mardi 28 avril 2009

Aller voter le 7 juin, serait cautionner non seulement l’existence de l’Union européenne mais aussi, la politique néfaste et désastreuse menée de con

Aller voter le 7 juin, serait cautionner non seulement l’existence de l’Union européenne mais aussi, la politique néfaste et désastreuse menée de concert par la droite et les socialistes (article de Jean Lévy)

Tous les partis, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, préparent avec fièvre, les élections européennes. Chacun d’eux dresse une liste de candidats en vue du 7 juin. Le choix s’effectue avec douleur parfois, tant les places de futurs élus sont bonnes à prendre. Ces batailles internes occupent davantage de place que le programme mis en avant par les diverses formations.

Du Parti socialiste à l’UMP, c’est à qui sera le meilleur « européen ».

Certes, selon qu’on joue « majorité » ou « opposition », on se positionne en conséquence. Les mots d’ordre sont conçus en fonction de son électorat.

La droite, avec Sarkozy, feint de défendre le rôle de « la France » dans l’Union européenne, alors que le pouvoir brade tout ce qui reste de souveraineté et d’indépendance de notre pays, y compris en l’inféodant totalement aux Etats-Unis, à travers le retour complet dans l’Otan..

Les socialistes condamnent haut et fort l’ultralibéralisme de la politique menée par la Commission européenne, alors qu’au sein de l’UE, les sociaux-démocrates au pouvoir en Grande-Bretagne, au Portugal et à moitié en Allemagne, font surenchère de « libéralisme » et que le Parti socialiste européen partage avec la droite les responsabilités au sein de l’Assemblée de Strasbourg et votent, le plus souvent, ensemble.

Rien d’étonnant à cela, car en 2008, il y a tout juste un an, le PS lui-même modifiait ses statuts pour y inscrire dans le marbre, leur dévotion à l’économie de marché. Les socialistes, alors, revendiquaient la paternité de la construction européenne ! Quant à l’Otan, s’ils dénoncent aujourd’hui la réintégration de la France dans son commandement, ils oublient de rappeler que François Mitterrand, en 1966, s’était prononcé contre la décision du général de Gaulle de s’en retirer.

Comme on le voit, droite et socialistes, en quête de voix, n’osent pas, face aux électeurs, défendre publiquement leur adhésion pleine et entière à l’intégration européenne.

Mais à « gauche de la gauche », selon l’expression médiatique, comment se situent les différentes formations ?

Le PCF, qui veut sortir à tout de force de son isolement, se fait le chantre le plus zélé du « Front de gauche » avec le nouveau parti de Jean-Luc Mélenchon, le « Parti de Gauche ».

La direction communiste souhaite élargir le « Front » à la minorité du NPA de Christian Piquet, à défaut d’avoir obtenu l’adhésion d’Olivier Besancenot et de la majorité du Nouveau Parti Anticapitaliste.

Que dit le PCF au sujet de l’Union européenne ?

Il est tout feu tout flamme contre sa politique « ultralibérale », mais Marie-George Buffet au Zénith, le 8 mars, développe pour la liste dix propositions «à porter en exigeant à chaque instant la rédaction d’un nouveau traité qui ne soit pas un moyen de balayer les «non» français et néerlandais ni de faire ravaler le «non» irlandais, mais bien l’illustration d’une immense ambition démocratique et sociale pour les 27». de «libérer l’Europe en sortant de l’OTAN».



En clair, la direction du Parti communiste fait sienne l’idée d’Europe intégrée. Toute la sauce sociale mise autour n’y change rien. Pourquoi pas appeler la maffia à se muer en organisation caritative, et le capitalisme à se changer en socialisme !

Le NPA n’est pas loin de partager ce fantasme, ou plutôt de répandre l’illusion d’une possible mutation « anticapitaliste » de l’Union européenne…

Lutte Ouvrière, qui s’était abstenu lors du referendum de Maastricht, en 1992, ne s’aventure pas non plus sur les chemins qui mèneraient au retrait de l’UE.

Si bien que TOUTES LES LISTES se situent dans le cadre juridique de l’Union. TOUS LES PARTIS voudraient participer à l’Assemblée de Strasbourg, instance mise en place par les traités de l’Union.

Dans ces conditions, aller voter le 7 juin, serait cautionner non seulement l’existence de l’Union européenne, reconnue et admise par l’ensemble de l’arc-en-ciel politique, mais aussi, en définitive, la politique néfaste et désastreuse menée de concert par la droite et les socialistes .

Seule l’abstention, le 7 juin, est une attitude conséquente : elle signifie la volonté de sortir de l’Union européenne afin que la France retrouve sa souveraineté et son indépendance.

C’est la condition première pour pouvoir mettre en œuvre une politique de progrès social et de liberté.

LE « TEMPS DISPONIBLE » QUI ABOLIT LE TRAVAIL ! par Michel Peyret

LE « TEMPS DISPONIBLE »

QUI ABOLIT LE TRAVAIL !







« Nous arrivons au point précis qu'annonçaient les premiers visionnaires de l'après-capitalisme quand , au-delà de l'ordre industriel naissant , ils entrevoyaient une société différente : l'efficacité des machines y abolirait le travail , le règne du capital et de la marchandise pour faire apparaître le « temps disponible » comme mesure de la « vraie richesse ».

La révolution micro-électronique nous entraîne vers tout cela et pourtant nous continuons misérablement d'attendre que l'avenir nous rende le passé , que le capitalisme se relève de son agonie , que l'automatisation procure plus de travail qu'elle n'en supprime .

La gauche est sur le point de mourir faute d'imagination . »




André GORZ




André Gorz est mort il y a peu de mois .

Pour ma part , je suis pas de « gauche » , je me pense communiste , et c'est sans doute pour cela que je fréquente « les premiers visionnaires de l'après- capitalisme » auxquels André Gorz fait référence , annonciateurs , tout à la fois , de l'abolition du travail , du règne du capital et de la marchandise au profit du « temps disponible » comme valeur de notre temps !

Je suppose que André Gorz comptait Marx au nombre de ces « premiers visionnaires » .

Pour ma part encore , c'est l'auteur du « Manifeste » que je citais , en septembre 2008 , dans un article que j'avais intitulé : « De quel travail parle-t-on ? » , en réponse d'ailleurs à un autre militant communiste qui semblait ignorer ce contenu du communisme qui continue de hanter l'Europe comme l'a si bien rappelé Alain Badiou pour qui « l'hypothèse de l'émancipation , fondamentalement , reste l'hypothèse communiste » , ce premier point pouvant trouver des formes d'élaboration et en comprenant ensuite « qu'il s'agit là d'une idée au sens fort . » Aussi propose-t-il de « la travailler » comme telle .




QUE DIT LE MANIFESTE !




Que dit donc Le Manifeste au sujet du travail ?

« La condition essentielle de l'existence et de la domination de la classe bourgeoise est l'accumulation de la richesse entre les mains des particuliers , la formation et l'accroissement du capital ; la condition d'existence du capital , c'est le salariat . Le salariat repose exclusivement sur la concurrence des ouvriers entre-eux . »

Plus avant , Marx insiste : « Mais est-ce que le travail salarié , le travail du prolétaire crée pour lui de la propriété ? Absolument pas . Il crée le capital , c'est-à-dire la propriété qui exploite le travail salarié , et qui ne peut s'accroître qu'à la condition de produire davantage de travail salarié pour l'exploiter de nouveau . Dans sa forme actuelle , la propriété oscille entre ces deux termes antinomiques : le Capital et le Travail . »




La conclusion du Manifeste sur ce point ?

« Le communisme n'enlève à personne le pouvoir de s'approprier des produits sociaux ; il n'ôte que le pouvoir d'asservir à l'aide de cette appropriation du travail d'autrui .

« On a objecté encore qu'avec l'abolition de la propriété privée toute l'activité cesserait , qu'une paresse générale sévirait .

« Si cela était , il y a beau temps que la société bourgeoise aurait succombé à la fainéantise , puisque dans cette société , ceux qui travaillent ne gagnent pas et ceux qui gagnent ne travaillent pas .

« Toute l'objection se réduit à cette tautologie qu'il n'y a plus de travail salarié lorsqu'il n'y a plus de capital . »




TAUTOLOGIE !




Tautologie ?

Selon le dictionnaire que je consulte une « tautologie » , c'est une « proposition toujours vraie » ou encore « une répétition inutile. »

En vérité , je ne pense pas que la répétition soit inutile , tout au contraire !

La tendance principale aujourd'hui , même si elle peut sembler s'inverser avec le « retour à Marx » qui accompagne l'approfondissement de la crise du capitalisme , est encore à ignorer le contenu réel de l'oeuvre de Marx dans ses principaux aspects !

Saluons en conséquence , et sans faire la fine bouche , Alain Badiou que j'évoquais ci-dessus et son effort renouvelé pour mettre en évidence l'actualité de « l'Idée communiste » , Idée avec un « I » majuscule !

Décidément les « ringards » , ainsi que l'on appelle volontiers les partisans de ce retour aux sources , commencent à apparaître tout autrement quand la réalité du capitalisme se révèle dans toute sa négativité et que les seules perspectives qui s'expriment en dehors d'une « moralisation du capitalisme » ou la resucée de son « amélioration », sont justement celles-là !




D'AUTRES PISTES QUE LE « TRAVAILLER PLUS » !




Dès lors , on commence à s'apercevoir qu'il existe bien d'autres pistes que celle du « travailler plus » du plus récent des « chefs d'orchestres » chargés d'exécuter au mieux les partitions des compositeurs du capital de notre temps , ou que celles de tous ceux qui aspirent à tout prix à pouvoir trouver un strapontin dans l'orchestre et dont la revendication s'inscrit seulement dans les modulations de ce « travailler plus » du chef d'orchestre , tels ceux qui réclament « un travail pour tous » au lieu de se proposer de changer la partition !

D'autres pistes ?

Pour aujourd'hui , je me contenterai d'une seule , telle qu'elle s'exprime dans les écrits ou propos de Jacques Marseille tels qu'ils sont relatés dans une interview à « L'Est Républicain » le 30janvier dernier .

Comme je suis loin , très loin , de partager l'ensemble des opinions de Jacques Marseille , je souligne en conséquence qu'il s'agit bien d'une piste à travailler dans une perspective qui n'est pas la sienne !




L'UTOPIE DE THOMAS MOORE




Je cite :




L'Est Républicain : « Quand le Bureau international du travail prédit 50 millions de chômeurs en plus dans le monde à cause de la crise , n'y a-t-il pas matière à s'inquiéter ? »




Jacques Marseille : « Je ne prends pas cette précision plus au sérieux que celle de Michel-Edouard Leclerc annonçant une baisse des prix de 2,3% en 2009 ! Tout cela contribue à dresser une belle dépression qui rend les gens anxieux alors que la lecture d'un bon livre d'histoire devrait leur éviter d'acheter des antidépresseurs et des psychotropes .




L'Est Républicain : « Vous avancez un remède , l'allocation universelle . Expliquez-vous ?




J M. :« Cette idée de Thomas Moore , développée dans « L'Utopie » en 1516, puis par d'autres , consiste à redistribuer à chacun une partie du dividende de notre héritage collectif . Je l'ai chiffrée . Je propose de donner 750 euros par mois , à chaque individu , qu'il travaille ou pas , de l'âge de 18 ans à sa mort , 375 euros entre la naissance et 18 ans . En échange toutes les autres prestations seraient supprimées ( allocations familiales , chômage , au logement , bourses étudiantes , retraites , à l'exception de l'assurance santé ) .

« J'ai calculé qu'un couple de smicards toucherait 3500 euros par mois (deux Smic à 1000 euros , plus deux allocations universelles à 750 euros ) .

S'il capitalise chaque mois ce qui lui est aujourd'hui prélevé , il disposera à la retraite nettement plus que ce qu'il peut espérer .

« Imaginons que cette allocation soit appliquée à tous les Français , cela représenterait 578 milliards d'euros , 30% du PIB français , alors que déjà l'on consacre 30% du PIB à des dépenses sociales avec l'inefficacité et l'iniquité que l'on connaît . Il n'y a qu'un Etat américain pour l'instant qui l'applique , l'Alaska ! »




QUE DEVIENNENT LES RICHESSES PRODUITES PAR LE TRAVAIL !




