mercredi 31 décembre 2008

GAZA EN DANGER DE MORT VIOLENTE

ercredi 31 décembre 2008
Gaza n'est pas le Kosovo

Depuis des jours et des jours, l'aviation d'un Etat bombarde un territoire étranger, une bande de terre limitrophe de 30 kms sur 10, jusqu'ici soumis à un blocus impitoyable. Les morts se comptent par centaines, les blessés par milliers. L'agresseur se flatte de viser des objectifs civils, universités, mosquées, administrations du pouvoir et, nommément, les dirigeants du pays.
1.500.000 hommes, femmes et enfants sont pris pour cibles.
Pour justifier cette guerre infligée à un peuple privé de souveraineté, l'action militaire entreprise par la plus puissante armée de la région, est présentée comme "défensive", car les "colonisés" osent se défendre et résister. Avec les moyens à leur disposition, ils répliquent en lançant des roquettes sur le pays qui leur a déclaré la guerre.
Bilan : quelques rares victimes, une dizaine, sont à déplorer.
C'en est trop pour l'Etat colonial ! Son gouvernement envisage froidement une intervention terrestre et masse chars, canons et blindés aux frontières.

Imaginons, un instant, que l'Etat agresseur soit un Etat, qualifié de "voyou" par les Etats-Unis et l'Union européenne, c'est-à-dire un Etat qui refuse de s'incliner face à l'impérialisme. Le monde serait soumis à une offensive idéologique de grande envergure de la part des médias aux ordres. Ceux-ci dénonceraient, à longueur de colonnes, sur les ondes et comme à la télé, la "sauvagerie" de l'Etat agresseur. Les images de sang et de mort illustreraient, en boucle, la "boucherie" à laquelle se livrerait l'armée de cet Etat.
Cent personnalités, de "gauche" comme de droite, regroupées autour d'un ou deux philosophes de service, sur l'esplanade de Chaillot, feraient la Une de l'actualité.
Toute la Propaganda Abteilung serait mobilisée pour sensibiliser l'opinion.
Rappelons-nous la campagne hystérique de nos médias contre le "dictateur" Milosevic et sa police, massacrant " ces pauvres kosovars", scénario mis en scène par la CIA et les services de Javier Solana, le secrétaire de l'OTAN à l'époque, actuel "ministre" des Affaires étrangères de l'UE. Cette "intox" préparait l'opinion à la guerre contre la Serbie, à laquelle la France prit part.
Rien de tel aujourd'hui.
Face à l'agression de Gaza par l'Etat hébreu, nos médias feignent la neutralité, utilisent une fausse symétrie, valorisent les "arguments" israéliens.
Des milliers de manifestants hurlent leur colère, dans nombre de villes françaises, contre "Israël assassin !" et c'est le silence radio. Pas d'images, et la seule allusion médiatique fait état de "centaines de manifestants" !
Les vingt-sept ministres des Affaires Etrangères, réunis à Paris, ne proposent qu'une trêve humanitaire de deux jours "aux belligérants"...(pour permmettre à Tsahal un temps plus propice à l'offensive, qui risque, aujourd'hui, de s'embourber sous une pluie diluvienne ?)
Sans la moindre condamnation de l'Etat hébreu agresseur, ni du blocus meurtrier. Il est vrai que les USA et l'Union euroéenne considèrent le Hamas, comme une "organisation terroriste", à l'instar de leur allié juif.
Mais fort du soutien tacite des Occidentaux, Tel Aviv refuse cette mini-trêve, poursuit ses raids et prépare l'invasion terrestre de la bande de Gaza.

Il est temps de'exprimer, avec plus de force encore, l'oposition du peuple français au carnage programmé de la Bande de Gaza, et du soutien hypocrite de l'Union européenne à l'agression sioniste.
TOUS, SAMEDI 3 JANVIER 2009,
à 15 heures à la République, à Paris
et à tous les rassemblements et manifestations prévus en France.

mardi 30 décembre 2008

appel à tous les ANTISIONISTES

Simplement "disproportionnée", l'offensive israélienne ?

Il y a plusieurs façons de défendre Israël, agresseur du peuple palestinien.
L'ambassade de l'Etat hébreu justifie pleinement l'opération "Plomb durci" contre la Bande de Gaza, en la présentant comme une action défensive vis-à-vis d'une organisaton "terroriste", le Hamas, qui menace la vie des citoyens d'Israël en lançant sur son territoire une pluie de roquettes meurtrières. Les organisations juives sionistes françaises emboîtent le pas, quand elles ne font pas de surenchère.
Au-delà de cette garde rapprochée, d'autres forces politiques et médiatiques, le Parti socialiste comme l'UMP, Libération comme Le Figaro et le Monde, utilisent le système de la fausse symétrie. Ils demandent "l'arrêt des combats", "de part et d'autre". Ils considèrent la réaction "disproportionnée", reprenant le terme utilisé par les puissances occidentales. Ils se gardent bien de condamner Israël sur le principe, limitant leur observation à l'ampleur de la réaction militaire de Tsahal.
Or, ces mêmes puissances, les Etats-Unis et l'Union européenne, n'ont cessé d'armer Israël, de justifier le blocus de la Bande de Gaza, de qualifier le Hamas, "d'organisation terroriste".
Quant à la France, Nicolas Sarkozy, en résidence dorée au Brésil, toujours président du Conseil européen, il n'a pas pris le premier avion pour Jerusalem et Gaza "pour faire cesser les combats". La Palestine n'est pas la Géorgie. Il ne s'agit plus, au Moyen-Orient, d'arrêter les "chars russes" et de sauver "leur homme " à Tbilissi.
"Notre alliée", Israël, est l'agresseur. Et la victime, un peuple arabe colonisé, qui s'est rangé dans le camp antiimpérialiste avec le Hamas.
Y pas photo, chacun choisit son camp.
Si nous avions un vrai Parti communiste, il ne se contenterait pas, à l'égal d'une simple ONG humanitaire, de pleurer sur le sort malheureux du peuple palestinien. Il serait à l'avant-garde du rassemblement antiimpérialiste nécessaire pour dénoncer la politique criminelle du gouvernement hébreu et de ses soutiens occidentaux, et réclamer des sanctions contre Israël.
Aussi, sans attendre, les communistes, avec ou sans carte du PCF, doivent se retrouver au premier rang des manifestations contre l'agresseur israélien.
Prochain rendez-vous le 30 décembre,
à 18 heures
Bd Montparnasse/rue de Rennes

lundi 29 décembre 2008

STROP AU MASSACRE

PALESTINE : ARRETEZ LE MASSACRE
Déjà près de 300 morts, des milliers de blessés! Des femmes , des enfants payent de leur vie le début de la campagne électorale en Israël! C'est ce que la "communauté internationale" autoproclamée continuera d'appeler des élections démocratiques.
> Lâchement, du haut du ciel, l'armée israélienne , tout en osant se poser en victime, écrase sous les bombes, la bande de Gaza, camp de concentration qu'elle a elle-même créé. En d'autres lieux, on parlerait de nettoyage ethnique.
> En France, le pouvoir sarkozyste, le parti socialiste, les médias aux ordres ont l'audace de parler de "représailles" israéliennes, alors que ces assassins, depuis des mois, profitent de la "trêve" pour continuer à construire des murs, à annexer des terres palestiniennes et à affamer la population de Gaza. en effet, depuis des années la bande de Gaza subit un siège criminel avec la complicité de l'Union Européenne.
> Le PRCF condamne sans ambiguïté le gouvernement assassin d'Israël et ses complices, l'administration Bush qui tout comme le prochain président Obama approuvent ces meurtres. Il appelle ses militants à se mobiliser, à participer aux manifestations, à dénoncer ces crimes contre l'Humanité , à exiger l’arrêt des bombardements et à exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien.
> Le secrétariat national du PRCF

cessons le GENOCIDE!!!

A l'initiative du collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens :


GAZA : ARRETONS LE MASSACRE DU PEUPLE PALESTINIEN!


1million et demi de personnes assiégées, affamées, bombardées depuis 18 mois c'est une punition collective et donc un crime de guerre aux termes de la 4e convention de Genève art.33Bis.

1 million et demi de personnes qui subissent une agression d'une violence sans précédent de l'armée israélienne, c'est encore un crime de guerre!

L'union Européenne a donné le feu vert à Israël pour ce crime en décidant à l'initiative de sa présidence française, et contre le parlement européen, du «rehaussement» des relations Union Européenne -Israël.

Nous, organisations du collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens signataires de cet appel ,exigeons:

- L'arrêt du massacre
- La levée immédiate et totale du blocus
- La suspension de tout accord d'association entre l'UE et Israël
- Des sanctions immédiates contre Israël
- La protection de la population de Gaza et de tout le peuple palestinien

Nous appelons à :
une manifestation Mardi 30 Décembre 18H00 départ à l'angle du bd Montparnasse rue de Rennes en direction du Quai d'Orsay

dimanche 28 décembre 2008

Le parti communiste d'israel condamne!!!

Le Parti communiste d’Israël condamne les attaques meurtrières contre Gaza et appelle à la mobilisation internationale

Le Parti communiste d’Israël et Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité) condamne l’attaque meurtrière d’aujourd’hui par l’armée de l’air israélienne contre la bande de Gaza qui s’est soldée par la mort de 150 Palestiniens. Le PCI appelle les partis communistes et ouvriers, et les mouvements sociaux du monde entier à se mobiliser contre ces crimes contre l’humanité commis par Israël. Il demande que la communauté internationale prenne des sanctions contre Israël, et inculpe Tzipi Livni, Ehud Barak et les autres responsables politiques et militaires israéliens pour ces crimes de guerre flagrants, commis dans le cadre du processus électoral en Israël.

Les attaques militaires d’Israël d’aujourd’hui font partie du siège de la bande de Gaza. Israël exploite les derniers moments de l’administration Bush pour accomplir sa politique impérialiste meurtrière mais inefficace d’utilisation de la force militaire pour obtenir un changement politique. Des manifestations contre les attaques israéliennes dans la bande de Gaza sont prévues dans les principales villes d’Israël, et des manifestations auront lieu ce soir à Tel Aviv, Haïfa et Nazareth. Hier (vendredi), des centaines de manifestants ont participé à un rassemblement dans le centre de Tel Aviv pour protester contre l’opération militaire israélienne prévue en réponse aux tirs de missiles palestiniens depuis Gaza. Ce rassemblement était organisé par la Coalition contre le siège de Gaza et Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité- Parti Communiste d’Israël).

« Je propose que nous prenions l’autre direction », a dit le membre de Hadash à la Knesset Dov Khenin, dirigeant du Parti communiste d’Israël. « Notre pouvoir est notre tragédie. Une attaque victorieuse ne résoudra rien. Ils répondront par des roquettes, et nous finirons par nous embarquer dans une guerre totale. Prendre l’autre direction implique de renforcer l’accalmie, de sécuriser le cessez-le-feu, et de lever le siège qui n’a d’autre conséquence que de renforcer l’unité de la population autour du Hamas. »

« Un véritable processus de paix doit être engagé avec l’Autorité palestinienne, dirigée par Abbas » a-t-il dit. « Ce qui est tragique, c’est que c’est possible. Nous avons juste besoin de la volonté. »

Khenin a ajouté qu’il était « essentiel d’organiser un échange de prisonnier qui inclurait Gilad Shalit. » Quand on lui a demandé pourquoi de moins en moins d’Israéliens étaient contre la guerre à Gaza, il a répondu : « Les gens ont perdu espoir. Ils réalisent que ce qui se passe est mauvais, mais ils pensent qu’il n’y a pas d’autre solution. Cependant, nous ne sommes pas destinés à être victimes de l’histoire. » Un autre participant au rassemblement, l’ancien membre de la Knesset Tamar Gozansky, a dit : « Il y a deux ans, nous manifestations au même endroit, avant la deuxième guerre du Liban. Nous étions marginalisés et on nous traitait de traîtres. Cependant, quelques mois plus tard, tous les gens qui s’étaient moqués de nous sont venus avec leurs propres revendications Square Rabin pour protester contre la politique de Olmert. J’espère réellement que nous n’aurons pas de nouveau à leur dire : « Nous vous avions prévenus ». Dans une autre déclaration un peu plus tôt, Khevin a dit : « Une guerre généralisée contre Gaza est dangereuse et n’est pas nécessaire. Elle mettra en danger des milliers de vies des habitants de Gaza et des habitants de l’ouest du Negev ». « La guerre n’est pas une solution au problème des roquettes Kassam » a-t-il ajouté. « Il y a une autre voie : un réel accord pour une trêve. Pas juste un cessez-le-feu, mais également la fin du blocus de Gaza et l’arrêt de l’extrême souffrance d’un million et demi de personnes. »

samedi 27 décembre 2008

Meilleurs voeux

Le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

adresse ses vœux de santé et de combativité

* pour l’année 2009 *

à ses ami(e)s communistes et progressistes en France et dans le monde.

