mardi 1 juillet 2008

SARKO ROI DES BONIMENTEURS!!!

Mardi 1 juillet 2008


Le Président s’est octroyé, lundi, une heure de grande écoute, de 19 à 20 heures sur France 3, pour faire la ‘pub’ de l’Europe, celle de sa politique, la sienne propre. Il s’agissait sans doute d’un ‘supplément’ à la campagne de promotion personnelle qui va coûter au budget la coquette somme de 4 millions d’euros…

Hier donc, Nicolas Sarkozy a tenté de reprendre la main pour reconquérir l’audience perdue depuis un an.

Tout, dans sa façon de s’exprimer, de présenter les choses, était calculé dans cette perspective. Il reprenait avec virtuosité, les accents d’un Tintin naïf, plein de ce faux bon sens, qui « déteste les tabous », parle « vrai ». Pourtant, à l’écouter, on ne pouvait s’empêcher d’évoquer le bonimenteur qui joue au bonneteau, déplaçant les cartes de telle manière que le gogo qui se laisse prendre croit à la fausse évidence du choix proposé.

L’exercice auquel s’est prêté le Président de la République, visait à « vendre » les oripeaux d’une Europe en perdition, présentée dans un nouvel emballage – « l’Europe qui protège » - conscient de la méfiance que procurait, aux Français l’Union européenne, telle qu’elle se présente aujourd’hui.

Pour réussir la démonstration, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à émettre des critiques vis-à-vis des choix de l’UE et de sa Commission, faisant siennes les revendications de couches de la population, victimes des oukases européens.

Il n’a pas manqué de défendre la baisse de la TVA à 5% sur la restauration, sur les produits audio, au nom du bon sens. « Pourquoi ce taux est-il appliqué sur les livres et non sur les CD et les DVD ? ». « Les pêcheurs doivent pouvoir vivre de leur pêche », oubliant sa verte réplique aux marins de Guilvinec. Et d’insister sur la nécessité d’une « fiscalité européenne commune » pour éviter le dumping.

Et aux questions précises des journalistes qui l’interviewaient, « Croyez-vous pouvoir convaincre les autres membres de L’Union ? », Sarkozy, prudent, se limite alors d’évoquer « l’avancement » des dossiers litigieux. Et non leur règlement.

Sarkozy, fidèle à sa tactique, s’est identifié aux craintes populaires pour s’en faire le héraut auprès de ses homologues. Mais il rejette vite les revendications sociales. Pas question d’imposer un ‘Smic européen’, qui, « face aux disparités entre les pays, ne pourrait être que d’un montant inférieur au nôtre ». De toute façon, il affirme que ‘le social’ est du seul ressort national, citant la Sécurité sociale, les retraites. « Voyez-vous le montant de vos pensions fixées par de Etats étrangers ? », oubliant que les « réformes » en cours (âge de départ, réduction des déficits…), résultent des orientations prises par l’Union européenne, à travers ses traités de Barcelone, d’Amsterdam ou d’ailleurs.

Nicolas Sarkozy s’est fait, en permanence, le défenseur de la construction européenne. Président, au nom de la France, l’UE durant le second semestre 2008, il vise à modifier, non sa politique, mais la perception que les Français ont d’elle. Et de prétendre que le traité de Lisbonne, ratifié par nombre de Parlements, dont en premier celui de la France, est légitime. Il a simplement « oublié » que celui de l’Irlande s’était prononcé à 95% en sa faveur, décision jugée « illégitime » par le peuple irlandais. Et que s’il a décidé de recourir, en France, à la voie parlementaire, c’est, selon ses propres dires, du fait qu’un référendum populaire aurait rejeté le traité !

Il a également défendu sa politique d’émigration, non sans évoquer « qu’il avait un cœur » et qu’il traitait ce problème, dans l’intérêt national et avec un souci humanitaire constant. C’était faire peu de cas de la manière dont les sans-papiers sont traités, aussi bien dans les centres de rétention (entassés sans hygiène dans des locaux vétustes), et lors de leur rapatriement aérien, menottés et gardés comme des criminels. Sarkozy a prôné une politique commune de l’Union, en la matière, en rappelant que la détention peut aller jusqu’à deux ans en Allemagne, et demeure illimitée en Grande-Bretagne. Ce qui n’augure rien de bon, en cas d’harmonisation…

En clair, le président de la République, en utilisant sans vergogne la télé publique pour sa propagande, s’était donné pour tâche, de réhabiliter l’idée européenne à la sauce sarkozienne, et de se donner le rôle du maître queue, plein de bon sens, sensible à l’opinion publique, qui tout dépendait de lui, nous mijoterait une Europe à la carte, dont chacun se pourlécherait les babines.

Mais c’est oublier que notre «chef cuisinier » dépend d’une chaîne et qu’il n’est là que pour satisfaire ses employeurs. Ceux-ci possèdent des 5 étoiles aux MacDo, avec des menus « à la carte » répondant à chacune des clientèles.

C’est tout l’art de Nicolas Sarkozy de faire prendre un Quick pour le Fouquet’s.

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