samedi 29 novembre 2008

HUE quitte le CN du PCF.

Pôle position du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

Le MINI GORBATCHEV FRANCAIS ROBERT HUE TOMBE LE MASQUE!

Dans un récent courrier à Marie-Georges Buffet, Robert Hue annonce son retrait du conseil national du PCF; assurant que "le PCF est incapable de muter et que les hommes et les femmes doivent désormais inventer l'avenir ailleurs que du côté de la place du Colonel Fabien" ; Hue annonce vraisemblablement son futur recyclage dans une boutique plus
"porteuse" que le PCF actuel en pleine décomposition politique. De manière éclatante, l'ex-chef de file de la "mutation" démontre ainsi que l'abandon de la lutte de classes va toujours de pair avec la lutte des places, car d'une manière ou d'une autre, la social-démocratie saura
bien récompenser ce transfuge qui l'a tant aidé à détruire le PCF et à la dénaturer en cassant son "code génétique" (c'est ce que signifie le mot mutation emprunté au vocabulaire des liquidateurs italiens qui parlaient plus franchement de "mutation génétique"), le marxisme-léninisme, l'ancrage dans la classe ouvrière et l'attachement sur des bases révolutionnaires au combat séculaire du peuple travailleur de France pour une république sociale et souveraine.
Le PRCF, dont les fondateurs ont dénoncé dès le début la clique huiste en la qualifiant de "liquidatrice" (de bons camarades jugeaient alors ce qualificatif rigoureusement exact comme exagéré!) invite tous les vrais communistes (car il y en a de FAUX, les faits sont là!) à méditer sur cette loi du comportement politique qui veut que les grand "rénovateurs" révisionnistes du communisme, ceux qui présentent comme une avancée la destruction des fondamentaux communistes et même, des principes républicains d'indépendance nationale, ne font rien d'autre que déstabiliser leur organisation, la livrer à la social-démocratie, désarmer les travailleurs, ouvrir une voie royale à la réaction, provoquer l'effondrement électoral après avoir annoncé "l'élargissement de l'électorat'; puis, une fois que leur sale boulot est en bonne voie, le rat quitte le navire qu'il a lui-même sabordé en déclarant que la mutation n'est pas assez rapide!
Ainsi a procédé Gorbatchev en dynamitant le PCUS, le Mouvement communiste international et l'URSS sous prétexte de les "rénover", ainsi a procédé en Italie, d'abord l'équipe Occhetto-D'Alema-Veltroni, puis l'équipe Bertinotti, ainsi l'équipe Carrillo en Espagne,l'équipe Schabowski en RDA, etc.
Nous ne nous faisons pas de souci pour Robert Hue. Déjà nanti aux frais du PCF de la direction d'une "fondation" (!), scandaleusement baptisée du nom de l'héroïque dirigeant communiste Gabriel Péri, Robert Hue va sûrement trouver bon accueil chez ses amis du PS, avec lesquels lui et ses complices d'alors, les ministres "communistes" Buffet, Gayssot et Demessine ont cogéré les privatisations, la mise en place de l'euro, la guerre américaine contre la Yougoslavie et l'invasion US de l'Afghanistan; déjà le PS a eu la bonté d'âme d'accueillir dans sa direction Charles Fiterman, le précédent chef de file de la "refondation" du PCF; et si le PS ne veut pas d'un Robert Hue que la majorité des communistes regardera désormais avec un mépris mérité, nul doute que d'autres formations social-démocrates "porteuses" ne se fassent désormais un plaisir de l'accueillir... à leurs risques et périls.
Il est en tout cas de plus en plus évident que le PCF en pleine décomposition morale, organisationnelle et politique, n'est plus à même de se redresser, de retrouver les rails du combat de classe et que le seul "projet" de sa direction à la dérive est de DURER en préservant ici et là des postes d'élus à la remorque du PS. C'est d'autant plus lamentable que l'heure de grands affrontements de classes approche entre le pouvoir sarkoyste, le plus réactionnaire que la France ait eu depuis Vichy, le plus antisocial, antinational et à la remorque du MEDEF, de l'UE et de l'impérialisme US, et les classes populaires matraquées comme jamais par la crise du capitalisme et par la "rupture" euro-sarkozyste.
Dans ces conditions, la proposition politique du PRCF est claire: que tous les communistes véritables s'unissent enfin dans une intervention commune dans les luttes, qu'ils préparent ensemble la RUPTURE politique et organisationnelle inévitable entre les vrais
communistes et les renégats anticommunistes pour rendre à la France un PCF digne de son nom glorieux, sali par les Hue, Buffet, Cohen-Séat et Cie. Qu'ensemble ils travaillent au "tous ensemble en même temps" des salariés et de la jeunesse! Qu'ensemble ils construisent, en alternative au PS, au faux PCF et à l"'union de la gauche" en faillite, une véritable alternative populaire, un rassemblement populaire majoritaire déterminé à chasser l'UMP, à annuler toutes les contre-réformes maastrichtiennes, à sortir la France de l'OTAN et du broyeur de l'UE, à exiger une nouvelle République sociale, souveraine, laïque et fraternelle rompant avec le grand capital et en marche vers le socialisme!
Le PRCF- 29 novembre

jeudi 27 novembre 2008

un message de l'ul CGT de DOUAI


Une fois n'est pas coutrume, nous utilisons cette liste pour diffuser une nouvelle non directement liée à la lettre ouverte aux Etats majors syndicaux".

Ainsi, après 5 jours de grève suivi à plus de 90%, les camarades de FAURECIA SIETO à SOMAIN (entreprise du groupe Faurecia - appartenant au groupe Peugeot-Citroën - fabriquant des sièges) ont obtenu victoire sur leurs revendications :
- arrêt des procedures de licenciements (14)
- prime de 75€ et une autre de 300€
- pas de conséquence sur l'intéressement du fait de la grève.
- échelonnement sur 6 mois des jours de greve.
Et quelques autres mesures sur leurs conditions de travail.

Alors que la filière automobile et ses travailleurs subissent délocalisations, chômage technique ou partiel, compressions salariales, plans de licenciement (et que le patronat des grands marques empoche les dividendes et les aides publiques), rappelons que la lutte déterminée des travailleurs unis est payante. En fichiers joints, quelques photos du piquet de grève.


