mardi 1 juillet 2008

MUTATION DE LA LCR.

Deux articles de G. Gastaud, secrétaire national du PRCF- 30 juin/1er juillet 2008

A propos de la mutation de la LCR en NPA
Sauveurs du combat « anticapitaliste » ou… roue de secours de l’UMP ?


Ainsi, l’année même où le PC mutant s’apprête à abandonner sa référence au communisme (ce sera le plat de consistance du congrès de décembre), A. Krivine et O. Besancenot programment la « mutation » de la « Ligue Communiste Révolutionnaire » en « Nouveau Parti Anticapitaliste ». Devinette : quels mots malsonnants, quelles majuscules odieuses disparaîtront prochainement des deux sigles, PCF et LCR, laissant les vrais communistes à la merci des chasseurs de sorcières qui montent en puissance dans l’Union européenne en proie à la fascisation ?

Il est vrai que nos grands révolutionnaires trotskistes n’en sont pas à leur coup d’essai. Depuis des années, Krivine et Besancenot pressaient la LCR d’ôter le mot « communiste » de son sigle ; et la base LCR avait d’ailleurs dit Oui à la majorité, sans cependant atteindre jusqu’ici la majorité des 2/3 nécessaire pour un changement de nom aux termes des statuts. Besancenot avait donc dû se contenter, en guise de mise en jambes, d’obtenir de la LCR qu’elle abandonne la sulfureuse référence à la dictature du prolétariat, imitant ainsi avec 30 ans de retard le geste suicidaire qui initia le processus d’autodestruction du PCF lors du calamiteux (mais si médiatique…) 22ème congrès de 1976…

Ce n’est pas tout. Déjà associée à la direction de la FSU par les dirigeants UA à la dérive, la tendance Ecole émancipée de la FSU, où la LCR-NPA fait la pluie et le beau temps, a sauvé le très pâle Gérard Aschiéri de la faillite lors du récent vote interne autorisant la FSU à signer le texte ministériel sur le « dialogue social dans la fonction publique ». N’ayant pas obtenu les 70% des voix nécessaires aux termes des statuts de la FSU, Aschiéri s’est alors livré à un chantage à la démission ; comme l’eût fait le premier dirigeant européen venu pour contourner un vote négatif, Aschiéri a fait re-voter la motion. Et là, surprise : le chef de file d’Ecole émancipée est venu déclarer à la tribune que pour ne pas mettre en crise la FSU, sa tendance « révolutionnaire » ne participerait pas au vote ; ce qui a permis à Aschiéri d’imposer à l’arraché son projet de collaboration de classes. Après ce type de compromission bureaucratique, la LCR-NPA pourra toujours fustiger les « états-majors de collaboration de classes » : c’est « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » !

Certes, pour récupérer quelques déçus du PCF, Besancenot s’est récemment découvert une soudaine passion pour… Cuba, espérant faire oublier que la LCR a incendié pendant des décennies le « régime castriste dégénéré » (sic) ! Le militant un peu expérimenté que je suis est prêt à parier que cette passion cubaine ne durera que le temps nécessaire pour « capter » les militants du PCF qui s’apprêtent à quitter ce parti devenu ouvertement réformiste. Pourtant, la LCR-NPA n’a pas bougé un doigt contre la répression qui frappe les militants restés fidèles au communisme dans les ex-pays socialistes ; la LCR s’est courageusement tue quand il lui fut proposé de condamner le fascisant rapport européen Lindblad qui amalgame l’URSS au Troisième Reich dans le but de criminaliser les communistes et de banaliser les fascistes ; et dans les années 80, la LCR a soutenu, comme Lutte ouvrière, tous les dynamiteurs du socialisme et du mouvement national de libération, de Gorby à Walesa en passant par les « combattants afghans de la liberté » (les talibans !) armés par la CIA pour abattre les forces laïques appuyées par l’Armée rouge qui exerçaient alors le pouvoir à Kaboul ; bref, malgré son verbiage ultra-révolutionnaire la LCR fut toujours en réalité du côté de la… contre-« révolution permanente » quand il s’est agi de choisir entre « le vent d’Est » et le « vent d’Ouest » !

Ce rappel de faits gênants n’empêche d’ailleurs nullement de reconnaître qu’à la base, beaucoup de jeunes militants LCR sont sincèrement « anticapitalistes », qu’ils sont souvent nos frères de lutte dans des actions syndicales dures… et que nombre d’entre eux seraient sans doute adhérents d’un vrai PCF si les Hue et autres Buffet n’avaient tout fait pour dénaturer et détruire le parti satellisé par le PS qui porte encore provisoirement ce nom...

Enfin la LCR-NPA rejette sommairement comme « nationaliste » toute lutte pour l’indépendance de la France, toute défense des acquis de la Libération (époque où les ministres « staliniens » Thorez, Billoux, Marcel Paul, Croizat, Tillon, etc. imposaient au gouvernement l’application du programme du CNR : sécu, retraites, statuts, mise hors la loi des partis fascistes, nationa-lisations…). Cette même LCR pousse des hauts cris dès qu’il lui est proposé de défendre notre héritage national républicain et laïque, invariablement qualifié de « bourgeois ». C’est ainsi que Besancenot refuse toute action commune pour sortir la France de l’UE du capital ; comme le PS, Buffet, Chérèque, Thibault et Mailly, la LCR-NPA « vend » à la jeunesse de notre pays le mensonge de l’ « autre Europe »… ! Autant vouloir démocratiser cette Europe ultra-patronale que le « Plan B » qualifie à juste titre de Quatrième Reich !

En réalité, malgré sa phraséologie anti-PS, la LCR-NPA se comporte en flanc gauche de la social-eurocratie ; il est en effet impossible d’œuvrer à la révolution socialiste en France et en Europe sans appeler les travailleurs à exiger de sortir la France de l’UE impérialiste : de plus en plus désirée par les travailleurs d’Europe (76 % des ouvriers irlandais ont voté Non), une telle rupture (surtout si elle émanait d’un grand pays impérialiste comme la France) une rupture de la France avec l’UE déclencherait aussitôt une série d’affrontements de classes majeurs en Europe si le camp progressiste en prenait résolument la tête au lieu d’abandonner l’indépendance nationale au « souverainisme » de droite. Mais la LCR suit le PS sur ce terrain décisif en parlant d’une « autre Europe » dans le cadre du régime capitaliste. En réalité, la LCR-NPA a peur de la révolution socialiste, car pour créer une situation révolutionnaire à l’échelle de l’Europe, qu’est-ce qui serait plus efficace que d’obtenir sur des bases progressistes la rupture de la France (ou de tout autre grand Etat capitaliste) avec l’UE de Maastricht ? Dans les faits, en « mutant » la LCR en NPA, les dirigeants de la LCR n’aident pas seulement à criminaliser le beau mot de communiste : ils renoncent aussi, pour protéger l’Europe de Maastricht et en dernière analyse, le PS, au beau mot de « révolutionnaire » !


Le fond des choses, c’est que les héritiers français du trotskisme ne se sont jamais dépris du slogan des « Etats-Unis d’Europe » prôné par Trotski et par l’Internationale social-démocrate, mais dénoncé par Lénine comme mot d’ordre social-impérialiste sous ses allures « internationalistes ». « En régime capitaliste, déclarait Lénine en 1915, les Etats-Unis d’Europe sont impossibles ou réactionnaires ». Malgré le verbiage « révolutionnaire » de la LCR-NPA, son rejet épidermique de la nation républicaine, sa prétention à « réformer » la construction européenne supranationale ou à imposer l’utopique « service public européen » pendant que le proconsul euro-américain Sarko détruit sans coup férir l’Education « nationale », la SNC « F », l’ED« F », le C « N » RS, ou la loi laïque de 1905 , etc. sont l’habillage révolutionnaire de l’EURO-REFORMISME et de l’EURO-NATIONALISME car cela revient à cautionner « de gauche » la construction du monstrueux Empire du capital européen.

Camarades communistes déçus par Buffet, jeunes révolutionnaires avides d’en découdre avec le capitalisme, le « prêt à porter » n’existe pas en matière de reconstruction communiste. Ne cédez pas à l’anticapitalisme décoloré de Krivine/Besancenot qui n’agitent si fort le drapeau rouge et ne crachent si fort sur le drapeau tricolore que pour mieux imposer en douceur le drapeau bleu de l’Empire européen. D’ailleurs, si Besancenot obtient un tel triomphe dans les sarko-médias alors que les vrais communistes y sont totalement censurés et diabolisés, y compris dans les villes où le PRCF obtient jusqu’à 13% des voix, « il doit bien y avoir une raison ». « Quand ton ennemi de classe t’applaudit, disait le militant marxiste allemand August Bebel, demande-toi quelle sottise tu as commis contre ton camp ».

Communistes, jeunes révolutionnaires qui comprenez que pour construire le rassemblement populaire contre l’UMPS et l’Europe du capital, il faut unir le drapeau rouge du prolétariat mondial au drapeau tricolore de la Révolution et de la Résistance antifasciste, reconstruisons ensemble NOTRE parti, le véritable Parti communiste français, car l’émancipation des communistes sera l’œuvre des communistes eux-mêmes !
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Note : dans le « Canard » du 18 juin dernier, il est rapporté comment Sarkozy a interpellé Hollande et Buffet dans l’avion qui transportait tout ce beau linge au Liban : « vous nous avez bien emm… avec Le Pen pendant des années, a délicatement déclaré le chef de l’Etat. Maintenant on va vous niquer avec Besancenot »… On sait que Sarko, alors ministre de l’Intérieur, a permis au « facteur » d’obtenir in extremis les 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle. Le ministre de la police-candidat a alors très officiellement écrit aux maires de France pour leur suggérer obligeamment de signer pour les « petits candidats » (suivez mon regard) en citant nommément Besancenot dans les médias. Aurait-il jamais fait cette fleur à un VRAI candidat communiste, fût-ce pour gêner Royal ? Camarades, méfiez-vous des contrefaçons en ce moment crucial pour l’avenir du communisme en France ! Et si le NPA n’avait d’autre fonction réelle que d’occuper le terrain de la renaissance du vrai parti communiste au moment où le PCF est aux portes de l’autodissolution ?


U.E. : la révolte des peuples gronde contre la nouvelle « prison des peuples »


