mercredi 20 février 2008

KOSOVO PAR G GASTAUD




*La pseudo-« indépendance » du Kosovo, un dangereux précédent aux mains *
*de l’impérialisme US et de l’Empire européen du capital *
*avides de dépecer les Etats historiquement constitués*
* *
*En 91 la reconnaissance unilatérale de l’indépendance croate par
l’Allemagne fraîchement « unifiée » et par le Vatican avait donné le
signal de la guerre civile dans les Balkans. 17 ans plus tard, les
pyromanes de l’U.E. et de l’impérialisme US s’apprêtent à récidiver en
reconnaissant « de fait » la pseudo-indépendance du Kosovo malgré les
protestations solennelles de la Serbie et de la Russie.*
Certes les habitants du Kosovo ont droit, comme tous les peuples à
l’autodétermination : et c’est d’ailleurs d’une large autonomie qu’ils
jouissaient sous J. Tito, à l’époque de la République socialiste
fédérative de Yougoslavie (le Kosovo était alors province autonome de la
Serbie : de manière d’ailleurs peu équilibrée, puisque la Serbie ne
pouvait guère intervenir au Kosovo alors que celui-ci pouvait se
prononçait sur le devenir de la Serbie).
Mais ce qui est aujourd’hui imposé aux Serbes, chassés du Kosovo par une
terrible purge ethnique, et illusoirement proposé aux Kosovars, n’est
qu’un fantôme de souveraineté. Occupé par les troupes de l’OTAN depuis
une décennie, soumis au mark allemand (lui-même base de l’euro), régi
par les seigneurs de guerre de l’UCK eux-mêmes très liés aux mafieux
anticommunistes de l’Albanie voisine (dont l’essentiel des ressources
provient de la base militaire US), le Kosovo « européen » ne sera
indépendant que par rapport à Belgrade. Il restera un Etat fantoche,
entièrement piloté par Berlin et Washington avec la complicité du régime
sarkozyste (le premier proconsul du Kosovo après son occupation par
l’OTAN fut Kouchner !).
Le but réel des impérialistes euro-atlantiques est de continuer à
*démembrer la Serbie*, déjà coupée du Montenegro, comme ils ont démembré
la Yougoslavie qui avait le tort de résister à l’annexion
euro-atlantique et à l’alignement euro-libéral après la chute de l’URSS.
Il est aussi de continuer à* démembrer les Etats historiquement
constitués*. Contrairement au mythe qui affirme que « l’Europe c’est la
paix », la construction de l’UE de Maastricht s’est traduite par
l’*éclatement de la Tchécoslovaquie* (sans même un référendum !), par
celui *de la Yougoslavie*, mais aussi par celui *de l’URSS*, dont les
ex-républiques baltes ont été annexées à la sphère d’influence de
l’OTAN. A quand le tour de la *Belgique*, elle aussi menacée
d’éclatement « ethnique » (l’indépendance de la Flandre ne déplairait ni
à Londres ni à Berlin, le « rattachement » de la Wallonie à la France
sur des bases linguistiques serait une bombe à retardement pour l’unité
territoriale de la France, quant à Bruxelles, après que le sang y aurait
coulé entre francophones et néerlandophones, elle pourrait
tranquillement devenir la « capitale fédéral », détachée de la Belgique,
de l’Etat supranational européen).
Car le fond des choses est que* l’U.E. est un Etat supranational en voie
de constitution* (c’est l’enjeu réel du traité constitutionnel bis comme
du précédent). Comme tout Empire, cet Etat supranational utilise la
devise romaine « diviser pour régner ». Le supranationalisme européen se
sert du nationalisme, qu’il soit ouvertement raciste (Vlams Belang), «
ethnique » ou religieux, pour déchiqueter, tantôt les Etats
progressistes multinationaux (URSS, Yougoslavie, Tchécoslovaquie),
tantôt les Etats multinationaux parlementaires bourgeois (Belgique),
tantôt les Etats-nations (le tour de la France arrive : les
euro-séparatismes déclarés y sont déjà très actifs de la Corse à la
Savoie, de Nice à la Bretagne ; l’Italie est également menacée : les
racistes de la Ligue du nord y sont ouvertement sécessionnistes). A
l’inverse, quand un Etat-nation menace d’émerger sur des bases
anti-impérialistes, anticapitalistes et non-européistes, comme c’est le
cas au Pays basque espagnol, l’UE appuie la répression féroce de l’Etat
post-franquiste espagnol.
C’est pourquoi le PRCF refuse catégoriquement le mensonge de « l’UE
dispensatrice de démocratie et d’autodétermination » (la France
sarkozyste foule d’ailleurs aux pieds en ce moment même l’indépendance
du Tchad). Ce n’est pas en s’opposant les uns aux autres que les peuples
dominés par l’impérialisme réaliseront leurs aspirations nationales
légitimes. C’est en s’unissant contre l’impérialisme, ennemi principal
des peuples, contre l’UE, nouvelle prison des peuples, contre toute
constitution européenne, synonyme de désintégration des peuples libres.

Aucun commentaire: