mercredi 14 janvier 2009

IL FAUT AGIR POUR GAZA

Le 27 décembre, l’armée israélienne commençait le pilonnage de la bande de Gaza, un territoire de 360 km², surpeuplé (plus de 4 000 habitants au km²), où les civils sont les principales victimes d’une stratégie politique monstrueuse. Car il s’agit bien de stratégie. Le danger représenté par le lancement des roquettes Kassam n’est qu’un prétexte. La preuve : depuis le début des massacres israéliens, on dénombre 13 morts israéliens (dont trois soldats tués par l’armée israélienne elle-même). C’est dire le danger de premier plan représenté par les tirs de roquettes… Du côté palestinien par contre, le bilan s’alourdit chaque jour, et dépasse aujourd’hui les 900 morts.

Rappelons le contexte : l’arrivée aux affaires du Président Obama dont les dirigeants israéliens supputent qu’il sera moins favorable à Israël que son prédécesseur. En lançant une opération militaire avant l’intronisation d’Obama, Israël s’assure de la continuité de l’appui des Etats-Unis. L’autre élément, ce sont les élections israéliennes. Les « faucons » mènent cette guerre pour se faire réélire : d’où la surenchère politique, médiatique et militaire.

Enfin, last but nos least, les responsables politiques israéliens obtiennent la détérioration des relations entre le Hamas et le Fatah. L’Egypte ferme les points de passage avec la bande de Gaza en sommant le Hamas de trouver un accord avec le Fatah. Mahmoud Abbas demande au Hamas d’accepter une « trêve » avec Israël. Autant d’éléments qui discréditent le Fatah et renforcent le Hamas.

Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir du Hamas, il incarne aujourd’hui la seule force de résistance à l’agression israélienne. La population de Gaza a porté le Hamas aux affaires, dans le cadre d’élections démocratiques. C’est une population désespérée, sans ressources, bloquée dans une étroite bande de terre, avec un taux de chômage et une paupérisation insupportables, victime depuis juin 2007 d’un blocus total, qui n’a plus aucune perspective politique après la succession d’échecs dans les pourparlers de paix.

Les massacres perpétrés par Israël sont innommables. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, Israël est condamné par les peuples du monde entier. Il n’y a que les Etats-Unis et leurs séides pour défendre ce qui est indéfendable. Partout dans le monde, on assiste à des manifestations populaires massives, en Amérique Latine, en Asie, en Afrique, en Europe, pour condamner ces massacres. Rien, pas même la mauvaise conscience européenne, ne permettra à Israël de se relever de ce discrédit. Israël gagnera certainement la bataille militaire. Mais les batailles médiatiques et morales sont d’ores et déjà perdues.

Hier, c’était le régime d’apartheid en Afrique du Sud qui réprimait de manière sanglante, en se moquant des condamnations internationales. L’apartheid a fini par tomber. Israël, malgré la morgue de ses dirigeants, est en train de perdre la seule bataille qui vaille, la bataille politique. La situation coloniale dont sont victimes les Palestiniens depuis 1948 n’est pas une fatalité. Une première faille est en train d’apparaître. Il est de notre devoir, en tant que militants communistes, de nous battre pour arrêter les massacres et pour faire tomber ce régime colonial.

13 janvier 2009

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