De : commission luttes du PRCF
Date : 19/12/2008 15:30:48
A : commission Luttes du PRCF
Sujet : Solidarité et tous ensemble des jeunes et des salariés
Pôle de Renaissance Communiste en France
Communiqué de la commission enseignement
Face à la montée des luttes dans l'Education nationale et à l'université, le gouvernement emploie des procédés de plus en plus liberticides.
La commission enseignement du PRCF appelle à la solidarité et au tous ensemble des jeunes et des salariés.
Jamais depuis des décennies un pouvoir aux prises avec la jeunesse n'aura utilisé des procédés aussi liberticides que le gouvernement Sarkozy et son ministre Darcos, sympathisant de l'officine ultra-droitière du Club de l'Horloge.
Dans les lycées, les proviseurs, et leur "syndicat" majoritaire relaient majoritairement et sans états d'âme les consignes ministérielles d'interdire les AG lycéennes, de menacer les élèves grévistes de sanctions, d'intimider et de stigmatiser les syndicalistes enseignants qui font leur devoir élémentaire en soutenant les jeunes en lutte dans le respect de leurs décisions indépendantes. Des réunions parents/professeurs sont interdites dans les lycées. Des enseignants qui refusent de violer la déontologie en organisant la désobéissance civique autour des contre-réformes, sont durement menacés et sanctionnés. La FCPE, pourtant si timide, est privée de subventions et se voit même interdire des distributions de tracts à certains endroits. Des inspecteurs zélés, qui ne conçoivent leur devoir de réserve que comme une manière de servir la soupe au gouvernement (alors que tout fonctionnaire est au service de la Nation aux termes du statut de 1945 édicté par le ministre communiste de De Gaulle, Maurice Thorez) somment des instituteurs de faire silence sur leur opposition aux contre-réformes dans les conseils d'école. Et maintenant, Darcos en appelle au Ministère de l'Intérieur pour interdire les blocages de lycées en Janvier !
Décidément, "tout est devenu possible" depuis le 6 mai 2007 en matière d'étouffement des libertés démocratiques. Presse, médias audiovisuels, indépendance des juges, protection des libertés civiques, droit de grève des cheminots et des professeurs, laïcité institutionnelle, indépendance de la nation (qui serait réduite à rien par le traité de Lisbonne, adopté par le parlement UMPS félon en violation du vote souverain du 29 mai 2005), tous les acquis démocratiques sont gravement menacés par ce gouvernement qui a besoin de restreindre les libertés pour faire passer sa "rupture" thatchérienne au service de l'Union européenne du capital et pour tenir en laisse un peuple français et une jeunesse qui grondent contre les injustices criantes du capitalisme en crise. Comme l'expliquait le patron des patrons allemands invité par le MEDEF le 17 décembre : "Il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que « le capitalisme, c’est fini, le libre-échange, c’est fini »".
Malgré cela, la mobilisation croissante des lycéens et des étudiants a forcé Darcos à reculer sur sa contre-réforme. Le pouvoir craint que les colères sociales, celles des jeunes mais aussi celles des ouvriers frappés par la casse de l'industrie nationale, celles des postiers, des cheminots et des autres agents des services publics cassés par l'Europe, celle des assurés sociaux menacés d'un désossage en règle de la Sécurité sociale de 1945..., cristallisent et se joignent dans un vaste "tous ensemble en même temps", seul moyen pour stopper les casseurs de France et faire renaître une dynamique de progrès en France.
Cela ne se fera pas avec les directions confédérales qui, aidant le gouvernement à "tenir" le mécontentement, repoussent à la fin janvier leur prochaine action et paraissent déconnectées des nombreuses luttes à la base qui posent les jalons du "tous ensemble" comme à Douai le 18 décembre. Cela ne se fera pas avec le PS, dont les guerres de clan cachent mal l'accord de fond avec la politique européiste et atlantiste de Sarkozy, matérialisée par la présence de Strauss-Kahn et de Lamy à la tête du FMI et de l'OMC.
Comptons d'abord sur nos luttes, structurons nos convergences, sur la structuration nationale d'un Front syndical de Classe, sur la reconstruction DANS L'ACTION d'une vraie jeunesse communiste, d'un vrai parti communiste, dont l'absence, cruellement soulignée par le congrès quasiment pour rien du PCF, permet à la droite ultra de casser notre pays et d'humilier son grand héritage démocratique.
Enseignants et jeunes en résistance font preuve d'un réel courage et d'un vrai sens de la République et du combat social. Le PRCF appelle tous les progressistes à s'impliquer dans leurs luttes jusqu'au retrait total des contre-réformes Darcos et Pécresse, à organiser la solidarité avec les élèves et les enseignants sanctionnés par Darcos et ses séides, à développer le "tous ensemble en même temps" sans crainte de bousculer les états-majors qui continuent de "négocier" avec ce gouvernement qui organise des réunions européennes à Vichy et démantèle l'œuvre du Conseil national de la résistance.
dimanche 22 novembre 2009
samedi 21 novembre 2009
le « team France » se qualifie haut la main pour la Coupe du Monde de Handball !
Billet d’humeur de Georges Gastaud après France-Eire
Intense émotion patriotique :
le « team France » se qualifie haut la main
pour la Coupe du Monde de Handball !
Grâce au capitaine de l’équipe de France, qui a expliqué que tricher fait partie de sa morale sportive à condition de ne pas se faire prendre, l’équipe de France ira au Mondial.
Comment un « bon Français » (pas un de ces « Auvergnats » raillé par Hortefeux…) pourrait-il ne pas s’en réjouir ? Grâce à cet éclatant succès, on va pouvoir oublier patriotiquement que le capitalisme mondialisé, Sarko-MEDEF et leur Europe patronale désossent notre industrie et nos services publics, que le pouvoir démonte ce qui reste des retraites et de la Sécu, que la contre-réforme Balladur-Vallini détricote la République une et indivisible pour installer les euro-régions, que pour des millions de familles se nourrir est un tracas quotidien, que l’Education nationale devient un service public bas de gamme livré aux démolisseurs. Qu’importe, vous dis-je, puisqu’« on-a ga-gnéééé ! ». « L’identité nationale » façon Sarko est sauve ! Alors, en toute sérénité, Champion et Auchan peuvent se rebaptiser respectivement Carrefour Market et Simply Market, Pécresse et Lagarde peuvent basculer en catimini notre pays au « tout-anglais » en strangulant la langue de Molière et d’Eluard pour « booster » les actions du CAC 40 détenues par les fonds de pension US ! Qu’importe que Sarko ait violé le vote du peuple français en faisant adopter par la voie parlementaire la constitution supranationale rebaptisée « Traité de Lisbonne » ?
« We are the champions ! » et, sur la base d’une tricherie « petit bras » qui, montre ce qu’est devenu le sport en régime capitaliste en fait d’ « exemple pour les jeunes » ! :On va pouvoir refonder l’ « identité nationale » sur un chauvinisme d’autant plus creux que son vrai rôle est de permettre au trio Sarko-Barroso-Parisot de démolir la nation populaire héritière des Lumières, des Sans Culotte, des Communards et du CNR ?
Alors, honneur aux vrais sportifs, à ces joueurs amateurs, dirigeants bénévoles, autres profs d’EPS et autres dinosaures de « l’esprit chevaleresque » qui n’oublient pas, eux, que sport veut dire à l’origine jeu, épanouissement personnel, esprit d’équipe et respect de l’adversaire. Et que mieux vaut perdre en jouant le jeu que gagner en trichant.
Georges Gastaud
Intense émotion patriotique :
le « team France » se qualifie haut la main
pour la Coupe du Monde de Handball !
Grâce au capitaine de l’équipe de France, qui a expliqué que tricher fait partie de sa morale sportive à condition de ne pas se faire prendre, l’équipe de France ira au Mondial.
Comment un « bon Français » (pas un de ces « Auvergnats » raillé par Hortefeux…) pourrait-il ne pas s’en réjouir ? Grâce à cet éclatant succès, on va pouvoir oublier patriotiquement que le capitalisme mondialisé, Sarko-MEDEF et leur Europe patronale désossent notre industrie et nos services publics, que le pouvoir démonte ce qui reste des retraites et de la Sécu, que la contre-réforme Balladur-Vallini détricote la République une et indivisible pour installer les euro-régions, que pour des millions de familles se nourrir est un tracas quotidien, que l’Education nationale devient un service public bas de gamme livré aux démolisseurs. Qu’importe, vous dis-je, puisqu’« on-a ga-gnéééé ! ». « L’identité nationale » façon Sarko est sauve ! Alors, en toute sérénité, Champion et Auchan peuvent se rebaptiser respectivement Carrefour Market et Simply Market, Pécresse et Lagarde peuvent basculer en catimini notre pays au « tout-anglais » en strangulant la langue de Molière et d’Eluard pour « booster » les actions du CAC 40 détenues par les fonds de pension US ! Qu’importe que Sarko ait violé le vote du peuple français en faisant adopter par la voie parlementaire la constitution supranationale rebaptisée « Traité de Lisbonne » ?
« We are the champions ! » et, sur la base d’une tricherie « petit bras » qui, montre ce qu’est devenu le sport en régime capitaliste en fait d’ « exemple pour les jeunes » ! :On va pouvoir refonder l’ « identité nationale » sur un chauvinisme d’autant plus creux que son vrai rôle est de permettre au trio Sarko-Barroso-Parisot de démolir la nation populaire héritière des Lumières, des Sans Culotte, des Communards et du CNR ?
Alors, honneur aux vrais sportifs, à ces joueurs amateurs, dirigeants bénévoles, autres profs d’EPS et autres dinosaures de « l’esprit chevaleresque » qui n’oublient pas, eux, que sport veut dire à l’origine jeu, épanouissement personnel, esprit d’équipe et respect de l’adversaire. Et que mieux vaut perdre en jouant le jeu que gagner en trichant.
Georges Gastaud
mercredi 18 novembre 2009
Michel Peyret
COMMENT NAISSENT ET EVOLUENT LES IDEES .
J'ai publié , le 14 novembre dernier , un article de Anton Pannekoek intitulé : « La propriété publique et la propriété commune » qui apparaît avoir suscité un intérêt certain .
Je faisais précéder l'article d'une courte biographie de Anton Pannekoek extraite d'une présentation de l'encyclopédie Wikipédia .
Anton Pannekoek y est situé comme estimant , à l'égal de Karl Marx et Rosa Luxemburg , que le communisme ne peut résulter que d'un processus révolutionnaire , aboutissant à un accroissement de la démocratie et à la collectivisation des moyens de production .
Il est également présenté comme un opposant résolu à la Première guerre mondiale qui rejoint dès 1919 la 3eme Internationale , dont toutefois il est exclu en 1921 en raison de ses positions de « communiste de gauche » et de son opposition à Lénine .
Dans le prolongement du premier article , je propose à la lecture et au débat un second texte publié en 1919 sous le titre , sobre , de « Le matérialisme historique » , qui ne peut être considéré comme polémiquant .
Son entame considère toutefois que « la place qu'occupe l'esprit humain dans le matérialisme historique est le point le plus discuté et le moins compris de cette doctrine . »
Pour ma part , j'en ai également pris connaissance avec une vive satisfaction et en notant , entre autres , que la dialectique , celle de Marx bien évidemment , était bien présente dans le contenu .
Et comme chez moi il y a toujours une part de rêve , je n'ai pu m'empêcher de penser que l'histoire aurait pu s'écrire d'autre façon .
Et , si nous sommes plus de ces temps , j'estime toutefois que l'on peut considérer cet apport n'a pas été perdu pour toujours , tant en ce qui concerne les causes du mouvement de l'histoire que le rôle et la conception d'une formation politique révolutionnaire dans ce mouvement .
La parole donc à Anton Pannekoek en précisant que j'ai préféré ne pas opérer de coupures tout en introduisant des sous-titres de mon fait .
******
Anton Pannekoek
Le matérialisme historique
(publié pour la première fois en néerlandais dans De Nieuwe Tijd, 1919)
u
La place qu’occupe l’esprit humain dans le matérialisme historique, est le point le plus discuté et le moins compris de cette doctrine. Ceci est causé principalement par le mode d’expression ou formulation. La formulation, combinaison solide d’idées, en tant qu’abstraction précise, ne peut jamais rendre la riche complexité de la réalité, de même, la formulation ne peut exprimer l’enchevêtrement des relations dans le monde réel. Celui qui ne regarde que la formulation tombe dans une subtile analyse d’idées et s’éloigne de plus en plus de la réalité vivante sans même le remarquer. Celui qui veut connaître le matérialisme historique doit toujours regarder la formulation comme une règle raccourcie pour comprendre les relations telles qu’elles sont en réalité.
LE MATERIALISME HISTORIQUE
EST D'ABORD UNE CONCEPTION DE L'HISTOIRE
Le matérialisme historique est tout d’abord une explication, une conception de l’histoire, et surtout, des grands événements, des grands mouvements des peuples, des grands renversements sociaux. Chaque événement historique est composé d’actions d’hommes, d’hommes qui transforment ou luttent pour transformer le monde. Quelles sont les forces qui les poussent ? Explication de l’histoire, cela signifie donc explication des motifs, des causes qui ont obligé les hommes à agir.
