mercredi 14 janvier 2009

ou va israel?.

Mercredi 14 janvier 2009
Etoile de David et croix gammée

Ce matin, sur France Inter, Nicolas Demorand interrogeait le porte-parole du Parti socialiste, Benoït Hamon.
La première question portait sur l'attitude du PS vis-à-vis du "conflit israélo-palestinien" (expression des médias pour qualifier la guerre d'agression de Tsahal).
La réponse de Benoît Hamon peut s'articuler sur deux axes :
la condamnation de l'offensive israélienne contre le territoire de Gaza, d'une part,
et le refus de participer aux manifestations organisées contre l'Etat hébreu, du fait de l'amalgame répandu entre "l'étoile de David et la croix gammée".
L'argument vaut qu'on s'y arrête.
L'assimilation entre Israël et l'Allemagne nazie est-elle juste ?
La réponse ne peut-être que nuancée. Certes, le régime politique en cours à Tel Aviv ne peut valablement se comparer avec celui institué à Berlin, en 1933. La démocratie parlementaire, la liberté d'opinion, celle de la presse, sont entières en Israël. Tous les Israéliens ont le droit de vote. La Knesset compte plusieurs députés arabes (et un député communiste juif).Les libertés sont totales pour les citoyens d'origine juive, partielles pour les autres - les Palestiniens - d'origine arabe.
Vis-à-vis de ceux-ci, s'exerce une discrimination sociale et politique, une sorte "d'apartheid" non revendiqué. Si les premiers ont la faculté de critiquer ouvertement le gouvernement et sa politique, y compris la guerre qu'il mène contre les Palestiniens, les seconds seraient, dans ce cas, assimilés aux "terroristes" et subiraient la même répression que leurs frères de Cisjordanie.
La mise à l'écart de ces citoyens est si réelle que les récents sondages d'opinion sur ce que pensent les Israéliens de la guerre, ne prennent pas en compte cette population-là. Pourtant, elle représente 20% de l'ensemble des citoyens : seulement, de 5 à 10% des sondés figurent comme étant hostiles à la politique du gouvernement !
Les "Arabes" n'ont pas droit à la parole.
Mais la politique intérieure d'Israël ne peut être le seul critère de jugement.
L'Etat juif s'est installé, en 1948, sur des terres, historiquement occupées par les Palestiniens. Ceux-ci, par millions, en ont été chassés par la force. Ils ont dû tout abandonner, champs, maisons, villages, et jusqu'à leur propre patrie. Depuis, exilés dans les pays limitrophes, ils vivent dans des camps de réfugiés au Liban, en Jordanie. Ceux qui ont pu rester sur le territoire de l'ancienne Palestine, se retrouvent, les uns en Israël même, et les autres en Cisjordanie occupée (dont le territoire est "rongé" par de plus en plus de colonies juives), et à Gaza.
Tous, où qu'ils se trouvent, les Palestiniens exigent un Etat à eux, souverain et viable, tel que l'ONU l'avait décidé en 1967.
Mais depuis plus de quarante ans, l'Etat hébreu, soutenu par les Etats-Unis et l'Occident, refuse d'appliquer la résolution des Nations unies. Au contraire, défiant l'opinion mondiale, il étend son emprise sur les terres palestiniennes. Aujourd'hui, fort de l'appui américain et européen, il tente militairement de réduire la résistance des Palestiniens de Gaza, qui ont eu l'audace d'élire démocratiquement un gouvernement dirigé par Hamas. Celui-ci est qualifié de "terroriste" par Tel Aviv, Washington et les capitales de l'Union européenne, ce qui "autorisait" Israël d'en établir le blocus d'abord, et de passer à l'attaque, ensuite.
Ainsi, Israël, depuis cinquante ans, mène une politique colonialiste en Palestine, telle que la France et tous les impérialismes l'ont conduite en Afrique et dans le monde entier, au siècle dernier, avec tous les crimes liés, naturellement, à cette domination politique et économique.
Cette violence, tout le sang répandu, les milliers et les milliers de victimes palestiniennes conduisent à une haine, combien compréhensible. De là, des amalgames, peuvent surgir, çà et là, dans des manifestations.
On peut les contester, du point de vue de l'histoire.
On peut les comprendre, au niveau des sentiments.