Fraternellement
Jérôme Guilain
UL C.G.T DOUAI

mercredi 26 novembre 2008

EN FINIR AVEC L'EURO ATLANTISME

dimanche 23 novembre 2008, par Comité Valmy


Depuis plus de 60 ans, la politique social démocrate en France est conditionnée par le fédéralisme européen, l’atlantisme et la soumission aux dirigeants américains. C’est l’une des causes fondamentales de l’éloignement grandissant du peuple républicain des dirigeants du Parti Socialiste. L’enracinement de ceux-ci dans le dogme supranational source de régression sociale, et leur attachement inconditionnel à l’OTAN source de guerres, a conduit, lors des trois dernières élections présidentielles, des millions de citoyens républicains et progressistes à cesser de voter pour le candidat présenté par le PS, alors même que celui-ci se réclamait de telle ou telle variante d’une "union de la gauche" qui a progressivement perdu toute crédibilité.
L’Europe fédérale et atlantiste est avant tout, un outil de l’hégémonie de l’impérialisme étasunien sur le monde. Elle est complice de la mondialisation, de la vision unipolaire et des guerres, que celui-ci développe depuis des décennies. Cette domination agressive des USA aujourd’hui en déclin, et de ses vassaux, n’est plus une perspective tolérable par les peuples du monde dont la résistance contre leur ennemi commun, commence à converger dans une sorte de front anti-impérialiste, encore relativement informel.
La scission du mouvement ouvrier dans notre pays lors du congrès de Tours, aura joué un rôle déterminant dans l’ancrage anti- soviétique et anti-communiste qui demeure toujours l’un des fondements idéologiques inspirant la politique des dirigeants socialistes. Il est souhaitable de prendre en considération notre histoire depuis la deuxième guerre mondiale ; elle illustre une réelle continuité politique. A la Libération, l’influence populaire importante que le PCF avait acquise grâce à son rôle dans la Résistance, inquiétait les diverses forces politiques qui, selon leur rôle dans la lutte des classes lui étaient hostiles.
Pourtant, dès cette époque et jusqu’à nos jours ses dirigeants ont toujours été dépourvus de toute velléités de prise du pouvoir et ont choisi une voie démocratique, républicaine et nationale. En réalité, ceux des dirigeants du Parti Communiste qui en contrôlent l’appareil, ont après l’éloignement de Georges Marchais, imposé une "mutation" qui abandonnait la vision à la fois nationale et internationaliste du parti. A bas bruit, ils se sont alignés sur le fédéralisme trotskyste et social-démocrate
Au moins à partir de 1942, la puissance des communistes et leur rôle dans la lutte patriotique et anti-nazie en France, sert de prétexte aux dirigeants américains pour s’ingérer gravement dans la vie politique de notre pays. Ainsi ils se sont opposés directement à Jean Moulin et financé ceux qui dans la Résistance, s’opposaient à lui et dont certains iront jusqu’à le trahir. Ils ont été hostiles au Général de Gaulle, à l’alliance gaullistes- communistes, à l’existence du CNR, dont ils ne voulaient pas. Ils ne furent pas pour rien dans la mise en sommeil rapide de celui-ci, peu de temps après la Libération.
Après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, crimes contre l’humanité et instruments de leur chantage nucléaire, ils ont initié leur stratégie de "guerre froide" contre une URSS sortie exsangue et épuisée de la guerre, avec une industrie pratiquement détruite par les nazis. Comme l’a montré Noam Chomsky, ils parviendront " à créer aux USA " une véritable psychose du "péril rouge" et à "manipuler la pensée de la plus grande partie du monde" sous leur domination.
Mobilisant les réseaux à leur service, qu’ils ont constitués en France avant, pendant et après la guerre, les impérialistes américains orchestrant l’anti-soviétisme, ont développé sur notre continent leur stratégie de domination dans deux directions inséparables : la création de l’OTAN et le lancement de l’Europe fédérale. Celle-ci était entre autres, destinée à détruire les nations qui dans la propagande US reprise par leurs émules, sont depuis présentées comme étant historiquement dépassées. Avec leurs agents ils s’attaquèrent dans un long processus qui perdure, à la souveraineté populaire, à la forme républicaine de notre Etat-nation et à tous les éléments pouvant permettre aux Français et aux autres peuples, de préserver leur droit inaliénable à disposer d’eux-mêmes, à refuser de devenir des instruments vassalisés, au service des propres objectifs nationalistes des USA.
Dès mars 1946, Léon Blum annonça clairement l’alignement de son parti sur la stratégie américaine. A Washington où il négociait les accords Blum-Byrnes, il fit ses offres de services dans un discours dont le sens profond ne fait aucun doute : "Je sais bien que la France ne vous laisse pas indifférents. Je crois qu’aujourd’hui encore elle possède un pouvoir d’influence spirituelle et d’orientation politique pour l’ensemble du continent européen, et je ne crois pas me montrer trop présomptueux si j’affirme qu’en Europe, la France est encore aujourd’hui, comme elle l’était jadis, la position stratégique dominante de la démocratie et que sur le plan mondial, sa coopération active est et restera un élément indispensable pour cette organisation pacifique du monde où votre pays a pris l’initiative principale et dont il a assuré la principale responsabilité."( La Revue socialiste » janvier 1951)
A propos de la réalité ou non de la "menace soviétique", de son caractère mensonger, manipulateur et, d’instrument de la lutte des classes à l’échelle internationale, au sein du Comité Valmy, il n’existe certainement pas une opinion monolithique, car il rassemble des militants issus des principales sensibilités de l’arc républicain. On y retrouve pourtant une réelle unanimité sur la conviction que si par hypothèse elle a existé à une époque, cette "menace" a disparu en même temps que l’Union soviétique.
Celle-ci comme le Pacte de Varsovie n’existent plus. L’OTAN dont la création a précédé de six ans celle du Pacte de Varsovie, n’a plus aujourd’hui aucune raison avouable d’exister, ni aucune légitimité. (Si toutefois elle en a jamais eue). L’alliance atlantique et son organisation militaire intégrée, dans laquelle Nicolas Sarkozy obéissant à son suzerain, a réinsérée la France, sont plus manifestement que jamais, l’outil d’une politique d’agression et de guerre, sous le contrôle absolu des dirigeants étasuniens. Orienté en particulier contre la R P de Chine, la Russie, l’Iran, l’Afghanistan etc.., l’OTAN, on le voit bien, peut également être utilisée contre n’importe lequel des peuples du monde. Il peut aussi servir à attiser le choc des civilisations, si l’appareil oligarchique occulte qui détient véritablement le pouvoir, poussait la nouvelle administration américaine à conserver cette stratégie qu’elle a initiée par l’intermédiaire de Georges W Bush.
Le Parti Socialiste vient de tenir son 75 ème Congrès. Le bon peuple à son sujet, a été submergé par la propagande déversée par les médias sarko-régulés. La première constatation possible, c’est qu’il n’y aura pas eu de débat de fond lors de cet exercice de politique-spectacle. La ligne euro-atlantiste tracée dans les années quarante, reste intangible, non discutable et déterminante. Il est impensable qu’elle puisse être remise en cause, même 20 ans après la disparition de l’URSS dont l’existence prétendait la légitimer.
Après ce congrès, toujours pré-déterminé par le carcan de l’euro-atlantisme, le Parti socialiste reste incapable de développer sur l’essentiel, une politique différente de celle de Nicolas Sarkozy.
Nos concitoyens ont pu constater à travers le traitement de faveur réservé par la domesticité politico-médiatique du pouvoir, que Ségolène Royal demeurait la candidate choisie par le clan de Nicolas Sarkozy. On comprend que le chef compradore de l’Etat aimerait bien lui voir prendre à nouveau, la tête de l’opposition officielle et recréer le couple Royal / Sarkozy, dépourvu d’antagonisme politique de fond et intégré dans une pratique électoraliste inspirée dans les deux cas, par l’exemple américain. Si Ségolène Royal qui a pris politiquement en exemple Anthony Blair, l’avait emporté, le Parti Socialiste, aurait perdu ce qui permet encore relativement de le considérer comme un parti de militants, pour devenir une sorte de copié-collé du Parti Démocrate américain. Il est vrai que sa volonté affichée d’alliance avec les chrétiens démocrates du MODEM ne peut être comprise comme une sorte d’épuration intégriste en faveur de l’Europe fédérale des régions, un retour logique aux pires sources de l’euro-atlantisme et adoptant les méthodes américaines de conditionnement des peuples.
Les dirigeants du Parti Socialiste en crise, sont généralement aliénés par un euro-atlantisme systémique qui élimine ou stérilise en eux, toute capacité de définir une politique à la fois conforme à l’intérêt du peuple, de la nation et de la République une, indivisible, laïque et sociale. Du "pareil au même" disait JP Chevènement en comparant les politiques des renégats de la nation situés à droite comme à "gauche". L’élection contestée de Martine Aubry première Secrétaire du PS, ne changera en rien cette réalité et ses incantations sur une mythique Europe sociale, n’ont aucune chance de connaître un début de concrétisation.
Pourtant en s’opposant au traité de Lisbonne,l’aile gauche de ce parti représentée par Benoît Hamon, a fait un pas qui marque un progrès dans la bonne direction, celle qui peut ramener à la souveraineté populaire, sans laquelle toute ambition de progrès social est illusoire. Nous avons salué avec sympathie les démissions du Parti Socialiste de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez lequel, à une occasion au moins, s’est déclaré favorable à la souveraineté nationale qui selon nous, est inséparable de la souveraineté populaire. Il reste à espérer que les réalités économiques sociales, et politiques qui ont amené une certaine radicalisation de leurs analyses, amèneront ces camarades à aller au bout de leur logique et à rompre clairement avec toute démarche supra-nationale.
Dans notre pays, une dynamique de compréhension a progressé pas à pas dans le peuple-nation qui a entrepris de tirer les leçons de son expérience concrète de plus de soixante ans de "construction européenne" accompagnée de démagogie, de mensonges et en permanence de manipulation idéologique. Cette "construction" à l’étape actuelle de cette prise de conscience, est analysée de plus en plus fréquemment par les citoyens, comme une régression économique, sociale et politique, comme un véritable recul de civilisation et comme un totalitarisme en marche. Elle a amené le peuple souverain à dire non au traité constitutionnel européen. Pour bien apprécier l’importance fondamentale de ce non de Résistance, il convient de se rappeler qu’il a été exprimé, en dépit d’une intense campagne politico-médiatique, massivement antidémocratique et menée par l’oligarchie supranationale à double face, qui monopolise le pouvoir tout en contrôlant les médias.
Il est trop tôt pour être très précis sur ce que sera la politique des dirigeants américains sous Barack Obama. Il a déjà annoncé sa volonté de poursuivre la politique de domination mondiale des États Unis. Nombreux parmi ceux qui lui font confiance seront certainement déçus. Ce qui est déjà nettement perçu par les peuples, c’est la mise en échec presque partout dans le monde, de la politique guerrière conduite sans discontinuité par Georges W Bush pendant sa présidence. L’impérialisme américain n’a plus totalement les moyens d’imposer partout et toujours cette volonté hégémonique dans le monde qui a cessé d’être unipolaire. Le recul américain qui tend à s’accentuer, est aussi celui de ses alliés, vassaux et supplétifs. Les plus lucides d’entre-eux en France, notamment parmi ceux qui sévissent dans le cadre de l’alliance supranationale UMPS, devraient envisager leur recyclage.
Aujourd’hui la donne politique internationale se modifie rapidement et en profondeur. La France doit se libérer de l’OTAN, cesser d’être la vassale des USA et rétablir son indépendance nationale. Il devient indispensable et urgent que l’ensemble des organisations, personnalités et militants, se réclamant de la République et de la souveraineté populaire, qui ont en commun pour objectif de changer la société en combattant pour le progrès social et la paix dans le monde, intègrent les nouvelles réalités de la situation mondiale dans leurs analyses. La volonté partagée au delà des différences de construire une nouvelle perspective de rassemblement populaire appelé à devenir majoritaire, en sera renforcée et les convergences clarifiées.
Le Comité Valmy internationaliste et patriote, membre fondateur de l’Arc Républicain de Progrès, considère que la politique de la France doit être décidée par son peuple à Paris et nulle part ailleurs. Il inspire sa démarche de rassemblement de l’exemple de la Résistance et de son esprit. Il propose la réactualisation du programme du Conseil National de la Résistance qui, dans son essence, garde une grande modernité et une réelle capacité à répondre aux problèmes que connaît aujourd’hui la France républicaine.

mardi 25 novembre 2008

A lire ABSOLUMENT!!!

" Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ".

Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit "

samedi 22 novembre 2008

Intervew de J P PAGE ancien responsable international de la CGT

Jean-Pierre Page, ancien responsable international de la CGT
Interview de Jean-Pierre Page


R/ Cher camarade, pourriez-vous présenter votre parcours à nos lecteurs ? Quelles furent les raisons de votre engagement syndicaliste ?

Je suis un militant syndical et politique! Je suis communiste! J' ai pendant une vingtaine d'années occupé des responsabilités au sein de la direction nationale de le CGT comme membre de la commission exécutive confédérale et également au sein du PCF comme membre du Comité Central! Dans la même période j'ai été un des deux fondateurs de l'Observatoire de la mondialisation qui a joué un rôle décisif dans l'échec de l'Accord multilatéral sur l'investissement que l'OCDE négociait secrètement. Cette victoire a été l'acte de naissance de ce que l'on a appelé le Mouvement anti mondialisation, devenu par la suite alter mondialiste! Dans ce contexte j'ai travaillé et participé à l'animation de plusieurs centres de recherches, de réseaux, en France et à l'étranger, c'est d'ailleurs toujours le cas, ainsi qu'aux comités de rédaction de différentes revues dont "La pensée libre". J'ai donc été amené à exprimer mes convictions dans des milieux différents, dans les entreprises comme dans les universités, au sein d'institutions comme l'ONU ou dans des rencontres internationales, et cela dans de très nombreux pays. J'ai écrit quelques livres en particulier sur la guerre dans l'ex-Yougoslavie, et beaucoup d'articles qui ont été publiés dans plusieurs langues.

Comme tout un chacun j'ai été marqué par mon milieu social, mes parents étaient des travailleurs aux fortes convictions. Mon père avait été déporté en Pologne, évadé, caché par une famille polonaise, puis libéré par l'armée rouge. C'est dans cette époque bouleversée qu'il a épousé ma mère dans le sud de la Pologne. C'est pourquoi, après-guerre, nous avons conservé des attaches très fortes avec ma famille polonaise, dont plusieurs membres occupaient des responsabilités au sein du nouveau gouvernement de la Pologne Populaire. Dès les années 50 dans le contexte de la guerre froide nous allions régulièrement visiter ma famille et moi même j'y séjournai plusieurs mois chaque année! Je dirai que mon parcours a été un peu atypique, et c'est souvent ce que l'on en a dit, et ce d'autant plus qu'avant mes occupations professionnelles j'ai passé une partie de ma jeunesse aux États-Unis ou, parallèlement à des études d'histoire de l'art, j'étais très impliqué dans ce qu'on appelait l'avant-garde artistique. C'est ainsi que tout en dirigeant une importante galerie d'art à Boston, je participai activement à bien des manifestations en particulier aux cotés d'Andy Wharol ou de plasticiens d'Amérique Latine. A mon retour en France j'ai poursuivi après 68 cette activité et exposé avec mon groupe au Musée d'art moderne. Puis j'ai rompu avec ce milieu trop coupé à mes yeux des réalités sociales et politiques. J'ai alors commencé à travailler dans une grande entreprise du transport aérien où j'ai fait toute ma carrière professionnelle, et c'est là que j'ai occupé mes premières responsabilités syndicales. Très vite et bien que défendant des positions souvent critiques à l'égard de la CGT et du PCF, je me suis vu confié, jeune, des tâches et des fonctions importantes, d'abord dans l'entreprise, puis au niveau départemental et national. C'est ainsi que je suis devenu le secrétaire général de l'Union départementale CGT du Val de Marne, une des plus importantes organisations au sein de la CGT, puis le responsable du département international. Les circonstances ont faits que très vite j'ai été impliqué au plus haut niveau dans d' importantes luttes sociales et politiques et donc en contact avec ceux qui étaient les principaux dirigeants de la CGT et du PCF de cette époque!


R/ Comment avez-vous vécu, de l'intérieur, l'évolution de la Confédération Générale du Travail depuis les années 90 ? Quel jugement portez-vous sur le bilan de Bernard Thibault à la tête de la centrale ?


Les orientations présentes de la CGT qui contribuent à désarmer le monde du travail face à l'offensive du Capital ne datent pas de Bernard Thibault même si elles sont souvent identifiés à lui. Cela ne saurait le dédouaner. En fait, déjà à la fin des années 70 et du Congrès de Grenoble le débat était engagé au sein de la direction sur l'orientation de la CGT, ses pratiques, ses alliances, et ses engagements internationaux! Ces questions étaient posés en termes de rupture avec le passé et l'histoire du syndicalisme de lutte de classes en France, pour des raisons qui étaient liés aux premières manifestations de la crise du système capitaliste, à l'analyse qui en était faite et au besoin d'y résister ou de s'y adapter.

Bien sûr, le contexte politique n'y était pas indiffèrent du fait des changements intervenus avec l'arrivée de Mitterrand au pouvoir et le débat ouvert dans le PCF sur la stratégie porté par le programme commun et la subordination au PS! Cette période correspondait également à ce que l'on a appelé "l'eurocommunisme"!

Au fond et par opportunisme bien des questions de fond n'ont jamais été réglé dans la CGT, y compris plusieurs années plus tard. Elles se sont cristallisés sur des sujets comme celui de l'indépendance syndicale, ce qui permettait d'éviter de discuter de l'essentiel. Tout était vu à travers ce prisme et la recherche obsessionnelle d'une nouvelle crédibilité reposant sur la capacité de la CGT à produire des propositions, à faire la démonstration de sa capacité à négocier, à prendre une distance vis à vis du politique et à refuser tout isolement syndical au plan national et européen. Tout cela se faisant au détriment d'un véritable débat de contenu parmi les syndiqués, d'un engagement militant et revendicatif dans les entreprises, en particulier sur le sujet décisif des salaires et du pouvoir d'achat, mais aussi sur la protection sociale, les privatisations. Cette dérive a conduit à l'abandon progressif des références de classe, en faveur de thèmes et de préoccupations sociétales, privilégiant l'individu souvent vu en opposition au collectif! Faut il ajouter à cela les effets du contexte international marqué par l'effondrement de l'URSS et l'offensive impérialiste, la déstabilisation de la FSM (Fédération syndicaliste mondiale) à travers la perte de nombre de ses affiliés !

