mardi 22 décembre 2009

MARX ANARCHISTE?

Michel Peyret

15 décembre 2009







MARX ANARCHISTE?







C'est en tout cas la thèse que soutient Maximilien Rubel.

Mais au diable les restrictions intellectuelles et place au débat, à la confrontation d'idées, à la diversité , nécessaires pour procéder « à l'étude concrète d'une situation concrète », selon la formule de Lénine, et faire apparaître les contradictions qui la font se mouvoir.




Et donnons, en l'occurrence, raison à Rubel qui illustre à souhait ses constats et jugements relatifs au marxisme, selon lui et selon d'autres, « Idéologie dominante d'une classe de maîtres qui a réussi à vider les concepts de socialisme et de communisme, tels que Marx et ses précurseurs les entendaient, de leur contenu originel, en leur substituant l'image d'une réalité qui en est la totale négation. »




UN MARXIEN CHEZ LES MARXISTES




« Un marxien chez les marxistes, Maximilien Rubel », titre pour sa part Patrice Beray, lequel rappelle que Karl Marx s'est défendu sur ses vieux jours, alors que son oeuvre commençait à lui valoir des disciples, et à nourrir les visées de révolutionnaires « professionnels », ou en voie de le devenir, en affirmant pour son compte: « Tout ce que je sais, c'est que moi je ne suis pas marxiste. »




Et Patrice Beray, qui présente un ouvrage de Miguel Abensour et Louis Janover consacré à Rubel, estime que nul autre que ce dernier n'a saisi la portée de cri du coeur du penseur allemand.

Il rappelle que né en 1905 dans l'ancienne Autriche-Hongrie, Rubel a vêcu à Paris de 1931 à sa mort en 1996, est entré au CNRS en 1947, s'est livré à des recherches érudites sur l'histoire du mouvement ouvrier, et s'est consacré pendant plus de trente ans à l'édition des oeuvres de Marx dans La Pléiade.




« On lui doit, dit-il, une distinction radicale entre « marxien » qui, comme le précisent les auteurs, se rapporte selon lui exclusivement à l'oeuvre de Marx » et « marxiste » qui « renvoie aux épigones de toutes sortes. »

Il ajoute, et on conviendra que la distinction n'est pas mince au regard de l'Histoire où les faits sont têtus, surtout quand ils ont fait souffler un vent de désastre jusque sur l'utopie politique.




Pour sa part, Maximilien Rubel pense, lui, et sans se limiter à cette opinion, que les idées de Marx peuvent être efficaces aujourd'hui sur un autre mode que celui d'un évangile politique pour régime totalitaire.




CHEZ MARX, UNE ETHIQUE




Une éthique?

« Chez Marx, dit-il, il s'agit de l'impératif de supprimer toutes les conditions dans lesquelles l'homme est un être humilié, asservi, abandonné et méprisable. Cette préoccupation éthique traverse toute l'oeuvre, jusqu'au Capital...

« Marx condamnait trois formes de « despotisme »(le terme de totalitarisme lui était inconnu ): en France, le bonapartisme, ce que j'ai développé dans Marx devant le bonapartisme; en Allemagne, le prussianisme et surtout, en Russie, le tsarisme.

« Mais l'archétype, c'est bien le premier Napoléon, dont le neveu, Napoléon III, n'est qu'une image affaiblie.

« Dans la critique de ces trois genres d'absolutisme d'Etat, nous avons déjà celle du totalitarisme moderne! La Russie étant le cible préférée. N'a-t-on pas parlé de la « russophobie » de Marx? »




Au demeurant, Maximilien Rubel réfute les arguments de ceux qui attribuent à son oeuvre une valeur exclusivement descriptive du capitalisme au siècle dernier, la validité de sa pensée n'excédant pas les bornes de son époque.




Il répond par une sorte de paradoxe:

« J'estime pour ma part, au contraire, que Marx est un penseur du 20eme siècle et non du 19eme.

« Marx est même le seul penseur du 20eme siècle dans la mesure où aucun de ses contemporains n'a laissé d'oeuvre utilisable, fut-ce au prix d'une distorsion.

« Ainsi n'y-a-t-il pas d'empire hégélien, alors qu'il existe encore un empire marxiste, la Chine par exemple.

« Ce qui s'est produit et s'est achevé avec l'URSS nous permet de prendre conscience plus encore des deux menaces qui, selon Marx, pèsent toujours sur le destin de l'humanité, par l'intermédiaire des armes de destruction massive: l'Etat et le système capitaliste en cors de mondialisation. »




DEUX MENACES, L'ETAT ET LE CAPITAL




Nous y sommes , les deux menaces, l'Etat et le système capitaliste!




Mais c'est dans « Marx, théoricien de l'anarchisme » que Rubel appréhende la très profonde proximité qui est la sienne avec le contenu de l'oeuvre de Marx en la matière et qu'il met en évidence combien il a été desservi par des disciples qui n'ont réussi ni à dresser le bilan et les limites de sa théorie, ni à en définir les nomes et le champ d'application.




« Le marxisme est né et s'est développé, dit-il, alors que l'oeuvre de Marx n'était pas encore accessible dans son intégralité et que d'importantes parties en étaient restées inédites.

« Ainsi, le triomphe du marxisme comme doctrine d'Etat et idéologie de parti a précédé de quelques décennies la divulgation des écrits où Marx a exposé le plus clairement et le plus complètement les fondements scientifiques et les intentions éthiques de sa théorie sociale.




« Que des bouleversements profonds se soient produits sous l'invocation d'une pensée dont les principes majeurs sont restés ignorés des protagonistes du drame historique suffirait à montrer que le marxisme est le plus grand, sinon le plus tragique, malentendu de ce siècle. »




Tirant toutefois « toute la couverture à lui », Maximilien Rubel, s'il considère que Marx a eu peu de sympathie pour certains anarchistes, et c'est effectivement le moins que l'on puisse dire, révèle que l'on ignore généralement « qu'il n'en a pas moins partagé l'idéal et l'objectif: la disparition de l'Etat.




LA DISPARITION DE L'ETAT, UN IDEAL PARTAGE




« Il convient donc de rappeler qu'en épousant la cause de l'émancipation ouvrière, Marx s'est d'emblée situé dans la tradition de l'anarchisme plutôt que dans celle du socialisme ou du communisme.

« Et lorsqu'il a finalement choisi de se dire communiste, cette appellation ne désignait pas à ses yeux un des courants, alors existants, du communisme, mais un mouvement de pensée et un mode d'action qu'il restait à fonder en rassemblant tous les éléments révolutionnaires hérités des doctrines existantes et des expériences de lutte du passé. »




Aussi Rubel va tenter de montrer que, sous le vocable de communisme, Marx a développé une théorie de l'anarchie.

« Mieux, ajoute-t-il, qu'il fut, en réalité, le premier à jeter les bases rationnelles de l'utopie anarchiste et à en définir un projet de réalisation. »




Son expérience personnelle de lutte pour la liberté de la presse en Prusse l'amènent à s'interroger sur la vraie nature de l'Etat et sur la validité rationnelle et éthique de la philosophie politique de Hegel.

« Ce sera, dit-il, outre un travail inachevé et inédit, la Critique de la philosophie hégélienne de l'Etat ( 1843 ), deux essais polémiques: « Introduction à la critique hégélienne du droit » et « A propos de la question juive » ( Paris, 1844 ).




« Ces deux écrits constituent à vrai dire un seul manifeste où Marx désigne une fois pour toutes et condamne sans restriction les deux institutions sociales qu'il voit à l'origine des maux et des tares dont la société moderne pâtit et dont elle pâtira aussi longtemps qu'une nouvelle révolution ne viendra les abolir : l'Etat et l'Argent.




LE PROLETARIAT MODERNE




« Simultanément, Marx exalte la puissance qui, après avoir été la principale victime de ces deux institutions, mettra fin à leur règne comme à toute autre forme de domination de classe politique ou économique: le prolétariat moderne.

« L'auto-émancipation de ce prolétariat, c'est l'émancipation universelle de l'homme, c'est après la perte totale de l'homme, la conquête totale de l'homme... »




Evoquant les principales différences qui caractérisent les conceptions réciproques de Marx et de Proudhon:

« A la morale réaliste de Proudhon, cherchant à sauver « le bon côté » des institutions bourgeoises, Marx oppose l'éthique d'une utopie dont les exigences sont à la mesure des possibilités offertes par une science et une technique suffisamment développées pour subvenir aux besoins de l'espèce.




« A un anarchisme tout aussi respectueux de la pluralité des classes et des catégories sociales que favorable à la division du travail et hostile à l'associationnisme prôné par les utopistes, Marx oppose un anarchisme négateur de classes sociales et de la division du travail, un communisme qui reprend à son compte tout ce qui, dans le communisme utopique, pourrait être réalisé par un prolétariat conscient de son rôle émancipateur et maître des forces productives... »




DEUX TYPES D'ANARCHISME, UNE FINALITE COMMUNE




Et pourtant, en dépit de ces voies divergentes, les deux types d'anarchisme se réclament d'une finalité commune, celle que le Manifeste communiste a défini en ces termes:

« L'ancienne bourgeoisie avec ses classes et ses antagonismes de classe fait place à une association où le libre développement de chacun est la condition du libre épanouissement de chacun. »

Pourtant, on le sait, Marx s'est refusé à inventer des recettes pour les marmites de l'avenir.




Cependant, dit Maximilien Rubel, « il a fait mieux que cela, ou pis, il a voulu démontrer qu'une nécessité historique, telle une fatalité aveugle, entraînait l'humanité vers une situation de crise où il lui faudrait affronter un dilemme décisif: être anéantie par ses propres inventions techniques ou survivre grâce à un sursaut de conscience la rendant capable de rompre avec toutes les formes d'aliénation et d'asservissement qui ont marqué les phases de son histoire.




« Seul ce dilemme est fatal, le choix de l'issue étant laissé à la classe sociale qui a toutes les raisons de refuser l'ordre existant et pour réaliser un mode d'existence profondément différent de l'ancien.

« Virtuellement, le prolétariat moderne est la force matérielle et morale apte à assumer cette tâche salvatrice de portée universelle.




« Toutefois, cette force virtuelle ne pourra devenir réelle que lorsque le temps de la bourgeoisie sera accompli, car elle aussi remplit une mission historique; si elle n'en est pas toujours consciente, ses idéologues se chargent de lui rappeler son rôle civilisateur.




« En créant le monde à son image, la bourgeoisie des pays industriellement développés embourgeoise et prolétarise les sociétés qui tombent progressivement sous son emprise politique et économique.

« Vu sous l'angle des intérêts prolétariens, ses instruments de conquête, le capital et l'Etat, sont autant de moyens d'asservissement et d'oppression.




L'HEURE DE LA REVOLUTION PROLETARIENNE




« Lorsque les rapports de production capitalistes et partant les Etats capitalistes seront effectivement établis à l'échelle mondiale, les contradictions internes du marché mondial révèleront les limites de l'accumulation capitaliste et provoqueront un état de crise permanente qui mettra en péril les assises mêmes des sociétés asservies et menacera jusqu'à la survie pure et simple de l'espèce humaine.

« L'heure de la révolution prolétarienne sonnera sur toute la terre... »




Maximilien Rubel est cependant conduit à rappeler avec une insistance toute particulière, que l'hypothèse la plus fréquente que Marx nous offre est celle de la révolution dans les pays ayant connu une longue période de civilisation bourgeoise et d'économie capitaliste:

« Elle doit marquer le début d'un processus de développement englobant peu à peu le reste du monde, l'accélération du progrès étant assuré par osmose révolutionnaire.




« Quelle que soit l'hypothèse envisagée un fait est certain: il n'y a pas de place, dans la théorie sociale de Marx, pour une troisième voie révolutionnaire, celle de pays qui, privés de l'expérience historique du capitalisme développé et de la démocratie bourgeoise, montreraient aux pays ayant un long passé capitaliste et bourgeois le chemin de la démocratie prolétarienne...




LA MYTHOLOGIE MARXISTE




« La mythologie marxiste née avec la révolution russe de 1917 a réussi à imposer aux esprits peu informés une tout autre image de ce processus révolutionnaire: l'humanité serait partagée entre deux systèmes d'économie et de politique, le monde capitaliste dominé par les pays industriellement développés et le monde socialiste dont le modèle, l'URSS, a accédé au rang de deuxième puissance mondiale, par suite d'une révolution « prolétarienne ».

« En fait, l'industrialisation du pays est due à la création et à l'exploitation d'un immense prolétariat et non au triomphe et à l'abolition de celui-ci.




« La fiction d'une « dictature du prolétariat » fait partie de l'arsenal des idées imposées parles nouveaux maîtres dans l'intérêt de leur propre puissance; plusieurs décennies de barbarie nationaliste et militaire à l'échelle du monde font comprendre le désarroi mental d'une intelligentsia universelle victime du mythe dit « Octobre socialiste ».




Maximilien Rubel considère toutefois que des trois théories, doctrines et notions qui forment dans leur ensemble le patrimoine intellectuel du socialisme, du communisme et de l'anarchisme qui visent à une mutation profonde de la société humaine, l'anarchisme a le moins souffert de cette perversion: n'ayant pas créé une véritable théorie de la praxis révolutionnaire, il a pu se préserver de la corruption politique et idéologique dont les deux autres écoles de pensée ont été frappées.




« Issu de rêves et de nostalgies tout autant que de refus et de révolte, il s'est constitué en tant que critique radicale du principe d'autorité sous tous ses déguisements, et c'est surtout comme telle qu'il a été absorbé par la théorie matérialiste de l'histoire.

« Celle-ci est essentiellement une pensée de l'évolution historique de l'humanité passant par étapes progressives d'un état permanent d'antagonismes sociaux à un mode d'existence fait d'harmonie sociale et d'épanouissement individuel.




UNE FINALITE COMMUNE




« Or, tout autant que la critique sociale transmise par l'utopie anarchiste, la finalité commune aux doctrines radicales et révolutionnaires d'avant Marx est devenue partie intégrante du communisme anarchiste de ce dernier.

« Avec Marx, l'anarchisme utopique s'enrichit d'une dimension nouvelle, celle de la compréhension dialectique du mouvement ouvrier perçu comme auto-libération éthique englobant l'humanité tout entière...




« On est en droit d'appliquer à sa propre théorie la thèse éthique qu'il a formulée à propos du matérialisme de Feuerbach ( 1845 ):

« La question de savoir si la pensée humaine peut prétendre à une vérité objective n'est pas une question relavant de la théorie, mais une question pratique.

« C'est dans la pratique que l'homme doit démontrer la vérité, c'est-à-dire la réalité et la puissance, l'au-deçà de sa pensée. »




Et c'est dans « A propos de la question juive », 1844, que Marx, sans se limiter à la critique de l'émancipation politique, définit et la fin qu'il convient d'atteindre et le moyen pour la réaliser:




« C'est seulement lorsque l'homme individuel, être réel, aura récupéré le citoyen abstrait et sera devenu en tant que individu un être social dans sa vie empirique, dans son activité individuelle, dans ses rapports individuels; ce n'est que lorsque l'homme aura reconnu et organisé ses « forces propres » comme forces sociales et que, de ce fait, il ne détachera plus de lui-même le pouvoir social sous forme de pouvoir politique-, c'est alors seulement que sera accomplie l'émancipation humaine. »




En somme, poursuit Rubel, Marx s'appliquera à démontrer scientifiquement ce dont il était déjà persuadé intuitivement et ce qui lui paraissait éthiquement nécessaire: il abordera l'analyse du capital d'un point de vue sociologique, comme pouvoir de commandement sur le travail et ses produits, le capitaliste possédant cette puissance non en vertu de ses qualités personnelles ou humaines, mais en tant que propriétaire du capital:

« Le salariat est un esclavage, et tout relèvement autoritaire du salaire ne sera qu'une meilleure rémunération d'esclaves. »




ESCLAVAGE ECONOMIQUE ET SERVITUDE POLITIQUE




Las, « esclavage économique et servitude politique vont de pair.