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Face à la crise mondiale du capitalisme, face aux guerres impérialistes,

face à l’Union européenne du capital, face à l’entreprise de criminalisation du communisme,



Prolétaires de tous pays, peuples du monde, unissez-vous ! Proletarier aller Länder, Völker der Welt, vereinigt euch! Proletari di tutti paesi, popoli del mondo, unità! Workers from all lands, peoples of the world, unite ! Proletarios de todos paises, pueblos del mundo, unios !



Cher(e)s camarades et ami(e)s,

Liebe Genossen und Freunde, Dear Comrades and Brothers,

Cari compagni ed amici, Estimados Companeros y amigos,



A l’heure où le capitalisme mondialisé veut faire payer sa crise aux peuples, il est réconfortant que la résistance des peuples et de la classe ouvrière s’amplifie dans de nombreux pays.



Non seulement Cuba socialiste fête de manière offensive le 50ème anniversaire de la Révolution, non seulement les peuples de l’ALBA ouvrent une brèche vers le socialisme du 21ème siècle, mais le sous-continent européen est secoué par de grandes luttes, de la Grèce à l’Italie en passant par le Portugal.



En France, l’ultra-droite au pouvoir se heurte à de fortes résistances : Sarkozy a dû retirer in extremis sa « réforme » scolaire régressive ; il a pris peur devant la détermination des lycéens et l’aspiration des salariés à lutter tous ensemble et en même temps contre ce pouvoir fascisant et thatchérien.



La gauche officielle, Parti « socialiste », P.«C.»F., Parti euro-trotskiste de Besancenot, se montre inapte à mener les luttes au succès. Le congrès du PCF a prouvé qu’il est illusoire d’attendre un « redressement » de ce parti satellisé par le PS. Comment la gauche officielle pourrait-elle se régénérer alors qu’elle criminalise l’histoire du communisme et qu’elle accepte en son principe l’Union européenne, ce bloc impérialiste entièrement tourné contre les acquis sociaux et la souveraineté des peuples ?



Mais les raisons d’espérer sont nombreuses en cette fin d’année.



En Palestine, en Irak, etc. les peuples tiennent tête aux occupants. L’exigence d’un Front anti-impérialiste mondial, celle d’un Mouvement communiste international renouant avec le léninisme, gagnent du terrain face au refus du Parti de la Gauche Européenne de résister à la droite et à la social-eurocratie.



En Europe, l’euro-scepticisme se mue en euro-rejet après le succès du Non aux référendums français, hollandais et irlandais ! Ce rejet est attisé par le référendum bis imposé à l’Irlande pour faire avaler le traité de Lisbonne, alors que Sarkozy refuse aux Français tout référendum sur ce même traité !



Quant au PRCF, malgré ses moyens modestes, son combat rencontre les aspirations des jeunes et des salariés. La conférence du PRCF tenue en octobre a confirmé l’audience internationale du PRCF. Elle a aussi permis un « tournant » politique du PRCF vers l’entreprise, la classe ouvrière et les jeunes. Les syndicalistes PRCF jouent déjà un rôle central pour la reconstitution du syndicalisme de classe en France.



En même temps, bravant le sectarisme, le PRCF ne cesse d’appeler à l’union dans l’action des vrais communistes de France, y compris ceux qui sont encore membres du PCF.



Enfin le PRCF agit avec des progressistes non-communistes dans le cadre de l’Arc Républicain de Progrès. Face au mensonge de l’ « Europe sociale », la perspective portée par le PRCF est celle d’un Front Républicain, Antifasciste, Patriotique et Populaire (FRAPP) dirigé par la classe ouvrière et fédérant le peuple travailleur pour sortir la France de l’UE, combattre l’OTAN et les guerres néo-coloniales, y compris celles de l’impérialisme français, lutter pour une nouvelle République sociale, fraternelle et souveraine qui affrontera le grand capital et posera concrètement la question du socialisme pour la France.



L’année 2009 sera rude, mais comme le disait Dimitrov au nom de l’Internationale communiste, « la contre-révolution est une parenthèse de l’histoire, l’avenir est au communisme ».



Dans l’immédiat, le PRCF exige avec tous les communistes et progressistes du monde :

* Libération des Cinq patriotes cubains !

*Vie sauve et liberté pour Mumia Abu Jamal !

*Liberté d’organisation et d’expression pour la Jeunesse communiste de Tchéquie interdite



Solidarité avec tous les communistes,

anti-impérialistes et progressistes

persécutés en France, en Europe et dans le monde entier !

vendredi 19 décembre 2008

communiqué au sujet de l'enseignement

Pôle de Renaissance Communiste en France

Communiqué de la commission enseignement

Face à la montée des luttes dans l'Education nationale et à l'université, le gouvernement emploie des procédés de plus en plus liberticides.
La commission enseignement du PRCF appelle à la solidarité et au tous ensemble des jeunes et des salariés.

Jamais depuis des décennies un pouvoir aux prises avec la jeunesse n'aura utilisé des procédés aussi liberticides que le gouvernement Sarkozy et son ministre Darcos, sympathisant de l'officine ultra-droitière du Club de l'Horloge.
Dans les lycées, les proviseurs, et leur "syndicat" majoritaire relaient majoritairement et sans états d'âme les consignes ministérielles d'interdire les AG lycéennes, de menacer les élèves grévistes de sanctions, d'intimider et de stigmatiser les syndicalistes enseignants qui font leur devoir élémentaire en soutenant les jeunes en lutte dans le respect de leurs décisions indépendantes. Des réunions parents/professeurs sont interdites dans les lycées. Des enseignants qui refusent de violer la déontologie en organisant la désobéissance civique autour des contre-réformes, sont durement menacés et sanctionnés. La FCPE, pourtant si timide, est privée de subventions et se voit même interdire des distributions de tracts à certains endroits. Des inspecteurs zélés, qui ne conçoivent leur devoir de réserve que comme une manière de servir la soupe au gouvernement (alors que tout fonctionnaire est au service de la Nation aux termes du statut de 1945 édicté par le ministre communiste de De Gaulle, Maurice Thorez) somment des instituteurs de faire silence sur leur opposition aux contre-réformes dans les conseils d'école. Et maintenant, Darcos en appelle au Ministère de l'Intérieur pour interdire les blocages de lycées en Janvier !

Décidément, "tout est devenu possible" depuis le 6 mai 2007 en matière d'étouffement des libertés démocratiques. Presse, médias audiovisuels, indépendance des juges, protection des libertés civiques, droit de grève des cheminots et des professeurs, laïcité institutionnelle, indépendance de la nation (qui serait réduite à rien par le traité de Lisbonne, adopté par le parlement UMPS félon en violation du vote souverain du 29 mai 2005), tous les acquis démocratiques sont gravement menacés par ce gouvernement qui a besoin de restreindre les libertés pour faire passer sa "rupture" thatchérienne au service de l'Union européenne du capital et pour tenir en laisse un peuple français et une jeunesse qui grondent contre les injustices criantes du capitalisme en crise. Comme l'expliquait le patron des patrons allemands invité par le MEDEF le 17 décembre : "Il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que « le capitalisme, c’est fini, le libre-échange, c’est fini »".

Malgré cela, la mobilisation croissante des lycéens et des étudiants a forcé Darcos à reculer sur sa contre-réforme. Le pouvoir craint que les colères sociales, celles des jeunes mais aussi celles des ouvriers frappés par la casse de l'industrie nationale, celles des postiers, des cheminots et des autres agents des services publics cassés par l'Europe, celle des assurés sociaux menacés d'un désossage en règle de la Sécurité sociale de 1945..., cristallisent et se joignent dans un vaste "tous ensemble en même temps", seul moyen pour stopper les casseurs de France et faire renaître une dynamique de progrès en France.
Cela ne se fera pas avec les directions confédérales qui, aidant le gouvernement à "tenir" le mécontentement, repoussent à la fin janvier leur prochaine action et paraissent déconnectées des nombreuses luttes à la base qui posent les jalons du "tous ensemble" comme à Douai le 18 décembre. Cela ne se fera pas avec le PS, dont les guerres de clan cachent mal l'accord de fond avec la politique européiste et atlantiste de Sarkozy, matérialisée par la présence de Strauss-Kahn et de Lamy à la tête du FMI et de l'OMC.
Comptons d'abord sur nos luttes, structurons nos convergences, sur la structuration nationale d'un Front syndical de Classe, sur la reconstruction DANS L'ACTION d'une vraie jeunesse communiste, d'un vrai parti communiste, dont l'absence, cruellement soulignée par le congrès quasiment pour rien du PCF, permet à la droite ultra de casser notre pays et d'humilier son grand héritage démocratique.

Enseignants et jeunes en résistance font preuve d'un réel courage et d'un vrai sens de la République et du combat social. Le PRCF appelle tous les progressistes à s'impliquer dans leurs luttes jusqu'au retrait total des contre-réformes Darcos et Pécresse, à organiser la solidarité avec les élèves et les enseignants sanctionnés par Darcos et ses séides, à développer le "tous ensemble en même temps" sans crainte de bousculer les états-majors qui continuent de "négocier" avec ce gouvernement qui organise des réunions européennes à Vichy et démantèle l'œuvre du Conseil national de la résistance.
Le 19 décembre 2008

