samedi 28 juin 2008

CONSTRUIRE L'UNITE DANS L'ACTION

Construire l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse

De journées d'actions dispersées sans perspective en mobilisations sectorielles isolées en passant par une division syndicale renforcée par la proximité des élections prud'homales, les travailleurs subissent la stratégie des directions syndicales qui passent plus de temps à feindre de négocier les contre-réformes avec le gouvernement et le MEDEF qu'à favoriser la convergence des luttes contre une politique toute entière au service des grandes entreprises et des plus riches.

Pourtant, le mécontentement dans le pays est immense face à la baisse brutale du pouvoir d'achat, aux reculs du droit du travail ou à la casse des statuts, des conventions collectives, des retraites ou de la sécu tandis que la France d'en haut se gave de profits et ne passe pas une journée sans afficher son mépris du peuple et de ses aspirations.

Mais, menées dans l'impasse, les mobilisations massives s'essoufflent peu à peu et le pouvoir se sent des ailes pour imposer sa « rupture », sans se gêner d'ailleurs pour humilier au passage les organisations qui ont paraphé des accords de régression sociale.

Dans ces conditions, faire croire, comme c'est le cas aujourd'hui des directions CFDT et malheureusement CGT, qu'il faut désormais agir auprès des parlementaires UMP qui ont déjà annoncé leur volonté de déréglementer le temps de travail et qui cassent le droit de grève, violent les intérêts légitimes du peuple français ainsi que sa souveraineté (avec l'appui du PS
dans le cas du traité de Lisbonne), c'est tout simplement, en entretenant le mirage d'un
« dialogue » au sommet, empêcher le monde du travail de s'organiser pour construire une riposte puissante et coordonnée par la conscience de l'affrontement de classe en cours. Le prochain rendez-vous « d'ores et déjà » annoncé est pour l'instant fixé au... 7 octobre avec la
journée pour un « travail décent » (tout un programme, accrédité par le FMI et l'UE pour qui
« travail décent » rime avec 60 heures de travail par semaine !) à l'appel d'une Confédération Syndicale Internationale qui, avec la CES, pilote l'intégration des directions syndicales aux institutions officielles du capitalisme et la casse des structures militantes de base.

Il faut reconnaître aussi que le mouvement populaire n'est guère porté par des partis « de gauche » qui attendent tranquillement 2012 et dont les dirigeants re-légitiment Sarkozy à chaque occasion, par exemple en l'accompagnant dans ses déplacements officiels à l'étranger. Ce sont bien désormais toutes les directions des organisations issues du mouvement ouvrier
qui ont renié les enseignements de décennies de luttes de classe et qui désarment les travailleurs face à un pouvoir qui dispose de tous les leviers pour mener sa guerre de classe.

Cependant, les peuples ne se laissent pas toujours faire et parviennent à déjouer les manœuvres des puissants, comme en témoigne le réjouissant NON irlandais à la constitution européenne bis. De la même manière, les discussions dans les boîtes, dans les AG ou dans les manifs révèlent une conscience vive que si les travailleurs et leurs organisations de base ne
parviennent pas à trouver le chemin de l'unité dans l'action, les régressions vont s'accélérer jusqu'à mener notre pays au terme de l'horreur de l'exploitation sans limite sur le modèle anglo-saxon.

Aussi est-il vital aujourd'hui de développer les liens et les échanges entre tous les militants et travailleurs combatifs afin de favoriser les regroupements et les initiatives unitaires et d'imposer, à partir de la base, la perspective d'un mouvement « tous ensemble en en même temps » contre la casse sociale généralisée appliquée par l'UMP sous l'injonction du MEDEF
et de l'UE. Avec, sans ou contre les directions syndicales et politiques censées défendre les intérêts populaires.

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