L'affaiblissement de l'influence et de la force organisée de la CGT a ainsi souvent été utilisé dans ces conditions comme la conséquence de ses orientations passées justifiant aux yeux de certains une démarche plus réaliste, plus pragmatique, et plus conforme à celle raisonnable du syndicalisme européen dont il fallait impérativement se rapprocher au risque de disparaître corps et bien! L'évolution de la CGIL Italienne ou encore des Commissions Ouvrieres Espagnoles, le fait qu'après 20 ans la CGT continuait à se voir toujours refusé son affiliation à la CES et ce malgré son départ de la FSM allaient justifier pour des dirigeants comme Louis Viannet de procéder à des adaptations à ses yeux rendues inévitables! Pour avoir travailler étroitement avec lui et pendant plusieurs années, je ne partageai pas cette façon de voir et en particulier dans le domaine dont j'avais la charge: l'international! Mon attitude posait à ce point problème que la CFDT et la CES ont fait de mon départ une des conditions à l'approbation de la demande d'affiliation de la CGT à la CES. Les orientations du département international de la CGT étant selon elles incompatibles avec celles de la CES et de la CISL!

Il y a eu bien sur eu des résistances à cette évolution, il y en a encore beaucoup, en particulier au niveau des entreprises, dans certaines branches et régions, et la normalisation conduite sur le modèle syndical européen par Thibault est des plus chaotique! Cela tient aussi au niveau et à la faiblesse de la direction qu'il a autour de lui! Voilà pourquoi les résultats sont mitigés ! On a même vu Thibault se faire mettre en minorité et être humilié au sujet du positionnement de la CGT à l'occasion du débat sur la ratification de la constitution européenne. C'est sans doute pourquoi certains syndicalistes européens considèrent toujours la CGT de façon un peu suspecte et anachronique dans le paysage syndical !

Le bilan de Thibault à la veille d'un prochain congrès de la CGT tout comme celui du syndicalisme européen est une totale faillite. Depuis qu'il est secrétaire général l'affaiblissement de la CGT s'est poursuivi et accéléré, contrairement à ce qui avait été annoncé, il n'a nullement été enrayé! Aucun résultat tangible, non seulement aucune avancée sociale n'a été obtenu, mais, bien au contraire, c'est le recul, la régression dans tous les domaines: pouvoir d'achat, conditions de travail, retraites, droit syndical et même exercice du droit de grève..! Par contre, les compromissions, la bureaucratisation, l'institutionnalisation, en particulier au niveau européen, la fonctionnarisation du syndicalisme CGT ont progressé ! Sa base militante, le niveau de conscience de celle-ci, sa capacité d'initiative, son engagement et de ce fait son indépendance réelle vis a vis du Capital se sont considérablement affaibli! Pour Sarkozy et le MEDEF c'est une véritable aubaine! Thibault qui contrairement à une image complaisamment véhiculé par les médias au début de son mandat et pour cause, a en fait une peur bleu de toute idée de confrontation et donc de luttes! Sa vision est celle d'un syndicalisme qui participe à la bonne gouvernance et accompagne comme partenaire les institutions européennes ou internationales pour coélaborer le contenu d'une prétendue régulation du capital. A sa décharge, il est vrai qu'on lui avait un peu forcé la main pour devenir secrétaire général de la CGT. Depuis il a fait ce que certains souhaitaient et il a été beaucoup assisté en ce sens et l'est toujours .

A ceux qui pourraient se demander qu'elle est l'utilité de Bernard Thibault, on pourrait répondre qu'il a rendu un formidable service au Capital en capitulant avant même d'avoir livré bataille! Loin d'avoir contribué à renouveler la pensée syndicale et l'action de la CGT, Thibault a fait preuve d'un conformisme sans limites, au sens d'une mise en conformité. Contrairement à ces prédécesseurs que j'ai bien connu pour avoir travailler avec eux, tous des militants ouvriers de grande expérience, cultivés et curieux, j'ai toujours été frappé par la faiblesse de son analyse, une certaine ignorance du monde qui nous entoure, son absence de vision et d'anticipation. Certes on ne lui demandait pas autre chose quand il reçu pour son intronisation au congrès de Strasbourg le parrainage de Nicole Notat secrétaire générale de la CFDT et d'Emilio Gabaglio secrétaire général de la CES!!



R/ On a souvent l'impression que la base syndicale est plus combative que sa direction empêtrée dans sa co-gestion du dialogue social avec l'État et le patronat. Un syndicalisme de combat est-il encore possible en France ? Et sur quel terrain pourrait-il se manifester ?




Il est un fait que la direction de la CGT est loin de représenter la grande majorité des syndicats d'entreprises et qui pourtant constitue sa base! Cela tient à son type de fonctionnement, à la façon dont s'organise par exemple les congrès nationaux, à l'ignorance dans laquelle les adhérents sont tenus quant aux questions en débat! Il n'est pas exagéré de dire qu'il y a un véritable fossé qui par ailleurs se creuse entre la réalité de la vie syndicale dans les entreprises, les luttes qui s'y mènent et la façon dont la bureaucratie de Montreuil prend cela en charge! Ainsi de nombreuses luttes syndicales parfois longues, vaincues ou victorieuses restent dans l'anonymat alors qu'elles mériteraient la solidarité de toute les structures de la Confédération.

Ce qui a fait l'originalité du syndicalisme Français pendant des décennies c'est cette capacité qu'il avait à donner une dimension nationale voir internationale à des luttes de branches et d'entreprises. Rappelez vous les grèves des transports routiers, des Renault ou encore celles des cheminots en 95, ou des personnels de santé! Cela était possible car le syndicalisme CGT à l'encontre d'une conception de type réformiste reposait sur la confédéralisation, cette solidarité entre toutes les structures qu'elles soient horizontales, les Unions régionales, départementales et locales, ou verticales, les Fédérations au service des luttes d'entreprises permettant ainsi les rassemblements, les ensembles professionnels et interprofessionnels, la recherche de l'unité la plus large! L'alignement ou, tout du moins, la volonté d'aligner la CGT sur le modèle qui prévaut dans les pays anglos-saxons a littéralement désarmé les syndicats en les privant d'efficacité et de ce qu'ils sont en droit d'attendre de leur Confédération! Dans certains conflits comme celui de la SNCM de Marseille et du transport maritime entre la Corse et le continent, le refus de s'engager de la part de la Confédération, et personnellement de la part de Bernard Thibault, a été utilisé par le gouvernement et le patronat contre les travailleurs en lutte, délibérément privé de la solidarité qu'ils réclamaient, et vécu par eux comme une trahison!

Cela n'est d'ailleurs pas sans créer des conflits! Signe des temps, il fut une époque où, quand un désaccord arrivait, on se mettait autour d'une table et on discutait avec l'objectif de trouver une solution. Après tout, n'être pas tous d'accord n'est pas un drame! Aujourd'hui incroyable mais vrai Thibault engage des actions en justice et devant les tribunaux contre des organisations de la CGT comme c'est le cas actuellement vis a vis de l'union locale des syndicats CGT de Douai! Procès qu'il perd d'ailleurs vis à vis de militants connus pour leur combativité!

Il y a actuellement des luttes en France, mais la CGT se refuse à les valoriser et il y a aussi de grandes attentes pour voir les confédérations prendre des initiatives d'ampleur, mais celles ci restent l'arme aux pieds! Le militantisme syndical, cette belle école de la démocratie qui incarne le dévouement, le désintéressement à une cause, celle du monde du travail, est aujourd'hui dévalué! On a même vu une dirigeante de la CGT déclaré ces dernières semaines "que la CGT a les moyens d'organiser des grèves, mais qu'elle ne le fera pas car elle préfère de loin la négociation". Pourtant la situation l'exige quand on assiste à ce déferlement de décisions qui aboutissent à un recul social sans précédent et disons-le à un véritable recul de civilisation. Songez-y, on parle de faire travailler les gens jusqu'à 70 ans! Et malgré cela Thibault et Chérèque font comme si de rien n'était!

S'il est juste de stigmatiser la responsabilité des capitalistes dans cette situation de crise profonde , structurelle et durable, il est non moins important de caractériser les causes qui ont conduit à celle-ci, et ce d'autant que la crise va connaître d'autres développements, nous n'en sommes qu'au début; et ce n'est pas le G20 et encore moins Obama qui vont y changer quelque chose! Pour un syndicaliste conséquent comment ne pas voir là des raisons supplémentaires de lutter contre la nocivité d'un système voué à un seul et unique but, la recherche du profit le plus élevé! C'est quand même incroyable, on parle de crise du système capitaliste sans précédent y compris par rapport à la référence de 1929 et les dirigeants syndicaux, Thibault en tête, sont sans voix! Inaudibles! C'est aussi le cas de la CES et de la CSI! Lisez leurs communiqués, ils sont affligeant de platitude! Quant ils devraient non seulement appeler à l'action, mais éclairer le monde du travail sur ce qui se passe, sur les causes, car enfin cette crise donne de formidables arguments pour contester les choix du capital et satisfaire la demande sociale!

Par exemple, il existe en France et ailleurs une forte revendication en matière de salaires évalués à plus de 30%, pareillement s'agissant de la qualification, de la formation, or ces exigences fortes ne sont pas prise en compte de façon concrète, depuis les entreprises jusqu'au niveau national! Comment alors ne pas constater cette perte de crédibilité dans l'action syndicale, car, en principe, se syndiquer, s'organiser, doit servir à quelque chose, à se défendre et à obtenir des résultats en bas de sa feuille de paye. Refuser de se battre, c'est au fond admettre qu'on ne peut changer l'ordre des choses! Cette pédagogie du renoncement auquel se livre les dirigeant syndicaux ne peut conduire qu'à s'interroger sur la finalité même du syndicalisme ou, tout du moins, de ce syndicalisme là! Car regardons les choses en face, il ne faut évidemment pas être grand clerc pour comprendre que pour le Capital il n'y a d'autres alternatives que de s'attaquer au travail qu'il considère comme un coût, tout en poursuivant le pillage des ressources de l'humanité et la destruction de notre environnement. La mondialisation capitaliste à visage humain cela n'existe pas! Que reste-t-il alors aux syndicats? Le choix entre résister, se battre ou alors négocier l'application du programme du Capital.

En fait nous sommes entrés dans une période de clarification, une période nouvelle où il faut choisir, où finalement tout le monde est au pied du mur. Il fut une époque où le syndicalisme pouvait justifier sa légitimité en négociant " le grain à moudre" selon l'expression de l'ancien secrétaire général de FO André Bergeron. Cette période est révolue. Le Capital, comme le disait Marx, a tout noyé "dans les eaux glacées du calcul égoïste ". De deux choses l'une, ou l'on admet que le capitalisme est un horizon indépassable et il faut le dire, ou, sinon, il faut savoir en tirer les conséquences pour confronter la logique et les choix de ce système inhumain! Renoncer à cela c'est se ranger du côté de l'idéologie dominante, et l'idéologie dominante comme l'écrivait encore une fois Marx, "c'est l'idéologie de la classe dominante. Il n' y a donc rien d'étonnant et rien de nouveau à ce que les peuples soient maintenues dans l'oppression par une idéologie antihumaniste et antiscientifique". C'est dire la responsabilité historique de ceux qui prétendent parler au nom des intérêts du monde du travail afin de contribuer à contester radicalement cette idéologie et donc le système capitaliste lui même; et le faire radicalement ne serait se mettre en œuvre par l'usage de la rhétorique, mais bien par une action concrète, une action révolutionnaire !



R /Ancien responsable des relations internationales de la CGT, vous avez été en contact avec les principaux leaders syndicalistes mondiaux. Quelles formes prennent les résistances à la mondialisation à travers le monde ?



Je suis toujours en contact et je consacre une bonne partie de mes activités à répondre aux sollicitations nombreuses que des syndicats m'adressent à l'échelle internationale. J'ai accumulé une certaine expérience et une vision que je continue à partager avec d'autres militants! La CGT a toujours été une référence forte sur le plan international, faite de respect à l'égard de la classe ouvrière française connu pour sa combativité et son esprit de résistance. L'engagement anticolonialiste, anti-impérialiste et antifasciste de la CGT, le sacrifice héroïque de ses militants, de nombre de ses dirigeants, ont contribué à donner de celle-ci une image assez prestigieuse. Bernard Thibault a dilapidé cet acquis lié toute à la fois à notre histoire et à notre identité. Le département international de la CGT qui fut pendant des décennies un des plus importants secteurs de travail de la confédération, a été quasiment liquidé au bénéfice d'une immersion dans la bureaucratie syndicale bruxelloise. C'est là un gâchis considérable de voir une part de notre culture et de notre histoire syndicale réduite presque à néant! C'est d'ailleurs un sujet d'étonnement et d'incompréhension dans bien des syndicats du monde et sur tous les continents.
Même s'il subsiste certaines activités en particulier au niveau de fédérations ou de régions, on est très loin de ce qui a existé et fut un sujet de fierté légitime.

Fort logiquement du fait de l'évolution qui a été la sienne la CGT a été admise à la CES, Viannet ayant accepté les quatre conditions fixés par la CFDT et la CES! Depuis, mais ce fut une formalité, Thibault a fait rentrer la CGT, sans aucun débats interne véritable et par la petite porte, à la Confédération Syndicale Internationale (CSI) qui a succédé fin 2006 à la Confédération syndicale internationale des syndicats libres (CSIL), instrument syndical des puissances occidentales pendant la guerre froide et à la Confédération Mondiale du travail(CMT), d'origine confessionnelle soutenue par le Vatican!

Il y a évidemment une grande diversité au sein du Mouvement syndical international, diversité de situations, d'histoires, de pratiques militantes, toutefois ce que je constate c'est que jamais autant qu'aujourd'hui le besoin d'internationaliser les luttes a été si nécessaire! Nous vivons une situation par certains cotés paradoxale: le syndicalisme international est en crise et dans le même temps jamais l'exigence de solidarité internationale, d'internationalisme n'a été si forte! Cette situation contradictoire tient beaucoup au fait que les syndicats des pays riches qui ont dirigé et dirigent encore le mouvement syndical international sont, pour paraphraser Enrico Berlinguer, arrivés à un point d'épuisement de leur démarche et de leur vision du syndicalisme. Ce syndicalisme-là est sans aucune exception quasiment inaudible, assez déliquescent, marginalisant de ce fait les travailleurs et leurs intérêts. A contrario, on assiste depuis plusieurs années, en particulier en Amérique latine et en Asie, à des renouvellements et des résultats importants. La dernière grève générale en Inde a mobilisé près de 60 Millions de travailleurs. En Amérique Latine le mouvement syndical occupe une place originale dans ce vaste mouvement populaire qui a permis non seulement des changements politiques, mais, à travers ces derniers, la récupération et le contrôle des richesses nationales au service de la justice sociale! Le mouvement syndical est ainsi au premier rang du combat pour l'indépendance et la souveraineté nationale, et pour un contrôle populaire au travers de véritables pouvoirs de décisions et non des droits de contrôle comme c'est souvent le cas dans les pays industrialisés, droits de contrôle qui sont des hochets que l'on accorde aux travailleurs et à leurs syndicats.

Si certains, notamment dans le mouvement syndical européen, continuent avec arrogance à se considérer comme un modèle, ils devraient réfléchir avec humilité à leur bilan et tirer les conséquences de leurs actes. Depuis 25ans ils ne peuvent se prévaloir d'aucun résultats et ils ont perdu des millions d'adhérents comme c'est le cas en Allemagne, en Grande Bretagne et sans parler ici des États-Unis, causant de ce fait un formidable préjudice à ceux qu'ils sont censés représenter! Fort heureusement il en va autrement dans beaucoup d'autres pays du monde, en particulier dans le tiers monde!



R/ Pouvez-vous revenir pour nos lecteurs sur l'histoire de la Fédération Syndicaliste Mondiale (FSM) et de sa concurrente, la Confédération internationale des syndicats libres" (CISL). Ces types d'organisation sont-elles encore d'actualité ?



Il y a dorénavant deux confédérations syndicales internationales : la CSI et la FSM! La CSI est issue de la fusion de la CISL et de la CMT. La CISL est le résultat de la scission de la Fédération Syndicale Mondiale en 1949 sur une base anticommuniste et au tout début de la guerre froide, perpétrée par l'AFL-CIO et les dollars de la CIA, les TUC Britanniques, etc... La FSM avait été créé en 1945 dans le contexte de la victoire sur le fascisme par la majorité des confédérations syndicales du monde. la CGIL italienne, tout comme la CGT française, les syndicats soviétiques, les TUC britanniques ou encore le CIO des États-Unis étaient parmi les fondateurs!

La FSM longtemps la première organisation syndicale internationale en nombre d'affiliés a évidemment subi le contre-coup de l'effondrement de l'URSS et des régimes communistes d'Europe de l'Est! Après une période de stagnation, il est intéressant de noter qu'elle occupe de nouveau une place originale en se revendiquant des principes du syndicalisme de classe et d'une démarche anti-impérialiste! Organisée dans plus de 130 pays dont beaucoup de pays du tiers monde, elle compte plus de 120 millions d'adhérents ce qui en fait une organisation incontournable. Son congrès de La Havane en décembre 2005 a constitué en quelque sorte un nouveau départ, en rupture avec les pratiques anciennes de cette organisation, que met en œuvre une une nouvelle direction, beaucoup plus dynamique! Enfin sa crédibilité s'est renforcé par une démarche très unitaire et ouverte à des grandes centrales syndicales sans affiliation internationale, avec lesquelles elle travaillent concrètement comme le CITU de l'Inde, le Zenroren du Japon ou encore la confédération des syndicats de Chine et bien d'autres! Cette évolution a contribué à son renforcement particulièrement significatif avec la récente affiliation de la CTB du Brésil issue de la grande centrale latino américaine, la CUT !

Cela dit, une majorité d'organisations syndicales dans le monde n'appartiennent à aucune centrale internationale. Cela tient au fait que l'institutionnalisation du syndicalisme international ne réponds pas aux besoins concrets de luttes et d'organisation à l'échelle mondiale comme au niveau des groupes transnationaux. Il y a un énorme besoin d'articulation depuis le local c'est-à-dire depuis l'entreprise jusqu'au niveau international. Par ailleurs, le syndicalisme souffre d'une approche restrictive de sa vision du monde du travail, avec le développement de la précarisation, du travail à domicile, du travail informel, du chômage, des millions et de millions de travailleurs échappent aux formes d'organisations traditionnelles d'un syndicalisme qui organisent essentiellement ceux qui ont des droits et sont protégés par des conventions collectives. Pour lui, il faut donc s'ouvrir et de toute urgence à cette réalité d'une classe ouvrière qui a été profondément bouleversée par l'offensive du Capital!


Comment le syndicalisme réfléchit-il à sa propre crise, à sa capacité non seulement à représenter le monde du travail tel qu'il est devenu, mais aussi à proposer une vision, une analyse syndicale et globale de la mondialisation qui puisse déboucher sur des objectifs? Comment formule-t-il un projet cohérent, une alternative, et, par conséquent, la vision d'un autre monde possible qui ne peut être celui de la soumission du travail au capital ? Ce débat nécessaire a eu lieu à La Havane, insuffisamment certes, mais, néanmoins, il a eu lieu ! En fait cette réflexion traverse toutes les organisations syndicales et, parce que rien n'est uniforme, il est là une raison de plus pour encourager la discussion et ne pas chercher à répondre à des problèmes aussi fondamentaux par des réponses uniquement organisationnelles et institutionnelles ! Il faut donc se garder d'une vision uniforme du syndicalisme. Comme il existe un débat dans la CGT, il en va de même dans toutes les organisations syndicales et celles-ci sont loin de l'uniformité que l'on nous présente parfois. Aux USA, en Allemagne, en Italie, en Afrique du Sud ou au Brésil et dans bien d'autres pays il y a des syndicaliste qui défendent des conceptions de luttes, de luttes de classes, démocratiques et unitaires même si les dirigeants de leurs confédérations se situent eux sur un tout autre terrain!

En fait quels sont les choix qui se posent au syndicalisme ?

S'agit il d'humaniser la mondialisation, de la réguler dans le cadre de ce que les employeurs décident ou au contraire s'agit-il de contester les choix du capital, de remettre en question la propriété et les pouvoirs de décision du lieu de travail jusqu'au niveau de l'État ?

A ces questions on serait bien en peine de trouver des réponses en termes d'objectifs et d'actions dans le « big bang » qu'avait annoncé la CISL, CMT, la CES et en France toutes les confédérations CGT comprise avec la création de la CSI. Je constate d'ailleurs que dans les propres rangs de ces organisations de nombreuses critiques et des désaccords tout aussi nombreux continuent à s'exprimer. Comme celle-ci venant d'un dirigeant de la CISL: « [...] il n'y a aucune analyse quant à la nature actuelle du capitalisme qui pourtant a conduit à un tournant au détriment du monde du travail, aucune analyse de ce qu'est la classe ouvrière aujourd'hui ! Peut-on reconstruire la force du Mouvement dans la perspective d'une lutte avec le capital transnational avec comme seule ambition pour la nouvelle internationale d'exercer plus d'influence sur la Banque Mondiale et le FMI ? »

Avec la profondeur de la crise le capital, qu'il soit français, européen ou international, partage au moins une même vision : le code du travail et les réglementations sociales sont autant de carcans qui freinent la compétitivité. Il faut donner la liberté d'agir aux entreprises en se débarrassant de tout ce qui peut l'entraver. Ainsi au plan international, les négociations au sein de l'OMC constituent un des lieux privilégiés de cette offensive. Après le G20 de Washington, l'accent est mis sur les responsabilités du FMI, si bien que l' Organisation Internationale du Travail revendique depuis longtemps un nouveau partenariat avec cette institution en faveur d'une nouvelle gouvernance ! Qu'en disent et que feront les syndicats à l'initiative de ces projets rétrogrades ? Que proposeront-ils comme projets de lutte et comme alternatives ? Une campagne mondiale pour le travail décent qui débouche sur une mise en cause des conventions et normes sociales édictés par l'OIT depuis sa fondation? Mais suivre cette voie ce serait pour le syndicalisme pratiqué vis-à-vis de lui-même une forme d'hara-kiri! Est-il prêt à ça ?

Il ne saurait y avoir de perspective pour le syndicalisme, a fortiori pour le syndicalisme de classe, sans qu'il revienne à des règles et à des principes, à des fondamentaux comme l'on dit aujourd'hui!

- sans une attitude résolue face au Capital, c'est-à-dire une attitude fondée sur l'action encouragée, coordonnée, articulée en permanence au plan professionnel et interprofessionnel depuis l'entreprise jusqu'au niveau national et international. Aucune forme d'action ne saurait être privilégié au détriment d'une autre. La négociation ne peut être que le résultat de l'action! On ne saurait dissocier les objectifs les uns des autres quand c'est toute la politique du Capital qu'il faut confronter!

- il doit viser au rassemblement de toutes les victimes du Capital et sans exclusive aucune : les travailleurs avec droits comme les travailleurs sans droits, les jeunes et les plus agées, les hommes et les femmes, les nationaux et les migrants.

- il doit rechercher en permanence l'unité sans a priori, et sans exclure qui que ce soit de l'entreprise à l'international et prendre des initiatives concrètes en conséquence.

- il doit être placé sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes, leur consultation et le respect scrupuleux de leur pouvoir de décision.

- il doit être dans son fonctionnement, comme dans l'élection de ses dirigeants, représentatif des travailleurs et rompre avec la bureaucratisation, la corruption, l'institutionnalisation et des comportements étrangers au mouvement ouvrier.


