dimanche 17 mars 2013



Un manifeste du Cercle des économistes citoyens
Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir
Une nation souveraine a le pouvoir et la légitimité d’émettre sa propre
Monnaie. Dette et austérité  sont des choix idéologiques.
Savez-vous que :
                -Les intérêts de la dette publique absorbent la totalité de l’ impôt sur le revenu !
                -La BCE a prêté 1000 milliards  aux banques mais refuse de prêter aux Etats pour alléger leur fardeau !
                -Le retour du droit de création monétaire par la Banque Centrale au service des Etats leur éviterait de dépendre de la spéculation et leur permettrait de financer les urgences sociales et écologiques.
Au lieu de cela en Grèce des familles en sont réduites à abandonner leurs enfants. En France des postes sont supprimés dans la fonction publique et les emplois disparaissent dans les entreprises. Vos revenus diminuent, on vous oblige à travailler plus longtemps, on ferme des hôpitaux, des maternités, des tribunaux pour cause de déficit budgétaire. Peut-être vous interrogez-vous, êtes-vous choqué, dépassé ?
Pourquoi sauver  les banques et non pas les peuples ?
Pour beaucoup d’entre-nous, c’est parfaitement incompréhensible ! Mais c’est malheureusement l’ignorance dans laquelle les populations sont tenues en matière de fonctionnement du système monétaire qui permet de telles aberrations. Bien sûr on peut se dire que tout cela nous dépasse ou que l’on n’y peut rien à notre niveau. Détrompez-vous !Nous pouvons non seulement résoudre la question de la dette publique, mais en plus nous donner les moyens de financer les immenses chantiers à mettre en œuvre pour permettre à tous une réelle amélioration de la qualité de la vie.
Pure utopie pensez-vous ? Certainement pas ! 
Contrairement à ce que croient encore certains, ce ne sont pas les Etats qui émettent la monnaie mais le système bancaire privé simplement lorsqu’il accepte un demande de crédit.
Depuis longtemps, les monnaies ne sont plus liées à un bien réel, même le dollar dont la convertibilité en or a été supprimée le 15 août 1971, ce qui les rend totalement virtuelles, leurs quantités sont donc potentiellement illimitées et seules les règles définies par les hommes eux-mêmes en limitent l’émission.
Depuis novembre 1993, l’article 104 du traité de Maastricht (l’actuel article 123 du traité de  Lisbonne) interdit à la BCE ou aux Banques Centrales nationales d’accorder un quelconque crédit aux institutions ou organes publics. Et toute l’Europe est dans la même situation. Cela conduit les Etats à s’endetter pour obtenir au prix fort auprès de la finance privée la monnaie dont ils avaient, s’ il le souhaitaient, le pouvoir d’émission antérieurement !
C’est ainsi que dans notre pays, de début 1995 à fin 2011 la dette a augmenté de 1150 milliards d’euros. Pendant ce temps nous avons payé( et donc du emprunter) au seul titre de l’intérêt plus de 815 milliards d’euros.
Aujourd’hui, pour seulement payer les intérêts, c’est un endettement supplémentaire de plus de 130 millions d’euros par jour. Au final, si nous n’avions pas eu à payer d’intérêts, nous n’aurions qu’une dette publique très faible ne dépassant pas 35% du PIB (produit intérieur brut). Mieux ,nous aurions pu sans risque d’inflation émettre nos besoins annuels de trésorerie et financer ainsi nos déficits au lieu de laisser les banques commerciales s’en charger contre intérêt !
Ensemble disons « ça suffit »
Réclamons qu’au minimum la Banque centrale européenne (ou la Banque de France si nécessaire) puisse disposer du droit d’émission monétaire et de crédit au bénéfice des collectivités-Etat, Régions, Départements et Communes- pour financer les investissements nécessaires et raisonnables décidés démocratiquement par la collectivité. C’est aux instances représentatives de la société de décider après avis des organismes publics concernés, du montant d’émission monétaire imposé à la Banque Centrale. En situation de sous-emploi et de pénurie, alors que les compétences humaines, les ressources naturelles et la volonté sont présentes, l’argent, toujours issu d’une simple ligne d’écriture, ne peut et ne doit pas manquer. Dans ce cadre, une émission monétaire n’est pas inflationniste.
Nous demandons donc aux pouvoirs publics d’accéder aux demandes suivantes : Pour tout ce qui concerne le financement des projets collectifs de l’ Eurozone. La  Banque Centrale  Européenne (BCE)  doit pouvoir être contraainte à une émission monétaire centrale sans échéance et sans intérêts directement au bénéfice de la collectivité et non à celui des seules banques, en particulier pour financer la mutation qu’exige le défi technique, social et écologique de notre époque, la recherche, un enseignement ainsi qu’un système de santé de qualité et, en général, pour tout ce qui sera considéré démocratiquement comme nécessaire pour l’amélioration collective durable de la qualité de la vie. Les statuts et la mission de la Banque Centrale Européenne doivent ^tre revus en conséquence.
A défaut de faire aboutir ce projet au niveau européen, le gouvernement français doit opérer une reprise du droit collectif (donc national) d’émettre la monnaie, éventuellement par l’émission d’une monnaie nationale complémentaire à l’euro, quitte à se mettre en dissidence à l’égard de l’ UE, non par anti européanisme mais pour se donner la possibilité de devenir un modèle d’inspiration des autres nations.
Tous ces points et bien d’autres sont expliqués et développés dans un petit livre (moins de 100 pages) écrit par Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq, et que vous trouverez chez votre libraire habituel ou par exemple sur « Amazon », (édition Dangles, ISBN 9782703309819)
 