« L'émancipation politique, la reconnaissance des droits de l'homme par l'Etat moderne ont la même signification que la reconnaissance de l'esclavage par l'Etat antique ( La Sainte Famille, 1848 ).

« Esclave d'un métier salarié, l'ouvrier l'est aussi de son propre besoin égoïste comme du besoin étranger.




« La condition humaine n'échappe pas davantage à la servitude politique dans l'Etat démocratique représentatif que dans la monarchie constitutionnelle. »




Et, à nouveau, Rubel revient à Marx:

« Dans le monde moderne, chacun est à la fois membre de l'esclavage et de la communauté bien qu'en apparence la servitude de la société bourgeoise soit le maximum de liberté. »




Ou encore dans Vorwärts, 1848,:

« L'existence de l'Etat et l'existence de la servitude sont inséparables...Plus l'Etat est puissant, plus un pays est, de ce fait, politique, moins il est disposé à chercher dans le principe de l'Etat, donc dans l'organisation actuelle de la société dont l'Etat est lui-même l'expression active, consciente et officielle, la raison de ses maux sociaux... »




Ou enfin après la Commune:

« La Commune ne fut pas une révolution contre une forme quelconque de pouvoir d'Etat, légitime, constitutionnelle, républicaine ou impériale.




LA COMMUNE, REVOLUTION CONTRE L'ETAT




« Elle fut une révolution contre l'Etat comme tel, contre cet avorton monstrueux de la société;elle fut la résurrection d l'authentique vie sociale du peuple, réalisée par le peuple. »




Et de préciser dans « L'Idéologie allemande »:

« Les prolétaires se trouvent donc en opposition directe à la forme dans laquelle les individus de la société ont pu jusqu'ici se donner une expression d'ensemble, à savoir l'Etat: ils doivent renverser l'Etat pour réaliser leur personnalité.




Cependant, les prolétaires doivent également se débarrasser de l'esclavage économique, le travail salarié.




Dans le Capital, Marx réaffirme que « pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il aura naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif.




LA PROPRIETE SOCIALE




« Là il s'agissait de l'expropriation de la masse pour quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation que de quelques usurpateurs par la masse. »

Ce stade franchi, Rubel cite Marx dans l'Anti-Proudhon , 1847:

« Est-ce à dire qu'après la chute de l'ancienne société il y aura une nouvelle domination de classe se résumant dans un nouveau pouvoir politique?

« Non!...

« Dans le cours de son développement, la classe laborieuse substituera à l'ancienne société civile une association qui exclura les classes et leur antagonisme, et il n'y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est précisément le résumé officiel de l'antagonisme dans la société civile. »




ALORS MARX ANARCHISTE?




C'est en tout cas la conviction profonde de Maximilien Rubel qui considère que Marx s'est formellement proclamé « anarchiste » lorsqu'il écrivait:

« Tous les socialistes entendent par anarchie ceci: le but du mouvement prolétaire, l'abolition des classes, une fois atteint, le pouvoir d'Etat disparaît et les fonctions gouvernementales se transforment en de simples fonctions administratives. »

Pour le respect des droits des adhérents de la Section Halles-Bourse du PCF des 1er et 2ème.

Pour le respect des droits des adhérents
de la Section Halles-Bourse du PCF des 1er et 2ème.


Depuis Janvier 2009, la remise des cartes des adhérents de cette section fait l'objet d'une rétention de la part de Patrice Bessac , secrétaire de la Fédération de Paris.

Celui -ci entend imposer un nouveau secrétaire non adhérent de cette section, et prendre le contrôle des locaux du 62, rue Montmartre chèrement acquis et entretenus par les militants depuis 39 ans.

Il n'a pas hésité à organisé l'effraction de ces locaux, avec Jérôme Relinger PDG de la SA Rochechouart, et par la suite à recourir à la Justice et à la police pour obtenir l'expulsion de la Secrétaire de la Section Simonne Goenvic, adhérente de longue date, militante d'entreprise, ancienne Conseillère de Paris et du 2ème arrondissement, ainsi que de ses camarades.

C'est du jamais vu dans la vie du Parti communiste.

Il s'agit d'un procès politique intenté à l'encontre de militants qui ont eu à cœur de défendre un point de vue communiste en s'opposant aux privatisations, à la mixité public-privé, au démantèlement des services publics, à la casse des grandes conquêtes sociales de la Libération, en disant non à l'intervention militaire en Yougoslavie et en Afghanistan aux côtés de L'OTAN.

Ils ont exprimé leur point de vue dans la préparation des divers Congrès et en ont rendu compte à la Direction Fédérale., cela fut le cas pour le 34ème Congrès, mais leurs votes n'ont pas été pris en compte. Alors que des cotisations ont bien été réglées, et les chèques encaissés par la Fédération, qu'une Direction de Section a bien été élue.

Or la Commission nationale des Conflits ne valide pas les votes, tout comme elle ne valide pas le " secrétaire " imposé par la Fédération. Celle-ci a recommandé la remise des cartes aux adhérents et l'organisation d'une assemblée.

En Juillet 2009, puis en Septembre 2009, la Direction de la Section Halles-Bourse qui n'a pas été dissoute est intervenue en se référant aux statuts du PCF pour que les cartes 2009 lui soient remises.

C'est seulement le 27 Novembre 2009 qu'une rencontre, non statutaire, s'est tenue au Siège de la Fédération en présence de Patrice Bessac et de deux représentants de la Section.

Les propositions faites par Patrice Bessac crée une situation d'exception pour la Section Halles-Bourse, en décrétant que la remise des cartes se fera au Siège de la Fédération, sur présentation d'un justificatif de revenus pour le paiement des cotisations. Ainsi il se réserve le droit de sélectionner ceux à qui il remettrait la carte ouvrant droit au vote pour élire une nouvelle Direction.



Nous ne pouvons accepter de telles pratiques autoritaires, nous nous interrogeons sur la légitimité de ceux qui les emploient.

Nous nous adressons solennellement à la Direction nationale du PCF pour exiger :


que conformément aux statuts du PCF, les cartes 2009 soient remises sans condition aucune à tous les adhérents de 2008 et à ceux qui ont adhéré en 2009 sur cette Section.

Que la Direction de section élue fin 2008, à l'unanimité par les adhérents à jour de leurs cotisations, soit reconnue comme seule légitime pour remettre les cartes et percevoir les cotisations, pour réunir une Assemblée sans ingérence de la Direction fédérale.

Que toutes les procédures judiciaires engagées contre Simonne Goenvic cessent immédiatement

Que la propriété du Local du 62, rue Montmartre soit reconnue à ceux qui en ont financé l'achat et l'entretien, et qui y font vivre une activité communiste depuis 39 ans.



NOM signature

A adresser a "melinamiche@orange.fr

Sujet : [pôle position] On ne sauvera pas la Terre et l'humanité sans SORTIR DU CAPITALISME

Sujet : [pôle position] On ne sauvera pas la Terre et l'humanité sans SORTIR DU CAPITALISME


Madame, monsieur, cher(e) concitoyen(ne),

Nous avons eu votre courriel directement ou par l'entremise d'un de vos amis ou connaissances. La censure étant totale sur les positions franchement communistes, clairement républicaines et 100% anti-Maastricht que nous défendons, nous souhaitons diffuser plus largement nos idées sur la Toile. C'est pourquoi nous vous adressons ce message dont nous vous souhaitons bonne lecture. Si vous êtes intéressés, merci de nous contacter ou d'aller visiter nos sites national (initiative-communiste.fr)
ou locaux (prcf62 ; prcf66). Si vous n'êtes pas intéressé, veuillez nous excuser, merci de nous prévenir par retour de courriel, nous vous ôterons aussitôt de la liste de diffusion. Cordialement, Les responsables de la liste de diffusion du PRCF ECOLOGIE:
On ne sauvera pas la Terre et l'humanité sans SORTIR DU CAPITALISME !


Il y a vingt ans, la "nouvelle pensée politique" du sieur Gorbatchev a conduit les communistes, les progressistes et les travailleurs du monde entier à une terrible défaite historique. Le liquidateur en chef du Mouvement communiste international prétendait en effet qu' "/à notre époque, les valeurs universelles de l'humanité l'emportent sur les intérêts de classe du prolétariat/". En fait, sous le masque des "valeurs universelles de l'humanité", de la "démocratie au-dessus des classes", de l' "unité de la civilisation", la /pérestroïka/ (la "catastroïka" disent les Russes expérience faite!) a permis le triomphe de la contre-révolution capitaliste à l'Est. Et loin de favoriser la paix mondiale, le développement partagé et la gestion économe des ressources terrestres, la re-mondialisation de l'exploitation capitaliste s'est traduite par de terribles souffrances pour les travailleurs, pour les peuples du Sud (l'humanité compte aujourd'hui 1 milliard d'affamés!) et par l'hégémonie sanglante du belliqueux impérialisme américain.

Eh bien, le pitoyable fiasco du "sommet de Copenhague" vient de prouver toute la fausseté de cette idéologie pseudo-pacifiste et pseudo-écologiste qui affirme l'existence d'un "intérêt général de l'humanité par-delà toutes les classes sociales". En effet, les Cohn-Bendit, Joschka Fischer, Hulot, Arthus-Bertrand et Cie qui nous expliquent que "l'écologie est au-dessus de la lutte des classes", que "le combat écologique est commun à toute l'humanité", que "nous sommes tous coupables du réchauffement climatique", viennent d'être ridiculisés par leurs maîtres capitalistes qui, à Copenhague, ont étalé cyniquement leur indifférence profonde pour le sort de la planète. En réalité, le seul souci des Obama, Merkel, Sarkozy, aura été de développer le "capitalisme vert", de prendre le contrôle de la Chine, de l'Inde et de la Russie sous couvert d'écologie, d'abandonner l'Afrique à l'effondrement économique et de protéger avant tout les intérêts industriels des grands monopole s européens et américains. Porte-parole des trusts US qui sont les plus gros pollueurs de la planète, défenseur de l'"american way of life » fondé sur l'exploitation du travail, sur le pillage de toute la planète, sur le consumérisme abrutissant, sur le culte des armes et de la violence et sur une course aux armements sans laquelle l'industrie US s'effondrerait sur le champ, le "gentil Obama" a montré qu'il se souciait du monde comme d'une guigne. C'est principalement le pouvoir US qui a fait échouer l'accord nécessaire pour obtenir une baisse drastique des pollutions. Et pour cause: le grand capital US veut continuer à ignorer le protocole de Kyoto sur les gaz à effets de serre. Alors, Obama a tenté une diversion typiquement impérialiste en prétendant imposer une surveillance internationale... aux Chinois et aux Indiens. Ceux-ci ont justement refusé que leurs ex-colonisateurs, qui ont mis le monde dans un triste état, viennent maintenant leur donner des leçons. D'autant qu e l'essor non écologique de la production dans les pays à bas coût de main d'oeuvre est l'oeuvre des puissances capitalistes: ce sont elles qui ont délocalisé leur production dans les pays d'Orient pour briser la classe ouvrière occidentale, surexploiter une main d'oeuvre sans protection sociale et.. échapper aux règlements écologiques des pays industriels! C'est en somme le pyromane US qui demande à jouer les surveillants de forêt dans les pays où il a mis le feu! A l'arrivée on a donc un texte-croupion qui n'a aucun effet contraignant et qui laisse l'humanité continuer dans sa course à l'abime!

Aussitôt, les PSEUDO-écologistes à la Cohn-Bendit entonnent l'air du "gouvernement mondial" et de "l'Europe politique" nécessaire selon eux pour "peser sur les décisions planétaires". Argumentation aberrante: d'abord, l'Europe politique existe depuis l'adoption du Traité de Lisbonne adopté en violation du Non français à la constitution européenne. Ce n'est donc pas faute d'une "Europe politique" que Copenhague aura été un fiasco. La réalité est que l'U.E. est de A à Z aussi impérialiste, capitaliste et EGOISTE que ses inspirateurs nord-américains. Sarkozy, qui a ridiculement accusé la Chine et l'Inde d'avoir torpillé le sommet, a d'ailleurs étalé sa servilité envers son maître états-unien, lequel n'a même pas daigné recevoir le micro-gesticulateur de l'Elysée.

En fait, à supposer qu'il soit possible, tant les rivalités inter-impérialistes sont apparues profondes au Danemark, un "gouvernement européen" coiffé d'un "gouvernement mondial" serait un remède pire que le mal qui donnerait une puissance accrue aux monopoles capitalistes, responsables de la pollution. Autant compter sur Al Capone pour neutraliser la maffia!... La "moralisation" du capitalisme, la "bonne gouvernance mondiale" confiée aux bandits du capital international, voilà le type de fable qu'Europe-Ecologie voudrait faire accroire, sinon à la classe ouvrière, qui constate que ces gens servent à justifier l'austérité salariale, l'impôt carbone sur les salariés et la désindustrialisation de la France, du moins à certains membres des couches moyennes qui jouent les experts en écologie, mais qui croient encore aux contes de fées politiques comme "l'Europe sociale" et le "capitalisme écologique"...

Le fond des choses, c'est que le système capitaliste-impérialiste est devenu exterministe; loin d'impulser le progrès humain comme l'a fait la bourgeoisie du 19ème siècle au prix de terribles injustices, le capital monopoliste n'a plus en tête que : le "profit d'abord" et "après moi le déluge". Marx avait prévu cela puisqu'il écrivait: "le capitalisme ne développe la richesse qu'en épuisant ses deux sources: la terre et le travailleur". Pendant la guerre froide, l'exterminisme capitaliste se manifestait surtout par le chantage à la guerre nucléaire antisoviétique. Dans les années 80/84 en effet, sous la conduite de Reagan (dont l'un des slogans officieux était "Eliminate Russians Atomically" ), le monde capitaliste se dirigeait froidement vers la confrontation nucléaire avec l'URSS (implantation des fusées Pershing en RFA). Aujourd'hui cet exterminisme capitaliste persiste en changeant de forme: crises économiques à répétition, explosion du chômage... et désormais indifférence profonde à l'avenir écologique de la planète. Chavez a d'ailleurs bien résumé la situation en déclarant que "si le monde était une banque, il serait déjà sauvé"... Il faut donc comprendre à temps, CONTRE les escamoteurs idéologiques à la Cohn-Bendit, que:

a) le capitalisme et ses dirigeants se moquent de l'humanité; leur seule "valeur universelle" s'appelle l'ARGENT, et c'est une valeur DE CLASSE.

b) à l'inverse, seul le communisme, seul le combat de classe pour une société sans classes, peut sauver l'humanité car c'est seulement dans une société sans classes que "l'intérêt général de l'humanité" deviendra réalité. Dans une société socialiste, l'économie sera planifiée, les moyens de production appartiendront à la société et non à une minorité d'égoïstes; la coopération entre les pays l'emportera sur la concurrence meurtrière et sur le "moins-disant social". Bref la production se fera dans le respect de l'humain et des équilibres vitaux de la planète bleue. En un mot, le capitalisme, c'est-à-dire l'exploitation de l'homme par l'homme, est devenue un luxe pour l'humanité. Soit l'homme tue le capitalisme au 21ème siècle, soit le capitalisme tuera l'homme avant le 22ème siècle! D'une manière déformée et grossièrement irrationelle, les films et romans d'apocalyse qui se multiplient, témoignent que l'humanité prend conscience que cette lutte à mort est déjà engagée.

Quant à l'Europe, elle n'est pas la solution, mais le problème; elle est en effet constitutionnellement "une économie de marché ouverte sur le monde", c'est-à-dire une jungle. L'U.E., il faudra donc en sortir si nous voulons nous en sortir, comme il faudra sortir du capitalisme si nous voulons que l'humanité se développe avec une croissance fondée sur les besoins humains véritables et non sur le gâchis insensé pour les uns, sur la misère pour la majorité et sur la destruction imbécile de ce qui, tôt ou tard, devra redevenir notre bien commun: la Terre. Bref on ne sauvera pas l'humanité avec, mais contre les "porteurs de Rollex" qui dominaient à Copenhague...