Déclaration du parti communiste grec

Vendredi 19 décembre 2008
Un communiqué du Parti communiste grec

Le Comité Central du Parti Communiste de Grèce (CC du KKE) s'est réuni le mardi 9 décembre et a discuté de la situation politique du pays à l'occasion des évolutions des derniers jours, les luttes massives des travailleurs et de la jeunesse, qui ont manifesté leur protestation contre l'assassinat de l'élève de 15 ans, leur indignation pour les problèmes populaires aigus. Le CC du KKE est arrivé aux conclusions suivantes :
1.Le CC du KKE salue les jeunes hommes et femmes, élèves, étudiants, travailleurs, qui dès le premier moment et jusqu'à ce jour ont réagi avec des mobilisations de masse et de la protestation à l'assassinat d'Alexandros Grigoropoulos. Ils ont révélé les raisons politiques intemporelles qui ont armé la main de l'assassin, les responsabilités précises du parti de la Nouvelle Démocratie. Les mobilisations avaient aussi comme support les problèmes populaires aigus, l'autoritarisme, la répression d'état, l'indignation de la jeunesse, l'angoisse et l'incertitude pour l'avenir. Le CC du KKE adresse un appel combattif de continuation et intensification des luttes du peuple et de la jeunesse qui sont en effervescence tous ces derniers mois et qui doivent s'échelonner afin de repousser la nouvelle attaque en raison de la crise économique et de l'autoritarisme d'état qui s'intensifie. Le KKE signale : aucun sursis à l'action et mobilisation de combat populaire, l'organisation et sauvegarde des luttes, au développement de formes supérieures de lutte à travers de processus collectifs avec de la participation populaire et un sentiment de responsabilité de lutte. Des luttes populaires qui toucheront tout le spectre de la politique dominante, depuis la flambée de la répression et violence d'état jusqu'aux revendications économiques et sociales de la classe ouvrière, des petites et moyennes couches sociales de la ville et du village, de la jeunesse et des femmes, contre l'immense attaque que subissent leurs droits. Les travailleurs, ici et maintenant, doivent prendre cette affaire en main. Les lieux de travail, les usines, les secteurs, les chantiers, les grands magasins des villes, les lieux d'éducation et d'habitation doivent devenir des cellules vivantes de la renaissance et du développement du mouvement ouvrier et populaire.
2.L'assassinat de sang-froid de l'élève de 15 ans Alexandros Grigoropoulos le soir du samedi 6 décembre, par des gardes spéciaux des forces de répression d'état, était une « chronique de mort annoncée » par la répression et violence d'état, par une politique qui voit comme ennemis le peuple et la jeunesse qui revendiquent, qui luttent, qui contestent le pouvoir de la ploutocratie du pays et ses partis politiques. Une politique qui est inamicale envers toutes les formes combatives d'action, envers les mobilisations de grève, les manifestations, les occupations, envers toutes les formes de lutte qui sont organisées et politiquement élevées. Une politique qui est inamicale à l'organisation collective et à l'action des ouvriers, des agriculteurs, des petites et moyennes couches sociales des villes, de la jeunesse. L'assassinat de l'élève est la continuité de la violence et de l'autoritarisme policiers, qui s'est intensifié ces dernières années contre les ouvrières et ouvriers sur les lieux de travail avec des chantages et intimidations, contre les immigrés, victimes de l'exploitation et des guerres, contre les étudiants et élèves qui sont persécutés car ils revendiquent une éducation publique gratuite. C'est le même ventre du système qui crée les victimes de l'indifférence du patronat, les ouvrières et ouvriers morts sur le lieu du travail.
3.Énormes sont les responsabilités de tous les gouvernements du pays jusqu'à ce jour, de la Nouvelle Démocratie et du PASOK. Ils ont promulgué et appliqué les lois qu'eux-mêmes ont à tour de rôle voté au parlement. Les lois « anti-terroristes », le traité de Prüm (Schengen III), les lois pour l'usage des armes par les policiers qui facilite leur usage abusif, l'élargissement des pouvoirs des services secrets, la création de systèmes de surveillance, l'implication progressive des Forces Armées dans des questions d'ordre intérieur. La création d'un autre mécanisme, complémentaire de la police nationale au niveau municipal, l'élargissement de l'usage de chiens de police lors des apparitions publiques de la police nationale et lors des manifestations, l'élargissement du port d'arme des agences privées de sécurité et tant d'autres.
4.La violence aveugle des casseurs encagoulés dont nous devenons témoins surtout à travers des chaînes de télévision, tend d'être utilisée par l'état bourgeois, le gouvernement de la Nouvelle Démocratie, afin de bloquer la vague de contestation et intervention populaire qui se développe. La sauvegarde des luttes est l'affaire du mouvement populaire organisé et non pas de la police, des forces de répression. Avec la contribution du KKE et des forces de classe, les luttes, le mouvement peuvent être sauvegardées par eux-mêmes et faire face tant à l'état de répression qu'aux casseurs encagoulés qui sont les alliés et le bras droit de tous ceux qui veulent voir le peuple résilié et terrorisé. Leur noyau s'est formé au sein de l'état, de source interne et externe au pays, sous le PASOK et la Nouvelle Démocratie. Comme il s'agit souvent dans des cas similaires ceux-ci peuvent échapper également au contrôle des leurs inspirateurs d'origine.
5.Sont également responsables ceux qui donnent des «lettres d'expiation» à la violence aveugle des casseurs encagoulés, en essayant de les identifier avec des actions spontanées des élèves indignés. Ceux qui caressent les oreilles des casseurs comme le parti SYRIZA et un groupe d'alliés qui lui font la propagande via les médias, ont une responsabilité politique lourde. Objectivement, avec sa pratique le parti SYRIZA soutient contre le mouvement des formes d'action qui sont ouvertes et vulnérables à l'infiltration des mécanismes de répression d'état et d'autres services. La position de SYRIZA est un opportunisme politique. Il s'intéresse, uniquement pour des raisons électorales à flatter, sert de «paratonnerre» à toutes sortes de casseurs, en ciblant les urnes et les jeux de la formation d'un gouvernement après les élections. Avec sa pratique politique et tactique soutient contre le mouvement organisé des formes d'action ouvertes et vulnérables à l'infiltration des mécanismes bourgeois et de répression.
6.Le CC du KKE salue la réponse de dizaines de milliers de manifestants, travailleurs et jeunes à son invitation de participer à la manifestation qu'il a organisé en partenariat avec la Jeunesse Communiste de Grèce (KNE) hier, lundi 8 décembre. Il a été évident qu'il existe un plan d'implication du KKE dans une confrontation avec les casseurs d'un côté et les forces de répression de l'autre. Le KKE n'a pas été pris dans le piège, il a organisé un grand rassemblement et une manifestation dans les rues d'Athènes, ainsi que dans des dizaines de villes du pays qui ont été couronnés de succès avec un dynamisme inédit. Des manifestations qui sont arrivées à leur destination d'origine sans un seul blessé. Aujourd'hui, le besoin est pressant de faire entrer en action tous ceux qui jusqu'à ce jour n'avaient pas fait le pas ou ceux qui se sont démobilisés par le passé. Que le mouvement populaire organisé prenne l'affaire en mains avec comme départ les lieux de travail et de vie, avec des coordinations par secteur, par commune, par quartier. Dans le cas où les élus syndicaux, ne répondent pas ou vendent les luttes et bloquent les fermentations de lutte, les travailleurs doivent prendre eux-mêmes l'affaire en main, avec de processus de masse en formant des comités de lutte. Ils doivent se rassembler et coordonner leurs forces dans tout le pays avec des revendications économiques, sociales et politiques ainsi que contre les lois répressives.
Qu'une préparation complète se développe devant la probabilité d'élections anticipées, pour qu'un grand coup soit donné aux partis du bipartisme, que le KKE en sorte renforcé. Le KKE est le facteur décisif du développement de la lutte de classe, du Front sociopolitique, dans la lutte pour des acquis, dans la voie de la rupture et du renversement de situation. La Nouvelle Démocratie et le PASOK doivent recevoir une leçon significative aux prochaines élections. Le peuple doit condamner de façon décisive, affaiblir et tourner le dos au bipartisme ainsi qu'à leurs alliés. Tous ceux qui essaient de dégénérer le radicalisme pour préserver le pourri, injuste et corrompu système de répression et de violence. Le premier pas dans cette perspective est le renforcement et le rassemblement avec le KKE partout. Avec initiative et détermination, avec intensification de la vigilance et de la préparation, de façon bien plus créative, les communistes, les jeunes de la KNE doivent combiner l'information du peuple concernant les positions du KKE sur l'actualité avec la discussion interne devant le 18e Congrès du Parti, avec une bien plus grande contribution au développement des luttes du peuple et de la jeunesse.

- QUE LE PEUPLE ET LA JEUNESSE DONNENT MAINTENANT LEUR REPONSE AVEC LEUR LUTTE ET LEUR VOTE !
- LUTTE-ORGANISATION-VIGILANCE-PRÉPARATION
- AVEC LE KKE NOUS ORGANISONS LA CONTRE-ATTAQUE DU PEUPLE ET DE LA JEUNESSE POUR UNE GRANDE ALLIANCE POPULAIRE SEUL ESPOIR ET GARANTIE POUR UN VRAI POUVOIR POPULAIRE

Athènes, le 9 décembre 2008
Le bureau de presse du CC du KKE

mercredi 17 décembre 2008

déclaration de la gauche communiste

De : Gauche communiste du Pcf
,
Sujet : 34e congrès : une déclaration de la Gauche communiste


Le 34ème Congrès du PCF n’aura pas permis de réelle évolution du texte de la base commune. Les interventions dénotaient parfois d'une déconnexion complète avec les enjeux du moment. La crise du système capitaliste, les attaques contre les acquis sociaux, le démantèlement des services publics, le rôle destructeur de l’Union européenne, la situation internationale... autant de thèmes qui n’ont été traités que de manière superficielle, sans jamais déboucher sur des propositions d’actions ambitieuses.

Au dernier jour du congrès, malgré les discussions menées dans la « commission des candidatures », Marie Georges Buffet et l'équipe dirigeante du PCF ont refusé la constitution d’une liste commune, construite sur une base claire, pour la nouvelle direction du Parti. En rejetant les diverses sensibilités dans la dissidence, elle a voulu conduire la majorité des délégués à faire bloc et ainsi éliminer l’opposition dans le Conseil national du PCF.

Quatre listes ont donc été soumises au vote des délégués au congrès :
-la liste homogène de l'équipe sortante, où élus et permanents constituent l’écrasante majorité
-une liste conduite par Marie-Pierre Vieu regroupant des communistes « unitaires » et des « huistes », qui prônent le dépassement de la forme parti
-une liste conduite par Nicolas Marchand, qui contestait d’avoir été écarté avec d’autres membres de sa sensibilité, du Conseil national malgré leur soutien à la base commune et au texte final du congrès.
-une liste conduite par André Gérin à laquelle participait la Gauche communiste, issue des délégués au congrès signataires du texte 3 « Faire vivre et développer le PCF, une exigence de notre temps » qui avait recueilli 25% des suffrages des militants lors du choix de la base commune en octobre

Les résultats du vote des congressistes donnent :
-554 voix, soit 67,72 % et 178 élus à la liste conduite par Marie Georges Buffet
-134 voix, soit 16,38 % et 29 élus à la liste conduite par Marie-Pierre Vieu
-84 voix, soit 10,27 % et 18 élus à la liste conduite par André Gérin
-46 voix, soit 5,62 % et 10 élus à la liste conduite par Nicolas Marchand
Ce résultat est le fruit de l'épuration des délégations au congrès, qui n'étaient en rien fidèles au vote des adhérents.

Le nouveau Conseil national aura donc 235 membres. Les 40 % de militants qui s'étaient retrouvés sur des textes d'opposition à la direction sur une base marxiste (le texte 2 de la Riposte et le texte 3) seront représentés par 7,7 % des membres du CN. Curieuse conception de la démocratie et de « l'acceptation de la diversité » dans le Parti.

La Gauche communiste prend acte de l'attitude de la direction du Parti. Elle appelle à s'appuyer sur la masse des adhérents qui, quel qu'ait été leur vote, sont attachés à l'existence et au développement d'un Parti communiste révolutionnaire, visant la rupture avec le système capitaliste aujourd'hui en crise profonde. Elle appelle à ne pas quitter le PCF, à faire vivre la démocratie dans le parti, à développer l'information et l'action contre les effets de la crise dans les cellules et dans les section, et à mener une campagne offensive d'adhésions.

Ce que nous avons fait bouger depuis trois ans est le résultat du travail commun mené en commun avec les camarades des groupes, réseaux, sections et fédérations opposés à la politique menée par l'équipe dirigeante du PCF qui vient de s'auto-reconduire. La Gauche Communiste du PCF travaillera avec tous ceux et toutes celles qui veulent poursuivre cet effort , pour amplifier le travail commun qui seul peut donner une perspectives aux militants qui luttent au quotidien dans leur quartier et/ou leur entreprise.

mardi 16 décembre 2008

enfin une victoire

Pôle de Renaissance Communiste en France
Communiqué de la Commission luttes et syndicalisme

Une victoire qui en appelle d'autres

Darcos contraint de reporter sa contre-réforme du lycée par crainte du "tous ensemble et en même temps" des jeunes et des travailleurs. On peut battre Sarko-MEDEF et l'UE du capital ! Construisons ensemble un grand mouvement populaire pour l'emploi, les salaires, les acquis sociaux, les services publics, les libertés démocratiques...


Alors qu'il y a quelques semaines, Sarkozy pérorait sur le fait que « les grèves ne se voyaient plus en France », ce recul gouvernemental est à mettre sur le compte de la mobilisation persistante des personnels et surtout de la mobilisation grandissante des lycéens pour le retrait de la réforme. Il faut saluer chaleureusement la détermination d'une jeunesse qui, un an et demi après sa victoire contre le CPE, a obtenu un nouveau recul gouvernemental, tandis que les états-majors des organisations syndicales de l'Education Nationale ne sont pas parvenus à appeler à l'action avec les lycéens piteusement laissés seuls en première ligne face à gouvernement et à une majorité de proviseurs ultra-répressifs.

Toutefois, la vigilance ne doit pas faiblir. Non seulement la suppression de dizaines de milliers de postes d'enseignants et le reste du gigantesque plan de casse de l'Education Nationale, de la Maternelle et l'Université, sont toujours d'actualité mais la réforme du lycée n'est que reportée. Comme l'explique Fillon qui prend décidément les lycéens et les enseignants pour des imbéciles : « Il faut prendre le temps d'une information complémentaire, mais la réforme du lycée sera conduite ».

Néanmoins, cette première victoire constitue un formidable encouragement à tous les mouvements sociaux en cours.

Car ce qui a fait reculer le gouvernement est aussi le spectre de mai 1968 et la perspective de voir la mobilisation de la jeunesse se joindre à celle de l'ensemble du monde du travail (même s'il est vrai que le choix par les directions syndicales, sous la pression de la CFDT, du 29 janvier pour une grève interprofessionnelle retarde terriblement et, on peut de plus en plus se le demander, sciemment, au regard des nombreuses luttes de ce mois de décembre). Cette perspective qui effraie le pouvoir doit au contraire dynamiser tous les vrais progressistes qui veulent stopper la casse complète de la nation républicaine frappée dans toutes ses dimensions : emploi industriel, agriculture familiale, pêche artisanale, recherche scientifique, hôpitaux et Sécu, Education nationale et Université, Poste, SNCF, laïcité institutionnelle, indépendance nationale sacrifiée à l'Europe supranationale du traité de Lisbonne...

C'est pourquoi, alors que la colère monte des usines, des lycées et des services publics, la priorité est aujourd'hui d'enfoncer le clou face à un gouvernement et ses donneurs d'ordres qui étranglent la jeunesse comme l'ensemble du monde du travail en saccageant les services publics, l'emploi, les salaires, les système solidaires.... afin de subventionner toujours plus les profits des grands monopoles capitalistes et de faire payer la crise à ceux qui en sont déjà les victimes.

