mercredi 7 mai 2008

sarko J plus 364 par j Levy

Le Monde dépose son bilan : "Sarkozy, J+364"

Les médias nous égrènent, jour après jour, les agressions ciblées commises par le pouvoir sarkozien contre les acquis sociaux, fruit des luttes populaires depuis un siècle. Le président et son gouvernement tirent à vue sur tout ce qui bouge encore. Les commentaires de la presse, des radios et de la télé relatent, avec beaucoup de retenue et la banalité qui sied à des évènements jugés inéluctables, l'offensive programmée contre les droits et les garanties des salariés, des retraités et des privés d'emploi.
L'occasion donnée par le calendrier de "célébrer" le premier anniversaire de l'entrée en fonction de Nicolas Sarkozy, permet aux médias d'établir un bilan de ces douze premiers mois d'activité gouvernementale.
Le Monde publie un supplément de huit pages consacrées à l'évènement, autant de place que son édition du jour réserve à la publicité, au total, huit pages !
Une seule évoque le volet économique et social, quatre les questions touchant à la personnalité, au comportement du Président. Ce choix n'est pas fortuit. Il correspond à la tendance générale de la presse, qui donne la priorité de ses commentaires à l'attitude publique et privée de Nicolas Sarkozy. Ce qui permet à ce dernier de reconnaître "ses erreurs" dans la "communication", en utilisant l'adage bien connu : "il n'y a que les gens qui ne font rien qui ne se trompent pas !".
Mais quel est le journal, la chaine de radio ou de TV qui explicite le contenu des "réformes" (c'est le nom donné aux régressions sociales), réalisées ou mises en route ?
Le supplément du Monde les résume bizarement sous le titre :
"Economie La relance ratée.
Détaxation des heures supplémentaires, baisses d'impôt, réforme des régimes spéciaux...La'modernisation' et 'le choc de croissance' prévus par le chef de l'Etat ont buté sur un obstacle : la crise".
Que les "réformes" soient la copie conforme du programme du Medef, pas une ligne. Au contraire, ce commentaire qui exonère Sarkozy de tout apriori idéologique :
"Le sarkozysme en économie est un éclectisme. Pragmatique, le chef de l'Etat ne se laisse enfermer dans aucune école de pensée : il peut s'inspirer des post-kénésiens comme des théoriciens de l'offre pourvu que les uns et les autres servent son dessein affiché d'accélérer l'adaptation de la France à la mondialisation".
Comme si justement, cette "adaptation" n'était pas celle de notre économie aux intérêts du capital financier ! Claire Guélaud, la signataire de l'article, en vient à l'énumération de
"l'impressionnant train de réformes, cinquante cinq, a-il précisé jeudi 24 avril dans son entretien télévisé. Réforme des régimes spéciaux de retraites au nom de l'équité, instauration d'un service minimum dans les transports, fusion ANPE-Unedic, moderniation des relations sociales et du marché du travail, mise en place prochaine, avec la future loi de modernisation de l'économie, d'un arsenal de mesures en faveur des PME, réforme de l'Etat et révision générale des politiques publiques".
Ce qui vaut à Sarkozy cet éloge du président du Cercle des économistes (une association ultralibérale), Jean-Hervé Lorenzi :
"Reconnaissons-lui, au moins le courage d'avoir ouvert tous les chantiers à la fois".
Ainsi, Claire Guélaud utilise dans son bilan des "réformes", le vocabulaire abscons pour les non-initiés, de Sarkozy lui-même. Elle aurait pu, par des mots plus adéquats, expliquer le contenu réel des dites "réformes" :
"Alongement à 40 annuités de la période de cotisations à laquelle sont assujettis les salariés des services publics pour bénéficier de la retraite" et ".généralisation des 41 annuités en 2012, pour l'ensemble des salariés", "limitation du droit de grève à la SNCF et à la RATP", "sanctions pécuniaires à l'encontre des privés d'emploi qui n'accepteraient pas un travail sousrémunéré", "destruction du code du travail, avec la généralisation des contrats individuels, se substituant aux garanties des Conventions collectives".
Sans parler des trois augmentations du prix du gaz dans les six premiers mois de 2008, de celle de l'essence et du fuel domestique, des prix alimentaires et le refus opposé à de véritables augmentations des salaires, des retraites et des allocations.
Le Monde se garde bien d'énumérer les "réformes" antisociales avec une définition explicite.
Le quotidien sait que ces mesures ne sont que l'adaptation à la France des décisions communes des 27 Etats de l'Union européenne, et que des réformes identiques sont prises aussi bien par des gouvernements de droite que de gauche.
Le Monde ne peut donc mettre en cause le contenu du fait de son soutien inconditionnel à l'Union européenne. Aussi, comme tous les médias de même obédience, et compte-tenu de l'impopularité de la politique de Sarkozy, la critique de celui-ci ne peut se limiter qu'aux aspects péréphériques du personnage.
Ce qui préserve l'essentiel : l'adaptation de la France aux exigences du Capital financier.

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