mercredi 19 novembre 2008

ETAT REPRESSIF.

Démocratie, Etats de droit et Droits de l’Homme au Pays Basque

Winston Churchill a dit un jour « La démocratie, c’est quand on frappe à notre porte à 6 heures du matin et qu’on est sûr que c’est le laitier »…
Au Pays basque, tant au sein de la République française que dans la royaume de Juan Carlos, on sait bien qu’à cette heure matinale, il s’agit plus souvent de la police que du laitier.
Alors, quid de la démocratie ?
Si on ajoute à cet état de choses que les deux Etats disposent de juridictions spéciales -dont deux tribunaux d’exception- pour juger une certaine catégorie de citoyens fichés et étiquetés en fonction de leur niveau de contestation du système établi. Juridictions et juges qui, en toute indépendance-sic mais obéissant servilement aux ordres du pouvoir en place, arrêtent des militants à tours de bras, couvrent les tortures, emprisonnent des personnes par centaines, sans preuve et souvent sans délit, interdisent journaux, radios et partis politiques politiquement « non-alignés »…
Ils n’ont que le mot démocratie dans la bouche. Mais qu’en est-il donc de la démocratie ?
Une démocratie est-elle véritable quand une forte proportion de ses dirigeants politiques a été condamnée pour abus de biens sociaux, détournement de fonds et autres broutilles ?
Qu’en est-il de la démocratie quand le reste de ses dirigeants politiques se dit « responsable mais pas coupable » des homicides qu’ils ont commis « à l’insu de leur plein gré » ?
Quid de la démocratie quand une minorité de financiers avides de profits achète –au sens propre et figuré- les différents medias et la Justice avec la collaboration active d’une caste politique formatée pour agir au mieux de leurs intérêts ?
Quid de la démocratie malgré la mascarade d’élections à répétition dans lesquelles le citoyen-cochon de payant a le droit de choisir entre des candidats « politiquement corrects » soigneusement choisis par cette mafia economico/mediatico/politique ? Ou carrément achetés grâce à des millions d’euros destinés à « fluidifier les relations sociales », comme l’a dit sans sourciller un certain Didier Gautier-Sauvagnac !
Qu’en est-il de la démocratie quand les « représentants du peuple » annulent par leur vote le résultat d’un referendum populaire ? Ceci étant précisément un coup d’Etat contre la démocratie, au sens strict du terme !

C’est en partant de ce constat que trois militants ont décidé de ne plus répondre aux convocations des juges espagnols ou français. La Justice n’existe pas, comme l’a constaté un avocat-observateur allemand lors d’un procès à Madrid : « J’avais déjà vu des condamnations sans preuve mais, pour la première fois, j’ai vu des condamnations sans délit ».
Nous avons décidé, Jon Goio, Zigor Goieaskoetxea et votre serviteur, que nous ne serions pas acteurs volontaires d’une mascarade politico-judiciaire contre nos activités strictement politiques, publiques et transparentes. Nous opposerons la force de la raison à la raison de la force.
Il serait peut-être temps qu’élus de tous bords et organisations locales ou non, qui disent en petit comité et avec des mots choisis qu’ils ne sont pas d’accord, le fassent savoir en haut-lieu d’une voix suffisamment forte et collective. Sinon, nous serons amenés à penser qu’ils nous emmèneront à l’abattoir avec leur complicité passive.
Espérons qu’une certaine histoire ne se répète pas et que le poème qu’on prête à Bertold Brecht s’avère obsolète… Souvenez-vous :
« Quand ils ont emmené les juifs, je n’ai pas bougé, je n’étais pas juif.
Quand ils ont emmené les communistes, je n’ai pas bougé, je n’étais pas communiste.
Quand…
Quand…
Quand ils m’ont emmené, personne n’a bougé, j’étais le dernier »

Charles « Xarlo » Etchezaharreta
64240 Hasparren

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