« Tous ensemble et en même temps » contre Sarkozy, le MEDEF et son Europe du Capital, nous serons assez forts pour imposer l'arrêt de la régression sociale sans limite et la satisfaction des aspirations populaires.
Le 16 décembre 2008

lundi 15 décembre 2008

POUR UNE ALTERNATIVE COMMUNISTE

Pôle position du PRCF
POUR UNE ALTERNATIVE COMMUNISTE QUI EN SOIT VRAIMENT UNE!

Dans un texte publié en plein congrès du PCF(voir ci après) A. Gerin s'indigne de ce que des délégués mutants aient pu l'accuser de ne pas être sorti "de la matrice bolchevique"...

Le PRCF quant à lui, se revendique du glorieux héritage du congrès de Tours et rappelle que le PCF s’y est crée en 1920 en adhérant aux conditions de l’internationale
Le camarade Gérin, qui n'a jamais répondu aux nombreux courriers unitaires que le PRCF lui a adressés, - y compris quand ils étaient co-signés de son ex-collègue parlementaire G. Hage-, est toujours sur sa stratégie de "redressement du PCF", malgré les 68% de voix obtenus par la motion néo-mutante de Buffet au congrès, et les 16,5 % de la liste droitière conduite par M-P. Vieu.
On lui souhaite bien du plaisir et on espère pour les travailleurs de France que le PCF sera "redressé" avant que la France républicaine et sociale, ses services publics, ses acquis sociaux et sa grande industrie n'aient totalement disparu, faute d'avoir pour les défendre un véritable parti communiste!
Notons cependant que le texte de A. Gérin (ci-joint) ne dit mot de la question clé du moment, celle de l'Europe: c'est d'autant plus stupéfiant que Sarkozy veut contraindre les Irlandais à re-voter sur l'Europe... ce qu'il interdit aux Français; c'est d'autant plus surprenant qu'une bonne partie de la jeunesse du sous-continent européen est en ébullition de la Grèce (où le PC et la JC, qui n'ont pas honte de la "matrice bolchevique", jouent un rôle pionnier) à l'Italie en passant par les lycéens français; c'est d'autant plus incompréhensible, qu'une majorité de communistes véritables, y compris sans doute parmi ceux qui ont soutenu le texte 3, rallie de plus en plus la revendication d'avant-garde portée par le PRCF depuis sa fondation: SORTIR la France de cette prison des peuples qu'est l'UE pour construire une nouvelle République sociale, souveraine et fraternelle en marche vers le socialisme... Là est le point décisif pour sortir le PCF de l'orbite de la social-eurocratie et de la domination du PS qui, il est vrai, tient dans ses mains la réélection de la plupart des élus du PCF...
Comment prétendre qu'on propose une alternative à la politique de MGB (à laquelle A. Gerin vient en vain de proposer ses bons services, si bien qu'une liste alternative apparemment unie sera proposée in extremis par les initiateurs du texte 3...) et, tout à la fois, refuser que les communistes membres et non membres du PCF se rencontrent pour organiser une intervention franchement communiste unie dans les luttes, pour donner un sens anticapitaliste, antifasciste et anti-Maastricht à l'affrontement de classe qui germe dans notre pays? Comment ignorer à ce point la question politique centrale de la rupture avec l'UE et du rétablissement de l'indépendance nationale en liaison avec la question du socialisme?
Cela signifie-t-il que les dirigeants de la liste alternative s'apprêtent à soutenir de manière "critique" la liste "euro constructive" préparée par Wurtz pour les élections européennes en lien avec une partie de la social-démocratie? Le PRCF pour sa part a choisi la clarté aux européennes: il appellera à l'abstention militante en lien avec les luttes, pour donner sens politique à l'EUROREJET de l'UE qui monte en France, où le lien entre l'UE, le système capitaliste et les contre-réformes sarkozystes est de mieux en mieux perçu par les secteurs en lutte.
En attendant, le PRCF qui continue de s'adresser à tous les communistes, y compris bien sûr à A. Gerin, marche sur ses deux jambes:
D'une part 10 camarades du PRCF, bien accueillis par certains délégués de base, ont diffusé à la porte du congrès du PCF l'/Appel aux continuateurs communistes/ signé par 400 communistes qui appelle à s'unir dans l'action et l'élaboration politique par-delà le piteux congrès du PCF (il est triste que le camarade Dang Tran soit ostensiblement passé devant nos camarades distributeurs sans les saluer ni daigner prendre un tract: d'autre part nos camarades, dont beaucoup ont été durement écartés ou exclus de fait du PCF pour leurs résistance à la "mutation", n'ont pas besoin d'être exclus une seconde fois par certains camarades se réclamant de l'opposition...).
D’autre part ,le congrès du PCF passera et décevra comme les précédents congrès de"mutation" et de "métamorphose" anti-léniniste.
La vraie vie est désormais ailleurs: dans l'unité d'action des communistes, dans les luttes populaires à la base, dans la construction du tous ensemble et de l'affrontement de classes qui vient, dans la défense du syndicalisme de classe, dans la présence prioritaire des communistes aux entreprises et devant les lycées en lutte, dans la mise en place d'un large Front Républicain, Antifasciste, Patriotique et Progressiste (FRAPP) qui sortira notre pays de la prison euro capitaliste et qui lui rouvrira la voie du progrès social, de l'indépendance et de la marche au socialisme libérateur.
Le PRCF 14 12 2008



pour information, la lettre d' André GERIN,Maire de Vénissieux, Député du Rhône

34ème congrès du Parti communiste français
Le 11 décembre 2008

On a enfin diagnostiqué ma maladie : je suis trépané de la « matrice bolchevique ». Je veux savoir quel traitement on me propose. Je ne suis pas rassuré parce qu'on m'a dit que je n'étais pas réformable ,que je suis figé, immobile et sectaire. En fin de compte, j'ai préféré changer de médecin et consulter les communistes de France pour soigner l'illusion plurielle, meurtrière, du gouvernement Jospin. On connaît la suite
Dans le prolongement du texte « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps », oui, les forces existent pour régénérer le PCF.
Une majorité de communistes s'est prononcée pour le maintien du PCF, lors de l'assemblée générale de décembre 2007 et pendant la préparation du congrès. Cette explication franche entre communistes a commencé. Personne ne pourra l'arrêter.
Cette majorité préfigure une unité nouvelle du parti. Unis, nous devons l'être pour rompre avec une stratégie de reniement. Unis, nous devons l'être pour en finir avec des orientations qui privilégient à tout prix les alliances gouvernementales et qui nous placent en toutes circonstances sous la dépendance du Parti socialiste. Unis, nous devons l'être pour réfléchir comment sortir du chemin mortifère de l'aménagement du capitalisme, pour imaginer des actions qui conduisent le peuple de France à transformer la société.
Le 34ème Congrès peut dire clairement non à une stratégie de dilution du PCF. Les communistes ne veulent pas que leur histoire se termine en tragédie. Au contraire, ils veulent vivre tous les rebondissements de la vie et voler de leurs propres ailes.
Ils ont eu l'avant goût de cette liberté : les résultats des élections municipales et cantonales de mars 2008. Presque 10 % à ces élections : ce sont les militants, leurs candidats locaux, les élus sortants qui les ont obtenus. Rappelons-nous, aussi, les résultats aux régionales de 2004 dans le Nord Pas-de-Calais, la Picardie et la région Centre. Les leçons sont toujours à tirer.
Si la majorité des communistes veut garder le PCF, c'est pour décider d’un projet et d’une stratégie communistes. Il y a les fondamentaux : l'exploitation de la force de travail – salaires, prix et profits –, les conflits de classe à l'échelle locale et à l'échelle mondiale, le « Capital » de Marx, qui n'a rien perdu de sa pertinence. Et il y a le bouillonnement des idées au sein du parti sur ce que peut et doit être le communisme au XXIème siècle, partant de l'expérience, de la culture et de l'imaginaire de chacun.
Retrouvons une cohérence dans notre expression publique sans perdre le fil de notre diversité. Cela permettra à des millions de salariés de trouver leur point d'accroche avec nous, de comprendre où nous voulons aller, de partager le sens de notre combat. Cela permettra aux dizaines de milliers de communistes adhérents ou sans carte de trouver, chacun, son point de ralliement.
Redonnons de la cohérence théorique à notre réflexion pour l’efficacité politique. Affirmons, le front haut, qu'il est possible, dans un pays capitaliste développé comme la France, de présenter le communisme comme une perspective pour sortir de la gangrène planétaire d’un capitalisme cynique et sans pitié, de l'impérialisme de la finance.
Nous voulons moins que jamais abandonner l’outil et renoncer au renforcement du PCF. Dénonçons une pédagogie du renoncement militant alors que nous avons des bases militantes originales sans équivalent, des milliers d’élus, des municipalités où des gens et des jeunes adhèrent à nos initiatives.
Le moment est venu de voir grand et d’oser, les yeux grand ouverts, l’engagement communiste. Le peuple de France n’a pas besoin d’alternance, mais d’une autre société, d’un autre modèle économique basé sur la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.
Mettons fin à une union exclusive, étriquée et désormais sans contenu de transformation avec le PS. Ne renouvelons pas la piètre expérience de la nébuleuse des collectifs antilibéraux en nous fourvoyant avec Mélenchon et son parti socialiste bis.
Ressourçons-nous avec gourmandise dans l'histoire glorieuse d’un PCF qui a su faire naître une passion française du communisme, en osmose avec le mouvement ouvrier, démocratique et social.
Nous pouvons affirmer plus que jamais que ce capitalisme qui porte le désastre relève de la préhistoire de l’humanité. Nous vivons une époque où les défis de la faim, de la misère, de la pauvreté portent l'exigence d’une nouvelle civilisation mondiale où la question du communisme et d’un nouvel internationalisme a toute sa place. Depuis la chute de l'URSS le monde a beaucoup changé ouvrant des perspectives nouvelles.
Des peuples résistent et explorent des voies originales d'alternative au capitalisme. Les valeurs et les idéaux du socialisme et du communisme sont renaissants .L’exploitation atteint une férocité inégalée qui plonge 90 % de l’humanité dans l’inégalité, tandis que les ogres de la finance cultivent leur miel profitant des guerres et des cataclysmes sur tous les continents.
Proposons aux Français une orientation claire et nette, une stratégie électorale cohérente et un PCF qui retrouve son autonomie et ses couleurs.
Reconstruisons le PCF, combatif, ouvert, rassembleur en nous adressant à tous les communistes quels que soient les choix passés ou les préférences personnelles.
Reconstruisons de manière féconde le PCF en retrouvant ses bases sociales ouvrières et populaires, en mettant au cœur la question de l'individu dans l'enjeu du collectif.
Un PCF de combat, de résistance, de riposte et d'espérance avec l'objectif central de rassembler sans a priori les victimes du capitalisme destructeur et de la grande bourgeoisie.
Ne laissons personne décider à notre place. Ni maîtres à penser ni prêt à porter, appelons les communistes à secouer le cocotier en coresponsabilité. Pour soigner notre maladie, nous avons le devoir, que ça nous plaise ou pas, de respecter la souveraineté des communistes

jeudi 11 décembre 2008

solidarité avec le peuple grec





/Enbros Lah ! Mi skivis to khphali !/
En avant, Peuple ! ne baisse pas la tête !
Solidarité avec la lutte du peuple grec !

Le PRCF exprime sa solidarité avec la lutte exemplaire du peuple Grec, de son syndicat de classe et de masse, le PAME, et de son Parti Communiste, le KKE.

Face à la crise du capitalisme mondial, face à la fascisation des régimes bourgeois dans toute l’UE, prison des peuples, face aux plans des gouvernements de droite ou de la fausse gauche qui font payer aux travailleurs, aux salariés, aux couches non monopolistes, la crise du grand capital, face à la destruction systématique des acquis sociaux du peuple au profit des milliardaires, face à la misère, face à la guerre, tous deux produits par le capitalisme et sa crise, face à la tentative continentale de criminaliser le communisme pour tenter de dédouaner les crimes bien réels du capitalisme,
Il est temps de passer à la contre-attaque !

Le peuple Grec nous montre le chemin: "Tous ensemble, en même temps ! »

Chez nous aussi toutes les conditions sont réunies pour que nous ripostions à plus de vingt ans d’agressions, de régressions, de répressions.

Ouvriers, employés, salariés, chômeurs, retraités, cadres, ingénieurs, chercheurs, artisans, petits entrepreneurs et petits commerçants, nous subissons le joug du grand capital qui insulte le travail par l’étalage de son luxe inouï à l’heure où l’avenir de nos enfants nous plonge dans l’angoisse. Un grand capital qui détruit méthodiquement la France comme il détruit la Grèce, en saccageant notre industrie, notre agriculture, notre pêche artisanale, notre recherche publique, nos hôpitaux, notre poste, nos transports publics, nos Universités et notre école laïque et jusqu'à notre langue abandonnée au "tout en anglais", sur l'autel de la "construction européenne", de l'allégeance à l'OTAN et de la course au profit financier maximal.
Assez !
Relevons la tête ! Livrons combat, unis et déterminés.

