mercredi 18 février 2009

de l'origine catholique du drapeau européen

Le site en langue française du sanctuaire marial de jasna gora (Czestochowa, Pologne) a rendu publique un texte écrit en août 1995 par Pierre Carillon, (a la demande et avec la collaboration de C.Sauteur, aumôniers de l'hôpital de Cluny (71) et imprimé par ses soins " la Libre Pensée du Vaucluse" en a reproduit en Mars 2005 de larges extraits auxquels nous nous référons dans les pages suivantes
L'article de P. Carillon s'ouvre sur le témoignage d'Arsène Heitz, le dessinateur alsacien du drapeau européen.
" C'est à moi qu'on a demandé de dessiner le drapeau de l'Europe. J'ai eu subitement l'idée d'y mettre les douze étoiles de la médaille Miraculeuse de la rue du Bac, sur fond bleu, couleur de la sainte vierge". (Souligné par nous). Et mon projet fut adopté à L'unanimité, le 8 décembre 1955, fête de l'immaculée conception.
Ce témoignage a été recueilli en 1987

La déclaration vaut que l'on s'y arrête, car, derrière une simplicité apparente, elle contient au moins en germe les principaux éléments de la problématique

1/ A. Heitz a choisi la couronne a douze étoiles uniquement pour sa symbolique religieuse, car comme il est rappelé dans le corps de l'article, jamais les nations représentées au conseil de l'Europe n'ont été 12 (ces nations furent 6 puis 9,puis 15… et actuellement 32). D'ailleurs la même couronne d'étoiles nimbe la tête d'une femme " Marie " pour de nombreux exégètes au verset 12-1 de l'Apocalypse:

" Un grand signe apparut dans le ciel : Une femme vêtue de soleil, la lune a ces pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles. "
Nouveau testament, TOB. 1987

2/ le fond bleu du drapeau relève lui aussi de la symbolique religieuse. Le bleu, implicitement mentionné dans le verset cité " dans le ciel "' est la couleur du manteau de la vierge, depuis le moyen âge.
Jacques Moulin, architecte des monuments historiques, a montré la filiation entre ce manteau et le drapeau européen, au cours de l'émission des racines et des ailes consacrée à la ville de Provins (2008)
" … Les plus belles qualités (de bleu) proviennent d'un lapis-lazuli broyé, importé d'orient, une couleur que, à partir du XII°-XIII° siècle on consacrera au manteau de la vierge. Cette couleur symbolique est alors adoptée dans les cathédrales, sur les voutes de la sainte chapelle et de Saint Louis ; c'est également la couleur qu'adoptent les rois pour leurs armoiries ; c'est cette couleur d'ailleurs qui 800 ans plus tard, étoilées d'or, sert encore de drapeau à l'Europe. "

Un enchainement éloquent dont les étapes successives montrent quelle charge religieuse séculaire pese sur le drapeau européen.

3/ Intéressons nous un instant aux promoteurs du projet, (du moins ceux dont nous connaissons l'identité). L'article en cite deux : Le dessinateur cité plus haut et PMG. Lévy que l'on peut considérer comme maitre d'œuvre du projet :

"En 1950 c'était M. Paul M.G Lévy qui était le premier directeur au service de presse du conseil de l'Europe. C'est donc lui qui fut chargé de faire aboutir le projet de drapeau. Cet homme très cultivé ne savait pas dessiner, mais il connaissait M. Heitz (homme très simple ", employé au service du courrier (très bon artiste capable de peindre et dessiner). Tous les deux étaient de bons catholiques." !

4/ Cependant le doute plane sur la transparence des tractations qui ont conduits à l'adoption du projet :

" Finalement c'est le 8 décembre 1955 que le dessin de M. Heitz fut retenu " a l'unanimité " M. Lévy était secrètement d'accord pour faire aboutir discrètement le projet de M. Heitz en sauvant les apparences, afin de respecter la neutralité , et malgré plus de 100 projets qui furent en concurrence, ce fut le drapeau de la sainte vierge qui triompha au dernier moment "

Les expressions en gras laissent entendre qu'il y a eu manipulation, manœuvres souterraines, mais n'apprendrons rien de plus. Nous aimerions pourtant savoir pourquoi aucune voix ne s'est portée au moins sur l'un des cents autres projets. L'unanimité ne manque pas de surprendre !

5/ Enfin le choix du 8 décembre, jour de la fête de l'immaculée conception, pour l'adoption du projet vient couronner un édifice patiemment bâti et en confirmer la signification.

Le choix du drapeau européen dans les conditions que nous venons de décrire, impose subrepticement une religion " officielle " et bafoue le principe de laïcité. Il nie de fait l'existence des autres religions et le droit à l'incroyance. Il révele la volonté hégémonique de l'église catholique, qui n'a pas renoncé a son vieil objectif (Benoit XVI l' encore rappelé en termes sibyllins lors de son voyage en France ) de soumettre le pouvoir politique à son autorité " morale " en s'installant pour cela au sommet de la pyramide européenne.

Pour que le projet aboutisse, il faut agir en sous main, taire ses véritables intentions, ouvrir de faux débats, tel celui de la prétendue " Europe Chrétienne " et de l'héritage spirituel dont nous serions les légataires.

Mais dans ce lourd héritage, on ne trouve pas que de beaux chapiteaux romans et d'élégantes flèches gothiques. N'oublions pas l'inquisition, les buchers, le silence imposé à Galilée et a la science. Plus près de nous les interdits d'un autre temps en matière de contraception ou du droit de mourir dans la dignité. Et puis l'histoire de l'Europe n'est ce pas aussi celle des hétérodoxes, des septiques, des athées, de tous ceux qui au fil des siècles ont voulu dire non, parfois au prix de leur vie, à des dogmes réputés intangibles, à la pensée unique avant la lettre.

Plutôt que de souscrire à cette nouvelle manipulation que l'on appelle " Europe Chrétienne ", à cette vision nettoyée et édulcorée de l'histoire, inscrivons nous dans la lignée de ceux qui ont osé contester et pour cette raison rejetons l'Europe cléricale, l'Europe de la domination du capital tout court

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