Je me répète , je n'ai ni l'imagination , ni la logique politique et sociale de Jacques Marseille .

Mais voilà toutefois qui m'incite à m'interroger pour savoir comment sont utilisées les richesses produites par le travail des salariés français , lesquelles sont appropriées d'une façon ou d'une autre par les capitalistes , que ces salariés travaillent dans une entreprise publique ou privée !

On connait la part , qui est en diminution , des salaires dans cette richesse .

On peut savoir la part de ces richesses qui est investie en France , plus ou moins utilement d'ailleurs .

On ignore souvent l'importance de la part destinée à l'exportation (des capitaux) et que les capitalistes d'origine française sont les premiers exportateurs de capitaux , capitaux produits par le travail des salariés de notre pays !

Et on comprendrait bien mieux le fonctionnement du système (capitaliste) si l'on pouvait appréhender la part de ces richesses que les capitalistes consacrent à la spéculation financière où souvent les taux de profit sont bien supérieurs à ceux qu'ils trouvent dans la production ! Spéculation qui dévoie ainsi vers une activité parasitaire une large part du résultat du travail qui pourrait être , au contraire , investi utilement !




TRAVAILLER MOINS !




Au total , on mesure bien que l'on pourrait faire tout autre chose , socialement profitable , avec les résultats du travail .

Alors que l'on est entré dans une autre révolution constituée par l'automatisation et l'informatisation de toute la vie active , ce n'est pas de « travailler plus » dont les salariés français , et d'autres d'ailleurs , ont besoin , mais au contraire de « travailler moins » en laissant travailler les machines dont la productivité s'est déjà multipliée ces dernières décennies !

Et je pense , comme André Gorz , qu'il est aujourd'hui nécessaire et possible de réduire massivement le temps de travail .

Déjà , à la fin du 19eme siècle , Paul Lafargue , dont une rue de Bordeaux porte le nom , qui était aussi le gendre de Marx et un des fondateurs du Parti socialiste , considérait , dans « Le droit à la paresse » , qu'on aurait pu limiter la durée du temps du travail à trois heures par jour !

Et , à plus forte raison , dès aujourd'hui où nous ne sommes plus dans les temps « l'ordre industriel naissant » , et sans attendre les temps meilleurs du communisme , mais également dans cette perspective , n'est-il pas urgent de mettre cette exigence au coeur des luttes ?

Le proche 1er mai ne pourrait-il ainsi être fécondé ?

LE « TEMPS DISPONIBLE » QUI ABOLIT LE TRAVAIL ! par Michel Peyret

LE « TEMPS DISPONIBLE »

QUI ABOLIT LE TRAVAIL !







« Nous arrivons au point précis qu'annonçaient les premiers visionnaires de l'après-capitalisme quand , au-delà de l'ordre industriel naissant , ils entrevoyaient une société différente : l'efficacité des machines y abolirait le travail , le règne du capital et de la marchandise pour faire apparaître le « temps disponible » comme mesure de la « vraie richesse ».

La révolution micro-électronique nous entraîne vers tout cela et pourtant nous continuons misérablement d'attendre que l'avenir nous rende le passé , que le capitalisme se relève de son agonie , que l'automatisation procure plus de travail qu'elle n'en supprime .

La gauche est sur le point de mourir faute d'imagination . »




André GORZ




André Gorz est mort il y a peu de mois .

Pour ma part , je suis pas de « gauche » , je me pense communiste , et c'est sans doute pour cela que je fréquente « les premiers visionnaires de l'après- capitalisme » auxquels André Gorz fait référence , annonciateurs , tout à la fois , de l'abolition du travail , du règne du capital et de la marchandise au profit du « temps disponible » comme valeur de notre temps !

Je suppose que André Gorz comptait Marx au nombre de ces « premiers visionnaires » .

Pour ma part encore , c'est l'auteur du « Manifeste » que je citais , en septembre 2008 , dans un article que j'avais intitulé : « De quel travail parle-t-on ? » , en réponse d'ailleurs à un autre militant communiste qui semblait ignorer ce contenu du communisme qui continue de hanter l'Europe comme l'a si bien rappelé Alain Badiou pour qui « l'hypothèse de l'émancipation , fondamentalement , reste l'hypothèse communiste » , ce premier point pouvant trouver des formes d'élaboration et en comprenant ensuite « qu'il s'agit là d'une idée au sens fort . » Aussi propose-t-il de « la travailler » comme telle .




QUE DIT LE MANIFESTE !




Que dit donc Le Manifeste au sujet du travail ?

« La condition essentielle de l'existence et de la domination de la classe bourgeoise est l'accumulation de la richesse entre les mains des particuliers , la formation et l'accroissement du capital ; la condition d'existence du capital , c'est le salariat . Le salariat repose exclusivement sur la concurrence des ouvriers entre-eux . »

Plus avant , Marx insiste : « Mais est-ce que le travail salarié , le travail du prolétaire crée pour lui de la propriété ? Absolument pas . Il crée le capital , c'est-à-dire la propriété qui exploite le travail salarié , et qui ne peut s'accroître qu'à la condition de produire davantage de travail salarié pour l'exploiter de nouveau . Dans sa forme actuelle , la propriété oscille entre ces deux termes antinomiques : le Capital et le Travail . »




La conclusion du Manifeste sur ce point ?

« Le communisme n'enlève à personne le pouvoir de s'approprier des produits sociaux ; il n'ôte que le pouvoir d'asservir à l'aide de cette appropriation du travail d'autrui .

« On a objecté encore qu'avec l'abolition de la propriété privée toute l'activité cesserait , qu'une paresse générale sévirait .

« Si cela était , il y a beau temps que la société bourgeoise aurait succombé à la fainéantise , puisque dans cette société , ceux qui travaillent ne gagnent pas et ceux qui gagnent ne travaillent pas .

« Toute l'objection se réduit à cette tautologie qu'il n'y a plus de travail salarié lorsqu'il n'y a plus de capital . »




TAUTOLOGIE !




Tautologie ?

Selon le dictionnaire que je consulte une « tautologie » , c'est une « proposition toujours vraie » ou encore « une répétition inutile. »

En vérité , je ne pense pas que la répétition soit inutile , tout au contraire !

La tendance principale aujourd'hui , même si elle peut sembler s'inverser avec le « retour à Marx » qui accompagne l'approfondissement de la crise du capitalisme , est encore à ignorer le contenu réel de l'oeuvre de Marx dans ses principaux aspects !

Saluons en conséquence , et sans faire la fine bouche , Alain Badiou que j'évoquais ci-dessus et son effort renouvelé pour mettre en évidence l'actualité de « l'Idée communiste » , Idée avec un « I » majuscule !

Décidément les « ringards » , ainsi que l'on appelle volontiers les partisans de ce retour aux sources , commencent à apparaître tout autrement quand la réalité du capitalisme se révèle dans toute sa négativité et que les seules perspectives qui s'expriment en dehors d'une « moralisation du capitalisme » ou la resucée de son « amélioration », sont justement celles-là !




D'AUTRES PISTES QUE LE « TRAVAILLER PLUS » !




Dès lors , on commence à s'apercevoir qu'il existe bien d'autres pistes que celle du « travailler plus » du plus récent des « chefs d'orchestres » chargés d'exécuter au mieux les partitions des compositeurs du capital de notre temps , ou que celles de tous ceux qui aspirent à tout prix à pouvoir trouver un strapontin dans l'orchestre et dont la revendication s'inscrit seulement dans les modulations de ce « travailler plus » du chef d'orchestre , tels ceux qui réclament « un travail pour tous » au lieu de se proposer de changer la partition !

D'autres pistes ?

Pour aujourd'hui , je me contenterai d'une seule , telle qu'elle s'exprime dans les écrits ou propos de Jacques Marseille tels qu'ils sont relatés dans une interview à « L'Est Républicain » le 30janvier dernier .

Comme je suis loin , très loin , de partager l'ensemble des opinions de Jacques Marseille , je souligne en conséquence qu'il s'agit bien d'une piste à travailler dans une perspective qui n'est pas la sienne !




L'UTOPIE DE THOMAS MOORE




Je cite :




L'Est Républicain : « Quand le Bureau international du travail prédit 50 millions de chômeurs en plus dans le monde à cause de la crise , n'y a-t-il pas matière à s'inquiéter ? »




Jacques Marseille : « Je ne prends pas cette précision plus au sérieux que celle de Michel-Edouard Leclerc annonçant une baisse des prix de 2,3% en 2009 ! Tout cela contribue à dresser une belle dépression qui rend les gens anxieux alors que la lecture d'un bon livre d'histoire devrait leur éviter d'acheter des antidépresseurs et des psychotropes .




L'Est Républicain : « Vous avancez un remède , l'allocation universelle . Expliquez-vous ?




J M. :« Cette idée de Thomas Moore , développée dans « L'Utopie » en 1516, puis par d'autres , consiste à redistribuer à chacun une partie du dividende de notre héritage collectif . Je l'ai chiffrée . Je propose de donner 750 euros par mois , à chaque individu , qu'il travaille ou pas , de l'âge de 18 ans à sa mort , 375 euros entre la naissance et 18 ans . En échange toutes les autres prestations seraient supprimées ( allocations familiales , chômage , au logement , bourses étudiantes , retraites , à l'exception de l'assurance santé ) .

« J'ai calculé qu'un couple de smicards toucherait 3500 euros par mois (deux Smic à 1000 euros , plus deux allocations universelles à 750 euros ) .

S'il capitalise chaque mois ce qui lui est aujourd'hui prélevé , il disposera à la retraite nettement plus que ce qu'il peut espérer .

« Imaginons que cette allocation soit appliquée à tous les Français , cela représenterait 578 milliards d'euros , 30% du PIB français , alors que déjà l'on consacre 30% du PIB à des dépenses sociales avec l'inefficacité et l'iniquité que l'on connaît . Il n'y a qu'un Etat américain pour l'instant qui l'applique , l'Alaska ! »




QUE DEVIENNENT LES RICHESSES PRODUITES PAR LE TRAVAIL !




Je me répète , je n'ai ni l'imagination , ni la logique politique et sociale de Jacques Marseille .

Mais voilà toutefois qui m'incite à m'interroger pour savoir comment sont utilisées les richesses produites par le travail des salariés français , lesquelles sont appropriées d'une façon ou d'une autre par les capitalistes , que ces salariés travaillent dans une entreprise publique ou privée !

On connait la part , qui est en diminution , des salaires dans cette richesse .

On peut savoir la part de ces richesses qui est investie en France , plus ou moins utilement d'ailleurs .

On ignore souvent l'importance de la part destinée à l'exportation (des capitaux) et que les capitalistes d'origine française sont les premiers exportateurs de capitaux , capitaux produits par le travail des salariés de notre pays !

Et on comprendrait bien mieux le fonctionnement du système (capitaliste) si l'on pouvait appréhender la part de ces richesses que les capitalistes consacrent à la spéculation financière où souvent les taux de profit sont bien supérieurs à ceux qu'ils trouvent dans la production ! Spéculation qui dévoie ainsi vers une activité parasitaire une large part du résultat du travail qui pourrait être , au contraire , investi utilement !




TRAVAILLER MOINS !




Au total , on mesure bien que l'on pourrait faire tout autre chose , socialement profitable , avec les résultats du travail .

Alors que l'on est entré dans une autre révolution constituée par l'automatisation et l'informatisation de toute la vie active , ce n'est pas de « travailler plus » dont les salariés français , et d'autres d'ailleurs , ont besoin , mais au contraire de « travailler moins » en laissant travailler les machines dont la productivité s'est déjà multipliée ces dernières décennies !

Et je pense , comme André Gorz , qu'il est aujourd'hui nécessaire et possible de réduire massivement le temps de travail .

Déjà , à la fin du 19eme siècle , Paul Lafargue , dont une rue de Bordeaux porte le nom , qui était aussi le gendre de Marx et un des fondateurs du Parti socialiste , considérait , dans « Le droit à la paresse » , qu'on aurait pu limiter la durée du temps du travail à trois heures par jour !

Et , à plus forte raison , dès aujourd'hui où nous ne sommes plus dans les temps « l'ordre industriel naissant » , et sans attendre les temps meilleurs du communisme , mais également dans cette perspective , n'est-il pas urgent de mettre cette exigence au coeur des luttes ?

