mardi 9 décembre 2008

lettre ouverte à tous les communistes

Le Pôle de Renaissance Communiste s'adresse aux communistes

Pôle de Renaissance Communiste en France



LETTRE OUVERTE à TOUS LES COMMUNISTES

QUI VEULENT un VRAI PARTI COMMUNISTE en France

Le 6 décembre 2008



Cher(e)s camarades,



Au moment où la crise ouverte du capitalisme mondialisé sème l'angoisse dans le monde du travail, où Sarkozy multiplie les actes fascisants contre le mouvement populaire, où l'U.E. affiche sa nature de dictature continentale du grand capital, où le PS étale son incapacité à porter une opposition crédible, où l'aspiration au tous ensemble en même temps grandit chez les salariés et les jeunes, le PCF muté étale son pourrissement profond, sa dérisoire lutte des places et son incapacité à porter une alternative à l'« union de la gauche » en faillite.

Les éléments les plus droitiers, Hue, Gayssot, Braouezec et Cie, abandonnent lâchement le navire qu'ils ont eux-mêmes sabordés en liquidant le marxisme-léninisme, en suivant pas à pas le PS (comme leurs prédécesseurs Juquin, Fiterman, etc.) et en participant au gouvernement Jospin, à la criminalisation du communisme, du marxisme-léninisme et de la glorieuse histoire du PCF.

D'autres figures de la « mutation », M. Cohen-Séat, Mme Borvo et Cie, appellent ouvertement le PCF à changer de nom.

L'inamovible éminence grise de la direction, M. Wurtz prépare son énième liste « euro-constructive » ouverte à des euro-fédéralistes de toujours. Son but avoué est de rabattre sur le mensonge de l'« Europe sociale » et de combattre, sous le drapeau bleu du « Parti de la Gauche européenne », les vrais communistes, les vrais républicains qui rejettent à 100% cette prison des peuples qu'est l'UE.

La bataille interne a montré une fronde certaine au sein du PCF (bien que mesquinement écarté de la préparation de ce texte, le PRCF a appelé à voter pour le texte présenté par les camarades de Vénissieux, de la Gauche com' et de Paris 15). Mais la direction du parti a obtenu que le 34ème congrès discute sur la base euroréformiste du CN sortant et chaque jour, MGB confirme que sa stratégie réelle est de retourner au gouvernement derrière le PS pour poursuivre la « construction européenne sur des bases progressistes » (sic). C'est lamentable alors que la nation républicaine est frappée au cœur sur tous les terrains : destruction de l'industrie, des nationalisations, des services publics et des acquis sociaux, de la laïcité républicaine, refoulement insidieux de la langue française (l'anglais devient la langue officieuse de l'entreprise, des médias et de l'université sur pression directe du patronat européen), casse des communes et des départements hérités de la Révolution française, casse du CNRS, de l'université et de l'Education nationale, des hôpitaux, EDF, SNCF, mise à mort des conquêtes du CNR, etc.

En outre, la stratégie d'une bonne partie de l'opposition interne au PCF devient illisible pour les communistes et pour les masses. Ainsi dans un courrier en date du 5 décembre 2008, André Gerin annonce que, sans consulter tous ceux qui ont voté pour le texte qu'il parrainait, il veut « prendre notre place à tous les niveaux de responsabilité », qu'il « n'exclut pas de partir sur la liste commune au congrès », qu'il veut « prendre la place qui nous revient à la direction du conseil national, au collège exécutif, au collectif d'animation », qu'il va proposer à M.-G. Buffet d'intégrer 40 noms à sa liste pour le futur CN, qu'il « ne souhaite pas une liste alternative » et, cerise sur le gâteau, qu'il demande à MGB de « rester » parce qu' « un bon tiens vaut mieux que deux tu l'auras ».

Nul doute que ce compromis de sommet Gerin-MGB va semer un grave trouble parmi ceux qui ont voté pour le texte III. Sur quel contenu politique ce compromis ? Poursuivre la criminalisation de Lénine ? Continuer de taper sur les « atteintes aux libertés » à Cuba (sic) ? Soutenir la liste fourre-tout préparée par Wurtz pour renflouer la construction européenne ? On n'en sait rien car ce texte d'A. Gerin ne parle presque que de ses alliances de sommet et presque pas des aspirations des communistes et des travailleurs.

Et pendant ce temps, Sarko-MEDEF explose la France ! Pendant ce temps, les eurotrotskistes du NPA minent le terrain de la future renaissance du vrai Parti communiste. Pendant ce temps, les usines ferment, l'Education nationale se meurt, les lois liberticides pleuvent, le pouvoir d'achat des masses est laminé ; des millions d'enfants d'ouvriers n'auront rien à Noël alors que les PDG raflent l'argent public !