Si vous ne comprenez pas pourquoi la France est si endettée…
         Qui se penche sur notre système monétaire découvre une escroquerie tellement énorme qu’elle fait penser à cette doctrine cultivée par Goebbels : « Plus le mensonge est gros, plus il a des chances d’être cru ».
                Le mensonge : On laisse croire au bon peuple que la France crée gratuitement sa monnaie, alors qu’elle n’en a plus le droit et doit l’emprunter aux banques privées, avec la charge des intérêts que celles-ci lui imposent.
                C’ est la loi de janvier 1973, signée par VGE, premier ministre de Pompidou.
                Cette loi en faveur des banques privées coûte aujourd’hui à la France chaque année 80 milliards d’euros d’intérêts, qui seront prélevés sur les dépenses sociales : éducation, santé, justice, sécurité, services publics…C’est la «Rigueur». Austérité, Pauvreté.
                Les banque privées qui accumulent des bénéfices gigantesques, ont une telle influence que le système n’est  pas contesté par nos élus, sauf rares exceptions. Ainsi, la constitution européenne, concoctée essentiellement par VGE et ilposée par l’UMP, confirme l’interdiction aux Etats de produire leur propre monnaie, et l’obligation de se soumettre aux banques privées (article 123 du Traité de Lisbonne).             Prix Nobel d’économie, le français Maurice Allais qui contestait ce procédé scandaleux, n’a jamais pu se faire entendre :l’ électeur ne devait pas savoir !
                Escroquerie est le mot qui convient : sans cette loi, la France n’aurait pas de dette puisque le total des intérêts indûment payés à ce jour est égal au montant de la dette.
                Qui donc proteste ?
- Nicolas Dupont-Aignan dans son livre ; « L’arnaque du siècle », p71_Ed du Rocher
- Jean-Luc Melanchon dans « Qu’ils s’en aillent tous » p.  49 (Flammarion)
- Marine Le Pen dans plusieurs interventions à la radio
Qui rendra à la France le droit de créer gratuitement sa monnaie ?



