dimanche 15 mars 2009

Une nouvelle étape de l’engagement euro-constructif du PCF

Une nouvelle étape de l’engagement euro-constructif du PCF

Critique du rapport de Daniel Cirera (CN du 23 mai 2008)

vendredi 29 août 2008, par Benjamin Landais

L’orientation de ce rapport marque l’aboutissement de l’évolution des positions officielles du PCF concernant l’UE. Quel que soit le sujet abordé, la prééminence du cadre politique européen est affirmée avec force. Lorsqu’il relaie l’initiative de la CES de faire de la lutte pour une hausse des salaires en Europe une priorité, l’auteur donne même l’impression que seule cette initiative parvient à donner un véritable statut politique à cette revendication. Pour le reste, il s’agit de sauver l’UE de la crise de légitimité dont elle souffre (« Nous ne nous réjouissons pas de la crise profonde qui traverse le projet de construction européenne ») en apportant des « réponses de gauche » à sa construction.

Pire, le rôle actuel du PCF serait de « remettre le social au cœur du projet » européen ainsi que la « relégitimation populaire du projet européen ». On attend alors que Daniel Cirera nous démontre que le projet des grands industriels et des hommes politiques réunis à l’occasion du traité instituant la CECA ou la CEE était social et populaire mais il n’en rien. A la place de cela, le rapport insinue que le rejet historique de la « construction » européenne par les communistes était l’unique résultat d’une politique de guerre froide (« pour tous, l’opposition ou l’adhésion à l’Europe a été structurée par les tensions de la guerre froide et les rapports de forces issus de la guerre. »). En effet, si l’UE s’est bien construite « par en haut, par les institutions », elle aurait été l’objet d’un « certain consensus populaire » ou plutôt d’un « consensus politique qui transcendait le clivage droite-gauche ». Exit donc toutes les analyses portées par les communistes jusque dans les années 1990 sur la nature capitaliste, fondamentalement anti-démocratique et impérialiste de l’UE ! Tout cela ne serait qu’un héritage de l’alignement sur les positions de Moscou.

Place désormais à un nouvel « engagement européen du PCF, qui permette d’en finir avec la perception ‘anti-européenne’ ». Pour y parvenir, les dirigeants actuels du parti se déchirent sur deux formulent différentes, celle d’une « autre Europe possible » que certains, comme Francis Wurtz et Daniel Cirera, trouvent encore trop « anti-européenne » et lui préfère celle de « Changer en Europe ». Quel meilleur slogan en effet pour exprimer son adhésion à un projet réformiste dans un cadre cadenassé de toute part par les représentants des grands trusts ?

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