lundi 23 novembre 2009

Au nom de Jaurès?

Dis Patrick Le Hyaric, l’auteur de l’article « Chez les Coadou, la « voie lactée » est placée sous le signe du bio » de l’Huma Dimanche du 19 au 25 novembre, ou es tu allé le chercher ?
Selon ce monsieur, la qualité du lait tend à baisser. Sur quelles données objectives s’appuie-t-il pour affirmer cela. Et l’Afssa ne serait pas au courant ?
« Le bon lait est un aliment aux nombreuses vertus dès lors qu’il a été produit naturellement, sans avoir été allégé, surchauffé ou stérilisé ».
. Pour l’auteur du papier, seul le lait cru est digne d’intérêt.
Le lait cru doit être bouilli et consommé dans les 48h. Ouvert il ne se conserve pas plus d’une journée. Il n’est pas standardisé en matière grasse.
La pasteurisation consiste à chauffer le lait à 72 ou 82°C pendant 15 secondes. Il doit être consommé dans les 7 jours et placé à 4°C. Une fois ouvert le lait ne se conserve pas plus de trois jours. La pasteurisation permet de conserver les qualités gustatives du lait cru.
Le lait UHT (ultra high température) est traité à 140-150°C pendant 2 à 5 secondes et refroidi tout aussi rapidement. Le procédé présente l’avantage sur la pasteurisation de tuer tous les microorganismes. Il n’altère que faiblement la valeur nutritive du lait. Ce procédé permet de conserver le lait pendant plusieurs mois.
Le monde a changé. Tout le monde ne vit pas à la campagne, dans des régions consacrées à la production laitière.
Le développement des procédés de conservation des aliments est intimement lié au développement du commerce et des transformations des modes de vie. La salarisation massive des femmes a modifié les pratiques culinaires. Dans le commerce alimentaire, la surface consacrée aux produits transformés est supérieure à celle consacrée aux produits frais.
Visiblement les industries alimentaires n’ont pas la côte pour ce « journaliste ». Elles sont accusés de « décortiquer le lait, d’isoler ses constituants et de les bourrer de saloperies » (on aime le beau style à l’Huma !) …pour fabriquer des ersatz de yaourt, beurre, dessert lacté ».
Le lait fournit la caséine utilisée dans l’industrie pour les matières plastiques, papier, textiles.
Le lacto serum est utilisé dans l’industrie pharmaceutique dans les laits infantiles pour augmenter le taux de protéines sériques
A bas les industries de transformations, vive avant car avant c’était mieux ! « pas besoin de boniments pseudo-pharmaceutiques pour les vendre (les produits laitiers).Nombreux sont en effet les producteurs qui reprennent la tradition de la vente directe à la ferme et sur les marchés locaux ».
Contrairement à Bové et d’autres, l’auteur ne s’embarrasse pas d’une rhétorique creuse sur les multinationales, pour justifier le retour à une organisation précapitaliste de la société, il attaque la technologie dans le traitement du lait et les industries de transformations. Il n’a pas attaqué la chaine du froid, sans doute un oubli !
Ah, heureuse époque où tout le monde vivait à la campagne dans un monde autosuffisant vivant du commerce de proximité. La terre ne saurait mentir comme disait le maréchal !
Dis, Patrick le Hyaric, tu pourras envoyer tes journalistes aux prochains entretiens de Millançay. C’est la Mecque du bio ! ( http://www.intelligenceverte.org) ainsi qu’au salon de la marjolaine ( http://www.salon-marjolaine.com). Mieux même propose aux organisateurs de ces événements de tenir un stand à la fête de l’Huma!
Mais ou va l’Huma ?
Se réclamer de Jaurès pour valoriser des idées aussi réactionnaires est une imposture !

Gilles Mercier
Travailleur scientifique

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