Souvent la cause fut la misère immédiate, la poigne de fer de la faim, l’instinct de conservation propre à tous les êtres vivants. Combien de fois trouvons-nous dans l’histoire, que les masses ont été poussées à la révolte par la faim et ont ainsi impulsé des révolutions ? Mais, en outre, nous trouvons encore d’autres motifs qui poussent les classes à l’action et déterminent leurs actes ; plus généraux, abstraits, tels sont ceux qu’on appelle les motifs idéalistes, qui souvent sont ennemis du simple principe de conservation, de nos intérêts propres, et même permettent des sacrifices enthousiastes.
Dans les classes en présence vivent des idées et des sentiments plus profonds, des concepts généraux sur ce qui est bon et nécessaire pour le monde, des idées et des idéaux qui se résument en devises, et pour leur conscience propre, celles-ci déterminent leurs actes. Certes ces motifs sont exprimés par toutes sortes de nom : amours de la liberté, de la patrie (patriotisme), conservatisme, mécontentement, servitude, tendance révolutionnaire, et bien d’autres. Mais il est clair que ces noms par eux-mêmes ne donnent aucune explication.
CE N'EST PAS LA NEGATION DES MOTIFS SPIRITUELS
Le matérialisme de l’explication marxiste de l’histoire ne signifie pas la négation de ces motifs spirituels, mais la réduction de ces motifs à des causes matérielles, aux relations réelles de la société humaine. Nous nommons ces relations réelles, matérielles en ce sens, que nous pouvons les constater objectivement au contraire des idées subjectives ; non dans le sens de matériel opposé à spirituel. On a souvent affirmé que la réalité dans la société humaine est cependant principalement de nature spirituelle, car l’homme est tout d’abord un être pensant et capable de volonté ; partout dans la société et dans la politique les relations humaines existent seulement parce que les hommes en ont plus ou moins conscience, par leur conscience, leurs sentiments, leur savoir et leur volonté.
Cette réfutation ne touche pas le matérialisme historique. Nous attirons l’attention sur ce que, partout dans la société, où des hommes prennent contact des relations réelles, effectives sont la base de ceci, et que ces relations que les hommes en aient conscience ou non, qu’ils approuvent ou qu’ils haïssent, qu’ils les reconnaissent ou non, restent malgré tout, autant réelles. Derrière chaque bataille, derrière chaque trêve, entre travailleurs et patrons, on trouve effectivement l’état de vente de force de travail des ouvriers aux capitalistes, derrière la lutte pour la liberté du commerce ou le protectionnisme on trouve un rapport réel entre acheteurs et vendeurs, derrière les devises des partis de démocratie ou de réforme se trouve la relation réelle entre gouvernement et sujets, de classe entre classe ; chaque loi est, outre un morceau de papier, la décision formulée des gouvernants ayant la puissance de faire exécuter leur décision. Tout ceci – qu’on le nomme matériel ou spirituel – est objectivement observable, donc dans le sens de Marx : réalité matérielle.
LES RELATIONS ENTRE LES HOMMES SONT DETERMINEES
Les relations existantes entre les hommes ne sont pas arbitraires. Elles sont déterminées et les hommes ne peuvent même pas librement choisir le rôle qu’ils veulent remplir dans ce tout. Elles sont données par le système économique dans lequel les hommes vivent. La société, la commune, dont chaque homme est une partie et en dehors de laquelle il ne peut vivre est un organisme de production, elle sert à la production pour les hommes, de tous les moyens de vivre, de quelque nature qu’ils soient. Tout d’abord, les hommes doivent vivre, donc l’organisme économique régit tout au-dessus de toute puissance, en assurant cette vie, les relations dans lesquelles il place les hommes les uns par rapport aux autres sont d’une réalité aussi impérative que l’existence corporelle de l’homme même, elles remplissent sa vie et déterminent ses pensées par une violence insurmontable. L’opinion selon laquelle on peut vivre en dehors de tout ceci, indépendamment, vaut autant que l’opinion qu’une partie tranchée du corps peut vivre indépendamment de celui-ci.
L’expression de Marx que les idées et institutions humaines sont déterminées par la manière selon laquelle les hommes acquièrent leurs moyens de vivre, ne signifie donc pas, que chaque homme ne pense toujours qu’à son boire et son manger, mais que le procès de production met les hommes les uns avec les autres dans certaines relations qui remplissent leur vie, remplissent donc aussi leurs pensées, leurs volontés et leurs sentiments. En outre, pensons que, pas plus actuellement que pendant toute l’histoire passée, les moyens d’existence ne sont assurés, de sorte que les soucis et la crainte de manquer écrasent le cerveau comme un cauchemar et empêchent un large développement de l’esprit, un vaste envol des pensées. Un système économique, qui chassera ces soucis et donnera à l’humanité la maîtrise totale de ses conditions de vie, déterminera encore toujours par son caractère, la vie et les pensées, mais combien plus libres, plus vastes et plus dégagées seront ces pensées.
LE MODE DE PRODUCTION EST LUI-MEME UN PRODUIT HUMAIN
Mais pourquoi les relations économiques sont-elles telles quelles sont ?
Le mode de production qui détermine l’état de chaque homme est lui-même un produit humain, il est construit par le travail et l’évolution séculaire de l’humanité. De même aussi, actuellement chacun collabore à construire la suite de ce développement, les forces importantes qui ont constitué le mode de production, on trouve la technique et le droit.
« Das Recht bestimmt die Wirtschaft » ( « Le droit déterminé l’économie »), ainsi Stammler formule-t-il sa critique du marxisme.
Ceci n’est pas seulement causé par le désir d’un juriste de donner une place supérieure à l’objet de son étude, comme base fondamentale de la société. Là encore, nous trouvons le vieux contraste entre spirituel et matériel. La technique comprend un élément matériel : le mouvement visible d’un bras, d’un outil, d’une machine. Mais il ne suffit pas d’une pratique de travail concrète pour faire un mode de production, ceci n’est obtenu que par la réglementation des formes de droits sous lesquelles on travaille.
Ce n’est pas l’outil ou la machine, mais le libre contrat de travail, le libre échange, la libre concurrence, la liberté professionnelle qui ont fait le capitalisme. Donc l’élément matériel, le procédé technique est régi et conduit par des relations spirituelles, par des règles juridiques ; l’élément spirituel, la manière selon laquelle les hommes règlent, par leur volonté et leur intelligence, leurs relations réciproques est élémentaire.
A ceci, nous pouvons déjà faire remarquer que le contraste entre technique et droit n’est pas conforme à celui entre matériel et spirituel, le droit n’est pas seulement une règle, mais une forme impérative, il n’est pas seulement la formule d’un paragraphe de loi, mais aussi la sabre du gendarme et le mur du cachot. En ce qui concerne l’élément spirituel dans la technique, nous verrons plus loin.
UNE PRODUCTION REGIE PAR LA DOMINATION DE LA PROPRIETE PRIVEE
Du reste la thèse de Stammler est juste. Le mode de production capitaliste n’est pas simplement caractérisé par une production machiniste et industrielle, mais par une production régie par la domination de la propriété privée. Le mode de production est technique, réglé par des relations juridiques et de possession. Mais la thèse de Stammler n’est pas toute la vérité. Les deux facteurs : la technique et le droit ne sont pas équivalents. La technique a une base donnée, ne peut être modifiée simplement par la volonté humaine, contrairement au droit et à la loi, que la volonté humaine peut directement influencer. Mais non arbitrairement, les hommes règlent leurs relations, fixent donc, leur droit, comme le rendant nécessaire, dans des conditions techniques données l’existence et le développement de la production.
La technique du petit travail à la main a rendu et nécessité un mode de production petit-bourgeois et obligé les hommes à transformer la possession privée des instruments de production assurant ceci par une institution juridique générale.
Les grandes machines ont nécessité les grandes entreprises et poussé les hommes à annuler toutes les barrières à la liberté professionnelle et contractuelle, qui empêchaient le libre développement de la production. Ainsi d’une technique donnée et des formes juridiques y adaptées naquit le capitalisme.
L'ADAPTATION DU DROIT AUX BESOINS DE LA TECHNIQUE
La technique est donc la base la plus profonde, pour cela c’est la plus importante force de production, alors que le droit n’appartient qu’à la construction bâtie sur elle, dépendante d’elle. C’est justement pour cela que le droit détermine l’économie : les hommes essaient de régler le droit et la loi d’après nécessités de la structure économique de la société.
Cette adaptation du droit aux besoins de la technique pour la réalisation d’un système économique n’a donc pas lieu subitement et par elle-même, mais est absolument un procès de la lutte entre les classes. C’est le sens et le but de toutes les batailles politiques et de toutes les grandes révolutions, de même le socialisme n’est rien d’autre qu’une telle transformation du droit et de la forme de la propriété qui se conforme avec un développement plus avancé de la technique de la grande industrie.
Les bases de la société, les forces de production sont donc actuellement, surtout formées par la technique, dans les sociétés primitives, les conditions naturelles jouent un rôle important. Elles se perfectionnent toujours parce que la pratique du travail par elle-même dirige l’esprit humain vers des moyens qui pourront améliorer ce travail ou satisfaire de nouveaux besoins.
L'HOMME AU CENTRE DE L'EVOLUTION
La technique n’est pas seulement composée des machines, des fabriques, des mines de houilles matérielles, mais aussi de la possibilité de les faire et de la science sur laquelle elles sont basées. La science de la nature, notre connaissance des forces naturelles, notre capacité de travailler et de compter sur elles peuvent être ainsi regardées comme des forces de production. Dans la technique on ne trouve donc pas seulement un élément matériel , mais aussi un fortement spirituel.
Dans le matérialisme historique, cela est évident car contrairement aux abstractions fantaisistes des philosophes bourgeois, il place l’homme vivant avec tous ses besoins corporels au centre de l’évolution. Chez les hommes, les éléments spirituel et matériel sont tellement intimement liés qu’on ne peut les séparer. Si nous parlons des besoins de l’homme, nous ne parlons pas seulement de ses besoins stomacaux, mais aussi de ceux de sa tête et de son cœur, et tous sont en même temps spirituels et matériels. Dans le travail humain, même dans le plus simple, les éléments spirituel et matériel d’une manière égale sont toujours réunis et c’est une abstraction artificielle de vouloir les séparer.
Mais cette abstraction a cependant un sens historique : le développement social avec sa division du travail et sa division en classes a fait d’une partie des éléments spirituels du procès du travail, une fonction distincte pour certaines personnes et classes, et a ainsi causé une diminution de l’être humain des deux côtés. Ainsi, ces spécialistes, les intellectuels, s’habituèrent à regarder de par leur travail, tout le spirituel par contraste avec un matériel inférieur et ne virent pas leur unité organique et sociale. Il est compréhensible que l’image qu’ils se font du matérialisme historique, en partant de ce point de vue erroné doit être absolument fausse.
DANS L'EVOLUTION HUMAINE
UNE CONSCIENCE TOUJOURS PLUS DOMINANTE
v
L’histoire se base sur les actions des hommes, son explication se base sur ce que nous savons en général de l’activité humaine. L’homme en tant qu’organisme avec certains besoins, certaines exigences de son existence, se trouve au sein du milieu ambiant naturel, dans lequel il puise le contentement de ses besoins ; ses besoins et le milieu agissent sur lui, ils sont les causes des actes par lesquels il assure son existence.
Il a ceci de commun avec tous les êtres vivants, mais il arrive à un degré d’autant plus haut sur l’échelle de l’évolution du monde organique, que se glissent entre l’effet et le contentement un élément spirituel, une impulsion et une volonté. Dans l’évolution humaine, une conscience toujours plus dominante arrive à ceci : de temps en temps, la misère enflamme fortement les instincts originaux comme une volonté spontanée ; plus souvent le processus s’effectue par l’intermédiaire de l’esprit humain et travaille par la pensée, l’idée, la volonté consciente. Le besoin, que l’on sent sans intermédiaires et le milieu observé agissent sur l’esprit humain et évoquent dans celui-ci des pensées, des buts ; ces derniers mettent le corps en action et causent les actes.
Pour la conscience des hommes en action eux-mêmes, la pensée, l’idée sont la cause de leurs actes, le plus souvent ils ne se demandent pas d’où vient la pensée. Ainsi la description idéologique de l’histoire explique les événements historiques par les idées humaines. Ceci n’est pas absolument faux, mais toujours incomplet, cette explication s’arrête à moitié chemin.
D'OU PROVIENNENT LES IDEES
Le matérialisme historique retourne aux causes d’où proviennent ces idées : les besoins sociaux qui sont déterminés par les formes de la société, formes les plus compliquées de la volonté de vivre humaine.
Les œuvres historiques des auteurs marxistes ont ainsi jeté une brillante lumière sur les grands événements de l’histoire. Et cependant elles ont souvent fait naître une conception fausse du matérialisme historique, alors qu’elles ont avec force accentué les causes matérielles, économiques des révolutions, l’intellectuel par opposition, croit qu’il doit au contraire, rester sur son opinion : il est certes incontestable que les idées ont eu une très grande influence. Il ne voit pas que l’explication du matérialisme historique éclaircissant rapidement, a sauté par-dessus ces idées, pour relier solidement la cause fondamentale et le résultat final et n’a rien fait d’autre que d’expliquer les idées impulsives par leurs causes sociales.
Si, par exemple, la conception antique expliquait la révolution française par l’amour de la liberté chez la bourgeoisie progressive, qui s’était débarrassée de l’absolutisme et de la noblesse, et si le matérialisme historique explique que la cause de cette révolution c’est le besoin d’un Etat bourgeois pour le capitalisme en progrès, il faut alors lire cette dernière phrase ainsi, d’une manière plus détaillée. Le capitalisme en bourgeons a éveillé dans les masses bourgeoises la conscience de la nécessité d’une liberté politique et économique, a enflammé un puissant enthousiasme pour ces idéaux et les a ainsi poussés à une action révolutionnaire.
La pensée, l’idée est l’intermédiaire entre l’effet des facteurs sociaux sur l’homme et son action historique. Ce qui a vécu et s’est accru ainsi dans l’esprit, s’est précipité, cristallisé dans l’acte transformant la société, et se conserve dans celui-ci, impérissable. Mais il se conserve en même autrement : les pensées, sentiments, passions, idéaux, qui ont poussé à l’action les générations précédentes, se sont aussi exprimés dans tous les produits de leur esprit, dans leurs littératures, leur science, leur croyance, leur art, leur philosophie, leurs théories et idéologies, et par ceux-ci nous pouvons directement en prendre connaissance. Ils forment un objet distinct d’études dans toutes les sciences nommées spirituelles.
L'EFFET DU MONDE MATERIEL SUR L'ESPRIT
CELUI DE L'ESPRIT SUR LE MONDE MATERIEL
Pour l’histoire ordinaire, celle des événements et des actes, il ne semble pas nécessaire qu’on accentue toujours cet intermédiaire et que l’on observe à part ces deux effets – celui du monde économique, matériel sur l’esprit – et celui, réflexe, de l’esprit sur le monde matériel. Ici, il suffit le plus souvent d’indiquer la liaison entre la cause matérielle et les résultats sociaux, dériver de la croissance des forces de production la transformation du mode de production ainsi que la lutte de classe que l’accompagne et les révolutions politiques nécessaires à cette transformation. On procède ainsi surtout dans les résumés généraux très concis.
Mais si l’on veut comprendre les productions spirituelles d’une période donnée, son idéologie, sa religion, son art, alors l’action de la société sur l’esprit humain devient le principal et alors il devient nécessaire de pénétrer profondément dans le problème de savoir comment le matériel influe sur le spirituel. Alors, ce côté du marxisme, la théorie de l’esprit, de la pensée, de la conscience doit être développée et appliquée en détail.
Mais ceci est nécessaire aussi pour l’explication de l’histoire elle-même et pour la réfutation des contradicteurs de notre doctrine. Si nous appliquons le marxisme à l’époque actuelle, à l’histoire que nous vivons et faisons, nous nous trouvons dans une position toute autre que si nous explorons le passé. Ce qui a eu lieu durant les siècles passés : l’influence de la société sur les hommes et l’effet contraire des hommes sur la société est fini : la chaîne des effets, dans laquelle l’esprit humain est un maillon intermédiaire, à chaque fois est finie. Nous voyons clairement le résultat final et la cause originale d’un côté et de l’autre.
QUAND LA REALITE NOUVELLE
COMMENCE A PEINE A INFLUENCER L'ESPRIT
Mais la même chaîne de causes et d’effets quant à l’époque actuelle n’est pas encore terminée, nous nous trouvons au sein de son cours, innombrables sont les manières par lesquelles la société s’occupe à transformer l’esprit humain, alors que ceci n’a pas encore eu de résultat dans une action suivante, très nombreux sont les cas où la réalité nouvelle commence à peine à influencer les esprits. Dans de tels cas on ne peut donc relier la cause sociale avec un résultat pratiquement social, ici, nous nous trouvons encore au sein des processus d’influence, de lent mûrissement de nouvelles conceptions, de propagande, de préparation de futures révolutions.
Ici, le simple lien, qui dans l’histoire passée a été la force qui prouvait le matérialisme historique n’est pas encore trouvé ; il semble ici que dans le chaos compliqué des idées anciennes, de lutte de classes révolutionnaires, de réaction et d’apathie, notre doctrine est de toute manière contraire à la réalité. Et c’est ici qu’apparaît la question de l’action pratique (qui n’existe pas dans l’exploration de l’histoire) quel rôle joue donc notre volonté propre et notre travail dans ce processus ?
C’est un fait bien connu, que ce côté du marxisme (pour des causes sociales bien claires) est resté trop caché durant ces derniers 50 ans. La social-démocratie a dû pendant la période parlementaire du capitalisme mûrissant se limiter à la préparation et à la propagande calme, le prolétariat n’était pas encore mûr pour l’action révolutionnaire ; donc la théorie doit surtout prouver la nécessité de la révolution socialiste de par le développement du capitalisme.
De ce que la social-démocratie n’a pas appelé à l’action, mais au contraire incité à attendre jusqu’à ce que les circonstances soient mûrs, la théorie a adopté la forme d’un lien mécanique entre les causes économiques et les renversements sociaux, d’où le chaînon intermédiaire de l’activité humaine a disparu du champ de vue. Il est bien connu, et ce n’est pas par hasard que, justement ceux des théoriciens qui ont appartenu aux orateurs d’une tactique nouvelle, plus active ont aussi théoriquement accentué le chaînon de l’esprit humain et sa liaison, passive et active, influée et influente, avec la société.
UNE SCIENCE SPECIALE DE L'ESPRIT HUMAIN ?
Toute l’action humaine s’est effectuée par l’intermédiaire de l’esprit humain. Le matérialisme historique, en tant que science de l’action humaine, doit donc être plus intimement lié avec une science spéciale de l’esprit. Son point de départ est la conception des relations entre la pensée et l’existence, elle-même embrasse une nouvelle philosophie ; sa base philosophique c’est la doctrine de l’unité du cosmos, qui se nomme chez Marx et chez Engels, tout simplement matérialisme.
L’esprit humain est entièrement déterminé à partir du monde ambiant. Tout ce que contient l’esprit, provient du monde réel ambiant, que l’influe par l’intermédiaire des organes des sens. Dans cette thèse fondamentale du matérialisme historique, on ne constate pas une infériorité du spirituel sous le matériel, mais l’unité du spirituel avec le monde entier. Chaque partie du tout universel est déterminée entièrement par le monde extérieur, elle n’existe que par son unité avec le reste ; et son essence propre, la somme de toutes ses qualités spéciales, n’est rien d’autre que le tout, la somme des manières selon lesquelles elle est influencée par le monde extérieur et reflète cette influence, la somme de tous ces effets réciproques avec le cosmos. En la nommant « objet » nous prononçons seulement un mot, une conception comprenant toutes ces actions que nous observons comme phénomènes.
Il en est aussi de même pour l’esprit humain – cette conception aussi n’est qu’un résumé d’une série infinie de phénomènes – qui est une partie du cosmos en relations réciproques et constantes avec le reste ; de ce monde les influences coulent vers lui et inversement il réagit sur ce monde par le moyen du corps. Evidemment, ici « monde » ne signifie pas seulement monde matériel. Notre cosmos n’est pas la somme de tout ce que nous pouvons toucher ou peser, mais de tout ce qui est observable, et par suite réel. A tout ceci appartient également tout le spirituel qui se trouve dans les cerveaux humains.
Evidemment, les objets imaginaires, les fantaisies n’appartiennent pas à ceci : une idée absolue ou un esprit général cosmique n’appartiennent pas au monde réel matériel ; mais les images mêmes, existant dans certains cerveaux sur cet esprit fantaisiste, les fantaisies et les chimères elles-mêmes existent effectivement, donc sont réelles, matérielles, dans le sens que nous avons attribué à ce mot. Tout ce monde réel est matériel pour notre esprit et agit comme matière pour lui. Tout ce qu’il contient est l’influence du monde ambiant et son essence spéciale n’est rien d’autre que le résumé de ses qualités, la manière selon laquelle il absorbe ces influences et les travaille.
LA FACULTE DE RASSEMBLER : LA MEMOIRE
La première et la plus grave de ces qualités c’est la faculté de rassembler : la mémoire. Comme un flot ininterrompu le processus cosmique défile devant l’esprit, comme un flot ininterrompu les influences, les effets du cosmos entrent dans l’esprit et s’y rassemblent. L’image, selon laquelle le cours du temps passe comme le câble d’un bac le long duquel il nage, toujours effleurant un point au moment même où il va s’en éloigner, n’est pas juste ; la corde infinie pendant la marche en avant est captée et s’enroule dans la cale de notre bateau. Les événements cosmiques coulent en nous et toujours nous nous renouvelons et nous transformons. Notre expérience s’enrichit toujours, le contenu de notre conscience remplit et s’agrandit. Que fait donc l’esprit de cette masse croissante d’impressions ?
LA FACULTE D'ABSTRACTION
La deuxième qualité qui caractérise l’essence de l’esprit c’est la faculté d’abstraction. La foule variée, innombrable d’impressions qui a envahi l’esprit, est élaborée et transformée en image abstraite, dans laquelle les caractères généraux des phénomènes concrets se résument en conceptions. La technique de ce processus, la relation de l’image à l’objet, l’essence des idées par opposition à la réalité, ont été expliquées avec une clarté magistrale par Dietzgen, et il n’est pas nécessaire de traiter ici ce sujet en détail.
Dans l’idée est exprimé le général, l’essentiel, le commun, le constant de la partie du monde, du groupe de phénomènes dont elle est l’image ; du spécial, du divers, du changement de la réalité on a tiré une abstraction par cette méthode. La diversité infinie du cosmos n’a pas place dans notre cerveau : c’est pourquoi l’esprit doit simplifier, par abstraction, les différences et les diversités accessoires et occasionnelles. Les idées sont par nature fermes, inflexibles, strictement limitées par opposition à la réalité, dont elles sont la cristallisation, et qui coule comme une rivière, toujours autre, infiniment diverse et multiple.
LES IDEES TOUJOURS CHANGENT , SE TRANSFORMENT
Il découle de ceci, que les idées elles-mêmes ne peuvent tranquillement rester constantes sans plus, elles doivent toujours changer, se transformer, se limiter autrement, être remplacées par d’autres et ainsi s’adapter à la réalité changeante.
Sans cesse, le flot des impressions et des expériences du monde ambiant pénètre dans l’esprit, s’y rassemble, s’y élabore, s’y distille, s’y généralise en idées, conceptions, jugements, pensées, sentiments, règles qui composent le contenu de la conscience, puis, qui peu à peu disparaissent dans l’inconscient et l’oubli. Si les nouvelles impressions s’harmonisent avec l’image déjà formée, parce que le monde extérieur revient toujours sous de mêmes formes, l’image de ce concept se maçonne toujours plus solidement et se pétrifie en une possession spirituelle intangible.
Et elle ne se perd pas avec l’individu : dans l’habitation et le travail en commun, l'échange constant d’idées s’effectue ; la représentation du monde spirituel n’est pas une possession individuelle, mais collective. La propriété spirituelle, qu’une société a acquise en un certain temps est transmise à la génération montante : durant tout le temps où les conditions de vie restent inchangées cette génération retrouve toujours le système économique traditionnel de concepts et d’idées, l’idéologie qui s’harmonise avec le monde réel ; alors cette idéologie s’enfonce de plus en plus solidement et se fait de plus en plus indiscutable.
Mais, voici que le monde se transforme ; de par le travail humain même, la société est toujours modifiée, reçoit toujours de nouvelles formes ; de nouvelles impressions, de nouvelles expériences pénètrent dans l’esprit et ne se conforment pas à l’ancienne image du monde. Voici que l’esprit commence à construire à l’aide de fragments de l’ancienne propriété mêlées à de nouvelles acquisitions.
NOUVELLES EXPERIENCES ET NOUVEAUX CONCEPTS
D’anciens concepts se transforment ou sont autrement définis, de nouveaux concepts se forment, des préjugés se modifient, de nouvelles conceptions, convictions se fixent ; un nouveau monde naît, plus ou moins rapidement, des fragments de l’ancien, qui s’adapte plus ou moins, et de la nouvelle expérience. C’est un tel processus qui s’effectue dans l’évolution des sciences naturelles et c’est pourquoi l’image que nous nous faisons de la nature, se renouvelle et se transforme toujours.
Mais il y a cependant une différence, et la voici : ici, l’évolution, le développement n’a pas lieu parce que le monde lui-même s’est transformé, mais simplement parce que notre expérience du monde se transforme sans cesse, de par l’exploration de la nature de plus en plus poussée et détaillée. En outre, ce processus évolutif se développe plus tranquillement, plus consciemment et plus objectivement, parce qu’il se situe en dehors de la lutte sociale, en dehors des passions, en dehors de la vie miséreuse des masses, parce qu’il n’est pas l’affaire des masses, mais l’objet d’étude d’une petite caste.
QUAND LES PENSEES SE REVOLUTIONNENT
Mais la société agit sur tous, c’est le monde véritable pour la majorité des hommes ; elle impose ses influences par une violence formidable à tous, car leur vie en dépend. Sur la société, c’est-à-dire, sur sa propre vie, chacun doit se faire des idées ; elles croissent spontanément, inconsciemment chez l’individu, quelquefois comme science objective, mais plus souvent sous forme d’images subjectives. Et la société, étant constamment en changement, le milieu actuellement se transforme avec une intense rapidité et il entraîne même les cerveaux les plus inertes et les plus obstinés.
Dans la lutte interne, dans la bataille acharnée ou dans la tranquillité de la recherche intellectuelle, les pensées se révolutionnent, souvent, subitement, comme ensorcelées, quand les influences extérieures sont très fortes, souvent, cependant, lentement et d’une façon à peine perceptible. C’est dans ce processus de transformation permanente que s’effectue l’adaptation de la conscience à l’existence sociale.
LA NOUVELLE CONSCIENCE
Donc, si Marx nous dit que l’existence sociale détermine la conscience, cela ne signifie pas que les idées actuelles sont déterminées par la société actuelle. La réalité sociale actuelle est un élément, le monde des idées formé de la réalité précédente est un autre élément ; de ces deux éléments se forme la nouvelle conscience.
Le premier compose le facteur matériel, l’effet du monde matériel, le deuxième est le facteur spirituel, la possession des idées et images déjà existantes. C’est pour cela que les savants bourgeois, jugeant d’après l’aspect extérieur, pensent prouver ainsi la fausseté du matérialisme historique : ce n’est pas seulement la réalité matérielle qui détermine la pensée, mais les facteurs spirituelles sont aussi importants.
En pensant ainsi, ils ne portent pas leur attention sur le fait que le monde actuel n’inscrit pas son image sur une feuille de papier blanc, mais que l’image abstraite de l’effet de tous les états précédents s’est fixée dans le contenu de la conscience : la conscience est déterminée par la somme des réalités passées et actuelles. Le concept bourgeois du contenu spirituel de la conscience part en quelque sorte d’une donnée, dont on n’a pas besoin d’indiquer l’origine plus en détail, de quelque chose qui a sa source dans la « nature » de l’esprit ou dans l’existence d’un être spirituel en dehors de l’homme.
La conception marxiste part de la conviction, que le contenu de la conscience doit s’être formé à partir d’un effet, d’une influence du monde réel, et il en cherche l’origine dans les conditions de vie passées des hommes. Et il n’en est pas seulement ainsi pour la conscience ; aussi pour les autres qualités de l’esprit, dans les inclinaisons et les impulsions, dans les instincts et les coutumes, qui se cachent dans les profondeurs de l’inconscient et qui apparaissent comme une mystérieuse nature humaine innée, se manifestent les impressions héritées pendant des milliers d’années depuis les temps les plus reculés.
L'ANCIEN EST TOUJOURS LA
Cette relation entre l’esprit et la société fait comprendre les causes, qui, ainsi qu’on le dit le plus souvent, empêchent et ralentissent le processus de la révolution sociale. En disant ceci, nous n’avons pas seulement en vue le fait subjectif, que ce processus s’effectue plus lentement que ne le désirent ou le pensent les révolutionnaires éminents, mais aussi le fait objectif que la réalité actuelle détermine et régit tellement peu l’esprit de la majorité des hommes.
C’est pourquoi nous parlons de la puissance de la tradition comme de la grande force qui empêche tout progrès. En observant le milieu actuel, ses luttes de classes, ses croyances, son idéologie, on rencontre toujours cette force gigantesque, et, sans elle, aucune explication n’est possible. En agissant ainsi, nous ne sortons cependant pas du marxisme, car chaque tradition elle-même est une réalité concrète, un morceau de la réalité, vivant dans les têtes humaines et déterminant leurs actes, agissant fortement sur autrui et ayant ainsi une grande influence sur les événements.
Ce qui en fait une tradition, ce qui est sa nature propre par opposition aux autres phénomènes spirituels, c’est le fait qu’elle est une réalité de nature purement spirituelle, dont les racines matérielles se trouvent dans le passé, une réalité qui ne vit que par le passé et qui ne trouve plus d’aliment dans le monde nouveau.
Comme exemples, citons deux idéologies puissantes, qui règnent le plus fortement sur les esprits des ouvriers et les retiennent hors du socialisme : la religion et le nationalisme. Comment la religion est née du mode de production primitif et petit-bourgeois, comment, pendant sa croissance, elle a constamment changé de forme et d’aspect, comment elle a été l’expression d’organisations sociales, qui ont depuis ce temps perdu toujours plus leur base sociale, tout ceci a déjà été expliqué dans de nombreux ouvrages et articles.
L’idéologie nationaliste se distingue de l’autre en ce qu’elle a ses racines dans le capitalisme et est pour la bourgeoisie une réalité vivante, donc une tradition encore plus jeune et plus fraîche, qui par cela même peut agir encore plus fortement sur les ouvriers.
Il peut paraître étrange, qu’une idéologie puisse encore se maintenir aussi longtemps après que la base qui la nourrie, son fondement, la réalité qui l’a créée a disparu depuis longtemps. Cependant il en est de même pour ceci que pour tout le spirituel chez l’homme ; non seulement elle continue d’exister avec une vie propre, comme la mémoire reste après l’impression et chaque image spirituelle après une série d’impressions ; mais aussi elle se renforce énormément de par l’influence spirituelle réciproque entre les hommes.
De même que dans le cerveau les centres des organes des sens ne sont pas seulement touchés par les excitations extérieures mais aussi sont liés entre eux par des milliers de manières, s’influent mutuellement et créent ainsi une vie spirituelle de liaisons de pensée, qui s’effectue, en grande partie indépendamment des effets du monde extérieur – de même, dans la société, ce qui s’est formé un jour comme idées dans les cerveaux humains, agit comme une nouvelle force sur d’autres hommes.
Le monde extérieur, qui influe sur nos esprits, ne consiste pas seulement des faits multiples de la vie et du milieu, mais aussi de tout ce que les autres nous ont dit, comme précipités de leurs expériences, et de ce qu’ils – ou d’autres générations – ont mis dans les livres. Comme le son d’abord subtil d’une corde ne résonne pleinement que grâce à la caisse de résonance, ainsi l’instruction des faits résonne sur nous comme un accord parfait du monde qui nous entoure.
Les nouvelles idées, en harmonie avec la nouvelle réalité, sont propagées par ceux en qui elles sont nées, qui les premiers les ont entendues indistinctement et en ont distingué le nouveau ton ; leur forte résonance a réveillé les esprits plus jeunes et plus inertes, leur propagation les a réunies à l’influence directe de la vie et de l’expérience, et a conduit à une compréhension plus rapide de leur essence. De la même manière, l’ancienne idéologie se renforce par la même force et reste vivante ; par l’influence spirituelle des vieux aux jeunes, des anciens écrits sur la nouvelle génération l’ancienne vie des idées continue à résonner pendant un certain temps, même quand sa première cause matérielle a cessé. Mais si ceci dure un peu trop longtemps, elle doit périr, étant devenue un son inharmonieux.
QUAND UNE NOUVELLE REALITE...
Quand une nouvelle réalité, jour après jour, imprimera ses impressions dans l’esprit, et les fera pénétrer avec force dans les cerveaux, l’ancienne idéologie cédera et, toujours plus, l’esprit devra abandonner les anciennes opinions et diriger ses idées suivant les besoins de la nouvelle société. Quelquefois ceci a lieu lentement, quelquefois, avec hésitations et seulement à moitié chemin, mais cependant arrive finalement.
Car la propagation de la nouvelle idéologie puise continuellement une nouvelle force dans la réalité de la vie.
C’est ici que la rapidité du processus de révolution sociale joue un grand rôle. Dans les temps passés, alors que ce processus se développait lentement, les formes de pensée engendrées par la société se pétrifiaient en des dogmes rouillés. A des époques de transformations rapides, l’esprit est entraîné, il se fait plus souple et plus rapide, et se débarrasse des anciennes idées beaucoup plus rapidement. Les décades passées, pendant lesquelles le capitalisme et le prolétariat devaient mûrir jusqu’au plus haut degré d’évolution, ont apporté une stagnation ou un ralentissement dans le processus de révolution politique.
Dans cette période apparut un ralentissement du processus d’évolution spirituelle, surtout par opposition à la création rapide d’idées progressives pendant la période qui a précédé la révolution bourgeoise.
Les suites de cet état de choses furent, après la magnifique conception du marxisme, la rechute : les doutes révisionnistes, la naissance de la critique bourgeoise, dans une partie des milieux avancés, l’acceptation de dogmes rigides. Mais voici que commence une nouvelle période révolutionnaire ; et, sans doute, elle apportera également une révolution rapide des esprits, un fort renouvellement des idées, une gigantesque révolution intellectuelle.
mardi 17 novembre 2009
Grève de l'éducation nationale le 24 novembre
Mardi 17 novembre 2009
Le 24 novembre : Grève de l'éducation nationale
TEXTE EDITE
Par
Sauvons l'Ecole
Grève de l'éducation nationale le 24 novembre
On ne peut pas dire que le gouvernement n’avait pas prévenu : 1 fonctionnaire sur 2 ne serait pas remplacé. Et les ministres appliquent, année après année, sans discontinuer et sans douter.
Depuis 2008, ce sont 24 700 emplois qui ont été supprimés dans l’éducation.
Globalement, le budget de l’enseignement scolaire stagne avec une hausse de seulement 0,4 % . Autrement dit, son poids dans le PIB diminuera de nouveau l’an prochain puisque le gouvernement prévoit 0,75 % de croissance.
Drôle de façon de préparer la marche vers une « économie de la connaissance ».
Concrètement, concernant le premier degré, le ministère affiche en positif : plus 2 182 postes pour 5 766 élèves supplémentaires dans le premier degré selon la prévision du ministère. Une annonce que vient contredire l’expérience des trois dernières années. Les créations prévues n’ont jamais été traduites dans les faits. Ainsi l’an dernier, sur le plafond de postes annoncés pour le premier degré, 1232 n’ont pas été consommés. De plus, la disparition des 9182 stagiaires annule dans les faits les créations car chacun apporte un quart de service d’enseignement via les décharges de direction, les remplacements des stages de formation continue.
La contrepartie des suppressions devait, dans les discours, être la revalorisation des enseignants… Les premières mesures annoncées par Luc Chatel laissent perplexes. Les nouveaux recrutés au niveau master débuteraient avec une majoration de 100 euros… somme obtenue aujourd’hui au bout de trois mois avec le 1er changement d’échelon.
Pour le reste, c’est un marché de dupes car la « redistribution » très partielle à quelques uns n’est pas l’augmentation des salaires qui devrait être acquise à tous pour compenser la baise du pouvoir d’achat. Suppression de postes, individualisation des carrières, l’investissement dans le service public d’éducation n’est décidément pas la préoccupation de l’actuel gouvernement et il y a lieu de s’en inquiéter pour l’avenir.
Les enseignants ne sont pas les seuls à s’alarmer. Les parents d’élèves interrogés par BVA pour la PEEP fin septembre disent clairement leurs désaccords face aux réformes mises en œuvre. A la question sur l’intérêt des réformes pour les élèves : 51% des parents répondent par la négative quand seulement 34 % sont satisfaits. Quand l’institut de sondage les interroge sur les raisons de leur mécontentement la suppression de postes vient en premier, puis la mauvaise qualité de l’enseignement et les classes surchargées. Un trio de réponses qui ne fait pas grand cas des théories sur l’efficience et la modernisation de l’école dont on rebat les oreilles de chacun. Les parents ne sont pas les seuls à être perplexes face aux orientations de l’école. Après la note des inspecteurs généraux sur le même sujet, il est croustillant de lire le rapporteur d’un groupe de travail UMP, Xavier Breton, qui pointe l’ambiguïté des objectifs des évaluations CE1 et CM2.
Alors que ce gouvernement semble ne pas connaître le doute,
le SNUipp et la FSU estiment la grève nécessaire.
Le projet du budget fait état d’une baisse sans précédent de plus de 50 % des crédits pédagogiques dans le premier degré public : ils passeraient de 12,3 M d’euros en 2009 à 5,9 M d’euros en 2010. Pour la maternelle et l’élémentaire, cela signifie moins de financements pour « des activités complémentaires à l’enseignement et des partenariats dans les domaines artistique, littéraire, culturel et scientifique » ou pour l’éducation à la santé, celle à la sécurité, celle l’environnement….
Moins de moyens aussi pour les « besoins éducatifs particuliers. »
Ces crédits concernent les élèves en situation de handicap, scolarisés en CLIS, mais aussi 44766 élèves : primo arrivants (Clin), élèves malades, ou bénéficiant d’un enseignement à l’extérieur de l’école (enfants du voyage…). 25 Millions d’euros seraient également prévus pour les bourses à l’intention d’étudiants inscrits en M2 préparant les concours d’enseignants. Or, cette année une très large majorité sont inscrits en M1. Alors que rien n’est prévu pour l’heure, ces aides pourraient être redistribuées au profit des M1. 100 Millions d’euros seraient attribués au dispositif d’accompagnement des stagiaires pour rétribuer les stages en responsabilité.
