dimanche 14 juin 2009

L'opinion d'un communiste

L'opinion d'un communiste
Notre ami, Michel Peyret, a adressé, par 'mail', le texte suivant à ses amis communistes.
'Canempechepasnicolas' estime utile de le diffuser pour poursuivre le débat de fond sur nos enjeux communs. En toute liberté !

"Ce mot est pour dire d'abord que je ne conçois pas un communisme qui ne respecterait pas la liberté de penser et d'exprimer ce que l'on pense . La démocratie ne peut pas non plus se concevoir sans cette liberté . Dans le débat démocratique chacun doit pouvoir exprimer librement ses idées et opinions .

Et s'agissant du vote, qui est un droit qui implique aussi le droit de ne pas l'utiliser , chacun se détermine à l'issue du débat en son âme et conscience ; C'est aussi comme cela que je conçois la laïcité , le respect de la liberté de penser , et y compris la liberté de croire ou de ne pas croire ...Tout cela , je le pense profondément . Et bien évidemment je le formule également pour moi .

Ma prise de position aujourd'hui est loin d'être circonstantielle . En fait elle remonte à 1972 , année de la signature du programme commun . A l'été 72 , devant le Congrès de l'Internationale socialiste , Mitterrand s'est justifié d'avoir ratifié le programme commun en disant qu'il l'avait signé avec l'ambition de "prendre" ou "piquer" 3 à 4 millions de voix aux communistes .

Cette déclaration m'a alors éclairé là sur un des objectifs permanent de la social-démocratie . J'ai alors décidé de ne jamais plus apporter ma voix , mon vote à un candidat socialiste , ni au premier , ni au second tour , ni à une liste comprenant des socialistes dans les mêmes circontances . Je pense que ce vote à deux tours est inadmissible parce qu'il implique au fond de voter en se violant quelque peu , au fond de voter contre ses convictions profondes . C'est pourquoi j'ai toujours été pour la proportionnelle qui permet à chacun de voter et en même temps de respecter sa liberté de penser .

Je regrette profondément que le PCF ait cessé de mener campagne pour ce mode de scrutin , ce qui est en relation étroite avec la stratégie politique choisie par les dirigeants .

C'est également en 1972 qu'a commencé à se répandre et amplifier l'usage du concept de "gauche" , qui en fait implique l'alliance de partisans et d'adveraires du capitalisme . En dernier ressort , l'expérience de ces décennies met en évidence qu'avec ce concept , c'est le capitalisme qui est toujours gagnant .

Je me souviens , quand j'expliquais qu'il fallait voter communiste , on me répondait : " Ne t'inquiéte pas on va voter à "gauche" , et l'on se retrouvait alors avec 10 députés PS /11 en Gironde !

C'est alors que j'ai commencé à dire : "Je suis pas de "gauche" , je suis communiste" , comme l'exprimait Maurice Agulhon : "Il y a la "droite" , il y a la "gauche" , et il y a les révolutionnaires ." Je voulais dire que j'étais effectivement pour le changement de société , au contraire de ceux qui se réclamaient de "gauche" . Et avec le recul , je comprends les raisons qui ont conduit le PCF dans la situation où il est aujourd'hui , ce qui ne l'empêche pas de continuer à s'allier avec la social-démocratie et de continuer à se réclamer de la "gauche" !

A mon avis , il n'est qu'un moyen, et un seul, de dire NON à l'Europe , NON à Sarkozy , et non à la social-démocratie qui partage avec Sarko et la "droite" européenne la responsabilité de la construction de cet Etat européen qui se camoufle sous le vocable d'Union !

Amicalement ,
M.


Michel Peyret

4 juin 2009

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