samedi 18 octobre 2008

Ne laissons pas l'europe nous casser la FRANCE.

POLE POSITION du PRCF- Octobre 2OO8
Ne laissons pas les Euro-casseurs de l’UMPS écarteler « MA FRANCE »
Défendons ensemble la « République française une et indivisible »
héritée de la Révolution, contre le « big bang » institutionnel
de l’UMPS au service de l’Europe germano-capitaliste des Länder

Sous l’intitulé Pour un big bang territorial (et vive la langue française une fois de plus sacrifiée au tout-anglais), une commission parlementaire composée de députés UMP-PS propose aux départements et aux régions qui le souhaiteraient, de fusionner ou, pour les premiers, de se dissoudre dans les Régions, actuelles ou futures.


En s’attaquant au Départements, sur les conseils de la « commission Attali », Sarko-Medef et la fausse gauche apportent une nouvelle contribution à l’assassinat de la France républicaine et de son cadre national devenu gênant pour le capital monopoliste dans sa chasse mondiale au profit.

Pour perfectionner sa machine de guerre capitaliste contre le monde du travail, l’Europe de Maastricht, après avoir privilégié sa structuration sur le terrain principalement économique (CECA, Maastricht, TCE) veut aussi mettre en place un nouveau cadre institutionnel et territorial à quatre étages : institutions de la mondialisation capitaliste (OMC et FMI, dirigés tous deux par des « socialistes » français)/ Union européenne/Région et de plus en plus Euro-régions transfrontalières/Communauté urbaine et d’agglo., « Europoles » regroupant des dizaines de communes autour d’une « métropole européenne ».

Cette restructuration implique la destruction du triptyque républicain issu de la Révolution de 1789 : Etat nation/Département/Commune. Derrière le verbiage « décentralisateur », il s’agit de chapeauter, puis d’araser les instances permettant à la population d’exprimer ses besoins, de participer à des concertations, si insuffisantes soient-elles, et de peser sur les décisions : la Commune disparaîtrait dans l’Europôle, le département dans l’Euro-région, la France dans l’Europe supranationale et le « gouvernement mondial » ouvertement souhaité par le social-impérialiste Attali, le pouvoir de décider s’éloignant du citoyen et de ses préoccupations !

Déjà, le parlement français se contente en 80% des cas de « transposer en droit national » (le mot hexagonal conviendrait mieux car la nation n’a rien à faire avec cette horreur) les « directives » adoptées par la commission de Bruxelles sous la dictée des trusts et autres groupes de pression.

Il faut donc considérer toute attaque contre l’une des trois entités républicaines, commune, département, nation, comme dangereuse pour les deux autres et donc aussi pour la France, République « une et indivisible », menacée de mort à court terme. Laisser casser le département, c’est laisser démanteler la France. Voilà où en est arrivée l’UMPS qui, derrière son verbiage « moderniste », veut parachever l’entreprise antinationale que les classes dominantes de France ont tant de fois ourdie pour diviser notre peuple, de la « Fronde des Princes » contre l’Etat monarchique national naissant, à la « décentralisation » sous diktat allemand de Pétain et Maurras, en passant par le « fédéralisme girondin » de 1792. Les partisans réactionnaires de la Françallemagne, à commencer par Sarko-Merkel et leur petit télégraphiste Cohn-Bendit, peuvent pavoiser : bientôt, la « länderisation » à l’allemande de notre pays est engagée pour mettre en place de méga-régions intra-hexagonales et trans-frontalières qui auront tôt fait de détruire la France en tant qu’entité politique. C’est ce que clame d’ailleurs dit sans se gêner l’eurocrate allemand Von Thadden, digne héritier de sa dynastie aristocratique et hitlero-impériale, « pour faire l’Europe, il faudra un peu défaire la France »…

Rappelons aux Français de gauche qui seraient frappés d’amnésie que le Département fut conçu en 89 pour permettre à tout citoyen de « joindre sa préfecture en une journée de cheval ». Certes, on circule plus vite aujourd’hui ; mais comment l’artisan du Kent, l’ouvrier de Goodyear (80), le marin d’Anvers, l’instituteur de Cambrai, feront-il entendre leur voix demain (en anglais, bien sûr !) si par ex., une euro-région nord transfrontalière effaçant les départements français y afférant, se crée sur la base de leur démantèlement préalable? La moindre manif ouvrière ou paysanne coûtera alors une fortune en déplacements, sans garantie que ses mandataires soient reçus par les instances supra-communales, supra-départementales et supra-nationales (voire supra-continentales) !

