nous vous adressons ce message dont nous vous souhaitons bonne lecture. Si vous êtes intéressés, merci de nous contacter ou d'aller visiter nos sites national (initiative-communiste.fr)
ou locaux (prcf62 ; prcf66). Si vous n'êtes pas intéressé, veuillez nous excuser, merci de nous prévenir par retour de courriel, nous vous ôterons aussitôt de la liste de diffusion. Cordialement, Les responsables de la liste de diffusion du PRCF ECOLOGIE:
On ne sauvera pas la Terre et l'humanité sans SORTIR DU CAPITALISME !


Il y a vingt ans, la "nouvelle pensée politique" du sieur Gorbatchev a conduit les communistes, les progressistes et les travailleurs du monde entier à une terrible défaite historique. Le liquidateur en chef du Mouvement communiste international prétendait en effet qu' "/à notre époque, les valeurs universelles de l'humanité l'emportent sur les intérêts de classe du prolétariat/". En fait, sous le masque des "valeurs universelles de l'humanité", de la "démocratie au-dessus des classes", de l' "unité de la civilisation", la /pérestroïka/ (la "catastroïka" disent les Russes expérience faite!) a permis le triomphe de la contre-révolution capitaliste à l'Est. Et loin de favoriser la paix mondiale, le développement partagé et la gestion économe des ressources terrestres, la re-mondialisation de l'exploitation capitaliste s'est traduite par de terribles souffrances pour les travailleurs, pour les peuples du Sud (l'humanité compte aujourd'hui 1 milliard d'affamés!) et par l'hégémonie sanglante du belliqueux impérialisme américain.

Eh bien, le pitoyable fiasco du "sommet de Copenhague" vient de prouver toute la fausseté de cette idéologie pseudo-pacifiste et pseudo-écologiste qui affirme l'existence d'un "intérêt général de l'humanité par-delà toutes les classes sociales". En effet, les Cohn-Bendit, Joschka Fischer, Hulot, Arthus-Bertrand et Cie qui nous expliquent que "l'écologie est au-dessus de la lutte des classes", que "le combat écologique est commun à toute l'humanité", que "nous sommes tous coupables du réchauffement climatique", viennent d'être ridiculisés par leurs maîtres capitalistes qui, à Copenhague, ont étalé cyniquement leur indifférence profonde pour le sort de la planète. En réalité, le seul souci des Obama, Merkel, Sarkozy, aura été de développer le "capitalisme vert", de prendre le contrôle de la Chine, de l'Inde et de la Russie sous couvert d'écologie, d'abandonner l'Afrique à l'effondrement économique et de protéger avant tout les intérêts industriels des grands monopole s européens et américains. Porte-parole des trusts US qui sont les plus gros pollueurs de la planète, défenseur de l'"american way of life » fondé sur l'exploitation du travail, sur le pillage de toute la planète, sur le consumérisme abrutissant, sur le culte des armes et de la violence et sur une course aux armements sans laquelle l'industrie US s'effondrerait sur le champ, le "gentil Obama" a montré qu'il se souciait du monde comme d'une guigne. C'est principalement le pouvoir US qui a fait échouer l'accord nécessaire pour obtenir une baisse drastique des pollutions. Et pour cause: le grand capital US veut continuer à ignorer le protocole de Kyoto sur les gaz à effets de serre. Alors, Obama a tenté une diversion typiquement impérialiste en prétendant imposer une surveillance internationale... aux Chinois et aux Indiens. Ceux-ci ont justement refusé que leurs ex-colonisateurs, qui ont mis le monde dans un triste état, viennent maintenant leur donner des leçons. D'autant qu e l'essor non écologique de la production dans les pays à bas coût de main d'oeuvre est l'oeuvre des puissances capitalistes: ce sont elles qui ont délocalisé leur production dans les pays d'Orient pour briser la classe ouvrière occidentale, surexploiter une main d'oeuvre sans protection sociale et.. échapper aux règlements écologiques des pays industriels! C'est en somme le pyromane US qui demande à jouer les surveillants de forêt dans les pays où il a mis le feu! A l'arrivée on a donc un texte-croupion qui n'a aucun effet contraignant et qui laisse l'humanité continuer dans sa course à l'abime!

Aussitôt, les PSEUDO-écologistes à la Cohn-Bendit entonnent l'air du "gouvernement mondial" et de "l'Europe politique" nécessaire selon eux pour "peser sur les décisions planétaires". Argumentation aberrante: d'abord, l'Europe politique existe depuis l'adoption du Traité de Lisbonne adopté en violation du Non français à la constitution européenne. Ce n'est donc pas faute d'une "Europe politique" que Copenhague aura été un fiasco. La réalité est que l'U.E. est de A à Z aussi impérialiste, capitaliste et EGOISTE que ses inspirateurs nord-américains. Sarkozy, qui a ridiculement accusé la Chine et l'Inde d'avoir torpillé le sommet, a d'ailleurs étalé sa servilité envers son maître états-unien, lequel n'a même pas daigné recevoir le micro-gesticulateur de l'Elysée.

En fait, à supposer qu'il soit possible, tant les rivalités inter-impérialistes sont apparues profondes au Danemark, un "gouvernement européen" coiffé d'un "gouvernement mondial" serait un remède pire que le mal qui donnerait une puissance accrue aux monopoles capitalistes, responsables de la pollution. Autant compter sur Al Capone pour neutraliser la maffia!... La "moralisation" du capitalisme, la "bonne gouvernance mondiale" confiée aux bandits du capital international, voilà le type de fable qu'Europe-Ecologie voudrait faire accroire, sinon à la classe ouvrière, qui constate que ces gens servent à justifier l'austérité salariale, l'impôt carbone sur les salariés et la désindustrialisation de la France, du moins à certains membres des couches moyennes qui jouent les experts en écologie, mais qui croient encore aux contes de fées politiques comme "l'Europe sociale" et le "capitalisme écologique"...

Le fond des choses, c'est que le système capitaliste-impérialiste est devenu exterministe; loin d'impulser le progrès humain comme l'a fait la bourgeoisie du 19ème siècle au prix de terribles injustices, le capital monopoliste n'a plus en tête que : le "profit d'abord" et "après moi le déluge". Marx avait prévu cela puisqu'il écrivait: "le capitalisme ne développe la richesse qu'en épuisant ses deux sources: la terre et le travailleur". Pendant la guerre froide, l'exterminisme capitaliste se manifestait surtout par le chantage à la guerre nucléaire antisoviétique. Dans les années 80/84 en effet, sous la conduite de Reagan (dont l'un des slogans officieux était "Eliminate Russians Atomically" ), le monde capitaliste se dirigeait froidement vers la confrontation nucléaire avec l'URSS (implantation des fusées Pershing en RFA). Aujourd'hui cet exterminisme capitaliste persiste en changeant de forme: crises économiques à répétition, explosion du chômage... et désormais indifférence profonde à l'avenir écologique de la planète. Chavez a d'ailleurs bien résumé la situation en déclarant que "si le monde était une banque, il serait déjà sauvé"... Il faut donc comprendre à temps, CONTRE les escamoteurs idéologiques à la Cohn-Bendit, que:

a) le capitalisme et ses dirigeants se moquent de l'humanité; leur seule "valeur universelle" s'appelle l'ARGENT, et c'est une valeur DE CLASSE.

b) à l'inverse, seul le communisme, seul le combat de classe pour une société sans classes, peut sauver l'humanité car c'est seulement dans une société sans classes que "l'intérêt général de l'humanité" deviendra réalité. Dans une société socialiste, l'économie sera planifiée, les moyens de production appartiendront à la société et non à une minorité d'égoïstes; la coopération entre les pays l'emportera sur la concurrence meurtrière et sur le "moins-disant social". Bref la production se fera dans le respect de l'humain et des équilibres vitaux de la planète bleue. En un mot, le capitalisme, c'est-à-dire l'exploitation de l'homme par l'homme, est devenue un luxe pour l'humanité. Soit l'homme tue le capitalisme au 21ème siècle, soit le capitalisme tuera l'homme avant le 22ème siècle! D'une manière déformée et grossièrement irrationelle, les films et romans d'apocalyse qui se multiplient, témoignent que l'humanité prend conscience que cette lutte à mort est déjà engagée.

Quant à l'Europe, elle n'est pas la solution, mais le problème; elle est en effet constitutionnellement "une économie de marché ouverte sur le monde", c'est-à-dire une jungle. L'U.E., il faudra donc en sortir si nous voulons nous en sortir, comme il faudra sortir du capitalisme si nous voulons que l'humanité se développe avec une croissance fondée sur les besoins humains véritables et non sur le gâchis insensé pour les uns, sur la misère pour la majorité et sur la destruction imbécile de ce qui, tôt ou tard, devra redevenir notre bien commun: la Terre. Bref on ne sauvera pas l'humanité avec, mais contre les "porteurs de Rollex" qui dominaient à Copenhague...