DERNIERE MINUTE :

Israël interdit aux partis de la minorité palestinienne de participer aux élections
mercredi 14 janvier 2009 (12h17)


Israël interdit aux partis de la minorité palestinienne de participer aux élections

Publié le 12-01-2009

Les partis racistes qui dirigent Israël ont refermé lundi une parenthèse, en interdisant purement et simplement aux deux partis les plus représentatifs de la minorité palestinienne du pays de concourir aux prochaines élections.

La décision concerne les partis Balad et Ta’al/Liste arabe unifiée, des formations qui ont actuellement 7 députés sur 120 au Parlement, et n’ont jamais eu la moindre occasion de peser un tant soit peu sur la politique d’un pays fondé sur le racisme : ce sont les Juifs qui commandent en Israël, les autres, dont c’est pourtant la terre natale, n’étant admis au mieux qu’à faire de la figuration.

La décision d’exclure du processus électoral les partis qui recueillent le gros des suffrages des Palestiniens israéliens a été prise à une large majorité par un organisme appelé la Commission électorale centrale. La proposition d’exclusion émanait du petit Israel Beiteinu, dirigé par un nommé Avigdor Lieberman, natif de Russie qui préconise ouvertement la déportation des Palestiniens, et fait partie de l’actuelle équipe gouvernementale.

Elle a été votée à une large majorité par tous les grands partis,Likoud, Kadima (le parti né du Likoud sur une idée d’Ariel Sharon, et dont sont membres le Premier ministre Ehud Olmert et la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni), et aussi par le parti Travailliste. Seul le représentant du Meretz, petite formation à prétentions libérales tout en ayant approuvé, comme les autres, la sanglante agression contre Gaza, a voté contre. Ce qui n’empêchera pas ce parti de participer aux tractations pour former une coalition avec un ou plusieurs des partis ouvertement racistes, si d’aventure l’arithmétique électorale lui en donne l’occasion le mois prochain.

Les Palestiniens israéliens, ont tranché la majorité raciste, sont les ennemis de l’intérieur, et il faut donc les traiter aussi sévèrement que les Palestiniens des territoires occupés, à Gaza, à Jérusalem ou en Cisjordanie. Dans leur magnanimité, les députés de la majorité juive ont estimé qu’un Arabe avait quand même le droit de se présenter aux élections, mais à condition de figurer sur une liste à majorité juive ! Le Parti communiste, qui n’est pas raciste, et présente traditionnellement une liste mixte judéo-palestinienne, n’avait pas précisé, lundi soir, s’il comptait boycotter ou pas les élections après un tel coup de force.

Les responsables des deux partis interdits de scrutin ont indiqué qu’ils feraient recours devant la Cour Suprême, sans illusions excessives.

Incapable, y compris à l’intérieur d’un Etat sur lequel il exerce un pouvoir hégémonique, de maintenir un compromis accordant une parcelle d’espace à ceux qui ne font pas partie de la Race des Seigneurs, le sionisme revient, dans l’ivresse que lui procure les massacres qu’il perpètre à Gaza, à ses fondamentaux d’apartheid et d’exclusion. Tout comme pendant les vingt premières années de l’existence de l’Etat d’Israël, de 1948 à 1966, lorsque les habitants palestiniens du pays étaient placés sous régime militaire permanent.

Le peuple juif israélien laisse faire, applaudit même ces méthodes de sauvage ?
Les lendemains n’en seront que plus douloureux pour lui aussi.


CAPJPO-EuroPalestine

Qu'en pense Benoît Hamon ?

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