Depuis des décennies (cf la paradoxale tentative du souverainiste De Gaulle en 69 pour élargir le pouvoir des Régions au risque de perdre un référendum historique), le Département français se retrouve pris en tenailles entre :

-le choix gouvernemental de privilégier les Régions en tant que structures supra-départementales, en étendant les compétences régionales en matière économique et environnementale

-l’instauration à marche forcée de tout une série de supra-communalités : communautés d’agglo, Europoles écrasant les d’initiatives intercommunales et fragilisant les 36000 communes de France* .

Du haut en bas donc et notamment du fait des attaques sur la cellule première en matière de démocratie participative qu’est ou pourrait être la Commune, le Département a subi en tant que concept politique une véritable campagne de dénigrement relayée par le PS. L’opinion a été préparée au coup de force par le projet (fort impopulaire !) d’en finir avec les « numéros de département » sur les plaques d’immatriculation des véhicules.

Ne laissons pas faire ! D’autant que la perspective est la destruction de la France comme telle ; car les mouvements centrifuges séparatistes seront dopés par les « euro-régions » transfrontalières. C’est pour cela, et non pour encourager les langues régionales (qui certes appartiennent au patrimoine culturel national) que les députés UMPS ont voulu inscrire les « langues régionales » dans l’article 1 de la Constitution, avant même la référence au français, langue officielle de la République, à l’article 2 ! Ces mêmes députés, PCF compris, n’ont pas eu un mot, contre les menées des Darcos, Pécresse, Lagarde, Kouchner et Cie, visant à favoriser le « tout-anglais » en levant les maigres protections dont bénéficie sur notre sol la langue de Molière. On est donc en face d’un plan concerté de destruction de la nation par les monopoles capitalistes et l’UMPS à leur dévotion. Il est d’autant plus triste que parmi les organisations se réclamant du communisme mais récusant la grande tradition patriotique et internationaliste des Sans Culotte, des Communards et du PCF de Duclos et Frachon, le PRCF soit seul à dénoncer la dimension de classe de cette trahison nationale du grand capital et de l’UMPS, honteux successeur de Marie-Antoinette, qui livrait aux Autrichiens les plans de bataille de l’armée française, de Thiers, qui pactisa avec Bismarck pour écraser la Commune, et de Pétain, qui « préféra Hitler au Front populaire ».


PROPOSITIONS du PRCF soumises à tous les républicains

C’est pourquoi le programme du PRCF propose que dans le cadre d’une société répondant aux besoins populaires, l’objectif des politiques d’aménagement et d’administration du territoire soit de compenser les inégalités entre communes, entre départements (et entre régions) et cela dans tous les domaines de la vie quotidienne (emplois, services publics, logements, santé, éducation, justice, environnement, voire salaires…) en promouvant une organisation géographique équilibrée, en re-nationalisant démocratiquement de grands services publics d’Etat (EDF-GDF, SNCF, PTT, etc.), en nationalisant le crédit sans indemnités pour les gros actionnaires, en reconstituant un large secteur public industriel et en mettant en place une grande politique industrielle nationale sans laquelle la « concurrence libre et non faussée » conduira à la marginalisation industrielle de notre pays et au déclassement de sa classe ouvrière.

A partir du Plan, acte politique majeur, le secteur nationalisé encadrant désormais le secteur privé, les collectivités territoriales qui subsisteront auront un rôle économique largement accru et seront ainsi l’instrument d’une véritable démocratisation de l’économie, seules capables d’engager toutes les autres démocratisations et de préparer la transformation socialiste de notre pays.

Les Collectivités territoriales mettront l’argent public, non pas au service du capital, mais au service des besoins sociaux ; elles disposeront de l’autonomie dans l’utilisation de leur budget, sous réserve de coordonner leurs activités dans le cadre de la planification.

Ainsi, faudra-t-il pour ex. étendre les compétences des communes et des cantons en leur permettant de promouvoir les activités de transformation artisanale et industrielle des produits de l’agriculture communale et cantonale de telle manière que le produit ne quitte le territoire cantonal qu’après que le travail effectué sur place y aura incorporé la plus haute valeur possible.

A l’initiative des Collectivités territoriales, des établissements et entreprises publics (locaux, départementaux) pourront être créés afin d’impulser dans divers secteurs un essor répondant à des besoins particuliers (logement, etc.).