Pour en savoir plus, venez visiter notre site :Initiative communiste (journal du PRCF)

dimanche 13 décembre 2009

Après le 49ème congrès de la CGT

Après le 49ème congrès de la CGT
Le 49ème Congrès confédéral de la CGT avait pourtant été parfaitement préparé par la direction confédérale : des documents préparatoires diffusés tardivement et au compte-goutte (de nombreux militants se sont entendus dire qu'ils n'avaient qu'à les télécharger sur Internet...), des délégués triés sur le volet par les Fédés et les UD et pour beaucoup non mandatés par les syndicats de base.... Tout était calé pour que que les débats de fond sur l'orientation réformiste, le syndicalisme rassemblé au sommet ou le bilan de 20 années de recentrage soient évacués et que les invités d'honneur, les John Monks (CES), les François Chérèque (CFDT) et autres Guy Ryder (CSI), tous tenants d'une collaboration ouverte avec le grand patronat et ses institutions, reçoivent un accueil chaleureux.




Et pourtant, ce congrès bouclé d'avance sonne comme un échec pour B.Thibault et la ligne de collaboration de classe qu'il met en œuvre depuis de longues années.

Derrière les scores acquis à l'avance (y compris en faisant voter « Oui » aux mandats non exprimés avant le congrès), le mécontentement et la colère de la grande partie des organisations de base de la CGT qui s'exprime depuis plusieurs mois a pu percer le mur.

La présentation de Jean-Pierre Delannoy face au candidat du réformisme a été très utile pour que les « bouches s'ouvrent » et de nombreux délégués du Privé comme du Public sont montés au créneau au point que la coupure entre tribune et salle a parfois été caricaturale sur le bilan catastrophique de la direction confédérale, ses orientations dangereuses pour la CGT et les travailleurs, son refus d'appeler au soutien des secteurs en lutte (SNCF, RATP, Musées, taxis, Education, santé...) et à la convergence de ces luttes, la collaboration de classe ouverte des directions syndicales rassemblées dans l'accompagnement. Au final, John Monks et Guy Ryder ont été contraints de raser les murs tandis que B. Thibault a préféré demander à F. Chérèque de renoncer à venir.




Ne nous trompons pas, derrière les manifestations d'autosatisfaction de B. Thibault, la base combative de la CGT a réussi à faire irruption dans ce congrès et à mettre sur la défensive les tenants du (contre)réformisme grâce à la détermination et aux luttes de tous ceux qui, dans leur diversité, rejettent la collaboration de classe.




Le Front Syndical de Classe a contribué avec d'autres à cette bataille. Il continuera à le faire (pour la CGT bien sûr mais aussi à l'occasion du très prochain congrès FSU, car le FSC regroupe des syndicalistes de classe de différentes organisations syndicales (et en particulier CGT et FSU)).

Le FSC appelle d'ailleurs à ne pas désinvestir les syndicats, à ne pas écouter les sirènes de la résignation que font entendre les médias et les dirigeants réformistes : plus que jamais les travailleurs et les syndiqués doivent se réapproprier leurs outils syndicaux. Partout, les organisations de base doivent continuer le travail entrepris de rassemblement la base sur des revendications réelles des travailleurs face au patronat et au gouvernement pour continuer à faire grandir la conscience de classe et mettre à l'ordre du jour l'action des travailleurs « tous ensemble en même temps », seul capable de mettre un coup d'arrêt à l'offensive capitaliste.




Le combat entre réformiste et révolutionnaire est désormais clairement identifié devant nous et c'est, concernant la CGT, dans la CGT qu'il se mènera et se gagnera. Face aux luttes qui vont continuer de s'amplifier face à la guerre de classe menée par le pouvoir et à la régression sans limite à laquelle le capitalisme en crise permanente condamne les travailleurs, les dirigeants réformistes de la CGT ne parviendront pas longtemps à contenir la colère du peuple et des syndiqués fidèles à l'héritage de la « Grande dame ».

dimanche 6 décembre 2009

Jean-Pierre Delannoy : « La CGT a tourné le dos à la lutte des classes ».

Dimanche 6 décembre 2009
Jean-Pierre Delannoy : « La CGT a tourné le dos à la lutte des classes ».

Du 7 au 11 décembre, on va voir « rouge » au 49e Congrès national de la CGT. Jean-Pierre Delannoy, le bouillonnant responsable régional nordiste de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie, a décidé de faire entendre fort sa voix de « dissident » en se présentant face à Bernard Thibaut au poste de secrétaire général.

« Cela fait plusieurs années que la contestation couve, mais nous n’arrivions pas à la rendre visible. Avec l’arrivée du syndicalisme rassemblé et d’une nouvelle direction confédérale à la fin des années 1990, on a senti une accélération du recentrage de la CGT. Celle-ci a tourné le dos à son identité, la lutte des classes. Elle a suivi une stratégie d’accompagnement du système, plutôt que d’être dans le combat ».

En métallo pur et dur, ayant forgé son expérience dans les usines du valenciennois, Jean-Pierre Delannoy sait de quoi il parle : « Quatre cent mille emplois ont été supprimés en 2009, il y en aura autant en 2010. Devant cette catastrophe humanitaire, il fallait construire un vrai plan de lutte. Ça n’a pas été fait ».

La ligne de Jean-Pierre Delannoy et le projet qu’il va soutenir au congrès sont clairs : « On veut redéfinir un contenu revendicatif sans ambiguïté. Nous voulons créer les conditions d’un rapport de force massif, jusqu’au blocage de l’outil de production, ce que refuse Bernard Thibault. Nous dénonçons également la centralisation du pouvoir au sein de la confédération, qui se coupe de la base. C’est l’identité même de l’organisation syndicale qui doit redevenir un outil de lutte, et non une organisation institutionnelle dans une démarche de renoncement et d’accompagnement ».

Le ton est donné. La lutte sera-t-elle finale au 49e congrès de la CGT ?



-http://www.lavoixeco.com/actualite/Secteurs_activites/Siderurgie_et_Metallurgie/2009/12/05/article_j-p-delannoy-la-cgt-a-tourne-le-dos-a-l.shtml

samedi 5 décembre 2009

JEAN-PIERRE PAGE, ANCIEN MEMBRE DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE ET RESPONSABLE DU DEPARTEMENT INTERNATIONAL DE LA CGT : "POUR LE BIEN DE LA CGT

Front Syndical de Classe



Front Syndical de Classe
Site : www.frontsyndical-classe.org - Courriel : frontsyndical.classe@laposte.net
« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. » H. Krazucki

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JEAN-PIERRE PAGE, ANCIEN MEMBRE DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE ET RESPONSABLE DU DEPARTEMENT INTERNATIONAL DE LA CGT : "POUR LE BIEN DE LA CGT BERNARD THIBAULT DOIT RENONCER ET PARTIR!"
Au sujet du 49 ème Congrès de la CGT:
"Pour le bien de la CGT Bernard Thibault doit renoncer et partir!"
On sent chez certains comme une certaine fébrilité à quelques jours de l'ouverture du 49 ème Congrès de la CGT. On dit même que Nicolas Sarkozy s'en inquiète! Pourtant ce congrès tous comme les précédents semblait boucler d'avance tant la conception démocratique de l'équipe dirigeante en place consiste à tout régler avant que les délégués se réunissent ! Depuis que Bernard Thibault est secrétaire général cette méthode a été perfectionné par la bureaucratie de Montreuil, l'autisme et l'arrogance ont fait le reste ! Il n' y a donc guère de place laissé à la spontanéité et encore moins aux surprises.Pour ceux qui pourraient avoir encore quelques illusions sur le déroulement des travaux prévus ; Nantes sera sans aucun doute une déconvenue amère . Des délégués viendront avec l'intention de participer à une discussion et à des décisions. Or celles-ci ont déjà été prises : ailleurs! Dans la vision rénovée de la démocratie syndicale et ouvrière de Bernard Thibault il y a ceux qui décident et ceux qui appliquent!
Certes les spectres ne hantent pas encore les nuits de Bernard Thibault et son équipe. Il peut chercher à se rassurer en sachant que le tri et le choix des délégués a battu cette fois tous les records de duplicité. Il serait d'ailleurs intéressant de connaître la véritable nature et le contenu du mandat confié par les syndiqués de la CGT à chacun des délégués du 49 ème Congrès , et si ces derniers ont pris réellement connaissance et en totalité des textes d'orientation comme de la composition de la future direction ou encore du futur "secrétaire général décidé par avance" et dont l'élection par le congrès devrait être en principe une pure formalité. Une semaine avant le congrès la presse vient d'ailleurs de donner la composition du bureau confédéral et confirmer l'élection de Bernard Thibault.. Les délégués sont infantilisés et le congrès national des syndicats réduit à servir de caisse d'enregistrement!
Donc en apparence tout est réglé mais pourtant on est sur de rien! On traque maintenant les délégués de syndicats qui pourraient faire désordre et déranger le bel ordonnancement prévu . Depuis quelques semaines on a battu le rappel d'anciens dirigeants confédéraux , ils ont refait surface "pour aider Bernard". Cela ne suffit pas à le rassurer , même si l'on sait par ailleurs que Sarkozy, Darcos, Parizot et Chereque ainsi que les médias feront tout de leur côté pur lui faciliter la tache et lui éviter les tensions Bernard Thibault est inquiet . Alors pourquoi?
Comme on vient de le voir il arrive que certains journalistes fassent leur travail sérieusement . Certes les délégués n'ont pas le nez dans le Nouvel Observateur ou dans Marianne pour se forger une idée mais si les révélations non démenties de ces derniers jours , ne sont pas nouvelles , elles apportent un nouvel éclairage sur l'hypocrisie des relations sociales, comme sur les connivences et les complicités de tout ordre entre le MEDEF, le Gouvernement et les syndicats, CGT compris! Tout cela en dit long sur" les liaisons dangereuses" de Bernard Thibault et sur la façon dont ce dernier à au fond brader l'indépendance de la CGT, sans que d'ailleurs cela soulève beaucoup de réactions dans l'organisation Il serait donc inconcevable que les délègues ne se posent pas de questions après avoir expérimenter dans leurs luttes "l'étendue de la solidarité confédérale" ! Cette situation devrait susciter des réactions et pourrait compliquer la "vision d'un syndicalisme rassemblé et apaisé" , dont Bernard Thibault et la CES se sont fait les chantres et les promoteurs. Au moins André Bergeron l'ancien secrétaire général de FO pouvait se prévaloir "de grains à moudre" pour justifier sa collaboration étroite avec les patrons et les gouvernements de l'époque.! Qu'en est il de Bernard Thibault dont le bilan revendicatif est un véritable désastre , bilan qui s'accorde avec la perte d'adhérents CGT qui se poursuit année après année presque inexorablement.
Certains s'interrogent naïvement sur sa stratégie, et sa vision . En serait il dépourvu? Venant de fins observateurs de la vie syndicale française cette remarque pourrait prêter à sourire! A ces questions il faut répondre sans hésiter: OUI! Bernard Thibault à une stratégie . Il a d'ailleurs été mis en place pour mettre en oeuvre celle-ci. Voici presque 10 ans sa feuille de route lui a été confié par son prédécesseur Louis Viannet et ses parrain et marraine: Nicole Notat et Emilio Gabaglio . Elle a consisté a faire en sorte que la CGT en rabaisse non seulement sur ses objectifs et son identité, ce qui n'était déja pas si mal mais qu'en se réformant elle même la CGT contribue à recentrer le syndicalisme français afin de le rendre compatible et soluble avec le syndicalisme européen , la construction européenne façon Lisbonne et la mondialisation capitaliste revu et corrigé..Voici une quinzaine d'années et dans un fameux rapport devant la direction de la CES au sujet de l'affiliation de la CGT et se concluant par" celle-ci est prématuré", Nicole NOTAT soulignait que la différence fondamentale entre la CGT et le syndicalisme européen était de nature culturelle ", nous avons disait elle une culture de propositions et de négociations , la CGT a une culture de confrontation." De puis le temps a passé et il n'est pas sans signification qu'un responsable de la CGT vient de se faire élire secrétaire général adjoint de la CES. Cet événement que les syndicats ignorent n'est pas seulement pour services rendues , et il en a rendu, mais vient confirmer 10 ans âpres son affiliation l'immersion complète de la CGT dans le syndicalisme réformiste européen. Est il utile ici de rappeler que le nouveau promu avait été proposé en son temps au poste de secrétaire de la CES par la CFDT. Comment s'étonner alors qu'avec son compère JC Le Duigou il est soutenu l'approbation de la CGT au projet de Constitution Européenne, rejeté pourtant par la CGT à la grande déconvenue de Bernard Thibault.
Depuis que Bernard Thibault assume cette mission de recentrage avec un talent discutable on est passé dans les rangs de la CGT de l'étonnement , à l'incompréhension, à la critique ouverte ! Elle s'est depuis plusieurs mois radicalisé. De nombreuses luttes ont mis en évidence cette fracture entre la base et le sommet. En 2009 la direction de la CGT a ainsi délibérément conduit les luttes dans l'impasse, consacrant souvent plus d'énergie à démontrer l'irréalisme de ceux qui se battaient , qu' à les encourager en contribuant à l'élargissement des luttes. Aux yeux de Bernard Thibault le développement de celles-ci devenait anachronique et rentrait en contradiction avec la stratégie étroitement concertée avec la CFDT! Soyons clairs le syndicalisme rassemblé ce n'est rien d'autre que la construction d'une alliance durable avec la CFDT avant de devenir organique et dont l'évolution de la CGT est une des conditions . Ce n'est donc pas par incompétence ou par manque de fermeté que la CGT est pour beaucoup de travailleurs atone, inaudible et impuissante mais tout simplement parce que la vision de la direction de la CGT/CES est tout autre . Il est donc parfaitement illusoire de croire et penser que la direction de la CGT va convenir avec un tel bilan catastrophique qu'elle s'est fourvoyé, et à partir de là faire son auto critique et corriger le tir. Par conséquent poursuivre avec Bernard Thibault s'est donc faire le choix de l'isolement et de l'affaiblissement de la CGT donc c'est faire le choix du désarmement et de la capitulation du monde du travail face a la politique du Capital que met en oeuvre Sarkozy et le MEDEF. Il ne servirait à rien de faire l'autruche , ou d'attendre vainement des jours meilleurs. Va t' on prendre la responsabilité d'attendre encore alors que le temps est compté. Une seule solution s'impose donc: Bernard Thibault doit renoncer et partir. C'est une solution responsable et elle s'impose d'elle même! , Elle est possible , le Congres peut décider la mise en place d'une direction provisoire et convoquer un Congrès extraordinaire cette fois réellement démocratique par ce que pris en charge par les syndicats eux mêmes.
Ce qui est sans précédent dans la CGT si l'on tient compte de son histoire, de sa culture, de ses pratiques c'est la perte considérable d'autorité et de crédibilité du secrétaire général de la CGT comme des principaux dirigeants qui l'entourent ! Ce a quoi l'on assiste c'est au rejet de plus en plus systématique d'orientations et de conceptions importés d'ailleurs c'est à dire des bureaux de la CES à Bruxelles et qu'on cherche à imposer contre la volonté des syndiqués de la CGT . Ce sont ces orientations qui suscitent de la colère et sont vécu comme incompatibles avec ce que souhaitent les adhérents de la CGT.Il faut donc en tirer les conséquences! En fait ce que l'on appelle la contestation est un mouvement beaucoup plus profond qu'il n' y parait , un peu comme un iceberg dont on ne verrait que la partie immergée.
Il faut donc se féliciter qu'un dirigeant de la CGT ,représentatif par ailleurs: Jean-Pierre Delannoy ait le courage de prendre la parole au nom de tous ceux qui en sont privés, pour dire tout haut ce que nombreux pensent tout bas. C'est une première qui en dit long et qui porte un espoir parce qu'elle sert a révéler ce qui n'est plus supportable dans la CGT et témoigner ainsi que rien ne sera plus comme avant. L'attitude méprisante, les caricatures et les arguties pseudo statutaires pour contester cette initiative montrent si il le fallait que l'usage a haute dose de la méthode Coué pourrait finir par se retourner contre ceux qui ont cherché à s'approprier la CGT en abusant de leur position, qui pour quelques uns est devenu rente de situation.

