dimanche 1 novembre 2009

Qu’est-ce que le communisme ? par duclos

Qu’est-ce que le communisme ?

Par communisme, les gens entendent le plus souvent « égalitarisme » et « partage », comme si le communisme était une simple « affaire de distribution ». On a également immédiatement à l’esprit une vision « autoritaire » et « dictatoriale » de ce « partage » : le macabre décompte des « dizaines de millions de morts » collés injustement sur le dos du communisme (particulièrement en URSS sous Staline).

Cette image véhiculée par les médias dans le monde est une image fausse de la réalité qui reflète les intérêts de classe de la bourgeoisie (laquelle possède rappelons-le journaux, imprimeries et télévisions) dans son combat contre les travailleurs qu’elle exploite. Dans son combat contre le communisme, la bourgeoisie ne recule devant aucun mensonge : « Un spectre hante l’Europe » disait déjà Marx en 1848 dans le manifeste qu’il avait écrit pour répondre aux « légendes » qui circulaient déjà alors sur le communisme. Le communisme, peut se résumer, disait également Marx, par « l’abolition de la propriété privée des moyens de production », puisque cette propriété n’est que la propriété d’une minorité sur les moyens du travail ; cette propriété équivalant à une propriété de la bourgeoisie sur la force de travail collective des travailleurs salariés, privés de fait du produit de leur travail et seulement rémunérés à hauteur de la valeur des moyens de subsistance qui sont nécessaires à la survie de leur race.

Le danger est trop grand pour les exploiteurs que les exploités ne se découvrent des intérêts communs, qu’ils comprennent que sans abolir la base économique objective de la société capitaliste (la propriété privée des moyens de production), toute possibilité véritable d’amélioration de la condition des travailleurs est vaine, et ne jettent ainsi leur regard du côté des communistes, qui sont les seuls à sa battre pour l’abolition de l’esclavage salarié.

Alors, pour cacher la vérité à ses esclaves, la bourgeoisie a recours aux mensonges en vue de la diabolisation des communistes : « Staline aurait ainsi fait tuer consciemment au bas mot 30 millions de personnes en URSS entre 1924 et 1953 ! » Toutes innocentes, bien sûr… Qui n’a pas entendu colporter le mythe des millions de morts des goulags !

A tout ceci les marxistes-léninistes répondent : Mensonges bourgeois que tout cela !

Aujourd’hui, une frange un peu plus honnête de cette même bourgeoisie doit reconnaître à voix basse les chiffres démesurément gonflés de la propagande anti-communiste déversée pendant plus d’un demi siècle dans les pays capitalistes afin de détourner les travailleurs de leur seule possibilité de libération : ainsi, Mosche Lewin, dans son ouvrage Le siècle soviétique (Fayard — Le monde diplomatique, 2003), ne parle plus de la calomnie monstrueuse (les 30 millions de morts sous Staline, encore aujourd’hui couramment colportés par les médias bourgeois), mais de 700 000 personnes exécutées entre 1921 et 1953 ! (Ce qui représentent moins d’ 0,5 % de la population soviétique en 1928.) Pour les besoins de la propagande anti-communiste, ces « 700 000 personnes » (« mystérieusement » toujours très impersonnelles puisqu’il n’est jamais abordé la question de la classe sociale à laquelle elles appartenaient), restent bien sûr toutes d’ « innocentes victimes délibérées du stalinisme ».

Que sur une population d’environ 160 millions d’âmes dans l’URSS des années 1920-1940, ces « 700 000 personnes » aient pu être dans leur immense majorité des exploiteurs de la pire espèce, voilà qui n’effleure jamais l’esprit de nos droits-de-l’hommistes ! Que les travailleurs soviétiques et leurs chefs aient du livrer une bataille acharnée contre ces exploiteurs (qui luttaient de toutes leurs forces pour conserver puis recouvrer leur position sociale d’exploiteurs contre la révolution socialiste puis contre la société socialiste naissante), cela reste inacceptable pour tout démocrate-bourgeois bien-pensant !

Pour Marx, la révolution socialiste est avant tout synonyme d'expropriation et de répression des velléités des exploiteurs (voir à ce sujet son ouvrage La guerre civile en France.)

De même, dans L'État et la révolution, Lénine a systématisé les enseignements de Marx sur l'État et défendu contre les opportunistes "marxistes". Lénine a défini la dictature du prolétariat comme représentant la démocratie authentique pour les travailleurs, contrairement à la démocratie bourgeoise, nécessairement tronquée, fausse et hypocrite du fait des libertés formelles proclamées, mais du joug économique du capital qui y accable les masses travailleuses.

« Entre la société capitaliste et la société communiste, (…) l’État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat », disait déjà Marx en 1875 dans sa Critique du programme de Gotha.