Depuis 10 ans, le cumul annuel des baisses d’impôts (bouclier, TVA restauration, niches fiscales, etc.…) représente 100 milliards d’€, soit quasiment le déficit budgétaire annoncé pour 2010.
Nous ne pouvons nous contenter de cette politique qui tend à organiser l’excellence pour quelques uns et abandonner la plus grande partie de la population à des conditions dégradées des services publics et des acquis sociaux (éducation, santé, retraites, Poste, etc.…)
source: canempechepasnicolas.
Le 24 novembre : Grève de l'éducation nationale
TEXTE EDITE
Par
Sauvons l'Ecole
Grève de l'éducation nationale le 24 novembre
On ne peut pas dire que le gouvernement n’avait pas prévenu : 1 fonctionnaire sur 2 ne serait pas remplacé. Et les ministres appliquent, année après année, sans discontinuer et sans douter.
Depuis 2008, ce sont 24 700 emplois qui ont été supprimés dans l’éducation.
Globalement, le budget de l’enseignement scolaire stagne avec une hausse de seulement 0,4 % . Autrement dit, son poids dans le PIB diminuera de nouveau l’an prochain puisque le gouvernement prévoit 0,75 % de croissance.
Drôle de façon de préparer la marche vers une « économie de la connaissance ».
Concrètement, concernant le premier degré, le ministère affiche en positif : plus 2 182 postes pour 5 766 élèves supplémentaires dans le premier degré selon la prévision du ministère. Une annonce que vient contredire l’expérience des trois dernières années. Les créations prévues n’ont jamais été traduites dans les faits. Ainsi l’an dernier, sur le plafond de postes annoncés pour le premier degré, 1232 n’ont pas été consommés. De plus, la disparition des 9182 stagiaires annule dans les faits les créations car chacun apporte un quart de service d’enseignement via les décharges de direction, les remplacements des stages de formation continue.
La contrepartie des suppressions devait, dans les discours, être la revalorisation des enseignants… Les premières mesures annoncées par Luc Chatel laissent perplexes. Les nouveaux recrutés au niveau master débuteraient avec une majoration de 100 euros… somme obtenue aujourd’hui au bout de trois mois avec le 1er changement d’échelon.
Pour le reste, c’est un marché de dupes car la « redistribution » très partielle à quelques uns n’est pas l’augmentation des salaires qui devrait être acquise à tous pour compenser la baise du pouvoir d’achat. Suppression de postes, individualisation des carrières, l’investissement dans le service public d’éducation n’est décidément pas la préoccupation de l’actuel gouvernement et il y a lieu de s’en inquiéter pour l’avenir.
Les enseignants ne sont pas les seuls à s’alarmer. Les parents d’élèves interrogés par BVA pour la PEEP fin septembre disent clairement leurs désaccords face aux réformes mises en œuvre. A la question sur l’intérêt des réformes pour les élèves : 51% des parents répondent par la négative quand seulement 34 % sont satisfaits. Quand l’institut de sondage les interroge sur les raisons de leur mécontentement la suppression de postes vient en premier, puis la mauvaise qualité de l’enseignement et les classes surchargées. Un trio de réponses qui ne fait pas grand cas des théories sur l’efficience et la modernisation de l’école dont on rebat les oreilles de chacun. Les parents ne sont pas les seuls à être perplexes face aux orientations de l’école. Après la note des inspecteurs généraux sur le même sujet, il est croustillant de lire le rapporteur d’un groupe de travail UMP, Xavier Breton, qui pointe l’ambiguïté des objectifs des évaluations CE1 et CM2.
Alors que ce gouvernement semble ne pas connaître le doute,
le SNUipp et la FSU estiment la grève nécessaire.
Le projet du budget fait état d’une baisse sans précédent de plus de 50 % des crédits pédagogiques dans le premier degré public : ils passeraient de 12,3 M d’euros en 2009 à 5,9 M d’euros en 2010. Pour la maternelle et l’élémentaire, cela signifie moins de financements pour « des activités complémentaires à l’enseignement et des partenariats dans les domaines artistique, littéraire, culturel et scientifique » ou pour l’éducation à la santé, celle à la sécurité, celle l’environnement….
Moins de moyens aussi pour les « besoins éducatifs particuliers. »
Ces crédits concernent les élèves en situation de handicap, scolarisés en CLIS, mais aussi 44766 élèves : primo arrivants (Clin), élèves malades, ou bénéficiant d’un enseignement à l’extérieur de l’école (enfants du voyage…). 25 Millions d’euros seraient également prévus pour les bourses à l’intention d’étudiants inscrits en M2 préparant les concours d’enseignants. Or, cette année une très large majorité sont inscrits en M1. Alors que rien n’est prévu pour l’heure, ces aides pourraient être redistribuées au profit des M1. 100 Millions d’euros seraient attribués au dispositif d’accompagnement des stagiaires pour rétribuer les stages en responsabilité.
Depuis 10 ans, le cumul annuel des baisses d’impôts (bouclier, TVA restauration, niches fiscales, etc.…) représente 100 milliards d’€, soit quasiment le déficit budgétaire annoncé pour 2010.
Nous ne pouvons nous contenter de cette politique qui tend à organiser l’excellence pour quelques uns et abandonner la plus grande partie de la population à des conditions dégradées des services publics et des acquis sociaux (éducation, santé, retraites, Poste, etc.…)
source: canempechepasnicolas.
Pour Mumia, le 9 décembre, à Paris !
Mardi 17 novembre 2009
Pour Mumia, le 9 décembre, à Paris !
A l'occasion du 28ème anniversaire
de
l'arrestation de Mumia,
MERCREDI 9 DECEMBRE 2009
Rassemblement à 18h
face au Consulat des Etats-Unis
Paris - Place de La Concorde -
Angle Rivoli / Jardin des Tuileries
Une délégation se rendra à l'Ambassade des Etats-Unis pour y déposer des milliers de lettres-pétitions à l'adresse de Barack Obama.
Nous invitons les villes d'Ile de France qui ont élevé Mumia au rang de Citoyen d'Honneur à participer à cette délégation (élus & écharpes sont attendus).
Merci de faire remonter les lettres-pétitions en votre possession à
MRAP solidarité MUMIA -
43 Bd de Magenta 75010 Paris.
Pour celles et ceux qui ne pourront se rendre au rassemblement (nos amis de Province notamment) nous les convions à
envoyer un e-mail à
l'Ambassade des Etats-Unis
dans la journée du 9 décembre:
webmaster@amb-usa.fr ...
N'oubliez pas de mettre la lettre-pétition Obama en pièce jointe avec vos coordonnées afin d'être identifié.
Merci de faire suivre ce message à vos réseaux.
Rendez-vous le 9 décembre !
Pour le Collectif Unitaire National
de soutien à Mumia Abu-Jamal,
(80 organisations françaises)
source canempechepasnicolas.
Pour Mumia, le 9 décembre, à Paris !
A l'occasion du 28ème anniversaire
de
l'arrestation de Mumia,
MERCREDI 9 DECEMBRE 2009
Rassemblement à 18h
face au Consulat des Etats-Unis
Paris - Place de La Concorde -
Angle Rivoli / Jardin des Tuileries
Une délégation se rendra à l'Ambassade des Etats-Unis pour y déposer des milliers de lettres-pétitions à l'adresse de Barack Obama.
Nous invitons les villes d'Ile de France qui ont élevé Mumia au rang de Citoyen d'Honneur à participer à cette délégation (élus & écharpes sont attendus).
Merci de faire remonter les lettres-pétitions en votre possession à
MRAP solidarité MUMIA -
43 Bd de Magenta 75010 Paris.
Pour celles et ceux qui ne pourront se rendre au rassemblement (nos amis de Province notamment) nous les convions à
envoyer un e-mail à
l'Ambassade des Etats-Unis
dans la journée du 9 décembre:
webmaster@amb-usa.fr ...
N'oubliez pas de mettre la lettre-pétition Obama en pièce jointe avec vos coordonnées afin d'être identifié.
Merci de faire suivre ce message à vos réseaux.
Rendez-vous le 9 décembre !
Pour le Collectif Unitaire National
de soutien à Mumia Abu-Jamal,
(80 organisations françaises)
source canempechepasnicolas.
PROPRIETE PUBLIQUE ET PROPRIETE COMMUNE SELON ANTON PANNEKOEK
Michel Peyret
14 novembre 2009
PROPRIETE PUBLIQUE ET PROPRIETE COMMUNE
SELON ANTON PANNEKOEK
Selon l'encyclopédie Wikipédédia , « Anton Pannekoek est un militant de l'aile gauche de la IIe Internationale, ses positions le rapprochent de Rosa Luxemburg. Son courant de pensée a été appelé « Gauche germano-hollandaise ».
« Opposant résolu à la Première Guerre mondiale, il rejoint dès 1919 la IIIe Internationale, dont il est exclu en 1921 en raison de ses positions de « communiste de gauche », et de son opposition à l'autoritarisme de Lénine.Conseilliste, il rejette le stalinisme dès son apparition, comprenant d'emblée que ce courant n'a plus de rapport avec le marxisme. Il considère le régime de l'URSS non comme étant une forme de socialisme, même déformée, mais un capitalisme d'État.
« Il estime, comme Karl Marx et Rosa Luxemburg, que le communisme ne peut résulter que d'un processus révolutionnaire, aboutissant à un accroissement considérable de la démocratie et à la collectivisation des moyens de production.
« En 1938 il publie Lénine comme philosophe sous le nom de John Harper. Pendant la Seconde Guerre mondiale il rédige son ouvrage majeur, Les Conseils ouvriers, publié en 1946 en deux parties sous le pseudonyme de P. Aartsz.
« En 1944 alors qu'il rédige cet ouvrage, la plus grande partie de ses archives brûle lors de la bataille d'Arnhem. Pannekoek restera fidèle à ses convictions et correspondra par exemple avec Cornelius Castoriadis[2]. Son autobiographie Souvenirs est parue 22 ans plus tard au Pays-Bas.
« Il a fondé au sein de l'université d'Amsterdam un institut d'astronomie, qui porte aujourd'hui son nom. Il a reçu en 1951 la médaille d'or de la Royal Astronomical Society ."
14 novembre 2009
PROPRIETE PUBLIQUE ET PROPRIETE COMMUNE
SELON ANTON PANNEKOEK
Selon l'encyclopédie Wikipédédia , « Anton Pannekoek est un militant de l'aile gauche de la IIe Internationale, ses positions le rapprochent de Rosa Luxemburg. Son courant de pensée a été appelé « Gauche germano-hollandaise ».
« Opposant résolu à la Première Guerre mondiale, il rejoint dès 1919 la IIIe Internationale, dont il est exclu en 1921 en raison de ses positions de « communiste de gauche », et de son opposition à l'autoritarisme de Lénine.Conseilliste, il rejette le stalinisme dès son apparition, comprenant d'emblée que ce courant n'a plus de rapport avec le marxisme. Il considère le régime de l'URSS non comme étant une forme de socialisme, même déformée, mais un capitalisme d'État.
« Il estime, comme Karl Marx et Rosa Luxemburg, que le communisme ne peut résulter que d'un processus révolutionnaire, aboutissant à un accroissement considérable de la démocratie et à la collectivisation des moyens de production.
« En 1938 il publie Lénine comme philosophe sous le nom de John Harper. Pendant la Seconde Guerre mondiale il rédige son ouvrage majeur, Les Conseils ouvriers, publié en 1946 en deux parties sous le pseudonyme de P. Aartsz.
« En 1944 alors qu'il rédige cet ouvrage, la plus grande partie de ses archives brûle lors de la bataille d'Arnhem. Pannekoek restera fidèle à ses convictions et correspondra par exemple avec Cornelius Castoriadis[2]. Son autobiographie Souvenirs est parue 22 ans plus tard au Pays-Bas.
« Il a fondé au sein de l'université d'Amsterdam un institut d'astronomie, qui porte aujourd'hui son nom. Il a reçu en 1951 la médaille d'or de la Royal Astronomical Society ."
dimanche 15 novembre 2009
pour une CGT de lutte de classe et de masse.
Marseille le 13 Novembre 2009
Les signataires de la présente contribution l’inscrivent dans le cadre de la réflexion du 49ème congrès de
la CGT.
Nous tenons à réaffirmer le fait que nous voulons d’une CGT de lutte de classe et de masse. C’est pourquoi
nous sommes pour l’abolition du salariat, pour la solidarité des exploités et leur émancipation.
Nous ne partageons pas non plus une grande partie des orientations proposées par le document préparatoire
qui laisse une trop grande place à la négociation et ne met pas au cœur de la construction d’un
rapport de force la question des luttes. Nous en avons vu l’exemple avec les quelques journées d’actions
éparses et démobilisatrices du 1er semestre 2009. Le document laisse à penser que cette stratégie a
permis de nombreuses avancées et d’infléchir la politique du gouvernement. Le moins que l’on puisse dire,
c’est que nous ne partageons pas ces observations. A titre d’exemple, nous sommes passés à Marseille
de 300 000 manifestants en avril à 3000 en juin. Quelle est la responsabilité de la stratégie dans cette
démobilisation ?
En effet, l’explication de la crise montre une analyse de la société qui n’est pas la nôtre. La crise est la
conséquence du système capitaliste lui-même. Ce n’est en aucun cas une dérive comme laisse à penser
le document.
La conséquence de cette analyse est une orientation de cogestion. La proposition d’intervenir dans les
Conseils d’Administration est symptomatique. Notre présence dans ces instances ne peut être utile que
pour la prise d’information et pour porter la parole des salariés. En aucun cas nous n’avons à négocier les
licenciements et autres plans sociaux.
De même, la proposition d’un Nouveau Statut du Travail Salarié ne nous convient pas. Il faut rejeter
l’illusion d’une régulation par un NSTS qui serait, de fait, un abandon de toute forme de lutte collective
contre les licenciements (individualisation des situations et des droits).
La notion de développement humain durable est caractéristique d’une volonté d’aménagement du système
en place (le capitalisme) qui passerait par de « profondes transformations sociales, économiques et
environnementales ». Il ne s’agit pas, dans le document d’orientation, de combattre le système en place
mais simplement de l’améliorer. Au contraire, nous pensons qu’il existe des contradictions insurmontables
dans ce système. De ce fait, la solution n’est pas de le réformer mais de le dépasser.
Nous regrettons l’absence dans le document d’une dénonciation de la RGPP (Révision Générale des Politiques
Publiques) en tant que privatisation des missions de l’État. Il nous semble impossible de construire
une convergence des luttes pour la défense de l’ensemble des services publics sans prendre en compte
cette attaque globale et cohérente que représente la RGPP.
C’est un texte de renoncement et de recul alors que la situation objective porte les travailleurs à la radicalité.
Pour finir, nous rappelons des revendications qui, sans être une liste exhaustive, nous semblent être une
base minimum sur laquelle nous devons créer le rapport de force par des luttes à la base que les structures
de la CGT doivent impulser et coordonner dans une optique de convergence.
- Retraite à 55 ans et 50 ans pour les travaux pénibles.
- Réduction du temps de travail.
- Arrêt de tous les licenciements.
- Lutte contre tous les contrats précaires.
- Régularisation de tous les sans-papiers.
- Revenu minimum de 2000€ brut pour tous.
- Un service public sorti et maintenu hors du marché et étendu à l’ensemble des besoins de la population.
- Pour une Sécurité Sociale selon les principes d’unicité, d’uniformité et d’universalité, qu'a chacun
cotise en fonction de ses moyens et reçoive selon ses besoins.
Nous invitons les camarades de toutes les structures à discuter de cette contribution et à en de venir
signataires si ils en partagent l’orientation.
CGT Hopital Nord Marseille - CGT Saint Louis Sucre Marseille - CGT PMA - CGT SFR Marseille - des militants
du comité chômeur et précaire des quartiers nord de Marseille - des militants de la CGT action sociale
Marseille - des militants de la CGT Hopital La Timone
Les signataires de la présente contribution l’inscrivent dans le cadre de la réflexion du 49ème congrès de
la CGT.
Nous tenons à réaffirmer le fait que nous voulons d’une CGT de lutte de classe et de masse. C’est pourquoi
nous sommes pour l’abolition du salariat, pour la solidarité des exploités et leur émancipation.
Nous ne partageons pas non plus une grande partie des orientations proposées par le document préparatoire
qui laisse une trop grande place à la négociation et ne met pas au cœur de la construction d’un
rapport de force la question des luttes. Nous en avons vu l’exemple avec les quelques journées d’actions
éparses et démobilisatrices du 1er semestre 2009. Le document laisse à penser que cette stratégie a
permis de nombreuses avancées et d’infléchir la politique du gouvernement. Le moins que l’on puisse dire,
c’est que nous ne partageons pas ces observations. A titre d’exemple, nous sommes passés à Marseille
de 300 000 manifestants en avril à 3000 en juin. Quelle est la responsabilité de la stratégie dans cette
démobilisation ?
En effet, l’explication de la crise montre une analyse de la société qui n’est pas la nôtre. La crise est la
conséquence du système capitaliste lui-même. Ce n’est en aucun cas une dérive comme laisse à penser
le document.
La conséquence de cette analyse est une orientation de cogestion. La proposition d’intervenir dans les
Conseils d’Administration est symptomatique. Notre présence dans ces instances ne peut être utile que
pour la prise d’information et pour porter la parole des salariés. En aucun cas nous n’avons à négocier les
licenciements et autres plans sociaux.
De même, la proposition d’un Nouveau Statut du Travail Salarié ne nous convient pas. Il faut rejeter
l’illusion d’une régulation par un NSTS qui serait, de fait, un abandon de toute forme de lutte collective
contre les licenciements (individualisation des situations et des droits).
La notion de développement humain durable est caractéristique d’une volonté d’aménagement du système
en place (le capitalisme) qui passerait par de « profondes transformations sociales, économiques et
environnementales ». Il ne s’agit pas, dans le document d’orientation, de combattre le système en place
mais simplement de l’améliorer. Au contraire, nous pensons qu’il existe des contradictions insurmontables
dans ce système. De ce fait, la solution n’est pas de le réformer mais de le dépasser.
Nous regrettons l’absence dans le document d’une dénonciation de la RGPP (Révision Générale des Politiques
Publiques) en tant que privatisation des missions de l’État. Il nous semble impossible de construire
une convergence des luttes pour la défense de l’ensemble des services publics sans prendre en compte
cette attaque globale et cohérente que représente la RGPP.
C’est un texte de renoncement et de recul alors que la situation objective porte les travailleurs à la radicalité.
Pour finir, nous rappelons des revendications qui, sans être une liste exhaustive, nous semblent être une
base minimum sur laquelle nous devons créer le rapport de force par des luttes à la base que les structures
de la CGT doivent impulser et coordonner dans une optique de convergence.
- Retraite à 55 ans et 50 ans pour les travaux pénibles.
- Réduction du temps de travail.
- Arrêt de tous les licenciements.
- Lutte contre tous les contrats précaires.
- Régularisation de tous les sans-papiers.
- Revenu minimum de 2000€ brut pour tous.
- Un service public sorti et maintenu hors du marché et étendu à l’ensemble des besoins de la population.
- Pour une Sécurité Sociale selon les principes d’unicité, d’uniformité et d’universalité, qu'a chacun
cotise en fonction de ses moyens et reçoive selon ses besoins.
Nous invitons les camarades de toutes les structures à discuter de cette contribution et à en de venir
signataires si ils en partagent l’orientation.
CGT Hopital Nord Marseille - CGT Saint Louis Sucre Marseille - CGT PMA - CGT SFR Marseille - des militants
du comité chômeur et précaire des quartiers nord de Marseille - des militants de la CGT action sociale
Marseille - des militants de la CGT Hopital La Timone
La propriété publique et la propriété commune
La propriété publique et la propriété commune
(Western Socialist, novembre 1947)
L’objectif reconnu du socialisme est de prendre les moyens de production des mains de la classe capitaliste et de les mettre entre celles de la communauté des travailleurs.
On appelle cet objectif parfois « la propriété publique » et parfois « la propriété commune » de l’appareil de production.
Il y a pourtant, entre ces deux expressions, une différence prononcée et fondamentale.
La propriété publique est le droit de propriété, c’est-à-dire de disposition, exercé par un corps public qui représente la société, par un gouvernement, par le pouvoir d’Etat ou par quelque autre corps politique ; les personnes qui forment ce corps, hommes politiques, fonctionnaires, chefs, secrétaires, directeurs, sont les maîtres immédiats de l’appareil de production ; ils dirigent et règlent les moyens de production ; ils commandent les travailleurs.
La propriété commune est le droit de disposition exercé par les travailleurs eux-mêmes ; la classe ouvrière (ce terme est pris ici au plus large de sa signification et fait référence à tous ceux qui prennent part au travail vraiment productif ; il inclut les employés, les fermiers, les hommes de science) est le maître immédiat de l’appareil de production, dirigeant, décidant et réglant la production qui est en fait leur travail commun.
Sous le régime de propriété publique, les travailleurs ne sont pas les maîtres de leur travail : peut-être sont-ils mieux traités et payés que sous le régime de propriété privée, mais ils sont malgré tout toujours exploités. L’exploitation ne veut pas simplement dire que les travailleurs ne reçoivent pas le produit entier de leur travail ; une grande partie de celui-ci doit toujours être utilisée pour l’appareil de production et pour les secteurs improductifs mais nécessaires de la société.
L’exploitation a pour essence le fait que d’autres qui forment une autre classe disposent des produits et de leur distribution, qu’ils décident quelle part sera attribuée aux travailleurs comme salaires, quelle part ils retiennent pour eux-mêmes et pour d’autres effets.
Sous le régime de propriété publique, ceci appartient à la régulation du processus de production, ce qui est la fonction de la bureaucratie. Ainsi, en Russie, la bureaucratie en tant que classe dirigeante est le maître de la production et des produits, et les travailleurs russes forment une classe exploitée.
Dans les pays occidentaux, on connaît seulement la propriété publique (dans quelques branches) de l’Etat capitaliste. On peut citer ici le célèbre écrivain « socialiste » G. D. H. Cole pour qui le socialisme équivaut à la propriété publique. Il a écrit :
« Toute la population ne serait pas plus capable que tout le corps des actionnaires dans une grande entreprise moderne de diriger une industrie ( . . . ) Il faudrait, sous un régime socialiste autant que sous le capitalisme développé, confier la direction des entreprises industrielles à des experts salariés choisis pour leurs connaissances spécialisées et leur habilité vis-à-vis de certaines branches du travail » (An Outline of Modern Knowledge, édité par Dr. W. Rose, 1931, p. 674).
« Il n’y a aucune raison pour supposer que la socialisation d’un secteur de l’industrie signifierait un grand changement dans son personnel de direction » (p. 676).
En d’autres mots : la structure du travail productif reste tel qu’il est déjà sous le système capitaliste ; les travailleurs restent soumis aux directeurs qui les commandent.
Il est clair qu’il ne vient pas à l’esprit de l’auteur « socialiste » que « le peuple entier » consiste principalement en des travailleurs qui, en tant que producteurs, sont parfaitement capables de diriger les industries dans lesquelles ils travaillent.
On revendique quelquefois le contrôle ouvrier comme moyen de corriger le système de production géré par l’Etat.
Mais voyons, le fait de demander le contrôle, la surveillance à un supérieur montre bien l’esprit de soumission d’objets désespérés soumis à l’exploitation.
Ainsi donc, on peut contrôler les affaires d’un autre homme, mais on ne contrôle pas ses propres affaires, on les fait soi-même.
Le travail productif, la production sociale est l’affaire authentique de la classe ouvrière.
C’est le contenu de sa vie, sa propre activité. Elle-même pourrait s’en occuper si la police et le pouvoir d’Etat ne l’en empêchait. Elle a les outils, les machines à sa disposition ; elle les utilise et les manie. Elle n’a besoin ni de maîtres pour la commander, ni de finances pour contrôler les maîtres.
La propriété publique est le programme des « amis » des travailleurs qui souhaitent remplacer l’exploitation dure du capitalisme privé par une exploitation modernisée plus douce.
La propriété commune est le programme de la classe ouvrière seule, combattant pour son auto-libération.
Nous ne parlons pas ici bien sûr d’une société socialiste ou communiste où la production sera organisée de façon à ne plus être un problème, où chacun se servira de l’abondance des produits selon ses besoins et ses désirs et où le concept « propriété » aura complètement disparu.
Nous parlons du moment où la classe ouvrière a conquis le pouvoir politique et social et fait face à la tâche d’organiser la production et la distribution dans des conditions extrêmement difficiles.
Le combat de classe des travailleurs d’aujourd’hui et de demain sera fortement déterminé par leurs idées sur les objectifs immédiats – la propriété publique ou bien la propriété commune – à réaliser à ce moment-là même.
Si la classe ouvrière rejette la propriété publique, sa servitude et son exploitation avec, et demande la propriété commune et sa liberté et son auto-détermination, elle ne peut le faire sans remplir certaines conditions et désirs.
La propriété commune implique tout d’abord que les travailleurs dans leur totalité sont les maîtres des moyens de production et les font fonctionner en un système de production sociale bien ordonné.
Ensuite, elle implique que dans tous les ateliers, dans toutes les usines et toutes les entreprises, le personnel réglemente son propre travail collectif en fonction de toute la production. Le personnel doit donc créer les organes grâce auxquels il dirigera en tant que personnel son propre travail, ainsi que la production sociale en général.
L’institution de l’Etat et du gouvernement ne peuvent être utilisée pour ce but, car c’est essentiellement un organe de domination, qui concentre les affaires publiques entre les mains d’un groupe de dirigeants.
Mais sous le socialisme, les affaires publiques consistent en la production sociale, aussi sont-elles l’affaire de tous, de chaque personnel, de chaque travailleur qui discuteront et décideront à tout moment de leur propre initiative.
Leurs organes doivent se composer de délégués envoyés en tant que messagers de leur opinion, qui devront continuellement revenir rendre compte et rapporter les résultats obtenus dans les assemblées de délégués.
Par l’intermédiaire de ces délégués, qui pourrait être rappelés et révoqués à tout moment, la liaison entre les masses travailleuses formées en groupes plus petits et plus grands peut être également établie et l’organisation de la production peut être également assurée.
De pareils corps de délégués, désignés communément par le terme « conseils ouvriers », constituent ce que l’on peut appeler l’organisation politique de la classe ouvrière qui se libère de l’exploitation.
Ces corps ne peuvent pas être créés à l’avance ; ils doivent être formés suivant l’activité des travailleurs eux-mêmes au moment où ils en auront besoin.
Ces délégués ne sont pas des parlementaires ni des dirigeantes ou chefs, mais ce sont des médiateurs, des messagers spécialisés qui assurent la liaison entre les personnels des diverses entreprises et qui unissent leurs diverses opinions en une résolution commune.
La propriété commune demande la direction commune de travail ainsi que l’activité productive commune.
Ceci ne peut être réalisé que si tous les travailleurs participent à cette autogestion de ce qui est la base et le contenu de la vie sociale, et s’ils en viennent à créer les organes qui uniront la variété de leurs désirs en une seule action commune.
Puisque de tels conseils ouvriers devront à aucun doute jouer un rôle considérable dans l’organisation future de la lutte et des objectifs de la classe ouvrière, il vaut, pour tous ceux qui soutiennent la lutte sans compromis et la liberté de la classe ouvrière, la peine de leur prêter une attention et une étude profondes
(Western Socialist, novembre 1947)
L’objectif reconnu du socialisme est de prendre les moyens de production des mains de la classe capitaliste et de les mettre entre celles de la communauté des travailleurs.
On appelle cet objectif parfois « la propriété publique » et parfois « la propriété commune » de l’appareil de production.
Il y a pourtant, entre ces deux expressions, une différence prononcée et fondamentale.
La propriété publique est le droit de propriété, c’est-à-dire de disposition, exercé par un corps public qui représente la société, par un gouvernement, par le pouvoir d’Etat ou par quelque autre corps politique ; les personnes qui forment ce corps, hommes politiques, fonctionnaires, chefs, secrétaires, directeurs, sont les maîtres immédiats de l’appareil de production ; ils dirigent et règlent les moyens de production ; ils commandent les travailleurs.
La propriété commune est le droit de disposition exercé par les travailleurs eux-mêmes ; la classe ouvrière (ce terme est pris ici au plus large de sa signification et fait référence à tous ceux qui prennent part au travail vraiment productif ; il inclut les employés, les fermiers, les hommes de science) est le maître immédiat de l’appareil de production, dirigeant, décidant et réglant la production qui est en fait leur travail commun.
Sous le régime de propriété publique, les travailleurs ne sont pas les maîtres de leur travail : peut-être sont-ils mieux traités et payés que sous le régime de propriété privée, mais ils sont malgré tout toujours exploités. L’exploitation ne veut pas simplement dire que les travailleurs ne reçoivent pas le produit entier de leur travail ; une grande partie de celui-ci doit toujours être utilisée pour l’appareil de production et pour les secteurs improductifs mais nécessaires de la société.
L’exploitation a pour essence le fait que d’autres qui forment une autre classe disposent des produits et de leur distribution, qu’ils décident quelle part sera attribuée aux travailleurs comme salaires, quelle part ils retiennent pour eux-mêmes et pour d’autres effets.
Sous le régime de propriété publique, ceci appartient à la régulation du processus de production, ce qui est la fonction de la bureaucratie. Ainsi, en Russie, la bureaucratie en tant que classe dirigeante est le maître de la production et des produits, et les travailleurs russes forment une classe exploitée.
Dans les pays occidentaux, on connaît seulement la propriété publique (dans quelques branches) de l’Etat capitaliste. On peut citer ici le célèbre écrivain « socialiste » G. D. H. Cole pour qui le socialisme équivaut à la propriété publique. Il a écrit :
« Toute la population ne serait pas plus capable que tout le corps des actionnaires dans une grande entreprise moderne de diriger une industrie ( . . . ) Il faudrait, sous un régime socialiste autant que sous le capitalisme développé, confier la direction des entreprises industrielles à des experts salariés choisis pour leurs connaissances spécialisées et leur habilité vis-à-vis de certaines branches du travail » (An Outline of Modern Knowledge, édité par Dr. W. Rose, 1931, p. 674).
« Il n’y a aucune raison pour supposer que la socialisation d’un secteur de l’industrie signifierait un grand changement dans son personnel de direction » (p. 676).
En d’autres mots : la structure du travail productif reste tel qu’il est déjà sous le système capitaliste ; les travailleurs restent soumis aux directeurs qui les commandent.
Il est clair qu’il ne vient pas à l’esprit de l’auteur « socialiste » que « le peuple entier » consiste principalement en des travailleurs qui, en tant que producteurs, sont parfaitement capables de diriger les industries dans lesquelles ils travaillent.
On revendique quelquefois le contrôle ouvrier comme moyen de corriger le système de production géré par l’Etat.
Mais voyons, le fait de demander le contrôle, la surveillance à un supérieur montre bien l’esprit de soumission d’objets désespérés soumis à l’exploitation.
Ainsi donc, on peut contrôler les affaires d’un autre homme, mais on ne contrôle pas ses propres affaires, on les fait soi-même.
Le travail productif, la production sociale est l’affaire authentique de la classe ouvrière.
C’est le contenu de sa vie, sa propre activité. Elle-même pourrait s’en occuper si la police et le pouvoir d’Etat ne l’en empêchait. Elle a les outils, les machines à sa disposition ; elle les utilise et les manie. Elle n’a besoin ni de maîtres pour la commander, ni de finances pour contrôler les maîtres.
La propriété publique est le programme des « amis » des travailleurs qui souhaitent remplacer l’exploitation dure du capitalisme privé par une exploitation modernisée plus douce.
La propriété commune est le programme de la classe ouvrière seule, combattant pour son auto-libération.
Nous ne parlons pas ici bien sûr d’une société socialiste ou communiste où la production sera organisée de façon à ne plus être un problème, où chacun se servira de l’abondance des produits selon ses besoins et ses désirs et où le concept « propriété » aura complètement disparu.
Nous parlons du moment où la classe ouvrière a conquis le pouvoir politique et social et fait face à la tâche d’organiser la production et la distribution dans des conditions extrêmement difficiles.
Le combat de classe des travailleurs d’aujourd’hui et de demain sera fortement déterminé par leurs idées sur les objectifs immédiats – la propriété publique ou bien la propriété commune – à réaliser à ce moment-là même.
Si la classe ouvrière rejette la propriété publique, sa servitude et son exploitation avec, et demande la propriété commune et sa liberté et son auto-détermination, elle ne peut le faire sans remplir certaines conditions et désirs.
La propriété commune implique tout d’abord que les travailleurs dans leur totalité sont les maîtres des moyens de production et les font fonctionner en un système de production sociale bien ordonné.
Ensuite, elle implique que dans tous les ateliers, dans toutes les usines et toutes les entreprises, le personnel réglemente son propre travail collectif en fonction de toute la production. Le personnel doit donc créer les organes grâce auxquels il dirigera en tant que personnel son propre travail, ainsi que la production sociale en général.
L’institution de l’Etat et du gouvernement ne peuvent être utilisée pour ce but, car c’est essentiellement un organe de domination, qui concentre les affaires publiques entre les mains d’un groupe de dirigeants.
Mais sous le socialisme, les affaires publiques consistent en la production sociale, aussi sont-elles l’affaire de tous, de chaque personnel, de chaque travailleur qui discuteront et décideront à tout moment de leur propre initiative.
Leurs organes doivent se composer de délégués envoyés en tant que messagers de leur opinion, qui devront continuellement revenir rendre compte et rapporter les résultats obtenus dans les assemblées de délégués.
Par l’intermédiaire de ces délégués, qui pourrait être rappelés et révoqués à tout moment, la liaison entre les masses travailleuses formées en groupes plus petits et plus grands peut être également établie et l’organisation de la production peut être également assurée.
De pareils corps de délégués, désignés communément par le terme « conseils ouvriers », constituent ce que l’on peut appeler l’organisation politique de la classe ouvrière qui se libère de l’exploitation.
Ces corps ne peuvent pas être créés à l’avance ; ils doivent être formés suivant l’activité des travailleurs eux-mêmes au moment où ils en auront besoin.
Ces délégués ne sont pas des parlementaires ni des dirigeantes ou chefs, mais ce sont des médiateurs, des messagers spécialisés qui assurent la liaison entre les personnels des diverses entreprises et qui unissent leurs diverses opinions en une résolution commune.
La propriété commune demande la direction commune de travail ainsi que l’activité productive commune.
Ceci ne peut être réalisé que si tous les travailleurs participent à cette autogestion de ce qui est la base et le contenu de la vie sociale, et s’ils en viennent à créer les organes qui uniront la variété de leurs désirs en une seule action commune.
Puisque de tels conseils ouvriers devront à aucun doute jouer un rôle considérable dans l’organisation future de la lutte et des objectifs de la classe ouvrière, il vaut, pour tous ceux qui soutiennent la lutte sans compromis et la liberté de la classe ouvrière, la peine de leur prêter une attention et une étude profondes
samedi 14 novembre 2009
« LES CHOSES QUI SONT DERRIERE LES CHOSES » Jacques PREVERT
Samedi 14 novembre 2009
A PROPOS DE « L’IDENTITE NATIONALE »
« LES CHOSES QUI SONT DERRIERE LES CHOSES »
Jacques PREVERT
Ce matin, sur France Inter, l’émission du ‘7/9 du week-end’ était consacrée à « l’identité nationale ». Ce débat, initié par Nicolas Sarkozy, dès sa campagne présidentielle, est repris opportunément dans cette période préélectorale.
Les critiques « de gauche » ne manquent pas de signaler la volonté du Président de récupérer, à travers cette question, une partie de l’électorat lepéniste, qui, dit-on, reviendrait à se premières amours.
Certes, les déclarations de Nicolas Sarkozy peuvent avoir cet objectif.
Mais est-ce l’essentiel ?
Alors que la politique menée par le pouvoir vise mettre en cause l’indépendance de la France, réduite au niveau d’un land de l’Empire européen, et la souveraineté de son peuple, confisquée dans le cadre aggravé du Traité de Lisbonne, le Président de la République veut donner le change.
C’est le but de la campagne de Nicolas Sarkozy sur le thème de « l’identité nationale »
C’est le sens de ses discours.
C’est ce qui explique ses références historiques et littéraires à« l’héritage que nous a légué notre histoire ».
Entrons dans le vif du sujet.
Qui dit « identité nationale », suppose l’idée de « nation ». Or, la constitution de la nation française date de la révolution, à partir du moment, où de « sujets », les Français sont devenus « citoyens ».
Symboliquement, cette mutation prend corps avec la victoire populaire de Valmy sur les armées de l’Europe monarchique coalisée, le 20 septembre 1792, et la proclamation de la République, le lendemain. Ce bouleversement faisait suite à la prise de la Bastille, symbole de l’arbitraire royal, le 14 juillet 1789, et à celle des Tuileries, résidence de ce même pouvoir, le 10 août 1792.
Cette révolution débouche naturellement sur la première Constitution de notre République, celle de 1793, qui ne sera jamais appliquée.
Jamais cet évènement n’est évoqué par Sarkozy. On comprend pourquoi * :
Aussi, quand Sarkozy évoque **, pêle-mêle, le « sacre de Reims » de « nos rois » et la Révolution française, quand il cite Maurice Barrès, le chantre de la guerre de 14-18, tout en qualifiant celle-ci de conflit « fratricide » ; quand il porte aux nues les « origines chrétiennes de la France » et parle de laïcité, le président, par l’amalgame démagogique des contraires, tient un discours de pure propagande. Et, s’il en fait son cheval de bataille, c’est pour mieux camoufler derrière un écran de fumée, l’abandon de notre indépendance et de notre souveraineté.
Aussi, les réactions hostiles que Sarkozy suscitent à « gauche », semblent aller de soi.
Voire.
Le débat ouvert sur France Inter, ce matin, est éclairant à ce sujet.
Les deux invités, Nicolas Offenstadt, agrégé et docteur en histoire, maître de conférences en histoire du Moyen-âge à l’université Paris I Sorbonne et Jean Viard, sociologue, directeur de recherches CNRS au CEVIPOF (centre de recherches politiques de Sciences Po) ont, l’un et l’autre, apporté un point de vue critique sur la campagne lancée par le Président sur « l’identité nationale », alors que pour eux, il ne s’agit que d’un « roman national » sans rapport avec la réalité de l’histoire.
C’est pour mieux conclure :
« Alors que se construit l’Union Européenne, il serait plus logique de discuter de ‘l’identité européenne’ en formation ».
Ainsi, deux courants paraissent s’affronter : pour ou contre « l’identité nationale ». En fait, ils se rejoignent, celui incarné par Nicolas Sarkozy, qui pérore sur cette notion, alors qu’il détruit sa substance en noyant la France dans l’Europe, et l’autre courant, qui nie cette identité au nom de « l’universalisme », alors qu’il redouble d’efforts en faveur d’une Europe politique, se substituant aux Etats Nations.
Il ne faut pas se laisser bercer par les mots.