Pour en savoir plus, venez visiter notre site :Initiative communiste (journal du PRCF)

dimanche 13 décembre 2009

Après le 49ème congrès de la CGT

Après le 49ème congrès de la CGT
Le 49ème Congrès confédéral de la CGT avait pourtant été parfaitement préparé par la direction confédérale : des documents préparatoires diffusés tardivement et au compte-goutte (de nombreux militants se sont entendus dire qu'ils n'avaient qu'à les télécharger sur Internet...), des délégués triés sur le volet par les Fédés et les UD et pour beaucoup non mandatés par les syndicats de base.... Tout était calé pour que que les débats de fond sur l'orientation réformiste, le syndicalisme rassemblé au sommet ou le bilan de 20 années de recentrage soient évacués et que les invités d'honneur, les John Monks (CES), les François Chérèque (CFDT) et autres Guy Ryder (CSI), tous tenants d'une collaboration ouverte avec le grand patronat et ses institutions, reçoivent un accueil chaleureux.




Et pourtant, ce congrès bouclé d'avance sonne comme un échec pour B.Thibault et la ligne de collaboration de classe qu'il met en œuvre depuis de longues années.

Derrière les scores acquis à l'avance (y compris en faisant voter « Oui » aux mandats non exprimés avant le congrès), le mécontentement et la colère de la grande partie des organisations de base de la CGT qui s'exprime depuis plusieurs mois a pu percer le mur.

La présentation de Jean-Pierre Delannoy face au candidat du réformisme a été très utile pour que les « bouches s'ouvrent » et de nombreux délégués du Privé comme du Public sont montés au créneau au point que la coupure entre tribune et salle a parfois été caricaturale sur le bilan catastrophique de la direction confédérale, ses orientations dangereuses pour la CGT et les travailleurs, son refus d'appeler au soutien des secteurs en lutte (SNCF, RATP, Musées, taxis, Education, santé...) et à la convergence de ces luttes, la collaboration de classe ouverte des directions syndicales rassemblées dans l'accompagnement. Au final, John Monks et Guy Ryder ont été contraints de raser les murs tandis que B. Thibault a préféré demander à F. Chérèque de renoncer à venir.




Ne nous trompons pas, derrière les manifestations d'autosatisfaction de B. Thibault, la base combative de la CGT a réussi à faire irruption dans ce congrès et à mettre sur la défensive les tenants du (contre)réformisme grâce à la détermination et aux luttes de tous ceux qui, dans leur diversité, rejettent la collaboration de classe.




Le Front Syndical de Classe a contribué avec d'autres à cette bataille. Il continuera à le faire (pour la CGT bien sûr mais aussi à l'occasion du très prochain congrès FSU, car le FSC regroupe des syndicalistes de classe de différentes organisations syndicales (et en particulier CGT et FSU)).

Le FSC appelle d'ailleurs à ne pas désinvestir les syndicats, à ne pas écouter les sirènes de la résignation que font entendre les médias et les dirigeants réformistes : plus que jamais les travailleurs et les syndiqués doivent se réapproprier leurs outils syndicaux. Partout, les organisations de base doivent continuer le travail entrepris de rassemblement la base sur des revendications réelles des travailleurs face au patronat et au gouvernement pour continuer à faire grandir la conscience de classe et mettre à l'ordre du jour l'action des travailleurs « tous ensemble en même temps », seul capable de mettre un coup d'arrêt à l'offensive capitaliste.




Le combat entre réformiste et révolutionnaire est désormais clairement identifié devant nous et c'est, concernant la CGT, dans la CGT qu'il se mènera et se gagnera. Face aux luttes qui vont continuer de s'amplifier face à la guerre de classe menée par le pouvoir et à la régression sans limite à laquelle le capitalisme en crise permanente condamne les travailleurs, les dirigeants réformistes de la CGT ne parviendront pas longtemps à contenir la colère du peuple et des syndiqués fidèles à l'héritage de la « Grande dame ».

dimanche 6 décembre 2009

Jean-Pierre Delannoy : « La CGT a tourné le dos à la lutte des classes ».

Dimanche 6 décembre 2009
Jean-Pierre Delannoy : « La CGT a tourné le dos à la lutte des classes ».