Certes la crise de représentativité du syndicalisme français sur fond de faillite du syndicalisme européen et international n'est pas nouvelle. Le désastre des récentes élections prud'homales avec 25% de participation pour toutes les organisations et malgré les moyens mobilisés en dit long.Il est d'ailleurs pitoyable de voir Bernard Thibault se glorifier d'un résultat alors que chez toute personne censé et responsable cette déroute devrait provoquer une prise de conscience. Il n'est pas dit que la messe doit dite, la CGT conserve a travers ses militants des capacités de dévouement et d'intelligence innombrables. raison de plus pour exiger le départ sans délais de Bernard Thibault.
Jean-Pierre Page
ancien membre de la commission exécutive confédérale et responsable du département international de la CGT

mardi 24 novembre 2009

Mardi 24 novembre 2009
Université populaire Ch'ti Guevara, à Lens 28 novembre 2009 : Quelle(s) crise(s) du syndicalisme?
Georges Gastaud nous fait suivre ces informations

L'Université Populaire Ch'ti Guevara a écrit :

Bonjour,


L'université populaire ch'ti Guevara est heureuse de vous accueillir

Le samedi 28 novembre de 14h30 .. (à?)

à LENS, salle Paul Sion ( à partir de la place du Cantin prendre la route de Lille, la salle Sion est indiquée assez rapidement sur votre gauche peu après l'Eléphant bleu)


Séance du jour : Quelle(s) crise(s) du syndicalisme ?


Conférencier: Stéphane Sirot, historien.

Derniers ouvrages parus : /La grève en France. Une histoire sociale. XIXe-XXe siècle/ (Paris, Odile Jacob, 2002) et /Les syndicats sont-ils conservateurs ?/ (Paris, Larousse, 2008).



Quelle(s) crise(s) du syndicalisme ?


2003, 2009 : pour la première fois dans l’histoire sociale de notre pays, deux vagues successives de grèves et de manifestations de grande ampleur échouent. Outre la nature du pouvoir politique et l’état de la société, ces revers ne peuvent être compris sans un retour sur leurs causes syndicales.

A l’orée d’un quatrième âge de son histoire, le syndicalisme est en crise(s). Son rapport au champ politique, sa relation à l’idéologie et à l’utopie, son sens de l’engagement, ses stratégies d’action s’en trouvent bouleversés.

La relecture du passé plus que centenaire du mouvement syndical peut offrir quelques clés d’un nécessaire renouveau, à la veille des congrès de la CGT et de la FSU.


Venez nombreux, et n'hésitez pas à amener vos amis et camarades pour en débattre!



Qu'est ce que l'Université populaire ch'ti Guevara ?

Face aux immenses compagnes de désinformation de l'idéologie fascisante dominante, qui déverse toute sa haine du peuple et le de la classe ouvrière dans ses médias de masses qu'elle contrôlent, (M.Bouygues = TF1; A.Lagardère = Europe 1, RFM; S.Dassault = le figaro; on notera qu'ils sont tous amis de Sarkozy…), il est urgent de résister non seulement dans la rue, mais aussi dans la théorie. C'est à cette fin qu'a été créée /l'université populaire ch'ti Guevara/ qui a pour but de diffuser des connaissances (philosophie, histoire, économie, politique, sciences, arts…) dans l'esprit du marxisme dans la perspective de l'émancipation sociale et intellectuelle des jeunes et des travailleurs et en lien avec les besoins des luttes sociales. Elle vous accueillera tous les derniers samedi du mois, traitera un thème précis sous forme de conférence publique suivie d'un débat, au centre Dumas à Lens (Grande résidence)


Pour l'Université Populaire Ch'ti Guevara:

Thomas Remmery, président; Jean François Dejours, secrétaire; et avec le soutien
de Georges Gastaud, secrétaire du PRCF 62 et de Vincent Flament, PRCF 59.

Projet de programme franchement communiste et républicain proposé par le PRCF en vue des élections régionales 2010

mardi 24 novembre 2009
En vue des élections régionales 2010

Projet de programme franchement communiste et républicain proposé par le PRCF

en vue des élections régionales 2010


Les prochaines élections régionales auront un enjeu politique de premier plan : au-delà du vote-sanction qu’encourt le régime sarkozyste en raison de sa politique réactionnaire, l’enjeu pour la grande bourgeoisie capitaliste est le dépeçage territorial de la République française une et indivisible héritée de la Révolution française ;
C’est en effet en 1790 que les « provinces » furent liquidées et que notre pays fut réorganisé en Communes, Départements et Etat-nation : or, le pouvoir UMP, mais aussi des élus tels Huchon (président « socialiste » du conseil régional d’Ile-de-France) ne cachent pas leur volonté d’aller vers l’Europe fédérale des régions quitte à désarticuler notre France républicaine, à effacer ses frontières nationales, à achever la régionalisation-privatisation des services publics, à mettre en concurrence tous les territoires de France. Cette orientation anti-nationale et anti-républicaine est commune à toutes les composantes du Parti Maastrichtien Unique (UMP, PS et ses satellites de l’ex-gauche plurielle, MODEM, Europe-Ecologie).

Cet acharnement à substituer la structure Europe / euro-région / euro-pôles à la structure républicaine Nation/Départements/Communes, s’affiche notamment :



- Dans la contre-réforme Balladur-Vallini (UMP et PS) dont les auteurs proposent un « big bang territorial » (merci pour la langue française)La grande bourgeoisie capitaliste veut en finir avec les départements,regrouper les régions pour en faire des « Länder » à l’allemande (par ex. les auteurs proposent l’effacement de la Picardie…), mettre en place de gigantesques « euro-pôles » qui aggraveront les déséquilibres territoriaux à l’avantage des grandes villes riches, centrées sur la finance et sur le tourisme friqué, et au détriment de la ruralité et des villes populaires petites et moyennes.
Ainsi le « grand Paris » rendrait-il illusoire l’autonomie des communes populaires de la ceinture parisienne ! Poussés par le MEDEF et par l’Union européenne, les présidents UMPS de régions frontalières rejetant la France, mettent en place des « régions transfrontalières » qui remettront lourdement en cause l’unité de notre pays. Tout cela accompagne une politique générale du MEDEF. Celle-ci consiste :
-A désindustrialiser notre pays (délocalisations) au détriment de l’emploi et au bénéfice de l’affairisme ;
-A liquider les spécificités positives de notre pays, où le capitalisme mondialisé ne supporte plus les acquis du Conseil National de la Résistance ni les conquêtes républicaines et laïques héritées de la Révolution française et du mouvement ouvrier de classe., grâce aux luttes duquel on peut parler d’exception française.

L’oligarchie financière veut en finir avec la France, avec ses services publics, avec sa classe ouvrière industrielle, avec son école laïque, avec sa langue (à laquelle le grand patronat veut substituer le « tout-anglais ») et aussi avec la démocratie communale : les milliardaires qui soutiennent Sarkozy veulent éloigner le pouvoir du citoyen : de la Commune vers la communauté d’agglo ou à l’euro-pôle ; du département vers l’euro-région et et de la Nation versl’ETAT européen fédéral en formation (Traité de Lisbonne-constitution européenne bis), où le grand patronat fait la pluie et le beau temps.

- Dans l’attitude concrète des conseils régionaux, qu’ils soient tenus par la droite ou par la « gauche plurielle » : certes il y a bien à la marge des différences de gestion entre la droite et la gauche établie : mais le PS et ses suiveurs du PCF et des Verts aident l’école privée et subventionnent le grand patronat sans contrôler les fonds investis ; en outre le PS n’a pas levé un doigt pour contrer la régionalisation des TOSS de l’Education nationale (2003). Dans son livre « De battre ma gauche s’est arrêtée », le président PS francilien Huchon se prononce même pour la fin de la France, pour la régionalisation de la gestion des professeurs, pour la privatisation totale d’EDF, pour l’insertion directe des super-régions dans un futur Etat européen quitte à démanteler la Nation et à en finir avec Paris capitale de la France

L’un des buts importants poursuivi par la grande bourgeoisie capitaliste à l’occasion des Régionales est de diminuer toujours plus les impôts incombant au patronat (impôt sur le revenu des très riches, impôt sur le capital, taxe professionnelle) en reportant la fiscalité sur les impôts locaux et les taxes indirectes (type TVA, CSG, taxe carbone) qui explosent : ainsi on surtaxe les couches populaires et moyennes et on aggrave les déséquilibres entre régions : les régions riches, disposent de recettes élevées, et les régions pauvres condamnées à vivoter et à subir sans compensation possible la casse euro sarkozyste des services publics (saignée de l’Education nationale, de l’hôpital public, de la poste, de la SNCF, etc.).

C’est l’inverse qu’il faut faire : mettre l’Etat en capacité d’équilibrer le développement économique et social sur tout le territoire national en organisant la « péréquation » entre régions riches et régions pauvres, en planifiant la ré-industrialisation du pays et le « produire en France » aux plans agricole et industriel et en développant partout de grands services publics d’Etat.

Bref , à travers le scrutin régional, le pouvoir veut faire entériner un vaste et grave projet antisocial et antinational : un projet anti-classe ouvrière, anti-paysannerie, anti-services publics, anti-école laïque, anti-France républicaine.

Or, l’élection régionale est financièrement verrouillée par l’UMPS : dans le Nord-Pas-de-Calais par ex. il faudrait 89 000 € à une liste nouvelle, non assurée de faire les 5% qui lui permettraient d’être remboursée, et cela simplement pour payer les bulletins de vote et les professions de foi et sans diffuser un tract ! Au contraire les vieux partis installés et gavés d’argent public (alors que les cotisations des adhérents devraient seules financer les partis !), peuvent dépenser cent fois cette somme en étant sûrs d’être remboursés par le contribuable !
Ce système antidémocratique tend à bloquer l’alternative patriotique et progressiste que portent le PRCF et ses alliés de l’Arc Républicain de Progrès (vrais communistes, gaullistes de gauche et socialistes républicains) : celle d’un rassemblement populaire majoritaire pour sortir notre pays de cette Europe capitaliste de mort , pour produire en France, pour avancer sur la base des principes du Conseil National de la Résistance [1] pour reconstruire notre pays sans crainte d’affronter Bruxelles et le MEDEF et pour avancer vers une société socialiste.

Bref l’heure est à l’alliance du drapeau rouge des ouvriers avec le drapeau tricolore de la République pour combattre l’Europe supranationale du grand capital et son dangereux proconsul Sarko-MEDEF qui démolit notre pays. Faisant feu de tout bois et multipliant le double langage, le fossoyeur de la République Sarkozy , lance à la veille des régionales un débat sur l’identité nationale où il va jouer à la fois sur le racisme et la xénophobie de certains pour tenter de dévoyer le légitime attachement des Français à l’idée nationale



C’est pourquoi, sans cesser de donner la priorité aux luttes sociales, le PRCF, qui milite pour reconstruire un vrai PC en France, qui combat l’extrême droite et appelle à fédérer tous les républicains indépendamment de l’UMPS, appelle les salariés actifs, chômeurs et retraités, la jeunesse, les artisans et les paysans, à soutenir ses propositions en versant en confiance à la souscription : car au PRCF il n’y a aucun politicien professionnel, seulement des ouvriers, des
employés, des enseignants, des ingénieurs, des étudiants, des artisans,
des petits paysans et des retraités.



Sur la base de ces propositions, diffusées aux principales usines de votre région, nous rencontrerons les partis qui se disent à la gauche du PS. Nous présenterons le résultat de ces entrevues sur nos sites en indiquant région par région ce que nous proposons de faire, vote ou abstention citoyenne, à l’occasion de ces régionales.

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Propositions du PRCF aux travailleurs, aux citoyens

et aux listes se réclamant de la gauche et de la République



1- Non à l’euro-régionalisation de la France, non à la contre-réforme
Balladur-Vallini qui détruit la nation, les départements et les communes au profit de l’Etat européen, des euro-régions et des « euro-pôles » ; non à la concurrence entre régions, oui à la République une, laïque, souveraine, sociale et indivisible , oui à la péréquation fiscale de l’Etat national entre régions riches et pauvres, entre départements bourgeois et ouvriers, entre grandes et petites villes, entre ville et espace rural ; non aux régions « transfrontalières » ; oui à une politique régionale s’inscrivant dans une politique nationale de rupture de la France avec la construction européenne

du capital, oui à la reconstruction de la souveraineté politique, économique, monétaire et sociale de la France, oui à des traités internationaux progressistes s’inspirant de l’ALBA, le traité qui régit les relations entre les pays latino-américains progressistes ; non à tout séparatisme régionaliste, oui à la solidarité républicaine entre régions, oui à la coopération entre départements voisins ;assez substitué le drapeau européen aux tricolore dans la « com » des régions ! non au démantèlement par Sarkozy des régiments garde-frontière, non à la subordination de l’armée française à l’OTAN ; non à un régiment allemand en Alsace ;

2- Solidarité anticapitaliste des élus avec les luttes des salariés pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail, les retraites, la Sécu, le logement social, les libertés syndicales ; solidarité avec les salariés privés d’emploi, avec les luttes des enseignants et des autres agents publics pour le développement du service public, avec les luttes des éleveurs, des agriculteurs, des marins-pêcheurs, avec les étudiants et lycéens, avec les chercheurs et les créateurs ;

3- Défense du « produire en France » : industrie, agriculture, pêche: Produire en France est une condition incontournable de notre indépendance et même de notre existence nationales . Il sera exigé de chaque grande entreprise qui délocalise ou qui licencie la dépollution totale des sites et la restitution de chaque euro public attribué antérieurement ; le tourisme doit venir en complément et non en substitut de l’activité productive sans laquelle un pays s’endette et disparaît. Les élus progressistes travailleront à une politique de
ré-industrialisation équilibrée et planifiée nationalement, reposant sur le rôle moteur d’un secteur public national démocratiquement géré. Hors les TPME, les régions ne devront plus subventionner le profit privé ; en cas d’aide publique indispensable pour sauver une industrie stratégique, les aides seront converties en parts de propriété sur l’entreprise dans la perspective de sa nationalisation ultérieur et en stipulant une obligation patronale de résultats pour l’emploi, l’environnement et les salaires .


4-Défense de la laïcité de l’Etat, des collectivités territoriales et de l’enseignement public ; zéro subvention à l’école privée ; défense de l’éducation nationale, de ses personnels et de ses usagers contre Sarko-MEDEF ; défense de l’école maternelle dès 2 ans menacée par les haltes- garderies souvent de caractère privé voire confessionnel ; refus de toute atteinte au statut de la fonction publique d’Etat et territoriale ; retour de l’Alsace-Moselle à la laïcité et fin de leur régime concordataire; pas de jumelage d’un établissement scolaire avec le MEDEF ; opposition à la propagande politique anticommuniste et ultra-européiste dans les lycées

.
5- Refus de toute mesure de fascisation émanant de l’Europe, de l’Etat, de la Région ou du patronat ; non à la criminalisation du communisme et plus généralement, du combat de classe et de l’action syndicale ; non à la traque des immigrés : ce n’est pas l’ouvrier immigré qui casse la France, au contraire, il aide à la construire : le vrai casseur, c’est le grand patronat « français » et son Europe de malheur ; refus de tout fichage, de toute vidéo-surveillance accrue de la population ; lutte acharnée contre l’extrême droite, contre le sexisme et le racisme ;


6- Développement de la culture nationale locale et régionale, appui au langues régionales dans un cadre strictement laïque et républicain respectant le français, langue nationale commune, mais non au tout-anglais patronal et européen;aucun soutien régional ou départemental à ceux qui trahissent le français pour le tout-anglais dans leur communication interne ou externe, ni à ceux qui exploitent l’attachement légitime aux langues régionales pour développer l’eurorégionalisme séparatiste ;

7- Action pour la solidarité internationale des régions et des départements français avec ceux qui résistent au fascisme, au racisme, au sexisme, aux guerres et aux blocus impérialistes contre Cuba, l’Iran, la Palestine, etc.



8- Refus des transferts de charges de l’Etat vers les collectivités locales ; dénonciation des mesures fiscales favorisant les très riches, ; refus de toute augmentation des impôts locaux dépassant l’inflation ;maintien et réforme de la taxe professionnelle de manière à pénaliser les entreprises qui licencient et à favoriser celles qui embauchent et qui augmentent les salaires ;

9- Action pour reconstituer un vrai ministère de l’Equipement, renforcer l’ONF, pour la reprise par l’Etat de la responsabilité des routes nationales ; impulsion du ferroutage SNCF ; action pour la taxation nationale des camions aux frontières et affectation de la taxe-camion, pour moitié à un fond public d’industrialisation de la France sous l’égide du secteur public industriel, pour moitié à la lutte anti-pollution atmosphérique ; refus de la taxe carbone sur les particuliers ;

10- Défense résolue des services publics, de l’emploi public, du maillage universel du territoire régional et national par les services publics en veillant particulièrement aux quartiers urbains populaires et aux communes rurales ; lutte pour la nationalisation de l’eau et en attendant, retour de la gestion de l’eau dans des régies publiques ; chaque hôpital, chaque bureau de poste, chaque école doivent être défendus bec et ongles !

11- Préservation de l’espace rural et maîtrise du développement urbain favorisant la mixité sociale ; transport interurbain privilégiant le cadre SNCF ou régie publique ; reconstruire et restaurer les habitations existantes autant que faire se peut sans étendre démesurément les faubourgs des grandes villes ;

12- Soutien aux villes populaires, aux communes rurales et aux bassins d’emploi existants sans tout regrouper autour des europôles ;

13- Démocratie participative intense : développement égalitaire du réseau internet ADSL avec constitution d’espaces démocratiques de consultation des citoyens sur les projets régionaux et départementaux avec, en particulier, discussion du budget régional et intervention des citoyens ;

14- Priorité à la protection sociale de l’enfance, du grand âge, des malades et des personnes fragilisées par la crise du capitalisme ;

15- priorité aux sports amateurs dans leur diversité


16- mise en place de médias régionaux et départementaux pluralistes défendant les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, refusant le tout-anglais, faisant une place aux langues régionales à côté du français et ouverts sans discrimination aux organisations politiques, syndicales et aux associations
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[1] La France ruinée de 45 s’est offert la Sécu, la retraite par répartition, le secteur industriel d’Etat avec Renault et EDF, les services publics, un code du travail protecteur…, pourquoi la France sarkozyste actuelle ne sait-elle plus que prendre aux pauvres et aux « moyens » pour donner aux riches ?

lundi 23 novembre 2009

Dominique Strauss-Kahn songe, selon certaines informations, à un « destin présidentiel »

canempechepasnicolas.over-blog.com




Dominique Strauss-Kahn songe, selon certaines informations, à un « destin présidentiel » en 2012. Il serait, dit-on, le « meilleur » opposant à Nicolas Sarkozy, le seul candidat socialiste susceptible de le battre… Certes, les milieux de la finance, le CAC 40 doivent réfléchir à une éventuelle carte à jouer alternative , compte tenu du déficit persistant de crédit de l’actuel président de la République, dans l’opinion publique. De plus en plus nombreuses, sont les catégories sociales, intégrées à la bourgeoisie, qui sont touchées par les mesures autoritaires prises par Sarkozy. Le mécontentement s’étend et se fait entendre dans des couches de la population, jusqu’à ces dernières années, éloignées de tout esprit de contestation du pouvoir en place. La base électorale de la droite officielle s’en restreint d’autant.

Dans ces conditions, pour poursuivre sur le fond la même politique, ne serait-il pas habile, pour le capital, de jouer à nouveau « l’alternance » ? Et dans cette perspective, qui serait au Parti socialiste, le mieux placé pour « finir le travail », que DSK ?

Aussi faut-il analyser comme il convient les propos, clairs et sans bavure, tenus aujourd’hui par le Directeur du FMI, et rapportés par Le Monde, sous le titre :

« COMPRIMER LES DÉPENSES PUBLIQUES »

« Le directeur du FMI souhaite maintenant que les gouvernements mettent au point les stratégies visant à remettre de l'ordre dans des finances publiques, malmenées par la crise. Dominique Strauss-Kahn a ainsi déclaré qu'une fois retirées les mesures de soutien à l'économie, il ne faudra pas hésiter à comprimer les dépenses publiques, voire, le cas échéant, à augmenter les impôts. Il a réaffirmé son appel au maintien de la coopération entre différents pays, même si les stratégies de sortie de crise peuvent différer d'une capitale à l'autre ».

Chacun sait ce que signifie « comprimer les dépenses publiques » et « augmenter les impôts » pour les salariés, les privés d’emploi, les retraités. Pas besoin d’un dessin.

Il faut être vigilant. La volonté de se débarrasser à tout prix de Nicolas Sarkozy peut cristalliser l’opinion populaire. Et les électeurs pourraient choisir la « peste » au lieu du « choléra », surtout avec un docteur tout en rondeur, qui ne jurerait que « remèdes de bonne femme » pour assurer à tous une « bonne santé ».

Au petit jeu des promesses non tenues, les dirigeants socialistes sont les maîtres. Dans l’opposition, « plus à gauche qu’eux, tu meurs ». Et, une fois aux affaires, ils deviennent « pragmatiques » : en clair, au nom des « nécessités », ils tournent le dos à leurs engagements électoraux, une fois de plus.

Cette perspective s’inscrit dans la foulée des « régionales ». Si l’on fait du rejet de Nicolas Sarkozy l’unique objectif de la prochaine consultation, il est certain que le vote hostile au président actuel va se porter essentiellement sur les listes présentées ou emmenées par le Parti socialiste. Et le « vote utile » ouvrira ainsi une voie royale à Dominique Strauss-Kahn.

Se démarquer de cette stratégie devrait être le souci des communistes, de tous les communistes. Le débat, en cours au sein du PCF, sur la composition des listes, au premier tour comme en vue du second, évacue la question essentielle : le débat sur la politique concrète à proposer aux Français.

Nous y reviendrons.

Jean LEVY

Au nom de Jaurès?

Dis Patrick Le Hyaric, l’auteur de l’article « Chez les Coadou, la « voie lactée » est placée sous le signe du bio » de l’Huma Dimanche du 19 au 25 novembre, ou es tu allé le chercher ?
Selon ce monsieur, la qualité du lait tend à baisser. Sur quelles données objectives s’appuie-t-il pour affirmer cela. Et l’Afssa ne serait pas au courant ?
« Le bon lait est un aliment aux nombreuses vertus dès lors qu’il a été produit naturellement, sans avoir été allégé, surchauffé ou stérilisé ».
. Pour l’auteur du papier, seul le lait cru est digne d’intérêt.
Le lait cru doit être bouilli et consommé dans les 48h. Ouvert il ne se conserve pas plus d’une journée. Il n’est pas standardisé en matière grasse.
La pasteurisation consiste à chauffer le lait à 72 ou 82°C pendant 15 secondes. Il doit être consommé dans les 7 jours et placé à 4°C. Une fois ouvert le lait ne se conserve pas plus de trois jours. La pasteurisation permet de conserver les qualités gustatives du lait cru.
Le lait UHT (ultra high température) est traité à 140-150°C pendant 2 à 5 secondes et refroidi tout aussi rapidement. Le procédé présente l’avantage sur la pasteurisation de tuer tous les microorganismes. Il n’altère que faiblement la valeur nutritive du lait. Ce procédé permet de conserver le lait pendant plusieurs mois.
Le monde a changé. Tout le monde ne vit pas à la campagne, dans des régions consacrées à la production laitière.
Le développement des procédés de conservation des aliments est intimement lié au développement du commerce et des transformations des modes de vie. La salarisation massive des femmes a modifié les pratiques culinaires. Dans le commerce alimentaire, la surface consacrée aux produits transformés est supérieure à celle consacrée aux produits frais.
Visiblement les industries alimentaires n’ont pas la côte pour ce « journaliste ». Elles sont accusés de « décortiquer le lait, d’isoler ses constituants et de les bourrer de saloperies » (on aime le beau style à l’Huma !) …pour fabriquer des ersatz de yaourt, beurre, dessert lacté ».
Le lait fournit la caséine utilisée dans l’industrie pour les matières plastiques, papier, textiles.
Le lacto serum est utilisé dans l’industrie pharmaceutique dans les laits infantiles pour augmenter le taux de protéines sériques
A bas les industries de transformations, vive avant car avant c’était mieux ! « pas besoin de boniments pseudo-pharmaceutiques pour les vendre (les produits laitiers).Nombreux sont en effet les producteurs qui reprennent la tradition de la vente directe à la ferme et sur les marchés locaux ».
Contrairement à Bové et d’autres, l’auteur ne s’embarrasse pas d’une rhétorique creuse sur les multinationales, pour justifier le retour à une organisation précapitaliste de la société, il attaque la technologie dans le traitement du lait et les industries de transformations. Il n’a pas attaqué la chaine du froid, sans doute un oubli !
Ah, heureuse époque où tout le monde vivait à la campagne dans un monde autosuffisant vivant du commerce de proximité. La terre ne saurait mentir comme disait le maréchal !
Dis, Patrick le Hyaric, tu pourras envoyer tes journalistes aux prochains entretiens de Millançay. C’est la Mecque du bio ! ( http://www.intelligenceverte.org) ainsi qu’au salon de la marjolaine ( http://www.salon-marjolaine.com). Mieux même propose aux organisateurs de ces événements de tenir un stand à la fête de l’Huma!
Mais ou va l’Huma ?
Se réclamer de Jaurès pour valoriser des idées aussi réactionnaires est une imposture !

Gilles Mercier
Travailleur scientifique

Face à la montée des luttes, le PRCF s'adresse à vous !

Lundi 23 novembre 2009
Face à la montée des luttes, le PRCF s'adresse à vous !



Communiqué de la 'Commission enseignement'
du Pôle de Renaissance Communiste en France


Face à la montée des luttes
dans l'Education nationale et à l'université,
le gouvernement emploie des procédés
de plus en plus liberticides.

La commission enseignement du PRCF
appelle à la solidarité et au tous ensemble
des jeunes et des salariés.

Jamais depuis des décennies un pouvoir aux prises avec la jeunesse n'aura utilisé des procédés aussi liberticides que le gouvernement Sarkozy et son ministre Darcos, sympathisant de l'officine ultra-droitière du Club de l'Horloge.

Dans les lycées, les proviseurs, et leur "syndicat" majoritaire relaient majoritairement et sans états d'âme les consignes ministérielles d'interdire les AG lycéennes, de menacer les élèves grévistes de sanctions, d'intimider et de stigmatiser les syndicalistes enseignants qui font leur devoir élémentaire en soutenant les jeunes en lutte dans le respect de leurs décisions indépendantes.
Des réunions parents/professeurs sont interdites dans les lycées. Des enseignants qui refusent de violer la déontologie en organisant la désobéissance civique autour des contre-réformes, sont durement menacés et sanctionnés.
La FCPE, pourtant si timide, est privée de subventions et se voit même interdire des distributions de tracts à certains endroits. Des inspecteurs zélés, qui ne conçoivent leur devoir de réserve que comme une manière de servir la soupe au gouvernement (alors que tout fonctionnaire est au service de la Nation aux termes du statut de 1945 édicté par le ministre communiste de De Gaulle, Maurice Thorez) somment des instituteurs de faire silence sur leur opposition aux contre-réformes dans les conseils d'école.
Et maintenant, Darcos en appelle au Ministère de l'Intérieur pour interdire les blocages de lycées en Janvier !

Décidément, "tout est devenu possible" depuis le 6 mai 2007 en matière d'étouffement des libertés démocratiques. Presse, médias audiovisuels, indépendance des juges, protection des libertés civiques, droit de grève des cheminots et des professeurs, laïcité institutionnelle, indépendance de la nation (qui serait réduite à rien par le traité de Lisbonne, adopté par le parlement UMPS félon en violation du vote souverain du 29 mai 2005), tous les acquis démocratiques sont gravement menacés par ce gouvernement qui a besoin de restreindre les libertés pour faire passer sa "rupture" thatchérienne au service de l'Union européenne du capital et pour tenir en laisse un peuple français et une jeunesse qui grondent contre les injustices criantes du capitalisme en crise.

Comme l'expliquait le patron des patrons allemands invité par le MEDEF le 17 décembre :
"Il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que « le capitalisme, c’est fini, le libre-échange, c’est fini »".

Malgré cela, la mobilisation croissante des lycéens et des étudiants a forcé Darcos à reculer sur sa contre-réforme.
Le pouvoir craint que les colères sociales, celles des jeunes mais aussi celles des ouvriers frappés par la casse de l'industrie nationale, celles des postiers, des cheminots et des autres agents des services publics cassés par l'Europe, celle des assurés sociaux menacés d'un désossage en règle de la Sécurité sociale de 1945..., cristallisent et se joignent dans un vaste "tous ensemble en même temps", seul moyen pour stopper les casseurs de France et faire renaître une dynamique de progrès en France.

Cela ne se fera pas avec les directions confédérales qui, aidant le gouvernement à "tenir" le mécontentement, repoussent à la fin janvier leur prochaine action et paraissent déconnectées des nombreuses luttes à la base qui posent les jalons du "tous ensemble" comme à Douai le 18 décembre.
Cela ne se fera pas avec le PS, dont les guerres de clan cachent mal l'accord de fond avec la politique européiste et atlantiste de Sarkozy, matérialisée par la présence de Strauss-Kahn et de Lamy à la tête du FMI et de l'OMC.

Comptons d'abord sur nos luttes, structurons nos convergences, sur la structuration nationale d'un Front syndical de Classe, sur la reconstruction DANS L'ACTION d'une vraie jeunesse communiste, d'un vrai parti communiste, dont l'absence, cruellement soulignée par le congrès quasiment pour rien du PCF, permet à la droite ultra de casser notre pays et d'humilier son grand héritage démocratique.

Enseignants et jeunes en résistance font preuve d'un réel courage et d'un vrai sens de la République et du combat social. Le PRCF appelle tous les progressistes à s'impliquer dans leurs luttes jusqu'au retrait total des contre-réformes Darcos et Pécresse, à organiser la solidarité avec les élèves et les enseignants sanctionnés par Darcos et ses séides, à développer le "tous ensemble en même temps" sans crainte de bousculer les états-majors qui continuent de "négocier" avec ce gouvernement qui organise des réunions européennes à Vichy et démantèle l'œuvre du Conseil national de la résistance.

dimanche 22 novembre 2009

Journée d'action du 24 (Education Nationale, Poste)

Front Syndical de Classe
Site : www.frontsyndical-classe.org - Courriel : frontsyndical.classe@laposte.net
« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. » H. Krazucki

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Journée d'action du 24 (Education Nationale, Poste) : Tract du Front Syndical de Classe


Travailleurs du public et du privé :

- pour la défense des services publics et de la protection sociale

- pour la défense de l'emploi et le « Produire en France »

- pour l'augmentation des salaires

Tous ensemble en même temps !





La situation est grave pour les travailleurs qui souffrent tous ensemble de la casse anti-sociale orchestrée par le MEDEF, le gouvernement et l'UE : délocalisations industrielles, licenciements et chômage de masse, intensification et pénibilité du travail, casse des services publics désossés et privatisés, remise en cause de la protection sociale et du salaire socialisé (sécu, retraites)…



Dans ce contexte, la question des services publics est particulièrement importante. La défense des emplois et du statut de la fonction publique (attaqué de multiples manières, RGPP, loi mobilité, nouveau régime indemnitaire, etc.) intéresse tous les citoyens et l’avenir de la démocratie. En effet, en période de crise notamment, le secteur public est un des modes de redistribution des richesses les plus efficaces. Or, le MEDEF et le gouvernement, arc-boutés sur les directives européennes de « libéralisation », veulent :

réduire la fonction publique autour de quelques fonctions régaliennes de décision et de contrôle,

démanteler les services publics, en les confiant à des agences ou au secteur privé,

instaurer dans les services publics une logique marchande, concurrentielle, rompant avec les grands principes d’égalité, de continuité et de neutralité.



