mardi 30 septembre 2008

CRISE FINANCIERE

Pôle position, septembre 2008 Georges Gastaud, auteur de « Ressourcer l’économie marxiste », in « EtincelleS ».
Crise financière : L’Union Européenne ou l’Etat-Providence du grand capital.

La crise financière récurrente qui secoue le monde capitaliste n’est pas seulement une nouvelle preuve de la nocivité de ce système profondément dépassé, irrationnel, et immoral qui réduit sans cesse le pouvoir d’achat populaire tout en conférant un pouvoir démesuré au capital financier en folie. Elle démontre aussi la fausseté des bavardages sur « l’économie libérale », la « mort de l’état » et la « concurrence libre et non faussée » dont se gargarisent à la fois les idéologues capitalistes et les petits-bourgeois « keynésiens », « anti-libéraux », sociaux-démocrates « de gauche » et autres altermondialistes de salon, grands pourfendeurs de l’économie politique marxiste.

En effet, au moment même où les Sarkozy, Ch. Lagarde, A. Merkel, L. Parisot et Cie expliquent à longueur de journée qu’ « il n’y a pas d’argent pour les salaires », qu’ « il faut diminuer les retraites, les indemnités chômage et les remboursements maladie pour juguler l’inflation », qu’il faut « réduire les dépenses publiques pour « diminuer la dette de la France », et autres mensonges de classe, l’U.E. et sa Banque de Francfort viennent de décider, à l’imitation du très « libéral » George W. Bush, d’injecter d’un coup et à fonds perdus plusieurs milliers de milliards d’argent public dans les banques privées, en clair d’accorder une masse énorme d’argent, prélevée sur le travail de tous – et facteur inévitable d’inflation galopante – pour éponger les dettes des milliardaires propriétaires des banques d’affaires.

Cette injection énorme, qui équivaut à un immense financement public à perte du profit privé , prouve une fois de plus que le monde capitaliste actuel est toujours régi par ce que les marxistes appellent le « Capitalisme monopoliste d’Etat » (CME), c’est-à-dire par un système économique dans lequel l’Etat est entièrement au service des monopoles capitalistes (privés), dont les représentants passent sans cesse de la direction des affaires capitalistes à celles de l’Etat. (Le P.S. français dont les dirigeants Lamy et DSK dirigent le F.M.I et l’O.M.C. avec la bénédiction de Sarkozy, est un des piliers nationaux et mondiaux de ce mécanisme).

Bien entendu, le C.M.E. n’ a plus la forme qu’il avait dans les années 60, quand les monopoles capitalistes se concentraient à l’échelle des Etats-nations. Ils étaient alors contraints, dans les rapports des forces d’alors, (présence de l’U.R.S.S. et du camp socialiste mondial, puissance des Partis marxistes-léninistes de masse et du syndicalisme de classe, etc.) de tenir compte a minima de certaines aspirations populaires. Aujourd’hui le financement public des monopoles capitalistes et du système financier qui en est le cœur monstrueux, se fait à l’échelle d’Etats–Empires continentaux comme les USA ou l’U.E. ; on voit ainsi le bien-nommé Trichet, président « français » de la Banque de Francfort (qui comme D.S.K. n’utilise plus la langue française dans son expression publique) décider seul de l’utilisation des réserves financières (notamment de l’or issu de la Banque de France) en provenance des différents états de l’U.E. sans avoir ne serait-ce qu’à motiver ses décisions devant le public.

Quant à la « concurrence libre et non faussée » de feu le T.C.E., recyclé en « traité de Lisbonne », elle est en réalité, non pas un « retour au capitalisme libéral du 19ème siècle », comme l’affirme superficiellement la gauche non-marxiste, mais un des leviers essentiels de la concentration capitaliste à l’échelle continentale et mondiale : en liquidant les marchés nationaux et locaux, cette concurrence continentale et mondiale que ne peuvent évidemment soutenir les vraies PME (celles qui ne sont pas de simples externalisations des monopoles), vise avec l’aide de l’Europe impérialiste en gestation à écraser non seulement les ex-monopoles publics comme la Poste, la S.N.C.F. ou E.D.F., non seulement à favoriser le moins-disant social entre les salariés d’Europe, mais à liquider nombre de P.M.E. encore indépendantes des monopoles capitalistes. Bien entendu cela ne dédouane en rien les Etats « nationaux » bourgeois qui sont les acteurs résolus de leur propre intégration à l’Etat européen en gestation, gouvernement euro-sarkozyste en tête.

Les communistes doivent donc réfuter, non seulement les pseudo-libéraux qui réclament moins d’Etat/moins de dépenses publiques (mais exigent en fait, plus d’Etat pour financer les riches sur fonds publics…), mais aussi les attardés du keynésiannisme de gauche qui ne dénoncent le prétendu « ultra-libéralisme » que pour mieux contourner la question décisive : non pas plus ou moins d’Etat, mais quel autre Etat et au service de quelle classe sociale ? La vraie réponse pour les travailleurs est alors plus que jamais : il faut un Etat des travailleurs salariés et de leurs alliés que Marx appelait dictature du prolétariat, et dont la fonction serait de socialiser les banques, les assurances, le crédit et l’ensemble des monopoles capitalistes, notamment les grandes entreprises et leurs filiales, afin de planifier démocratiquement le développement économique au bénéfice de toute la société (socialisme).

Dans le même esprit, n’en déplaise à Wurtz et à Buffet dont le Parti peine de plus en plus à rabattre les salariés vers la mensongère « Europe sociale », les communistes doivent dénoncer frontalement ce monstrueux « Etat Providence du grand capital » qu’est l’U.E. dont le rôle unique est de plus en plus clair : « tout pour la finance et pour les guerres impérialistes menée par l’O.T.A.N., tout contre les salaires, les acquis sociaux, les P.M.E. véritables et les services publics ! »


NOTA BENE. C’est pour cela entre autres que les communistes qui tentent actuellement de se regrouper au sein du PCF pour s’opposer à la direction, mais qui refusent d’appeler clairement la France à SORTIR la France de l’U.E. de la finance, risquent fort en agissant ainsi de « louper le coche » d’une
vraie renaissance communiste, tant il est vrai que celle-ci implique centralement de rompre avec l’illusion « alter-européiste » qu’il serait possible de remettre de l’intérieur l’Union européenne, cette structure entièrement conçue par et pour le nouveau CME continental, « sur les rails » du progrès social.

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