mercredi 4 mars 2009

Un autre "dîner de cons" par j lévy

Un autre "dîner de cons"


C'est la tradition : le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), invite chaque année, l’ensemble de la classe politique à un repas fraternel. Et chacun, de l’UMP au Parti socialiste, de boire et de manger à la gloire de l’Etat d’Israël. Jusqu ‘à cette année, les dirigeants du PCF étaient conviés pour trinquer. Le plus triste, c’est qu’ils y allaient !

Pour tous ceux qui ont vu au cinéma le film « Le dîner de cons », Marie-George Buffet y jouait le rôle de Pignon, le faible d’esprit qui s’y fait piéger. Pourtant, elle participait avec bonne humeur à la cérémonie, quel que soit le nombre de Palestiniens massacrés par Tsahal. Marie-George Pignon était fière de compter parmi les amis de la communauté juive de France. Elle n’avait jamais fait le rapprochement entre l’Etat hébreu et le CRIF. Elle était la seule convive à considérer benoîtement que sa présence était une ‘reconnaissance’ par « l’élite », de la lutte permanente des communistes, contre l’antisémitisme, et partant, contre tout racisme. Madame Pignon était alors loin d’assimiler le sionisme d’aujourd’hui à un racisme à part entière. La « défense inconditionnelle » d’Israël par le CRIF ne lui était jamais apparue comme une réalité revendiquée par le « Conseil représentatif » lui-même.

Donc, Marie-George Pignon comptait bien, en 2009, participer à nouveau aux agapes juives.

Patatras ! Cette fois, elle ne fut pas invitée. Entre temps, le PCF avait condamné fermement les crimes commis dans la bande de Gaza par le gouvernement de Jérusalem et son armée.

Le CRIF, indigné par cette incartade, n’a pas voulu du PCF à son dîner.

Le CRIF s’est dit « choqué » de la présence, entre autres, de Marie-George Buffet lors des manifestations contre l’intervention militaire israélienne à Gaza, au prétexte que figuraient parmi les manifestants « les éléments islamistes les plus durs » qui « criaient mort aux juifs » ou « brandissaient des banderoles assimilant croix gammée et étoile de David ».

Désappointée par cette attitude, elle plaida sa bonne foi :

« Je ne peux vous autoriser à sous-entendre, comme vous le faites (…), que des communistes auraient cautionné le moindre mot d’ordre antisémite ou même attentatoire à l’existence de l’État d’Israël. » l

La secrétaire nationale du PCF, dans un courrier, reproche à Richard Prasquier, le président du CRIF, de « juger le positionnement politique du PCF au regard de sa seule critique de la politique israélienne. » « C’est bien parce que les mots d’ordre officiels des manifestations en appelaient aux valeurs universelles du droit et de la paix que de nombreux juifs attachés à ces valeurs ont défilé, avec courage, pour rejeter tous les amalgames, tous les racismes et toutes les violences », se défend Marie-George Pignon-Buffet.

Pas un mot pour dénoncer la solidarité et le soutien permanent du Conseil représentatif à Israël.

En fait, si le CRIF n’avait pas « puni » MGB, celle-ci, toute guillerette, aurait participé sans problème, au repas sans s’apercevoir que toute critique portée à l’Etat hébreu est considérée par ses « aficionados » français comme la preuve d’un antisémitisme affirmé.

Le PCF en a-t-il tiré les leçons ?



Jean-François Marx, membre du bureau national de l’Union juive française pour la paix, commente la position du CRIF :



« En France, les voix officielles de la « communauté » soutiennent le caractère raciste et xénophobe du gouvernement israélien, plus encore depuis que la droite extrême et l’extrême droite ont remporté les élections en Israël.

Ces voix du communautarisme le plus étroit, puisque la seule option pour un juif serait d’être solidaire avec Israël, se prétendent paradoxalement porteuses d’un modèle du vivre-ensemble. Il faut avoir l’audace du CRIF et de ses amis pour fustiger rageusement les « rebelles ». Ainsi de mon ami Jean-Claude Meyer, exclu de la communauté juive strasbourgeoise pour avoir affiché sa solidarité avec le peuple palestinien. (…) Personnes ou organisations condamnant les crimes israéliens sont logées à la même enseigne. Ainsi du Parti communiste français, qui, ayant manifesté contre les dévastations commises par l’armée israélienne à Gaza, fut accusé par Gérard Prasquier, président du CRIF, de pactiser avec les « terroristes », ce parti qui donna à la France tant de fusillés alors qualifiés de « terroristes ».

Ce sont toutes ces femmes et tous ces hommes, croyants ou incroyants, juifs, chrétiens ou musulmans, oeuvrant pour que les droits des Palestiniens soient reconnus et honorés par l’application des résolutions de l’ONU, qui représentent l’universalisme. C’est le chemin choisi par les Israéliens Avram Burg, Michel Warschawski, Schlomo Sand, ou, de son vivant, le professeur Leibowitz, croyant et sioniste convaincu, et bien d’autres intellectuels ou simples citoyens, à contre-courant de l’opinion dominante israélienne façonnée par un militarisme agressif et un sionisme dévoyé.

N’y aura-t-il pas au sein de cette représentation de la communauté institutionnelle juive de France une voix courageuse, une seule, pour crier : « La sécurité d’Israël ne peut être assurée que par la paix avec les Palestiniens dans l’application du droit international » ?



Texte de JF Marx

repris du site

BANDERA ROSSA

publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !

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