Samedi 16 mars 2013

Affaire « Pétrole contre nourriture » : procès d’un montage presque parfait

Par Gilles Munier (Genève –  Palais des Nations unies - 14/3/13)
Qui s’en souvient ? Il y a neuf ans, en janvier 2004, éclatait le « scandale du programme Pétrole contre nourriture ». Le quotidien irakien Al Mada publiait une liste de 270 personnalités au niveau mondial - parmi lesquels 21 Français – ayant reçu ce qu’il appelait des « coupons de pétrole de Saddam Hussein » pour aider l’Irak à obtenir la levée de l’embargo imposé par les Nations unies. A l’époque, la liste de ces personnalités fit la Une des médias et provoqua un scandale.
A Paris, le juge Philippe Courroye prit en main le dossier au retour d’un voyage aux Etats-Unis. Dans sa ligne de mire : Jacques Chirac -Président de la République - Charles Pasqua -ancien ministre de l’Intérieur gaulliste –, deux ambassadeurs de France et la société pétrolière Total. Les autres n’étant pour lui que du menu fretin. L’administration Bush voulait punir la France de son refus de cautionner la seconde Guerre du Golfe, faire oublier pour un temps ses échecs en Irak, et surtout la « disparition » –jamais élucidée - des milliards de dollars en liquide ponctionnés sur le compte séquestre du programme « Pétrole contre nourriture » et transportés en Irak par avions cargos pour être  alloués  - théoriquement - à la reconstruction de l’Irak. Pour mémoire, les cents perçus par les personnalités allocataires de barils de pétrole étaient déduits par les entreprises de leur marge bénéficiaire.
Une vingtaine de Français fut arrêtée et mise en examen pour «trafic d’influence »et« corruption d’agent public étranger ». En clair, pour viol d’une résolution de l’ONU. J’étais dans le lot. Cela s’est traduit pour moi par la perquisition de mon domicile, 72 heures d’interrogatoire en garde à vue en octobre 2005, une libération sous contrôle judiciaire contre le versement d’une caution d’abord fixée à 80 000 euros, le retrait de mon passeport et l’interdiction de quitter le territoire métropolitain. Un compte bancaire servant au financement des activités des Amitiés franco-irakiennes fut bloqué. Il l’est toujours. Il est vrai que soutenir politiquement la résistance irakienne n’est pas très bien vu !
En Grande-Bretagne, la campagne déclenchée dès avril 2003 contre le parlementaire George Galloway finit par s’essouffler. Les documents soi-disant trouvés par un journaliste du Daily Mail dans les ruines du ministère des Affaires étrangères irakien l’impliquant dans l’affaire« Pétrole contre nourriture » étaient des faux. Le quotidien fut condamné pour diffamation.
George Galloway s’était dépensé sans compter dans un pays hostile pour organiser des manifestations anti-embargo et surtout lancer l’Appel pour Maryam, du nom d’une jeune irakienne atteinte de leucémie, qui avait permis à sensibiliser l’opinion publique sur la tragédie du peuple irakien dans les pays traversés par un bus parti de Big Ben, à Londres, pour Bagdad.  
La situation en Irak toujours d’actualité,
mais pas dans les médias
Je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort. Quand on mène un combat politique, il faut s’attendre à des déboires. Comme je l’ai déclaré aux policiers et aux juges : « Si c’était à refaire, je le referai ». Mais, je suis déçu. J’espérai que le procès « Pétrole contre nourriture », qui s’est enfin ouvert le 21 janvier dernier au Tribunal correctionnel de Paris, serait aussi celui de l’embargo. Cela n’a pas été possible. Dans un cas comme celui-ci, je me suis aperçu que le grand ennemi était moins l’impérialisme américain –expression considérée comme démodée, mais au contenu bien réel - que le temps qui passe, l’oubli ou pire : l’indifférence. La situation en Irak n’était plus d’actualité, remplacée par d’autres guerres au Proche-Orient (Syrie, Yémen), en Afrique (Mali) ou par l’évolution des « Printemps arabes » (Egypte, Libye, Tunisie, Bahreïn). En Irak même, depuis la soi-disant levée de l’embargo résultant de l’invasion de mars 2003, d’autres malheurs – plus terribles encore - se sont abattus sur les Irakiens, au point que les treize années de blocus leur semblent souvent préférables à ce qu’ils endurent depuis dix ans… En France et en Europe, nombreux étaient ceux qui croyaient l’affaire « Pétrole contre nourriture » jugée depuis longtemps ou enterrée.
Vous avez dit « conspirationnisme » ?
Résultat : alors qu’en France, il y a neuf ans, les médias criaient au « scandale du programme Pétrole contre nourriture », parlaient d’« affaire d’Etat », le procès qui vient de se tenir, pendant un mois, n’a pratiquement pas été annoncé et n’a été suivi que par quelques journalistes de rubriques juridiques. Tout ce qui pouvait y être dit sur la tragédie du peuple irakien depuis août 1990 était certes poliment écouté, mais hors sujet. Evoquer l’arrière plan de l’affaire, son montage, l’était aussi, mais donnait en plus, à ceux qui abordaient la question, l’impression déplaisante de tenir un discours conspirationniste. Et pourtant…
-         La liste des 270 personnalités accusées d’avoir violé l’embargo, dite « Al Mada », a été constituée à la va-vite par la CIA et ses alliés locaux – notamment Ahmed Chalabi - avec des documents en langue arabe trouvés dans les archives de la SOMO (State Organization for Marketing of Oil), organisme étatique chargé de la commercialisation du pétrole brut et dépendant du ministère irakien du Pétrole.
-         La mention « pour Jacques Chirac » et« pour Charles Pasqua » a été ajoutée à la main pour médiatiser la liste, alors qu’aucun fonctionnaire de la SOMO n’avait accès à ce genre d’information, si elle existait.
-         Al-Mada est un quotidien fondé – clé en main – par un certain Fakhri Karim, ancien trésorier du Parti communiste irakien (PCI, pro-soviétique), avec l’aide de Georges Soros, un milliardaire controversé d’origine hongroise lié à la CIA, spécialiste des opérations de déstabilisation.
-         Fakhri Karim qui se présente comme Kurde irakien est en fait originaire du Cachemire. Accusé de malversations financières, il a été exclu du PCI et s’est d’abord rapproché de l’Arabie Saoudite et du régime d’Hafez al-Assad. En 1990, pendant la crise du Golfe, il créé La Voix internationale du Koweïtqui participa à l’opération de désinformation des incubateurs débranchés par les Irakiens, opération montée par la société de communication Hill & Knowlton pour vendre la Première guerre du Golfe à l’opinion publique.