Le proche 1er mai ne pourrait-il ainsi être fécondé ?

lundi 27 avril 2009

Signez la « Lettre ouverte aux états majors syndicaux » !

collectif national pour un
FRONT SYNDICAL DE CLASSE
Signez la « Lettre ouverte aux états majors syndicaux » !
Déjà plus de 4000 signatures!
Le texte de la lettre et signature en ligne sur: http://tous-ensemble.dyndns.org/
C'est ainsi qu'au lieu d'expliquer que le pouvoir mène une guerre sans limite contre les
intérêts et les acquis des travailleurs, elles jugent ensemble que la politique du gouvernement est
« insuffisante » face à la crise. C'est ainsi qu'elles s'appliquent à organiser des journées d'action
séparées de plusieurs semaines sinon plusieurs mois en prenant soin de ne rien faire ni dire
entre-temps qui pourrait faire grandir la convergence des luttes, à l'image de la Fédération CGT
de la métallurgie qui refuse, malgré la demande des bases CGT du secteur, l'organisation d'une
manifestation nationale des travailleurs de l'automobile, (constructeurs, sous-traitants et
équipementiers réunis).
Au nom de l'unité au sommet, les travailleurs sont-ils contraints à marcher du même pas que
Chérèque ? En réalité, les travailleurs n'ont que faire d'une unité qui ne servirait concrètement
qu'à faire gagner du temps au gouvernement ou au Medef et à empêcher la construction d'un
rapport de force supérieur, seul capable de gagner. L'unité dont les travailleurs ont besoin, c'est
celle qui coordonnera les mobilisations locales et sectorielles au niveau national, à partir d'une plateforme
reprenant les revendications urgentes qui s'y expriment, sachant que ces revendications
posent directement la question de la rupture avec l'UE :
® interdiction des licenciements et des délocalisations, nationalisation (avec contrôle des
travailleurs et sans indemnité pour les gros actionnaires) des banques et des entreprises
destructrices d’emplois avec mise en place d’une politique nationale de
réindustrialisation du pays ;
® augmentation des salaires, SMIC à 1600 euros nets ;
® contrôle par les travailleurs des milliards donnés par le gouvernement au patronat ;
® annulation des contre-réformes euro-patronales en cours (Education Nationale, Hôpital,
Poste, SNCF, EDF…) et des privatisations ;
® sauvegarde et amélioration des acquis sociaux (sécu, retraite à 55 ans, à 50 ans pour les
travaux pénibles...) ;
® réduction des énormes dépenses militaires, retrait de l'OTAN, d'Afghanistan...
Face à l'offensive anti-sociale du pouvoir et à l'attentisme des directions syndicales, c'est à la
base, à partir de nos syndicats et des luttes dans les usines, les services, les écoles, collèges et
lycées, les hôpitaux ou les universités, à partir des réunions interprofessionnelles dans les communes
ou les départements, à partir de comités de soutien aux luttes, de coordinations articulant syndicat et
AG de grévistes, que nous pourrons imposer le « Tous ensemble en même temps » comme en
36, en 68 ou comme en Guadeloupe récemment. Seule cette lutte continue, à l’échelle de tout le
pays, pourra faire plier le pouvoir et permettre la satisfaction des revendications et des aspirations
populaires.
En renouant avec le syndicalisme de classe et de masse qui fit la grande CGT et les
acquis des travailleurs de France, salariés du privé, du public, jeunesse étudiante et lycéenne,
couches sociales étranglées par Sarkozy, le Capital et l'UE, nous aurons la force de gagner.
collectif national pour un
FRONT SYNDICAL DE CLASSE
Contacts : collectif.syndical.classe@laposte.net

dimanche 26 avril 2009

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

article extrait du site canempéchepasnicolas
Dimanche 26 avril 2009
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !
Déclaration du 1er mai
de la
Fédération Syndicale Mondiale

1er Mai 2009: Solidarité Internationale ! Coordination militante internationale !

Stop aux licenciements. Stop à l'exploitation.

Frères, sœurs,

A l'occasion du 1er mai 2009, la FSM adresse ses chaleureuses salutations militantes aux travailleurs, aux chômeurs, aux immigrants, aux femmes et aux jeunes à travers le monde et appelle le mouvement syndical de classe à donner une riposte coordonnée aux attaques du capital afin de défendre les droits et acquis des travailleurs.

La mondialisation capitaliste a montré son vrai visage : Nous le voyons à l'injustice existante dans le monde, à la concentration sans précédent de la richesse dans les mains de quelques-uns alors que l'écrasante majorité des gens vivent dans la pauvreté. Les statistiques montrent que 1% de la population mondiale possède 40% des richesses totales tandis que 50% de la population mondiale vit dans la pauvreté et ne détient que 1% des richesses du monde. En Inde, par exemple, 48 personnes milliardaires possèdent 30% du revenu national de l'Inde!

Au cours de la récente réunion de la CNUCED, un délégué africain a décrit la situation sur son continent avec beaucoup d'émotion: ce qui se passe maintenant sur le continent africain est une véritable transfusion à l'inverse. Le sang est prélevé sur les pays affamés du tiers monde pour être transmis vers les pays capitalistes avancés au profit des multinationales et des monopoles.

Aujourd'hui, selon les données officielles de l'ONU, l'espérance de vie moyenne dans les pays africains tels que le Zimbabwe est de 42 ans, au Nigeria et au Liberia 41 ans, en Zambie et en Angola 40 ans et en Sierra Leone 37 ans. Ces chiffres traduisent l'exploitation cruelle du tiers-monde par les impérialistes européens et américains.

En outre, selon les estimations de l'OIT, du fait de la crise économique capitaliste profonde qui a commencé aux Etats-Unis avant d'atteindre l'Europe et de se propager dans le monde entier, le chômage connaîtra une augmentation importante et le nombre de chômeurs passera de 190 millions en 2007 à 210 millions en 2009. Nous le constatons d'ores et déjà : les travailleurs perdent leurs emplois dans tous les secteurs, mais surtout dans l'industrie de construction, le secteur bancaire, l'automobile, la métallurgie et le tourisme. L'emploi à temps partiel avec des salaires partiels est devenu la règle ainsi que l'aggravation des conditions de travail, les atteintes aux droits et aux libertés syndicaux sans parler des conséquences dramatiques pour les travailleurs migrants forcés de rentrer dans leur propre pays.

Face à cette situation, la FSM et le mouvement syndical de classe ne restent pas les bras croisés. Sur les lieux de travail dans tous les pays et dans tous les secteurs, nous organisons la défense et la contre-attaque en appuyant les justes revendications des travailleurs, en combattant les politiques mises en œuvre par les capitalistes.

À preuve, la récente initiative majeure de la FSM - la Journée Internationale d'Action du 1er avril - qui a été suivie dans 55 pays à travers le monde par des mouvements de grèves, des manifestations et de nombreuses autres activités.La Journée Internationale d'Action contre l'exploitation de l'Homme par l'Homme du 1er avril a montré que les travailleurs du monde entier, unis et bien organisés, ont le pouvoir de mener des actions communes et d'avancer avec confiance dans la lutte pour faire face aux exploiteurs, car leur cause est juste.

Camarades travailleuses et travailleurs,

Le 1er mai 2009, doit être un jour pour une meilleure organisation de notre lutte contre l'exploitation de l'Homme par l'Homme dans le monde. La crise doit être payée par ceux qui l'ont causée et non pas par les travailleurs. Les licenciements doivent être arrêtés et des mesures doivent être prises sans tarder pour protéger les chômeurs et les licenciés. Les licenciés et leurs familles ont aussi le droit de vivre.

La FSM engage les travailleurs et les syndicats du monde entier à avoir confiance dans la force qu'ils représentent. Nous pouvons réussir. Une autre voie est possible. L'exemple de la Révolution cubaine est prometteur. Voilà 50 ans que les travailleurs et le peuple de Cuba mènent le combat contre les impérialistes, cinquante ans de luttes héroïques basées sur des principes, des valeurs, des idéaux. Nous avons des expériences et des leçons que nous ne pouvons ignorer et qui peuvent nous guider. L'heure est à la coordination internationale, à solidarité internationale et à l'action militante.

Travailleurs, chômeurs, immigrés, hommes et femmes sans domicile fixe, petits agriculteurs,

Le 1er mai, jour le plus important pour le monde ouvrier, nous ressentons le besoin d'exprimer notre internationalisme avec la lutte du peuple palestinien qui mène un juste combat. Nous sommes aux côtés des peuples de l'Irak, de l'Afghanistan et du Pakistan qui luttent pour mettre à la porte les troupes étrangères.

Nous sommes résolument solidaires des peuples du Venezuela, de la Bolivie, de l'Équateur et du Nicaragua en lutte, engagés dans des voies nouvelles pour construire leur avenir. Nous unissons nos voix à celles des peuples d'Afrique qui revendiquent l'annulation de la dette des pays africains. Nous saluons la classe ouvrière des pays d'Asie et du Pacifique qui vit dans des conditions difficiles. Nous défendons des positions communes avec les travailleurs des pays arabes qui luttent contre les plans des États-Unis, de l'OTAN et de l'Union Européenne pour le soi-disant Nouveau Moyen-Orient.

Chers collègues,

Dans cette situation internationale complexe et difficile, nous avons besoin de syndicats militants actifs à orientation de classe. Nous avons besoin de syndicats qui sont en première ligne pour la vie des peuples, pour la paix, pour la démocratie et les libertés syndicales.

Nous avons besoin de syndicats qui agissent pour une prise de conscience de la classe ouvrière et qui ouvrent la voie à sa libération de l'exploitation capitaliste. Résolue et ferme, malgré les difficultés, la FSM suivra son parcours.

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

La Fédération Syndicale Mondiale

samedi 25 avril 2009

Le point de vue d’un militant l’abstention va compter.

SOURCE : le blog d’El Diablo http://eldiablo.over-blog.org ( liens )
Election au Parlement européen : l’abstention va compter.



Le point de vue d’un militant

L’élection pour désigner le futur Parlement européen approche. Aujourd’hui la question n’est plus de savoir quelle sera la représentativité des partis à l’intérieur de la prochaine assemblée strasbourgeoise, mais quelle popularité conserve encore l’idée d’intégration européenne. Les partis politiques, et les idéologues à leur service, font comme si c’était une élection capable de métamorphoser les données objectives, alors qu’ils connaissent les règles du jeu et savent parfaitement qu’il n’en est rien.

Depuis 1979, date de la première élection des représentants au Parlement européen, la courbe abstentionniste n’a cessé de monter et celle de participation de descendre, elle est en baisse constante depuis les premières élections européennes de 1979.

En 1979, le taux de participation aux élections européennes était de 63% dans l’Europe des 9. Il n’a cessé de diminuer depuis, pour atteindre 61% en 1984, 58,5% en 1989, 56,8% en 1994, 49,8% en 1999 et enfin 45,7% en 2004. En France, il est passé de 60,7% en 1979 à 42,76% en 2004.

Notons que le Luxembourg et la Belgique où le vote est obligatoire renforcent un peu le taux de participation.

Finalement, au lieu de mesurer la popularité de l’idée européenne, c’est bien l’impopularité de cette idée que cette élection va mesurer.

Quelques rappels :

Sous tous ses avatars successifs, Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) en 1951, Marché Commun et Communauté Economique Européenne (CEE) en 1957, Union Européenne (UE) en 1992, traité de Rome de Rome (1957), puis de Maastricht (1992, d’Amsterdam (1997) et de Nice (2001), l’organisation de la prétendue unité européenne a été construite comme une institution ayant pour objectif la défense du mode de production capitaliste en Europe (face d’abord à la « menace soviétique ») et c’est tout naturellement qu’elle est devenue l’arme de choc pour détruire tous les acquis sociaux et même les maigres éléments de régulation de l’État keynésien et plus spécifiquement, en France, les avancées sociales de la libération inspirées par le Conseil National de la Résistance (CNR.)