Pour cela, la casse du statut de la fonction publique de 1946 (précisé en 1983) est nécessaire afin de supprimer les principes qui gouvernent l’emploi du fonctionnaire, comme par exemple la séparation du grade et de l’emploi et la logique de carrière, garantes de l’indépendance et de la neutralité des fonctionnaires. Des services publics livrés au privé ou à la logique marchande, des administrations réduites à de petits états-majors obéissants, tout cela suppose d’en finir avec le statut général des fonctionnaires élaboré par les résistants à la Libération, afin de substituer au fonctionnaire impliqué dans le développement du service public un employé contraint par les ordres de son employeur.



Défendre les services publics n'est pas du corporatisme mais une position de sauvegarde des intérêts des personnels comme de l’immense majorité de la population ; c’est une position de classe contre l’exploitation capitaliste. Public/privé, les travailleurs sont affrontés au même pouvoir du capital et c’est tous ensemble en même temps à partir des luttes à la base qu’ils pourront vraiment le faire reculer et imposer la satisfaction de leurs revendications.



Pendant ce temps, Chérèque, qui donne le tempo du syndicalisme rassemblé au sommet et travaille ouvertement pour le Medef et le gouvernement, se demande : « Une grève générale ... contre quoi ? On ne va pas faire grève contre la crise. Qu'est-ce qui va unir tous les salariés ? ».



Il faut remettre en cause les directions syndicales qui ont déserté le combat de classe et sont devenues des « partenaires sociaux » du capital. Il faut dans le même temps mettre toutes nos forces dans la construction, à partir des luttes à la base, de l'unité dans l'action.



Cela suppose d'élaborer une plateforme fédératrice reprenant les revendications qui s'expriment dans les luttes depuis des mois : pour la défense de l'emploi et le « Produire en France », pour la défense des services publics et de la protection sociale, pour l'augmentation des salaires.
Cela s’appelle la lutte de classe et c’est en la menant sans illusion sur le « dialogue entre partenaires sociaux » que les travailleurs de France guidés notamment par une CGT de classe et de masse ont su remporter d’importantes victoires. En 1936, en 1945 ou en 1968.



Prochaines réunions FSC (crise, lutte des classes, congrès syndicaux CGT et FSU) :

A Bagneux (92) le 28 novembre, à Nantes (44) le 3 décembre, à Marseille (13) le 5 décembre

commission Luttes du PRCF Sujet : Solidarité et tous ensemble des jeunes et des salariés

De : commission luttes du PRCF
Date : 19/12/2008 15:30:48
A : commission Luttes du PRCF
Sujet : Solidarité et tous ensemble des jeunes et des salariés


Pôle de Renaissance Communiste en France



Communiqué de la commission enseignement




Face à la montée des luttes dans l'Education nationale et à l'université, le gouvernement emploie des procédés de plus en plus liberticides.

La commission enseignement du PRCF appelle à la solidarité et au tous ensemble des jeunes et des salariés.




Jamais depuis des décennies un pouvoir aux prises avec la jeunesse n'aura utilisé des procédés aussi liberticides que le gouvernement Sarkozy et son ministre Darcos, sympathisant de l'officine ultra-droitière du Club de l'Horloge.




Dans les lycées, les proviseurs, et leur "syndicat" majoritaire relaient majoritairement et sans états d'âme les consignes ministérielles d'interdire les AG lycéennes, de menacer les élèves grévistes de sanctions, d'intimider et de stigmatiser les syndicalistes enseignants qui font leur devoir élémentaire en soutenant les jeunes en lutte dans le respect de leurs décisions indépendantes. Des réunions parents/professeurs sont interdites dans les lycées. Des enseignants qui refusent de violer la déontologie en organisant la désobéissance civique autour des contre-réformes, sont durement menacés et sanctionnés. La FCPE, pourtant si timide, est privée de subventions et se voit même interdire des distributions de tracts à certains endroits. Des inspecteurs zélés, qui ne conçoivent leur devoir de réserve que comme une manière de servir la soupe au gouvernement (alors que tout fonctionnaire est au service de la Nation aux termes du statut de 1945 édicté par le ministre communiste de De Gaulle, Maurice Thorez) somment des instituteurs de faire silence sur leur opposition aux contre-réformes dans les conseils d'école. Et maintenant, Darcos en appelle au Ministère de l'Intérieur pour interdire les blocages de lycées en Janvier !


Décidément, "tout est devenu possible" depuis le 6 mai 2007 en matière d'étouffement des libertés démocratiques. Presse, médias audiovisuels, indépendance des juges, protection des libertés civiques, droit de grève des cheminots et des professeurs, laïcité institutionnelle, indépendance de la nation (qui serait réduite à rien par le traité de Lisbonne, adopté par le parlement UMPS félon en violation du vote souverain du 29 mai 2005), tous les acquis démocratiques sont gravement menacés par ce gouvernement qui a besoin de restreindre les libertés pour faire passer sa "rupture" thatchérienne au service de l'Union européenne du capital et pour tenir en laisse un peuple français et une jeunesse qui grondent contre les injustices criantes du capitalisme en crise. Comme l'expliquait le patron des patrons allemands invité par le MEDEF le 17 décembre : "Il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que « le capitalisme, c’est fini, le libre-échange, c’est fini »".


Malgré cela, la mobilisation croissante des lycéens et des étudiants a forcé Darcos à reculer sur sa contre-réforme. Le pouvoir craint que les colères sociales, celles des jeunes mais aussi celles des ouvriers frappés par la casse de l'industrie nationale, celles des postiers, des cheminots et des autres agents des services publics cassés par l'Europe, celle des assurés sociaux menacés d'un désossage en règle de la Sécurité sociale de 1945..., cristallisent et se joignent dans un vaste "tous ensemble en même temps", seul moyen pour stopper les casseurs de France et faire renaître une dynamique de progrès en France.



Cela ne se fera pas avec les directions confédérales qui, aidant le gouvernement à "tenir" le mécontentement, repoussent à la fin janvier leur prochaine action et paraissent déconnectées des nombreuses luttes à la base qui posent les jalons du "tous ensemble" comme à Douai le 18 décembre. Cela ne se fera pas avec le PS, dont les guerres de clan cachent mal l'accord de fond avec la politique européiste et atlantiste de Sarkozy, matérialisée par la présence de Strauss-Kahn et de Lamy à la tête du FMI et de l'OMC.




Comptons d'abord sur nos luttes, structurons nos convergences, sur la structuration nationale d'un Front syndical de Classe, sur la reconstruction DANS L'ACTION d'une vraie jeunesse communiste, d'un vrai parti communiste, dont l'absence, cruellement soulignée par le congrès quasiment pour rien du PCF, permet à la droite ultra de casser notre pays et d'humilier son grand héritage démocratique.


Enseignants et jeunes en résistance font preuve d'un réel courage et d'un vrai sens de la République et du combat social. Le PRCF appelle tous les progressistes à s'impliquer dans leurs luttes jusqu'au retrait total des contre-réformes Darcos et Pécresse, à organiser la solidarité avec les élèves et les enseignants sanctionnés par Darcos et ses séides, à développer le "tous ensemble en même temps" sans crainte de bousculer les états-majors qui continuent de "négocier" avec ce gouvernement qui organise des réunions européennes à Vichy et démantèle l'œuvre du Conseil national de la résistance.

samedi 21 novembre 2009

le « team France » se qualifie haut la main pour la Coupe du Monde de Handball !

Billet d’humeur de Georges Gastaud après France-Eire

Intense émotion patriotique :
le « team France » se qualifie haut la main
pour la Coupe du Monde de Handball !

Grâce au capitaine de l’équipe de France, qui a expliqué que tricher fait partie de sa morale sportive à condition de ne pas se faire prendre, l’équipe de France ira au Mondial.

Comment un « bon Français » (pas un de ces « Auvergnats » raillé par Hortefeux…) pourrait-il ne pas s’en réjouir ? Grâce à cet éclatant succès, on va pouvoir oublier patriotiquement que le capitalisme mondialisé, Sarko-MEDEF et leur Europe patronale désossent notre industrie et nos services publics, que le pouvoir démonte ce qui reste des retraites et de la Sécu, que la contre-réforme Balladur-Vallini détricote la République une et indivisible pour installer les euro-régions, que pour des millions de familles se nourrir est un tracas quotidien, que l’Education nationale devient un service public bas de gamme livré aux démolisseurs. Qu’importe, vous dis-je, puisqu’« on-a ga-gnéééé ! ». « L’identité nationale » façon Sarko est sauve ! Alors, en toute sérénité, Champion et Auchan peuvent se rebaptiser respectivement Carrefour Market et Simply Market, Pécresse et Lagarde peuvent basculer en catimini notre pays au « tout-anglais » en strangulant la langue de Molière et d’Eluard pour « booster » les actions du CAC 40 détenues par les fonds de pension US ! Qu’importe que Sarko ait violé le vote du peuple français en faisant adopter par la voie parlementaire la constitution supranationale rebaptisée « Traité de Lisbonne » ?

« We are the champions ! » et, sur la base d’une tricherie « petit bras » qui, montre ce qu’est devenu le sport en régime capitaliste en fait d’ « exemple pour les jeunes » ! :On va pouvoir refonder l’ « identité nationale » sur un chauvinisme d’autant plus creux que son vrai rôle est de permettre au trio Sarko-Barroso-Parisot de démolir la nation populaire héritière des Lumières, des Sans Culotte, des Communards et du CNR ?

Alors, honneur aux vrais sportifs, à ces joueurs amateurs, dirigeants bénévoles, autres profs d’EPS et autres dinosaures de « l’esprit chevaleresque » qui n’oublient pas, eux, que sport veut dire à l’origine jeu, épanouissement personnel, esprit d’équipe et respect de l’adversaire. Et que mieux vaut perdre en jouant le jeu que gagner en trichant.

Georges Gastaud

mercredi 18 novembre 2009
















Michel Peyret

COMMENT NAISSENT ET EVOLUENT LES IDEES .

J'ai publié , le 14 novembre dernier , un article de Anton Pannekoek intitulé : « La propriété publique et la propriété commune » qui apparaît avoir suscité un intérêt certain .

Je faisais précéder l'article d'une courte biographie de Anton Pannekoek extraite d'une présentation de l'encyclopédie Wikipédia .

Anton Pannekoek y est situé comme estimant , à l'égal de Karl Marx et Rosa Luxemburg , que le communisme ne peut résulter que d'un processus révolutionnaire , aboutissant à un accroissement de la démocratie et à la collectivisation des moyens de production .

Il est également présenté comme un opposant résolu à la Première guerre mondiale qui rejoint dès 1919 la 3eme Internationale , dont toutefois il est exclu en 1921 en raison de ses positions de « communiste de gauche » et de son opposition à Lénine .

Dans le prolongement du premier article , je propose à la lecture et au débat un second texte publié en 1919 sous le titre , sobre , de « Le matérialisme historique » , qui ne peut être considéré comme polémiquant .

Son entame considère toutefois que « la place qu'occupe l'esprit humain dans le matérialisme historique est le point le plus discuté et le moins compris de cette doctrine . »

Pour ma part , j'en ai également pris connaissance avec une vive satisfaction et en notant , entre autres , que la dialectique , celle de Marx bien évidemment , était bien présente dans le contenu .

Et comme chez moi il y a toujours une part de rêve , je n'ai pu m'empêcher de penser que l'histoire aurait pu s'écrire d'autre façon .

Et , si nous sommes plus de ces temps , j'estime toutefois que l'on peut considérer cet apport n'a pas été perdu pour toujours , tant en ce qui concerne les causes du mouvement de l'histoire que le rôle et la conception d'une formation politique révolutionnaire dans ce mouvement .

La parole donc à Anton Pannekoek en précisant que j'ai préféré ne pas opérer de coupures tout en introduisant des sous-titres de mon fait .




******




Anton Pannekoek

Le matérialisme historique

(publié pour la première fois en néerlandais dans De Nieuwe Tijd, 1919)

u

La place qu’occupe l’esprit humain dans le matérialisme historique, est le point le plus discuté et le moins compris de cette doctrine. Ceci est causé principalement par le mode d’expression ou formulation. La formulation, combinaison solide d’idées, en tant qu’abstraction précise, ne peut jamais rendre la riche complexité de la réalité, de même, la formulation ne peut exprimer l’enchevêtrement des relations dans le monde réel. Celui qui ne regarde que la formulation tombe dans une subtile analyse d’idées et s’éloigne de plus en plus de la réalité vivante sans même le remarquer. Celui qui veut connaître le matérialisme historique doit toujours regarder la formulation comme une règle raccourcie pour comprendre les relations telles qu’elles sont en réalité.




LE MATERIALISME HISTORIQUE

EST D'ABORD UNE CONCEPTION DE L'HISTOIRE




Le matérialisme historique est tout d’abord une explication, une conception de l’histoire, et surtout, des grands événements, des grands mouvements des peuples, des grands renversements sociaux. Chaque événement historique est composé d’actions d’hommes, d’hommes qui transforment ou luttent pour transformer le monde. Quelles sont les forces qui les poussent ? Explication de l’histoire, cela signifie donc explication des motifs, des causes qui ont obligé les hommes à agir.




Souvent la cause fut la misère immédiate, la poigne de fer de la faim, l’instinct de conservation propre à tous les êtres vivants. Combien de fois trouvons-nous dans l’histoire, que les masses ont été poussées à la révolte par la faim et ont ainsi impulsé des révolutions ? Mais, en outre, nous trouvons encore d’autres motifs qui poussent les classes à l’action et déterminent leurs actes ; plus généraux, abstraits, tels sont ceux qu’on appelle les motifs idéalistes, qui souvent sont ennemis du simple principe de conservation, de nos intérêts propres, et même permettent des sacrifices enthousiastes.




Dans les classes en présence vivent des idées et des sentiments plus profonds, des concepts généraux sur ce qui est bon et nécessaire pour le monde, des idées et des idéaux qui se résument en devises, et pour leur conscience propre, celles-ci déterminent leurs actes. Certes ces motifs sont exprimés par toutes sortes de nom : amours de la liberté, de la patrie (patriotisme), conservatisme, mécontentement, servitude, tendance révolutionnaire, et bien d’autres. Mais il est clair que ces noms par eux-mêmes ne donnent aucune explication.




CE N'EST PAS LA NEGATION DES MOTIFS SPIRITUELS




Le matérialisme de l’explication marxiste de l’histoire ne signifie pas la négation de ces motifs spirituels, mais la réduction de ces motifs à des causes matérielles, aux relations réelles de la société humaine. Nous nommons ces relations réelles, matérielles en ce sens, que nous pouvons les constater objectivement au contraire des idées subjectives ; non dans le sens de matériel opposé à spirituel. On a souvent affirmé que la réalité dans la société humaine est cependant principalement de nature spirituelle, car l’homme est tout d’abord un être pensant et capable de volonté ; partout dans la société et dans la politique les relations humaines existent seulement parce que les hommes en ont plus ou moins conscience, par leur conscience, leurs sentiments, leur savoir et leur volonté.




Cette réfutation ne touche pas le matérialisme historique. Nous attirons l’attention sur ce que, partout dans la société, où des hommes prennent contact des relations réelles, effectives sont la base de ceci, et que ces relations que les hommes en aient conscience ou non, qu’ils approuvent ou qu’ils haïssent, qu’ils les reconnaissent ou non, restent malgré tout, autant réelles. Derrière chaque bataille, derrière chaque trêve, entre travailleurs et patrons, on trouve effectivement l’état de vente de force de travail des ouvriers aux capitalistes, derrière la lutte pour la liberté du commerce ou le protectionnisme on trouve un rapport réel entre acheteurs et vendeurs, derrière les devises des partis de démocratie ou de réforme se trouve la relation réelle entre gouvernement et sujets, de classe entre classe ; chaque loi est, outre un morceau de papier, la décision formulée des gouvernants ayant la puissance de faire exécuter leur décision. Tout ceci – qu’on le nomme matériel ou spirituel – est objectivement observable, donc dans le sens de Marx : réalité matérielle.