-         La traduction en anglais de la liste Al-Mada a été diffusée à partir de Londres parl’Institut Memri (Institut de recherche des medias du Moyen-Orient), une agence de désinformation fondée en 1998 par le colonel Yigal Carmon, ancien agent des services de renseignement militaire israélien.
Un compte à régler avec la France
La France est prise à partie par Charles Duelfer, chef de l’Iraqi Survey Group, composé de 1 400 personnes choisies par le Pentagone et la CIA pour rechercher les fameuses armes de destruction massive de Saddam Hussein. Dans son rapport final, publié en octobre 2004, qui reconnaît qu’il n’y pas – ou plus – d’armes de ce type, Duelfer met en cause la politique arabe de la France, notamment ses relations avec l’Irak, et reprend la liste des noms cités par Al-Mada, dont ceux de Jacques Chirac et de Charles Pasqua. Curieusement, et sans doute pour faire bonne mesure, Duelfer y accusait aussi Pierre Joxe - ancien ministre de l’Intérieur de François Mitterrand, mais catalogué aux Etats-Unis comme pro-irakien et antisioniste - d’avoir accepté, en 1998, un chèque de un million de dollars remis par l’ambassadeur d’Irak à Paris.
Charles Duelfer laissait entendre que Patrick Maugein, président de la compagnie pétrolièreSoco, un corrézien supposé proche de Jacques Chirac, aurait obtenu des allocations pétrolières en se recommandant du Président de la République française. Il faut se rappeler qu’à l’époque, il était question qu’il se présente à nouveau à l’élection présidentielle. Ce n’est évidemment pas ce que souhaitaient George W. Bush ni les néo-conservateurs qui misaient sur l’élection d’un pro-américain.
J’ai toujours pensé que le nom de Charles Pasqua n’avait rien à voir avec les allocations pétrolières et qu’il n’y était qu’en raison des interventions de son conseiller diplomatique –Bernard Guillet – en Irak. Seulement, les néo-conservateurs américains reprochaient à l’ancien ministre de l’Intérieur d’avoir accordé en 1993 un visa à Tarek Aziz, pour venir se faire soigner à Paris. A cette époque, la France n’était plus représentée diplomatiquement à Bagdad. La visite du vice-Premier ministre irakien avait été suivie d’une rencontre plus formelle au siège de l’ONU avec Alain Juppé – alors ministre français des Affaires étrangères – et avait débouché sur l’échange de chargés d’affaires. Pour George W. Bush et son équipe, c’était impardonnable.
Au procès « Pétrole contre nourriture », Charles Pasqua a révélé que les Américains lui en voulaient aussi pour avoir fait expulser des agents de la CIA qui écoutaient les conversations cryptées intergouvernementales. Jusqu’ici, ce genre de problème se réglait à l’amiable entre « alliés », mais l’information avait fuitée dans les médias et obligé la centrale américaine à mettre à la retraite quelques uns de ses membres.
En octobre 2005, un an après la publication du rapport Duelfer, Paul Volker, président de la commission soi-disant indépendante de l’ONU, remis un nouveau rapport tout aussi virulent lorsqu’il s’agit de la France. Il dénombre en outre plus de 2 000 entreprises – surtout russes et françaises – ayant contourné l’embargo et accuse la BNP (Banque Nationale de Paris) -qui gère le compte séquestre - de l’avoir caché aux Nations unies.
La montagne accouchera-t-elle
d’une souris ?
Il n’y a pratiquement qu’en France que l’affaire« Pétrole contre nourriture » a pris de l’ampleur et soit parvenue à son terme, c'est-à-dire à un procès. Mais, elle ne s’est pas transformée en « Affaire d’Etat ». La mort du trader Patrick Maugein, en décembre 2006 –d’un cancer – a mis fin à l’enquête de laBrigade de répression de la délinquance économique (B.R.D.E) lancée contre lui par le juge Courroye. Cela permis à Jacques Chirac d’échapper à des articles désagréables dans les médias, à une convocation humiliante devant la justice à l’issue de son mandat et, probablement, de se retrouver parmi les prévenus jugés à Paris en janvier dernier.
Les accusations portées par le juge Courroye de« corruption d’agent public étranger » et«trafic d’influence », sont passibles d’amendes importantes et de plusieurs années de prison ferme ou avec sursis. Lors du procès qui s’est tenu à Paris, les avocats de la défense ont prouvé qu’elles n’avaient pas grand-chose à voir avec la réalité. Les « surcharges », c'est-à-dire les 10% demandés par les autorités irakiennes aux pétroliers, étaient, certes, versées sur des comptes de particuliers en Jordanie et au Liban, mais il est maintenant prouvé qu’il s’agissait de prêtes-noms de la SOMO, organisme d’Etat.
Comme de bien entendu, la carrière du juge Courroye a progressé sous la mandature du pro-américain Nicolas Sarkozy, et s’est effondrée après sa défaite à la dernière élection présidentielle. Les avocats de Charles Pasqua ont révélé – des dépêches diplomatiques de WikiLeaks à la main – qu’il entretenait pour le moins spéciales avec l’ambassade des Etats-Unis à Paris dans le cadre de l’instruction qui l’a conduit à Bagdad interroger Tarek Aziz et le vice-Président de la République irakienne Taha Yassin Ramadan, dans leur cellule de condamné à mort.
Le verdict du procès « Pétrole contre nourriture » tombera le 8 juillet prochain. Mais, on n’en aura pas encore fini avec cette affaire : le parquet a annoncé l’ouverture prochaine d’ « Oil for food 2 », quatorze entreprises et trois intermédiaires, devraient être bientôt jugés pour « corruption d’agent public étranger ». Au Palais de justice de Paris, Kafka est plus que jamais à la mode !...Ce qui est arrivé aux personnalités de la « liste Al-Mada » n’est qu’un petit « dommage collatérale » au regard de la tragédie du peuple irakien depuis 1990. Les centaines de milliers de morts victimes de l’embargo, de l’agression et de l’occupation de l’Irak demandent justice. Les responsables des massacres et des destructions sont connus. Qui les jugera ?
* Intervention à la Conférence de la Société Civile intitulée « Imputabilité et Justice pour l’Irak » (Palais des Nations unies – Genève – 14/15 mars 2013)  