Organisons et regroupons les travailleurs pour la lutte de masse, en renouant avec *le syndicalisme de classe.*

On n'est sûr de perdre que les combats que l’on ne livre pas et il est temps d'engager la contre-attaque populaire contre un grand capital qui après nous avoir plongés dans la crise et le chômage, veut encore rafler l’argent public pour accroître ses profits. Un grand capital qui précarise la jeunesse et le monde du travail au profit d’une UE totalement inféodée aux impérialismes qui dominent la mondialisation capitaliste, les USA et la RFA.

*Assez !*
La lutte de masse contre le capitalisme et pour le socialisme revient à l’ordre du jour! Comme le peuple grec, inventeur de la démocratie, le peuple français et sa classe ouvrière sont les héritiers d'une riche tradition révolutionnaire; en 2005 ils ont dit non à la constitution européenne et en 2006, l'insurrection de la jeunesse a fait tomber le CPE en ébranlant le gouvernement Villepin.
Et aujourd'hui la colère monte des usines en voie de délocalisation, des lycées malmenés par Darcos et des services publics privatisés contre cette Europe et son agent élyséen, le fort peu républicain Sarkozy, destructeur des libertés démocratiques

Nationalisons et gérons démocratiquement les banques renflouées avec notre argent !

Nationalisons démocratiquement les groupes capitalistes qui licencient alors qu’ils font des milliards de profit et qu'ils continuent de verser des dividendes indécents à leurs gros actionnaires !

Nationalisons les grands moyens de production et d’échange pour qu’ils soient mis au service du peuple et non plus des dirigeants et des actionnaires ( le patron de Porsche gagne 22500 euros de l’heure !)

L’heure de la contre-attaque arrive, en France comme en Grèce,« Tous ensemble, en même temps!».
Le PRCF – 11 12 08

mardi 9 décembre 2008

lettre ouverte à tous les communistes

Le Pôle de Renaissance Communiste s'adresse aux communistes

Pôle de Renaissance Communiste en France



LETTRE OUVERTE à TOUS LES COMMUNISTES

QUI VEULENT un VRAI PARTI COMMUNISTE en France

Le 6 décembre 2008



Cher(e)s camarades,



Au moment où la crise ouverte du capitalisme mondialisé sème l'angoisse dans le monde du travail, où Sarkozy multiplie les actes fascisants contre le mouvement populaire, où l'U.E. affiche sa nature de dictature continentale du grand capital, où le PS étale son incapacité à porter une opposition crédible, où l'aspiration au tous ensemble en même temps grandit chez les salariés et les jeunes, le PCF muté étale son pourrissement profond, sa dérisoire lutte des places et son incapacité à porter une alternative à l'« union de la gauche » en faillite.

Les éléments les plus droitiers, Hue, Gayssot, Braouezec et Cie, abandonnent lâchement le navire qu'ils ont eux-mêmes sabordés en liquidant le marxisme-léninisme, en suivant pas à pas le PS (comme leurs prédécesseurs Juquin, Fiterman, etc.) et en participant au gouvernement Jospin, à la criminalisation du communisme, du marxisme-léninisme et de la glorieuse histoire du PCF.

D'autres figures de la « mutation », M. Cohen-Séat, Mme Borvo et Cie, appellent ouvertement le PCF à changer de nom.

L'inamovible éminence grise de la direction, M. Wurtz prépare son énième liste « euro-constructive » ouverte à des euro-fédéralistes de toujours. Son but avoué est de rabattre sur le mensonge de l'« Europe sociale » et de combattre, sous le drapeau bleu du « Parti de la Gauche européenne », les vrais communistes, les vrais républicains qui rejettent à 100% cette prison des peuples qu'est l'UE.

La bataille interne a montré une fronde certaine au sein du PCF (bien que mesquinement écarté de la préparation de ce texte, le PRCF a appelé à voter pour le texte présenté par les camarades de Vénissieux, de la Gauche com' et de Paris 15). Mais la direction du parti a obtenu que le 34ème congrès discute sur la base euroréformiste du CN sortant et chaque jour, MGB confirme que sa stratégie réelle est de retourner au gouvernement derrière le PS pour poursuivre la « construction européenne sur des bases progressistes » (sic). C'est lamentable alors que la nation républicaine est frappée au cœur sur tous les terrains : destruction de l'industrie, des nationalisations, des services publics et des acquis sociaux, de la laïcité républicaine, refoulement insidieux de la langue française (l'anglais devient la langue officieuse de l'entreprise, des médias et de l'université sur pression directe du patronat européen), casse des communes et des départements hérités de la Révolution française, casse du CNRS, de l'université et de l'Education nationale, des hôpitaux, EDF, SNCF, mise à mort des conquêtes du CNR, etc.

En outre, la stratégie d'une bonne partie de l'opposition interne au PCF devient illisible pour les communistes et pour les masses. Ainsi dans un courrier en date du 5 décembre 2008, André Gerin annonce que, sans consulter tous ceux qui ont voté pour le texte qu'il parrainait, il veut « prendre notre place à tous les niveaux de responsabilité », qu'il « n'exclut pas de partir sur la liste commune au congrès », qu'il veut « prendre la place qui nous revient à la direction du conseil national, au collège exécutif, au collectif d'animation », qu'il va proposer à M.-G. Buffet d'intégrer 40 noms à sa liste pour le futur CN, qu'il « ne souhaite pas une liste alternative » et, cerise sur le gâteau, qu'il demande à MGB de « rester » parce qu' « un bon tiens vaut mieux que deux tu l'auras ».

Nul doute que ce compromis de sommet Gerin-MGB va semer un grave trouble parmi ceux qui ont voté pour le texte III. Sur quel contenu politique ce compromis ? Poursuivre la criminalisation de Lénine ? Continuer de taper sur les « atteintes aux libertés » à Cuba (sic) ? Soutenir la liste fourre-tout préparée par Wurtz pour renflouer la construction européenne ? On n'en sait rien car ce texte d'A. Gerin ne parle presque que de ses alliances de sommet et presque pas des aspirations des communistes et des travailleurs.

Et pendant ce temps, Sarko-MEDEF explose la France ! Pendant ce temps, les eurotrotskistes du NPA minent le terrain de la future renaissance du vrai Parti communiste. Pendant ce temps, les usines ferment, l'Education nationale se meurt, les lois liberticides pleuvent, le pouvoir d'achat des masses est laminé ; des millions d'enfants d'ouvriers n'auront rien à Noël alors que les PDG raflent l'argent public !

C'est pourquoi nous interpellons A. Gerin en prenant à témoin les communistes qui veulent un vrai « tournant », non seulement dans les contenus mais dans les comportements politiques: pourquoi, camarade Gerin, toi qui te réclames de l'opposition de gauche, préfères-tu pactiser avec une ex-ministre de Jospin (MGB est restée au gouvernement quand Jospin faisait bombarder Belgrade, quand il rétablissait le travail de nuit des ouvrières, quand il instaurait le désastreux euro ou quand il privatisait à tour de bras ? « Un bon tiens vaut mieux que deux tu l'auras », camarade André ?) plutôt que d'agir avec nous, communistes incontestables du PRCF, qui avons combattu la mutation-suicide depuis le début, qui sommes toujours restés du bon côté de la barricade sociale? Est-ce que nos camarades PRCF Georges Hage, seul député à avoir voté contre l'élargissement européen et contre la participation gouvernementale en 96, est-ce que nos amis Léon Landini, Pierre Pranchère, Arsène Tchakarian, Jeanne Collette, tous anciens FTP qui sont entrés en communisme en s'engageant dans la lutte armée antifasciste, seraient à tes yeux de moins bons communistes que MGB ? Comment tes camarades et toi-même pouvez-vous justifier une seconde de telles exclusives et de tels choix de classe tout en prétendant, dans la lettre du 5 décembre que tu veux « l'union des communistes dans l'action » ?

Pour autant le PRCF ne fait la leçon à personne. Mais il invite tous ceux qui, dans le PCF, veulent créer une véritable alternative communiste à la direction faillie à se rencontrer d'urgence pour

1-Discutons de la mise en place d'une structure souple d'action commune sur des bases clairement anti-UE, anticapitalistes, antifascistes, anti-impérialistes, pour intervenir en commun et indépendamment de TOUS les dirigeants mutants, dans les grands affrontements de classes qui montent dans le pays, appeler à rompre avec l'UE du capital, rétablir l'indépendance nationale de la France, reprendre la lutte contre le capitalisme et pour le socialisme ; ce serait la meilleure AIDE au mouvement populaire désorienté par les pratiques de collaboration de classes des états-majors syndicaux vendus à la CES.

2- Face à l'entreprise de l'UE visant à criminaliser l'URSS et l'histoire des communistes pour mieux réhabiliter le fascisme (cf. la récente réunion de l'UE organisée par Hortefeux à VICHY sur le thème de... l'immigration !), programmons ensemble une grand meeting public sur le thème « face à la crise capitaliste, l'avenir est plus que jamais au socialisme et au communisme pour la France et pour toute l'humanité ». Tout cela, répétons-le, en toute indépendance envers l'ensemble des dirigeants faillis (mutants, refondateurs, semi-mutants, etc.) du PCF qui entraîne les communistes, la classe ouvrière et les républicains vers une défaite et un suicide historique alors qu'une contre-attaque progressiste de masse est à notre portée face aux néo-vichystes qui déshonorent la République française.

Le PRCF, qui vient fraternellement de manifester dans le Pas-de-Calais aux côtés des communistes de la Fédé 62 contre la casse industrielle, qui s'investit à 100% pour le syndicalisme de classe, qui privilégie le contact permanent avec les salariés à la porte des taules et qui crée actuellement plusieurs cellules d'entreprises, poursuit et poursuivra son combat salutaires 100% indépendant de l'appareil muté de l'actuel PCF asservi au PS et à l'Europe supranationale. Il tend une main fraternelle à tous ceux qui, dans le PCF ou à l'extérieur, refusent les rabibochages d'appareil et veulent privilégier la raison d'être des communistes : le combat de classe pour une société sans classes où le bonheur des individus sera le but de toute la société.

Aux communistes de faire en sorte que notre main tendue pour l'unité DANS L'ACTION de tous les vrais communistes ne soit pas de nouveau ignorée avec mépris et qu'une table ronde de tous les vrais communistes « du dedans » et « du dehors » soit rapidement organisée.

Et rappelons-nous tous la mise en garde que Brecht adressait à tous les attentistes : «si tu ne partages pas le combat, tu partageras la défaite ».





Pour le PRCF,



G. Hage, président d'honneur du PRCF, député honoraire, L. Landini, président du PRCF, adhérent au PCF en 1942 J.-P. Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance, P. Pranchère, FTP dans les Maquis de Corrèze à 15 ans, a. m. du CC du PCF, G. Gastaud, philosophe, secrétaire national du PRCF, a. sec. de la section de Lens du PCF, Annie Lacroix-Riz, historienne, V. Flament, rédacteur en chef d'Initiative communiste, J. Coignard, a. secrétaire fédéral du PCF 22, J.-F. Maison, A. Manessis, T. Remmery et N. Aunis, secrétaires des JRCF, Jany Sanfelieu, E. de Angelis, décoré du Vietnam socialiste, D. Antonini, a. responsable de la FMJD pour le MJCF, B. Parquet, a. responsable de l'école centrale du PCF, B. Guillaumin, Madeleine Dupont, a. élue PCF (62), B. Colovray, ouvrier du livre en lutte.

lundi 8 décembre 2008

encore B THIBAULT!!! par J levy

Lundi 8 décembre 2008
"C'est pas à l'Elysée, c'est pas dans les salons..."