Le Non irlandais le prouve : même des pays que l’on nous présentait comme des « fans » de la l’Union européenne, rejettent désormais catégoriquement cette nouvelle prison des peuples qui détruit leurs acquis sociaux et leur indépendance nationale. Si le Traité de Lisbonne avait été soumis par référendum à chacun des peuples de la prétendue « Union », on eût sans doute assisté à une cascade de « Non » francs et massifs qui eussent ridiculisé et tué dans l’œuf le TCE bis imposé aux Français par Sarko et par les députés-godillots de l’UMPS. En fait, une série d’indices montre que nous sommes à la veille d’un rejet général, à la fois national et continental, de cette construction monstrueusement anti-démocratique, anti-nationale et anti-populaire qu’est « l’Union européenne » initiée par les traités de Rome, de Maastricht et de Nice.
Les pêcheurs français, puis espagnols et portugais, ont montré les premiers la voie de l’insurrection citoyenne en brûlant le drapeau européen, une action fort efficace pour délégitimer les dinosaures maastrichtiens au pouvoir de Gibraltar à Vilnius ! Les pêcheurs identifient de plus en plus clairement Bruxelles comme le lieu où les bandits des transnationales se distribuent le butin de la mondialisation sur le dos des petites gens, y compris des pêcheurs pris aux filets des quotas étrangleurs et du refus bruxellois d’abaisser les taxes pétrolières. N’empêche : en plein conflit sur la pêche, Bruxelles a jeté de l’huile sur le feu en interdisant la pêche au thon rouge, au risque d’assassiner toute la filière ! Et c’est encore cette Europe des sociétés pétrolières qui, malgré les rodomontades du proconsul européen Sarkozy travesti en « patriote », interdit à notre pays de plafonner les taxes sur le pétrole payées par les salariés qui vont au travail ou par les artisans taxis, camionneurs, agriculteurs, etc.
Et que dire de l’euro-directive ferroviaire pondue par Bruxelles qui exige la privatisation de fait de la SNCF alors que les cheminots sortent d’une grève pour défendre le fret public déstabilisé par l’ouverture européenne du rail français au privé ? Que dire des fonctionnaires français, qui subissent à raison de 30 000 suppressions de postes par an les sommations de Bruxelles exigeant de la République bananière de France la « réduction des dépenses publiques », sous astreinte d’énormes amendes ? Que dire des industries européennes plombées par l’euro fort, qui rend totalement inexportables les produits de la zone euro, à commencer par les produits Airbus et EADS ? Que dire des salaires des travailleurs d’Europe, bloqués de fait par la Banque de Francfort et par son directeur, le « Français » Trichet, l’homme qui a oublié sa langue maternelle et qui s’arc-boute sur « l’euro fort » et sur les critères d’austérité salariale qu’il impose, pour complaire aux marchés financiers et aux diktats monétaristes d’Angela Merkel ?
Que dire surtout de la « loi » scandaleuse récemment adoptée par le « parlement » européen qui fixe la durée légale du travail à 47 heures, avec dépassement autorisé jusqu’à… 65 h !, si le patron en décide ainsi (or, avec l’accord du conseil constitutionnel, le droit communautaire l’emporte sur le droit français !). A ce rythme-là, à quand la restauration directe de l’esclavage en Europe ? Que dire également de la directive RACISTE et pré-fasciste qui autorise les Etats de l’UE à interner leurs sans papiers pendant 18 mois, sans aucun jugement de justice, comme si ces ouvriers surexploités étaient de dangereux terroristes ?
Il est vrai que l’UE a désormais à sa tête des prédateurs de la pire réaction, comme Sarko, Berlusconi, Fini, Alessandra Mussolini ou Giorgio Alemanno, le nouveau maire ouvertement fasciste de Rome. Il est vrai que le projet concocté par l’UE est de criminaliser l’histoire du communisme, voire d’interdire l’affichage du drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau de Riga à Gibraltar!
Dans ces conditions, les Buffet, Besancenot, Laguiller, Thibault, Chérèque, Mailly, Aschiéri, Royal et autres Delanoë, oseront-ils encore longtemps « vendre » à la gauche française le slogan mensonger de l’« Europe sociale » ? Comme si on pouvait « démocratiser » une Europe supranationale programmée pour mater les salariés, ruiner les artisans et les paysans, re-coloniser les pays de l’Est et la Russie, arrimer le continent aux USA et à l’OTAN, interdire partout la lutte pour le socialisme (et jusqu’aux plus timides politiques capitalistes keynésiennes !), en arasant partout le droit fondamental des peuples à disposer d’eux-mêmes, invariablement qualifié de « nationaliste » !
C’est pourquoi le PRCF appelle depuis toujours à délégitimer cette Europe et son proconsul Sarko, qui n’ont même plus l’apparence de la légalité démocratique, de « l’Etat de droit » et de la légitimité populaire (juridiquement, le traité de Lisbonne est caduc puisqu’un traité international doit être validé à l’unanimité).
Communistes, syndicalistes, républicains, il n’y a plus désormais qu’un seul mot d’ordre réaliste : pour la liberté et l’égalité des nations, pour les acquis ouvriers et les libertés démocratiques menacés, pour de nouveaux traités internationaux progressistes non limités à l’Europe « blanche », pour l’Europe des luttes qui germe sous les « Non » français, néerlandais et irlandais, luttons ouvertement pour sortir la France de cette UE de malheur. C’est une question de vie ou de mort pour la France et sa classe ouvrière, mais aussi pour rouvrir en grand la lutte révolutionnaire contre le capitalisme et pour le socialisme sur tout notre continent.
Le PRCF, qui avec le Comité Valmy, le Rassemblement des Citoyens pour la République et le Comité national de Gaullistes de Gauche vient d’appeler à lancer un mouvement de masse pour que notre pays rompe sur des bases progressistes avec l’UE de Maastricht, est prêt à le dire haut et fort avec d’autres en reconstituant un Conseil National de la Résistance et de l’Alternative.
Le PRCF est également prêt à l’action commune contre la « semaine de l’Europe » que Sarko veut imposer aux lycéens à l’automne (les lycées sont tous censés pavoiser en bleu, quitte à humilier les dizaines de millions d’électeurs du Non de mai 2005 !) en violation ouverte de la neutralité et de la laïcité de l’école laïque.

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