mercredi 23 janvier 2013

CE QUE PENSENT LES COMMUNISTES Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Chers collègues, La situation malienne, aussi urgente soit elle, n’est pas un fait nouveau. Depuis un an maintenant, coup d’état et avancée des sécessionnistes de l’AZAWAD menacent l’intégrité du pays. J’ai une pensée forte pour le peuple malien, ce peuple ami, otage de l’instabilité et de la terreur imposée depuis des mois par les fondamentalistes islamistes. On décompte plus de 230 000 personnes déplacées. Leurs familles, nombreuses en France, sont inquiètes et réclament une intervention internationale pour rétablir la démocratie. Nous sommes à leurs côtés. J’ai également une pensée forte pour nos soldats, engagés sur un terrain périlleux. Je pense à la douleur des familles de nos otages. Que devait faire la France face à l’offensive des troupes djihadistes lancée jeudi dernier? La position des députés du Front de gauche, communistes et républicains, est claire : abandonner le peuple malien aux fous de dieu aurait été une erreur politique et une faute morale. La non-intervention aurait été la pire des lâchetés. Une action militaire internationale était nécessaire pour éviter l’installation d’un Etat terroriste. Les djihadistes du Nord Mali et leurs affidés d’Al-Qaida n’ont qu’un but : imposer à l’échelle de la planète des régimes despotiques, sanguinaires et moyenâgeux. Leur fondamentalisme constitue une forme nouvelle du fascisme. Ils n’ont qu’une méthode : instrumentaliser l’Islam, religion de paix pour l’immense majorité des musulmans, afin de justifier leurs combats contre la démocratie et les droits des femmes. Mais aussi pour masquer le caractère mafieux de leurs organisations, basées sur le trafic d’armes et de drogues, comme au Sahel, nouvelle plaque tournante. Les démocraties ne peuvent baisser les bras. Elles doivent soutenir les efforts des progressistes qui en expriment le souhait, comme aujourd’hui au Mali. Pour autant, nous émettons de lourdes réserves sur l’opération militaire déclenchée, sur sa forme, ses conditions, ses objectifs. Soyons lucides : cette intervention n’apportera pas un Etat malien stable, pas plus que la démocratie, elle n’en est qu’un préalable. La guerre est toujours la dernière des solutions, la moins bonne, la plus incertaine. Rien ne nous assure que cette intervention ne se termine par un échec, de grande souffrance pour les peuples, des déflagrations en cascade dans l’ensemble du monde musulman. Ne nous laissons pas bercer d’illusion par un consensus rassurant, et par l’enthousiasme des va t en guerre! Je parlais de réserves sur la forme. Notre Parlement n’a pas été consulté au préalable, nous le déplorons. L’urgence existait, certes, mais le scénario d’une offensive vers le sud malien était prévisible. Comment croire que cette colonne armée se soit constituée en seulement 48h? Cette intervention ne doit pas être la décision d’un Président de la République soucieux d’affirmer son autorité, mais la décision de la France et de l’ensemble de ses représentants. Nous émettons également des réserves sur ses objectifs. Monsieur le ministre, il est également impératif de clarifier les buts de cette guerre pour éviter un enlisement que je redoute. Ils sont pour l’heure confus. Assurer la sécurité de nos ressortissants? Lutter contre le terrorisme? Assurer l’intégrité du Mali? Le Président de la République a déclaré que l’intervention durerait “le temps nécessaire”, avant de concéder qu’elle serait limitée dans le temps. Quand considèrera-t-on que la mission de la France est terminée? La France doit affirmer clairement l’objectif poursuivi au Mali – appuyer la reconstruction d’un Etat de droit démocratique – et s’y limiter. Gardons à l’esprit les enseignements de la guerre contre le terrorisme lancée après les attentats terrifiants du 11 septembre. Nos troupes reviennent à peine d’Afghanistan, tirant les leçons de cette impasse. La lutte sans faille des démocraties contre le terrorisme est bien entendu vitale. Mais si cette lutte devient une guerre armée, où et quand s’arrêtera-t-elle ? Saurons-nous y mettre un terme avant qu’elle devienne contreproductive, en nourrissant l’idée funeste du choc des civilisations et en renforçant les ferments d’union de groupes très divers sous la bannière d’Al Qaida ? Saurons-nous prendre le dessus sur les troupes djihadistes sans provoquer leur repli au Niger, en Mauritanie, en Algérie, avec une potentielle déstabilisation de ces pays? L’acheminement de troupes françaises au sol et de blindés ces derniers jours modifie en profondeur notre engagement. Au risque d’utilisation de boucliers humains sous les frappes aériennes s’ajoute la crainte de nouveaux déplacements de population sur un territoire gigantesque. On décompte 150 000 réfugiés depuis le début l’enlisement du Mali, 30 000 supplémentaires depuis le début de l’opération française. Tout doit être mis en œuvre pour éviter une catastrophe humanitaire et protéger les civils. Si nous partageons la décision de notre diplomatie, nous nous interrogeons sur ses incohérences. La France a soutenu les printemps arabes, bien que trop tardivement, et apportée son concours à l’épanouissement des droits et des libertés, notamment pour les femmes. Dans le même temps, notre pays entretient des relations troublantes avec certaines composantes du monde arabe. Oui, il faut en finir avec la guerre en Syrie et le régime despotique de Bachar El Assad, mais faut-il pour cela appuyer des mouvances fanatiques ? L’Occident a trop souvent joué aux apprentis sorciers. Faut-il montrer tant d’indulgence envers les pétromonarchies arabes, au premier rang desquelles le Qatar ? Ce pays, ennemi des droits de l’homme, joue un double jeu infernal en jouant sur les divisions du monde islamique, entre chiites et sunnites. Il n’hésite pas à déstabiliser des régions entières pour appuyer des régimes obscurantistes. J’en viens aux réserves sur les conditions de déclenchement de cette opération et à la position de la communauté internationale. L’option militaire n’avait rien d’inéluctable, elle n’est due qu’aux faiblesses et aux lenteurs de la communauté internationale et du pouvoir malien lui-même. « En aucun cas, la France n’interviendra elle-même au Mali », affirmait François Hollande en novembre. Il y a deux semaines encore, la voie politique, de la négociation, était privilégiée. La résolution 2085 du 22 décembre, selon la lecture même de notre ambassadeur à l’ONU, « n’était pas une déclaration de guerre ». Elle posait de nombreux préalables avant tout recours à la force. D’une part, un effort du pouvoir malien pour répondre à la question touarègue et organiser de nouvelles élections. D’autre part, une préparation militaire conséquente de l’armée malienne et des partenaires africains. Aucune de ces conditions n’est réunie. Nous partons donc en guerre dans la plus mauvaise des configurations, dans l’impréparation, avec les immenses périls que cela comporte. La résolution onusienne autorisait le