Le secrétaire-Général de la CGT était l'hôte, ce matin, de France Inter. Face à la crise économique et sociale, qui ravage notre pays, il est intéressant d'apprécier l'analyse qu'en fait Bernard Thibault et de connaître la riposte qu'il préconise.
En réalité, le dirigeant syndical n'a fait le procès que des comportements individuels des chefs d'entreprise, et s'est limité à la critique de l'attitude du pouvoir, vis-à-vis de ceux-ci.
A aucun moment, le numéro 1 de la CGT n'a mis en cause le capitalisme, en tant que système, qui, par sa nature, est à l'origine des crises. Pas une fois, Bernard Thibault n'a pris à partie le président de la République comme expression politique du Capital. Jamais le secrétaire de la CGT ne s'est situé dans le cadre de la lutte de classes que se livrent patronat et salariat.
Le responsable syndical a rappelé que la CGT exigeait "un droit suspensif" pour les salariés, vis-à-vis de mesures de fermeture ou de restructuration de leur entreprise, en amont, c'est-à-dire avant que les décisions ne soient prises. Voulant justifier sa proposition, il dit avoir constaté que "les entreprises ne sont pas toutes, et de loin, dans une situation financière qui nécessiterait ces restructurations".
Dans le cas contraire, faut-il en conclure que celles-ci sont légitimes ?
Cette argumentation fait écho à l'idée des "patrons voyous", opposés aux chefs d'entreprises qui "jouent le jeu".
Nous sommes bien éloignés de la perspective d'affrontement de deux classes antagonistes.
Certes, Bernard Thibault a dénoncé les effets désastreux de la crise sur les salariés, de même que la politique gouvernementale qui aggrave les conditions de vie des masses populaires.
"Il ne faut pas tarder à réagir, le patronat en profite !", a poursuivi le secrétaire de la CGT. se référant aux manifestations du 7 octobre dernier, à l'appel de la CES "pour un travail décent"(?). Et de rappeler la volonté de la CGT d'opérer "une vaste mobilisation" que les centrales syndicales ont prévue ... début 2009...
Ainsi, trois mois se seront passés sans mot d'ordre confédéral de lutte (si on considère que celui du 7 octobre en est un !).
Après janvier, faudra-t-il attendre Pâques ou la Trinité ?
Et pendant ce temps-là, le chômage total et "technique", progresse à pas de géants. Des millions de familles ne peuvent plus "joindre les deux bouts", plus de 100.000 êtres humains sont contraints de vivre dans la rue, le repos dominical est menacé, la retraite repoussée à soixante-dix ans, les services publics, la poste, les écoles, les hôpitaux sont démantelés et la répression pointe son son bras armé.
Heureusement, les travailleurs n'attendent pas pour exprimer leur colère et leur volonté de mettre en échec leurs patrons.
La grève des salariés de Douai et de son usine Renault, celle de maintes entreprises dans l'hexagone, sont autant d'exemples de la combativité ouvrière sur le terrain.
Et pour reprendre un mot d'ordre qui courait dans les manifestations populaires d'antan :
"C'est pas à l'Elysée, c'est pas dans les salons,
"C'est dans l'action qu'on obtiendra satisfaction !"

Lettre ouverte aux etats majors syndicaux

Déclaration des militants syndicaux initiateurs
de la « Lettre ouverte aux états majors syndicaux »
(signée par 4000 militants et dont la diffusion se poursuit)

Unir les luttes contre le gouvernement, le Medef et l'UE du capital

Les élections prudhomales qui viennent de se tenir constituent un sérieux avertissement à l'ensemble des confédérations syndicales. Le premier enseignement de ce scrutin est en effet le niveau très important de l'abstention (75 %) qui se traduit, si l'on y ajoute les votes blancs ou nuls, par des votes exprimés qui représentent à peine 20 % du corps électoral, alors que les confédérations avaient fait de ces élections leur objectif central du deuxième semestre 2008. Certes, le patronat et le gouvernement n'ont rien fait pour favoriser l'expression des salariés (cela n'étonne personne) mais c'était déjà le cas en 1979 et la participation s'élevait alors à 65 % (et 42 % des voix pour la CGT). Cette abstention massive, lourde de conséquences pour le syndicalisme, traduit en grande partie le désenchantement des salariés vis-à-vis de confédérations qui ne semblent plus en mesure d'assurer la défense des salariés après un quart de siècle de régression sociale euro-formatée, accélérée brutalement par Sarkozy. S'ils ne parviennent à redonner confiance en eux en redressant leur pratique sur la conduite des luttes, la rupture risque de devenir définitive entre les états-majors syndicaux et l'ensemble du monde du travail, syndiqué et non-syndiqué.
Parallèlement, les salariés ayant voté ont lourdement sanctionné les syndicats les plus marqués dans la collaboration active avec le pouvoir et ont marqué leur volonté de soutenir les organisations les plus ancrées dans la lutte. La CGT a en particulier profité de l'engagement très fort de ses militants à la base qui font tant pour les travailleurs et leurs luttes : c'est là où les syndicats de base impulsent la résistance des travailleurs que la CGT progresse le plus et que la participation est importante.

Ce constat corrobore ce que nous pouvons observer concernant le développement des luttes dans le pays contre les ravages occasionnés par la casse anti-sociale et anti-démocratique imposée par un gouvernement et une UE aux ordres des grands groupes capitalistes : mort programmée du code du travail, travail le dimanche, retraite à 70 ans, licenciements massifs et délocalisations, casse des services publics et des systèmes solidaires (retraites, sécu), baisse des salaires,... alors que le pouvoir fait payer SA crise aux travailleurs et se sert de celle-ci pour accélérer le subventionnement des grands entreprises privées à coups de centaines de milliards d'euros.

Dans l'Education Nationale, la gravité de l'attaque du gouvernement appliquant la stratégie européenne de Lisbonne (suppressions à répétition de dizaines de milliers d'emplois et réformes de la Maternelle à l'Université qui sont en train de casser l'Ecole publique et d'interdire l'accès à une éducation de qualité pour les classes populaires) explique qu'après le grand succès de la grève du 20 novembre, les actions continuent de se développer au niveau local, alors même que les états-majors syndicaux ont décidé de renvoyer au mois de janvier un « éventuel » appel à la grève : blocages et manifestations de lycéens dans de nombreuses villes, grèves locales reconductibles, occupation des établissements scolaires avec le soutien des parents, grève des IUT, AG dans les universités... le tout dans le silence organisé par les médias aux ordres.

Le même silence prévaut d'ailleurs concernant les mobilisations qui se développent dans le secteur automobile dont les grands actionnaires, qui ont accumulé des bénéfices par milliards ces dernières années, profitent de la crise pour sacrifier les travailleurs de France avec le soutien du gouvernement. Chez Renault, Peugeot, Ford, Goodyear ou Michelin, chez les sous-traitants et les équipementiers, le chômage technique, les congés forcés, les suppressions d'emplois et les délocalisations sont à l'ordre du jour contre lesquels les grèves et les manifestations se multiplient.
Enfin, comment ne pas évoquer les luttes en cours à Météofrance, l’ANPE, l’ONF, l’hôpital, la Poste, Air France, la SNCF, la défense des retraites ou de la sécu, les sans-papiers,… Ou même celles de nombreux secteurs non-salariés comme les pêcheurs ou les petits exploitants agricoles ?

C’est bien dans tout le pays et dans toutes les couches populaires que montent les résistances et les actions contre la régression sociale sans limite, mais de manière encore dispersée, par corporations ou par branches même si la base en appelle désormais ouvertement à la convergence des luttes. Début décembre, l'intersyndicale de Météo-France, mandatée par des AG massives, écrivait par exemple aux directions confédérales : « Nous sommes d’autre part convaincus que les journées d’action isolées ne peuvent être réellement utiles et positives que si elles offrent en perspective un mouvement unitaire et reconductible. Cela nous semble être l’attente majeure de nombreux secteurs, et considérons qu’il est de votre responsabilité en tant que structures nationales de travailler à cette dynamique commune. » De même, les luttes à la base cherchent à contourner l’inertie des structures nationales en développant des « tous ensemble » locaux entre salariés du public et salariés du privé. C’est ainsi que des manifestations interpro ont été organisées avec succès ces dernières semaines à Strasbourg ou au Havre, ou sont en préparation à Douai le 18 décembre et à Bordeaux le 20.

Or, quand les luttes se développent, les confédérations ont le devoir d'organiser au niveau national ce que les syndicats parviennent à organiser à la base. C’est ce qu'enseigne tout l'héritage du mouvement ouvrier et syndical, tout l'héritage du syndicalisme de classe qui a permis, de 1936 à 1968, de construire des rapports de force globaux et d'arracher les acquis sociaux du peuple de France. C'est ce que Benoit Frachon expliquait de façon si claire : « le syndicat doit organiser et diriger la lutte de millions de prolétaires qui comptent sur lui.».

Le problème est que ces enseignements du syndicalisme de classe sont aujourd’hui reniés par des directions regroupées au sein de la Confédération Européenne des Syndicats qui, intégrée aux institutions officielles de l’UE, est chargée d’accompagner la construction européenne capitaliste. Sous cette tutelle, les états-majors syndicaux ont adopté une stratégie de collaboration entre « partenaires sociaux » et s’opposent à toute construction d’un rapport de force contre la régression sociale. Elles commencent même dans certains cas à attaquer à leurs propres organisations qui résistent à cette dérive comme c’est le cas de l’UL CGT de Douai ou de nombreux syndicats d’entreprises.

Néanmoins, la pression est aujourd'hui telle que les directions confédérales ont été contraintes d’annoncer une « mobilisation » pour le mois de janvier. Les expériences passées incitent à ne pas se faire d’illusions quant à leur volonté d’engager la lutte ou de défendre les revendications qui montent du terrain, alors qu’il s’agit avant tout pour elles de donner des gages à une base combative qu’il serait suicidaire de se mettre définitivement à dos.

Mais il est indispensable dans ce contexte d'amplifier la bataille pour le tous ensemble afin d’arracher dans un premier temps un appel à la grève interprofessionnelle permettant d’approfondir les convergences et de préparer la suite en posant clairement la question de la reconductibilité.

Pour cela, il faut défendre les principes gagnants du syndicalisme de classe et rappeler notamment que l’unité dont les travailleurs ont besoin n’a rien à voir avec le « syndicalisme rassemblé » au sommet qui met toujours le mouvement populaire à la remorque des organisations syndicales les plus jaunissantes (et en particulier de la CFDT dont le principal dirigeant répète à qui veut l’entendre qu’il est contre la globalisation des luttes). La véritable unité qui permet de gagner, c’est celle des travailleurs sur la base de leurs revendications et pour l’action. C’est pourquoi, alors que tous les salariés sont menacés par une même politique appliquée par un même gouvernement, les travailleurs du public doivent massivement soutenir les actions des salariés du privé menacés de licenciements et à l'inverse, ceux du privé doivent refuser le discours de Sarkozy qui présente le démantèlement des services publics comme une nécessité pour "sauver" les emplois du privé.

A partir de revendications unificatrices portées par les luttes en cours (augmentation des salaires, arrêt des suppressions d’emplois et des délocalisations, défense des services publics, de la Sécu et des retraites, défense de l’Ecole et de l'université en liaison avec la jeunesse, nationalisation des grandes entreprises…), nous appelons à renforcer les liens pour la défense du syndicalisme de classe et le développement d'un Front Syndical de Classe et à multiplier les contacts dans les communes et les départements entre travailleurs, jeunes, militants, syndicats de base pour construire le « tous ensemble en même temps » seul capable d’arrêter Sarkozy, le MEDEF et leur Europe du Capital et d’imposer la satisfaction des aspirations populaires. Avec, sans ou contre les directions syndicales.

Le 7 décembre 2008

Les nations dans le mouvement de l'hitoire par Michel Peyret.

LES NATIONS DANS LE MOUVEMENT DE L'HISTOIRE .





Effectivement , ces citations sont intéressantes .( 1 )

Cependant , à mon avis , le plus important de Marx , en relation avec notre sujet , n'est pas là . Pour aborder ce sujet , comme d'autres d'ailleurs , il me semble qu'il faut repartir du fond de la démarche de Marx , l'étude du mode de production et ce qui le met en mouvement , les rapports de production qui déterminent les rapports sociaux...et finalement la vie d'une société , d'un peuple d'une nation , avec au centre le travail...

C'est cela le fond , et ce fond est toujours en mouvement , voir la dialectique , et comment elle disait dès l'Antiquité , avec Héraclite , que l'on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve . L'ensemble de ce que l'on appelait les infrastructures et les superstructures , et leurs relations , non point mécaniques mais dialectiques aussi , est toujours en mouvement , et dans ce mouvement il y a le rôle des hommes , dont les rapports se nouent autour du travail , des hommes donc qui sont entre-eux dans certains rapports , entre autres des rapports de classes , rapports et confrontations qui en découlent qui prennent la forme d'idées , d'affrontement d'idées , idées qui évidemment jouent aussi leur rôle .

C'est une société donnée , à un moment déterminé de son évolution , qui élabore ainsi à la fois sa conscience et ses idéologies , qui sont donc multiples .

C'est pourquoi d'ailleurs , la conscience réelle des problèmes qui se posent à cette société et leur mode de résolution ne peuvent être apportés de l'extérieur de cette société , ni venir d'une autre époque , nécessairement différente . Ceux qui , tout en se voulant révolutionnaires , vont chercher dans le passé leurs références , ne peuvent être que des idéalistes philosophiques , et des réactionnaires politiques !

Ces considérations déterminent le rôle de la formation/organisation révolutionnaire ( les partis n'ont pas toujours existé et n'existeront pas toujours) qui doit émaner des masses , aujourd'hui disons le peuple et en son sein notamment les salariés qui en sont la composante principale et peuvent tisser des rapports de rassemblement contre la politique des grands groupes tels qu'ils sont tels qu'ils sont aujourd'hui et tels qu'ils ont modelé les institutions dans le cadre de la mondialisation : Etats , groupes d'Etats , OMC , Banque mondiale , FMI , ONU...