LES RELATIONS ENTRE LES HOMMES SONT DETERMINEES




Les relations existantes entre les hommes ne sont pas arbitraires. Elles sont déterminées et les hommes ne peuvent même pas librement choisir le rôle qu’ils veulent remplir dans ce tout. Elles sont données par le système économique dans lequel les hommes vivent. La société, la commune, dont chaque homme est une partie et en dehors de laquelle il ne peut vivre est un organisme de production, elle sert à la production pour les hommes, de tous les moyens de vivre, de quelque nature qu’ils soient. Tout d’abord, les hommes doivent vivre, donc l’organisme économique régit tout au-dessus de toute puissance, en assurant cette vie, les relations dans lesquelles il place les hommes les uns par rapport aux autres sont d’une réalité aussi impérative que l’existence corporelle de l’homme même, elles remplissent sa vie et déterminent ses pensées par une violence insurmontable. L’opinion selon laquelle on peut vivre en dehors de tout ceci, indépendamment, vaut autant que l’opinion qu’une partie tranchée du corps peut vivre indépendamment de celui-ci.




L’expression de Marx que les idées et institutions humaines sont déterminées par la manière selon laquelle les hommes acquièrent leurs moyens de vivre, ne signifie donc pas, que chaque homme ne pense toujours qu’à son boire et son manger, mais que le procès de production met les hommes les uns avec les autres dans certaines relations qui remplissent leur vie, remplissent donc aussi leurs pensées, leurs volontés et leurs sentiments. En outre, pensons que, pas plus actuellement que pendant toute l’histoire passée, les moyens d’existence ne sont assurés, de sorte que les soucis et la crainte de manquer écrasent le cerveau comme un cauchemar et empêchent un large développement de l’esprit, un vaste envol des pensées. Un système économique, qui chassera ces soucis et donnera à l’humanité la maîtrise totale de ses conditions de vie, déterminera encore toujours par son caractère, la vie et les pensées, mais combien plus libres, plus vastes et plus dégagées seront ces pensées.




LE MODE DE PRODUCTION EST LUI-MEME UN PRODUIT HUMAIN




Mais pourquoi les relations économiques sont-elles telles quelles sont ?




Le mode de production qui détermine l’état de chaque homme est lui-même un produit humain, il est construit par le travail et l’évolution séculaire de l’humanité. De même aussi, actuellement chacun collabore à construire la suite de ce développement, les forces importantes qui ont constitué le mode de production, on trouve la technique et le droit.




« Das Recht bestimmt die Wirtschaft » ( « Le droit déterminé l’économie »), ainsi Stammler formule-t-il sa critique du marxisme.




Ceci n’est pas seulement causé par le désir d’un juriste de donner une place supérieure à l’objet de son étude, comme base fondamentale de la société. Là encore, nous trouvons le vieux contraste entre spirituel et matériel. La technique comprend un élément matériel : le mouvement visible d’un bras, d’un outil, d’une machine. Mais il ne suffit pas d’une pratique de travail concrète pour faire un mode de production, ceci n’est obtenu que par la réglementation des formes de droits sous lesquelles on travaille.




Ce n’est pas l’outil ou la machine, mais le libre contrat de travail, le libre échange, la libre concurrence, la liberté professionnelle qui ont fait le capitalisme. Donc l’élément matériel, le procédé technique est régi et conduit par des relations spirituelles, par des règles juridiques ; l’élément spirituel, la manière selon laquelle les hommes règlent, par leur volonté et leur intelligence, leurs relations réciproques est élémentaire.




A ceci, nous pouvons déjà faire remarquer que le contraste entre technique et droit n’est pas conforme à celui entre matériel et spirituel, le droit n’est pas seulement une règle, mais une forme impérative, il n’est pas seulement la formule d’un paragraphe de loi, mais aussi la sabre du gendarme et le mur du cachot. En ce qui concerne l’élément spirituel dans la technique, nous verrons plus loin.




UNE PRODUCTION REGIE PAR LA DOMINATION DE LA PROPRIETE PRIVEE




Du reste la thèse de Stammler est juste. Le mode de production capitaliste n’est pas simplement caractérisé par une production machiniste et industrielle, mais par une production régie par la domination de la propriété privée. Le mode de production est technique, réglé par des relations juridiques et de possession. Mais la thèse de Stammler n’est pas toute la vérité. Les deux facteurs : la technique et le droit ne sont pas équivalents. La technique a une base donnée, ne peut être modifiée simplement par la volonté humaine, contrairement au droit et à la loi, que la volonté humaine peut directement influencer. Mais non arbitrairement, les hommes règlent leurs relations, fixent donc, leur droit, comme le rendant nécessaire, dans des conditions techniques données l’existence et le développement de la production.




La technique du petit travail à la main a rendu et nécessité un mode de production petit-bourgeois et obligé les hommes à transformer la possession privée des instruments de production assurant ceci par une institution juridique générale.




Les grandes machines ont nécessité les grandes entreprises et poussé les hommes à annuler toutes les barrières à la liberté professionnelle et contractuelle, qui empêchaient le libre développement de la production. Ainsi d’une technique donnée et des formes juridiques y adaptées naquit le capitalisme.




L'ADAPTATION DU DROIT AUX BESOINS DE LA TECHNIQUE




La technique est donc la base la plus profonde, pour cela c’est la plus importante force de production, alors que le droit n’appartient qu’à la construction bâtie sur elle, dépendante d’elle. C’est justement pour cela que le droit détermine l’économie : les hommes essaient de régler le droit et la loi d’après nécessités de la structure économique de la société.




Cette adaptation du droit aux besoins de la technique pour la réalisation d’un système économique n’a donc pas lieu subitement et par elle-même, mais est absolument un procès de la lutte entre les classes. C’est le sens et le but de toutes les batailles politiques et de toutes les grandes révolutions, de même le socialisme n’est rien d’autre qu’une telle transformation du droit et de la forme de la propriété qui se conforme avec un développement plus avancé de la technique de la grande industrie.




Les bases de la société, les forces de production sont donc actuellement, surtout formées par la technique, dans les sociétés primitives, les conditions naturelles jouent un rôle important. Elles se perfectionnent toujours parce que la pratique du travail par elle-même dirige l’esprit humain vers des moyens qui pourront améliorer ce travail ou satisfaire de nouveaux besoins.




L'HOMME AU CENTRE DE L'EVOLUTION




La technique n’est pas seulement composée des machines, des fabriques, des mines de houilles matérielles, mais aussi de la possibilité de les faire et de la science sur laquelle elles sont basées. La science de la nature, notre connaissance des forces naturelles, notre capacité de travailler et de compter sur elles peuvent être ainsi regardées comme des forces de production. Dans la technique on ne trouve donc pas seulement un élément matériel , mais aussi un fortement spirituel.




Dans le matérialisme historique, cela est évident car contrairement aux abstractions fantaisistes des philosophes bourgeois, il place l’homme vivant avec tous ses besoins corporels au centre de l’évolution. Chez les hommes, les éléments spirituel et matériel sont tellement intimement liés qu’on ne peut les séparer. Si nous parlons des besoins de l’homme, nous ne parlons pas seulement de ses besoins stomacaux, mais aussi de ceux de sa tête et de son cœur, et tous sont en même temps spirituels et matériels. Dans le travail humain, même dans le plus simple, les éléments spirituel et matériel d’une manière égale sont toujours réunis et c’est une abstraction artificielle de vouloir les séparer.




Mais cette abstraction a cependant un sens historique : le développement social avec sa division du travail et sa division en classes a fait d’une partie des éléments spirituels du procès du travail, une fonction distincte pour certaines personnes et classes, et a ainsi causé une diminution de l’être humain des deux côtés. Ainsi, ces spécialistes, les intellectuels, s’habituèrent à regarder de par leur travail, tout le spirituel par contraste avec un matériel inférieur et ne virent pas leur unité organique et sociale. Il est compréhensible que l’image qu’ils se font du matérialisme historique, en partant de ce point de vue erroné doit être absolument fausse.




DANS L'EVOLUTION HUMAINE

UNE CONSCIENCE TOUJOURS PLUS DOMINANTE

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L’histoire se base sur les actions des hommes, son explication se base sur ce que nous savons en général de l’activité humaine. L’homme en tant qu’organisme avec certains besoins, certaines exigences de son existence, se trouve au sein du milieu ambiant naturel, dans lequel il puise le contentement de ses besoins ; ses besoins et le milieu agissent sur lui, ils sont les causes des actes par lesquels il assure son existence.




Il a ceci de commun avec tous les êtres vivants, mais il arrive à un degré d’autant plus haut sur l’échelle de l’évolution du monde organique, que se glissent entre l’effet et le contentement un élément spirituel, une impulsion et une volonté. Dans l’évolution humaine, une conscience toujours plus dominante arrive à ceci : de temps en temps, la misère enflamme fortement les instincts originaux comme une volonté spontanée ; plus souvent le processus s’effectue par l’intermédiaire de l’esprit humain et travaille par la pensée, l’idée, la volonté consciente. Le besoin, que l’on sent sans intermédiaires et le milieu observé agissent sur l’esprit humain et évoquent dans celui-ci des pensées, des buts ; ces derniers mettent le corps en action et causent les actes.




Pour la conscience des hommes en action eux-mêmes, la pensée, l’idée sont la cause de leurs actes, le plus souvent ils ne se demandent pas d’où vient la pensée. Ainsi la description idéologique de l’histoire explique les événements historiques par les idées humaines. Ceci n’est pas absolument faux, mais toujours incomplet, cette explication s’arrête à moitié chemin.




D'OU PROVIENNENT LES IDEES




Le matérialisme historique retourne aux causes d’où proviennent ces idées : les besoins sociaux qui sont déterminés par les formes de la société, formes les plus compliquées de la volonté de vivre humaine.




Les œuvres historiques des auteurs marxistes ont ainsi jeté une brillante lumière sur les grands événements de l’histoire. Et cependant elles ont souvent fait naître une conception fausse du matérialisme historique, alors qu’elles ont avec force accentué les causes matérielles, économiques des révolutions, l’intellectuel par opposition, croit qu’il doit au contraire, rester sur son opinion : il est certes incontestable que les idées ont eu une très grande influence. Il ne voit pas que l’explication du matérialisme historique éclaircissant rapidement, a sauté par-dessus ces idées, pour relier solidement la cause fondamentale et le résultat final et n’a rien fait d’autre que d’expliquer les idées impulsives par leurs causes sociales.




Si, par exemple, la conception antique expliquait la révolution française par l’amour de la liberté chez la bourgeoisie progressive, qui s’était débarrassée de l’absolutisme et de la noblesse, et si le matérialisme historique explique que la cause de cette révolution c’est le besoin d’un Etat bourgeois pour le capitalisme en progrès, il faut alors lire cette dernière phrase ainsi, d’une manière plus détaillée. Le capitalisme en bourgeons a éveillé dans les masses bourgeoises la conscience de la nécessité d’une liberté politique et économique, a enflammé un puissant enthousiasme pour ces idéaux et les a ainsi poussés à une action révolutionnaire.




La pensée, l’idée est l’intermédiaire entre l’effet des facteurs sociaux sur l’homme et son action historique. Ce qui a vécu et s’est accru ainsi dans l’esprit, s’est précipité, cristallisé dans l’acte transformant la société, et se conserve dans celui-ci, impérissable. Mais il se conserve en même autrement : les pensées, sentiments, passions, idéaux, qui ont poussé à l’action les générations précédentes, se sont aussi exprimés dans tous les produits de leur esprit, dans leurs littératures, leur science, leur croyance, leur art, leur philosophie, leurs théories et idéologies, et par ceux-ci nous pouvons directement en prendre connaissance. Ils forment un objet distinct d’études dans toutes les sciences nommées spirituelles.




L'EFFET DU MONDE MATERIEL SUR L'ESPRIT

CELUI DE L'ESPRIT SUR LE MONDE MATERIEL




Pour l’histoire ordinaire, celle des événements et des actes, il ne semble pas nécessaire qu’on accentue toujours cet intermédiaire et que l’on observe à part ces deux effets – celui du monde économique, matériel sur l’esprit – et celui, réflexe, de l’esprit sur le monde matériel. Ici, il suffit le plus souvent d’indiquer la liaison entre la cause matérielle et les résultats sociaux, dériver de la croissance des forces de production la transformation du mode de production ainsi que la lutte de classe que l’accompagne et les révolutions politiques nécessaires à cette transformation. On procède ainsi surtout dans les résumés généraux très concis.




Mais si l’on veut comprendre les productions spirituelles d’une période donnée, son idéologie, sa religion, son art, alors l’action de la société sur l’esprit humain devient le principal et alors il devient nécessaire de pénétrer profondément dans le problème de savoir comment le matériel influe sur le spirituel. Alors, ce côté du marxisme, la théorie de l’esprit, de la pensée, de la conscience doit être développée et appliquée en détail.




Mais ceci est nécessaire aussi pour l’explication de l’histoire elle-même et pour la réfutation des contradicteurs de notre doctrine. Si nous appliquons le marxisme à l’époque actuelle, à l’histoire que nous vivons et faisons, nous nous trouvons dans une position toute autre que si nous explorons le passé. Ce qui a eu lieu durant les siècles passés : l’influence de la société sur les hommes et l’effet contraire des hommes sur la société est fini : la chaîne des effets, dans laquelle l’esprit humain est un maillon intermédiaire, à chaque fois est finie. Nous voyons clairement le résultat final et la cause originale d’un côté et de l’autre.




QUAND LA REALITE NOUVELLE

COMMENCE A PEINE A INFLUENCER L'ESPRIT




Mais la même chaîne de causes et d’effets quant à l’époque actuelle n’est pas encore terminée, nous nous trouvons au sein de son cours, innombrables sont les manières par lesquelles la société s’occupe à transformer l’esprit humain, alors que ceci n’a pas encore eu de résultat dans une action suivante, très nombreux sont les cas où la réalité nouvelle commence à peine à influencer les esprits. Dans de tels cas on ne peut donc relier la cause sociale avec un résultat pratiquement social, ici, nous nous trouvons encore au sein des processus d’influence, de lent mûrissement de nouvelles conceptions, de propagande, de préparation de futures révolutions.




Ici, le simple lien, qui dans l’histoire passée a été la force qui prouvait le matérialisme historique n’est pas encore trouvé ; il semble ici que dans le chaos compliqué des idées anciennes, de lutte de classes révolutionnaires, de réaction et d’apathie, notre doctrine est de toute manière contraire à la réalité. Et c’est ici qu’apparaît la question de l’action pratique (qui n’existe pas dans l’exploration de l’histoire) quel rôle joue donc notre volonté propre et notre travail dans ce processus ?




C’est un fait bien connu, que ce côté du marxisme (pour des causes sociales bien claires) est resté trop caché durant ces derniers 50 ans. La social-démocratie a dû pendant la période parlementaire du capitalisme mûrissant se limiter à la préparation et à la propagande calme, le prolétariat n’était pas encore mûr pour l’action révolutionnaire ; donc la théorie doit surtout prouver la nécessité de la révolution socialiste de par le développement du capitalisme.




De ce que la social-démocratie n’a pas appelé à l’action, mais au contraire incité à attendre jusqu’à ce que les circonstances soient mûrs, la théorie a adopté la forme d’un lien mécanique entre les causes économiques et les renversements sociaux, d’où le chaînon intermédiaire de l’activité humaine a disparu du champ de vue. Il est bien connu, et ce n’est pas par hasard que, justement ceux des théoriciens qui ont appartenu aux orateurs d’une tactique nouvelle, plus active ont aussi théoriquement accentué le chaînon de l’esprit humain et sa liaison, passive et active, influée et influente, avec la société.




UNE SCIENCE SPECIALE DE L'ESPRIT HUMAIN ?




