mercredi 14 janvier 2009

la gauche communiste informe le PRCF

Compte-rendu du conseil national du 9 janvier 2009

Marie-George Buffet a ouvert le nouveau conseil national sur une initiative de solidarité avec la population de Gaza, en invitant la déléguée de la Palestine en France, son excellence Hind Khouri, à témoigner de la situation.
A suivi une interruption de deux heures durant lesquelles s’est réunie une commission chargée d’examiner les propositions de Marie-George Buffet pour l’exécutif. Deux de nos camarades y participaient, Marie-Christine Burricand et Jean Jacques Karman, avec un mandat de nos 17 élus au CN : proposer notre participation à cet exécutif.
Lorsque les travaux du CN ont repris, Marie-George Buffet a présenté une liste de 32 personnes (au lieu de 55 précédemment), sans aucun des élus de notre liste alternative ni de celle de Nicolas Marchand. Par contre, Bernard Calabuig et Marie-Pierre Vieu y figurent.
Cet exécutif est composé d’une coordination d’une dizaine de personnes, animée par Pierre Laurent. Cette coordination sera un outil de travail au quotidien, non pas un secrétariat à l’ancienne. Marie-Georges Buffet a ensuite détaillé les responsabilités des membres de l’exécutif, en soulignant que l’important n’était pas d’y participer (sic !), mais de travailler dans le conseil national. Elle a ajouté que la liste avait été composée en fonction des capacités des uns et des autres à impulser le travail dans leur secteur de responsabilité.
Nos deux camarades qui ont participé à la réunion préparatoire nous ont expliqué que la liste était complètement ficelée dès le début de la réunion de la commission, et que MG Buffet n’a pas bougé d’un iota malgré les propositions qui lui ont été faites de notre part et de la part de Nicolas Marchand notamment. A quoi bon une commission dans ce cas-là ?
Dans la discussion qui a suivi, plusieurs de nos camarades sont intervenus. Jean Jacques Karman a dénoncé une mascarade et une violation manifeste des statuts, qui sans reconnaître un véritable droit de tendances, exigent que les sensibilités soient représentées à tous les niveaux de direction du Parti. Marie-Christine Burricand a rappelé que nous avions fait des propositions pour l’exécutif, et que si elle décryptait correctement de discours de MG Buffet, cela signifiait que nos camarades n’étaient pas en capacité d’exercer des responsabilités nationales. A chacun d’apprécier. Emmanuel Dang Tran a dit qu’il jugeait cet exécutif parfaitement insatisfaisant, parce qu’il laisse de côté une fraction importante des communistes.
A la question de savoir pourquoi aucun de nos 17 élus n’avait été retenu, personne n’a jugé bon de répondre.
A noter que plusieurs camarades du CN ont eux aussi relevé que nous étions, ainsi que Nicolas Marchand, exclus de l’exécutif et que cela n’avait rien de satisfaisant.
Parmi les interventions surprenantes, celle de Bernard Calabuig, qui s’est félicité de pouvoir être d’une part dans l’exécutif, et d’autre part de continuer à participer à la construction d’une force politique alternative à gauche.
Plusieurs interventions, qui ne venaient pas de nos rangs, ont mis en cause :
-le fonctionnement anti-démocratique de MG Buffet, notamment la façon cavalière et anti-démocratique dont elle désigne son « dauphin »
-les risques d’un retour à un secrétariat ancienne manière
-un manque de conception de direction qui pourrait conduire le nouveau CN à n’être qu’une chambre d'enregistrement de décisions prises ailleurs
-l’inadéquation entre l’organigramme proposé pour l’exécutif et les choix de congrès (conception ancienne, dépassée, ne prenant pas en compte des questions fortes comme la crise, les questions de culture, le communisme, l’enjeu des questions de l'entreprise et de l'économie, etc.)
-le décalage entre ce qui est proposé et les besoins de nouvelles formes d’intervention
-la nécessité d’une meilleure cohérence entre les commissions et le CN, afin qu'elle ne soient pas uniquement des chambres de réflexion.
Malgré ces critiques souvent vives, MG Buffet a expliqué qu’elle ne comprenait aucune des préventions qui s’exprimaient. Elle a balayé d’un revers de main les propositions nominales qui lui ont été faites. Elle ne s’est bien entendu pas expliquée sur notre mise à l’écart.
Au total, sur plus de 230 camarades élus lors du congrès, seuls 148 étaient présents au moment du vote sur l’exécutif. Sur ces 148 votants, 88 bulletins étaient « complets », 60 étaient donc « incomplets » (barrés, raturés, avec des mentions, etc.) L’exécutif est donc élu par 88 voix sur 233, donc par 38 % des membres du Conseil national.
Marie-George Buffet n’a donc pas beaucoup d’amour propre si elle se satisfait de ce résultat.
Cette première phase du CN a été suivie du rapport de Patrice Bessac dressant une liste impressionnante d’initiatives à venir. Là, il convient d’être circonspect. Notre expérience depuis le 33e congrès nous a montré à maintes reprises que ce ne sont pas forcément les grandes ambitions qui mènent aux grandes réalisations.
Le prochain Conseil national est fixé au 7 février : il devra traiter de l’organigramme de l’exécutif (qui sera finalisé) et des élections européennes.