Les nations , les systèmes économiques et d'échanges , les marchés financiers , les systèmes politiques (il n'y a pas partout de partis ) , institutionnels , constitutionnels...sont toujours en mouvement , et c'est pourquoi , en chaque pays , à chaque moment , il convient de procéder à l'étude concrète des situations concrètes , selon la formule de Lénine .

Dans le mouvement du capital , le rôle et l'importance des nations se modifient également . L'essentiel des grands groupes ont toujours leurs bases principales dans un pays , une nation . Mais le lieu de leur action , c'est depuis longtemps le monde , la mondialisation que nous connaissons n'est pas la première (voir Suzanne Berger à ce propos ) . Il y a eu celle de la caravane , puis celle de la caravelle...les colonisations ( l'Algérie , c'est la France , la nation avait drôlement changé et la France impérialiste , qui n'était plus celle de la révolution , ni celle du droit napoléonien , ni encore celle d'aujourd'hui , bref une nation en mouvement dans un monde en mouvement .

Personne ne peut ignorer ces évolutions , évolutions qui résultent de celles du mode de production .

Certains en profitent pour dire que les nations sont dépassées et pensent que l'avenir est dans la construction de nouveaux Etats , Etats régionaux notamment , peut-être début de nations .

Mais il apparaît qu'ils vont trop vite en besogne et prennent leurs désirs pour des réalités .

Dans une nation , i n'y a pas seulement , comme je l'ai dit plus haut , seulement des moyens de production qui évoluent , aujourd'hui informatique et automatisation qui révolutionnent le travail comme l'a fait autrefois la révolution industrielle , le travail étant toutefois toujours le seul à produire de la valeur , même si la forme du travail se modifie singulièrement , il y a aussi les consciences , les idéologies , donc les cultures et les identités qui évoluent aussi , mais à un tout autre rythme , davantage dans le temps long cher à Braudel qu'il vaut mieux avoir lu , en complément de Marx .

Dans ce contexte les peuples ont leur mot à dire , eux qui font l'histoire , et les peuples sont contre cette construction d'un Etat européen , dont ils voient bien qu'il serait avant tout un nouvel instrument du capital qui les déposséderait davantage encore de leur souveraineté que ne le fait l'Etat national plus proche et beaucoup plus sensible aux rapports de forces .

Aussi , c'est quasiment à l'unanimité qu'ils ont dit NON à ces évolutions , donc pas seulement les trois peuples qui ont eu à se prononcer par référendum . Notons quand même que ceux-là se sont prononcés contre l'ensemble des traités constitutifs de la construction d'un Etat européen auxquels faisait référence le TCE qui venait couronner la démarche étatique , qu'il convient en conséquence de rappeler ce verdict à ceux qui ont tendance à l'oublier et qui se comportent comme voulant continuer à violer le peuple français . Difficile en tout cas de ne pas parler de crise de cette construction et d'en faire prendre conscience ceux qui veulent en apparaître à tout prix comme les sauveteurs !

En fait , la condamnation quasi-unanime a été prononcée lors des élections du Parlement européen en 2004 : dans la quasi-totalité des pays européens l'abstention a été majoritaire , de 57% en France ou en Allemagne , à plus de 80% dans certains pays de l'Est de l'Europe . Comme l'on dit , les peuples ont voté avec les pieds !

Mais cette crise-là , qui affecte les nations , en conséquence la nation française également n'est qu'un aspect de la crise générale du capitalisme qui s'affirme aujourd'hui .

Et cette crise n'est pas seulement économique et financière , elle englobe la totalité des composantes diverses de la vie de nos sociétés , c'est aussi une crise énergétique résultant du "productivisme capitaliste" , une crise environnementale qui en résulte également , une crise alimentaire , des crises de la politique et des partis politiques , des crises institutionnelles et constitutionnelles , des crises de la "démocratie représentative" , et leurs manifestations dans tous les aspects de la vie , le logement , l'école , la santé , les transports , l'aménagement du territoire...

Cette crise du capitalisme appelle un changement de société , sinon de civilisation , l'enclenchement de processus qui y conduisent . Bien évidemment , chaque peuple ira à son pas , sera chez lui souverain . Et sans doute chaque peuple trouvera les formes qui lui conviendront .

Les peuples cependant se heurtent partout aux mêmes ennemis principaux qui conjuguent leurs dominations , les Etats pour l'essentiel au service de la classe dominante , et la propriété privée des moyens de production d'échanges , établissements financiers...

Marx a été clair pour dire ce à quoi il convenait de procéder pour changer de société , donner le pouvoir aux travailleurs : d'une part , briser l'Etat , engager un processus de dépérissement de cet Etat vers des formes d'auto-administration de la société , et d'autre part exproprier les expropriateurs , procéder à l'appropriation sociale des grands moyens de production , d'échanges... , considérant que cela devait se faire , non pas globalement , à l'échelle de toute l'humanité , mais selon les décisions de chaque peuple . Je le dis avec force : cela n'a jamais été fait nulle part !

A mon avis encore , comme ce sont les peuples qui doivent écrire ces nouvelles pages, je pense que c'est à eux de déterminer les formes et les étapes de ces changements dont le processus est le processus révolutionnaire , le parti ou l'organisation révolutionnaire devant les aider à trouver ce qui existe déjà dans la société et qu'il convient de généraliser

Toute autre ambition de l'organisation révolutionnaire pourrait avoir à nouveau des conséquences dramatiques .




Union Rationaliste

( 1)LE MARXISME ET LA NATION

Une conférence de la section de Loire-Atlantique




Introduction à la conférence du 16 décembre 1997

Cette conférence était prévue sur le marxisme et non pas sur la nation en général; par contre, dérive courante, la question était également centrée sur le marxisme et la nation et non sur le thème souvent débattu du marxisme et de l'Etat.




Ceci dit, cette restriction qui peut sembler forte de prime abord laissait néanmoins un espace considérable hors de portée d'un exposé d'une heure et d'un débat de même durée; il importait donc de poser des limites supplémentaires. Elles ont été choisies en se centrant dans une première partie, sur la doctrine de Marx et d'Engels, celle que l'on peut caractériser de " marxienne ", puis sur celle des bolcheviks, et principalement Lénine et Staline.




Les thèmes périphériques ( et néanmoins passionnants et colossaux ) que sont ceux des débats des marxistes austro-hongrois autour de "l'autonomie nationale culturelle" ( Kautsky, Otto Bauer, etc.; débats qui peuvent paraître resurgir à travers le "multiculturalisme" d'aujourd'hui ) ou ceux relatifs à la "question juive" à travers les combats menés par le Bund ( qui à lui seul mériterait un exposé ) n'ont été abordés, en marge du fil directeur, qu'en fonction du strict nécessaire. De même, Trotsky, qui n'a pas apporté d'élément décisif sur cette question par rapport à Lénine, n'a pas non plus été abordé spécifiquement (quoique la question relative au "parti noir" aux Etats Unis est toujours d'actualité mais aurait nécessité pour l'aborder un exposé beaucoup plus long).




Pour se prémunir d'un autre piège courant de telles problématiques, il convient également de préciser que l'objet de cet exposé-débat n'était pas de donner des " bons " ou " mauvais " points de " marxisme ", comme si les textes de Marx ou de quiconque étaient la " vérité révélée " dont la moindre déviance constatée, et voire même supposée, engendrerait un procès en " hérésie " mais d'essayer de comprendre ce que disent ces textes, où peuvent être situées les différences entre les uns et les autres et interpeller sur les raisons qui ont pu amener à concevoir pour ceux qui les ont développées la nécessité de ce développement.




Après avoir posé les limites à notre exploration du "marxisme" il restait, pour coller au "standard" de nos exposés, à définir ce que nous entendons par "nation", la méthode usuelle que nous empruntons étant celle des références de dictionnaires. Pour la forme, j'y ai sacrifié en donnant la définition du Dictionnaire de l'Académie de 1694 : "Une nation est constituée par tous les habitants d'un même pays, qui vivent sous les mêmes lois et usent d'un même langage". Néanmoins, une caractéristique que nous allons aborder en pénétrant notre sujet c'est que, justement, ni Marx ni Engels n'ont jamais ressenti la nécessité de sacrifier à un effort de définition du concept de "nation" et l'un des enjeux de notre réflexion sera de comprendre "pourquoi"


La doctrine de MARX et ENGELS




Il n'y a aucun texte consacré explicitement à la "question nationale" dans les œuvres de Marx et Engels; par contre, sur près de cinquante ans, la question nationale est abordée régulièrement dans les écrits politiques, principalement à travers les articles publiés dans les journaux, et ce avec une remarquable constance dans la façon de l'aborder, mais, il convient tout d'abord de distinguer l'usage du mot "nation" de celui du mot "nationalité". Tant chez Marx que chez Engels, autant il y a une "question nationale", autant il n'y a pas de "question des nationalités" :




" La nationalité du travailleur n'est pas française, anglaise, allemande, elle est le travail, le libre esclavage, le trafic de soi-même. Son gouvernement n'est pas français, anglais, allemand, c'est le capital. L'air qu'il respire chez lui n'est pas l'air français, anglais, allemand, c'est l'air des usines. Le sol qui lui appartient n'est pas le sol français, anglais, allemand, c'est quelques pieds sous la terre "[1]




" Les prolétaires ont en face d'eux dans tous les pays les mêmes intérêts, un seul et même ennemi, un seul et même combat; les prolétaires sont déjà, dans leur grande masse, exempts par nature de préjugés nationaux; toute leur culture et tout leur mouvement sont essentiellement humanitaires, antinationaux." [2]

" On a reproché aux communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les travailleurs n'ont pas de patrie. On ne peut leur prendre ce qu'ils n'ont pas. Le prolétariat doit tout d'abord s'emparer du pouvoir politique, s'ériger en classe nationale, se constituer lui-même comme nation.(...). Les particularités et antagonismes nationaux des peuples s'effacent de plus en plus en même temps que se développent la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l'uniformité de la production industrielle et les conditions de vie qui en résultent. Le prolétariat au pouvoir les fera disparaître plus radicalement encore " [3]




Néanmoins, ce serait commettre un grossier contresens d'en déduire que Marx et Engels seraient, sur le plan politique, partisans d'un quelconque "mondialisme". Le concept de "nation" a un sens pour Marx et Engels : c'est une catégorie historique et Maxime RODINSON avait bien raison de dire que, pour eux, la nation est " une formation historique contingente qui aurait très bien pu être différente de ce qu'elle est ". Peu importe en l'occurrence les chemins "sociologiques" ou "politiques" que la "nation" a emprunté pour se forger, ce qui importe c'est la fonction qu'elle remplit et pour laquelle il était nécessaire qu'elle se développe.




" La bourgeoisie supprime de plus en plus l'éparpillement des moyens de production, de la propriété et de la population. Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La concentration politique en a été la conséquence fatale. Des provinces indépendantes ou à peine fédérées, ayant des intérêts, des lois, des gouvernements, des tarifs douaniers différents, ont été rassemblées, pêle-mêle, et fondues en une seule nation, avec un seul intérêt national de classe, derrière un seul cordon douanier. " [4]

" Dans toutes les langues modernes complètement formées, plusieurs raisons ont fait perdre au langage son caractère naturel : (...) la fusion des dialectes au sein d'une nation aboutissant à une langue nationale, par suite de la concentration économique et politique. " [5]




" Dans aucun pays le règne de la bourgeoisie n'est possible sans l'indépendance nationale. La révolution de 1848 devait donc entraîner l'unité et l'autonomie des nations, qui jusqu'alors en étaient privées : l'Italie, l'Allemagne, la Hongrie. La Pologne verra venir son tour." [6]

La constitution de la "nation" est donc une dimension politique nécessaire de l'érection de la bourgeoisie en classe dominante, une conquête révolutionnaire, délimitant l'espace de l'indépendance politique, des libertés démocratiques, de la liberté d'entreprendre et de commercer : le processus d'émergence de la nation, est, pour paraphraser Le Manifeste, le processus de constitution de la bourgeoisie en "classe nationale", véritable responsabilité historique, progressiste au sens du progrès de la civilisation toute entière, de la bourgeoisie dans la phase ascendante du capitalisme :




" Par suite du perfectionnement rapide de tous les instruments de production et grâce à l'amélioration incessante des communications, la bourgeoisie précipite dans la civilisation jusqu'aux nations les plus barbares.(...). Elle contraint toutes les nations, sous peine de courir à leur perte, à adopter le mode de production bourgeois; elle les contraint d'importer chez elles ce qui s'appelle la civilisation, autrement dit : elle en fait des nations de bourgeois. En un mot elle crée un monde à son image. " [7]