Du 7 au 11 décembre, on va voir « rouge » au 49e Congrès national de la CGT. Jean-Pierre Delannoy, le bouillonnant responsable régional nordiste de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie, a décidé de faire entendre fort sa voix de « dissident » en se présentant face à Bernard Thibaut au poste de secrétaire général.

« Cela fait plusieurs années que la contestation couve, mais nous n’arrivions pas à la rendre visible. Avec l’arrivée du syndicalisme rassemblé et d’une nouvelle direction confédérale à la fin des années 1990, on a senti une accélération du recentrage de la CGT. Celle-ci a tourné le dos à son identité, la lutte des classes. Elle a suivi une stratégie d’accompagnement du système, plutôt que d’être dans le combat ».

En métallo pur et dur, ayant forgé son expérience dans les usines du valenciennois, Jean-Pierre Delannoy sait de quoi il parle : « Quatre cent mille emplois ont été supprimés en 2009, il y en aura autant en 2010. Devant cette catastrophe humanitaire, il fallait construire un vrai plan de lutte. Ça n’a pas été fait ».

La ligne de Jean-Pierre Delannoy et le projet qu’il va soutenir au congrès sont clairs : « On veut redéfinir un contenu revendicatif sans ambiguïté. Nous voulons créer les conditions d’un rapport de force massif, jusqu’au blocage de l’outil de production, ce que refuse Bernard Thibault. Nous dénonçons également la centralisation du pouvoir au sein de la confédération, qui se coupe de la base. C’est l’identité même de l’organisation syndicale qui doit redevenir un outil de lutte, et non une organisation institutionnelle dans une démarche de renoncement et d’accompagnement ».

Le ton est donné. La lutte sera-t-elle finale au 49e congrès de la CGT ?



-http://www.lavoixeco.com/actualite/Secteurs_activites/Siderurgie_et_Metallurgie/2009/12/05/article_j-p-delannoy-la-cgt-a-tourne-le-dos-a-l.shtml

samedi 5 décembre 2009

JEAN-PIERRE PAGE, ANCIEN MEMBRE DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE ET RESPONSABLE DU DEPARTEMENT INTERNATIONAL DE LA CGT : "POUR LE BIEN DE LA CGT

Front Syndical de Classe



Front Syndical de Classe
Site : www.frontsyndical-classe.org - Courriel : frontsyndical.classe@laposte.net
« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. » H. Krazucki