R/ L'Amérique latine est actuellement le cadre de nombreuses expériences politiques qui allient la construction du socialisme et la défense de l'indépendance nationale face à l'impérialisme US. Vous vous êtes rendu plusieurs fois à Cuba, que pensez-vous des acquis de la révolution et de la situation économique et sociale dans l'île ? Les réformes entreprises par Hugo Chavez commencent à porter leurs fruits au Venezuela? Que pouvez-vous nous dire sur les transformations au sein de ce pays?


Des changements rapides et profonds sont en train de transformer l'Amérique Latine et la Caraïbe. Parce qu'ils s'opèrent à travers une démarche globale c'est-à-dire : politique économique, sociale et culturelle. Et ces changements ne sont pas sans faire réfléchir bien d'autres régions du monde! Après des siècles de colonisation, de pillage, de corruptions, de mise sous tutelle par les États-Unis, d'années de répression barbare par des dictatures sanguinaires, la force et l'unité du mouvement populaire a modifié complètement la donne. Qui aurait pu imaginer cela, en moins de 20 ans après l'effondrement de l'URSS? Non seulement Cuba et son peuple ont résisté avec héroïsme, mais cet exemple contagieux a encouragé tous ceux qui luttaient pour une autre alternative, pour un autre avenir que celui décidé par le "Concenssus de Washington". Décidément il n' y a que les batailles qu'on ne mènent pas qu'on ne gagnent pas.

Il y a bien sûr une grande diversité de situations, et les gouvernements de gauche ou de centre gauche qui se sont imposés ces dernières années à travers des élections ont tous en commun qu'ils ont été portés en avant par de puissants mouvements populaires ou, par ailleurs, les populations indigènes ont joué un rôle considérable! Cela s'est fait dans un contexte marqué par l'agressivité et la brutalité des stratégies impérialistes pour imposer leur suprématie au reste du monde. Celles-ci ont été mise en échec , l'infaillibilité des États-Unis s'est ainsi trouvée questionnée comme jamais auparavant. Il ne s'agit pas d'idéaliser les choses, prendre ses désirs pour des réalités, mais ces changements sont indiscutables! Il est clair qu'en mettant en échec le traité de libre échange des Amériques ( ALCA), les peuples d'Amérique latine ont imposé une autre vision des choses. Cette défaite de l'hégémonisme et de l'unilatéralisme a eu une valeur pédagogique sans laquelle l'ALBA ( Alternative bolivarienne des Amériques) n'aurait jamais vu le jour. Il est donc possible de dire NON à Washington et de construire autre chose en comptant sur ses propres forces!

C'est ce que font aujourd'hui la plupart des États latinos américains en reprenant en particulier par la nationalisation le contrôle de leurs richesses nationales que les transnationales, particulièrement US et Européennes, exploitaient avec cynisme au détriment du développement des peuples de cette vaste région. Une attitude plus résolue face à la dette, le départ ou la prise de distance du FMI et de la Banque mondiale; en 2006, Correa, président de l'Equateur a même déclaré "persona non grata" le représentant de la BM, une coopération sans précédent par une intégration régionale plus poussée bilatéralement et multilatéralement, des initiatives comme la Banque du Sud ou encore de grands travaux à l'échelle du continent comme le gigantesque projet de raffinerie "Abreu e Lima" entre le Venezuela et le Brésil, enfin une réorientation des relations internationales par le développement sans précèdent des relations sud/sud en particulier avec l'Asie bouleversent complètement les données de la géopolitique !

Dans ce contexte, il est indéniable que le dynamisme d'Hugo Chavez, la fermeté dont il fait preuve et par-dessus tout la vision politique anticipatrice qui est la sienne contribue à favoriser ce mouvement, mais il n'est pas le seul et il n'est pas seul! Rétrospectivement il faut vivre en Amérique Latine pour mesurer à sa juste valeur l'influence de la vision cubaine et la pensée, tout particulièrement celle de Fidel Castro, qui a irrigué pendant un demi-siècle la pensée politique du continent. Elle prouve aujourd'hui toute sa validité à travers cette situation nouvelle. Cent soixante-quinze ans après, le rêve de Simon Bolivar d'une unité latino américaine prend forme! Cela n'est pas tombé du ciel, c'est le résultat d'un combat pour la dignité, la souveraineté, l'indépendance et la solidarité. Rien n'est jamais acquis de façon définitive, mais une chose est certaine, les peuples d'Amérique latine et de la Caraïbe sont plus forts, et même si les inégalités sont indiscutables et si les défis sociaux sont considérables, les choses ont commencé a changé ! L'impérialisme d'ailleurs ne s'y trompe pas en multipliant les agressions, de plan Colombie en plan Panama, de blocus économique en tentatives de coups d'état ou encore en recherchant par la partition et l'éclatement de certains pays la déstabilisation politique de ceux parmi les plus déterminés dans l'affirmation et la défense de leur souveraineté. Pour l'heure cette stratégie a échoué et la solidarité latino américaine joue à plein comme on l'a vue après l'agression de la Colombie contre l'Equateur!

Bien sûr, la lucidité commande de voir les choses en face. Le changement, a fortiori à cette échelle, n'est pas un long fleuve tranquille, il y a des attentes, des insatisfactions, des erreurs, mais ce qui importe c'est la tendance des choses. Au Brésil où 50 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, il faut mesurer ce que représente l'arrivée de l'électricité dans un foyer qui en a toujours été privé! Aujourd'hui, cent quarante-huit municipalités ont été déclarés "libres de l'alphabétisme" en Bolivie grâce à la solidarité cubaine et vénézuélienne. Enfin, comment ne pas évoquer dans le domaine de la santé l'opération Milagros (miracle) qui a permis de libérer de la cataracte 208.000 malades de vingt-un pays latino-américains grâce, encore une fois, à la solidarité Cubaine et Vénézuélienne. Comme le dit Fidel Castro « la guerre contre le sous-développement, la pauvreté, la faim est la seule guerre vraiment humanitaire. »



R/ Vous avez participé activement à la campagne du NON lors du référendum sur la constitution européenne. Pensez-vous que l'Europe technocratique de Bruxelles ait amélioré les conditions de vie des travailleurs européens ? L'idéologie libérale qui domine dans sa logique de « réforme » conduira-t-elle à l'effacement définitif de nos derniers acquis sociaux ?

Il n'est pas de domaine où l'Europe ne soit synonyme de régression. Sur le plan économique c'est un véritable fiasco, la récession est partout à l'ordre du jour et la vassalisation économico-financière vis-à-vis de notre suzerain, pardon partenaire, nous entraîne chaque jour un peu plus vers de nouvelles catastrophes dont les peuples européens payent l'addition! Le sommet de Washington a, non seulement accouché d'une souris, mais on a vu comment Bush et son administration considérait l'Europe et son président, c'est-à-dire avec le plus profond mépris! Sur le plan social l'Europe de l'emploi est une farce, certes tragique, il n'y a guère que la CES pour encore justifier l'injustifiable et se déclarer prête à négocier plus de libéralisation et de précarité! Sur le plan politique l'échec de Lisbonne a vu sa confirmation après le référendum irlandais, et il y a fort à penser que si on généralisait ce principe démocratique de consultation des citoyens, l'Union européenne tremblerait elle-même sur ses bases! C'est à un tel point d'ailleurs que le rapport Cohen-Tanugi intitulé " Euromonde 2015", rien que ça, préconise de modifier les constitutions nationales parce que souligne l'auteur: "On ne peut plus faire de référendums nationaux"! Il suffisait d'y penser! Sur le plan de la sécurité, jamais l'Europe, depuis la Deuxième Guerre mondiale, ne s'est trouvée confrontée à autant de risques de conflits! Au point dit-on que Sarkozy voudrait voir se calmer le jeu entre Russes et Étatsuniens avec cette affaire de bouclier de défense antimissiles à laquelle, non sans raison, les Russes viennent de répondre! Sur le plan de l'élargissement à l'Est, même avec des mercenaires comme la plupart des régimes en place, c'est très désordre, et si on ajoute l'irresponsabilité des présidents Ukrainien et Géorgien, on prend des risques très sérieux! Sur le plan militaire l'intégration total à l'OTAN dans le dispositif et la stratégie des États-Unis propulse l'Europe aux quatre coins de la planète, comme en Afghanistan et avec les résultats que l'on sait.

Cette énumération je pourrai la poursuivre! L'Europe est un fiasco et est un danger à commencer pour les Européens eux-mêmes. Elle est à l'image de la crise du système capitaliste dont elle est issue, et il ne pouvait en être autrement, technocratique ou pas! C'est la nature même de la chose qui produit de tels effets! A mes yeux, il n'y a donc pas d'arrangements possibles, sauf à vouloir choisir le pire! Cela appelle des décisions politiques conformes à ce que les peuples attendent, et franchement aujourd'hui ce n'est pas du coté de l'Union européenne qu'ils attendent une réponse à leurs problèmes et à leurs interrogations quant à leur avenir. A y regarder de plus près ce serait même plutôt l'inverse!

On dit qu'au dîner des chefs d'état à l'occasion du sommet du G20 à Washington, Georges Bush était flanqué à sa droite de Lula, à sa gauche de Hu Jintao et du roi d'Arabie Saoudite, et que le président de l'Union Europénne était lui relégué en bout de table, mécontent disent les mauvaises langues. Sans commentaires!


R/ En France et en Europe, sur quelles bases pourrait se mettre en place une alternative au système capitaliste ? Celle-ci est-elle encore possible ?


Ce n'est pas la France et l'Europe seuls qui ont besoin d'alternative au capitalisme, c'est le Monde, l'humanité toute entière! Cette réponse c'est le socialisme, et lui seul peut relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Oui, plus que jamais, le choix est bien entre "socialisme ou barbarie"


ll le faut et c'est une responsabilité qu'il nous faut assumer, car au final dans des conditions différentes, mais partout ne sommes-nous pas confrontés à une même logique, celle du marché, c'est-à-dire à la recherche du profit le plus élevé ? Ne sommes-nous pas, par ailleurs, confrontés aux mêmes adversaires ? Ne faut-il pas, par conséquent, affirmer cette exigence forte : « Le monde n'appartient pas aux multinationales, il est le nôtre » et en tirer les conséquences en termes d'objectifs et de lutte ?

Prenons un exemple, celui du plein emploi pour tous et partout dans le monde. Il s'oppose à toute solution d'adaptation ou d'accompagnement. En fait, la généralisation du concept d'"employabilité" a permis aux États-Unis de passer d'une société de pauvres sans emploi à une société de pauvres avec emploi. C'est ce que nous connaissons en France avec le CPE ! Il faut donc prendre le contre-pied de ces orientations que l'on cherche à imposer au nom de la lutte contre le chômage et la pauvreté, et il faut le faire à partir d'une approche globale. Il en va de même avec le problème des délocalisations ou de la défense des services publics !

C'est pourquoi, les peuples, les travailleurs, leurs organisations ont plus que jamais besoin d'internationaliser leurs luttes, d'articuler celles-ci depuis leurs lieux de travail, leurs villages, jusqu'à l'échelle mondiale, en favorisant et en coordonnant leurs actions dans les groupes multinationaux à travers leurs syndicats, leurs partis comme à travers les communautés...

Il s'agit de construire et multiplier les réseaux, les contrepouvoirs face aux institutions supranationales, aux institutions financières, aux puissances hégémoniques qui s'arrogent le droit de décider pour le monde. Il s'agit de se donner les moyens d'un vaste débat tout autant sur la stratégie que sur les contours qui devraient être ceux d'une société capable de mettre l'ensemble des ressources productives du monde au service des besoins et des aspirations des travailleurs et donc des habitants de la planète.

Ce qui est décisif et radical dans cette situation, c'est que l'internationalisme aujourd'hui ne saurait se réduire à une pétition de principe, voire à une aspiration morale. Il doit se concrétiser en termes d'engagements concrets, de comportements conséquents et déjà à partir des réalités nationales auxquelles tous sont confrontés. Pour le dire clairement, il s'agit de se doter d'un programme et d'une pratique sociale effectivement internationaliste de telle façon qu'elle soit d'abord capable d'affaiblir les positions du capital dans son propre pays pour prétendre avancer vers des succès globaux et continentaux.