déploiement d’une «mission internationale sous conduite africaine», or l’opération «Serval» s’avère être d’abord une «opération franco-française». L’intervention de la France doit retrouver au plus vite le cadre onusien. Les troupes des pays africains doivent prendre le relais de cette intervention. Notre pays a pris ses responsabilités, mais le cavalier seul de la France est préoccupant. En effet, il nous isole sur la scène diplomatique, nous expose en termes de sécurité et nuit à la crédibilité même de l’intervention. La communauté internationale, nos alliés, font assaut de déclarations pour saluer notre engagement, sans apporter de solidarité en actes. Le soutien unanime masque une lâcheté générale. Cet attentisme est consternant. Quand conforterons le système onusien en réformant les mécanismes de décision qui le sclérosent ? Je pose également la question : où est l’Union européenne dans ce conflit ? Son inertie illustre l’impasse actuelle de la construction européenne. Notre intervention militaire dans une ancienne colonie française recueille le soutien de l’opinion africaine et de ses représentants. L’Algérie a ainsi ouvert son espace aérien et fermé ses frontières. Cette coopération relative n’était pas couru d’avance, elle est à metter au crédit du dégel de nos relations ces dernières semaines. Elle suscite néanmoins un certain malaise, probablement en raison du deuil impossible et inachevé de la Françafrique. Comment ne pas percevoir le poids de la colonisation dans le conflit actuel et l’héritage de frontières tracées artificiellement ? Au Mali comme sur l’ensemble du continent, les impérialismes ont déchiré des régions, aggloméré des peuples rivaux, afin de préserver leur influence sur ses richesses. Ce temps doit être véritablement révolu, en Centrafrique, au Gabon, au Niger. Des engagements ont été pris, nous attendons des gestes forts, au plus vite. L’Afrique est la chance de notre planète. Nous devons conforter les efforts de ses peuples pour retrouver leur dignité et assurer leur développement, sans ingérence ni domination. La solution au chaos et à la déstabilisation du continent africain n’est pas militaire, mais politique, sociale et économique. Les pays du Nord doivent enfin promouvoir un développement partagé de la planète. L’Afrique est une terre de grande richesse. Ses richesses premières doivent bénéficier aux peuples, et non être pillées. Ses richesses humaines et intellectuelles, elles aussi, doivent pouvoir rester dans leur pays et participer au progrès de leur société, et non être contraintes à l’exil en Occident. Il a beaucoup été question de l’ « homme africain » dans un passé récent. Cet homme africain, la femme africaine, sont pleinement dans l’Histoire de notre temps, ils sont les acteurs du monde de demain. Respectons-les, marchons à leurs côtés !
Le revenu annuel des 100 personnes les plus riches suffirait à éradiquer quatre fois la pauvreté Selon Oxfam, les dirigeants doivent se fixer pour objectif d’au moins ramener les inégalités au niveau de 1990 L’explosion de la richesse extrême et des revenus colossaux exacerbe les inégalités et entrave la capacité du monde à combattre la pauvreté, comme l’explique aujourd’hui Oxfam dans un rapport publié en vue du Forum économique mondial de Davos, qui se tiendra la semaine prochaine. Le revenu net des 100 milliardaires les plus riches s’élevait en 2012 à 240 milliards de dollars, ce qui suffirait à éradiquer quatre fois la pauvreté extrême, selon le rapport d’Oxfam intitulé « The cost of inequality: how wealth and income extremes hurt us all » (Le coût de l’inégalité : comment la richesse et les revenus extrêmes nous portent préjudice à tous). L’organisation exhorte les dirigeants mondiaux à endiguer les revenus extrêmes d’aujourd’hui et à s’engager à au moins ramener les inégalités au niveau de 1990. Ces vingt dernières années, les revenus du pourcent le plus riche de la population ont augmenté de 60 %, une évolution que la crise financière contribue à intensifier, et non à freiner. Oxfam souligne le fait que la richesse et les revenus extrêmes ne sont pas seulement contraires à l’éthique ; inefficaces sur le plan économique et destructeurs sur le plan politique, ils divisent la société et nuisent à l’environnement. « Nous ne pouvons plus prétendre aujourd’hui que la création de richesses pour une poignée de privilégiés bénéficiera inévitablement au plus grand nombre – trop souvent, c’est le contraire qui est vrai », a averti Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International. « La concentration des ressources entre les mains du pourcent le plus riche affaiblit l’activité économique et rend la vie de toutes les autres personnes plus difficile, en particulier au bas de l’échelle économique. « Dans un monde où même les ressources les plus essentielles, telles que les terres et l’eau, se raréfient, nous ne pouvons pas nous permettre de concentrer les actifs entre les mains de quelques personnes et laisser le plus grand nombre se disputer les restes. » Selon les estimations, les personnes appartenant au pour cent le plus riche émettent jusqu’à 10 000 fois plus de CO2 que le citoyen américain moyen. Oxfam ajoute que les dirigeants mondiaux devraient tirer les enseignements des réussites actuelles observées dans des pays tels que le Brésil (qui a connu une croissance rapide accompagnée d’une baisse des inégalités), mais aussi des réussites historiques telles que le New Deal du président Franklin Roosevelt dans les États-Unis des années 1930, qui a permis de réduire les inégalités et de freiner les intérêts particuliers. De fait, Roosevelt avait déclaré : « l’égalité politique que nous avions su conquérir a perdu sa signification face aux inégalités économiques ». Un « New Deal » mondial contre les inégalités « Nous avons besoin d’un nouveau New Deal mondial pour renverser la croissance des inégalités constatée ces dernières décennies, a ajouté Jeremy Hobbs. Pour commencer, les dirigeants mondiaux devraient s’engager officiellement à ramener les inégalités au niveau de 1990. « Dans les paradis fiscaux aux lois laxistes en matière d’emploi, les plus riches tirent profit d’un système économique mondial faussé qui joue en leur faveur. Il est temps que nos dirigeants réforment le système pour que celui-ci œuvre dans l’intérêt de l’ensemble de l’humanité et non d’une élite mondiale. » La fermeture des paradis fiscaux, qui abriteraient 32 billions de dollars, soit un tiers de la richesse mondiale, pourrait générer un supplément de recettes fiscales de 189 milliards de dollars. Outre la lutte contre les paradis fiscaux, un nouveau New Deal mondial pourrait également viser à : -renverser la tendance actuelle à des formes de fiscalité plus régressives ; -instaurer un taux minimum d’imposition des sociétés à l’échelle mondiale ; -stimuler les revenus plutôt que le rendement des capitaux ; -accroître des investissements en faveur de services publics gratuits et de filets de sécurité sociale. source:El diablo