L’Union Européenne sous toutes ses appellations a très bien fonctionné pour ce qu’elle était censée faire. Elle a été l’outil de destruction des nations, des services publics, de l’industrie, des garanties collectives des travailleurs et de leur protection sociale, de leurs retraites, du Code du travail, des statuts. Enfin, s’agissant de l’environnement, par une incitation à une agriculture productiviste de type industriel, la Politique Agricole Commune (PAC), et le plan Mansholt de 1968, n’ont cessé de favoriser une agriculture intensive, avec la suppression de plusieurs dizaines de milliers d’exploitations par an en France et en Europe (119 000 en France entre 2000 et 2005 selon l’INSEE) dont on peut mesurer les effets néfastes : pollution des sols et des nappes phréatiques, perte de la biodiversité, assèchement des réserves en eau, lessivage des sols, pollution aux produits phytosanitaires... Les espèces d’insectes pollinisateurs, notamment l’abeille, risquant de disparaître.

Les politiques lorsqu’ils sont au pouvoir désignent souvent l’UE pour expliquer qu’ils n’en peuvent puisque les règles de l’Union européenne doivent s’appliquer, ce qui n’est pas faux puisque dans la plupart des domaines s’applique le principe de primauté des règles communautaires. Lorsqu’ils sont dans l’opposition, les mêmes désignent tout naturellement le gouvernement en place de tous les méfaits que subissent les populations, sans jamais désigner l’Union européenne. Ainsi on remet en cause des individus qui sont seulement des éléments conscients d’une logique de classe avec parfois des ego démesurés et non le système capitaliste intégré.

Qu’en est-il réellement ?

Avec le traité de Maastricht, les compétences communautaires sont étendues à de nouveaux domaines : éducation, formation professionnelle, culture, santé publique, soit disante protection des consommateurs, réseaux transeuropéens et politique industrielle. C’est-à-dire tout ce qui touche la vie courante des personnes.

Depuis les compétences communautaires se sont renforcées continuellement et nos députés qui siégent au Palais-Bourbon se prononcent à 80 % sur des transpositions de l’Union européenne en droit français, ce qui explique en partie que, la plupart du temps, les bancs de cette assemblée soient vides puisque les décisions sont prises ailleurs.

La transposition des directives communautaires constitue une obligation communautaire et une exigence constitutionnelle, dont le respect implique une transposition fidèle, complète et ponctuelle.

La même exigence s’attache à l’insertion des décisions-cadres mentionnées à l’article 34 du Traité sur l’Union Européenne (TUE), lesquelles, tout comme les directives visées à l’article 249 du Traité instituant la Communauté Européenne (TCE), lient les États membres quant au résultat à atteindre tout en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens.

Lorsqu’un État membre ne respecte pas ce droit, la Commission européenne dispose de pouvoirs propres (le recours en manquement), prévus aux articles 226 du traité CE et 141 du traité CEEA (Communauté Européenne de l’Energie Atomique, appelé aussi traité Euratom) pour tenter de mettre fin à cette infraction et, le cas échéant, elle saisit la Cour de justice des Communautés européennes [1].

Cette « machine » à IMPOSER la concurrence libre et non faussée vise par ladite concurrence à faire baisser sans cesse le prix du travail.

L’ UE, son mot d’ordre c’est : travailleurs de tous les pays, concurrencez-vous ! [2]

Un exemple récent vient le confirmer. Continental ferme son usine de Clairoix (France) en justifiant la crise et ouvre simultanément une usine à Timisoara (Roumanie.) Le salaire moyen de l’entreprise est de 300 euros en Roumanie contre 1 700 euros en France [3].

Au milieu des années 60, le taux de profit s’éffondre. Pour sortir de la crise des années 70, la libéralisation des capitaux élargit la sphère de valorisation du capital au monde entier qu’on appellera la mondialisation qui n’est autre que la mondialisation du capital dans un grand mouvement de concentration et de restructuration de ce même capital. Simultanément, la mise en concurrence des travailleurs de tous les pays entraîne la baisse de la part salariale dans la valeur ajoutée, donc un renforcement de l’exploitation de la force du travail.

L’Union européenne a bien joué son rôle pour mettre en place cette stratégie concurrentielle : exploiter au mieux le monde du travail et augmenter les profits. La chute du mûr de Berlin aidant, elle a permis une concurrence renforcée entre les travailleurs de l’Europe avec l’adhésion de nouveaux pays.

Dès lors, l’explosion des revenus du capital a nourri la financiarisation. La finance disponible (les profits) a cru pouvoir parier sur les vertus de la spéculation (le monde virtuel de la finance), mais elle a explosé (la crise) parce que rattrapée par cette contrainte : seul le travail produit de la valeur. Le capitalisme épuise les deux sources de richesse, qui ne se réduisent pas à leur valeur, que sont le travail et la nature.

Cette situation vient contredire cette idée d’une faillite des élites, sous entendu les Commissaires européens et les Chefs d’Etats, les grands patrons, ne seraient pas capables de répondre aux exigences de la société contemporaine. Hors au contraire, d’un point de vue capitaliste, ces « élites » ont su se débarrasser des protections sociales nationales, pousser la logique du capital, augmenter les taux de profits, tout en convaincant idéologiquement certains dirigeants politiques eurosceptiques d’hier en partisans convaincus aujourd’hui d’une Europe intégrée.

Ces quelques remarques marquent le rôle néfaste joué par l’Union européenne, son rôle destructeur sur les peuples, sur leur niveau de vie, sur la nature dans laquelle ils vivent, sur la démocratie.

Le Parlement européen

Le Parlement européen a pour mission de participer à la mise en œuvre de la politique de l’Union européenne mais c’est la Commission européenne qui est la gardienne des traités, qui a le monopole du pouvoir de proposition ou du droit d’initiative.

Le traité de Maastricht est clair : « Le parlement européen peut, à la majorité de ses membres, demander à la Commission de soumettre toute proposition appropriée sur les questions qui lui paraissent nécessiter l’élaboration d’un acte communautaire, pour la mise en œuvre du présent traité. »

Résumons.

Un : un député européen n’a aucun pouvoir, puisque toute proposition doit être soumise à l’accord de la majorité des membres du parlement.

Deux : une proposition doit s’inscrire obligatoirement dans le cadre de la mise en œuvre des traités européens qui dictent par exemple les privatisations et la concurrence libre et non faussée.

Trois : en dernier ressort c’est la Commission européenne qui décide.

En fait, le Parlement européen sert à justifier des décisions qui ne sont pas prises en son sein. Il intervient à la marge. C’est un parlement « croupion ». Avec lui, la démocratie est un leurre. Lorsque quelques députés courageux (il y en a) avancent une idée qui peut apparaître moins avantageuse au capital, ils sont renvoyés à leurs études. Il est vrai qu’avec un parlement ou le rapport de force est largement favorable aux forces conservatrices [3], ils n’ont guère de chances de voir une proposition non favorable aux forces de l’argent soutenues et être entendues à Bruxelles.

Les exceptions qui confirment la règle se comptent sur les doigts d’une main. Elles servent d’exutoire pour quelques euro béats qui s’appuient sur celles-ci. Par exemple, la Commission européenne a tenu compte du rejet par le Parlement européen de sa directive visant à libéraliser les services portuaires (une sorte de nouvelle directive Bolkestein.) Notons que le Parlement s’exprima dans ce sens avec de valses hésitations et après que d’énormes grèves paralysèrent les ports d’Europe et que des manifestations se déroulèrent à Strasbourg.

L’Union européenne contre la démocratie

Tout le monde est pour la démocratie, c’est une affaire entendue. Rappelons toutefois que la démocratie c’est le pouvoir au peuple. Qu’en est-il de ce pouvoir avec l’intégration européenne ?

Le centralisme de l’Union européenne éloigne les gens des lieux de décision qui se trouvent à Bruxelles. A Bruxelles de hauts fonctionnaires siègent et prennent des décisions pour les peuples d’Europe sans jamais n’avoir de comptes à rendre à ceux-ci.

A Bruxelles, c’est environ 15 000 fonctionnaires européens qui travaillent. Ils sont « renforcés » par environ 15 000 à 20 000 lobbyistes dans le langage courant qui deviennent, avec l’hypocrisie verbale de l’UE, des représentants de la société civile. Ils représentent de grands groupes industriels et financiers. C’est-à-dire l’importance des lobbyistes. Ce sont des acteurs reconnus à part entière de l’Union européenne.

La plupart des principaux responsables des commissions sont inconnus des populations. Qui connaît Catherine Ashton, Neelie Kroes, Jacques Barrot, Stavros Dimas respectivement commissaire européenne au commerce extérieur, commissaire européenne chargée de la concurrence, commissaire européen chargé de la justice et de la sécurité, commissaire européen chargé de l’environnement ?

La Banque centrale européenne (BCE) basée à Francfort, est indépendante et soustraie donc le pouvoir monétaire au contrôle démocratique et son directeur (actuellement Jean Claude Trichet) n’a pas non plus de compte à rendre aux élus, encore moins aux peuples (article 108 instituant la Communauté européenne.)

La primauté des règles européennes sur les règles nationales annule les raisons d’être des différents niveaux de représentativité des nations. Les élus locaux et nationaux n’ont de décisions à prendre que sur la forme d’appliquer une politique mais plus d’en discuter le fond. Quelque soit sa décision, le citoyen n’a de choix que sur le ou la meilleur (e) candidat (e) d’appliquer les décisions prises à Bruxelles.

« A cette échelle (l’UE), pas d’alternance possible : une politique unique est mise en œuvre, et elle s’applique à chaque pays, quels que soient les partis au pouvoir » constatent Bernard Cassen et Louis Weber [5]

Les élections européennes sont la caution d’une bonne conscience générale qui permet l’expression du mépris des pouvoirs économiques envers les populations. Ainsi, il n’est pas étonnant de ne pas trouver une fois le mot « peuple » dans le traité de Lisbonne. En définitive, le parlement européen n’est qu’un alibi de la normalité de l’intégration européenne.

A la page 14 du rapport Balladur sur l’aménagement du territoire [6] : Il est temps de décider, on peut lire, « L’échelon régional est apparu au Comité comme le mieux adapté aux conditions nouvelles de la compétitivité étant observé, au surplus, qu’il existe un consensus européen sur l’importance du niveau régional dans les politiques de développement. »

En France, cette Commission Balladur, en répondant aux exigences européennes marque la fin de la démocratie de proximité héritée de la révolution française. Un vrai retour en arrière. Exit les communes et les départements au bénéfice de grandes régions rappelant les provinces de la royauté des ducs et des duchesses. Car en effet, de petits roitelets pourront exercer leur souveraineté avec des liens privilégiés avec Bruxelles, sans avoir de compte à rendre à l’Etat.

Ces régions espèrent-ils seront assez grandes pour noyer la démocratie et suffisamment faibles pour moins résister que les nations avec leurs histoires, leurs traditions et leurs acquis sociaux. Les nations sont donc considérées comme un obstacle à la construction européenne. Avec ce nouvel aménagement du territoire, l’homogénéité et la solidarité nationale seront cassées et la concurrence inter région sera amplifiée et pourra faire baisser encore le prix du travail. Laquelle baisse est interprétée comme un synonyme de compétitivité.

Le veto enregistré dans presque tous les (rares) pays où un référendum sur le cadre politique de l’Union européenne a été organisé a marqué une défiance, voire un refus de nouvelles propositions. Les référendums sur le traité de Lisbonne en France, au Pays Bas et en Irlande ont tous été annulés sous prétexte que la réponse donnée à la question ne correspondait pas aux vœux des eurocrates. L’Union européenne cultive le mépris de la démocratie.

Traité de Lisbonne : les irlandais vont revoter ...pour nous aussi.

Le 12 décembre 2008, le Conseil européen a décidé d’annuler le Non au traité de Lisbonne exprimé par les citoyens irlandais six mois plus tôt. Le gouvernement de ce pays s’est plié à cet oukase en promettant d’organiser un second vote à l’automne 2009.

Rappelons que le traité de Lisbonne c’est pouvoir prendre les décisions à la majorité et non plus à l’unanimité, pour que si un peuple, ou un gouvernement influencé par son peuple, veuille s’opposer à une mesure, cela ne soit pas possible, même à la marge comme c’est encore parfois le cas [7]. C’est la politique du cliquet, sans retour en arrière possible. Avec ce traité, une décision pourrait s’imposer même si le peuple ou son gouvernement sont contre.

« Le supranationalisme consiste à concentrer l’essentiel des pouvoirs de décision, d’une part, dans les mains de Bruxelles et, de l’autre, dans celles des régions. Or le traité de Lisbonne marque un pas radical dans cette direction », dénonce le Président de la République tchèque, VacIav Klaus [8].