Il est nécessaire, comme le suggère Jacques Prévert : de regarder « les choses qui sont derrière les choses »
NOTES
* La Constitution de 1793
* Consacre la théorie de la souveraineté populaire se traduisant par l'introduction du référendum (c'est le peuple réel qui est souverain),
* Prévoit que « l'insurrection devient un droit et un devoir quand le gouvernement viole les droits du peuple »,
* Instaure le droit d'asile : "Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour cause de la liberté. Il le refuse aux tyrans." (Art. 120).
** Discours à La-Chapelle-en-Vercors (Drôme), le 12 novembre 2009
"On comprend l'Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d'être ému par le récit de la fête de la Fédération", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Le président français juge ensuite que le retrait de la mention des "racines chrétiennes de l'Europe" du traité européen est une erreur. Son discours est imprégné du culte des ancêtres, de la terre, de la famille comme l’est le "Roman de l'énergie nationale" de Maurice Barrès.
Jean LEVY
source"canempechepasnicolas"
A PROPOS DE « L’IDENTITE NATIONALE »
« LES CHOSES QUI SONT DERRIERE LES CHOSES »
Jacques PREVERT
Ce matin, sur France Inter, l’émission du ‘7/9 du week-end’ était consacrée à « l’identité nationale ». Ce débat, initié par Nicolas Sarkozy, dès sa campagne présidentielle, est repris opportunément dans cette période préélectorale.
Les critiques « de gauche » ne manquent pas de signaler la volonté du Président de récupérer, à travers cette question, une partie de l’électorat lepéniste, qui, dit-on, reviendrait à se premières amours.
Certes, les déclarations de Nicolas Sarkozy peuvent avoir cet objectif.
Mais est-ce l’essentiel ?
Alors que la politique menée par le pouvoir vise mettre en cause l’indépendance de la France, réduite au niveau d’un land de l’Empire européen, et la souveraineté de son peuple, confisquée dans le cadre aggravé du Traité de Lisbonne, le Président de la République veut donner le change.
C’est le but de la campagne de Nicolas Sarkozy sur le thème de « l’identité nationale »
C’est le sens de ses discours.
C’est ce qui explique ses références historiques et littéraires à« l’héritage que nous a légué notre histoire ».
Entrons dans le vif du sujet.
Qui dit « identité nationale », suppose l’idée de « nation ». Or, la constitution de la nation française date de la révolution, à partir du moment, où de « sujets », les Français sont devenus « citoyens ».
Symboliquement, cette mutation prend corps avec la victoire populaire de Valmy sur les armées de l’Europe monarchique coalisée, le 20 septembre 1792, et la proclamation de la République, le lendemain. Ce bouleversement faisait suite à la prise de la Bastille, symbole de l’arbitraire royal, le 14 juillet 1789, et à celle des Tuileries, résidence de ce même pouvoir, le 10 août 1792.
Cette révolution débouche naturellement sur la première Constitution de notre République, celle de 1793, qui ne sera jamais appliquée.
Jamais cet évènement n’est évoqué par Sarkozy. On comprend pourquoi * :
Aussi, quand Sarkozy évoque **, pêle-mêle, le « sacre de Reims » de « nos rois » et la Révolution française, quand il cite Maurice Barrès, le chantre de la guerre de 14-18, tout en qualifiant celle-ci de conflit « fratricide » ; quand il porte aux nues les « origines chrétiennes de la France » et parle de laïcité, le président, par l’amalgame démagogique des contraires, tient un discours de pure propagande. Et, s’il en fait son cheval de bataille, c’est pour mieux camoufler derrière un écran de fumée, l’abandon de notre indépendance et de notre souveraineté.
Aussi, les réactions hostiles que Sarkozy suscitent à « gauche », semblent aller de soi.
Voire.
Le débat ouvert sur France Inter, ce matin, est éclairant à ce sujet.
Les deux invités, Nicolas Offenstadt, agrégé et docteur en histoire, maître de conférences en histoire du Moyen-âge à l’université Paris I Sorbonne et Jean Viard, sociologue, directeur de recherches CNRS au CEVIPOF (centre de recherches politiques de Sciences Po) ont, l’un et l’autre, apporté un point de vue critique sur la campagne lancée par le Président sur « l’identité nationale », alors que pour eux, il ne s’agit que d’un « roman national » sans rapport avec la réalité de l’histoire.
C’est pour mieux conclure :
« Alors que se construit l’Union Européenne, il serait plus logique de discuter de ‘l’identité européenne’ en formation ».
Ainsi, deux courants paraissent s’affronter : pour ou contre « l’identité nationale ». En fait, ils se rejoignent, celui incarné par Nicolas Sarkozy, qui pérore sur cette notion, alors qu’il détruit sa substance en noyant la France dans l’Europe, et l’autre courant, qui nie cette identité au nom de « l’universalisme », alors qu’il redouble d’efforts en faveur d’une Europe politique, se substituant aux Etats Nations.
Il ne faut pas se laisser bercer par les mots.
Il est nécessaire, comme le suggère Jacques Prévert : de regarder « les choses qui sont derrière les choses »
NOTES
* La Constitution de 1793
* Consacre la théorie de la souveraineté populaire se traduisant par l'introduction du référendum (c'est le peuple réel qui est souverain),
* Prévoit que « l'insurrection devient un droit et un devoir quand le gouvernement viole les droits du peuple »,
* Instaure le droit d'asile : "Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour cause de la liberté. Il le refuse aux tyrans." (Art. 120).
** Discours à La-Chapelle-en-Vercors (Drôme), le 12 novembre 2009
"On comprend l'Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d'être ému par le récit de la fête de la Fédération", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Le président français juge ensuite que le retrait de la mention des "racines chrétiennes de l'Europe" du traité européen est une erreur. Son discours est imprégné du culte des ancêtres, de la terre, de la famille comme l’est le "Roman de l'énergie nationale" de Maurice Barrès.
Jean LEVY
source"canempechepasnicolas"
Compte-rendu de la réunion publique lyonnaise avec Jean-Pierre Delannoy
49ème congrès de la CGT : succès de la réunion de lancement de la campagne de Jean-Pierre Delannoy à Lyon
Bonne réunion de lancement de la campagne de Jean Pierre Delannoy à l'appel des Collectifs "Tous Ensemble Rhône-Alpes", "Continuer la CGT", "Ou va la CGT" et du "Collectif national CGT Lutte de Classe"
Entre 60 et 70 participants à cette réunion, malgré un horaire difficile (18h-20h30) et un communiqué du « Progrès de Lyon » convoquant... dans un autre lieu.
Beaucoup de jeunes, quelques délégués au prochain Congrès de Nantes et des syndiqués de base venus de toute la région (et même depuis l'Auvergne !) pour entendre les motifs de la candidature de Jean-Pierre Delannoy et débattre autour de la question des orientations de la CGT, tant sur le plan idéologique que stratégique.
Après une introduction du collectif " Tous Ensemble Rhône-Alpes", Jean-Pierre Delannoy a pu développer les raisons de sa candidature décidée collectivement à une réunion "Collectif national CGT Lutte de Classe" tenue le 24 Octobre.
Repartant des effets d'une crise économique plus importante encore que celle des années 20, il a expliqué dans le détail en quoi l'orientation actuelle de la direction de la CGT tournait le dos aux intérêts des travailleurs, en substituant à la lutte de classe la collaboration des classes (alignement idéologique de la centrale sur les positions de la CFDT, bilan catastrophique de la stratégie des "journées d'action" sans lendemain et du "syndicalisme rassemblé"...).
Il a retracé la situation dramatique des travailleurs en proie aux licenciements, au chômage partiel, aux blocages des salaires et à la destruction des garanties collectives et la nécessité d'une riposte d'ampleur des travailleurs et de la jeunesse pour s'imposer face au patronat et au gouvernement.
Notre camarade, avant de passer la parole à la salle a clairement expliqué que sa candidature n'était en rien une candidature individuelle, un combat personnel entre Delannoy et Thibault, mais un acte collectif en cours de structuration contre une orientation, que les "explications" de la direction de la confédération sur le fait qu'il ne pouvait se présenter statutairement n'était que le produit de toute une série d'obstacles mis par les instances dirigeantes depuis des mois et des années à la libre exposition des positions "lutte de classe" dans la CGT, en terminant sur la nécessité d'une centralisation des syndicalistes de lutte autour d'une équipe et d'un collectif national .
La discussion, très riche et dans un esprit de débat fraternel sans tabous qui fait si souvent défaut dans les structures où l'autocensure règne, s'est menée sous la forme de témoignages variés de différents secteurs ou de questions à Jean-Pierre et sur ce qu'il propose pour que la CGT revienne sur les bases d'un syndicalisme démocratique de lutte de classe et de masse.
Après le départ obligé de Jean-Pierre qui retournait dans sa région, la discussion s'est poursuivie entre les militants.
En particulier ont été discutés la question d'un rassemblement à Nantes au premier jour du congrès de la CGT, sur laquelle beaucoup sont partagés par crainte d'un effet "repoussoir" vis-à-vis des délégués et de nombreux militants, ainsi que la question de l'intervention de collectifs (qui rassemblent au-delà de la CGT) dans le débat, pour ne pas prêter le flanc aux accusation malveillantes d'une "déstabilisation" issue de l'extérieur.
Les participants se sont quittés avec l'idée qu'il fallait porter le débat, sur la candidature Delannoy mais aussi sur la question de l'orientation de la CGT et sur le salut de son identité de lutte de classe, dans les syndicats et structures territoriales afin que les prises de positions claires se multiplient, et qu'il faut aussi continuer à tisser des liens pour faire vivre les critiques et les propositions qui vont dans ce sens.
source : « tous ensemble Lyon »
source "el diablo"
Bonne réunion de lancement de la campagne de Jean Pierre Delannoy à l'appel des Collectifs "Tous Ensemble Rhône-Alpes", "Continuer la CGT", "Ou va la CGT" et du "Collectif national CGT Lutte de Classe"
Entre 60 et 70 participants à cette réunion, malgré un horaire difficile (18h-20h30) et un communiqué du « Progrès de Lyon » convoquant... dans un autre lieu.
Beaucoup de jeunes, quelques délégués au prochain Congrès de Nantes et des syndiqués de base venus de toute la région (et même depuis l'Auvergne !) pour entendre les motifs de la candidature de Jean-Pierre Delannoy et débattre autour de la question des orientations de la CGT, tant sur le plan idéologique que stratégique.
Après une introduction du collectif " Tous Ensemble Rhône-Alpes", Jean-Pierre Delannoy a pu développer les raisons de sa candidature décidée collectivement à une réunion "Collectif national CGT Lutte de Classe" tenue le 24 Octobre.
Repartant des effets d'une crise économique plus importante encore que celle des années 20, il a expliqué dans le détail en quoi l'orientation actuelle de la direction de la CGT tournait le dos aux intérêts des travailleurs, en substituant à la lutte de classe la collaboration des classes (alignement idéologique de la centrale sur les positions de la CFDT, bilan catastrophique de la stratégie des "journées d'action" sans lendemain et du "syndicalisme rassemblé"...).
Il a retracé la situation dramatique des travailleurs en proie aux licenciements, au chômage partiel, aux blocages des salaires et à la destruction des garanties collectives et la nécessité d'une riposte d'ampleur des travailleurs et de la jeunesse pour s'imposer face au patronat et au gouvernement.
Notre camarade, avant de passer la parole à la salle a clairement expliqué que sa candidature n'était en rien une candidature individuelle, un combat personnel entre Delannoy et Thibault, mais un acte collectif en cours de structuration contre une orientation, que les "explications" de la direction de la confédération sur le fait qu'il ne pouvait se présenter statutairement n'était que le produit de toute une série d'obstacles mis par les instances dirigeantes depuis des mois et des années à la libre exposition des positions "lutte de classe" dans la CGT, en terminant sur la nécessité d'une centralisation des syndicalistes de lutte autour d'une équipe et d'un collectif national .
La discussion, très riche et dans un esprit de débat fraternel sans tabous qui fait si souvent défaut dans les structures où l'autocensure règne, s'est menée sous la forme de témoignages variés de différents secteurs ou de questions à Jean-Pierre et sur ce qu'il propose pour que la CGT revienne sur les bases d'un syndicalisme démocratique de lutte de classe et de masse.
Après le départ obligé de Jean-Pierre qui retournait dans sa région, la discussion s'est poursuivie entre les militants.
En particulier ont été discutés la question d'un rassemblement à Nantes au premier jour du congrès de la CGT, sur laquelle beaucoup sont partagés par crainte d'un effet "repoussoir" vis-à-vis des délégués et de nombreux militants, ainsi que la question de l'intervention de collectifs (qui rassemblent au-delà de la CGT) dans le débat, pour ne pas prêter le flanc aux accusation malveillantes d'une "déstabilisation" issue de l'extérieur.
Les participants se sont quittés avec l'idée qu'il fallait porter le débat, sur la candidature Delannoy mais aussi sur la question de l'orientation de la CGT et sur le salut de son identité de lutte de classe, dans les syndicats et structures territoriales afin que les prises de positions claires se multiplient, et qu'il faut aussi continuer à tisser des liens pour faire vivre les critiques et les propositions qui vont dans ce sens.
source : « tous ensemble Lyon »
source "el diablo"
Inscription à :
Messages (Atom)
