vendredi 1 août 2008

nation,peuple,classe ouvrière.

NATION, PEUPLE , CLASSE OUVRIERE

Qu’y a t’il de commun entre un ouvrier de Renault menacé de licenciement , un professeur de philo dénonçant la liquidation de sa discipline dans le cadre de la « réforme » Darcos du lycée, un militaire contraint de renoncer à l’idée qu’il se fait de la défense nationale au nom du livre blanc sur les armées, un étudiant en agrégation privé de sa bourse d’études en plein mois d’Août, un marin pêcheur désespéré par les conditions insupportables qui sont faites par l’Europe à la pêche artisanale, un travailleur immigré sans papiers qui trime depuis 10 ans pour notre pays, en payant des cotisations sociales, sans autre merci que la perspective à tout moment d’être expulsé vers son pays de misère ?
En apparence rien de commun si ce n’est que tous ces êtres humains sont inquiets, dorment mal et serrent les poings contre un adversaire qui en outre, dispose 24 h sur 24 des grands médias pour accuser ses victimes, les diviser entre elles et présenter SES « solutions » comme l’unique issue aux difficultés du pays.
En réalité, il y a un lien très fort entre toutes ces situations de souffrances, vécues dans la rage, l’humiliation et souvent dans le désespoir. Ce lien c’est la CASSE DE LA FRANCE par un pouvoir ultra réactionnaire, le plus anti-social , anti-national et anti-républicain que notre pays ait connu depuis la défaite de 1940. C’est le même pouvoir, celui de l’Union Maastritchtienne Patronale (UMP) qui continue de délocaliser nos industries, de privatiser et d’asphyxier nos services publics, d’araser « l’exception française » héritée de 1789, 1905, 1936, 1945… Cette exception française faisait que notre pays, celui de l’encyclopédie, de la révolution, de la commune, de la résistance antifasciste, ménageait une certaine place au progrès social, aux « lumières » (1), aux libertés syndicales et démocratiques, bien que notre pays n’eut jamais cessé (hélas) d’être un pays capitaliste et même impérialiste malgré les efforts du mouvement ouvrier pour qu’il en soit autrement.
Mais cette exception française est devenue intolérable pour l’aristocratie de Neuilly et de Monté Carlo. Intolérable pour l’union européenne qui veut aligner tous les salariés d’Europe sur le moins-disant social des ex pays socialistes de l’Est en proie à la brutale restauration de l’exploitation capitaliste. Intolérable pour les Tatcher, les Blair, les Bush et compagnie qui voient dans la France officielle, bourgeoise, mais marquée par l’héritage gaulliste, un obstacle à la sanglante hégémonie nord américaine sur le monde.
Telle est alors la signification réelle de la « rupture » sarkoziste : Il s’agit d’un plan d’ajustement structurel visant à aligner la France, à tous les sens du mot, sur les normes régressives de la mondialisation capitaliste et de son pôle européen, l’UE de Bruxelles. Pour donner tout pouvoir aux féodalités du capital il faut détruire tous les états constitués par l’histoire. Après l’URSS et la Yougoslavie, c’est au tour de la Belgique… et de la France sur laquelle pèse un danger de décomposition nationale sans équivalent depuis l’occupation et la trahison pétainiste.
Comme le disait le philosophe communiste Georges Politzer, peu avant d’être fusillé par les nazis : « la nation, c’est le peuple » ; et la haute bourgeoisie financière qui dicte sa loi au pays sous un masque « démocratique » de plus en plus trompeur , veut aujourd’hui infliger au peuple français et d’abord à sa classe ouvrière, une DEFAITE décisive,analogue à celle que tatcher infligea à la classe ouvrière britannique en brisant la grève des mineurs de 1984/ 1985. « Plutôt Hitler que le front populaire » martelait un éditorialiste du Figaro à la veille de la « Drôle de guerre ». Plutôt fasciser le pays en détruisant le droit de grève et en bâillonnant les médias , plutôt le priver de défense nationale en le réintégrant dans l’OTAN, tête basse et en envoyant nos jeunes gars crever pour « debeliou » en Afghanistan, plutôt laisser le « tout anglais » envahir l’espace officiellement dû à la langue de Molière et d’Aimé Césaire, plutôt

(1) Par exemple , à la laïcité de l’école et de l’état ou à l’enseignement de la philosophie à tous les élèves de terminale


violer le référendum de mai 2005 en chargeant les députés de défaire en douce le NON du peuple à la constitution européenne , en un mot, plutôt TUER LA FRANCE que de manquer cette revanche sur le peuple de la haute aristocratie que représente l’élection de Sarkozy de Nagy-Bosca : Grands bourgeois à châteaux, allons y gaiement, c’est le moment de nous accorder des milliards détournés des impôts, de re-cléricariser l’état, de saquer la sécu, les nationalisations, les statuts publics, le droit et la durée légale du travail, de « démanteler le programme du CNR » (conseil national de la résistance), ce « compromis entre gaullistes et communistes mis en place en 1945 » (c’est de ce démantèlement que l’ex numéro 2 du MEDEF , Denis Kessler , félicite Sarkozy dans le journal « Challenges » de novembre 2007).
Bien entendu le pouvoir ne peut pas dire ouvertement aux français qu’il veut dissoudre le pays dans l’euro mondialisation capitaliste. Alors, pour donner le change, le président qui rosit de plaisir quand on l’appelle « l’américain », ordonne l’expulsion annuelle de 25000 ouvriers étrangers, pendant que les bons européens « friqués » du nord peuvent mettre la main sur des départements entiers peu à peu privés de tout développement économique et cela au détriment de l’unité du territoire national.
Alors oui, plus que jamais, il faut saisir la dimension nationale du contrat social. A la classe ouvrière, à ses militants les plus conséquents, les communistes, de réclamer sans relâche, au nom de la lutte contre le grand capital, la restauration de l’indépendance de notre pays, quitte à sortir la France de ces colliers étrangleurs que sont l’Union Européenne de Maastricht et l’OTAN de Bush ; à chaque patriote républicain non communiste, de saisir à son tour la signification sociale de la défense de la France en faisant en sorte qu’en lui « le citoyen parle plus fort que le bourgeois » comme le réclamait Robespierre , le fondateur de notre 1ère République et le vrai vainqueur de l’Europe féodale.
« La nation c’est le peuple »… En unissant le drapeau rouge des ouvriers du monde entier au drapeau tricolore de Valmy et de la Résistance, construisons autour des travailleurs et de la jeunesse de plus en plus révoltée par ce régime odieux et pré-totalitaire, un large Front de Résistance et d’Alternative Progressiste, Patriotique et Populaire, unissant tous ceux qui ont au cœur, non le profit d’une caste de parasites, mais l’avenir de la France et de ses forces vives.
Georges Gastaud
Secrétaire politique du PRCF

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