Nous connaissons pour l’avoir subit ce que comporte un référendum sur l’Union européenne en matière de propagande, de chantages de toutes sortes avec des économistes et des pseudos experts, interprètes, pour la plupart d’entre eux, d’une même orthodoxie capitaliste qui se relaient dans les journaux, à la radio et à la télévision.

Le quotidien irlandais Irish Times (4 février 2009) a déjà révélé que la Commission européenne dépenserait 1,8 millions d’euros d’argent public (celui des contribuables de l’Union européenne) dans une campagne de propagande ciblant les femmes irlandaises, les jeunes et les familles à faible revenu. Cette somme financerait aussi une campagne sur Internet.

Nul doute qu’un vote en légère augmentation début juin pour élire le Parlement européen serait considéré par les européistes comme une grande victoire. Et cela quelque soit la couleur du bulletin de vote (voire même un vote blanc.) Déjà, certains spéculent sur ce qui pourrait être interprété comme une abstention positive. C’est dire la peur du résultat de juin et de l’abstention.

Cette élection de Juin pèsera donc certainement sur le nouveau référendum irlandais. Nul doute qu’a une urne un peu plus lourde correspondrait un chantage plus important sur les irlandais et qu’une urne encore moins fournies en bulletins en juin qu’aux précédentes élections n’inciterait vraisemblablement pas le peuple irlandais d’accepter en septembre 2009 ce qu’ils ont refusé précédemment. Une adhésion à l’intégration européenne pour le moins discutée, voire refusée, de Stockholm à Athènes et de Londres à Vilnius n’aurait pas de raison d’être acceptée à Dublin.

Rappelons que sous réserve du nouveau vote en Irlande, tous les traités européens rappelés dans le traité de Lisbonne sont forclos.

C’est ce que veulent cacher tous les sauveteurs du projet européen qui appellent à voter pour l’élection du Parlement.

Le résultat du vote pour le Parlement européen et le poids de l’abstention (le boycott [9] est le seul acte comptabilisé dans les statistiques et sera, soyons-en certains le plus commenté après le 7 juin) seront donc lourds de conséquence pour l’avenir de l’Union européenne, car, par déni de démocratie, les irlandais restent les seuls à décider pour tous les peuples. Pour le dire clairement ne pas voter peut aider les irlandais ... à bien voter.

L’Europe, quelle Europe ?

En matière de propagande, les mots sont importants. Pour faire accepter Maastricht on a eu recours aux expressions : « l’Europe c’est la paix », « ensemble nous serons plus forts ». On sait aujourd’hui que pour la paix, on repassera. Ce n’est pas les peuples des Balkans qui diront le contraire, sans compter les aventures africaines ou afghanes (toujours avec l’OTAN.) Pour le plus fort, c’était entendu contre les autres, déjà la théorie du choc des civilisations, mais pas seulement, il y avait une connotation économique. L’expérience prouve que la guerre économique a bien lieu : les travailleurs, les jeunes, les retraités de tous les pays trinquent et les plus riches aussi ... au champagne.

L’Europe de l’intégration européenne a des soucis géographiques. L’Islande, la Norvège, la Suisse ne font pas partie de l’Europe. La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, Saint Martin, Les Canaries, les Açores, Saint Pierre et Miquelon, les îles Malouines, Madère et Mayotte, vestiges de l’époque colonialiste, en font partie. Pourtant ces îles auraient intérêt de commercer d’abord au plus près pour des denrées moins chères et une meilleure protection de l’environnement. Que nenni, elles sont intégrées à l’Union européenne !

Evidemment, l’intégration européenne et son union ne sont pas l’Europe. L’Europe de l’Union européenne n’est pas définit de l’Atlantique à l’Oural mais comme l’espace où s’exerce l’autorité de la Commission européenne et des Conseils européens. C’est un espace à géométrie variable et les traités n’existent que pour des valeurs économiques qui ne sont pas celles des intérêts des plus grand nombre mais pour les intérêts des plus fortunés. On l’a vu.

S’agissant des droits de l’homme, dans cette Union européenne, en plus du droit de travailler et de gagner sa vie qui n’est pas à l’ordre du jour, on pourrait parler du droit des personnes à être reconnues en tant qu’être humain qui est bafoué, tant à Sangatte (France), ce cul-de-sac de l’UE, qu’à Chop (Ukraine) qui reçoit tous les réfugiés de l’UE qui sont repoussé par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie et qui sont dans des conditions matérielles lamentables.

Et que penser de la prétention de cette Union européenne, qui s’aligne docilement sur la position d’ingérence étasunienne, à donner des sanctions politiques et diplomatiques à Cuba sous le seul prétexte d’une absence sur l’île caribéennes d’une économie de marché ? [10] Sanctions, toutefois remisent en cause le 23 juin 2008, après d’âpres discussions et à la condition siné qua non que la situation soit réexaminée chaque année.

Les nouvelles propagandes

Selon les idéologues les plus conservateurs la matrice européenne serait d’origine chrétienne. S’il est vrai que Robert Schuman et Jean Monnet [11] fréquentaient plus souvent l’église que le Mur des Fédérés, cette idée n’a rien à voir avec la charité chrétienne, elle est dangereuse. Elle contient une logique d’empires qui s’opposent. Il y aurait l’empire européen ou occidental et les autres, les barbares, les non chrétiens contre lesquels il faudrait se protéger. C’est le choc des civilisations cher à Samuel Huntington [12], une logique de guerre.

La démarche n’est pas nouvelle, pour trouver une base culturelle à l’empire, en son temps Charlemagne tenta d’inventer une matrice chrétienne. Malgré les efforts déployés par son conseiller, le moine irlandais Alcuin, l’entreprise se solda par un échec.

Selon d’autres idéologues, avec une version idéalisée de la première, de nature humaniste, un nouveau thème (électoral) a surgi : la libre circulation des capitaux, baptisée « concurrence libre et non faussée », serait la « dérive » malheureuse, récente et inattendue d’une Europe initialement « sociale ». Alors que dès sa création l’Union européenne, alors Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier avait d’autres objectifs que sociaux.

Des idéologues (politiques, grands patrons, journalistes grassement payés, experts autoproclamés), bien comme il faut, définissent celles et ceux qui refusent l’intégration européennes comme des attardé-e-s mentaux, des protestataires qui souffriraient de crispation, de repli, d’égoïsme, d’individualisme, de conservatisme, de populisme, voire de racisme et peut-être, de socialisme (un très gros mot lorsqu’il n’indique pas les partisans de la rue de Solférino.) et bien entendu, de souverainisme.

Ces mêmes, à partir d’analyses plus proches de l’invective et du sectarisme que du sérieux, n’hésitent pas à accuser de nationalisme rampant les partisans d’une nation indépendante et des peuples souverains libres de décider pour eux-mêmes. Ainsi les partisans d’une démocratie plus directe sont assimilés à des partisans des régimes totalitaires. Un glissement outrancier, où l’art de renverser les rôles. Cette opération est perverse et peut tromper des cœurs généreux. Elle vise à diviser celles et ceux qui ont les plus de raisons de s’unir.

Enfin, pour certains d’entre eux, l’Union européenne pourrait être aménageable, (re) devenir plus social, le parlement pourrait acquérir de nouvelles fonctions, la BCE pourrait être réorientée. Là où le bât blesse c’est qu’ils ne nous disent pas comment ils pourront réaliser ce miracle. A moins d’un véritable cyclone politique en Europe, c’est pour le moins ni à court ou à moyen termes qu’ils y arriveront mais à la Saint-Glinglin. Apparemment, ils sont prêts à sacrifier quelques générations. Plus sérieusement, ils se contentent d’accompagner un processus qui offre des postes, à défaut d’offrir des changements.

L’Union européenne ne faisant pas recette auprès des peuples, les partis en lice promettent des changements. Leurs slogans se ressemblent à s’y méprendre. Par exemple, Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP indique dans les Echos du 24 mars 2009 : « Je ne vais pas ménager mon énergie pour montrer qu’on peut bouger l’Europe. » L’UMP est en retard, en 1999, le Parti communiste français (PCF) proposait déjà de bouger l’Europe. Le parti socialiste, quant à lui, propose de changer l’Europe maintenant. Mais dans quel sens, sinon vers plus d’inégalité sociale qu’imposent les traités européens ?

Un nouveau vocabulaire est mis en avant pour accompagner l’intégration européenne. Les « partenaires » sociaux « dialoguent » pour établir de nouvelles normes sociales et européennes. Les services deviennent « universel » et remplacent les acquis nationaux. Ainsi on espère effacer les clivages exploiteurs/exploités, riches/pauvres. Les intérêts sont communs. La lutte de classe n’existe plus, sauf dans la vraie vie évidemment.

Une question qui n’est plus taboue.

Quand on passe un traité avec d’autres pays, si la situation change, évolue dans un sens que l’on considère comme négatif, on peut changer d’avis. Les derniers traités de l’Union européenne, avec un article, ont d’ailleurs prévus cette possibilité [13]. Pour un retrait de l’Union européenne, il s’agirait donc de faire jouer ce droit de retrait.

Mais la propagande intégriste, la superstructure idéologique, est telle, depuis des décennies, que cette idée pourtant évidente et logique n’était pas vraiment accessible pour la plupart des personnes.

Des années d’expérience de l’Union européenne, la connaissance de sa nature et de son objet, font qu’aujourd’hui la question d’une rupture avec celle-ci n’est plus taboue. Des voix, s’élèvent de milieux très divers pour dire : c’est est assez !

Toutefois, les principales organisations politiques, syndicales, associatives sont en retard sur l’expression de cette prise de conscience, peut-être faut-il y voir le peu de personnes qu’elles représentent réellement, un manque de démocratie en leur sein, des modes de vies des dirigeants plus proches de celles des privilégiés économiques que de la majorité des citoyens ? Enfin, une foi élus, les députés européens, en ce qui les concerne, ne se considèrent-ils pas comme des missionnaires de l’intégration européenne, coûte que coûte ?

Au contraire, des organisations plus éloignées du pouvoir, n’ayant pas prétentions aux fonctions électives les plus prestigieuses, plus proche du citoyen ordinaire ainsi que des militants ou élus de proximité, posent ou commencent à se poser la question de la sortie du processus de l’Union européenne.

Evidemment cela suppose des modalités de sortie de l’UE, formaliser de nouvelles démarches européennes basée sur le respect de la volonté des peuples, sur l’équité et l’équilibre des échanges de toute nature ; économiques, écologiques, sociologiques et culturels, proposer de nouvelles relations internationales, créer une indépendance monétaire, proposer une réelle démocratie avec de nouveaux droits pour les personnes (ne consistant pas seulement à choisir la couleur des bacs à fleurs) et ainsi pour la France se débarrasser de la constitution actuelle, se poser la question de l’appropriation sociale des grands moyens de consommation et d’échange où l’économie ne serait pas reine mais outil, celle de la gestion de l’eau [14]. La première étape consistant à un référendum pour asseoir la légitimité démocratique de la démarche.

Aujourd’hui sur toute la planète, des expériences sont tentées pour un autre ordre international multipolaire, respectueux du droit des nations, et de la possibilité de répondre aux besoins de la majorité ; mieux, des relations de coopération mutuellement avantageuses, des relations de solidarité, s’esquissent. Elles peuvent servir d’exemples. Toutefois, à chaque situation correspondent des solutions originales, il ne s’agit pas de copier in extenso ce qui se fait sur un autre continent [15].

Un vaste chantier de réflexions et d’actions reste donc à ouvrir. Le plus tôt sera le mieux.

En attendant, voter, c’est donner une légitimité à une démarche et à une intégration européenne qui n’en à pas ; ni du point de vue historique, ni du point de vue démocratique, ni du point de vue social, ni du point de vue moral.

vendredi 24 avril 2009

BERNARD, FRANCOIS, JEAN-CLAUDE et…NOUS AUTRES… par j.levy

Vendredi 24 avril 2009
BERNARD, FRANCOIS, JEAN-CLAUDE et…NOUS AUTRES…


Jeudi soir, France 2, dans son émission « A vous de juger », avait convié les responsables de la CGT, de la CFDT et de FO pour débattre de la situation sociale en France, à une semaine de la manifestation unitaire du 1er mai.