Bref, toutes les lois de décentralisation seront abrogées et revues à la lumière de cette décentralisation économique qui concernera la production elle-même, les conditions de vie, de travail (libertés syndicales et politiques dans l’entreprise) ; des rapports nouveaux seront parallèlement noués entre les sociétés nationales, les Collectivités Territoriales et les petites et moyennes entreprises privées. Des rapports de coopération, une activité régulièrement assortie de garanties de crédit, d’aides pour la rénovation et les regroupements, d’assistance technique et de moyens de formation, deviendront possible.

Il sera mis fin à la supra-communalité forcée (communautés d’agglo., etc.), aux Euro-régions en un 1er temps puis, éventuellement, à la région (forme de supra-départementalité source de super-fiscalité), levier pour casser le cadre national lui-même et tisser l’Europe fédérale sur le modèle allemand.

Si la concertation entre communes et la réalisation de projets intercommunaux peuvent constituer des progrès réels, il sera mis un terme à leur systématisation qui crée aujourd’hui des instances de décision échappant au contrôle des citoyens (communautés d’agglomération, communautés urbaines, chartes de « pays »).

Pour ce faire : sera instituée une fiscalité locale équitable et suffisante entièrement assise sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques, sur l’impôt sur la fortune, sur l’impôt sur les sociétés et sur la TVA (à terme supprimée). Les tutelles qui pèsent sur les communes seront démantelées, leurs compétences étendues ainsi que leurs moyens d’agir en matière économique, de contrôle des opérations foncières, de gestion des eaux, de contrôle de l’environnement…Sera abolie la concurrence dictée par le Marché des collectivités territoriales, notamment dans celui de la course à l’emploi et des subventions au patronat. Un Etat au service des travailleurs sera garant d’une solidarité entre collectivités territoriales, notamment entre les communes.

La proportionnelle à toutes les élections sera instituée et le cumul des mandats sera interdit. On s’inspirera de l’exemple cubain où tous les élus locaux, mandatés pour deux ans et demi, doivent impérativement présenter un bilan de leur action. Les élus seront alors révoqués en cas de manquement aux promesses.

Le règne des bureaux d’étude et des audits privés cessera, ce qui contribuera à mettre fin à la technocratisation et à la bureaucratisation de la vie locale. Il faut restaurer le service public de la DDE, le développer autant que nécessaire, rendre aux Architectes des Bâtiments de France les missions que l’Etat a déléguées aux Architectes – privés – du Patrimoine , etc.

A partir d’une souveraineté communale retrouvée, le Département démocratisé deviendra le pivot de l’administration locale et de l’aménagement du territoire. Ce qui sera impossible naturellement sans d’intenses affrontements de classe contre le grand capital, avec à la clé la sortie de la France de l’U.E. du capital et la mise en place de nouveaux traités progressistes internationaux non limités à l’Europe.

Dans le cadre d’une économie planifiée et décentralisée , le Département aura à charge de lier, de mettre en cohérence et de stimuler la coopération entre les entreprises publiques et privées produisant sur son territoire (comités d’entreprises départementaux).

Il continuera à garantir l’idée d’une solidarité, en arbitrant par exemple dans le sens du bien commun les litiges inter-communaux.

Enfin, de véritables coopérations inter-départementales (re) prendront la place de l’échelon supra-départemental qu’est la région, échelon passé au forceps en 82 pour permettre à l’Euro-régionalisme maastrichtien de casser les nations en laminant petit à petit notre République une et indivisible.

Une course de vitesse est engagée : chassons du pouvoir l’UMPS avant que ces destructeurs de France, de départements et de communes, n’aient achevé de désintégrer notre pays pour écraser son peuple, sa culture laïque et progressiste, sa langue chantée par Du Bellay et Aragon, ainsi que les revendications de sa jeunesse et de sa classe ouvrière !


• Dans le Nord, C’est B. Bonduelle, patron historique de l’agro-alimentaire, désormais président de la CCI du « Grand Lille », qui donne le tempo de « l’Aire métropolitaine », chère aux notables PS de cette région, de Mauroy à Delcourt (Lens), d’Aubry (Lille) à Kucheida (Liévin), tous sont supporteurs de ce « machin » déshumanisé qui autoriserait Lille à manger notamment tout le bassin minier du Pas-de-Calais. Et c’est à côtés de ces destructeurs de pays, que se sont présentés ou ont voulu se présenter aux municipales les candidats PCF du Nord-Pas-de-Calais, et non pas avec le PRCF ! Qui se ressemble s’assemble !


*Il n’est pas inutile de préciser qu’un certain nombres d’idées exprimées ici proviennent bien évidemment de notre programme national de la Renaissance Communiste (janvier 2003), mais aussi du programme « Changer de cap » proposé par le PCF en … 1971

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