C'est pourquoi nous interpellons A. Gerin en prenant à témoin les communistes qui veulent un vrai « tournant », non seulement dans les contenus mais dans les comportements politiques: pourquoi, camarade Gerin, toi qui te réclames de l'opposition de gauche, préfères-tu pactiser avec une ex-ministre de Jospin (MGB est restée au gouvernement quand Jospin faisait bombarder Belgrade, quand il rétablissait le travail de nuit des ouvrières, quand il instaurait le désastreux euro ou quand il privatisait à tour de bras ? « Un bon tiens vaut mieux que deux tu l'auras », camarade André ?) plutôt que d'agir avec nous, communistes incontestables du PRCF, qui avons combattu la mutation-suicide depuis le début, qui sommes toujours restés du bon côté de la barricade sociale? Est-ce que nos camarades PRCF Georges Hage, seul député à avoir voté contre l'élargissement européen et contre la participation gouvernementale en 96, est-ce que nos amis Léon Landini, Pierre Pranchère, Arsène Tchakarian, Jeanne Collette, tous anciens FTP qui sont entrés en communisme en s'engageant dans la lutte armée antifasciste, seraient à tes yeux de moins bons communistes que MGB ? Comment tes camarades et toi-même pouvez-vous justifier une seconde de telles exclusives et de tels choix de classe tout en prétendant, dans la lettre du 5 décembre que tu veux « l'union des communistes dans l'action » ?

Pour autant le PRCF ne fait la leçon à personne. Mais il invite tous ceux qui, dans le PCF, veulent créer une véritable alternative communiste à la direction faillie à se rencontrer d'urgence pour

1-Discutons de la mise en place d'une structure souple d'action commune sur des bases clairement anti-UE, anticapitalistes, antifascistes, anti-impérialistes, pour intervenir en commun et indépendamment de TOUS les dirigeants mutants, dans les grands affrontements de classes qui montent dans le pays, appeler à rompre avec l'UE du capital, rétablir l'indépendance nationale de la France, reprendre la lutte contre le capitalisme et pour le socialisme ; ce serait la meilleure AIDE au mouvement populaire désorienté par les pratiques de collaboration de classes des états-majors syndicaux vendus à la CES.

2- Face à l'entreprise de l'UE visant à criminaliser l'URSS et l'histoire des communistes pour mieux réhabiliter le fascisme (cf. la récente réunion de l'UE organisée par Hortefeux à VICHY sur le thème de... l'immigration !), programmons ensemble une grand meeting public sur le thème « face à la crise capitaliste, l'avenir est plus que jamais au socialisme et au communisme pour la France et pour toute l'humanité ». Tout cela, répétons-le, en toute indépendance envers l'ensemble des dirigeants faillis (mutants, refondateurs, semi-mutants, etc.) du PCF qui entraîne les communistes, la classe ouvrière et les républicains vers une défaite et un suicide historique alors qu'une contre-attaque progressiste de masse est à notre portée face aux néo-vichystes qui déshonorent la République française.

Le PRCF, qui vient fraternellement de manifester dans le Pas-de-Calais aux côtés des communistes de la Fédé 62 contre la casse industrielle, qui s'investit à 100% pour le syndicalisme de classe, qui privilégie le contact permanent avec les salariés à la porte des taules et qui crée actuellement plusieurs cellules d'entreprises, poursuit et poursuivra son combat salutaires 100% indépendant de l'appareil muté de l'actuel PCF asservi au PS et à l'Europe supranationale. Il tend une main fraternelle à tous ceux qui, dans le PCF ou à l'extérieur, refusent les rabibochages d'appareil et veulent privilégier la raison d'être des communistes : le combat de classe pour une société sans classes où le bonheur des individus sera le but de toute la société.

Aux communistes de faire en sorte que notre main tendue pour l'unité DANS L'ACTION de tous les vrais communistes ne soit pas de nouveau ignorée avec mépris et qu'une table ronde de tous les vrais communistes « du dedans » et « du dehors » soit rapidement organisée.

Et rappelons-nous tous la mise en garde que Brecht adressait à tous les attentistes : «si tu ne partages pas le combat, tu partageras la défaite ».





Pour le PRCF,



G. Hage, président d'honneur du PRCF, député honoraire, L. Landini, président du PRCF, adhérent au PCF en 1942 J.-P. Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance, P. Pranchère, FTP dans les Maquis de Corrèze à 15 ans, a. m. du CC du PCF, G. Gastaud, philosophe, secrétaire national du PRCF, a. sec. de la section de Lens du PCF, Annie Lacroix-Riz, historienne, V. Flament, rédacteur en chef d'Initiative communiste, J. Coignard, a. secrétaire fédéral du PCF 22, J.-F. Maison, A. Manessis, T. Remmery et N. Aunis, secrétaires des JRCF, Jany Sanfelieu, E. de Angelis, décoré du Vietnam socialiste, D. Antonini, a. responsable de la FMJD pour le MJCF, B. Parquet, a. responsable de l'école centrale du PCF, B. Guillaumin, Madeleine Dupont, a. élue PCF (62), B. Colovray, ouvrier du livre en lutte.

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