On songe à ce qu’aurait pu dire, dans une situation identique, Benoît Frachon, Georges Séguy ou Henri Krasucki, face à la télé, en pleine agitation sociale, devant des millions de téléspectateurs…

Inutile de se poser la question, aucun des trois anciens secrétaires de la CGT n’aurait été invité !



Revenons au présent.

Interrogés sur l’importance du Premier mai et des suites à lui donner, les trois leaders syndicaux ont insisté sur le caractère, sinon inédit, du moins peu usuel d’une telle action commune. Ils ont tous trois rappelé l’écho grandissant des manifestations du 29 janvier et du 19 mars, rassemblant de plus en plus de monde (1,5 million, puis 3 millions de personnes), sans pour autant ne susciter du gouvernement et du patronat qu’un intérêt distant.

Sur l’insistance d’Arlette Chabot - la journaliste menant le débat - seul Jean-Claude Mailly a évoqué l’hypothèse, souhaitable aux yeux de son organisation, d’une grève générale de 24 heures. Bernard Thibault et François Chérèque, pour le moins réticents, s’en sont bornés à annoncer la tenue d’une réunion entre les 8 confédérations, au lendemain du 1er mai. Le secrétaire de la CGT devait préciser, comme étapes ultérieures de l’action revendicative entreprise, l’organisation pour la mi-mai d’initiatives prises par la CES de manifestations dans diverses capitales européennes, à Bruxelles, Prague entre autres.

Ce qui peut laisser perplexes les syndicats et les salariés partisans d’autres actions en France même, sans attendre, dans les jours qui suivront, la manifestation commune.

Interrogés sur les « violences » intervenues ces jours derniers et la « radicalisation » des conflits, évoquant les actions des salariés de Continental, de Caterpillar, de Molex, les dirigeants syndicaux ont mis l’accent sur l’inquiétude et la colère des ouvriers menacés dans leur emploi.

Raisons qui ont motivé le recours à des méthodes « qui ne font partie des moyens d’action des syndicats ».

En clair, les responsables des Confédérations « comprennent ces gestes de désespoir », sans les approuver, et encore moins, les préconiser.

Certes, les trois leaders n’ont pas de mots assez durs pour stigmatiser les patrons du CAC 40, qui s’en mettent plein les poches. Et de citer des chiffres accablants, Chérèque n’étant pas le dernier à sembler s’indigner.

Mais, personne, Bernard Thibault pas plus qu’un autre, n’a parlé du contenu du programme commun aux centrales syndicales. Si, pourtant à une question précise posée par Arlette Chabot sur le montant chiffré du Smic demandé par la CGT, son secrétaire général a lâché, comme un gros mot, « 1600 euros brut ». A ce moment-là, du fait d’un incident technique, dû sans doute à un effet LCD du téléviseur, le visage de Bernard Thibault a viré au rouge, un très court instant. Comme le nez de Pinocchio s’allonge lorsqu’il profère un mensonge…

Donc, rien de concret, ni de chiffré sur les revendications des travailleurs, sur lesquelles ceux-ci sont censés se battre.

Cette absence d’objectifs à atteindre par la lutte, ne permet guère d’envisager des perspectives de développement du mouvement social !

La « crise » est abordée comme un cataclysme naturel, ou mieux un « objet non identifié » venu dont on ne sait d’où. Ses causes et ses responsables demeurent un sujet tabou.

Les trois responsables syndicaux n’ont pas été plus prolixes, Bernard Thibault pas plus que les autres, au sujet de la conjonction permanente entre le Médef et Nicolas Sarkozy, de la cohérence de leur politique. Et chacun de répéter bien haut que le combat était syndical, pas politique.

Il faut quand même bien, entre partenaires, se réserver la possibilité de rendre visite au chef de l’Etat !

Aussi, pas un mot n’a été dit sur l’extraordinaire combat mené par les enseignants, les chercheurs et les étudiants, lutte qui se poursuit, unie, depuis des mois. Pas plus que sur la colère qui gagne les professions de santé et la défense de l’Hôpital public.

De même, le combat de masse de la population des Antilles contre l’exploitation, n’a pas été évoqué.

Il ne faut pas fâcher le locataire de l’Elysée.

Sur l’Europe, motus et discrétion ; rien sur le rôle néfaste que joue l’Union Européenne sur le niveau de vie des citoyens, ni sur la démocratie et la souveraineté prohibées. Ce silence s’explique : ils sont tous trois compères dans la CES, instrument intégré à l’UE.





Que retenir d’autre de cette triple prestation télévisée ?

Peut-être le satisfecit apporté aux organisations syndicales, par le ministre du Travail, le sieur Hortefeux, qui s’est plu à vanter « l’esprit de responsabilité » des trois Confédérations, « refusant d’envenimer la situation » en ne débordant pas des strictes revendications syndicales.



Comme disait l’autre, « Quand l’ennemi de classe vous applaudit… »

lundi 20 avril 2009

Fier d'être Communiste L'EXPRESSION REALISTE D'UNE MILITANTE OUVRIERE !

Fier d'être Communiste
L'EXPRESSION REALISTE D'UNE MILITANTE OUVRIERE !
Français, prenez votre avenir en main !!! N'attendez pas thibault et MGB !!!!

Les mouvements populaires se succèdent depuis des mois, chaque secteur du monde professionnel, éducatif, privé étant concerné par les graves atteintes aux droits du travail et aux acquis sociaux provoqués par ce gouvernement, doublé d'une crise mondiale du capitalisme. Le mouvement se durcit, les antillais, grâce à laur grève exemplaire ont mis le feu aux poudres, les étudiants , mobilisés depuis de nombreuses semaines, avec le soutien de leurs professeurs, tiennent bon la barre contre vents et marées.
Les salariés de multiples usines débrayent également avec une radicalisation des actes, séquestrations temporaires de directeurs, lancé d"oeufs" et autre manoeuvres prouvant, s'il en est que l'exaspération est bien présente.
Les 2 grandes journées d'action de grève unitaire des 29 janvier et 19 mars ont été des réussites par le nombre de participants comme par le nombre de secteurs impliqués. Rappelons, que nous sommes nombreux depuis un an à réclamer que les dirigeants syndicaux préparent des journées d'action unitaires "Tous ensemble, en même temps" et cela est une belle réussite.



Pourtant, force est de constater, que les dirigeants syndicaux méprisent les luttes des Français et collaborent avec le gouvernement en appelant à des journées unitaires, très décalées, voire pire, la prochaine prévue le 1er mai !!!

Week end prolongé, les ponts etc... ne gêneront certes pas les employeurs et nous aurons empêché un mouvement bien parti en n'exploitant pas cette mane qui nous vient du peuple en colère. Pourtant , il parait que dans les cortèges du 19 mars nombreux étaient les participants qui espéraient continuer cette journée d'action à la suite comme nos vaillants camarades guadeloupéens.

Alors, que penser de l'attitude corrompue des dirigeants syndicaux ?

C'est très décourageant car ces victoires menées de longue date sur le terrain par les leaders syndicaux est méprisée et nous sommes là, à attendre le bec dans l'eau à essayer de se réjouir et de se motiver pour le 1er mai.

Il y en a que cela contente : les moutons de panurge, prêts à suivre sans s'interroger plus à même sur les intérêts exploités par les syndicats.

C'est pareil pour les élections européennes, il parait que le front de gauche fait un tabac.....c'est tellement beau cette collaboration entre les ex PS, des verts européens et des communistes qui ne veulent surtout pas qu'on les nomme ainsi !!!

A gerber, je vous dis et apparemment, le succès au sein des votes dans les sections est loin d'être aussi encourageant que ce que l'on nous fait croire....que nenni, les cocos n'ont pas souhaité s'exprimer.

Je fais partie de ceux qui souhaitent que nous sortions de cette europe libérale et fascisante ( nous en avons encore la preuve avec les derniers évènements anti OTAN à strasbourg), je fais partie de ceux qui prônent l'abstention populaire aux européennes et pourtant je suis élue communiste. Nous devons rester cohérents et continuer dans la lancée du NON au traité constitutionnel.

Ce qui se passe au PCF moribond est lamentable, abandon de tout ce qui peut encore ressembler à des idéaux communistes, collaboration avec la gauche européenne, mépris des militants qui sont la base du parti, méthodes très peu démocratiques dans le choix des décisions et des candidats, bref, le maigre score aux dernières élections ne va certainement pas " gonfler" la prochaine fois avec de telles méthodes.

Et pourtant les militants suivent, je ne sais par quelle magie ils continuent à y croire.

Ce que nous voulons, c'est un grand parti communiste qui ne renie pas ses origines et ses victoires gagnées dans le sang....qui ne renie pas ses symboles.....qui reste un grand parti marxiste.

Les français ne s'y trompent pas lorsqu'ils ne votent pas pour nous, que représentons nous au juste ?



Le syndicat CGT, cher à mon grand père comme le PCF ne sont plus......déterrons les , rendons leur la vie, leur dynamisme d'antan, les idées qu'ils représentent ne sont pas mortes et toujours modernes.
La lutte des classes, nous sommes en plein dedans et personne, n'est capable d'exploiter ce merveilleux filon qui nous est offert sur un plateau.


C'est un peu comme une femme offerte, qui attend impatiemment son amant, celui ci arrive et passe devant elle sans la voir !!!

Ne passons pas à côté de cette flamboyante poussée populaire, devant cet espoir d'émancipation, devant ce refus de voir perdre nos acquis sociaux.......accompagnons le peuple en lutte, proposons leur comme nous savons le faire, notre soutien indélébile et non corrompu...pour la VICTOIRE!!!


A l'exemple d'Elie Domota en Guadeloupe, D'Hugo Chavez au Vénézuela, De Fidel à Cuba, D'Evo Moralès en Bolivie, ne cédons rien, respectons la volonté du peuple, continuons la lutte vers le socialisme.


Je suis encore communiste encartée au PCF, mais à présent mon combat s'articule auprès du pôle de renaissance communiste en France ou PRCF qui pour moi représente le vrai parti communsite que je cherchais.

Que ceux, qui comme moi sont dépités et très déçus par le PCF, songent à étudier les textes et les combats menés par le pôle......au moins, nous n'avons pas l'impression d'être tondus à chaque intervention, nous n'avons pas l'impression de ne servir que de faire valoir pour les campagnes électorales; nous ne ramons pas à contre courant, nous n'entendons pas répéter sans cesse : " les alliances, les alliances, sinon, c'est la fin!"...


MARRE MARRE MARRE

Mes idéaux marxistes sont intacts, ce sont eux qui guident mon chemin militant, je sais avec qui je veux combattre, je sais pour qui je veux combattre.....c'est avec les PURS ET DURS, pas avec les ramollis !!!!


ET TANT PIS SI CA COINCE !!!!



ALLEZ TOUS DANS LA RUE ET QUE CA PETE !!!!










PAS AVOIR HONTE DE NOS SYMBOLES

Source : http://cocomagnanville.over-blog.com/

dimanche 19 avril 2009

Un « torche-cul » le drapeau tricolore ? Par Léon Landini

Un « torche-cul » le drapeau tricolore ? Par Léon Landini


Notre ami Léon Landini est l’un des fondateurs du Comité pour une Europe des peuple et Nations souveraines qui est devenu le Comité Valmy. Défendre comme il le fait, les symboles de la République et du peuple-nation notamment face au nihilisme national des trotskystes et de la social-démocratie, est un élément décisif dans un débat idéologique qui progresse actuellement dans le bon sens. CB

Depuis la parution sur le mensuel « LA RAISON » N° 537, d’un article déjà fort ancien signé par Jean Zay et intitulé « Le drapeau », un débat parait s’être institué entre nos camarades et diverses autres personnes. Ne pouvant rester silencieux sur un problème et sur certaines affirmations qui me paraissent offensantes, je ne peux m’empêcher de donner mon sentiment sur ce sujet.

Je voudrais surtout intervenir sur la réponse de Christian Eyschen, (rédacteur en chef de la revue La Raison) à Annie Lacroix-Riz lorsqu’il écrit : « chacun est libre d’aimer ou pas le drapeau tricolore et la Marseillaise. En ce domaine comme dans d’autres, la Libre Pensée pratique le respect de la liberté de conscience…. Je partage tout à fait ce point de vue … « le patriotisme est le dernier refuge de la canaille » … et je ne me lève jamais quand passe la Marseillaise ».