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JEAN-PIERRE PAGE, ANCIEN MEMBRE DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE ET RESPONSABLE DU DEPARTEMENT INTERNATIONAL DE LA CGT : "POUR LE BIEN DE LA CGT BERNARD THIBAULT DOIT RENONCER ET PARTIR!"
Au sujet du 49 ème Congrès de la CGT:
"Pour le bien de la CGT Bernard Thibault doit renoncer et partir!"
On sent chez certains comme une certaine fébrilité à quelques jours de l'ouverture du 49 ème Congrès de la CGT. On dit même que Nicolas Sarkozy s'en inquiète! Pourtant ce congrès tous comme les précédents semblait boucler d'avance tant la conception démocratique de l'équipe dirigeante en place consiste à tout régler avant que les délégués se réunissent ! Depuis que Bernard Thibault est secrétaire général cette méthode a été perfectionné par la bureaucratie de Montreuil, l'autisme et l'arrogance ont fait le reste ! Il n' y a donc guère de place laissé à la spontanéité et encore moins aux surprises.Pour ceux qui pourraient avoir encore quelques illusions sur le déroulement des travaux prévus ; Nantes sera sans aucun doute une déconvenue amère . Des délégués viendront avec l'intention de participer à une discussion et à des décisions. Or celles-ci ont déjà été prises : ailleurs! Dans la vision rénovée de la démocratie syndicale et ouvrière de Bernard Thibault il y a ceux qui décident et ceux qui appliquent!
Certes les spectres ne hantent pas encore les nuits de Bernard Thibault et son équipe. Il peut chercher à se rassurer en sachant que le tri et le choix des délégués a battu cette fois tous les records de duplicité. Il serait d'ailleurs intéressant de connaître la véritable nature et le contenu du mandat confié par les syndiqués de la CGT à chacun des délégués du 49 ème Congrès , et si ces derniers ont pris réellement connaissance et en totalité des textes d'orientation comme de la composition de la future direction ou encore du futur "secrétaire général décidé par avance" et dont l'élection par le congrès devrait être en principe une pure formalité. Une semaine avant le congrès la presse vient d'ailleurs de donner la composition du bureau confédéral et confirmer l'élection de Bernard Thibault.. Les délégués sont infantilisés et le congrès national des syndicats réduit à servir de caisse d'enregistrement!
Donc en apparence tout est réglé mais pourtant on est sur de rien! On traque maintenant les délégués de syndicats qui pourraient faire désordre et déranger le bel ordonnancement prévu . Depuis quelques semaines on a battu le rappel d'anciens dirigeants confédéraux , ils ont refait surface "pour aider Bernard". Cela ne suffit pas à le rassurer , même si l'on sait par ailleurs que Sarkozy, Darcos, Parizot et Chereque ainsi que les médias feront tout de leur côté pur lui faciliter la tache et lui éviter les tensions Bernard Thibault est inquiet . Alors pourquoi?
Comme on vient de le voir il arrive que certains journalistes fassent leur travail sérieusement . Certes les délégués n'ont pas le nez dans le Nouvel Observateur ou dans Marianne pour se forger une idée mais si les révélations non démenties de ces derniers jours , ne sont pas nouvelles , elles apportent un nouvel éclairage sur l'hypocrisie des relations sociales, comme sur les connivences et les complicités de tout ordre entre le MEDEF, le Gouvernement et les syndicats, CGT compris! Tout cela en dit long sur" les liaisons dangereuses" de Bernard Thibault et sur la façon dont ce dernier à au fond brader l'indépendance de la CGT, sans que d'ailleurs cela soulève beaucoup de réactions dans l'organisation Il serait donc inconcevable que les délègues ne se posent pas de questions après avoir expérimenter dans leurs luttes "l'étendue de la solidarité confédérale" ! Cette situation devrait susciter des réactions et pourrait compliquer la "vision d'un syndicalisme rassemblé et apaisé" , dont Bernard Thibault et la CES se sont fait les chantres et les promoteurs. Au moins André Bergeron l'ancien secrétaire général de FO pouvait se prévaloir "de grains à moudre" pour justifier sa collaboration étroite avec les patrons et les gouvernements de l'époque.! Qu'en est il de Bernard Thibault dont le bilan revendicatif est un véritable désastre , bilan qui s'accorde avec la perte d'adhérents CGT qui se poursuit année après année presque inexorablement.
Certains s'interrogent naïvement sur sa stratégie, et sa vision . En serait il dépourvu? Venant de fins observateurs de la vie syndicale française cette remarque pourrait prêter à sourire! A ces questions il faut répondre sans hésiter: OUI! Bernard Thibault à une stratégie . Il a d'ailleurs été mis en place pour mettre en oeuvre celle-ci. Voici presque 10 ans sa feuille de route lui a été confié par son prédécesseur Louis Viannet et ses parrain et marraine: Nicole Notat et Emilio Gabaglio . Elle a consisté a faire en sorte que la CGT en rabaisse non seulement sur ses objectifs et son identité, ce qui n'était déja pas si mal mais qu'en se réformant elle même la CGT contribue à recentrer le syndicalisme français afin de le rendre compatible et soluble avec le syndicalisme européen , la construction européenne façon Lisbonne et la mondialisation capitaliste revu et corrigé..Voici une quinzaine d'années et dans un fameux rapport devant la direction de la CES au sujet de l'affiliation de la CGT et se concluant par" celle-ci est prématuré", Nicole NOTAT soulignait que la différence fondamentale entre