jeudi 5 février 2009

AFP: l'armée allemande de retour en france.

AFP Un bataillon allemand en France, pour la première fois depuis 1945

PARIS (AFP) — Pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale un bataillon allemand sera prochainement stationné dans l'est de le France, une première hautement symbolique.
Le ministère français de la Défense l'a officiellement annoncé mardi: un "accord de principe" a été conclu sur cette installation qui s'effectuera "dans le cadre de la Brigade franco-allemande".
Créée en octobre 1989 à l'initiative de François Mitterrand et d'Helmut Kohl, celle-ci se voulait un nouveau symbole de la réconciliation entre leurs deux nations.
Les détails de l'accord, notamment le lieu précis de l'installation de ce bataillon, tout comme ses effectifs et sa nature, pourraient être annoncés samedi à l'issue d'une rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.
Tous deux se retrouveront lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, sorte de "Davos de la défense".
Le général Christian Baptiste, porte-parole adjoint du ministère de la Défense, a cependant affirmé "ignorer si cette question sera à l'ordre du jour" de leur entretien dans la capitale bavaroise. "Les conversations se poursuivent pour définir le point d'implantation de ce bataillon", a-t-il tout juste précisé.
"C'est la première fois depuis la Seconde guerre mondiale qu'une unité allemande constituée sera amenée à tenir garnison en France ", a relevé le général Baptiste.
Selon des sources proches du dossier, les noms de Strasbourg, Bitche, Metz, Dieuze ou Colmar ont circulé parmi les villes susceptibles d'accueillir le bataillon allemand, Berlin semblant avoir une préférence pour Strasbourg.
Plusieurs centaines de soldats allemands, surtout des officiers, sont déjà présents en France au quartier général de l'Eurocorps à Strasbourg, mais il ne s'agit pas, à proprement parler, d'unités militaires constituées.
Des échanges et des formations communes ont également lieu au sein du Collège interarmées de défense (CID) ou de l'école franco-allemande de formation des équipages de l'hélicoptère de combat Tigre, installée dans le sud de la France.
La Brigade franco-allemande (BFA), l'une des composantes de l'Eurocorps, compte aujourd'hui près de 2.800 soldats allemands et 2.300 français, tous stationnés dans le sud-ouest de l'Allemagne, à Donaueschingen, Immendingen et Villingen.
Dans le cadre de la réduction des effectifs des armées, décidée par Nicolas Sarkozy, Paris avait envisagé de rapatrier ou de dissoudre les deux unités françaises de la BFA, le 3e régiment de Hussards de Immendingen et le 110e régiment d'infanterie de Donaueschingen.
Deux autres régiments devaient se substituer à eux au sein de la BFA mais en étant stationnés en France.
En juillet 2008, Mme Merkel avait toutefois jugé qu'il serait "très dommage" de dissoudre la BFA, "noyau d'une politique de sécurité et de défense européenne".
Le Premier ministre François Fillon avait jugé pour sa part "tout à fait intéressante et symbolique" l'hypothèse d'une implantation en France d'unités allemandes.
Selon l'hebodmadaire allemand Der Spiegel, M. Sarkozy devrait conserver en Allemagne le régiment d'infanterie à Donaueschingen et rapatrier en France les hussards d'Immendingen.

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