« Démocratie pour l'immense majorité du peuple et répression par la force, c'est-à-dire exclusion de la démocratie pour les exploiteurs, les oppresseurs du peuple, telle est la modification que subit la démocratie lors de la transition du capitalisme au communisme », ajoutait Lénine dans L’Etat et la révolution.

Voici en résumé ce qu’est le « stalinisme » si honni par la bourgeoisie : la pratique radicale de la lutte de classe !

Tout cela, nos « démocrates » et leurs acolytes révisionnistes et trotskistes le passent délibérément sous silence, pour mieux tromper les travailleurs (les soumettant de fait à l’influence de la bourgeoisie).

Nous appelons « révisionnistes », au-delà de la simple question de la souscription aux falsifications bourgeoises (entre autres les camps et la répression —, question qui leur brûle les lèvres), les prétendus « communistes » qui cherchent à réviser le marxisme-léninisme.

Synthétisant les leçons essentielles de la Commune de Paris à partir de l’ouvrage La guerre civile en France de Karl Marx, Lénine insistait sur la nécessité 1° de briser l’appareil d’Etat et militaire bourgeois — arme de répression aux mains des exploiteurs ; 2° de lui substituer un nouvel appareil d’Etat capable de défendre le pouvoir des travailleurs contre les exploiteurs déchus de l’intérieur et contre la bourgeoisie internationale.

Pour rester prolétarien, ce nouvel appareil d’Etat ne doit pas avoir la possibilité de se couper des masses travailleuses. Il n’est donc pas permis les discutailleries entre partis bourgeois, destinées habituellement à duper les travailleurs. Sous le capitalisme, il existe des classes sociales dont les intérêts sont antagonistes : capitalistes monopolistes, petite bourgeoisie, propriétaires fonciers, ouvriers, etc. ; il existe donc un terrain pour l’existence de nombreux partis. Sous le socialisme en revanche, le pouvoir politique est représenté par le Parti Communiste, avant-garde consciente des travailleurs, état-major guidant la construction du socialisme. Le Parti Communiste défend les intérêts de tous les travailleurs, sous le socialisme il n’existe donc pas de base économique et sociale objective justifiant le multipartisme : plus d’exploiteurs ni d’exploités. Autoriser le multipartisme sous le socialisme, ce serait donner la possibilité aux anciens exploiteurs de liquider la direction du prolétariat. « Qui ne travaille pas de mange pas » disait déjà Marx : le travail salarié aboli, il n’y a plus la possibilité de vivre du travail d’autrui. Sous le socialisme, les travailleurs ont donc un intérêt commun réel à l’accroissement de la production sociale, au perfectionnement des rapports de production socialistes et de la planification, dont ils profitent directement.

Sous le prétexte de l’accusation de « dogmatisme » ou de « sectarisme », les pseudo-communistes rejettent (depuis plus d’un siècle !) les fondements du communisme scientifique. Privés de la compréhension scientifique de la réalité économique, politique et sociale du capitalisme, ces « communistes » sont condamnés à « redécouvrir » sans cesse les théories réformistes et social-démocrates léguées par leurs prédécesseurs. Pour ces faux défenseurs des travailleurs, la solution n’est pas dans l’abolition de l’esclavage salarié, mais dans un prétendu « perfectionnement de la démocratie », dans de « possibles » « hausses de salaires » ou dans des « contrats de travail moins précaires », en bref dans des accommodements avec la bourgeoisie exploiteuse ! Quel programme ! Ces revendications sont évidemment impossibles à satisfaire dans le cadre du capitalisme : les lois économiques coercitives de la concurrence — nationale comme internationale — auraient tôt fait de rappeler à un hypothétique patron philanthrope qu’il est nécessaire de fixer le salaire aussi bas que possible !

Le « commerce équitable » auquel les médias bourgeois font une odieuse publicité, s’inscrit dans la même perspective : celle de l’abandon de la perspective révolutionnaire. « Point n’est besoin d’un changement radical (le communisme) quant on peut décider en « consommateur responsable » d’acheter un produit « éthique » qui rémunère « correctement » le travailleur »… tout en permettant aux exploiteurs d’engranger un profit « honnête ». Tel est en substance le maître mot de cette utopie réformiste de « l’altermondialisme », bien sûr économiquement et historiquement condamnée, mort-née : ce « choix » n’est évidemment réservé qu’à une minorité de petits-bourgeois philanthropes, qui ont évidemment les moyens financiers de payer plus cher telle ou telle marchandise ! C’est en somme le prix de la bonne conscience petite-bourgeoise, qui exploite le travailleur, mais « pas trop », dans le meilleur des cas, suffisamment pour lui forger des « chaînes dorées » qu’il hésitera davantage à secouer !

Aucun commentaire: