mercredi 2 juillet 2008

L'EUROPE EN CRISE...

Mercredi 2 juillet 2008
L'Europe en crise...

L’Union européenne est en crise.
Nul ne nie cette évidence.
Depuis 2005 et le rejet du projet de constitution par les peuples français et néerlandais, les ‘stratèges’ européens cherchent « à recoller les morceaux ». Ils ont tenté de bricoler une constitution-bis, en rédigeant à la hâte un « mini traité », cher à Nicolas Sarkozy. Mais, cette fois, les dirigeants européens croyaient avoir pris toutes les précautions. Ils avaient, dans un bel ensemble de ferveur démocratique, écarté les peuples du processus de ratification. Seuls les parlements seraient sagement consultés. Aucun risque de ce côté-là : les élus ne se sentent aucunement les « représentants » de leurs électeurs. Et la trahison des promesses et des programmes électoraux, est saluée, par les médias aux ordres, comme une marque certaine du « courage politique ». En rejetant la voie référendaire (en appeler au peuple, n’est-ce pas ce qu’on nomme avec mépris du « populisme » ?), les dirigeants de l’UE avaient donc pris toutes leurs précautions.

C’était sans compter sur le vilain petit canard irlandais. Seul Etat à avoir inscrit dans le marbre de leur constitution, le recours obligatoire au référendum, au cas où celle-ci devrait être modifiée, l’Irlande, que chacun présentait comme « l’enfant gâté » de l’Europe, ne pouvait que répondre OUI.

Contre toute attente, son peuple a répondu NON !

Ce rejet a créé la confusion au sein de l’aréopage bruxellois, le doute et la perplexité parmi les chefs d’Etat, leurs ministres et leurs diplomates. Et chacun de s’interroger sur cette « mauvaise manière » de la part de « la nation qui s’était la plus enrichie, grâce aux crédits attribués par l’Union ». Car à force de confondre les nations avec les castes étroites de privilégiés qui assurent, à leur profit, la « gouvernance » des Etats, les eurocrates ont oublié le fait que les électeurs, eux, ne se sont pas enrichis.

D’où leur réponse.

Mais comme un malheur ne vient jamais seul, alors que chacun se « prend la tête » pour tenter de résoudre la dissonance irlandaise, c’est le Président polonais, Kaczynski qui annonce qu’il ne procédera pas à la ratification du traité de Lisbonne, celui-ci n’étant plus de saison. Fureur à Bruxelles comme à Paris contre ce malappris qui ne « respecte pas sa signature ». Barroso et Sarkozy tonnent de concert contre l’auteur de ce nouveau coup du sort.

Circonstance aggravante : cette attitude ne va-t-elle pas renforcer les adversaires du traité à Prague, en faisant de la République tchèque le troisième Etat qui ne ratifierait pas le traité de Lisbonne ?

En fait, ces discordances ne sont pas à l’origine de la « crise » européenne. Elles en sont le résultat, le symptôme visible. La crise provient du divorce profond (et qui s’accentue, mois après mois), entre les peuples et les politiques qui se sont arrogés le droit de décider, sans leur consentement, du destin de leurs nations.

Personne ne nie plus le « désamour » de « l’idée européenne ».

En France, Nicolas Sarkozy, pour son aura personnelle, surfe sur « l’inquiétude » des citoyens vis-à-vis de l’Europe. Il va jusqu’à paraître s’effaroucher des effets du libéralisme. Il pointe du doigt la Commission de Bruxelles, le FMI. Il dénonce l’attitude du britannique Mandelson qui représente l’UE à l’Organisation Mondiale du Commerce. Celui-ci réplique vertement au président français.

Quand l’humeur était à l’euphorie dans les sphères européennes, aucun dirigeant n’aurait osé exprimer de telles positions. Aujourd’hui, chacun prend ses marques.



Mais il ne suffit pas de compter les points et d’afficher sa satisfaction face à cette situation.

Malgré les difficultés rencontrées, les tenants de la finance veulent arriver à leurs fins : construire un empire sur notre continent, qui réponde, par ses lois et ses règlements, aux nécessités exigées par la rotation la plus rapide possible du capital, et la concentration extrême des entreprises. Ils ne renonceront pas d’eux-mêmes à leurs projets européens.

Il appartient aux peuples d’organiser la résistance.

Seule la lutte unie pourra contrecarrer leurs desseins.

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