mardi 30 septembre 2008

Soutien aux travailleurs de Renault-Sandouville



Pôle de Renaissance Communiste en France
Communiqué de la commission Luttes et syndicalisme

Soutien aux travailleurs de Renault-Sandouville




Alors que Renault réalise, grâce à la force de travail de ses salariés, d'excellents résultats financiers (+ 20 % de bénéfices au premier semestre 2008 !), la direction de l'entreprise a annoncé il y a quelques jours la suppression d'au moins 6000 emplois dans le groupe. Le but déclaré est de faire de Renault le groupe automobile « le plus rentable d'Europe » et d'augmenter sans limite les dividendes des grands actionnaires.

Dans la foulée, la direction de Renault-Sandouville exerce aujourd'hui un chantage inique sur ses employés : soit elle obtient mille départs volontaires soit elle organise 15 jours de chômage en octobre puis à nouveau en novembre, ce qui représente au minimum la perte de 350 euros par mois pour les salariés.

Mais comme l'explique le communiqué de la CGT-Renault, « les salariés ne sont pas dupes, ils connaissent la situation de Renault qui au cours des 5 dernières années à cumulé 15 milliards d’€ de profits et qui disposent de plus de 6 milliards de trésorerie. Les salariés savent que le problème réside dans l’unique objectif d’atteindre 6% de marge opérationnelle en 2009, avec le versement de 1 300 millions de dividendes promis aux actionnaires. »

Les salariés de Sandouville se sont donc mis en grève depuis hier et ils appellent l'ensemble des salariés de Renault « à ne pas laisser la direction casser l'entreprise au profit de quelque-uns ».

Le PRCF soutient les salariés en grève à l'appel de leur syndicat CGT. D'autant que l'on apprenait la semaine dernière que Renault mettait en route la construction d'un centre d'essais au sud de la Roumanie, qui devrait être opérationnel avant la fin 2009. Ce site fait partie d'un projet incluant également un centre d'ingénierie inauguré en juin 2007 à Bucarest et bénéficiant d'un investissement total de 450 millions d'euros. La construction en Roumanie de l'équivalent du centre de recherche de Guyancourt (11000 ingénieurs et techniciens supérieurs) prouve que les délocalisations ne se cantonnent plus aux seules usines de fabrication et qu'elles dépassent même le simple transfert de technologie. Ceci, ne l'oublions pas, ne peut se faire sans l'accord de l'Etat sarko-medef puisque que celui-ci détient 15% du capital de Renault, c'est-à-dire une minorité de blocage. Le « patriotisme économique » aurait-il des limites ?

La suppression de milliers d'emplois en France, la délocalisation des centres d'études et d'essais indiquent si besoin était que le profit maximum recherché par les grands actionnaires de Renault entraîne la casse industrielle et sociale en France (et l'exploitation sauvage des salariés de Roumanie et d'ailleurs).

L'intérêt des travailleurs et de la population n'est pas que les profits gavent une minorité qui se vautre déjà dans la richesse mais qu'ils soient seulement suffisants pour assurer les investissements et la satisfaction des besoins de la population, ce qui passe aussi par une vraie politique sociale en matière de salaires, d’emplois et de conditions de travail. Mais pour cela, il faut s'attaquer à la petite classe des grands capitalistes qui contrôlent l'économie et le gouvernement du pays et qui, arc-boutés sur leur Union européenne, accumulent leurs profits en licenciant et en délocalisant à tour de bras, en comprimant les salaires, en cassant les retraites, la Sécu, le droit du travail et en criminalisant de plus en plus ouvertement l'action syndicale ou politique.

Il est urgent de mettre un coup d'arrêt à cette casse organisée par la lutte immédiate mais aussi par la reprise, par l'ensemble des organisations syndicales et politiques qui se réclament du progrès, du mot d'ordre de nationalisation sous contrôle des travailleurs (et du refus déterminé des privatisations !). Chez Renault comme chez Goodyear, Airbus et tant d'autres entreprises.




Le 25 septembre 2008

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