Permets-moi cher Christian de te faire remarquer que traiter de « torche-cul » un drapeau, qui pour moi (et sans doute pour beaucoup d’autres) représente quelque chose d’important, ce n’est pas : « pratiquer le respect de la liberté de conscience, comme tu l’affirmes. Je suis convaincu, que si quelqu’un t’avais demandé de faire paraître un article sur ta revue dans lequel on traite le drapeau rouge et l’Internationale (que tu défends avec acharnement) de torche-cul, tu aurais très vraisemblablement refusé en disant et avec juste raison, que l’utilisation d’un pareil langage offenserait de nombreux adhérents de la Libre Pensée. Si comme tu le dis, je suis libre d’aimer la Marseillaise et le drapeau tricolore, il n’y a aucune raison que je permette à quelqu’un d’offenser ces symboles sans réagir fermement.

Venons-en maintenant au fond du problème. Il convient de mettre en évidence que la Marseillaise n’est pas uniquement un hymne français, mais un chant révolutionnaire de la première heure, qui a été repris et adopté par nombre de révolutionnaires de tous les continents. En voici quelques exemples : * Le drapeau tricolore et la Marseillaise étaient l’emblème et le chant des sans culottes, qui à Valmy vainquirent la coalition royale accouru pour écraser la République française. Arboraient-ils un « torche-cul » ? * Vers 1900, ceux qui en Russie chantaient la Marseillaise en public étaient arrêtés et déportés par la police du tsar. * Après la révolution d’octobre en 1917, les bolchevicks l’adoptèrent pour hymne, avant de reprendre un autre chant révolutionnaire : L’Internationale. * En 1931, à l’avènement de la Seconde République espagnole, les espagnols accueillirent le nouveau régime en chantant la Marseillaise, dans une version espagnole ou catalane. * En 1940, dans la France occupée c’est au chant de la Marseillaise que les 27 fusillés de Châteaubriant furent emmenés au poteau d’exécution. * C’est à Auschwitz, que 300 françaises pénétrèrent dans ce camp de la mort en chantant la Marseillaise, défit antinazi incomparable, ce qui redonna du cœur au ventre à l’ensemble des déportés. * Combien de résistants, militants communistes furent fusillés poings levés, en chantant la Marseillaise et en criant vive le Parti communiste. Un grand nombre d’entre eux auraient considéré comme un honneur d’être ensevelis dans un drapeau tricolore.

* Il me semble utile de rappeler, (ce que beaucoup ignorent) que L’Internationale a été écrite par Eugène Pottier pendant la révolte de la commune de 1871 sur l’air de la Marseillaise et, qu’aujourd’hui encore on peut très bien mettre les paroles de L’Internationale sur la Marseillaise et vice et versa.

Lorsque en 1922, mon père a du s’enfuir de son pays poursuivit à coups de fusil par les Chemises noires de Mussolini, il dut à ce moment là choisir un pays pour pouvoir s’y réfugier « provisoirement » pensait-il. Il était convaincu que les italiens ne pourraient pas supporter très longtemps les fascistes et le fascisme. Son choix fut vite fait et c’est la France qu’il a choisi ! Oui ! C’est la France de la Révolution, la France de la Commune, la France des droits de l’homme ! La France, le seul pays au monde dont les bâtiments publics portent sur leurs frontons, ces trois mots LIBERTE - EGALITE – FRATERNITE et dont l’hymne national dit : « Liberté, Liberté chérie combats avec tes défenseurs et contre nous de la tyrannie » des mots qui ne manque pas d’actualité au moment où Sarkosy strangule les libertés et la laïcité. Ce n’est pas par hasard que mes camarades FTP-MOI baptisèrent leurs bataillons Carmagnole et Liberté, que Charles Tillon définit de la façon suivante : « Carmagnole-Liberté, un des plus beaux fleurons, si ce n’est le plus beau fleuron de la résistance armée française ». Le drapeau tricolore, malgré des souillures subies du fait des guerres impérialistes et du soutien apporté à l’union sacrée par la SFIO à la guerre de 1914, restait pour mon père le drapeau de la révolution, des sans culottes et de la Commune, où rappelons-le, le drapeau rouge était cravaté de tricolore.

Certes, le drapeau tricolore fut aussi : celui de Thiers écrasant les Communards, celui derrière lequel les troupes françaises massacraient les peuples coloniaux, celui utilisé par Pétain pour collaborer avec les nazis.

Je sais aussi que ce drapeau a été souvent utilisé afin de tromper le peuple et que la « Marseillaise » est systématiquement entonnée dans le même but par le fascisant Le Pen. Crois-tu vraiment que pour ces raisons le drapeau tricolore et la Marseillaise méritent autant de mépris ?

Si demain une de tes filles était violée, la jetterais-tu aux orties ou l’aimerais-tu davantage ? Et bien, en vouant le drapeau tricolore et la Marseillaise aux gémonies tu agis (pardonnes-moi cette comparaison brutale, mais le mot « torche-cul » pour désigner le drapeau qui flottait sur nos maquis n’est pas moins violent » comme ce père qui chasserait sa fille parce qu’elle a été violée.

Par ailleurs, ce serait une erreur de croire que l’on ne puisse pas traiter avec la même véhémence et autant de mépris le drapeau rouge et L’Internationale, c’est-à-dire de la même façon que l’article de Jean Zay (publié par La Raison) le fait à l’encontre du drapeau tricolore et de la Marseillaise.

Je te rappelle qu’à l’origine le drapeau rouge était celui que les Gardes du Roi, commandé par La Fayette, arboraient en arrivant Place de Grève face aux manifestants ouvriers, ce drapeau rouge était celui de la loi martiale, il signifiait que les Gardes allaient tirer sans sommations sur les « grévistes ». Cela n’a pas empêché que par la suite, le drapeau rouge soit devenu le drapeau de la classe ouvrière qui l’a si justement arraché à ses ennemis pour signifier le combat de classe.

Même si aujourd’hui l’armée russe de Poutine brandit le drapeau rouge « purgé des outils » pour massacrer le peuple tchétchène, sois certain que c’est toujours avec fierté que je le porte à bout de bras, en compagnie du drapeau tricolore.

En ce qui concerne L’Internationale, n’est-ce pas également ce chant que les sociaux démocrates (ceux qui ont toujours trahis les intérêts des travailleurs) chantent à leur congrès en arborant le drapeau bleu de l’Europe cléricale et en « ringardisant » la nation républicaine. Tu vois que lorsqu’il s’agit de salir les plus belles choses, on peut toujours trouver des arguments.

Chez les « Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’œuvre Immigrée » (les FTP-MOI auxquels j’ai eu l’honneur d’appartenir), nous n’étions ni chauvins, ni « patriotards » nous qui avions subi le racisme dans notre jeunesse, en associant Internationale et Marseillaise, drapeaux rouges et tricolores, nous faisions prévaloir l’Internationalisme prolétarien, uni au patriotisme républicain, sur le national-racisme Pétainiste et sur la « Grande Europe » de Hitler. Pourtant nous aimions notre pays, mais notre pays était toujours celui dans lequel nous nous battions pour défendre la justice et la liberté.

Pour conclure, je dirai que le mépris outrageant manifesté envers le drapeau tricolore ne peut que servir ceux qui souhaitent le faire disparaitre pour le remplacer par le drapeau bleu étoilé de l’Europe capitaliste, anti-laïque et supranationale.

Léon LANDINI ancien FTP-MOI – Grand Mutilé de Guerre.

« Vive la Nation ! » Par Georges Gastaud

« Vive la Nation ! » Par Georges Gastaud



C’est à ce cri que l’ "armée des savetiers" raillée par la réaction balaya à Valmy celle des Rois d’Europe appelée à sa rescousse par Louis XVI. C’est dire si la référence à la "nation" s’enracine dans notre histoire révolutionnaire, le mot "patriote" désignant à l’origine les amis de Marat et autres "Sans-Culotte"...

Pourtant nombre de militants de gauche rejettent avec horreur toute référence à la nation et aux symboles qui la représentent aux yeux des Français, drapeau tricolore et Marseillaise en tête. C’est que la grande bourgeoisie, devenue contre-révolutionnaire, a longtemps dévoyé le sentiment national pour justifier sa politique anti-ouvrière et colonialiste.

« Devenir la nation »

Nul ne peut oublier non plus que depuis 1981, le Front "national" de Le Pen a usurpé le nom de ce mouvement de résistance créé par le PCF sous l’Occupation : froidement mis sur orbite par Mitterrand, ce prétendu F"N" a cultivé la xénophobie... et fourni le repoussoir idéal dont Mitterrand avait besoin pour ringardiser le patriotisme et préparer la mise en place du traité de Maastricht et de l’euro...

Mais les résistants conséquents d’aujourd’hui savent qu’il est absurde de confondre nation et nationalisme – rejette-t-on l’intégrité parce qu’il y a des intégristes, ou l’humanité parce que les "humanitaristes" à la Kouchner aident les ingérences impérialistes ? Comme le dit Léon Landini, président du PRCF et ancien officier FTP-MOI : si votre fille a été violée, vous ne devez pas la renier, mais l’aimer davantage et réserver vos coups aux violeurs. Et ce n’est pas parce qu’Hortefeu se réclame de "l’identité nationale" pour casser de l’immigré qu’il faut renier la France, ou traiter le drapeau français de "torche-cul" comme le font certains "gens de gauche", offrant la nation sur un plateau à la pire réaction !

Dans le « Manifeste », l’internationaliste Marx conseillait à la classe ouvrière de "devenir la nation" pour entraîner derrière elle la masse des exploités. La Commune, premier gouvernement ouvrier de l’histoire, fut le résultat d’une insurrection patriotique contre l’occupant prussien et ses collabos versaillais. En 36, le grand patronat criait "Plutôt Hitler que le Front populaire !", mais le PCF, appuyé par l’Internationale communiste, associait drapeaux tricolore et rouge pour isoler les fascistes. Il devint le fer de lance de la Résistance armée sur des bases patriotiques, sociales et internationalistes en créant les Francs-Tireurs et Partisans de France et "Main d’Oeuvre Immigrée", quand la bourgeoisie "française" eut fait "le choix de la défaite" militaire en 1940. Et cette alliance antifasciste entre la nation républicaine et la classe ouvrière, "seule restée fidèle en sa masse à la France profanée" selon le gaulliste Mauriac, rendit possible le programme du Conseil National de la Résistance d’où viennent les avancées sociales des ministres communistes de 45.

Sauver la nation pour sauver la classe ouvrière

Associer patriotisme républicain et combat anticapitaliste ne devrait donc pas poser problème à des communistes et à des républicains conséquents, et il est étonnant que certaines organisations se réclamant du marxisme-léninisme refusent en pratique d’aider le PRCF à défendre sur des bases de classe la nation déchiquetée par la "rupture" de Sarko-Thatcher et l’Europe...

Les monopoles capitalistes, eux, n’ont pas d’états d’âme pour mener de front casses sociale et nationale - programme du CNR, principes républicains issus de la Révolution, souveraineté nationale bradée par le Traité de Lisbonne, laïcité sacrifiée au "dialogue avec les religions", République une et indivisible déchirée par l’euro-régionalisation, autonomie communale dépecée par le plan Balladur/Mauroy, séparation républicaine des pouvoirs (Sarko phagocyte les pouvoirs législatif et judiciaire...), langue française (Seillière et Parisot veulent faire de l’anglais l’unique "langue des affaires et de l’entreprise"), recherche scientifique, production en France laminée par les délocalisations industrielles, agriculture familiale, commerce de proximité et pêche artisanale….

C’est l’existence même de la nation que menace, pour des raisons de classe, l’aristocratie financière. Elle veut en faire une coquille vide, un « site France », plate-forme du tourisme friqué, de la finance et du camionnage, pour mondialiser ses profits et mater la jeunesse et le prolétariat de France jugés trop frondeurs. Cerise sur le gâteau, Sarkozy réintègre l’armée française dans le commandement unifié de l’OTAN, démantèle les garnisons de frontières et autorise un bataillon... allemand en Alsace, à deux pas du l’ex-camp nazi du Struthof !

Sortir de l’Europe !