Ainsi, une analyse du processus constitutif des nations comme un stade plus avancé de constitution des "nationalités" n'est qu'un reflet, qu'une apparence sous laquelle apparaît l'idéologie de la classe s'érigeant en classe dominante :




" Pris individuellement, le bourgeois lutte contre les autres, mais en tant que classe, les bourgeois ont un intérêt commun, et cette solidarité, que l'on voit se tourner au dedans contre le prolétariat, se tourne au dehors contre les bourgeois des autres nations. C'est ce que le bourgeois appelle sa nationalité. " [8]




Mais il n'est question là que de la phase constitutive et, ainsi qu'on l'apercevait déjà dans le dernier passage, le processus se développe à une échelle mondiale :




" Poussée par le besoin de débouchés plus larges pour ses produits, la bourgeoisie envahit toute la surface du globe.(...). Au grand regret des réactionnaires, elle a dérobé le sol national sous les pieds de l'industrie." [9]

" L'histoire n'est rien que la succession des générations qui viennent l'une après l'autre et dont chacune exploite les matériaux, les capitaux, les forces productives légués par toutes les générations précédentes ; par conséquent, chacune d'elle continue, d'une part, l'activité traditionnelle dans des circonstances entièrement modifiées et, d'autre part, elle modifie les conditions par une activité totalement différente.(...). Plus les différentes sphères qui agissent les unes sur les autres s'étendent au cours de cette évolution, plus l'isolement primitif des diverses nations est détruit par le mode développé de production et de commerce, et par la division du travail qui en résulte spontanément entre les diverses nations : et plus l'histoire se transforme en histoire mondiale. " [10]

La chimère "nationalitaire" prend ainsi, aux yeux de Marx et d'Engels, un nouveau visage dans ce capitalisme qui mûrit : le visage "mondialiste". Cette approche ne cesse d'être dénoncée par ces auteurs militants en commentant en temps réel l'ensemble de l'actualité internationale de l'époque, et en intervenant dans l'ensemble des débats qui traversent le mouvement ouvrier européen, et particulièrement ceux relatifs au "pangermanisme" ou au "panslavisme" :




" Les chimères d'une république européenne, d'une paix perpétuelle sous l'organisation politique sont devenues tout aussi ridicules que la phraséologie d'une union des peuples sous l'égide du libre commerce universel" [11]

" L'entente et la fraternité des nations est une phrase que tous les partis ont à la bouche aujourd'hui, notamment les libre-échangistes bourgeois. Il existe en effet une sorte de fraternité entre les classes bourgeoises de toutes les nations : c'est la fraternité des oppresseurs contre les opprimés, des exploiteurs contre les exploités. De même que la classe bourgeoise d'un pays est fraternellement unie contre le prolétariat du même pays, malgré la concurrence et la lutte des membres de la bourgeoisie entre eux, de même les bourgeois de tous les pays sont fraternellement unis contre les prolétaires de tous les pays malgré leur rivalité et leur concurrence sur le marché mondial" [12]

" "Justice", "humanité", "liberté", "fraternité", "indépendance", jusque là nous n'avons rien trouvé d'autre dans le manifeste panslaviste que ces catégories plus ou moins morales, qui, certes sonnent très bien, mais ne prouvent absolument rien dans des questions politiques et historiques. La "justice", l'"humanitarisme", la "liberté", etc., auront beau mille fois réclamer ceci ou cela; si la chose est impossible, elle ne se fera pas et restera malgré tout "une pure chimère." [13]




La polémique engagée avec Michel Bakounine à propos du panslavisme, dont la citation précédente est issue, illustre parfaitement la compréhension que développaient Marx et Engels. La façon dont cette polémique se développe, en prenant l'exemple de la guerre qui a opposé les Etats Unis et le Mexique, montre de façon si besoin est encore plus limpide à quel point la vision " marxienne " de la question nationale est loin de ces " catégories morales " fustigées :




"Juste un mot sur l'union fraternelle des peuples et le tracé de "frontières établies par la volonté souveraine des peuples sur la base de leurs particularités nationales". Les Etats Unis et le Mexique sont deux républiques; dans les deux le peuple est souverain.




Comment se fait-il qu'entre ces deux républiques qui - d'après la théorie morale - auraient dû être "fraternellement unies" et "fédérées", une guerre ait éclaté au sujet du Texas et que la "volonté souveraine" du peuple américain, soutenue par la bravoure des volontaires américains, ait déplace de quelques centaines de lieues plus au sud les frontières tracées par la nature, en raison de "nécessités géographiques, commerciales et stratégiques" ? Et Bakounine reprochera-t-il aux Américains une "guerre de conquête" qui porte sans doute un rude coup à sa théorie fondée sur la "justice et l'humanitarisme", mais qui fut néanmoins menée dans le seul et unique intérêt de la civilisation ? Ou bien faut-il déplorer que la splendide Californie soit arrachée aux fainéants Mexicains qui ne savaient qu'en faire ? Que les Yankees énergiques augmentent, par la rapide exploitation des mines d'or californiennes, les moyens de circulation monétaire, concentrent en peu d'années une population dense et un commerce étendu sur la côte la plus propice de l'océan Pacifique, fondent de grandes cités, créent des communications à la navigation à vapeur, établissent une voie ferrée de New York à San Francisco, ouvrent, en fait, pour la première fois, l'océan Pacifique à la civilisation et donnent, pour la troisième fois dans l'Histoire, au commerce mondial une nouvelle direction ? L' "indépendance" de quelques Californiens et Texans espagnols peut en souffrir, la "justice" et, ça et là, d'autres principes moraux peuvent être violés; mais qu'est-ce en regard de pareils faits historiques de portée mondiale ? " [14]




C'est la conscience d'une Histoire tout à la fois " lutte des classes " et " lutte pour la civilisation " qui rend Marx et Engels aussi enthousiastes devant la bourgeoisie ascendante et, dans le même temps et par les mêmes raisons, aussi sévères pour elle et exigeants pour le prolétariat quand le jeune fruit est mûr; la bourgeoisie a une tâche historique a remplir pour laquelle elle est irremplaçable; à mesure qu'elle remplit cette tâche, qu'elle liquide le monde ancien et bâtit le sien à son image, elle crée les conditions du monde qui lui succédera, elle creuse sa propre tombe. En ce qui concerne la question nationale, ce mouvement se reflète donc ainsi :




" Tandis que la bourgeoisie de chaque nation conserve encore des intérêts nationaux à part, la grande industrie crée une classe dont les intérêts sont identiques dans toutes les nations et pour laquelle la nationalité est déjà abolie, une classe qui s'est vraiment débarrassée du monde ancien et qui, en même temps, lui fait face. " [15]

" Les particularités et antagonismes nationaux des peuples s'effacent de plus en plus en même temps que se développent la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l'uniformité de la production industrielle et les conditions de vie qui en résultent. Le prolétariat au pouvoir les fera disparaître plus radicalement encore " [16]




Quelle tâche alors pour le prolétariat ? Le message de Marx et Engels est clair : les socialistes qui dissertent sur la nationalité sont d'ores et déjà passés de l'autre côté et il convient de les combattre ( et de façon d'autant plus virulente qu'un " traître " ou un " renégat " est bien plus dangereux qu'un simple ennemi ); l'internationalisme est une arme du prolétariat qu'il convient de construire ( et non une profession de foi ); cette construction ne peut s'envisager que sur les fondations que représentent une organisation solide dans son propre pays, " théâtre immédiat de sa lutte " :




" Ne nous faisons pas d'illusion. Chez tous les panslavistes, la nationalité, c'est à dire la nationalité imaginaire commune à tous les slaves, passe avant la révolution... Si le panslavisme révolutionnaire prend ces propos au sérieux [ ceux de Bakounine ] et, s'agissant de l'imaginaire nationalité slave, ne tient nul compte de la révolution, alors nous savons, nous aussi, ce qu'il nous reste à faire. Alors ce sera le combat, un "inexorable combat à mort" avec les Slaves traîtres à la révolution" [17]

"Et à quoi le Parti ouvrier allemand réduit-il son internationalisme ? A la conscience que le résultat de ces efforts sera "la fraternité internationale des peuples" que l'on voudrait faire passer pour un équivalent de la fraternité internationale des classes ouvrières dans leur lutte commune contre les classes dominantes et leurs gouvernements.... En fait, la profession d'internationalisme du programme est encore infiniment au-dessous de celle du parti libre-échangiste. Celui-ci assure, lui aussi, que le résultat de ses efforts sera la "fraternité internationale des peuples". Mais, lui, il fait quelque chose pour internationaliser le commerce, et il ne se contente pas d'avoir conscience que tous les peuples font du commerce chez eux. "[18]

" Il est tout à fait évident que, pour être en mesure de lutter, la classe ouvrière doit avant tout s'organiser dans sa propre maison en tant que classe, et que son propre pays est le théâtre immédiat de sa lutte. C'est dans cette mesure que sa lutte de classe est nationale, non pas dans son contenu mais dans sa forme, comme le dit le Manifeste communiste. "[18]

Que faut-il peut-être retenir de cette présentation avant d'aborder la suite ?




Nous avons vu que le concept de " nation " est abordé régulièrement sans que pour autant ni Marx ni Engels n'aient jamais jugé nécessaire ou utile de réaliser un effort spécifique de définition, contrairement à ce dont ils ont constamment témoigné dans les champs philosophiques ou économiques. Nous pouvons avancer que c'est tout simplement parce que la " nation ", se concrétisant sous la forme de la construction de " l'Etat-nation " dans les pays où la bourgeoisie a pu hisser à son niveau le plus développé l'oeuvre de sa mission civilisatrice, n'est pas une catégorie philosophique ou sociologique mais une catégorie historique caractérisant un processus.




Nous avons vu, et cette question sera largement abordée par la suite, que la question de la " langue " est néanmoins soulevée par Marx et Engels, une langue commune étant nécessaire en tant que vecteur de communication pour l'établissement des relations, notamment commerciales mais également politiques ou culturelles, nécessaires à l'épanouissement du monde nouveau; de même le " territoire " est l'espace géographique nécessaire à la réglementation des échanges tant économiques ( espace du libre échange et de la politique douanière ) que de toute autre nature et à l'établissement des droits politiques. La République une et indivisible issue du processus qui a amené la Révolution Française est, à juste titre, considérée par Marx et Engels comme étant la forme la plus achevée du projet de la bourgeoisie révolutionnaire.




Mais peu importe l'existence préalable d'une communauté territoriale ou linguistique comme " base " de la construction de la nation; la " nationalité " n'est que scories du monde ancien : la nation française n'a pas vocation par " essence " à regrouper l'ensemble des communautés francophones habitant sur des territoires connexes ( et a fortiori quand ils ne le sont pas ) à ce qui est devenu le territoire national français, de même que peu importe si les bretons parlaient ou non français, ce qui importe c'est qu'ils le parlent à l'issue du processus de construction de la nation moderne. Notre collectivité nationale aurait pu être bretonnante plutôt que francophone, inclure la Wallonie et exclure l'Alsace : ce débat n'a strictement aucun intérêt dans la problématique de Marx et Engels, même si quelques " principes moraux " ont pu ici ou là en souffrir.




Analysant la constitution de la bourgeoisie en classe dominante, et l'émergence du prolétariat comme classe ascendante, Marx et Engels se focalisent ( c'est également la situation qu'ils sont le plus en mesure d'observer concrètement ) sur les nations les plus achevées à l'issue des processus révolutionnaires engagés de la fin du XVIIIe jusqu'au milieu du XIXe en Europe et aux Etats Unis. Ceux qui ont repris le flambeau de leur pensée, notamment au sein de l'empire austro-hongrois ou de la Russie tsariste ont été confrontés à des réalités différentes. Faut-il voir dans l'expression de leurs différences le simple reflet d'autres situations concrètes ? Y a-t-il, sous couvert de ces différences, des ruptures qualitatives dans la doctrine ? C'est un des axes des interrogations que nous pourrons nous poser au fil de la seconde partie.


Sources des citations :




[1] " FRIEDRICH LIST " , MARX 1845 -




[2],[11] Rheinische Jahrbücher zur gesselschaftlicheter Reform, ENGELS 1846




[3] , [4] , [7] , [8] , [9], [16] " LE MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE ", MARX-ENGELS 1848




[5] ,[10] ,[15] " SAINT MAX ", MARX-ENGELS " Saint Max " ( Stirner ) - travaux sur l'Idéologie Allemande 1875




[6] " PREFACE ITALIENNE AU MANIFESTE COMMUNISTE ", ENGELS 1893




[18] " CRITIQUE DU PROGRAMME DU PARTI OUVRIER ALLEMAND ", MARX 1875




[12] " DISCOURS SUR LA POLOGNE ", MARX 1847




[13] , [14] ,[17]" LE PANSLAVISME DEMOCRATIQUE ", ENGELS 1849