Dans cet esprit, la solidarité internationale n'a d'intérêt que si elle peut contribuer à la mise en mouvement des travailleurs et des peuples et, par conséquent, à la réalisation de leurs objectifs propres. Ce qui renvoie aux orientations, aux priorités, aux méthodes, aux moyens et aux formes d'organisations dont on disposent si l'ont veut prétendre peser sur la politique mise en œuvre tant par les entreprises et les institutions que par les gouvernements.

Jean-Pierre Page

APPEL DE LA CGT FORD

Appel de la CGT-Ford : Mobilisation générale pour la défense des emplois



Les salariés de Ford Blanquefort ont intensifié la lutte pour la défense des emplois depuis février 2007, date de la première manifestation en dehors de l’usine. Dès le début, nous avons insisté sur les menaces pour les 1700 emplois à Ford mais aussi pour les 10 000 emplois indirects dans la région, concernés par l’activité de Ford. De plus, le danger pèse lourdement sur le site voisin de GFT (Ford à 50 %, un millier de salariés. Enfin, toutes les communes de Gironde seront touchées par des pertes financières importantes du fait de la taxe professionnelle liée à Ford (péréquation, au total ce sont 35 millions d’euros).



La résistance des salariés de Ford a poussé la direction à chercher des repreneurs pour éviter une fermeture du site, elle a aussi poussé les pouvoirs publics et l’Etat à intervenir dans le processus.
Les échéances approchent car c’est à la fin du mois (réunions des 20 et 25 novembre) que les solutions « trouvées » devraient être annoncées. Mais qu’il y ait repreneur ou pas, l’avenir est très sombre car « au mieux » seule une partie des emplois seraient sauvée. Et les choses peuvent aller très vite car les intentions de la direction seraient de se débarrasser du site pour le 1er janvier.



Ford Blanquefort est une des plus grosses entreprises du privé. Nombreux, les salariés mobilisés ont eu les moyens de se faire entendre (voir la médiatisation de notre lutte). Nous avons mis en place des comités de soutien grâce à des élus locaux, des militants associatifs ou politiques, des salariés d’autres entreprises, des habitants conscients que l’enjeu était régional.



Mais cela ne suffit pas car le problème n’est pas uniquement d’apporter un soutien ou une solidarité aux salariés « Ford ». Il s’agit tout simplement de l’emploi de tous. Il est donc nécessaire d’impulser une lutte d’ensemble contre les licenciements, contre les fermetures d’usines. Cela fait des années que nous assistons à une catastrophe sociale. Ces derniers mois, Arena, First Metal, Soferti ont fermé, Solectron est en cours de liquidation. Des centaines, voire des milliers, d’emplois ont disparu et vont disparaître en conséquence dans les années qui viennent. A chaque fois, les salariés se sont battus pour empêcher l’issue fatale. Mais à chaque fois, ces luttes sont restées isolées et n’ont pu créer un rapport de force favorable.



Aujourd’hui, Ford est menacé à court terme. Mais nous ne sommes malheureusement pas les seuls à plus ou moins long terme. Dans l’automobile, les salariés des Fonderies du Bélier sont en danger. Dans l’aéronautique (Dassault, Sogerma …) dans les poudreries (SME/SMPE …), dans les services publics (poste, hôpitaux, éducation …), partout il y a des restructurations et des risques de suppressions d’emplois. Cette situation est alarmante et nous impose de réagir.



Oui il y a urgence. Une initiative doit être prise pour organiser un mouvement d’ensemble de tous les salariés de la région pour la défense des emplois.
Nous nous adressons aux organisations syndicales, aux collectifs, aux partis politiques de gauche, aux associations, à la population pour que soit préparé dès maintenant le « tous ensemble ». Nous proposons une rencontre de tous pour débattre des perspectives immédiates. Il nous apparaît nécessaire d’organiser une manifestation à Bordeaux avant la fin de l’année, à l’image de ce qui s’est passé au Havre le samedi 8 novembre : manifestation unitaire à l’appel des organisations syndicales, politiques, associatives.



Il y a urgence pour toute la population. Nous espérons que la lutte des « ford » puisse servir de point d’ancrage pour un élargissement de la mobilisation. Nous espérons aussi que la journée de mobilisation pour la défense de l’emploi du 26 novembre (dont la CGT nationale et locale sont parties prenantes) puisse être une étape vers la construction d’un mouvement unitaire.



C’est tout le sens de l’appel que nous faisons aujourd’hui.



La CGT Ford, le 18 novembre 2008

vendredi 21 novembre 2008

FRONT SYNDICAL DE CLASSE

Collectif Front Syndical de Classe Nord Pas de Calais




Le Collectif régional Nord Pas-de-Calais mis en place à l’issue de l’Assemblée Générale du 27 septembre, s’est réuni à Douai ce mardi 19 novembre 2008.

Le point a été fait sur les luttes qui se sont menées dans le Douaisis suite aux attaques de la direction de l’UD Nord et de la direction confédérale de la CGT contre l’UL de Douai et la section syndicale CGT de Renault.

La situation de l’emploi, tout particulièrement dans l’automobile (y compris les équipementiers) a été analysée. Un chiffre résume la situation : 50 000 à 60 000 emplois sont menacés dans le Nord Pas-de-Calais : chômage prolongé, licenciements. Ceci dans les jours et semaines qui viennent. Il faut ajouter tout ce qui découlera de cette paupérisation accélérée (fermetures en cascade, petits commerces, services publics, etc.).

La première grande bataille va se mener autour de l’automobile. Déjà les camarades de Renault et de l’UL de Douai sont sur le pied de guerre. Une manifestation interpro est prévue sur le Douaisis le jeudi 18 décembre.

Par ailleurs, le mouvement lycéen semble démarrer.




Les décisions :

réaliser un appel clair, à faire signer massivement (tout en continuant à faire signer l’appel aux directions syndicales) exposant nos revendications sous forme d’interpellation des forces et hommes politique. L’appel intégrera des notions claires : salaire mini 1600€ net, sur l’éducation nationale et les lycéens... Il vise l’unité populaire : classe ouvrière, lycéens, étudiants, quartiers, travailleurs indépendants .... Il s’agit tout en menant les débats et luttes internes aux syndicats contre les réformistes, (préparation des Congrès...) de construire le tous ensemble et en même temps tout en renforçant l’outil syndical. Le verso de cet appel contiendra les grands axes de l’analyse de la crise aujourd’hui : la situation actuelle et les moyens de s’en sortir. Le tout à faire signer massivement dans les manifs qui viennent.

Transmettre ces propositions à l’ensemble des camarades, structures, etc. mis en place autour de l’appel aux directions syndicales.

Proposer rapidement (courant décembre ou tout début janvier) une réunion des collectifs mis en place Nord de la France.

Voir les syndicats CGT proche de nous (Arras, Lillers...)

Selon les opportunités, organiser ailleurs des rassemblements unitaires, comme à Douai, dans la région et en France.

Il faut se mobiliser pour sauver la POSTE

Pôle de Renaissance Communiste en France

Communiqué de la commission luttes et syndicalisme
Après le grand succès de la grève dans l'Education Nationale, tous ensemble
pour La Poste publique, les services publics et les acquis populaires

Le gouvernement entend privatiser la Poste et la livrer aux appétits du grand capital privé. Pour le PRCF, la Poste doit rester un service public et un monopole d'Etat au service de l'ensemble de la population sur l'ensemble du territoire.
Car le but des capitaux privés et des grands actionnaires n'est pas de satisfaire les besoins de la population mais de réaliser, quels qu'en soient les moyens, le profit maximal, au détriment de toute autre considération. Comprimer les salaires, casser les protections des salariés, sacrifier ce qui est moins rentable (productions utiles, santé des salariés, environnement), déplacer les capitaux vers tel pays, vers telle production (les armes plutôt que les médicaments), telle est la règle du profit maximal des maîtres de l'économie. Dès lors, privatiser la Poste (ou l'éducation, la santé, l'énergie, les transports...), c'est être certain que la satisfaction des besoins essentiels de la population ne sera plus assurée et que primeront les seuls intérêts des grands actionnaires. France-Télécom, GDF, les chemins de fer britanniques ou l'électricité californienne illustrent à l'envie les ravages qu'entraînent les privatisations : casse des statuts, explosion des tarifs, dégradation du service, augmentation des accidents...
Or, depuis plus de 20 ans, les monopoles capitalistes ont entrepris de privatiser tous les secteurs rentables qui leur échappaient, en particulier en France où le mouvement populaire guidé par des organisations de classe a réussi à imposer de nombreuses nationalisations, en 1936 mais surtout en 1945. Cette politique de privatisation tous azimuts (qui peut d'ailleurs très bien s'accommoder de nationalisation partielle quand il s'agit de sauver les profits des grands groupes) est pilotée au niveau continental par l'Union Européenne qui, conseillée et contrôlée par les grandes multinationales, multiplie règlements et directives imposant l'ouverture des « marchés » à la concurrence et les privatisations. Tous les gouvernements successifs ont appliqué cette politique avec zèle (mention spéciale à ce sujet à la gauche plurielle et aux dirigeants du PCF qui en sont venus à gloser sur les privatisations progressistes !) et aujourd'hui, le démantèlement en cours de la SNCF suite à l'ouverture à la concurrence des transports ferroviaires, celui de l'Education Nationale ou de la Sécu solidaire participent de cette vaste entreprise.
Concernant la Poste, le processus de privatisation a été engagé par le PS (loi Quilès-Rocard en 1990) puis accéléré à travers les ouvertures successives à la concurrence, l'externalisation et la filialisation de différentes activités (Colis, banque postale...), la fermeture de nombreux bureaux de postes et centres de tri, le redécoupage régional, le recrutement de personnels précaires... Le tout accompagnant les directives européennes successives dont la dernière prévoit la « libéralisation » totale du courrier en 2001. Aujourd'hui, au-delà des prises de positions tactiques du gouvernement, au-delà des commissions installées pour donner le change et permettre à certains états-majors syndicaux de faire croire au « dialogue social », le cap est fixé. Ainsi que le rappelle Henri Guaino, conseiller de Sarkozy : la privatisation de la Poste est « une nécessité européenne ».
Face à cette menace, de nombreuses initiatives et luttes se développent : grève majoritaire des postiers le 23 septembre, manifestation à Paris ce 22 novembre, « appel pour la Poste » lancé par une cinquantaine de syndicats, d'organisations politiques ou associatives, « Appel de Roquebrun » signé par des milliers d'élus locaux pour le rétablissement du monopole public et des bureaux de postes....
Le PRCF soutient toutes ces initiatives, à commencer par l'action déterminée des postiers, en soulignant toutefois la contradiction à voir le PS signer « l'appel pour la Poste » alors qu'il a activement participé au processus de privatisation. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que cet appel ne dit pas un mot des responsabilités européennes. De même, il peut être dangereux de réclamer un référendum en s'appuyant sur la révision constitutionnelle de Sarkozy, en laissant croire que la perspective gagnante serait de réunir 4 millions (!) de signatures pour que les députés (à majorité UMP faut-il le rappeler) puissent se prononcer sur la tenue (ou pas) d'un tel référendum. On gage que d'ici là, la privatisation aura été réalisée depuis belle lurette.
En réalité, c'est bien plutôt par la création d'un rapport de forces à travers le pays que l'on parviendra à imposer le maintien et le développement de la Poste comme service public monopole d'État. Ce rapport de forces doit s'appuyer sur la mobilisation des agents et des usagers mais aussi sur la convergence des revendications de défense du service public, qui rassemblent les enseignants en lutte, les cheminots, les électriciens-gaziers, les personnels hospitaliers, les agents de l'ONF ou ceux des impôts. Sans oublier les salariés du privé, victimes eux-aussi de la destruction des services publics, et de la politique euro-formatée du capital qui licencie et délocalise à tour de bras, comprime les salaires et ravage les droits du travail.
Au final, c'est en s'appuyant sur chacune de ces luttes puissantes mais aujourd'hui divisées et en les rassemblant contre leur adversaire commun que nous pourrons arrêter tous ensemble en même temps la terrible régression sociale imposée par Sarkozy, le MEDEF et leur UE de malheur.
Le 20 novembre 2008

mercredi 19 novembre 2008

ETAT REPRESSIF.