Les vrais progressistes doivent donc rompre avec l’illusion d’une "réorientation progressiste de l’UE" prônée par Aubry, Royal, le PC "euroconstructif" de Wurtz et "l’euro-révolutionnaire" Besancenot, dont les listes seront ouvertes aux euro-régionalistes de tous poils. A l’inverse de ces « euro-nationalistes » qui dénigrent la petite France pour mieux adorer la Grande Europe, les vrais progressistes doivent oser rouvrir une perspective politique révolutionnaire en osant prôner la SORTIE de la France de l’euro et de l’U.E., une politique nationale de réindustrialisation, la nationalisation démocratique des banques et des secteurs clés de l’économie, de nouveaux traités internationaux progressistes permettant d’échanger avec le monde entier...

Cela cristalliserait d’immenses affrontements de classes à l’initiative des travailleurs sur tout notre sous-continent, et engagerait concrètement la lutte pour le socialisme en unissant derrière le mouvement ouvrier la majorité de la nation laborieuse, y compris les couches moyennes précarisées par Maastricht, sans cesser une seconde de développer l’internationalisme prolétarien !

Dans l’immédiat, nationaliser les luttes reste la priorité pour construire ici le "tous ensemble en même temps" qui vient de triompher en Guadeloupe. Et comment y parvenir si on nie la dimension nationale des luttes pour complaire à la Confédération Européenne des Syndicats ? Car, associée au mot d’ordre d’Europe des luttes, la résistance à la casse nationale est le dénominateur commun des luttes populaires en cours (Renault, SNCF, Education nationale, universités, CNRS...) et le meilleur moyen de fédérer la « France d’en bas » autour du mouvement ouvrier de classe.

En appelant les progressistes à participer au colloque unitaire du 30 mai prochain sur l’actualité du CNR, le PRCF entend agir pour la renaissance républicaine de notre pays, indissociable de la renaissance d’un vrai PCF et de la reconquête par la classe ouvrière du rôle national dirigeant dans la transformation sociale.

jeudi 16 avril 2009

A propos de l’émission d’Arte mettant sur le même plan l’URSS et le Troisième Reich

A propos de l’émission d’Arte mettant
sur le même plan l’URSS et le Troisième Reich

LES VRAIS DEMOCRATES DOIVENT REJETER CET AMALGAME ODIEUX QUI VISE A CRIMINALISER LES IDEES REVOLUTIONNAIRES TOUT EN BANALISANT LES NAZIS.



Poursuivant avec acharnement sa besogne de conditionnement anticommuniste, Arte diffuse ce 8 avril une émission intitulée Hitler-Staline, la diagonale de la haine. A nouveau, on va donc nous présenter Staline comme aussi, sinon plus fou et plus criminel que Hitler, et on va renvoyer dos-à-dos l’URSS et le Troisième Reich, la lutte prolétarienne pour le communisme et la violence ultra-réactionnaire du nazisme.



Cette campagne n’a rien d’innocent : l’Union européenne, au culte de laquelle Arte se voue depuis sa création, a entrepris depuis 2005 de criminaliser le communisme passé, présent et à venir, comme en témoignent la motion alors adoptée par le Conseil de l’Europe qui voulait lancer la chasse aux sorcières dans toute l’Europe ; l’ex-commissaire européen Frattini ne proposait-il pas alors d’interdire les emblèmes du communisme sur tout le territoire de l’UE ?



Pire, certains eurodéputés, parmi lesquels le fascisant Gollnisch, le « vert » Cohn-Bendit et le « socialiste » Peillon, défendent ensemble un projet de loi tendant à faire du 23 août de chaque année une journée européenne de condamnation de l’URSS en prétextant de la signature à cette date du Pacte de non-agression germano-soviétique (rappelons que l’URSS n’a signé ce pacte défensif que contrainte et forcée, après que les « démocraties occidentales » eurent refusé l’alliance anti-hitlérienne proposée par Moscou et que, lors des accords de Munich de 1938, Chamberlain et Daladier eurent donné le feu vert à Hitler pour attaquer à l’est : ces accords permirent le dépeçage de la Tchécoslovaquie, ouvrirent à Hitler la voie de l’invasion de la Pologne ;

Ils se traduisirent aussi par la « drôle de guerre » qui laissa les armées franco-anglaises l’arme au pied pendant près d’un an face aux maigres armées allemandes disposées sur le Rhin.

Le but annoncé de Hitler dans « Mein Kampf » étant de se ruer sur l’URSS, les Soviets tentèrent par cette manœuvre de gagner du temps et surtout, de diviser les forces impérialistes plus antisoviétiques les unes que les autres ; Moscou ne voulait pas avoir à combattre à la fois l’Allemagne, le Japon… et les Etats occidentaux qui, par haine de classe, poussaient Hitler à se tourner contre l’URSS…).



C’est pourquoi les travailleurs, la jeunesse et les intellectuels démocrates doivent refuser ce martelage idéologique dont le but réel est d’amorcer en France la campagne anticommuniste mondiale qui ne manquera pas de déferler sur le monde le 9 novembre 2009 à l’occasion du 20ème anniversaire de l’ouverture de la frontière berlinoise de la RDA.



Le but de l’amalgame Staline=Hitler à base de négationnisme antisoviétique est de criminaliser le communisme et de résistance au capitalisme et à l’UE ; il est de réhabiliter le fascisme et l’extrême droite, déjà associée à plusieurs gouvernements européens ; il est de préparer idéologiquement la répression continentale contre les communistes restés fidèles à l’idéal révolutionnaire de Marx et de Lénine, cela dans le but de priver les travailleurs licenciés et précarisés par le capital de perspectives révolutionnaires.



Mais malgré son apparence d’offensive généralisée contre le communisme, le harcèlement antisoviétique actuel, vingt ans après la chute du camp socialiste, montre surtout la fébrilité du système capitaliste et des forces maastrichtiennes. Celles-ci s’inquiètent à juste titre car des millions de prolétaires de l’Est et de l’Ouest constatent que la « construction européenne » érigée sur les ruines du camp socialiste et que la re-mondialisation du capitalisme résultant de la contre-révolution des années 87/91 n’a apporté qu’exploitation, misère, précarité, destruction des libertés, casse de l’emploi, re-colonisation de fait des peuples de l’est et du Sud, menaces accrues sur la paix mondiale avec l’extension permanente de l’alliance agressive de l’OTAN.



On peut certes critiquer Staline, comme l’a fait publiquement Lénine en 1924, et le débat sérieux, objectif et de bonne foi entre progressistes est toujours le bien venu sur le bilan réel de l’URSS à l’époque de Staline ou après sa mort ; c’est même le devoir des communistes et des démocrates que de réfléchir ensemble de façon critique, sur la base des principes du socialisme et du progressisme, sur les aspects positifs et négatifs des processus révolutionnaires du passé. Avec le soutien de leur organisation, des militants du PRCF ont d’ailleurs entrepris ce travail de critique marxiste et constructive dans de nombreuses publications ignorées des médias.



Pour autant, les vrais communistes ne hurleront jamais avec les loups de l’antisoviétisme comme le font les dirigeants du PCF ou du NPA qui rivalisent d’antisoviétisme, quitte à fournir à la réaction les armes qui lui permettront demain de réprimer l’ensemble de ses opposants, non communistes inclus.

C’est pourquoi, sans s’aveugler sur les contradictions et les déviations qui ont pu à tel ou tel moment affecter la construction du socialisme en URSS ou ailleurs, le PRCF n’oublie pas dans quelles conditions la 1ère expérience historique de socialisme a dû se construire sous la menace permanente de l’impérialisme, obsédé pour des raisons de classe et non pour des motifs humanistes, à faire échec par tous les moyens, y compris la menace croissante de guerre nucléaire, à l’épanouissement d’une société libérée de l’exploitation capitaliste.



D’autre part, et sans s’aveugler sur les répressions qui, dans les conditions de la montée du fascisme, puis de la guerre froide, frappèrent non seulement des agents ennemis acharnés du socialisme, mais aussi hélas des communistes sincères, les progressistes doivent rejeter catégoriquement la diabolisation de l’URSS, y compris à l’époque de Staline : alors que la crise capitaliste ravageait le monde « libre », le socialisme établissait le plein emploi, développait l’industrie, donnait la terre au paysan et l’usine à l’ouvrier, impulsait l’enseignement, la recherche, la technique et la culture, instituait les soins médicaux gratuits et le logement bon marché pour tous, transformait le pays arriéré des tsars en grande puissance économique de premier plan et en point d’appui solide pour tous les antifascistes et pour les anticolonialistes du monde.



Le capitalisme a si peu de leçons à donner au socialisme soviétique qu’à la même époque, sous la forme du nazi-fascisme, il détruisait les libertés, liquidait le mouvement syndical, persécutait la culture humaniste et institutionnalisait le génocide raciste, lançant la seconde guerre mondiale quelques années seulement après avoir provoqué la tuerie impérialiste de 14/18 contre laquelle s’était faite la Révolution socialiste d’Octobre.



L’amalgame Hitler=Staline est d’autant plus odieux que, tandis que le Comité des forges, ancêtre de l’UIMM, déclarait « plutôt Hitler que le Front populaire » puis collaborait cyniquement avec l’occupant, c’est l’héroïque peuple soviétique dirigé par le PCUS avec Staline à sa tête, c’est l’armée rouge ouvrière et paysanne, qui ont stoppé les « invincibles » hordes nazies à Leningrad, Koursk et Stalingrad.



Tout cela s’est fait alors que les bourgeoisies allemande et française, dont les héritiers non repentis osent faire la leçon aux communistes sur Arte, se roulaient dans la fange nazie et vichyste… Pendant ce temps, 25 millions de morts soviétiques dont d’innombrables victimes civiles génocidées par la Wehrmacht et ses Einsatzgruppen tombaient pour libérer le monde du plus grand danger qu’il ait jamais couru !



De Gaulle avait bien raison de déclarer en 1965 lors de sa visite d’Etat à Moscou : « les Français savent que l’URSS a joué le premier rôle dans leur Libération ». En France, c’est le PCF, notamment par le biais des FTP et des FTP-MOI, qui a versé le prix du sang le plus élevé et conduit l’essentiel de la lutte armée anti-nazie.



Ce n’est pas pour rien qu’en 1945 le prestige de l’URSS était immense partout, que le PCF recueillait 29% des voix en France, et que les ministres PCF du Général De Gaulle, les Thorez, Croizat, Paul, Grenier, Tillon, Billoux, Wallon, Joliot-Curie, mettaient en place les conquêtes sociales (Sécu, statuts, retraites, conventions collectives, nationalisations, plan, comités d’entreprise, loi sur la jeunesse, plan Langevin-Wallon sur l’école, CNRS, CEA) que Sarko et l’UE détruisent aujourd’hui en exploitant au profit du MEDEF la disparition de l’URSS et les reniements du PC « mutant ».



Enfin nous mettons au défi les « historiens » qui criminalisent le « socialisme réel », de sonder sur une large échelle les habitants des pays de l’Est « décommunisés » et annexés par l’OTAN et par l’UE : car une forte MAJORITE d’entre eux REGRETTE le socialisme et ses acquis bien réels, non parce que la « nostalgie » l’aveuglerait sur les défauts des premières expériences socialistes de l’histoire, mais parce que, EXPERIENCE FAITE, les travailleurs de l’Est peuvent par eux-mêmes voir que le socialisme, même avec ses défauts passés qu’il faut identifier et dépasser, est humainement supérieur au capitalisme, qui étale d’autant sa nocivité qu’il dispose actuellement d’une hégémonie quasi-totale sur la planète.



Plus que jamais le capitalisme est porteur de régression, de fascisation et d’exterminisme (Irak, Palestine…), comme le montre l’étranglement des libertés et de la souveraineté nationale dans notre pays.



Plus que jamais l’anticommunisme et l’antisoviétisme sont des armes de destruction massive contre les libertés de tous et à pousser en avant les fascistes.



Plus que jamais le PRCF invite les anticapitalistes, les républicains, les progressistes, les militants du mouvement ouvrier et étudiant, à combattre la criminalisation du communisme qui vise, comme en 33, l’ensemble des forces de progrès.



Oui, l’avenir est au socialisme du 21ème siècle qui tirera avec esprit critique, mais sans auto-flagellation, les leçons de l’expérience socialiste issue d’Octobre 17 pour ouvrir une nouvelle ère de fraternité à toute l’humanité.