Toute l’action humaine s’est effectuée par l’intermédiaire de l’esprit humain. Le matérialisme historique, en tant que science de l’action humaine, doit donc être plus intimement lié avec une science spéciale de l’esprit. Son point de départ est la conception des relations entre la pensée et l’existence, elle-même embrasse une nouvelle philosophie ; sa base philosophique c’est la doctrine de l’unité du cosmos, qui se nomme chez Marx et chez Engels, tout simplement matérialisme.




L’esprit humain est entièrement déterminé à partir du monde ambiant. Tout ce que contient l’esprit, provient du monde réel ambiant, que l’influe par l’intermédiaire des organes des sens. Dans cette thèse fondamentale du matérialisme historique, on ne constate pas une infériorité du spirituel sous le matériel, mais l’unité du spirituel avec le monde entier. Chaque partie du tout universel est déterminée entièrement par le monde extérieur, elle n’existe que par son unité avec le reste ; et son essence propre, la somme de toutes ses qualités spéciales, n’est rien d’autre que le tout, la somme des manières selon lesquelles elle est influencée par le monde extérieur et reflète cette influence, la somme de tous ces effets réciproques avec le cosmos. En la nommant « objet » nous prononçons seulement un mot, une conception comprenant toutes ces actions que nous observons comme phénomènes.




Il en est aussi de même pour l’esprit humain – cette conception aussi n’est qu’un résumé d’une série infinie de phénomènes – qui est une partie du cosmos en relations réciproques et constantes avec le reste ; de ce monde les influences coulent vers lui et inversement il réagit sur ce monde par le moyen du corps. Evidemment, ici « monde » ne signifie pas seulement monde matériel. Notre cosmos n’est pas la somme de tout ce que nous pouvons toucher ou peser, mais de tout ce qui est observable, et par suite réel. A tout ceci appartient également tout le spirituel qui se trouve dans les cerveaux humains.




Evidemment, les objets imaginaires, les fantaisies n’appartiennent pas à ceci : une idée absolue ou un esprit général cosmique n’appartiennent pas au monde réel matériel ; mais les images mêmes, existant dans certains cerveaux sur cet esprit fantaisiste, les fantaisies et les chimères elles-mêmes existent effectivement, donc sont réelles, matérielles, dans le sens que nous avons attribué à ce mot. Tout ce monde réel est matériel pour notre esprit et agit comme matière pour lui. Tout ce qu’il contient est l’influence du monde ambiant et son essence spéciale n’est rien d’autre que le résumé de ses qualités, la manière selon laquelle il absorbe ces influences et les travaille.




LA FACULTE DE RASSEMBLER : LA MEMOIRE




La première et la plus grave de ces qualités c’est la faculté de rassembler : la mémoire. Comme un flot ininterrompu le processus cosmique défile devant l’esprit, comme un flot ininterrompu les influences, les effets du cosmos entrent dans l’esprit et s’y rassemblent. L’image, selon laquelle le cours du temps passe comme le câble d’un bac le long duquel il nage, toujours effleurant un point au moment même où il va s’en éloigner, n’est pas juste ; la corde infinie pendant la marche en avant est captée et s’enroule dans la cale de notre bateau. Les événements cosmiques coulent en nous et toujours nous nous renouvelons et nous transformons. Notre expérience s’enrichit toujours, le contenu de notre conscience remplit et s’agrandit. Que fait donc l’esprit de cette masse croissante d’impressions ?




LA FACULTE D'ABSTRACTION




La deuxième qualité qui caractérise l’essence de l’esprit c’est la faculté d’abstraction. La foule variée, innombrable d’impressions qui a envahi l’esprit, est élaborée et transformée en image abstraite, dans laquelle les caractères généraux des phénomènes concrets se résument en conceptions. La technique de ce processus, la relation de l’image à l’objet, l’essence des idées par opposition à la réalité, ont été expliquées avec une clarté magistrale par Dietzgen, et il n’est pas nécessaire de traiter ici ce sujet en détail.




Dans l’idée est exprimé le général, l’essentiel, le commun, le constant de la partie du monde, du groupe de phénomènes dont elle est l’image ; du spécial, du divers, du changement de la réalité on a tiré une abstraction par cette méthode. La diversité infinie du cosmos n’a pas place dans notre cerveau : c’est pourquoi l’esprit doit simplifier, par abstraction, les différences et les diversités accessoires et occasionnelles. Les idées sont par nature fermes, inflexibles, strictement limitées par opposition à la réalité, dont elles sont la cristallisation, et qui coule comme une rivière, toujours autre, infiniment diverse et multiple.




LES IDEES TOUJOURS CHANGENT , SE TRANSFORMENT




Il découle de ceci, que les idées elles-mêmes ne peuvent tranquillement rester constantes sans plus, elles doivent toujours changer, se transformer, se limiter autrement, être remplacées par d’autres et ainsi s’adapter à la réalité changeante.




Sans cesse, le flot des impressions et des expériences du monde ambiant pénètre dans l’esprit, s’y rassemble, s’y élabore, s’y distille, s’y généralise en idées, conceptions, jugements, pensées, sentiments, règles qui composent le contenu de la conscience, puis, qui peu à peu disparaissent dans l’inconscient et l’oubli. Si les nouvelles impressions s’harmonisent avec l’image déjà formée, parce que le monde extérieur revient toujours sous de mêmes formes, l’image de ce concept se maçonne toujours plus solidement et se pétrifie en une possession spirituelle intangible.




Et elle ne se perd pas avec l’individu : dans l’habitation et le travail en commun, l'échange constant d’idées s’effectue ; la représentation du monde spirituel n’est pas une possession individuelle, mais collective. La propriété spirituelle, qu’une société a acquise en un certain temps est transmise à la génération montante : durant tout le temps où les conditions de vie restent inchangées cette génération retrouve toujours le système économique traditionnel de concepts et d’idées, l’idéologie qui s’harmonise avec le monde réel ; alors cette idéologie s’enfonce de plus en plus solidement et se fait de plus en plus indiscutable.




Mais, voici que le monde se transforme ; de par le travail humain même, la société est toujours modifiée, reçoit toujours de nouvelles formes ; de nouvelles impressions, de nouvelles expériences pénètrent dans l’esprit et ne se conforment pas à l’ancienne image du monde. Voici que l’esprit commence à construire à l’aide de fragments de l’ancienne propriété mêlées à de nouvelles acquisitions.




NOUVELLES EXPERIENCES ET NOUVEAUX CONCEPTS




D’anciens concepts se transforment ou sont autrement définis, de nouveaux concepts se forment, des préjugés se modifient, de nouvelles conceptions, convictions se fixent ; un nouveau monde naît, plus ou moins rapidement, des fragments de l’ancien, qui s’adapte plus ou moins, et de la nouvelle expérience. C’est un tel processus qui s’effectue dans l’évolution des sciences naturelles et c’est pourquoi l’image que nous nous faisons de la nature, se renouvelle et se transforme toujours.




Mais il y a cependant une différence, et la voici : ici, l’évolution, le développement n’a pas lieu parce que le monde lui-même s’est transformé, mais simplement parce que notre expérience du monde se transforme sans cesse, de par l’exploration de la nature de plus en plus poussée et détaillée. En outre, ce processus évolutif se développe plus tranquillement, plus consciemment et plus objectivement, parce qu’il se situe en dehors de la lutte sociale, en dehors des passions, en dehors de la vie miséreuse des masses, parce qu’il n’est pas l’affaire des masses, mais l’objet d’étude d’une petite caste.




QUAND LES PENSEES SE REVOLUTIONNENT


Mais la société agit sur tous, c’est le monde véritable pour la majorité des hommes ; elle impose ses influences par une violence formidable à tous, car leur vie en dépend. Sur la société, c’est-à-dire, sur sa propre vie, chacun doit se faire des idées ; elles croissent spontanément, inconsciemment chez l’individu, quelquefois comme science objective, mais plus souvent sous forme d’images subjectives. Et la société, étant constamment en changement, le milieu actuellement se transforme avec une intense rapidité et il entraîne même les cerveaux les plus inertes et les plus obstinés.




Dans la lutte interne, dans la bataille acharnée ou dans la tranquillité de la recherche intellectuelle, les pensées se révolutionnent, souvent, subitement, comme ensorcelées, quand les influences extérieures sont très fortes, souvent, cependant, lentement et d’une façon à peine perceptible. C’est dans ce processus de transformation permanente que s’effectue l’adaptation de la conscience à l’existence sociale.




LA NOUVELLE CONSCIENCE




Donc, si Marx nous dit que l’existence sociale détermine la conscience, cela ne signifie pas que les idées actuelles sont déterminées par la société actuelle. La réalité sociale actuelle est un élément, le monde des idées formé de la réalité précédente est un autre élément ; de ces deux éléments se forme la nouvelle conscience.




Le premier compose le facteur matériel, l’effet du monde matériel, le deuxième est le facteur spirituel, la possession des idées et images déjà existantes. C’est pour cela que les savants bourgeois, jugeant d’après l’aspect extérieur, pensent prouver ainsi la fausseté du matérialisme historique : ce n’est pas seulement la réalité matérielle qui détermine la pensée, mais les facteurs spirituelles sont aussi importants.




En pensant ainsi, ils ne portent pas leur attention sur le fait que le monde actuel n’inscrit pas son image sur une feuille de papier blanc, mais que l’image abstraite de l’effet de tous les états précédents s’est fixée dans le contenu de la conscience : la conscience est déterminée par la somme des réalités passées et actuelles. Le concept bourgeois du contenu spirituel de la conscience part en quelque sorte d’une donnée, dont on n’a pas besoin d’indiquer l’origine plus en détail, de quelque chose qui a sa source dans la « nature » de l’esprit ou dans l’existence d’un être spirituel en dehors de l’homme.




La conception marxiste part de la conviction, que le contenu de la conscience doit s’être formé à partir d’un effet, d’une influence du monde réel, et il en cherche l’origine dans les conditions de vie passées des hommes. Et il n’en est pas seulement ainsi pour la conscience ; aussi pour les autres qualités de l’esprit, dans les inclinaisons et les impulsions, dans les instincts et les coutumes, qui se cachent dans les profondeurs de l’inconscient et qui apparaissent comme une mystérieuse nature humaine innée, se manifestent les impressions héritées pendant des milliers d’années depuis les temps les plus reculés.




L'ANCIEN EST TOUJOURS LA




Cette relation entre l’esprit et la société fait comprendre les causes, qui, ainsi qu’on le dit le plus souvent, empêchent et ralentissent le processus de la révolution sociale. En disant ceci, nous n’avons pas seulement en vue le fait subjectif, que ce processus s’effectue plus lentement que ne le désirent ou le pensent les révolutionnaires éminents, mais aussi le fait objectif que la réalité actuelle détermine et régit tellement peu l’esprit de la majorité des hommes.




C’est pourquoi nous parlons de la puissance de la tradition comme de la grande force qui empêche tout progrès. En observant le milieu actuel, ses luttes de classes, ses croyances, son idéologie, on rencontre toujours cette force gigantesque, et, sans elle, aucune explication n’est possible. En agissant ainsi, nous ne sortons cependant pas du marxisme, car chaque tradition elle-même est une réalité concrète, un morceau de la réalité, vivant dans les têtes humaines et déterminant leurs actes, agissant fortement sur autrui et ayant ainsi une grande influence sur les événements.




Ce qui en fait une tradition, ce qui est sa nature propre par opposition aux autres phénomènes spirituels, c’est le fait qu’elle est une réalité de nature purement spirituelle, dont les racines matérielles se trouvent dans le passé, une réalité qui ne vit que par le passé et qui ne trouve plus d’aliment dans le monde nouveau.




Comme exemples, citons deux idéologies puissantes, qui règnent le plus fortement sur les esprits des ouvriers et les retiennent hors du socialisme : la religion et le nationalisme. Comment la religion est née du mode de production primitif et petit-bourgeois, comment, pendant sa croissance, elle a constamment changé de forme et d’aspect, comment elle a été l’expression d’organisations sociales, qui ont depuis ce temps perdu toujours plus leur base sociale, tout ceci a déjà été expliqué dans de nombreux ouvrages et articles.




L’idéologie nationaliste se distingue de l’autre en ce qu’elle a ses racines dans le capitalisme et est pour la bourgeoisie une réalité vivante, donc une tradition encore plus jeune et plus fraîche, qui par cela même peut agir encore plus fortement sur les ouvriers.




Il peut paraître étrange, qu’une idéologie puisse encore se maintenir aussi longtemps après que la base qui la nourrie, son fondement, la réalité qui l’a créée a disparu depuis longtemps. Cependant il en est de même pour ceci que pour tout le spirituel chez l’homme ; non seulement elle continue d’exister avec une vie propre, comme la mémoire reste après l’impression et chaque image spirituelle après une série d’impressions ; mais aussi elle se renforce énormément de par l’influence spirituelle réciproque entre les hommes.




De même que dans le cerveau les centres des organes des sens ne sont pas seulement touchés par les excitations extérieures mais aussi sont liés entre eux par des milliers de manières, s’influent mutuellement et créent ainsi une vie spirituelle de liaisons de pensée, qui s’effectue, en grande partie indépendamment des effets du monde extérieur – de même, dans la société, ce qui s’est formé un jour comme idées dans les cerveaux humains, agit comme une nouvelle force sur d’autres hommes.




Le monde extérieur, qui influe sur nos esprits, ne consiste pas seulement des faits multiples de la vie et du milieu, mais aussi de tout ce que les autres nous ont dit, comme précipités de leurs expériences, et de ce qu’ils – ou d’autres générations – ont mis dans les livres. Comme le son d’abord subtil d’une corde ne résonne pleinement que grâce à la caisse de résonance, ainsi l’instruction des faits résonne sur nous comme un accord parfait du monde qui nous entoure.




Les nouvelles idées, en harmonie avec la nouvelle réalité, sont propagées par ceux en qui elles sont nées, qui les premiers les ont entendues indistinctement et en ont distingué le nouveau ton ; leur forte résonance a réveillé les esprits plus jeunes et plus inertes, leur propagation les a réunies à l’influence directe de la vie et de l’expérience, et a conduit à une compréhension plus rapide de leur essence. De la même manière, l’ancienne idéologie se renforce par la même force et reste vivante ; par l’influence spirituelle des vieux aux jeunes, des anciens écrits sur la nouvelle génération l’ancienne vie des idées continue à résonner pendant un certain temps, même quand sa première cause matérielle a cessé. Mais si ceci dure un peu trop longtemps, elle doit périr, étant devenue un son inharmonieux.




QUAND UNE NOUVELLE REALITE...




Quand une nouvelle réalité, jour après jour, imprimera ses impressions dans l’esprit, et les fera pénétrer avec force dans les cerveaux, l’ancienne idéologie cédera et, toujours plus, l’esprit devra abandonner les anciennes opinions et diriger ses idées suivant les besoins de la nouvelle société. Quelquefois ceci a lieu lentement, quelquefois, avec hésitations et seulement à moitié chemin, mais cependant arrive finalement.

Car la propagation de la nouvelle idéologie puise continuellement une nouvelle force dans la réalité de la vie.




C’est ici que la rapidité du processus de révolution sociale joue un grand rôle. Dans les temps passés, alors que ce processus se développait lentement, les formes de pensée engendrées par la société se pétrifiaient en des dogmes rouillés. A des époques de transformations rapides, l’esprit est entraîné, il se fait plus souple et plus rapide, et se débarrasse des anciennes idées beaucoup plus rapidement. Les décades passées, pendant lesquelles le capitalisme et le prolétariat devaient mûrir jusqu’au plus haut degré d’évolution, ont apporté une stagnation ou un ralentissement dans le processus de révolution politique.




Dans cette période apparut un ralentissement du processus d’évolution spirituelle, surtout par opposition à la création rapide d’idées progressives pendant la période qui a précédé la révolution bourgeoise.




Les suites de cet état de choses furent, après la magnifique conception du marxisme, la rechute : les doutes révisionnistes, la naissance de la critique bourgeoise, dans une partie des milieux avancés, l’acceptation de dogmes rigides. Mais voici que commence une nouvelle période révolutionnaire ; et, sans doute, elle apportera également une révolution rapide des esprits, un fort renouvellement des idées, une gigantesque révolution intellectuelle.