Caroline ANDREANI

UNE DECLARATION DE JEAN JACQUES KARMAN : Où va le noyau dirigeant du PCF ?
10 janvier 2009

La situation devient surréaliste. A peine sorti du 34ème congrès, où :

* deux textes critiques envers celui de ce noyau dirigeant, ont rassemblé 40% des votants
* la liste conduite par Marie George Buffet a perdu 25% des voix par rapport au 33ème congrès
* cette même liste a été confrontée, pour la première fois dans toute l’histoire du PCF, à trois listes alternatives qui ont réalisé près de 33%

l’équipe dirigeante fait comme si rien n’avait eu lieu. Comme au bon vieux temps du monolithisme total, ce noyau dirigeant impose ses vues.

Membre de la commission statutaire pour la proposition de l’exécutif du Conseil National, j’ai écouté Marie-George Buffet annoncer la liste de ses membres et ceux de la coordination. Plusieurs interventions, parmi les dix membres de cette commission, ont été critiques. Moi-même j’ai fait remarquer que les statuts soulignent que les directions doivent être à l’image du parti et que la liste des noms énoncés faisait l’impasse total sur deux listes alternatives. A la fin de cette commission, Marie-George Buffet n’a fait aucune modification de sa liste.

Quelques minutes après, devant le Conseil National, cela a été de même. Beaucoup d’interventions critiques, mais aucune modification. Si certains membres de l’ex-exécutif (y compris des ex proches de Marie-George Buffet) sont écartés car devenus gênants, le fait le plus marquant, c’est qu’il n’y a aucun représentant des deux textes qui ont rassemblé 40 % des communistes.

Devant mes remarques, Marie-George Buffet a affirmé que nous ne lui avions pas fait de proposition. En ce qui me concerne cela est vrai, puisque j’ai jugé que mes divergences politiques étaient trop importantes. Mais ce n’est pas vrai pour mon camarade André Gérin qui à deux reprises le lui a proposé.

Les résultats du premier vote du nouveau Conseil National devraient faire réfléchir ce noyau dirigeant, car là aussi, c’est du jamais vu : 40% des membres du Conseil National, lors de leur premier vote, ont voté contre la liste de Marie George Buffet.

Ce qui est le plus inquiétant, c’est que cette équipe dirigeante va devoir avancer des propositions de réponses concrètes à la crise qui va se développer et peut-être devenir explosive. Et tout aussi inquiétante est que l’idée de métamorphose du PCF n’est pas morte pour certains membres de cet exécutif.

Le monolithisme, enfanté hier par le stalinisme, est aujourd’hui le meilleur allié de l’immobilisme réformiste. Face à la crise du capitalisme, tout le monde reconnaît que Karl Marx avait raison. Alors utilisons le marxisme comme « boussole » pour renverser ce vieux monde pourri, y compris pour un meilleur fonctionnement du PCF.

Jean Jacques Karman
Conseiller Général d’Aubervilliers
Membre de la direction nationale du PCF
Porte-parole de la Gauche Communiste du PCF

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