Démocratie, Etats de droit et Droits de l’Homme au Pays Basque

Winston Churchill a dit un jour « La démocratie, c’est quand on frappe à notre porte à 6 heures du matin et qu’on est sûr que c’est le laitier »…
Au Pays basque, tant au sein de la République française que dans la royaume de Juan Carlos, on sait bien qu’à cette heure matinale, il s’agit plus souvent de la police que du laitier.
Alors, quid de la démocratie ?
Si on ajoute à cet état de choses que les deux Etats disposent de juridictions spéciales -dont deux tribunaux d’exception- pour juger une certaine catégorie de citoyens fichés et étiquetés en fonction de leur niveau de contestation du système établi. Juridictions et juges qui, en toute indépendance-sic mais obéissant servilement aux ordres du pouvoir en place, arrêtent des militants à tours de bras, couvrent les tortures, emprisonnent des personnes par centaines, sans preuve et souvent sans délit, interdisent journaux, radios et partis politiques politiquement « non-alignés »…
Ils n’ont que le mot démocratie dans la bouche. Mais qu’en est-il donc de la démocratie ?
Une démocratie est-elle véritable quand une forte proportion de ses dirigeants politiques a été condamnée pour abus de biens sociaux, détournement de fonds et autres broutilles ?
Qu’en est-il de la démocratie quand le reste de ses dirigeants politiques se dit « responsable mais pas coupable » des homicides qu’ils ont commis « à l’insu de leur plein gré » ?
Quid de la démocratie quand une minorité de financiers avides de profits achète –au sens propre et figuré- les différents medias et la Justice avec la collaboration active d’une caste politique formatée pour agir au mieux de leurs intérêts ?
Quid de la démocratie malgré la mascarade d’élections à répétition dans lesquelles le citoyen-cochon de payant a le droit de choisir entre des candidats « politiquement corrects » soigneusement choisis par cette mafia economico/mediatico/politique ? Ou carrément achetés grâce à des millions d’euros destinés à « fluidifier les relations sociales », comme l’a dit sans sourciller un certain Didier Gautier-Sauvagnac !
Qu’en est-il de la démocratie quand les « représentants du peuple » annulent par leur vote le résultat d’un referendum populaire ? Ceci étant précisément un coup d’Etat contre la démocratie, au sens strict du terme !

C’est en partant de ce constat que trois militants ont décidé de ne plus répondre aux convocations des juges espagnols ou français. La Justice n’existe pas, comme l’a constaté un avocat-observateur allemand lors d’un procès à Madrid : « J’avais déjà vu des condamnations sans preuve mais, pour la première fois, j’ai vu des condamnations sans délit ».
Nous avons décidé, Jon Goio, Zigor Goieaskoetxea et votre serviteur, que nous ne serions pas acteurs volontaires d’une mascarade politico-judiciaire contre nos activités strictement politiques, publiques et transparentes. Nous opposerons la force de la raison à la raison de la force.
Il serait peut-être temps qu’élus de tous bords et organisations locales ou non, qui disent en petit comité et avec des mots choisis qu’ils ne sont pas d’accord, le fassent savoir en haut-lieu d’une voix suffisamment forte et collective. Sinon, nous serons amenés à penser qu’ils nous emmèneront à l’abattoir avec leur complicité passive.
Espérons qu’une certaine histoire ne se répète pas et que le poème qu’on prête à Bertold Brecht s’avère obsolète… Souvenez-vous :
« Quand ils ont emmené les juifs, je n’ai pas bougé, je n’étais pas juif.
Quand ils ont emmené les communistes, je n’ai pas bougé, je n’étais pas communiste.
Quand…
Quand…
Quand ils m’ont emmené, personne n’a bougé, j’étais le dernier »

Charles « Xarlo » Etchezaharreta
64240 Hasparren

NON à la CASSE de l'education nationale!!!

Communiqué de la commission luttes et syndicalisme


NON À LA CASSE DE L'EDUCATION NATIONALE

et de l'ensemble des acquis populaires


Ce sont toutes les organisations syndicales de l'Education Nationale, de la Maternelle à l'Université, qui appellent à la grève ce jeudi 20 novembre. Après la réussite de la manifestation du 19 octobre, les personnels de l'Education Nationale vont à nouveau faire entendre leur profond mécontentement et leur refus de la casse du service public d'éducation.




Celui-ci est en effet la victime en série des destructions d'emplois publics organisées, sous pilotage européen, par les gouvernements successifs et accélérées par Sarkozy. Après les dizaines de milliers de postes d'enseignants supprimés ces dernières années, ce sont 13500 postes qui vont disparaître en 2009 puis à nouveau 80000 d'ici 2012 ! Les conséquences sur l'Ecole de ces saignées à répétition sont terribles : fermetures de classes, augmentation du nombre d'élèves par classe, extinction des dispositifs d'enseignement adapté, diminution des heures de cours et des offres de formation. Et les différentes réformes engagées (refonte des programmes, suppression de deux heures d'enseignement hebdomadaires et casse des RASED dans le Primaire ; « socle commun de compétences » minimales au collège ; réforme des Lycées professionnels avec la perte d'une année de formation pour le Bac Pro et la quasi-disparition des BEP ; réforme des lycées alignant le lycée français sur le mode de fonctionnement anglo-saxon, caractérisé par la faiblesse des contenus, l’inégalité devant la formation et l’exploitation sans limite des enseignants) visent, par-delà les discours de la propagande officielle, à accompagner cette réduction drastique du nombre d'enseignants et à construire une école publique « a minima » dans le droit fil des injonctions de la stratégie européenne de Lisbonne. Quant à l'enseignement supérieur, après la loi LRU (de privatisation de fait des universités sous couvert d’autonomie) et le début de démantèlement des organismes de recherche publique (notamment le CNRS), le gouvernement franchit une nouvelle étape en s'attaquant au statut des enseignants-chercheurs et aux concours de recrutement des enseignants du second degré appelés à obtenir un « permis d'enseigner » et à aller se « vendre » auprès des chefs d'établissement pour trouver un emploi.




Au final, c'est l'ensemble du service public d'éducation qui est désossé pendant que l'enseignement privé se développe rapidement grâce à de généreux financements étatiques et que la disparition de la carte scolaire associée à la mise en concurrence des établissements renforce les inégalités par la création de véritables « ghettos » scolaires, avec des riches d'un côté et des pauvres de l'autre.




On se demande bien dans ces conditions pourquoi nombre d'états-majors syndicaux, au lieu de s'opposer frontalement à cette casse délibérée du système public d'éducation, se sont engagés si longtemps dans la fiction de « négociations » et d’un pseudo-« dialogue social » avec le gouvernement. Mais la situation est suffisamment grave et la colère suffisamment grande (notamment face à l'argument des déficits publics alors que le gouvernement et les institutions européennes trouvent des centaines de milliards pour sauver les profits des banquiers et exonérer les grandes entreprises de « charges sociales ») pour que, sous la pression de la base, les directions syndicales organisent une journée de grève unitaire.




Nul doute que la mobilisation sera forte dans les AG et dans les cortèges. Reste maintenant à éviter ce que les enseignants connaissent depuis des années et qu'ils dénoncent de plus en plus fortement, à savoir l'organisation de grandes journées d'action laissées sans suite et, de plus, isolées des autres mobilisations populaires.




Or, deux jours plus tard, le 22 novembre, les postiers et les usagers défileront contre la privatisation de la Poste et le 26 novembre, la CGT appelle à une journée d'action dans le pays. Pendant ce temps, les ouvriers du Livre et les agents de l'ONF sont en lutte contre la casse de leurs statuts et de leurs missions, les cheminots se battent contre la dérèglement de leur horaires de travail préparant la « concurrence libre et non faussée» avec le privé, les personnels d'Air France contre la retraite à 65 et 70 ans, les salariés de l'automobile contre la casse de l'outil industriel et les licenciements (alors que les dividendes versés aux grands actionnaires n'ont jamais été aussi élevés)... De même, les personnels hospitaliers se mobilisent progressivement contre le « plan Bachelot » avec un premier appel à la grève des médecins urgentistes au début du mois de décembre ; les personnels de la justice continuent à protester contre la réforme de la carte judiciaire et les pratiques liberticides du gouvernement...




Chacun de ces secteurs porte ses revendications propres mais tous combattent un même pouvoir euro-formaté qui détruit les services publics et et les acquis sociaux et démocratiques du peuple afin de servir au mieux les intérêts de ses parrains les grands actionnaires, les Bouygues, Bolloré, Dassault, Pinault, Rothschild et autres Lagardère. Dans cette terrible guerre de classe, les salariés ne pourront gagner sur leurs revendications particulières et générales qu'en créant un rapport de forces de haut niveau et en construisant, à partir des nécessaires luttes à la base, la seule perspective gagnante du « tous ensemble en même temps » contre Sarkozy, le MEDEF et l'UE du capital.

lundi 17 novembre 2008

ACTU VUE PAR LE PRCF

Pole position 16 novembre 2008
Le Pôle de Renaissance Communiste en France commente l’actu en direct sur internet

Sommet du G 20 :
A en croire le vibrionnant Sarkozy, relayé par son protégé « socialiste », le sieur DSK-FMI, le G20 tenu ce 15 novembre allait « refonder le capitalisme », rien moinsssse !

Mais Bush, soutenu par le « rénovateur » Obama, a eu tôt fait de rappeler à Sarko, qui est le vrai patron du capitalisme mondialisé. Et la montagne du G20 a accouché d’un inoffensif Mickey: en bref, « chacun pour soi et le Dieu dollar pour tous », pourquoi changer un système qui tue ?

« Réguler les marchés » ? Oui, mais sans contrôle légal et international précis. A quelques vœux pieux près, on continue : tout pour la finance, au besoin on pillera de nouveau le contribuable, en accentuant partout l’exploitation du travail, en mettant des millions d’ouvriers industriels au chômage, en désossant les services publics et en doublant le nombre d’enfants dénutris dans le tiers-monde !

Toute honte bue, Dabéliou a conclu le G20 sur un éloge de la sacro-sainte « économie de marché capitaliste » (diable, aurait-elle besoin d’être défendue ?)… et par un rappel à la Loi : le libre-échangisme mondial sera maintenu à tout prix...

Du moins pour les autres ; car Washington sait se protéger des importations indésirables avec sa monnaie de singe privilégiée et son protectionnisme déguisé en « sécurité sanitaire » : surtout pas de barrières douanières pour les autres, dès fois qu’un pays en voie d’écroulement industriel, comme l’actuelle Franceurope ravagée par la rupture sarkozyste, soit tenté de reconstituer son industrie et de protéger son marché intérieur au moment où le patronat automobile et aéronautique plonge ses salariés (Renault, Peugeot, Airbus, sans parler des sous-traitants et des équipementiers) dans l’angoisse du chômage technique, des licenciements et des fins de mois sans ressources ! A ce G20 de l’arrogance, le PRCF répond par la chanson du Communard J.-B. Clément, l’auteur du Temps des cerises :

Oui mais, ça branle dans le manche / Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche / Quand tous les pauvres s’y mettront !

Vous plastronnerez moins, Messieurs les pompiers-pyromanes du G20, si demain, prenant le contre-pied du G20, les peuples décident de mettre en accusation l’économie de marché capitaliste, et pas seulement quelques agents boursiers mal inspirés ?

Et si les travailleurs, refusant enfin la criminalisation du communisme et du marxisme dont les abreuvent la droite et la fausse gauche, finissent par soupçonner qu’à l’époque de la mondialisation des échanges, la propriété privée des moyens de production est un luxe que les gros actionnaires ne peuvent s’offrir qu’en détruisant le progrès humain ?

Et si les communistes, du moins ceux qui continuent de se réclamer de Marx et de Lénine, décidaient de mener ensemble une campagne de masse pour le socialisme, pour une économie planifiée, pour une démocratie populaire gérant un crédit et une grande industrie nationalisés au profit de tous ?

Et si la classe ouvrière de France décide, par un grand « tous ensemble et en même temps », de bousculer ses états-majors défaitiste de stopper la désindustrialisation de la France, l’étranglement des services publics et des acquis (travail du dimanche, retraite à 70 ans…) ? Et si les habitants de notre pays, par un réflexe de dignité, se dressent ensemble pour refuser la mise au rebut du français au profit du « tout anglais » et d’une américanisation forcenée de nos modes de vie ?