la CGT et le syndicalisme européen était de nature culturelle ", nous avons disait elle une culture de propositions et de négociations , la CGT a une culture de confrontation." De puis le temps a passé et il n'est pas sans signification qu'un responsable de la CGT vient de se faire élire secrétaire général adjoint de la CES. Cet événement que les syndicats ignorent n'est pas seulement pour services rendues , et il en a rendu, mais vient confirmer 10 ans âpres son affiliation l'immersion complète de la CGT dans le syndicalisme réformiste européen. Est il utile ici de rappeler que le nouveau promu avait été proposé en son temps au poste de secrétaire de la CES par la CFDT. Comment s'étonner alors qu'avec son compère JC Le Duigou il est soutenu l'approbation de la CGT au projet de Constitution Européenne, rejeté pourtant par la CGT à la grande déconvenue de Bernard Thibault.
Depuis que Bernard Thibault assume cette mission de recentrage avec un talent discutable on est passé dans les rangs de la CGT de l'étonnement , à l'incompréhension, à la critique ouverte ! Elle s'est depuis plusieurs mois radicalisé. De nombreuses luttes ont mis en évidence cette fracture entre la base et le sommet. En 2009 la direction de la CGT a ainsi délibérément conduit les luttes dans l'impasse, consacrant souvent plus d'énergie à démontrer l'irréalisme de ceux qui se battaient , qu' à les encourager en contribuant à l'élargissement des luttes. Aux yeux de Bernard Thibault le développement de celles-ci devenait anachronique et rentrait en contradiction avec la stratégie étroitement concertée avec la CFDT! Soyons clairs le syndicalisme rassemblé ce n'est rien d'autre que la construction d'une alliance durable avec la CFDT avant de devenir organique et dont l'évolution de la CGT est une des conditions . Ce n'est donc pas par incompétence ou par manque de fermeté que la CGT est pour beaucoup de travailleurs atone, inaudible et impuissante mais tout simplement parce que la vision de la direction de la CGT/CES est tout autre . Il est donc parfaitement illusoire de croire et penser que la direction de la CGT va convenir avec un tel bilan catastrophique qu'elle s'est fourvoyé, et à partir de là faire son auto critique et corriger le tir. Par conséquent poursuivre avec Bernard Thibault s'est donc faire le choix de l'isolement et de l'affaiblissement de la CGT donc c'est faire le choix du désarmement et de la capitulation du monde du travail face a la politique du Capital que met en oeuvre Sarkozy et le MEDEF. Il ne servirait à rien de faire l'autruche , ou d'attendre vainement des jours meilleurs. Va t' on prendre la responsabilité d'attendre encore alors que le temps est compté. Une seule solution s'impose donc: Bernard Thibault doit renoncer et partir. C'est une solution responsable et elle s'impose d'elle même! , Elle est possible , le Congres peut décider la mise en place d'une direction provisoire et convoquer un Congrès extraordinaire cette fois réellement démocratique par ce que pris en charge par les syndicats eux mêmes.
Ce qui est sans précédent dans la CGT si l'on tient compte de son histoire, de sa culture, de ses pratiques c'est la perte considérable d'autorité et de crédibilité du secrétaire général de la CGT comme des principaux dirigeants qui l'entourent ! Ce a quoi l'on assiste c'est au rejet de plus en plus systématique d'orientations et de conceptions importés d'ailleurs c'est à dire des bureaux de la CES à Bruxelles et qu'on cherche à imposer contre la volonté des syndiqués de la CGT . Ce sont ces orientations qui suscitent de la colère et sont vécu comme incompatibles avec ce que souhaitent les adhérents de la CGT.Il faut donc en tirer les conséquences! En fait ce que l'on appelle la contestation est un mouvement beaucoup plus profond qu'il n' y parait , un peu comme un iceberg dont on ne verrait que la partie immergée.
Il faut donc se féliciter qu'un dirigeant de la CGT ,représentatif par ailleurs: Jean-Pierre Delannoy ait le courage de prendre la parole au nom de tous ceux qui en sont privés, pour dire tout haut ce que nombreux pensent tout bas. C'est une première qui en dit long et qui porte un espoir parce qu'elle sert a révéler ce qui n'est plus supportable dans la CGT et témoigner ainsi que rien ne sera plus comme avant. L'attitude méprisante, les caricatures et les arguties pseudo statutaires pour contester cette initiative montrent si il le fallait que l'usage a haute dose de la méthode Coué pourrait finir par se retourner contre ceux qui ont cherché à s'approprier la CGT en abusant de leur position, qui pour quelques uns est devenu rente de situation.

Certes la crise de représentativité du syndicalisme français sur fond de faillite du syndicalisme européen et international n'est pas nouvelle. Le désastre des récentes élections prud'homales avec 25% de participation pour toutes les organisations et malgré les moyens mobilisés en dit long.Il est d'ailleurs pitoyable de voir Bernard Thibault se glorifier d'un résultat alors que chez toute personne censé et responsable cette déroute devrait provoquer une prise de conscience. Il n'est pas dit que la messe doit dite, la CGT conserve a travers ses militants des capacités de dévouement et d'intelligence innombrables. raison de plus pour exiger le départ sans délais de Bernard Thibault.
Jean-Pierre Page
ancien membre de la commission exécutive confédérale et responsable du département international de la CGT