mardi 1 avril 2008

pour les assises des communistes par J Levy

0 mars 2008
POUR LES ASSISES DES COMMUNISTES



Depuis l’Appel lancé et signé par nombre de communistes pour s‘unir et agir ensemble, un débat s’est engagé entre camarades sur la méthode pour y parvenir.

Rien de plus normal.

Les forces, que chacun souhaite rassembler, sont, à l’heure actuelle, éparpillées, écartelées. Beaucoup de camarades demeurent au sein du PCF. Ils tentent à la fois d’infléchir son orientation dans un sens de classe. Dans l’immédiat, leur souci premier, c’est d’empêcher que le Parti communiste abandonne au prochain congrès, sa référence ‘communiste’, considérée comme le dernier rempart, emblématique contre l’abandon de l’idéal et des principes qui ont fait son originalité.

Pour certains de ces camarades, qui continuent à s’interroger, « l’esprit de parti » joue en dernier ressort, en faveur de la Direction, qui l’utilise comme un chantage à « l’unité du Parti ». Parfois, cela peut entraver les actions communes entre adhérents du PCF et ceux qui militent en dehors.

D’autres camarades, les plus nombreux, ont quitté le Parti, au fil des années, réprouvant la ligne ‘opportuniste’ de ses dirigeants du temps du gouvernement de « la gauche plurielle », se démarquant de l’orientation de sa liste « Bouge l’Europe », et de la « mutation », décidée au congrès de Martigues.

Les camarades qui ont quitté le Parti, le plus souvent, isolément, ont considéré que l’appareil du PCF, ses méthodes, ne permettaient plus d’envisager un changement d’orientation dans le cadre d’un débat interne démocratique.

Hors du Parti, les camarades ont rejoint, pour certains d’entre eux, une structure nouvelle visant à les regrouper, avec pour vision finale, la création d’un nouveau parti vraiment communiste. Ces structures sont diverses, fluctuantes dans leur nom, « coordinations », « collectifs », « pôle », parfois opposées entre elles dans leurs analyses historiques, leurs références théoriques. Pourtant, tous ces groupes épars militent pour créer un parti de classe, baptisé pour certain de « marxiste-léniniste ».

D’autres, agissant sur une base locale, se battent au quotidien contre les effets de la politique de contre-révolution sociale de la droite, la construction européenne et les attitudes opportunistes et électoralistes du PCF.

Ils souhaiteraient agir au coude à coude, au-delà de leur localité.

Le problème, c’est de débattre pour rassembler sur une base commune, tous les camarades, isolés ou adhérents à des groupes plus ou moins structurés, sans pour autant avoir, dès à présent, l’ambition de créer LE nouveau parti.

Telle est le projet des camarades qui ont signé l’Appel pour les Assises des communistes.

Pour y parvenir, différentes conditions doivent être remplies.

D’abord, bannir tout sectarisme, tout esprit de boutique.

Il n’est pas utile, pour l’heure, de théoriser sur le passé, de se faire à partir de telle ou telle personnalité, une référence pour l’avenir et de s’opposer sur son choix.

Nous devons, par le débat, nous mettre d’accord sur l’analyse du monde actuel, les rapports de forces en présence, face à l’impérialisme, à la dictature du marché et au capitalisme financier. Cela suppose de bien établir le camp dans lequel on se place, dans le combat internationaliste qui est le nôtre.

Il est nécessaire aussi d’avoir des idées claires sur les rapports Peuples-Nations et Souveraineté populaire-indépendance nationale, dans le combat de classe que nous devons mener.

Il faut aussi, sur des notions qui me paraissent également essentielles,nous mettre d’accord.



En tout état de cause, privilégier le débat le plus large possible, comme base de consensus.

Sur chaque sujet, faire en sorte que la discussion s’engage, rebondisse et devienne, en quelque sorte, le bien commun de tous les camarades.



Nous devons discuter aussi des méthodes d’organisation.

Les habitudes prises de la verticalité (de haut en bas), de ce qu’on appelait, ou qu’on appelle toujours, (à tort, à mon avis), le « centralisme démocratique » doivent entrer dans le débat.



Mais, faut-il le rappeler, notre visée n’est pas d’aboutir à la naissance d’un nouveau parti.



Ce qui devrait être recherché par les signataires de l’Appel aux assises, c’est par le débat, trouver une base commune pour agir ensemble.



Bien entendu, chaque camarade décide souverainement de son appartenance personnelle à une organisation (PCF, Pôle, groupes et mouvements).

C’est un choix individuel.



Mais n’oublions pas que l’immense majorité des hommes et des femmes qui se cherchent pour agir ensemble, ne sont inscrits nulle part.

Ils sont isolés.

Ils se désespèrent de cette situation.



Cette contribution personnelle vise à engager le débat.

Pas plus, pas moins.



Jean LEVY

jean.levy@dbmail.com

Ancien adhérent du PCF

1956-2000

Membre du Pôle de Renaissance Communiste en France

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