Et si, aiguillonnés par la crise, les vrais communistes, les syndicalistes de classe, les patriotes républicains, les francs progressistes, réfléchissent sans préjugé aux mots d’ordre simplement réalistes du « petit » PRCF : « sortir de l’UE du capital par la porte à gauche », (re-)nationaliser démocratiquement le crédit et les secteurs clés de l’économie, protéger de manière raisonnée le « fabriqué en France », construire de nouveaux traités internationaux progressistes préférant la coopération entre Etats progressistes à la ruineuse « concurrence libre et non faussée » ?

Et si les intellectuels progressistes comprennent enfin que l’ « ultra-libéralisme » n’est qu’un masque et une arme parmi d’autres du capitalisme monopoliste d’Etat qui a laissé tomber l’Etat-nation pour se mondialiser et se « continentaliser » sur le dos des travailleurs salariés et non salariés ?

Et si les internationalistes saisissent peu à peu, sous la férule de la crise, que l’Europe sociale est un leurre et que l’UE est une arme de destruction massive contre les souverainetés populaires ?

Et si les économistes « de gôooche, cessaient de diffuser la fable d’une « crise financière fragilisant l’économie réelle » ? Et s’ils expliquaient enfin que la « crise financière » n’est qu’un symptôme accélérateur de la crise globale de l’économie capitaliste ? Et s’ils expliquaient que la course au profit a provoqué une récession mondiale en écrasant pendant des décennies les salaires réels et le revenu des petits producteurs indépendants ?

Pour faciliter cette prise de conscience et aider aux mobilisations en cours, la commission exécutive du PRCF a décidé d’une campagne d’affichage sur les thèmes : « UE du capital : pour s’en sortir il faut en sortir » et « changeons pour le socialisme ». Le PRCF appelle les communistes, les syndicalistes de classe et les républicains, à s’unir pour mener campagne sur ces thèmes clairs.

Pour construire l’alternative progressiste, n’ayons pas peur de mettre en cause le capitalisme mondialisé, son U.E. de malheur et sa mortelle domination sur la France !

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF


Congrès du PS : de la crise ouverte à la recomposition de la vraie gauche
Malgré les conciliabules nocturnes parrainés par Hollande entre les « écuries » Aubry, Delanoe, Royal et Hamon, aucune « synthèse » ne s’est dégagée du congrès « socialiste » de Reims.
Horreur, les « militants socialistes » (quels militants ? y a-t-il encore autre chose au PS que des élus gérant la « décentralisation » euro-sarkozyste et des « clients » ?) vont devoir choisir eux-mêmes et comme des grands leur premier dirigeant…lequel risque fort d’être aussi le futur concurrent de Sarkozy.
On en frémit d’avance : Royal, on connaît et on aimerait tant oublier ! C’est la télévangéliste BCBG, cléricale et très « ordre moral », qui a promis à ses électeurs, au soir d’un second tour présidentiel au goût de cendres, de les « mener vers de nouvelles victoires » (sic). Le fait qu’elle soit désormais flanquée de Manuel Valls, le « socialiste » favori de l’UMP et des anti-laïques de tous poils, n’est pas fait pour rassurer !
Delanoe est provisoirement hors-jeu : l’éviction de ce « socialiste libéral », anglomane bien connu et enfant chéri des bobos parisiens, un homme qui célèbre à l’envi le Pape et le Dalaï-Lama, ne suscitera pas des suicides à la chaîne dans l’électorat encore partiellement populaire du PS…
Quant à Aubry, quelle pitié de constater que cette « européenne » fanatique, dont l’autoritarisme n’a d’égal que chez Delanoe et Royal, fait figure de social-démocrate classique ! Pourtant, la loi des 35 h dont elle fut la marraine, a été volontairement si mal conçue que sa dénonciation permet actuellement une contre-attaque ravageuse de l’UMP contre l’ensemble des acquis sociaux !
Quant à Hamon, si correct que soit son score, on voit qu’au rythme où il avance, il lui faudra vingt ans pour retourner la tendance… si entre-temps cet éléphanteau n’a pas négocié sa promo avec un présidentiable…
Quant au fond, et c’est le plus grave, aucune des tendances en concurrence ne remet en cause la « construction européenne » qui détruit la France laïque, républicaine et ouvrière. La majorité des députés « socialistes » a voté pour le Traité de Lisbonne qui est le copié-collé de la constitution européenne recalée par le suffrage universel. Il y a peu, Ayraud et le groupe « socialiste » au parlement ont marché dans « l’union sacrée » autour du plan Sarko-Lagarde de refinancement public des banques, alors même que le pouvoir privatise la poste, saque par milliers les postes de fonctionnaires et veut faire passer en force la retraite à 70 ans et le travail du dimanche… Jaurès, reviens, ils sont devenus de parfaites marionnettes du capital !
On comprend donc que J.-L. Mélenchon et Marc Dolez, dont les orientations laïco-républicaines sont intéressantes mais qui tardent à « décrocher » de la sacro-sainte « construction européenne » fédérale, aient quitté un navire PS qui usurpe le mot « socialiste » tout autant, -et ce n’est pas peu dire-, que Sarko usurpe l’épithète gaulliste et que le PCF muté et décaféiné de MGB usurpe le mot « communiste » !
Quelle aberration en tous cas, de la part de certains communistes qui se réclament de Marx et de R. Luxemburg, que de vouloir transformer le PCF en Parti des Communistes de France en affirmant que l’organisation en « tendances » serait un moyen d’unir les communistes en leur laissant plus de liberté ! Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un tel parti serait paralysé par ses divisions ; non seulement il ne servirait à rien aux travailleurs, mais il n’aurait rien de communiste : s’il attire les petits-bourgeois, les réformistes et les trotskistes, il répugnera aux ouvriers combatifs en quête d’avant-garde unie, capable d’animer avec courage le combat de classe.
C’est à construire un tel PC de combat que travaille le PRCF. Sa récente conférence nationale a prouvé que, même avec des moyens limités, une organisation où le « chefisme » est en horreur, où le marxisme, la proximité avec le monde du travail et le centralisme démocratique servent de boussoles, peut proposer aux travailleurs une alternative politique cohérente : il suffit d’y appliquer le centralisme démocratique qui, depuis Lénine, prescrit à la fois un large débat pendant les congrès, et l’application unanime des décisions prises.
En attendant, la crise aiguë du PS, dont la cause profonde est que ce parti a renié le socialisme (fût-il réformiste) et la rapide décomposition du PCF (dont la cause est qu’il a renié le communisme) font obligation
° à tous les vrais communistes de s’unir pour une intervention de masse unifiée,
°à tous les syndicalistes de classe d’œuvrer ensemble au « tous ensemble en même temps »
°à tous les francs républicains de recomposer, non un ersatz de « Front populaire » à la Royal (avec le MoDem ?!), mais un rassemblement majoritaire pour chasser l’Union Maastrichtienne Patronale, sortir la France de l’UE et conquérir une République sociale, souveraine et fraternelle en marche… vers le socialisme (cette socialisation des moyens de production dont le PS, y compris son aile gauche a oublié jusqu’à la signification !).




Soutien aux salariés d’Air France.

Le PRCF appelle les usagers d’Air France, tous les démocrates soucieux de sécurité du transport aérien, à soutenir les pilotes qui refusent par la grève la casse de leur droit à la retraite à soixante ans.
L’amendement Myard, du nom du député UMP téléguidé par le gouvernement, qui permet aux pilotes de bosser jusqu’à 65 ans, vise en fait à casser le droit à la retraite à 60 ans pour tous les salariés.
En effet, les contre-réformes Balladur et Fillon des retraites ont augmenté les annuités tout en multipliant les « décotes » qui conduisent nombre de salariés à subir une forte baisse de pouvoir d’achat au moment de leur retraite. La prétendue « liberté » de choisir sa date de départ à la retraite cache tout bonnement le talon de fer de la BAISSE DES PENSIONS qui forcera les salariés âgés, au détriment de leur santé, et en l’occurrence, de la sécurité de leurs passagers, à travailler plus longtemps pour gagner « pareil », pendant que les jeunes diplômés resteront plus longtemps chômeurs.
En réalité, le « souverainiste » Myard et le gouvernement Fillon dont il est l’instrument, sont aux ordres de l’U.E. dont l’Accord de Barcelone, cosigné par Chirac et Jospin, fait obligation aux gouvernements européens de porter l’âge de la retraite à 65 ans en moyenne dans toute l’UE (69 au pays du « socialiste » Tony Blair).
La meilleure manière de contrer les campagnes des sarko-médias contre les pilotes accusés de « corporatisme » et de « conservatisme », n’est pas de « baisser la barre » sur le principe du départ à 60 ans, comme le fait la direction du SNPL, mais de construire le tous ensemble en même temps sur ce point capital.

Bravo les lycéens ! (ou, dis-moi qui t’applaudit…)
Imitant la démagogique manœuvre de Claude Allègre, le ministre « socialiste » de Jospin qui avait réduit les horaires des disciplines de base en faisant campagne sur le thème de la « fatigue lycéenne », Darcos veut contourner la colère des profs contre sa contre-réforme des lycées en flattant les lycéens, en les appelant à travailler moins et à « choisir à la carte leurs enseignements », quitte pour le ministre de Sarkozy à prendre appui sur des « syndicats » lycéens proches du PS.
C’est ainsi que Darcos a organisé une rencontre avec 400 lycéens, qu’on devine pourtant triés sur le volet, samedi 15 novembre. Mal lui en a pris, car il a été accueilli par une bordée de sifflets ! Déjà il y a quelques mois, Sarkozy avait dû renoncer à se rendre au forum des apprentis, tant son nom avait été sifflé par les jeunes ouvriers.
On sait aussi que le « président de tous les Français » n’a pu rester à l’usine de Sandouville, tant les ouvriers de Renault lui ont fait « fête » à leur façon…
Que nos éminences se rassurent. D’abord Sarko a été accueilli en triomphateur par les grands patrons européens, Baron Seillères en tête, et cela aux cris de « chapeau Sarko ».. Ensuite Sarko peut toujours porter plainte contre des millions de lycéens, de métallos et d’apprentis pour « outrage au président de la République » ? en clair pour crime de lèse-majesté. On a les soutiens qu’on mérite…

CHAHUTONS le MEDEF comme il nous chahute
Pour satisfaire aux critères de Maastricht, Darcozy veut réduire les heures de cours au lycée ; mais que les parents d’élèves n’aient crainte pour la qualité de l’enseignement : le temps scolaire résiduel sera avantageusement compensé par les rencontres des professeurs et des lycéens avec le MEDEF qui sont actuellement organisées, en violation flagrante de la laïcité et de la neutralité scolaire par le ministère de l’Education et par les rectorats.
Dans le Nord, les proviseurs de la FSU ont dénoncé les « partenariats » lycées-MEDEF (on ne fait même plus semblant de dire « les entreprises », on lie l’Education au syndicat des patrons !) en remarquant qu’il y aurait un tollé général si des lycées osaient se jumeler avec la CGT (chiche ?).
En Moselle une scandaleuse opération « boss et prof » (toute avancée de la droite libérale signifie une agression contre la langue française…) qui a déjà vu un millier d’enseignants passer sous les fourches caudines du patronat (on attendrait d’ailleurs plus de résistance d’éducateurs censés être au service de toute la nation et former les jeunes à l’esprit critique et aux « Lumières » !).
La commission enseignement du PRCF appelle les enseignants et leurs syndicats à REFUSER ce genre d’opération, à exercer le cas échéant leur droit de retrait pour viol de la liberté de conscience ; d’ailleurs dans certains lycées du bassin minier du Pas-de-Calais, des protestations collectives ont eu lieu.
le PRCF invite à traiter les proviseurs sans scrupules qui se prêtent à ce jeu indigne et les patrons qui viennent parader dans les établissements ex-laïques, comme les lycéens viennent de traiter Darcos et sa « réforme » (cf article ci-dessus).
On veut des profs pour apprendre, pas des « boss » pour se faire exploiter et endoctriner !