jeudi 3 mai 2012

DRAPEAU ROUGE ET DRAPEAU TRICOLORE.

DRAPEAU ROUGE ET DRAPEAU TRICOLORE.

Se parer du drapeau tricolore pour mieux trahir la nation républicaine, insulter le drapeau rouge par haine de classe : Sarkozy met ses pas dans ceux de tous les réactionnaires de notre histoire, de tous ceux qui disent blanc pour agir noir, de ceux qui, comme le félon Pétain, prétendent défendre la patrie contre le communisme et qui en fait la vendent, la trahissent, la violent, la martyrisent.
Le drapeau tricolore est le symbole de la nation, c'est dire que son origine est le peuple en armes qui a fondé, lors de la grande Révolution française, la République française. C'est le drapeau de Valmy, c'est le drapeau des « Sans-Culottes », c'est le drapeau des Soldats de l'an II, c'est le drapeau de Robespierre, Saint-Just et de Babeuf. Comme « La Marseillaise » qui l'accompagne et qui devint, pour tous les peuples de la terre, un chant révolutionnaire.
Certes la bourgeoisie, en passant de classe révolutionnaire contre l'aristocratie à classe exploiteuse contre le prolétariat, tenta, pour tromper les masses, de se faire passer pour l'unique détentrice des symboles révolutionnaires, tenta de faire croire que la nation était un bloc uni ayant les mêmes intérêts, tenta de nier la lutte des classes et ses conséquences. Certes la bourgeoisie couvrit ses crimes, en France comme dans les pays colonisés, du drapeau tricolore et de "La Marseillaise". Mais le peuple français, la classe ouvrière en tête, sut défendre l'héritage national et révolutionnaire de l'un comme de l'autre. M. Thorez, J. Duclos, le Parti Communiste, tant qu'il le fut, surent unir les symboles de 89 et les nouveaux symboles de la révolution socialiste : le drapeau rouge et « L'Internationale ».
Désormais, hormis chez quelques gauchistes dogmatiques et attardés, les deux drapeaux mêlaient leurs plis, comme étaient mêlés le combat de classe et le combat pour l'indépendance nationale.

Karl Marx une pensée à retravailler.

Karl Marx :

« La philosophie, et plus particulièrement la philosophie allemande, a un penchant pour la solitude, pour l'isolement systématique, pour l'austère introspection qui d'emblée l'oppose et la rend étrangère aux journaux, prompts à la riposte et au tapage, passionnés de la seule information. Saisie dans son élaboration systématique, la philosophie est impopulaire ; son tisser intime apparaît au regard du profane comme un exercice aussi peu sensé que peu pratique. On voit en elle une maîtresse de magie, dont les incantations prennent un ton de solennité du fait qu'on ne les comprend pas. Fidèle à son caractère, la philosophie n'a jamais fait le premier pas pour troquer l'ascétique soutane contre la mise légère et conventionnelle des journaux. Seulement, les philosophes ne sortent pas de terre comme des champignons ; ils sont les fruits de leur temps, de leur peuple, dont la sève la plus subtile, la plus précieuse et la plus secrète circule dans les idées philosophiques. Le même esprit qui construit les systèmes philosophiques dans les cerveaux des philosophes construit les chemins de fer avec les bras des ouvriers. » (L'article de tête du numéro 179 de la « Kölnische Zeitung », Rheinische Zeitung, juillet 1842)

« De nos jours, chaque chose paraît grosse de son contraire. Nous constatons que les inventions mécaniques douées du merveilleux pouvoir de réduire et de féconder le travail humain ne font que l'exténuer et le surcharger. Par un étrange sortilège du destin, les sources de richesse nouvelle­ment découvertes se changent en sources de détresse. C'est comme si les triomphes des arts industriels devaient s'acheter au prix de la déchéance morale. À mesure que l'humanité parvient à maîtriser la nature, l'homme semble se laisser asservir par d'autres hommes ou par sa propre infamie. La pure lumière de la science elle-même semble incapable de rayonner autrement que sur le fond obscur de l'ignorance. Toutes nos inventions et tous nos progrès paraissent conduire à un seul résultat : doter de vie et d'intelligence les forces matérielles et rabaisser la vie humaine à l'état de force brute... » (People's Paper, 19 avril 1856)

« Avec la valorisation du monde des choses, la dévalorisation du monde des hommes s'intensifie dans un rapport directement proportionnel. » (Manuscrits de 1844)

« Le jugement absurde des philosophes, que l'homme réel n'est pas l'homme, est tout simplement, à l'intérieur de l'abstraction, l'expression la plus universelle, la plus ample de la contradiction universelle existant en fait entre les conditions sociales et les besoins des hommes. » (L'Idéologie allemande, 1845)

« Une des tâches les plus difficiles, pour les philosophes, c'est de descendre du monde de la pensée dans le monde réel. La réalité immédiate de la pensée, c'est le langage. De même que les philosophes ont érigé le penser en sujet indépendant, de même il leur a fallu ériger le langage en royaume indépendant. Voilà le secret du langage philosophique où les pensées possèdent, en tant que mots, un contenu qui leur est propre. Le problème de descendre du monde des pensées dans le monde réel se change en cet autre problème : sortir du langage pour descendre dans la vie. » (L'Idéologie allemande)

« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières ; mais ce qui importe, c'est de le transformer. » (Thèses sur Feuerbach)

« De même que la philosophie trouve dans le prolétariat ses armes matérielles, de même le prolétariat trouve dans la philosophie ses armes spirituelles, et dès que l'éclair de la pensée se sera profondément enfoncé dans ce terrain vierge qu'est le peuple, l'émancipation des [..] hommes sera accomplie. [...] La tête de cette émancipation, c'est la philosophie, son coeur le prolétariat. La philosophie ne peut devenir réalité sans l'abolition du prolétariat, le prolétariat ne peut s'abolir sans que la philosophie ne devienne réalité. » (Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843)

« Ce qui caractérise la division du travail à l'intérieur de la société moderne, c'est qu'elle engendre les spécialités, les espèces et avec elles l'idiotisme du métier. ''Nous sommes frappés d'admiration, dit Lemontey, en voyant parmi les anciens le même personnage être à la fois dans un degré éminent, philosophe, poète, orateur, historien, prêtre, administrateur, général d'armée. Nos âmes s'épouvantent à l'aspect d'un si vaste domaine. Chacun plante sa haie et s'enferme dans son enclos. J'ignore si par cette découpure le champ s'agrandit, mais je sais bien que l'homme se rapetisse.'' » (Misère de la philosophie, 1847)

« L’indépendance acquise par les pensées et les idées est une conséquence de l’indépendance acquise par les conditions et les relations personnelles des individus. (…) l’intérêt exclusif et systématique que les idéologues et les philosophes portent à ces pensées, donc la systématisation de celles-ci, est une conséquence de la division du travail (...). Il suffirait aux philosophes de dissoudre leur langage dans le langage ordinaire dont il est abstrait pour reconnaître en lui le langage truqué du monde réel et pour comprendre que ni les idées ni le langage ne forment un univers indépendant : ce ne sont que les expressions de la vie réelle. » (L’idéologie allemande)

« La lutte des philosophes contre la « substance » et leur totale négligence de la division du travail, base matérielle dont est issu le fantôme de la substance, prouve simplement que ces héros ne se préoccupent que d’anéantir des phrases, et nullement de changer les conditions sociales qui sont forcément à l’origine de cette phraséologie. » (L’idéologie allemande)

« La philosophie est à l’étude du monde réel ce que l’onanisme est à l’amour sexuel. » (L’idéologie allemande)

« La réforme de la conscience consiste uniquement à rendre le monde conscient de lui-même, à le réveiller du sommeil où il rêve de lui-même, à lui expliquer ses propres actions. Tout notre but ne peut consister qu'à faire en sorte que les questions religieuses et politiques soient formulées de manière humaine et consciente. » (Lettres à A. Ruge, 1843)

« Nous avons la ferme conviction que ce n'est pas l'expérience pratique, mais la réalisation théorique des idées communistes qui constitue le véritable danger, car aux expériences pratiques, fussent-elles tentées massivement, on peut répondre avec des canons, dès qu'elles deviennes dangereuses ; alors que des idées que notre intelligence a maîtrisées, que notre raison a soudées à notre conscience, ce sont des chaînes dont on ne s'arrache pas sans briser son coeur, ce sont des démons que l'homme ne peut vaincre qu'en se soumettant à elles. » (Rheinische Zeitung, 16 octobre 1842)

« Si la construction de l'avenir et l'achèvement pour tous les temps n'est pas notre affaire, nous savons d'autant plus certainement ce que nous avons à réaliser dans le présent : la critique impitoyable de tout l'ordre existant, impitoyable également dans le sens d'une critique qui ne craint ni ses résultats ni les conflits avec les puissances existantes. » (Lettres à A. Ruge, 1843)

« Il s'agit de faire le tableau d'une sourde oppression que toutes les sphères sociales exercent les unes sur les autres, d'une maussaderie générale mais inerte, d'une étroitesse d'esprit faite d'acceptation et de méconnaissance, le tout bien encadré par un système de gouvernement qui, vivant de la conservation de toutes les vilenies, n'est lui-même que la vilenie au gouvernement. (...) Il faut rendre l'oppression réelle encore plus oppressive, en lui ajoutant la conscience de l'oppression, rendre la honte plus honteuse encore, en la divulguant. Il faut dépeindre chaque sphère de la société (...) comme la partie honteuse de cette société. » (Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843)

« Dans l'activité révolutionnaire, la transformation de soi-même coïncide avec la transformation des circonstances extérieures. » (L’idéologie allemande)

« De toute évidence, l'arme de la critique ne peut remplacer la critique par les armes : la force matérielle doit être renversée par une force matérielle ; mais la théorie se change, elle aussi, en force matérielle dès qu'elle s'empare des masses. » (Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel)

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« Il n'y a pas de route royale pour la science, et ceux-là seulement ont chance d'arriver à ses sommets lumineux qui ne craignent pas de se fatiguer à gravir ses sentiers escarpés ». (Karl Marx, Lettre à Maurice Lachatre, 18 mars 1872.)